REVUE NEUROLOGIQUE
ORGANE OFFICIEL
SOCIÉTÉ DE NEUROLOGIE DE PARIS
ANNÉE ic,23
TOME 11
'y
.'.r * ^TÏ*-.'.’’ , . '■■*
■ ï\
REVUE
NEUROLOGIQUE
Fondée en 1893 par E. BRISSAUD et PIERRE MARIE
ORGANE OFFICIEL DE LA
SOCIÉTÉ DE NEUROLOGIE
DE PARIS
COMITÉ DE DIRECTION :
J. BABINSKI — PIERRE MARIE — A. SOUQUES
RÉDACTION :
HENRY MEIGE
E. FEINDEL — P. BEHAGUE
ANNÉE 1923
DEUXIÈME SEMESTRE
^'>y0n5
MASSON ET CIE, ÉDITEURS
LIBRAIRES DE L’ACADÉMIE DE MÉDECINE
MO, BOULEVARD S A I N T - G E R M A I N , PARIS
ANNÉE 1923
TABLES DU TOME 11
1. — TABLE DES MÉMOIRES ORIGINAUX
Pages
Contribution à l’étude des réflexes d’automatisme des membres supérieurs, par G. Mari-
NEsco et A. Radovioi . . 1
Hemi-sy ndrome Parkinsonien gaucbe avec tremblement de la langue et phénomène de
Sur le béribéri expérimental des pigeons avec référence particulière à l’anatomie patho¬
logique, par G. -C. Riquiee . 13
Appareil nouveau pourl’introduction intravertébrale del’air, par JahokMachiewicz . 16
Tics et maladies mentales par H. Beknadou . 20
Losyndrome duncrfadiiculo-tcmporaliparM™'’ Lucie Feey . 97
Causes et traitement de certains cas de névralgies du trijumeau dites « essentielles », par Du-
FOURMENTEL ct BÉHAGUE . 105
Sur une nouvelle méthode de diagnostic différentiel entre la maladie de Parkinson et le
parkinsonisme, par Démetre, Em. PAuniANct N.Tomovici . 111
Le signe de l’érection, par Edward Flatau . 116
Troubles psychiques au cours do l’cncéphalie épidémique léthargique, par Stéphane
K.Pienkowski . 121
Un réflexe do flexion des orteils étudié chez les aliénés, par Franco Bertolini et Bttore
Rieti . 129
Stéréotypic symbolique du veuvage dans la correspondance d’une érotomane persécutée,
par Paul CouRBON . 131
Eléments sympathiques de l’encéphale et centres encéphaliques des fonctions de nutrition
parM.LAlUNEL-LAVAsTINE . 210
Contribution àl’étude des lésions traumatiques de l’hypophyse, volumineux kyste hémorrag-
gique de cette glande, consécutif Aune contusion du crâne, par L. Reveechon, G. Dela-
TER ct G. WORMS . 217
La méningite cérébro-spinale comme état tardif de septicémie méningococcique, par Théo¬
phile SiMCHowicz . 226
Encéphalite faviqueottricophytique,par C. L UREcHiACt C. Tataeu . 231
Un cas do dissociation thermo-analgésique au cours d’une névrite par compression ca-
tricielle,parMM. A. HAVEMct P. Mizon . 237
Rôle d’intégration joué par la moelle dans la délcrmination des attitudes du tionc et des
membres, par Walter M. Keaus . 289
Les réflexes de défense ct leur irradiation, par J. Froment et M. Bernheim . 935
Gigantisme aeromégalique avec syndrome adiposo-génital, par H. SciiAi FFERct Denoyelle. 346
Etats vagotomiques crippaux, par M. Austregesilo . 351
Hypotonie brachiale ct hypertrophie mammaire, par G. Callioaris . 365
Rochcrchcssurlc métabolisme dufer dans les centres nerveux, iiar G. Marinesco ct St. Dea-
GANEsco . 385
Los myoclonies et les corps amylacés dans les cellules nerveuses (priorité de leur découverte),
par Gonzalo R. Lafora . 399
La pathogénie des affections nerveuses parasyphilitiques et la doctrine du virusneuiotnope
ParA.SEzARY . ' . 414
ANNÉE 1923. - TABLE DU TOME II
Action de la scopolamino sur le clonus et la rélkctivité en général dans un cas do syndrome
parkinsonien post-cncéplialitique prolongé, par Magalhaes Lemos . 424
Essais d’inoculalion sur dos animaux du virus de la sclérose en plaques, par Vilheem Jen-
sen et Georges E. Sciieoedee . 431
IjO symptôme de la syncinesthésie motoro-acoustique dans la paralysie faciale périphérique,
par Dr W. Sterling . 436
Etude clinique et anatomo-pathologique d’un cas de maladie de Bocklingnausen avec tu¬
meur roya le au niveau des bourses, par Hobeet Cleuet, Pierre Inglreanb . 481
La rigidité pallidale congénitale et la rigidité progressive, par C.-l. DnECHiActMALEscu. . . . 496
Sur l’étiologie de la dégénérescence hépato-lenticulairc, pai Paul Nayrao . t . 504
De l’innorvalion sensitive de l’oreille externe et d’une prétendue participation du facial à
celle-ci, par N. Betchov . 609
Un cas de délire hallucinatoire auditif chez une téléphoniste surmenée, par O. Crouzon et
G. Bogues de Furzac . 517
Syndrome de Kossakoff au cours delà méningite cérébro-spinale, épi déinique, ])arM”"’ Nal-
TIIALl E-ZVLliEKLAsT-ZAND . 522
II. — TABLE DE LA SOCIÉTÉ DE NEUROLOGIE
Présidence de M. André-Thomas.
Séance du 5 juillet 1923.
Pages
Tumeur oérébcllouso avec rigidité parkinsonienne et lenteur de l’idéation, par MM. Clovis
Vincent, Et. Bernard et J. Daequier . 31
Syndrome strié typique, par MM. B abonneix et Lance . . . g5
Contribution à l’étude des côtes et apophyses transvcrses cervicales, par MM. O. Ceodzon
et Pierre M athi eu . 39
Inversion du réîlcxe achillécn d’origine spinale, pn r M. A. Souques . 41
Syndrome strié probable : spasmes de la lace avec tachyphémie, tachymicrographie et
tachypnée,par MM. Souques et Blamoutier . 43
Crampe de la lecture à haute-voix à lorme de torticolis spasmodique avec syncinésie et
bégaiement, par MM. G. llEUYEBet Devras . 46
Syndrome do lumbago xanthochromiquo par neuro-gliome radiculaire. — Radio-diagnostic
I ipiodolé, par MM. Sibcard et Laplane . 49
Causes et traitement de certains cas do névralgies du trijumeau dites « essentielles ”, par
MM. Dufourmentel et P. Béh ague . 53
Sur un type spécial de sy drome pyramide -strié de l’adulte. Paraplégie spasmodique progres¬
sive. Spasme intentionnel péribuccal, par MM. Charles Foix et Victor Valiêrb Via-
leix . ' 55
Syndrome paraplégique cérébello-pyramidal progressif avec thermo-anesthésie. Syndrome
du cordon antéro-latéral, par MM. Charles Foixct VictobValièreVialex . 57
Syndrome cérébelleux avec déviation spontanée de l’index droit sans lésion à l’exploration
chirurgicale du cervelet, parMM.A.MouLONGUETctJ.-R. Pierre . 60
Abcès cortical du cervelet sur toute la hauteur du lobe digastrique, du sillon circonfé¬
rentiel à la protubérance, sans aucun signe neurologique autre qu’une hémiplégie alterne
tcrminalc,parMM. A.MouLONGUELet J.-R. Pierre . 61
Etats vagotoniques grippaux, par M. A. Austregesilo . 63
Aphasie et apraxio, par M. A. Austregesilo . 63
Surlcsneurorécidives merouriellcs, par M. A. Austregesilo . 66
Lesiadiculitesde la lèpre, par M. A. Austregesilo . 66
Léthargie intermittente traduisant l’existence d’une tumeur du IIIo ventriculc.Obscrvation
anatomo-clinique, par André-Thomas, J. Jumentié et Chausseblanche . 67
Cécité à marche rapide avec stase papillaire modérée. Mort dans le coma avec contractures
intenses et généralisées. Foyers multiples d’encéphalite intéressant les radiations optiques
des deux hémisphères, par Rochon-Duvignaud, J. JuMBNTiÉot Valière Vialeix . 73
Le multi réflexe du D'Aymès . 80
ApropoBdesinjectionsd’airdanBlcBcepacesÿousarachnoïdicnsiParMM.CEsTANct Riser. . 81
Exploration radiologique de la cavitAsous-arachnoIdicnne par le lipiodol et tumeur intra¬
médullaire, par MM. J. Froment, JAPioLot J. Dechaume . 82
Hypoglycémie cyclique dans les psychoses constitutionnelles et spécialement dans la dé¬
mence précoce, par MM. Maurice Dide et G .Fages . 84
Surlaoholestérinémie dansla myopathie primitive, par C.-J. PARHONet Mlle Marie Parhon 85
Séance du 8 novembre 1923.
Allocution de M. André Thomas, président, à l’occasion du décès de M. Henri Bouttier,
membre titulaire . 441
Régénération du nerf cubital après une auto-greffe remontant à deux ans., par MM. André
Thomas et Villandre . 442
technique de. l’injection lipiodolée sous-arachoïdo-rachidin le, paiMM. Sicard, IIa-
ÇJuenau et Laplane . 443
injection lipiodolée sous-arachnoïdienne dans un cas de pchyméningilc cervico-dorsale ;
arrêt total du lipiodol dans la région cervicale inférieure, pai MM. Souques, Blamontier
et J. de Massary . 445
Londitionsphyno-pathelegiqucsdu olonu du pied d’origirepéiiphéiique, par A. Souques. . 445
Lûtes cervicales ou pachyméningitc tuberculeuse, par M. Clovis Vincent . 446
ANNÉE 192.3. — TAHEES DU TOME II
Pagps
Hémi-fiontractui c faciale secondaire ùuno paralysie de la 'VII'' paire, traitée par l’alcoolif a-
tion des filets tornainaux de ce nerf, par M. Ch. Foix . 450
Ophtamoplégie nucléaire progressive survenue au cours d’une affection fébiile avec symp¬
tômes méningés, par MM. AndkéLébi et R. Weis.çmann-Nettee . 450
Surla diffusion des réponses au cours de la recherche des réflexes tendineux dans un cas de
sclérose diffuse de névraxe, par MM. Geobges Guilhain et Ai.ajou anine . 450
L’influence des réflexes toniques du cou sur les syncinésies, ]»ar MM. Wai.tkb Fbeeman et
PaulMobin . 452
Au sujet du diagnostic de tumeurs comprimant la moelle. De la valeur de la mélhodc au
lipiodol. Etude surla perméabilité de la cavité épidurale au lipiodol dans le mal de Pott,
par M. Clovis Vincent . 45.3
Symptômes pseudo-cérébelleux d’origine eérébiale par lésion étendue en longueur de la
région supéro-interne deVhémisphère droit , pa r MM. Foix, Thévenaet, et Mme Nicolekoo. 453
Syndrome parkinsonien et traumatisme, par MM. G. GuiLLAiNct Ai.ajouanine . 458
Elongation isolée do quelques branches descendantes du plexus brachial, par M. ïkabaud
(Beyrouth) . 459
Un cas de tuberculose delà couche optique, par MM. ANCBÉLEEiet NoelPeeeon . 461
Séame du 6 décembre 1923.
Conservation de la sensibilité profonde de la face après section rélrogassérienne de laracine
dutrijumcau,i)arMM.A.SouQUE8et Edwaed IIaetmann . 529
Dy.sphasie ot syndrome strié, par MM.E. de MAssAKYct Jean Raohet . 531
Névralgie du trijumeau de type dit « essentiel » correspondant à la purulence du sinus
maxillaire du côté opposé, par M. PieebeBéhaüue . 534
Sur la présence, à. la face supérieure du rocher, d'un projectile n’ayant déterminé, pendant
uh an, aucune réaction cérébrale manifeste. Ultérieurement crises cpileptifoimes, par
M.E. Keebs . 5.35
Surle réflexe croisé chez le homard et l’écrevisse, par J. Babinski . 5:9
Signesobjcctifs delà phase prodromique delà maladie de Parkinson, par M. V. Neei . 540
l)e l’évolution terminale des myoclonies de l’encéphalite épidémique, par M.E. Keebs . 542
Anomalie rare do l’artére cérébelleuse inféiieurect po8téiicurc,parM. E. Leblanc . 546
Ilémi tremblement ot syndrome de Parinaud : séion pédonculaire, par IIalbeon, Andeé
Léei et Weismann-Nettee . 547
Lésions des voies pyramidales sans troubles de la motilité volontaire,parM. E. Keebs . 553
Côtes cervicales en pachyméningit c tuberculeuse, par M. Clovis Vincent . 554
llemicon tracture faciale secondaire à une paralysie de la VII" paire, traitée paj l’alcoolisation
des fileta t erminaux de ce nerf , par MM. Ch. Foix et Henei Lageange . 556
Un cas d’ophtalmoplégic nucléaire progressive, survenue au cours d’une affection prolongée
avec symptômes méningés, iiar ANDiié; Léei et R. Weissmann-Nettee . 558
Etat du réflexe oculü-cardia(|ue chez les « Bulbaires » et les « Pseudo-bulbaires », par
MM. J.-A.BAEEÉet L. Ceusem . 561
Au sujet du diagnostic des tumeurs comprimant la moelle. De la valeur dclamélhodc au
lipiodol, par M. Clovis Vincent . 602
Etude sur la perméabilité de lacavité épidurale au lipiodol dans le mal do Pott, par
M, Clovis Vincent . 566
Paralysie radiale (sensibilité, sudation, ergographie,pi rRENÉPoBAK . 507
Métasta ses cancéreuses multiples au niveau du squelette. Paraplégie douloureuse à
évolution lente. Convulsions épileptiforme teiminalet',par M. J Jdmetié . 573
m. — CONGRÈS DES ALIENISTES
ET NEUROLOGISTES
de France et des pays de langue française
XX\I[> Session. — BESANCON. — 2-7 Août 1923
DISCOURS D’OUVERTURE
Quelle a été l’évolution dos idées sur la folie au cours du siècle dernier,
Colin .
par M. Henei
RAPPORT SUR LA QUESTION DE NEUROLOGIE
Troubles nerveux et circulatoires causés par les côtes cervicales, par M. André- Thomas
{de Paris) . . .
‘Discussion : MM. Laignel-Lavastine (de Paris), Henri Roger (de Marseille), Froment
(do Lyon) Charpentier (de Paris) de Massary (de Paris) Léri et Pérou (do Paris)
CouRBON (do Stephansfeld), Crouzon (do Paris). — Réponse do M. André-Thomas.
RAPPORT SUR LA QUESTION DE PSYCHIATRIE
La psychoanalyso, par M.A.Hes NARD (de Bordeaux) . ■ . 253
Discussion ; MM. Schnyder (de Borne) Boven (de Lausanne) de Saussure (de Genève)
Hartenberg (de Paris) Courbon (de Stephansfeld) Wimmer (do Coposnhague) Ley (do
Bruxelles), Répond (de Lausanne), Lépine (de Lyon), Minkowski (de Paris), Logre (de
Paris), Froment (de Lyon), Graeter (de Bôle), Anglade (de Bordeaux), FLouRNOY(dfl
Genève).
RAPPORT SUR LA QUESTION DE MÉDECINE LÉGALE
La criminalité des toxicomanes, par Paul Maurice Legrain (de Villejuif) . 25G
Discussion ; MM. Laignel-Lavastine (de Paris), Bing (de BAle), Sollier (do Paris,
Calmels (de Paris), MiNKow8Ki)de Paris), Adam (do Rouffach), Raynaud (d’Orléans),
Briand (de Paris), Ronsel,D’Hollander (de Louvain), Ley (doBruxeUos, ) Logre (do
Paris), Br ssoT (do Rouffach), Fourques (do Pierrefeu, Répond (de Lausanne), Béhaque
(de Paris), Graeter, (de Bâle), Michel. — Réponse de M. Legrain. — Vœu.
COMMUNICATIONS DIVERSES
Neurologie . 259
Psychiatrie . 261
IV.— TABLE ALPHABÉTIQUE
DES MATIÈRES ANALYSÉES
A
Achondroplasie, contractures et ankylosés,
théorie amniogène (Popovioi), 171.
Acoustique (Tumeurs de 1’ — ) (Fimahola),
- (de Maktel), 151.
Aeromégalie et gigantisme avec syndrome
adinnsn-génital (Schaeffeb et DenoyelleI
346-350 (1).
Actes subconscients de nature indéterminée
(Feoment), 263.
Adlposo-génital (Syndeome) et gigantisme
acromégalique (Schaeffeb et DenoyelleI
346-350.
Adiposo-hypophysaire (Syndrome) dans l’en¬
céphalite épidémique (Bebtolani), 159.
Agnosle manuelle dans un cas ' de monoépi¬
lepsie (D’Hollander), 579.
Alcool (Question de 1’ — dans le projet du
Code allemand) (Hebschmann) , 284.
Alcoolisation des filets terminaux du facial
dans l’hémicontraoture faciale (Foix), 450,
Alcoolisme chronique (Insabato), 472.
Aliénés (Un réflexe de flexion des orteils
étudié chez les — ) (Bebtolini et Rieti),
129-130.
— (Réforme de l’assistance des — ) (Beeze),
■ 285.
—, recherches sérocryoscopiques (Paehon et
MP Paehon), 286.
— ^^Rate des — ) (Paehon et Zdgeavd),
— , assistance dans l’état de Rio de Janeiro
(W. de Almeida), 382.
Amaurose consécutive aux convulsions (Peit-
chaed), 269.
Amnésie retardée dans les absences épileptiques
(Maetimoe), 274.
Amoureux (Délire — ) (Mm” Ballif) , 287.
Anaphylaxie dans les crises paroxystiques
d’anxiété et d’épilepsie (Tinel et Sante-
noiïe), 272.
Anatomie comparée du s ystème nerveux (Kap-
pees), 379.
Anémie pernicieuse révélée par un syndrome
ataxo-paraplégique .(Roger), 474.
Année psychologique (Piéeon), 382.
— thérapeutique (Cheinisbe), 472.
(1) Les indications en chiffres gras se rap¬
portent aux Mémoires originaux, aux Actua¬
lités et aux Communications à la Société de
Neurologie.
Anormaux (Les enfants — ) (Soholz et Gee-
EOG, 60.)
Anxiété, vago-sympathique et anaphylaxie
dans les crises paroxystiques (Tinel et
Santenoise), 272.
Anxieuse (Epileptique — ) (Laignel-Lavas-
TiNE et GiLtEs), 273.
Aphasie et apraxie (Austeegesilo), 63.
— transcorticale (Laizee), 149.
Apophyses transverses cervicales (Ceodzon et
Mathieu), 39.
Appareil pour l’introduction intra-vertébrale
de l’air (Mackiewicz), 16-19.
Appendicite chronique, lésions du plexus ner¬
veux périglandulaire (Masson), 93.
Apraxie et aphasie (Austeegesilo), 63.
— . Etudes cliniques et anatomiques (Brun),,
141.
— kinétique dans l’épilepsie partielle (D’Hol-
landee), 679.
Architectonique (Importance de la fonction
pour l’organisation — ) (Pehelsky), 94.
Arsenicales (Préparations — dans les formes
spasmodiques de l’encéphalite épidémique
(POEEU), 163.
Arsénobenzènes dans l’épilepsie (Leeedde),
276.
— (Page), 276.
Artériosclérose cérébrale, modalités psychiques
( de Monchy), 143.
Assistance des aliénés, réforme (Beeze), 285.
- dans l’état de Rio (de Almeida), 382.
Ataxo-paraplégique (Syndeome) révélateur
d’une anémie pernicieuse (Roger), 474.
Athétosiques (mouvents pseudo — ) (Herman),
147.
Atrophie musculaire myélopathique (Roger
et Aymès), 169.
- - (Savini et Mil® Stepanesoo), 171.
Atropine, action sur les mouvements involon¬
taires de l’encéphalite épidémique (Rado-
vici et Nioolesoo), 163.
Attitudes (Rôle d’intégration joué par la moelle
dans la détermination des — du tronc et
des membres) (Keaus), 289-311.
Aurieulo-temporal (Nerf) (Syndrome du — ) ■
(Mm® Feey), 97-104.
Automatisme dans un délire comitial (Naudas-
chee), 274.
Autosérothérapie et injection au malade de-
son propre liquide céphalo-rachidien dans
l’encéphalite léthargique (Mouziols et Colli
gnon), 163.
— intraspinale dans l’encéphalite léthargique
(Beill), 163.
Aviateur, psycho-physiologie (Béhague), 92. .
TABLE ALPHABÉTIQUE DES MATIÈRES ANALYSÉES
Barany (Epreuve — rapports avec la psyché
LoWYetLEIDLEB), 92.
_ (Epreuve de l’indioation de — ) (üabke ei
Ba^e'dIwieM%YMPTOMEs) dans une tubercu¬
lose péritonéale (Baoaloglu et Kasoano),
Basedôwiennes (Cœur des — ) (Oddo),_148.
Bégaiement, crampe de la lecture a haute
voix (Heuyee et Deybas), 46. ^
Béribéri expérimmial, anatomie pathologique
(RiQUIEB), 13-15. , ,r,n
Bourget psychiatre (Mm® Louge), 470.
Bradypsyehie comitiale (Ducoste), 272.
Bromuré (Eîlets délétères du traitement -
dans les maladies du système nerveux)
(Hunt), 276.
Brûlures graves de la face survenues au cours
d’une épilepsie consciente et mnesique
BulbSrT^ (Syndbome) postéro-latéral rétro-
olivaire par oblitération de la cerebeUeuse
post. etinï. (Duhot), 152.
_ . Hémi-maoroglossie et troubles loco¬
moteurs du côté opposé (Roy^ 152.
_ réflexe oculo-cardiaque (Baeee et Ceu-
Bulbe^’(TtrBEBOULEs), syndrome de FoviÜe
et troubles cérébelleux (Maeohand et
Page), 152.
Cachexie pigmentaire avec opacité de la cornée
et troubles nerveux (Sodeebbeqh), 139.
Cacodylate de soude à hautes doses dans le
parkinsonisme post encéphalitique (Roa-
senda), 164.
Caféine et café, effets (Maiek), 136. _
Caractère (Troubles du) dans 1 eucepnalite
léthargique (Ueechia et Rusdea), 166.
_ (CoDBBON- et Baeee), 263.
Cardio-vasculaires (Teoebles) et épilepsie
(Phillips), 271.
Catatonie, formes hystériques et psychopa¬
thiques (Uestein) 88.
Cécité à marche rapide, foyers multiples dens
céphalite i ntéressant les radiations optiques.
(Rochon-Duvigneaud; Jumentiê et Va-
LIÊEB, VIALBIX), 73.
— pour les couleurs (Hoeetoun), 137.
— volontaire (Question de la — ) (Haetmann),
285. , ,
Cellules nerveuses, corps amylacés (Lafoea,
399-413.,
Centres encéphaliques des fonctions de nntri-
tion (Laignel-Lavastine), 210-216.
— nerveux, métabolisme du fer (Maeinesco
et DeagÂnesco), 385-398.
Céphalo-rachidien (Liquide), réactions colloï¬
dales (Feejka et Taussig), 139.
- et. syphilis latente (Kyele), 145.
- dans'la syphilis secondaire (Nicolaiu)
270.
épileptiques (Haetenbeeg),
■ hypotension (Ceémieux), 471.
Cérébelleuse (Aetèeb) (Synfeome de P —
postérieure et inlérieure) (Duhot), 152
_ _ _ in férieure et postérieure, anomalie
rare (Leblanc), 546.
_ (Fosse) tuberculome (Cassoute et Rogee),
Cérébelleux (Symptômes) par lésionétendue de
l’hémisphère droit du cerveau (Foix, The-
VENAED et Mm® Nioolesco), 453. _
— (Syndeome) avec déiation spontanée de
l’index droit sans lésion à l’exploration chi¬
rurgicale du cervelet (Moulonguet et
_^(Te*ublk)' et syndrome de Foville (Mae-
CéXïlo-p^mldli (sIndeome) avec thermo-
anesthésie ; syndrome du cordon antero
latéral (Foix et Valièee Vialeix), 51.
Cerveau d’un microcéphale
_ (Voies veineuses de Veucepnale et
fection du—) (Aubon et Volcker), 92. ^
— . Rapports de l’épreuve de Barany avec
l’éeoroe et les ganglions sous-corticaux
(Lowy et Leidlee), 92- ^
— et fonctions maternelles (Ceni), 471.
_ . Evolution ontogénique des circonvoiu-
— ^^téeioscléeose) modalités psychiques
'fÆ^raumâVe de la région fron¬
tale, état de mal jacksonien tardif (Rogee
CirconXuons lirébrales, évolution autogé-
-“(LÉsioI)‘''(SymptôL3 P=e«do-cérébeUeux
p^ar — étendue en longueur de la région
supéro-interne droite) (Foix, Thevenaed
et Mm® Nicolesco), 453-
— (TUBEEOULOSE) de la couche optique
(Léei et Péeon), 461.
— (Tumeue) du troisième ventricule, léthar¬
gie intermittente (Andeé-Thomas, Jumen-
TiÉ et < hausseblanohe), 67. ,
- simulée par l 'encéphalite épidemique
avec œdème de la papille (Nacoabati),-
161.
_ _ latente^'chez un épileptique traité par
le luminal (Queeoy et Siv.aeet), 277.
Cervelet (Abcès) cortical étendu sans signe
autre qu’une hémiplégie alterne terminale
(Moulonguet et Pieeee), 61.
— ('Iubeecules), syndrome de FoviUe et
troubles cérébelleux (Maechand et Page),
—^(Tumeue) avec rigidité parkinsonienne et
lenteur de l’idéation (Vincent, Beenaed
et D-Aequiee), 31 .
Chareot-Marie(Atrophie — ) (Rogee et Aymes),
(Savini et Mil® Stéfanesco), 171;
Cholestérinémie dans la myopathie primitive
( Paehon et Ml 1 < Paehon), 85 .
Chorée, traitement par l’hyposulfite de soude
(Mathieu), 275.
— familialt très améliorée par le traitement
antisypliilitiqué (Pagliano et Avieetnos),
— gravidique et encéphalite infectieuse (Mo-
denéa), 161.
Clonus action de la scopolamine dans un
syndrome parkinsonien (Lemob), 424-430.
ANNÉE 1923. — TABLE DU TOME II
Clonus du pied d’origine périphérique (Sou¬
ques), 445.
Code allemand, question do l’alcool (Hers-
chmann), 284.
- -, question do l'irrcspon.sabilité (Hers-
chmann), 284.
Cœur, bloquemcnt incomplet dans une tuber-
culoso péritonéale (Baoaloglu ot Ros-
cano),148.
— des basedowienncs (Oddo), 148.
— labHique, delirium cordis (Nanta), 475.
Colloïdales (Réactions) duli(|uidoo.-r. (Fhe,ika
et Taussig), 139.
Complexe d'ædipe d’après renseignement de
de Freud (Hesnard), 262.
Connaissance supra-normale, (Osty), 382.
Conscience dans l’épilepsie (Ducosté), 272.
— (MartiMob), 274.
— (Naudascheb), 274.
— ■ (Livet), 274.
— (Clabk), 275.
Cionstitutions en psychiatrie ; troubles limités
au caractère (Coubuon et Bauer), 263.
Contractions idio-rnusculaires dans les lésions
nerveuses périphériques (Niculesco), 155.
— volontaires do l’orbiculairo et des masti¬
cateurs, spasmes de la convergence (Oubgand
et Sedan), 146.
Convulsions, amaurose consécutive (Prit-
ohabd), 269.
— dans la première enlancc (Mabfan), 271.
— épi lept'i/orme.s, métastases cancéreuses mnl-
tinles au niveau du squelette (Jumentié),
673.
Cordon antéro-latéral (Svndbon
et Valiébe, ViALEix), 67.
CoTttia. m,iU‘.iU ..ii .-iei.ir... -.,.•1
;du) (Foii
Corps amijlam iliuis les e.ollnle.s nerveuse.s et
mydolonicM (Lafiiha), 899-413.
CMes cermcnles (Cbouzon et Mathieu), ^9.
— — , troubles nerveux et circulatoires (An¬
dré-Thomas), 248.
- (Cbouzon et Giuot)., 260.
■ - ou pachyméningite tuherculcu.se (Vin¬
cent), 446, 664.
Couche optique, tuberculose (Léri et Péuon),
461.
Crampe de la lecture à haute voix sous forme
de lorlieolis spasmodique (Heuykb et Dey-
bas), 46.
Crâne (Bi.eshubus), projectile sur le rocher,
crises épileptiformes tardives (Kbkhs), ,535.
— (Contusion), volumineux kvste hémorra¬
gique de l’hypophvae (REVEKriioN, Dei.a-
teb et WoBNs), 217-286.
Craniotomie ot épilepsie (Beaussaht), 175.
— (Mabie), 175.
Criminalité des toxicomanes (liEouAiN), 256.
Crise comitiale survenue pendant l’applica¬
tion de l’oscillomètre (Laignel-Lavastine
et Logbb), 172.
— hémoclasique d’origine alimentaire chez les
énileptiques (Pagniez ot de LeobabdyI,
271.
- (Santenbtsb et Tinel), 278.
Crises convulsives d’origine lileuru-pulrnonaire.
(Barbé et Glénabd), 580.
- (Caïn et Hillemand), 580.
- (Laubry et Bloch), 580.
— épiletpHjormes déterminées par un projec¬
tile après une période prolongée sans réaction
(Krebs), 635.
Crises paroxiisliqups, vago-sympathique etana-
|)h,vlaxic (Tinel et Santenoise), 272.
Cubital (Nerf), régénération après une auto¬
greffe remontant à ileiix ans (André-Tho¬
mas et Villandbe), 442.
Cyanose et œdème do la main (Ledoux),
260.
— congénitale, angustie aortique., tuberculose
surrénale (Ureciiia), 158.
Cytoarchitectonie médullaire (Bertrand ot
Van Bogaebt), 177-209 et 812-384.
Débilité mentale et glandes endocrines (Golds¬
tein), 582.
Dégénérés (Délire des) ou psychose liallu-
einatoire (Brissot et Jurascheckt), 263.
Délire comilial partiellement mnésique (Nau-
dasoher), 274.
— hallucinatoire auditif chez une télépho¬
niste (Crouzon et Rogues do Fursac),
617-521.
Démence précoce, hypoglycémie cyclique (Didb
et Fages), 84.
- , mimique (Herman), 286.
— posi opératoire (Hayem), 583.
Dermatoses, rôle iirépondérant du système
nerveux (Perrin), 149.
Dermographisme (Schwartz), 260.
Diabète insipide dans l’encéphalite épidémique
(Ureciiia et Rusdea), 166.
DûmllintlAH .h, 1,1 7<' .■..rvl. ul,..
lar.livr» ((;n,iuz(,N et Glipiî), 200.
bysklnèsies piabngénio et traitcnie.nl (WiL-
MAMS), 146.
Dysphasie et .syndrome .strié (de Ma.ssabY et
Uaciiet), 581.
Encéphale, voies veineuses et désinfeotion du
cerveau (AunoN et Volckeu), 92.
— (Eléments sympathiques de 1' — et contres
des fonetiona de nutrition) (Laignbl-Lavab-
tine), 210-216.
Encéphalite (Cécité à marche rapide avec stase
paidllaire modérée : foyers multiples d’ —
intéressant les radiations optiques) (Rochon-
Duvigneaud, Jumentié et Valière, Via-
LF.ix), 78.
— , morphidogic et [lathogcnèse (de Mona-
Kow), 150.
— aigue, difficultés du diagnostic au cours
d’une épidémie (Strauss et Gi.obiis), 162.
- , administration cutanée et interne d’iode
pur (Vitek), 162.
— épidémique, troubles psychiiiues (Pien-
KowgKi), 121-128.
• - , localisation lombo-sacrée (Bourges et
Jobard), 158.
- , tétanie au cours d’un paroxysme
d’hyperpnéc (Barrer et Rprunt, (158.
- , syndrome parkinsonien (Barré et
Reys), 158.
— — forme labyrinthique (Barré 'et Reys),
169.
TABLE ALPHABÉTIQUE DES MATIÈRES ANALYSÉES 9
Encéphalite épidémique bilan (Bériel), 159.
- -, syndrome adlposo-hypophysaire (Ber-
TOLANl), 159.
- , obésité et troubles moteurs (Beutter),
159.
— — , lésions desnoyaux du mésocéphale (Cal-
well), 159.
- , syndrome amyostatique (CeConi), 159.
- , symptomatologie (D’Antona), 159.
- -, diflérenciation avec poliomyélite, botu¬
lisme et intoxication (Ebright), 159.
- , séquelles 'Grossman) 160.
- , manifestations cérébelleuses (Heagey),
160.
- , dans rindiana (Hoffman), 160.
- , séquelles (House), 160. .
- -, secousses musculaires, myoclonies, mou¬
vements spasmodiques rythmés (Kreds),
160.
- , forme méningée (Léopold-Lévy), 160.
- , asthénique et myoclonique (Leroy
et Dupouy), 160.
- -, évolution (Mattéi), 160.
- (Medea), 160.
• - (Mioheli), 160.
- avec oedème de la papille simulant une
tumeur cérébrale (Naccarati), 161.
- , séquelles chez les enfants (Paterson)
et Spence), 161.
- , statistique (Pearl), 161.
- (Piotrowski), 161.
- , récidive des symptômes (Price), 161.
■ - , terminaisons (Price), 161.
- , forme noctambulique (Progulski te
__nnonW.). Iflf. ^ mmc l(KoA
benda), 161.
— — , diagnostic avec urémie myocloniquo
(Ruuek ot Chaix), 161.
— — (Rogers), 161.
■ - , genèse des troubles du sommeil (Sal-
mon), 162.
■ - simulant une tumeur cérébrale (Sands)
— — , auto-obscrvation (x..), 162.
— , troubles du sommeil (Zalla), 162.
- , traitement (Barkeb), 162.
— — (Bourges et Marcadieb), 162.
- (Cheinissi^, 163.
■ - (Lbahy et Sands), 163.
— étude clinique et traitement (Molhant),
163.
— - injeotions d’huile i odéo(MuLLm) ,163.
— ~ atropine, (Radovici et Nicolesco),
préparations arsénicales (Porru), 163.
, les syndromes infundibulo-hypophy-
saircs (Mouzon), 165.
diabète insipide et troubles du carac¬
tère (Urbohia et Eusdea), 166.
— , actes subconscients de nature indé¬
terminée (Froment) 263.
—, troubles limités au caractère (Courbon
et Bauer), 263.
Îr’ ^''•"'testations tardives (Mil» Lbvy),“
—, période d’état, séquelles (Reyb), 466.
".tr» évolution terminale dos myoclonies
(Krebs), 642.
expérimentale (Fuchs), 159.
Encéphalite faviqueei lrichophytique{ViœcmfL
et Tataru), 281-286.
— infectieuse et chorée gravidique (Modena),
161.
— léthargique, troubles psychiques (Pien-
KowsKi), 121-128.
- , rôle du diplostreptocoque pléomorpho
do WiEsNER (Economo), 144.
- avec polyurie extrême (Bénard), 159.
- , épidémiologie (Boeckel et Bessemans),
159.
— — (Bramwell), 159.
- (Call), 159.
- , somnolence diurne et insomnie nocturne
(Fletcher et Rolleston), 159.
- , formes (Gasbabrini), 159.
- types périphérique et radiculaire (Ken¬
nedy), 160.
- - parkinsonisme consécutif (Negro), 161.
- (Reeves), 161.
- (Robertson), 161.
- , derniers travaux (Senisb), 162.
- (Simon), 162.
- (ZlVERl), 162.
- , autosérumthérapie intraspinale (Brill
163.
- traitement (Cheinisse), 163.
- (Lafay), 163.
- , autosérapie et injection de liquide
céphalo-rachidien (Mouziols et Collignon),
163.
- à évolution prolongée et recrudescence
tardive type parkinsonien (Rathery et
Cambessedés), 166.
- , période médico-légale (Adam et Frey),
‘MU.
— Tii|/oc{tfmg«P) ‘■riücd Imlijirires (Disiw y et
Due ou v), 160.
- Béquellos éloignées (Mattéi), IGO.
Endocardite maligne, forme hémiplégique
(Roger et Roublacroix), 475.
Endocriniennes (Dyscrasies et épilepsie) (Van
don Berg), 582.
- (Goldstein), 682.
- (Leiner), 582.
Enfance délinquante, écoles auxiliaires et éta-
blisBcmonts de redressement (Zingerlé),
281.
Epilepsie crise survenue pendant l’apidica-
tion de l’oscillomètro (Laignel-Lavastine
et Logre), 172.
— . Crises d’origine endocrine et crises d’ori¬
gine corticale (Salmon), 174.
■ — avec idiotie, constatation histopatholo¬
gique singulière (de Albertis), 174.
— et craniotomie (Beaussart), 175.
— (Marie), 175.
— et paralysie générale (Marchand), 175.
— trouble humoral i)as8ager : variation de
l’urée sanguine (Dufour et Semelaigue),
266.
— , étiologie syphilitique (Georgopoulos), 266.
— (Goubbau), 266.
— (Lerbdde), 266, 267.
— (Leroy), 267.
— (Mari b), 267.
— , une conception nouvelle (Hartenbeug),
267,
— , séméologie réflexe (Olivier et Aymès),
268.
—, vertige voltaïque (Bonola), 268.
10
ANNÉE 1923. -- TABLES DU TOME II
Epilepsie tachycardie résiduelle consécutive à la
cessation de la compression oculaire (Rou-
BiNoviTCH et Chavanv), 268.
— , hyposthénie du lacial droit (Roncoeoni),
269.
— chez les enfants (Santé de Sanctis), 269.
— n’est pas héréditaire (Hartenberg), 270.
— , variations du taux do l’urée (Bouttier
et Rodriguez), 270.
—, entraînement sociologique (Clark), 270.
—, pression artérielle (Divey), 270.
— , liquide c.-r. (Hartenberg), 270.
— , raicosphygmio (Hartenberg), 270.
— , nature (Pagniez), 271.
— , crise hémoclasiquo (Pagniez ot do LÉo-
bardy), 271.
— ,diagnostio (Patrick et Iævy), 271.
—, migraine et troubles oardiovasculaircs
(Phillips), 271.
— symptôme do ptoso viscérale (Reed), 271.
— , hyperoxciLabilito cérébrale familiale (Ro¬
se), 271.
— , parole (Sohipture), 271.
— , état de mal (Toulouse et Marchand),
271-
— au début (Tracy), 272.
— et- eugénique (Wright), 272.
— , descendance (Yawgee), 272.
— , bradypsychic (Ducostè), 272.
— , vago-sympathi(iue et anaphylaxie dans
les crises paioxystiques (Tinel ot Sante-
noise), 272.
—, fureur (Carrilho), 274.
— conscience partielle (Martimor), 274.
— , crises de naicolepsie (Heuyer), 275.
— , aspect médico-légal (Guedes), 275.
— -, traitement (Peushing), 275.
— (OLARk), 275.
Mac Crbady), 275.
(Mathieu), 275.
— (Roasrenda), 275.
— (Roulinovitch et Lauzier), 275.
— (Souza Lopbs), 276.
— (Tinel), 276.
— (Weoiisler), 276.
— , traitement spécifique (Leredde), 276.
— (Page), 276. -
—, arsénobcnzol (Page), ‘276.
— -, tartratc borico-potassique (GAiiDitnE, Gi-
GNoux et Barbikr), 276.
— (Grassi), 276.
— (Lumière), 276.
— traitement par le luminal (Quercy et
Sizaret), 277.
Maillard), 277.
Rafpbobau), 278.
— (Ohkinibse), 278.
— (Dubois), 278.
— (Ducobté), 278, 279.
— (Grinker), 279.
— (Marchand), ‘279.
— (Mirc), 279.
— (Murphy), 279.
— (Phi llips), 279.
— (VlANNA), 279.
— (Weber), 279.
— (Wender et Sampson), 279.
— traitement par le venin de cobra (Loureiro',
279.
—, ovariotomie (Marchand), 279.
Epilepsie traitement par l’extirpation d’une
suriénalc (Sandov), 280. .
— (Steinthal), 280.
— et folie maniaque dépressive (Krisch),
280.
— et la guerre (Herzig), 280.
— , rccheichcs sérocryosco piques (Parhon et
Mil" Parhon), 286.
— réactions humorales (Babonneix et David),
582.
— dans ses relations avec les glandes endo¬
crines (Van den Berg), 582.
— (Goldstein), 582.
— (Leineb), 582.
— cardiaque, (ODDfi et Mattéi), 174.
— conscienle ot mnésiquo (Duoosté), 272.
- (Martimor), 274.
- , brûluics graves (Livet), 274.
- (Clark), 275.
— expérimentale Jiar excitations afférentes
(Amantea), 173.
— — , facteurs intervenant aussi dans l’éiii-
Icpsie humaine (Amantea), 173.
— jacksonienne tardive ; kyste traumatique
de la région frontale (Roger et Pourtal),
150.
- , un cas (PiAGGio Garzon), 174.
— larvée (Benon), 269.
— de la ménopause (Sanchis Banus), 269.
— partielle, apraxie kinétiquo et agnosie
manuelle (D’Hollander), 579.
Epilepsie-myoclonie (Salki nd), 580.
— (Abadie et Molin de Teyssieu, 581.
— (Crouzon et Bouttier), 581.
— (Desage), 581.
Epiieptiplormes (Crises) (Projectile n’ayant
déterminé iiendant un an aucune réaction
cérébrale ; ultérieurement — (Krebs), 585.
- d’origine pleuro-pulmoimirc (Barbé et
Glénard), 580.
- (Caïn et Hii.lemand), 580.
- (Laubry et Bloch), 580.
Epileptique et ses seize enfants (Yawoer),
— traité par le luminal, mort rapide, tumeur
cérébrale latento (Quercy et Sizaret),
277.
— anxintse (Laiunel-Lavastine et Gilles),
273.
Epileptiques (Myoclonies) jiroviKiuécs ]iar
injection de sérum d’ — ) (Pagniez, .Mou-
zoN et Turbin), 171.
- (Lumière), 173.
— (Polyclonies), (Salkind), 680.
Epreuve de l’indication de Batany (Barré et
Reys), 473.
— (icuVi-veslihulaire de Lombard (Tarneaud),
471.
Equilibration, étude de son dynamisme par les
épreuves do Lombard (Tarneaud), 471.
Equivalentes épileptiques, crises de narcolepsie
(Henyer), 275.
Erb-Golddam (Maladie d’) (Amato), 154.
- (Coriat), 164.
- - (Dand), 15t.
-- (PosEY), 15t.
Erection (Signe de I’ — ) (FLATAu)e 116-120.
Ergographie dans le diagnostic des lésions des
nerfs périphéiiques (Porak), 561.
Erotomane persémtée, stéréotypie symboli<|Ue
du veuvage (Courbon), 181-185.
Erotomanie (Mm" Ballif), 287.
TABLE ALPHABÉTIQUE DES MATIÈRES ANALYSÉES
Erythrodermie mortelle consécutive à l’emploi
(le la phényléthylmalonylurée (Dubois),
278.
Etablissements de redressement (Zingbrlé),
281.
Etat de mai épileptique (Toulouse et Mar¬
chand), 271.
- -, traitement (Toulouse et Marchand),
276.
- mortel au cours d’un traitement par le
gardénal (Marfchand), 279.
— jacksonien traumatique tardil (Eoger
et Pourtal), 150.
Eugénique et épilepsie (Tracy), 272.
Extra-pyramidaux (Troubles), synthèse (Orze-
chowski), 478.
F
Faoiai (Nerf), sa participation à l’innervation
son itive de l’oreille externe (Betchov),
509-516.
Familiales (Maladies), rôle des ferments du
cytoplasme dans leur transmission (Mari¬
ne' co), 147.
Favique (Encéphalite — ) (Urechia et Tataru),
281-286.
Fer dans les centres nerveux (Marines co et
Draganesco), ' 885-898.
Ferments du neurooytoplasmo dans la trans¬
mission des maladies familiales (Marinesoo),
147.
Folie (Evolution des idées sur la — ) (Colin)
239.
Fonctionnels (Troubles) (Lésions nerveuses
organiques suites de traumatisme et — )
Poville (Syndrome de) et troubles cérébelleux
(Marchand et Page), 152.
Freud, f eudismoct freudiens (Laignel-Lavas-
tine), 261.
—, enseignement, complexe d’CEdipo (Hes-
nard), 262.
Fureur épileptique (Carrilho), 274.
G
Gardénal (Délire comitial, troubles delà mémoire
ot fabulation, traitement par le — ) (Nau-
dabcher), 274.
— , action sur les manifestations leucocytaires
de l’hérao-.lasie digositvo chez les épilepli-
'|Ues (Santenoise et Tinel), 278.
— , état de mal épileptique morter (Toulouse
et Marchand), 279.
— dans l’épilepsie (Mirc), 279.
Géants et nains (Gigon), 170.
Gigantisme acrmégaliqueavcc syndrome adipo-
^^énital (Schaeffer oIDenoyelle), 846-
Glandes endocrines et épilepsie (Van don Berg),
582.
- (Goldstein), 582.
— — (Leiner), 582.
Glaucome et zona ophtalmique (Aubaret et
Guhgaud), 146.
Greffes testiculaires (Voronofp), 467.
Grippe, états vagotoniques (Austregesilo),
68, 851-864.
— et encéphalite, diplostreptocoque de Wiesncr
(Economo), 144.
Hallucinatoire (Délire) chez une téléphoniste
surmenée (Crouzon et Rogues de Fursac),
517-521.
— fPsYCHosE OU délire dos dégénérés (Brissot
et Jurascheck), 263.
Hémicéphalie (de Vries), 136 .
Hémicontracture faieale, alcoolisation des
filets terminaux du facial (Foix), 450.
- (Foix et Lagrange), 556.
Hémimacroglossle congénitale avec troubles
locomoteurs du côté opposé à la lésion lin¬
guale (Roy), 152.
Hémiplégie révélatrice d’une poussée en docar-
ditiquD (Roger et Rouslacroix), 475.
Hémltremblement et syndrome de Parinaud,
lésion pédonculairc (Halbron, Léri et
Weissmann-Netter), 547.
Hémoclasie digestive chez les épileptiques
(Pagniez et de Léobardy), 271.
— — action du gardénal (Santenoise et
Tinel). 278.
Hépato-lenticulaire (Dégénérescence), étio¬
logie (Nayrac), 504-508.
Huile iodée dans l’encéphalite léthargique
(Muller), 163.
Hyperexcitabilité cérébrale familiale infantile et
épilepsie (Rose), 271.
Hyperpnée et tétanie dans l’encéphalite épi¬
démique (Barrer et Sprunt), 158.
Hypertrophie mammaire et hypotonie bra¬
chiale (Calligabis), 365-877.
Hypoglycémie cyclique dans les psychoses
constitutionnelles (Didk et Fages), 84.
Hypophysaire (Polyurie) dans l’encéphalite
léthargique (Bénard), 159.
Hypophysaires (Syndromes) dans l’encépha¬
lite épidémique (Mouzon), 165.
Hypophyse (Lésions traumatiques). Volumi¬
neux kyste, hémorragique consécutif à une
contusion du erône (Reverchon, Delater
et WoRMs), 217-225.
Hyposthénie du faoiai droit chez les épilep¬
tiques (Roncoroni), 269.
Hyposulfite de. soude dans l’œdème de Quincke,
l’épilepsie et la chorée (Mathieu), 275.
Hypotonie brachiale et hypertrophie mamairc
(Calligaris), 865-877.
Hystérie masculine (Parhon), 281.
Hystérique (Forme — de la catatonie) (Urs-
tbin), 88.
Hystériques (Dyskinésics — ) (Williams),
146.
Idiotie avec épilepsie, constatation histopa¬
thologique singulière (Dino de Albertis),
174. ■
Illusions (Origine des — ) (Lapin.ski), 282.
Impulsions (Steckel), 90.
Incontinence essentielle d’uriiip. injections
épidurales (Laval), 583.
Infundibulo-hypophysaire (Les syndromes du
groupe — dans l’cncéiihalito épidémique),
(Mouzon), 165.
Injections d'air dans les espaces sous-arachnoï¬
diens (Mackiewiz), 16-19.
- (Cestan et Roiser), 81.
— épidurales, paralysie du moteur oculaire
extorne consécutive (Gommés), 261.
12
ANNÉE 1923. — TAULES DU TOME II
Injections épiduralesAa,na l’incontinonoe (l’urinp
(Laval), 533.
— lipiodolées sous-araohnoïdo-rachidinnnc (Sl-
CARI), HAdüiîNAU et Laplane), 443.
— — dans un cas do pacliyméninKitc
(Souques, Blamoutier et de Massary), 445.
- perméabilité de la cavitd épidurale dans
le mal de Pelt (Vincent), 453-661.
Interprétation (Délire d’)), psychose liallu-
einatoire ou délire des dégénérés (liiussoT
et .Iurasciieck), 263.
- basé sur des a3sonance.s, (Pariion et
Stocker), 287.
Introduction inlraveriéhrale. de l'air (Mackie-
W1C7,), 16-1.9
Iode jiur, administration cutanée et interne
dans rcncéphalito aiguë (Vitek), 162.
Irresponsabilité dans le projet du Code alle¬
mand (Herschmann), 284.
K
Korsakofl (Syndrome de) au cours de la
méningite cérébro-spinale (Mme Zylber-
last-Zand), 522-528.
Lamlnectome dans la tuberculo.se vertébrale
(llAnERER), 155.
Lenticulaire (Deuenérescence), étiologie
(Nayrau), 604-508.
Lèpre, radie.ulites (Austreiirsilo), 66.
— , seiisihilité.s profondes (Horoovan), 156.
-, prophylaxie (Souza Araujo), 472.
Léthargie intermillente, tumeur du troisième
ventricule (André-Thomas, Jumentié et
fllIAUSSERLANCIIE), 67.
Lipiodol, teehniquo de l’injection sous-araeb-
noïd ienno (Sicard, Haguenau et Laplane),
443.
— dans un cas do paebyméningite (Souques,
BuAMoUTiERct de. Mass ARA'), 446.
— , perméabilité de la cavité é|iiduralc dans
le mal de Pott (Vincent) 453, 666.
— (Valeur de la méthode du — pour le dia¬
gnostic des tumeurs comprimant la moelle)
(Vincent), 562.
Lipodystrophie pro!/rps.s'ii'e (IIarteniieru), 200.
Little (Syndrome de) à prédominance médul¬
laire chez deux sieurs prématurées hérédos-
péeiti(|ups (Roger et MU" Smailia), 151.
Lumbago mnlhochnmiiquc itar neurogliome
radiculaire; radiodiagiiostic lipiodoleé (Si¬
card et Laplane), 49.
Luminal dans l’éidlepsie, mort jiar tumeur
cérébrale latente (Quercy et Sizauet),
277.
— traitement cll'icace de l’épilepsiejMAiLLARD.
277.
— dans l’épilcpsic (Raffegeau), 278.
— (Ducosté), 279.
— ((îrinker), 279.
— (Murphy), 279.
(Phillips), 279.
— (Vianna), 279.
— (Weber), 279.
-- (Wender cl Sampson), 279.
M
Mâchoire k digiieinetil et spasmes de la con¬
vergence (OuRGAUD et Sédan), 146.
Mammaire (Hypotonie brachiale et hyper¬
trophie —) (Calligaris), 305-377.
Manie (contribution clinique à l’étude du syn¬
drome — ) (Deron), 87.
— . Vago-sympathique et anaiihylaxie dans
les crises paroxystiques (Tinel et Sante-
noisb), 272.
Maniaque dépressive (Folie) et épilepsie
(Krisoh), 280.
Maternelles (Fonctions) et cerveau (Ceni),
471.
Maxillo-dentalres (Altérations — progressives
dans la myasthénie) (Leredoullet, Izard
et Mouzon), 153.
Mémoire (Troubles de la) et fabulation dans
un délire comitial muésique (Naudasciier),
274.
Méningés (Symptome.s) (Alleotion fébrile à — )
oiilitalmoplégio nucléaire iirogressivc (LÉiii
et Weissmann-Netter), 458.
Méningite cérébro-spinale état tardif de septi¬
cémie méningococciquo (Kimchowicz), 226-
230.
- épidémique, syndrome de Korsakoff
(Mm" Zylberlast-Zand), 622-628.
— spinale cervico-dorsale, arrêt total du li¬
piodol dans la région cervicale inférieure
(Kouques, Ulamüutier et de Massary),
445.
— luberculmse, signe de l’érection (Flatau),
116-120.
Méningococcémie foudroyante sans méningite
(Zalenski), 155.
— et méningite cérébro-siiiriale((SiMCHowicz),
226-230,
Ménopause (Epilepsie de la — ) (Sanchis
Baniis), 269.
Mentale (Prophylaxie), fonclionnerncnt du
service (Oalmels), 265.
Mentales (Maladies) et tics (Bernadou),
20-29.
- , traité (Tanzi et Lugaro), 469.
Mentaux (Petits), (examen e.li nique { Aymés),
Métabolisme du jer dans les centres nerveux
(Marinesgo et Draganesuo), 385-398.
Métastases cancéreuses multiples au niveau
du s<iuelette, jiaraiilégie douloureuse, eoii-
vulsioiis épileptiformes (.Iiimentié), 6'78.
Microcéphale, cerveau (Papilian), 91.
Microsphygmie chez les épileptiques (Har-
tenberu), 270.
Migraine et épilepsio (Phillips), 271.
Millard-Gubler (Syndrome de), abcès protu-
bérantiel (Heyninx), 152.
- , tubercule de la protubérance (Beh-
GIIINZ), IDE.
Mimique des schizophréniques (Herman),
286.
Moelle (Rôle d’intégration joué imr la — dans
la détermination des attitudes (Kraus),
289-811.
— (Compression), valeur diiignosliiiiie de la
méthode au lipiodol (Vincent), 468, 666.
TABLE ALPHABÉTIQUE DES MATIÈBES ANALYSÉES 13
Moelle (Compression) métastases cancéreuses
multijilcs au niveau du squelette (Jdmen-
TIÉ), 672.
— (Cytoaroiiiteotuee) (BERTRANn et Van
BofiAERT), 177-209 et 312-334.
— (Physioloüie), activité do l’onde al'Iérento
sensitive (Bri^nscuweiler), 259.
— (Tumeurs), exploration radiologique par
le lipiodol (Froment, Japiol et Dechaume),
82.
- valeur diagnostique de la méthode au
lipiodol (Vincent), 453, 562.
Monoépilepie, monoalgic brachiale avec hly-
poesthésio et kinanesthésic. Eidlcpsic par¬
tielle, apraxie kinétiquo et agnnsie manuelle
(D’Hoelander), 579.
Moteur oeulaire externe (Paralysie du — après
injeetions épidurales) (Gommés), 261.
Motilité volontaire (Lésions des voies pyra¬
midales sans troubles de la — ) (Keebs),
663.
Mouvements bilatéraux, synpraxic symétrique
(D’Hollander), 259.
— (Troubles des) chez les sympathiques
moteurs (Barré et Ceusem), 259.
Multiréflexe (Aymès), 80.
Muscle, atrophie après section du nerf (Au-
dova), 137.
Myasthénie avec altérations maxillo-dentaiies
lirogressivcs (Leeeboullet, Izard et Mou-
zon), 153.
—, un cas (Amato), 154.
— , étude clinique et thérapeutique (Coriat),
154.
— (Dand), 154.
— (Posey), 154.
Myoclonie-épilepsie (Salkind), 580.
— (Abadie et Molin de Teyssieu), .581.
— (Crouzon et Bouttier), 581.
— (Desaüe), 581.
Myoclonies provoquées par injection de sérum
d’épileptique (I'aoniez, Mouzcn et Turbin),
171.
—, rapports avec les secousses musculaires
et les mouvements spasmodiques rythmés
de, l’encéphalite épidémique (Kkehs), 1 60.
— et corps amylacés dans les cellules ner¬
veuses (Lafora), 399-418.
do l’encéidialite épidémique, évolution ter¬
minale (Krebs), 642.
— douloureuses de la maladie de Parkinson,
traitement (Gommoès), 261.
Myodystonique (Réaction) (Sodernbergh),
138. ,
~ —, Valeur pratique (Soderbergii), 139.
Myopathie primitive, cholcstérinémic (Pariion
et MU» Pariion), 85.
— atrophique pelvienne et scapulaire avec
psciidohyportrophie des mollets (Roger
et Aymès), 169.
combinée il prédominance pelvienne et
scapulaire et avec double équinisme (Aymès
et Reboul-Lachaux), 170.
Myotoniquo (Trouble), sa composante paré¬
tique (Orzeohowsky), 477.
N
Nains. Troubles du développement corporel
(Gigün), 170.
Narcolepslo (Kaiiler), 145.
Narcolepsie somme! el en faction, équivalence
épileptique (Heuyer), 275.
Nerfs (Chirurgie) des lésions périphérique.?
(Cosacesoo), 155.
- (Christidi), 156.
— (Lésions), réflexes et contractions idio-
musculaires (NiculescIo), 155.
- , sensibilité sudation, ergographie, (Po-
rak), 561.
— (Régénération) après une auto-greffe
(André-Thomas et Villandre),442.
— (Section), durée de l’atrophie du muscle
(Audova), 137.
Nerveuse (RégéNréation) et neurotropisme
(Maeinesco), 378.
Nerveuses (Affections) syphilitiques et para-
syphilitiques, traitement intrarachidien (Ni-
CULESCO), 157.
— — parasyiihilitiques et virus neurotropc
(Sézary), 414-423.
— ■ (Maladies), effets délétères du traitement
bromuré (Hunt), 276.
Nerveux (Système) central. Importance do
la fonction pour l’organisation architec¬
tonique (Pekelsky), 94.
— ■ — central, lésions organiques suites tar¬
dives d’un traumatisme (Karplus), 143.
■ - dans les dermatoses (Perrin), 149.
- (Anatomie comparée du — des verté¬
brés et de l’homme) (Kamppers), 379.
- et sécrétions internes (Bandettini di
Poggio), 467.
— ■ (Troubles) causés par les côtes cervicales
(André-Thomas), 248.
Neurocytoplasme et ses ferments dans la trans¬
mission des maladies familiales (Maei-
NESCO), 147.
Neurofibromatose (Roger, Aymès et Reboul-
Lachaux), 176.
— • (Weill et Sauvan), 170.
— avec tumeur royale des bourses (Clenet
et Ingelrans), 481-495.
Neuro-psychiatrique (Triage) à la Salpêtrière
(Crouzon), 264.
Neurorécidivesmcrcitriellfs (Austregesilo), 66.
Neurotropisme et régénération nerveuse (Ma-
RINESCO), 378.
Névraigies du trijumeau, causes et traitement
(Dufourmentel et Béhague), 53, 105-
llO.
- conservation de la sensibilité profonde
de la face après section rétrogassérienne de
la racine du trijumeau (Souques et Hart¬
mann), 529.
- du type essentiel correspondant à la
purulence, du sinus maxilaire du côté opposé
(Behague), 534.
Névrite par compression cicatricielle, dissocia¬
tion thermoanalgésique (Hayem et Mouzon),
237-238.
Névromes douloureux. Régénéra-
I ion nerveuse et neurotropisme (Marinesco),
378.
Névrose, thérapeuti((ue. étiologique (Kugler),
‘281.
— doctrine générale (Freud), 469.
— traumatique, psychologie (Meier-Muller),
281.
Nutrition (Fonctions de), centres encépha¬
liques (Laignel-Lavastine), 210-216.
Nystagmus galvanique (Molinié), 476.
ANNÉE 1923. — TABLES DU TOME 11
0
Obésité dans IVncéphalitn épidémique (Ber-
TOLANl), 159.
— (Beutteb), 159.
Obsessions et i>sycli(iscs (Pii.cz), 2S.3.
Obsessions-impuisions inémotives (Raviart
VuLLinN et Naryac), 263.
Oculo-moteurs (Thoubees) as.sociés (Velter),
473.
Oculo-vestibuiaires (Epreuves — de Lombard
pour l’étude de l’orientation et de l’équili¬
bration) (Tarneaud), 471.
Œdème de la main et cyanose (Ledoux),
260.
— (le Quineke, traitement par rhyiwsulfite
de soude (Mathieu), 275.
Œdèmes (Mabadie des) (Hatiegan, 148.
Onde ajjéerenle sensitive au niveau médullaire
(Bbunsuhwkileu), 2,59.
Ophtalmoplégie nucléaire proqres.sive au cours
d’une aflcetion Jébrile avec symptômes
méningés (Léhi et Wets.smann-Netteb),
450, 66S.
Opothérapie du praticien (Lematte), 468.
Optique (Atrophie) et traumatismes orbi¬
taires (Duvergeu et Spinnhibny), 474.
Optiques ( Radiations) (Cécité à marche rapide,
encéphalite intéressant les — ) (Kochon-
IIUVIGNEAUD, JUMENTIÉ et VaLIÈHE, ViA-
i.Eix), 78.
Oreille externe, innervation sensitive (Bet-
GHOv), 609-516.
Organiques (Lésions nerveuses — suites tar¬
dives d’un traumatisme et troubles fonc¬
tionnels (Karpluî), 143.
Orientation et équilibration, épreuves de Lom¬
bard (Tarneaud), 471.
Ostéoarthropathie vertébrale chez un tabétique
(Roger, Aymès et Conil), 154.
Ovariotomie, influence sur l’épilepsie (Mar¬
chand), 279.
Pachyménlnglte cenien-dorsale, arrêt total de
lipiodol dans la région cervicale inférieure
(Souques, BLA^fouTIEB et dcMASSARv), 446.
— tuberculeuse ou côtes cervicales (Vincent),
446, 554.
Pallldale (Rigidité), (Urechia et Malescu),
496-503.
Parépllepsie (Acosta), 270.
Paralysie iaeiale, jiéripliérique, troubles des
fonctions végétatives (.Jalcowitz), 144.
- par abcès protubérantiel métastatique,
.syiid. Millard-Gubler (IIeyninx), 152,
- , le symptôme de la syneinesthésic moto-
ro-aeoiistique (Sterling), 486-440.
- , hémicontracturc, alcoolisai ion des filets
terminaux du facial (Foix),460.
- (Foix et Lagrange), 658.
oeulaires après injections épidurales (Gom-
— MÈs), 261.
■ - associées (Velter), 473.
Paralysie générale, syndrome humoral (Tah-
— et épilepsie (Marchand), 175.
Paraplégie douloureuse, métastases cancéreuses
multiples (.fuMENTiÉ), 673.
— spasmodique piogressive, spasmcintcnlion-
I nelpéribuccal, syndrome pyramidostrié(Foix
et Valiêrb ViALEix), 66.
Parasyphllls et virus neurctropc (Sézary),
414-428.
Parinaud (Syndrome de) et liémitremble-
ment, lésion pédonculaire JIIalbron, Léri
et Weissmann-Netter), W.
Parkinson (Maladie de) et? iiarkinsonisme,
diagnostic différentiel (Paulian et Tomo-
vici), 111-116.
- traitement des myoclonies douloureuses
(GommAs), 261.
- , périede prodromique (Nehi), 640.
Parkinsonien (Hémisyndrome) avec trem¬
blement et phénomène de blocage (Noica et
Bagdasar), 9-12.
— (Syndrome) post cncéphalitiquc (Barré
et Reys), 1,58.
- , maladie de Wilson, pseudo-sclérose.
Syndromes du corps strié (Vizioli), 164.
- (Encéphalite à recrudescence tardive
type — ) (Rathery et (îamde.ssédés), 166.
- , forme monobrachiale (Marie et Mil” Lé¬
vy), 166.
- , forme monoplégique (Sainton et Schul-
mann), 168.
— — postencéphalitique, action de la seopo-
lamine sur la réflectivité (Lemos), 424-480.
- et traumatisme (Guillain et Alajoua-
nine), 46*.
- et troubles extra-pyramidaux (Orze-
chowski), 478.
Parkinsonienne (Rigidité), ttuineur cérébel¬
leuse et lenteur de l’idéation (Vincent, Ber¬
nard et Darquier), 81.
Parkinsonisme. Nouvelle méthode de diagnostic
différentiel (Paulian et To.movici), 111-
116.
— consecutif à l’encéphalite léthargique (Ne-
GRO), 161.
- -, efficacité du cacodylate de soude (Roa-
senda), 164.
Parole épileptique (Scripture), 271.
Pectoral (Absence 'congénitale d’un petit —
et d’une partie d'un grand — ) (Roger),
169.
Pédonculaire (Lésion), hémitremblement et
syndrome de Parinaud (Halbron, Léri et
Weissmann-Netter), 547.
Perceptions (Troubles des) (Sohrottenbach),
282.
Perversion sexuelle (Lichtenstern), 285.
Petit mental (Examen d’un — ) (Aymés),285.
- , hospitalisation (Wahl), 583.
Phénobarbital dans l’épilepsie (Grinker),
279.
— , empoisonnement (Phillips), 279.
Phénomène des orteils au cours des paro¬
xysmes épileptiques (Olivier et Aymés),
268.
Phényléthylmalonylurée dans l’épilepsie (Mail¬
lard), 277.
— (Cheinisse), 278.
- (Dubois), 278.
— (Ducostè), 279.
Pleurésie séro-fibrineuse, crises épileptifor¬
mes (Laubry et Bloch), 580.
Pleuro-pulmonalre (Crises convulsives d’ori¬
gine — ) (Barbé et Glénard), 680.
Plèvre (Syncope et convulsions au cours d’une
TABLE ALPHABÉTIQUE DES MATIÈRES ANALYSÉES
ponction do la — ) (Caïn et Hiilemand),
580.
Plexus brachial (Elongation isolée de quelques
branches descendantes du — ) (Teabaüd),
— nerveux périglandulaire dans l’appendicite
(Masson), 93. ^
Polyclonies épileptiques (Salkind), 580.
Polyurie extrême dans l’encéphalite léthar¬
gique ; — hypophysaire et — pithiatique
(Bénard), 159.
Ponction ventriculaire (Barré et Morin),
259.
Ponto-cérébelleux (Angle), tumeurs (Fuma-
ROLAl, 151.
— • — (de Martel), 151.
Pott (Mal do), laminectomie (Habbrer), 155.
- perméabilité de la cavité épiduiale au
lipiodol (Vincent), 453, 568.
Pression artérielle dans l’épilepsie (Dtvey), 270
Projectile (Présence, à la face supérieure du
rocher, d’un — n’ayant déterminé pendant
un an aucuneréaction cérébrale ;uitérireuro-
ment, crises épileptiformes (Krebs), 685.
Prophylaxie rurale (Souza Araujo), 472.
— ic la lèpre et des Imaladics vénériennes
(S'iUZA Araujo), 472.
Protubérance (Abcès), paralysie faciale, syndr.
Milia rd-Gubler (Heyninx), 152.
— (Tubercules),, syndrome de Fovillc et
troubles cérébelleux (Marchand et Page),
syndrome do Millard-Gubcn (Berghinz)
Prolubérantiel (Syndrome), type curieux
(Juarros), 162.
- d’origino hémorragique (Barbé et
Wiaht), 152.
Pseudo-athétoslques (Mouvements — ) (Her-
man), 147.
Pseudo-bulbaire (Syndrome),- réflexe oculo-
cardiaque (Barré et Crusen), 561.
Psyché et éprouve (le Barany (Lowy Lct eidleb
Psychiatrie (Manuel de — ) (Rogues de Fursao),
" (de Brito Belford Roxo), 470.
Bourget psychiatre (Mm» Louge), 470.
Psychiques (Modalités) do l’artériosclérose
cérébrale (de Monchy), 143.
.(Troubles) au cours de l’encéphalite
léthargique (Pienkowski), 121-128.
PSyohoanalyse (Introduction à la — ; lapsus,
rêves) (Freud), 87.
(La — ) (Hesnard), 253.
Complexe d’Œdipe (Hes nard), 262.
• Introduction. Doctrine géBéralo des né¬
vroses (Freud), 469,
Psyohoanalytlque (La méthode — ) (do Saus¬
sure), 87.
Psycholeptl ques (Laignel-Lavastine), 268.
Psychologique (L’année — ), (Piéron), 382.
syohonévrose, définition (Schnyder), 262.
syohonévrosiques (Etats), pression artérielle
(Divry), 270.
Psychopathique (Forme — do la catatonie)
(Urstein), 88.
Psycho-physiologie de l’aviateur (Béiiaoue),
~~ (les troubles
Bach), 282.
des perceptions (Schrotten-
Psychoses et obsessions (Pilcz), 283.
— constitutionnelles, hypoglycémie cyclique
(Dide et Fages), 84.
Psychothérapie (Maeder), 281.
Ptose viscérale et épilepsie (Reed), 271.
Pyramidales (Voies), lésions sans troubles de
la motilité volontaire (Krebs) 553.
Pyramido-strié (Syndrome). Paraplégie spas¬
modique progressive, spasme péiibuccal
(FoBix et Valiére Vialex) 56.,
q
queue de cheval (Affections de la — ) (Gamper),
155.
R
Rachianesthésie (Mort sous — ) (Hayen),
583.
Rachlcentése (Trocart pour — ) (Hayem),
583.
Rachis (Chirurib) pour tuberculose (Ha-
berer), 155.
Radiale (Paralysie) sensibilité, sudation,
ergographic (Porak), 567.
Radiculaire (Neurogliome) radiodiagnostic
lipiodolé (Sicard et Laplane), 49.
— (Topographi e) (Papilian), 92.
Radiculites de la lèpre (Austregesilo), 66.
Radiodiagnostic lipiodolé de neurogliome radi¬
culaire (Sicard et Laplane), 49.
Radiologique (Exploration) de la cavité sous-
arachnoïdienne par le lipiodol et tumeur
intra-médullairo (Froment, Japiol et De-
• chaume), 82.
Réactions colloWales (Frejka et Taussig),
139.
— humorales dans l’épilepsie (Babonnedc et
David), 582.
Recklinghausen (Maladie de) (Roger, Aymés
et Reboul-Lachaux), 170.
- avec tumeur royale des bourses (Cleuet
et Ingelrans), 481-495.
Réflectivité dans le rhumatisme déformant
(Paulian), 148.
— action do la scopolamine dans un syndrome
parkinsonien (Lemos), 424-480.
Réflexes dans les lésions nerveuses périphé¬
riques (Niculesco), 155.
— on thérapeutique (Leprince), 476.
— achilléen, inversion d’origine spinale (Sou¬
ques), 41.
— d’adduction du pied au cours des paroxysmes
épileptiques (Olivier et Aymes), 268.
— d’automatisme des membres supérieurs
(Marinesco et Radovioi), 1-8.
— d’automatisme dos membres supérieurs
--(Marinesco et Radovici), 1-8.
— croisé chez le homard et l’écrevisse (Ba¬
binski), 589.
— de défense et leur irradiation (Froment
et Bernheim), 885-845.
— de flexion (les orteils chez les aliénés (Ber-
TOLiNi et Rieti), 129-180.
— oculo-cnrdiaque. Tachycardie consécutive
à sa recheiche et diagnostic des états épi¬
leptiques (Roubinovitch et Chavany),
268.
ANNÉE 1923. — TABLE U TOME II
Réflexe oculo-cardiaque chez les bulbaires et
pseudo-bulbaires (Barré et Crusem), 561.
— palalo-carâinque (Louce), 149.
— tewUneux diflusion des réponses dans une
seléiOie diffuse du névraxc (Guillain
et Alajouanine). 450.
— Uini.que.s du cou, influence sur les svncinésics
(Freeman et Morin), 452.
Regard (Repos de l’objet dans les mouvements
du — ) (IIillebrand), 91.
Rhumatisme chronique déformant, réflectivité
tendineuse (Paui-ian), 148.
- déformant do l’enfance (Roger et La-
plane), 170.
Rigidité pallidale congénitale et rigidité pro¬
gressive (Ureoiiia et Malescu), 449-503.
S
Schizophréniques (Mimique des — ) (Herman)
286.
Sclérose dijluse du névraxe, diffusion des
réflexes tendineux (Guillain et Ala¬
jouanine), 450.
— en plaques (Syndrome du groupe Wilson-
pseudosoléroso avec cachexie pigmentaire
et troubles nerveux type — ) (Soderbergh),
139.
- , essais d’inoculation (Ji-iNsENOt Schroo-
Scopoiamine, action sur la réflectivité dans un
syndrome parkinsonien (Lemos), 424-430.
Sécrétions internes, problèmes actuels (Mara-
non), 467.
- et système nerveux (Banuettini di
Poggio), 467.
Sensibilités (Etude des — ) (Doebeli), 137.
— profondes dans la lèpre (Borüovan), 156.
— dans les lésions des nerfs jiériphériques
(Porak), 561.
— proloiule (Conservation de la — • de la face
après section rétrogasséricnne de la racine
du trijumeau) (Souques et Hartman.n),
529.
Sensitive (Activité de l’onde afférente — au
niveau médullaire (Brunschweiler), 2,59.
Septicémie méninuociiccique et méningite cé¬
rébro-spinale (SiMciiowiGz), 226-230.
Sérocryoscopiques (Recherches — chez les
aliénés et les épileptiques) (Pahhon et
MIE Pahhon), 286.
Sérothérapie de la syiihilis nerveuse (Pitolesco
et Popea), 157.
Sexuelle (Perversion — ) (Lichtenstern),
285.
— (Vie) (Moniz), 469.
Sérum à' épileptique (Myoclonie provoquée iiar
le — ) (Pagniez, MouzoNot Turpin), 171.
- . mécanisme des accidents (Lumière),
173.
— salvursnnise. sa ilecouvertc (Marinesco),
1,57.
Sinus maxillaire purulent, névralgie du tri¬
jumeau du côté opposé (Béuaoue), 533.
Sommeil (Inversion du rythme du — avec
agitation iisyehomotrico dans l’encéphalite
épidémique) (Rüasenda), 161.
— , genèse do ses troubles (Salmon), 162.
— (Zalla), 162.
— en faction, crises de narcolejHie, leur éqii
Valence épileptique (IIeuver), 275.
Somnolence diurne et insomnie nocturne dans
’enoéphalitc épidémique (Fletcher et
IRollestou), 159.
Spasmes de la convergence da ns les contractions
volontaires de l’orbiculairc et des mastica¬
teurs (Ourgaud et Sédan), 146.
— de la jace, tachyphémie, tachy-microgra-
phic, tachypnée ; syndrome strié (Souques
et Blamoutier), 43.
— intentionnels péribuccaux, syndrome pyra-
niido-strié (Foix et Valière Vialeix),
55.
— des paupières dos parkinsoniens (Vincent),
45.
Splna bijida (Michel), 169.
Spino-radiculaire (Topographie — ) (Papilian),
Stéréotypie symbolique du veuvage chez une
érotomanc persécutée (Courbon), 131-135.
Stokes-Adams (Syndrome do), forme d’ori¬
gine nerveuse (Roger), 476.
Strabisme (Aubaret), 145.
— concomitant (Ourgaud), 146.
— , réveil et modifications do la diplopie
(Sedan), 146.
— -, causes et traitement par les verres de cou¬
leur complémentaire (Sauvineau), 146.
Strié (Syndrome) atypique (Babonneix et
Lauoe), 36.
- probable ; spasmes de la face avec
tachpyhémic, tachymierograiihie et tachyp¬
née Souques et Blamoutier), 43.
- . Paraplégie spasmodique, spasme peri-
buccal (Foix et Valière Vialeix), 56.
- Syndrome parkindsonien, maladie de
Wilson, pseudo-sclérose (Vizioli), 164.
- et encéphalite lét. (Orzechowski), 478.
— — et dysiihasie (de Massary et Racket),
531.
Sudation dans le diagnostic des lésions des
nerfs périphériques (Porak), 681.
Surrénale (Tuberculose — , cyanose congéni¬
tale, augustio aortique (Uhechia), 168.
— (Traitement de l’épilepsie par l’extirpation
d’une — ) (Sandov), 28Ü.
— (Steinthal), 280.
Sympathique (Kploration du — ; le réflexe
paloto-cardiaque (Loiioe), 149,
Sympathiques moteurs, troubles des mouve¬
ments (Barré et Churem), 2,59.
— (Eléments) de l’oncéphalo et centres de
nutrition (Laignel-Lavastine), 210-216.
Syncinésles, bégaiement, crampe de la lecture
à haute voix (Heuyer et Devras), 46.
— , influence des réflexes toniques du cou
(Freeman et Morin), 462.
Syncinesthésle motoro-acoustique dans la para¬
lysie faciale (Sterling), 486-440.
Syncope mortelle avec convulsions au cours
d’une ponction de la plèvre (Ca n ot Hille-
mand), 580.
Synpraxle symétrique, réapparition à l’état
pathologique des mouvements bilatéraux
(D’Hollander), 2.59.
Syphilis dans l’étiologie de l’épilepsie essen¬
tielle (Georgopoulos), 266.
- (Goubeau), 266.
- (Leredde), 266, 267.
- ILehoy), 267.
- (Marie), 267.
- (Babonneix et David), 682.
TABLE ALPHABÉTIQUE DES MATIEBES ANALYSÉES
17
Syphilis, héréditaire, syndrome de Littlc chez
deuxs œur s prématurées (Ro GEHot Mlle Smad-
JA), 151.
— latente et examen du liquide céphalo-rachi¬
dien (Kyrle), 145.
— nerveuse, sérothérapie (Pitulesco et Popea)
sérum salvarsaniaé (Marines co), 157.
traitement intra-rachidien (Niculesco),
— .secontlaire, étude clinique duliquide céphalo¬
rachidien (Nicolaü), 156.
Tabes. O.stéoarthropathio vertébrale (Roger
Aymès et Conil), 154.
— , delirium cordis (Nanta), 475.
Tachycardie sinusale et .symptômes hase-
dowiens dans une tuberculose péritonéale
(Bacaloglu et Rabcano), 148.
— résiduelle consécutive à Ih cessation de la
compressiodn oculaire et diagnostic des états
épileptiques (Roubinovitch et Ciiavany),
268.
Tachyphémie, tachymicrograi)hie, (achypnéc,
spasmes de la lace ; syndrome strié (Souques
et Blamoutier), 43.
Tartrates borico-alcalins dans l'épilepsie (Gar-
nÈRE, Gignoux et Barnier), 276.
— (Grassi), 276.
— (Lumière), 276.
Temps de réMiion (Bépague), 92.
Teneur en eau des tissus des moutons l'oimaux
otthyroïdectomisés (Pauhun et MIIcPahhon,
1 57.
Testiculaires (Greffes) (Voronuff), 467.
Tétanie au cours d’un patroxysme d'hyperpnée
dans l’encéphalite éiddémiquc (Barkeu et
Hprunt), 1,58.
Thalamus, tuberculose (Léri et Péron),
481.
Thermo-analgésique (Dissociation) au eoui.s
d’une névrite par compression cicatri¬
cielle (Hayem et MizoN), 237-288.
Thyroidectomisés (Teneur en eau des tissus des
moutons — ) (Pauhon et Mlle Parhon),
167.
TIm^ et maladies mentales (Bernadou), 20-
— ^P^chasthénigues, dyskinésies (Williams),
Torticolis spasmodique avec syrfcinésica et
bégaiement (Heuyer et Devras), 48.
Toxicomanes (Criminalité des — ) (Legrain),
256.
Traumatisme (Lésions organiques du système
nerveux central, suites tardives d’un —
ot troubles lonctionnels) (Karplus), 143.
et syndrome paikinsonien (Guillain et
Alajouanine), 458.
orbitaire et atrophie optique (Duverger
ot Spinnhirny), 474.
Tremblement, sémiologie ot diagnostic (Roger),
476.
— sénile ai>paru après un ictus (Roger, Aymès
et Pourtal), 682.
Trémophllle familiale émotivé épisodique (Ro-
QEr, Aymès et Pourtal), 682.
Trépanation décompressive et ponction ven¬
triculaire (Barré et Morin), 269.
Trichophytique (Encéphalite — ) (Urechia et
Tataru), 231-236.
Trijumeau (causes et traitement de certaines
névralgies du — dites essentielles) (Dufour-
MENTEL et Béhague), 53, 105-110, 534.
— conservation de la sensibilité profonde de la
face après section de sa racine (Souques
et Hartmann), 529.
Tuberculose de la fosse cérébelleuse (Cassoute
et Roger), 151.
Tuberculose péritonéale, bloquement incomplet
et symptômes basedowiens (Bacaloglu et
Rosoano), 148.
— surrénale, cyanose congénitale, angustie
aortique (Urechia), 158.
— vertébrale, laminectomie (Haberer), 165.
Typhus exanthématique, troubles mentaux
(Popea), 156.
U
Urée (Variation de 1' — sanguine précédant la
crise d’épilepsie (Dufour et Semelaigue),
266.
— (Variations du taux de 1’ — dans l’épilepsie
(Bouttier et Rodriguez), 270.
Urémie myoclonique, diagnostic avec l’encé¬
phalite épidémique (Roger et Chaix),
V
Vago-sympathlque dans les crises paroxystiques
d’anxitété et d’épilepsie (Tinel et Sante-
noise), 272.
Vagotoniques (Etats) grippaux (Austre-
GESILO), 68, 561-864.
Vénériennes (Prophylaxie des maladies — )
(Souza Araujo), 472.
Venin de cobra dans le traitement de l’épilepsie
(Loureiro), 279.
Vertige voltaïque chez les épileptiques (Bonola),
268.
Vie sexuelle (Moniz), 469.
Virus neurotrope et affections nerveuses para-
syphilitiques (Sézary), 414-423.
■—delà sclérose en plaques, essais d’inoculation
(Jensen et Scbroeder), 481-436.
W
Wilson (Maladie de), pseudo-sclérose, syn¬
drome parkinsonien ; les syndromes du
corps strié (Vizioli), 164.
Wilson-pseudosclérose (Syndrome du groupe
— , cachexie pigmentaire avec troubles ner¬
veux (Soderbergh), 139.
X
Xanthochromique (syndrome de lumbago —
par neurogliome radieulaire) (Sicaed et
Laplane), 49.
Z
Zona ophtalmique et glaucome (Aubaret et
OURGAUD), 146.
b
V. — INDEX ALPHABÉTIQUE DES AUTEURS
A
Abadie (J.) ot Mo un de Teyssieu. Myoclonie
épilepuie., 581.
Adam (F.) et Fuey. Période médico-légale de
l’enc. épid., 264.
Agosta (Aldo). Paraépilepsie, 270.
Alajouanine, V. (juillain et Alajomnine.
Albebtis (üino de). Idiotie avec épilepsie, 174-
Almeida (Waldcniar do). Assistance aux alié¬
nés, 382.
Alquieb (L.). Discussions, 54.
Amantea (G.). Epilepsie expérimeniale, 173.
Amatü (Luigi d’). Myasthénie, 154.
Andbé-Thomas. Côtes cervicales, 248.
— ■ Allocution, 441.
Andbe-Thomas et Foix. Anémie pernicieuse,
474.
AndRÉ-ThO mas, J UMENT] ÉctCuAUSSEBLANCUE .
Léthargie inlermiltenie, 67 (1).
André-Thomas et Villandre. Régénération
du cubital, 442.
Antona (S. d’). Encéphalite épid., 159.
Aubaret. Strabisme, 146.
Aubaret ot OvHGWD. Zona ophtalmique, 140.
Aubon ot VoLCKEB. V. vcineuses de l’encé¬
phale, 92.
Audova {Alexandre). Atrophie d’un muscle,
137.
Adstbegesilo (A.). Etais vagotmiques grip¬
paux, 68, 851-364
— . Aphasie et apraxie, 68.
— . Neurorécidives mercurielles, 66.
— . Badiculiles de la lèpre, 66.
AviÉRiNofl. V. Pagliaru) cl Aviérinos.
Aymès. Multiréllexe, 80.
— Examen d'un pelii mental, 285.
— V. Olivier et Aymès ; Roger et Aymès ;
Roger, Aymès et Cornil; Roger, Aymès et
Pourtal-, Roger, Aymès et Reboul-Lachaux.
Aymès (G.) et Reboul-Lachaux. Myopa¬
thie, 170.
Babinski (J.). Réflexe croisé, 539.
Babonneix (L.) ot David. Epilepsie, 581.
Babonnhix ot Lance. Syndrome strié, 85.
Bacaloglu et Rosoano. Tachycardie, 148.
Bagdasar. V. Ndka et Radgasar.
Rallie (Mm® Ch.). Délire amoureux, 287.
Bandettini di Poggio. Sécrétions internes,
467.
Barbé (A.) ot Glénard. Crises convulsives,
580.
(I) Les indications on chiffres gras sc rap-
portoBt aux Mémoires originaux et aux
Communications d la Société do Neurologie.
Barbé et Wiart. Syn, prolubérantiel , 152.
Barbier. V. Gardère, Gignoux et Barbier.
Barker (Lewcllys F.). Séquelles de l'encépha¬
lite, 162.
Barker (Lewellys F.) et Sprunt. Encéphalite
épid., 158.
Barré (J.-A.) et Crusem. Sympathiques mo¬
teurs, 259.
— Réflexe oculo-cardiaque, 561.
Barbé (J.-A.) ot Morin. Ponction ventricu¬
laire, 259.
Barbé (J.-A.) et Reys. Syn. parkinsonien,
— Encéphalite épid., 169.
— Epreuve de Barany, 473.
Bauer. V. Courbon et Bauer.
Beaussart (P.). Craniotomie, 175.
Béhague (Pierre). Temps de réaction, 92.
— Névralgie du trijumeau, 684.
— V. Dufourmenlel et Béhague.
Bénard (Roné). Encéphalitelét., 159.
Benon (R.). Epilepsie larvée, 252.
Bebohinz (Guide). Syn. de Millard-Gubler,
152.
BéRiel (L.). Encéphalite épid., 159.
Bernadou (IL). Tics, 20-29.
Bernard (Et.). V. Vincent, Bernard et Dar-
quier.
Bernheim (M.). V. Froment et Bernheim.
Bertolanj (Aldo). Syn. adipo-hypophysaire,
169.
Bertolini (Franco) et Rieti. Réflexe de flexion,
129-180.
Bertrand (Ivan) et Van Bogaebt, Cyto¬
architectonie médullaire, 177-209, 312-884.
Berze. Assistance des aliénés, 285.
Bebsemans (A.). V. Boeckel et Bessemans.
Betchov (N.). Innervation de l’oreille, 509-516.
Beutteb. Obésité, 159.
Blamoutier. V. Souques et Blamoulier-,
Souques, Blamoulier et de Massary.
Bloch (S.). V. Laubry et Bloch.
Boechel (L. Van) et Bessemans. Encépha¬
lite Ut., 159.
Bonola(F.). Vertige voltaïque, 268.
Bobgovan (J.-V.). Lèpre, 156.
Bourges (Henry) et Jobard. Encéphalitelét.,
158.
Bourges (Henry) et Maroandier. Traitement
del’ encéphalitelét., 162.
Boutïibr (Henri). Discussions, 53.
— V. Croumnel Bouttier.
Bouttier (Henri) et Rodriguez. Epilepsie,
270.
Bramwell (E.). Encéphaliieléi., 159.
Brill (I.-G.). Aulosérumlhérapie, 163.
Brissot (M.) et Jurascheck. Délire d’inier-
prétalion, 263.
TABLE ALPHABÉTIQUE DES AUTEURS
Brun. Apraxie, 141.
Brunsohweiler (M.). Onde sensitive,
C
Caïn (Andié) et IIillemand. Syncope mortelle,
580.
Call(M.-B.). Encéphalitelét ., 149.
Cali.igauis (G.). Hypotonie brachiale, 365-877.
Calmbls. Prophylaxie mentale, 265.
Calwell (W.). Encéphalite Ut., 159.
Camuessèdés. V. Rathery et Cambessédès.
Camus (Jean). Discussion, 546.
Cabrilho (Hpctor). Fureur épileptique,2H.
Cassoute et Roger. Tuberculome cérébelleux,
15t.
Ceooni (A.). Encéphalite Ut., 159.
Ceni (Carlo). Fonctions maternelles, 471.
Cestan et Riser. Injections d'air, 81.
Ohaix (André). V. Roger et Ghaix.
Chausseblanche. V. André-Thomas, .lumentié
et Chausseblanche.
Chavany (J.-A). V. Roubinovilch et Chavany.
Cheinisse (L.). Encéphalitelét., 163.
•— Epilepsie, 278.
— Année Ihérapeutigue, 472.
Christidi (E.). Chirurgie des nerjs, 156.
Clark (L. Picrco). Epilepsie, 270, 275.
— Traitement, 275.
Cleuet (Robert) et Ingebrans. M. de Recklin-
ghausen, 481.495.
Colin (Henri). Evolution des idées sur la jolie,
Collignon. V. Mouziols et Collignon.
CoNiL. V. Roger, Aymès et Conil.
CoRiAT (Isador H.). Myasthénie, 154.
CosACEBCo (A.). Chirurgie des nerjs, 155.
CoURBON (Paul). Stéréotypie symbolique, 181-
185.
CouRiioN (Paul) et Bauer. Constitutions,
263.
Crémieux (Albert). Hypotension du liquide
c.-r., 471.
Crouzon (0.). Triage neuro-psychiatrique,
^ 264.
Crouzon (0.) et Bouttier. Epilepsie-myo¬
clonie, 581.
Crouzon (0.) et Girot. Dorsalisation, 260.
Crouzon (0.) et Mathieu. Côtes cervicales, 89.
Crouzon (0.) et Rogubs do Fursao. Délire
hallucinaloire, 517-521.
Crusenn (L.). V. Barré et Crusem. ,
D
Band (Charles L.). Myasthénie, 154.
Darquier (J.). V. Vincent, Bernard el Dar-
quier.
David (H.). V. Babonneix et David.
Dechaume (J.). V. Froment, Japiol et De-
chaume.
Delater (G.). V.Reverchon, Delaler et Worms.
Oenoyelle . V. Schaejjer et Denoyelle.
Deron (R.). Syndrome manie, 87.
Desage. Myoclonie-épilepsie, 581.
DpRAs. V. Heuyer el Deyras.
DHollander. Synpraxie, 2bd.
~~ Monoépilepsie, 579.
Dide (Maurice) et Fages. Hypoglhycémie
cyclique, 84.
Divry. Epilepsie, 270.
Doebeli (H.). Sensibilités, 137.
Dbaganesoo (St.). V. Marineseo el Draga-
Dubois (S.). Erythrodermie, 278.
Ducosté (Maurice). Bradypsychie, 272.
— Epilepsie consciente, 272.
— Luminal, 279.
Dufour (Henri) et Semelaigne. Epilepsie,
266.
Dufourmentel et Béhague. Névralgies
du tri jumeau, ôZ, 104-110.
Duhot (E.). Syndr. de l'art, cérébelleuse, 152.
Dupouy (Roger). V. Leroy el Dupouy.
Duverger (C.) et Spinnhirny. Atrophie op¬
tique, 474.
E
Ebright (George E.). Encéphalite épid.,
159.
Eco NO MO . Diplostreptocoque de Wiesner, 144.
F
Fages (G.). V. Dide et Fages.
Flatau (Edward). Signe de l'érection, 116-
120.
Fletcher (H.-M.) et Rolleston. Somnolence,
159.
Fo]X (Ch.). Hémicontraclure jaciale, 450.
— V. André-Thomas et Foix.
Foix (Ch.) et Lagrange. Hémicontracture
jaciale, 556.
Foix (Ch.). Thévenard et Mme Nicolesco.
Symptômes pseudo-cérébelleux, 458.
Foix (Charles) et Vahère Vialex. Syndrome
pyramido-strié, 66.
— Syndrome cérébello-pyramidal, 57.
Freeman (Walter) et Morin. Syncinésies,
452.
Frejka (Jos.) et Taussig. Réactions colloïdales,
139.
Freud (S.). Psychoamlyse, 87, 469.
Frey (Mme Lucie). Sytidrome auriculo-lem-
poral, 97-104.
Frey (B.). V. Adam et Frey.
Froment (J.). Actes subconscients, 263.
Froment (J.) et Bernheim. Réjlexes dedéjense,
385-845.
Froment (J.), Japiol et Dechaume. Explo¬
ration radiologique, 82.
Fuchs. Encéphalite exp., 159.
Fumarola (G.). Tumeur deVacouslique, 151.
G
Gamper. Queue de cheval, Ibb.
Gardère, Gignoux et Barbier. TarlraUs
borico-alcalim, 276.
Gasbarrini (A.). Encéphalitelét., IbZ.
Georgopüulob (S.). Epilepsie, 266.
Gignoux. V. Gardère, Gignoux et Barbier.
Gigon (Alired). Géants et nains, 170.
Gilles (André). V. Laignel-Lavastine cl Gilles.
Girot (L,). V. Crouzon et Girot.
Glénard (R.). V. Barbé et Glénard.
ANNÉE 1923, — TABLES DU TOME II
Gmbuh (Joseph H.), . V. Strauss et Globus.
Goldstein (Hyman). Enjani épileptique, 582.
Gommés. Myoclonies douloureuses, 261.
— Paralysie du moteur oculaire,, 261.
GBA.SSI (G.-B.). Tarlrale borico-polassigue,
276.
Gbegob. V. Schollz et Gregor.
Gbinkeb (Julius). Epilepsie, 279.
Gbobel. V. Progulski et Grobel.
Guedes (Luis). Epilepsie, 275.
Gbossman (Morris). Encéphalite épid., 160.
Guillain (Georges) et Ala.io uanine. Sclérose
dijjuse, 450.
— ■ Syn. parkinsonien el traumatisme, 459.
H
Habbbbb. Laminectomie, 155.
Haquenau. V. Sicard, llaguenau et Laplane.
Hai.bk in, LÉ'ii t Wei bmann-Netteb. Lé¬
sion pédonculaire, 547.
Hartenbebg (P.). Lipodystrophie, 260.
— Epilepsie, 267, 270.
— Microsphygmie, 270.
Hartmann (Heinz). Cécité volontaire, 285.
Hartmann (Edward),. V. Souques et Hart-
Hatibgan. Œdèmes, 148.
Hayem (A.) et Mizon. Dissociation thermo¬
analgésique dans une névrite, 287-238.
Hayem (L.). Démence post opératoire, 583.
— Trocart pour rachicentèse, 583.
— Mort sous rachianesthésie, 583.
Hbagey (Francis W.). Encéphalite épid.,
160.
Herman (E.). Pseudoathétose, 147.
— Mimique des shizophréniques, 286.
Hebschmann. Alcool dans le projet du Code,
284.
— Irresponsabilité, 284.
Herzio. Epilepsie, 280. ■
Hesnard (A.). Psychoanalyse, 253.
— Complexe d’Œdipe, 262.
Hbuybr (G.). Narcolepsie, 275.
Heuybb (G. ) et Deybas. Crampe de la lecture,
46.
Heyninx. Abcès prtoubéranliel , 1 52.
Hillebrand. Regard, 91.
Hillemand (Pierre). V. Gain el Uillemund.
Hoffman (R.-V.). Encéphalite épid., 160.
Houhtoun (R.-A). Cécité pour les couleurs,
137.
Ho USE (William). Encéphalite épid., 160.
Hünt (Edward Livinhston). Traitement bro-
muré, 276.
Ingelbans (Pierre), V. Cluet et Ingelrans.
INSABATO (Luigi). Alcoolisme, 472.
Izabd. V. Lereboullet, Izard et Mouzon.
Jaloowitz (A.). Paralysie faciale, 144.
Japiol. V. Froment, Japml et Derhaume.
Jensen (Wilhelm) et Kcbroedkr Inocultaion.
de cl sal irose en plaques, 431-485.
Jobard (Marc). V. Bourges et Jobard.
JuARRos (César). Syndr. prolubéranliel, 1.52.
JUMENTIÉ (J.). Métastases cancéreuses, 613.
— V. André-Thomas, Jumenlié et Chausse-
blanche; Rochon- Duvigneavd, Jumenlié et
Valière Vialeix.
JuRAsCHECH (H.). V. Brissot et Jurascheche.
H
Kahler, Narroklepsie, 145.
Kappkus (C,-U, Ariens). Anatomie comparée
du système nerveux, 379.
Karplus. Lésions du système nerveux, 143.
Kennedy (Foster). Encéphalite lét., 160.
Krauss (Walter M.). Détermination des alti¬
tudes, 289-811.
Krebs .Encéphalite lét., 160.
— Projectile à la supérieure du rocher, 535.
— Evolution des myoclonies, 542.
— Lésions pyramidales, 658.
Krisoii. Epilepsie, 280.
Kugler. Névrose, 281 .
Kyrlb. Syphilis latente, 145.
Lafay (L.). Encéphalite. 163.
Lafora (Gonzalo R.). Corps amylacés, 399,
418.
Lagrange (Henri), V. Foix el Lagrange.
Laiünel-Lavastine. Eléments sympathiques de,
l’encéphale, 210-216.
— Le freudisme, 261.
— Psycholeptiques, 268.
Laignel-Lavastine et Gilles, Epileptique
anxieuse, 273.
Laignel-IjAVAstine et Loguk. Grise comi¬
tiale, 172.
Laizek (Hil.). Aphasies, 149.
Lance. V. Babonneix e l Lance.
Lapinski (T,). Illusions, 282.
Laplane. V. Roger el Luodane-, Sicard et La¬
plane ; Sicard, Ilagueiaiu et Laplane.
Laubby (Ch.) et Bi-ocii. Crise épileptiformes,
.580.
Lauzieb (J.). V. Roubirunntch el Lauzier.
Laval (Martin) . Injections épidurales. 583.
Leaiiy (Hylvesler R. et Sands). Synd.r.
l’encéphalite épid., 163.
Leblanc (E.). Artère cérébelleuse^ 546.
Ledoux. Cyanose, 260.
Legrain (Paul-Maurice). Toxicomanes, 256.
Leidleb. V. Lory et Leidler.
Leinbb (Joshua ILp Etats épileptiques, 6S2.
Lematte (L.). Opothérapie, 468.
Lemos (Magalhâes). Scopolamine el tonus,
424-480.
Léobardy (de). V. Pagniez el de Léolmrdy.
Léoi’old-Lévi. Encéphalite épid., 160.
Lephince Réflexes en Ihérapeulique, 476.
Lereiioullet (Pierre), Izahd et Mouzon,
Myasthénie, 153.
Lkredde. Epilepsie, 267, 276.
Léri (André). Discussion, 571.
- V. Ilalbron, Léri et Wcissmami.-Nelter.
Léri (Amlré) et Péron. 'Tub. de la couche
optique, 461.
Léri (Amlré) et Weihsmann-Nktter. Ophlal-
nmplégie nucléaire, 460, 668.
Leroy (Raoul). Epilepsie, 267.
TABLE ALPHABÉTIQUE DES AUTEURS 21
Lbboy (Raoul) et Dupouy. Encéphalite épid.,
Levi Bianchimi. V. l^'etss et Levi Bianchini.
Levy (David M.). V. Patrick et Levy.
Lévy (M^o Gabrielle). Encéphalite épid., 465.
— V. Marie et M''» Lévy.
Lichtbnstern. Perversion sexuelle, 285.
Livet (Louis). Epilepsie consciente, 274.
Logbe. V. Laignel-Lavastine et Logre.
Louge (H.). Béflexe palataocrdéaque, 149.
Louge (M"'" Reine H.). P. Bourget psychiatre,
470.
Loubeibo (JoarjUin). Venin de cobra, 279.
Lowy et Leidleb. E. de Barany, 92.
Lugaro (Krnesto), V. Tami et Lugaro.
Lümière (Aug. ). Sérum d'épiteptigues, 173.
— Tartrate borico-poi assigne, 276.
M
Maokibwioï (.Jakob). Introduction intraver¬
tébrale d'air, 18-19.
MacCbbady(E. Bosworth). Epilepsie, 275.
Maeder (Alph.). Psychothérapie, 281.
Maier (Hans). Caféine, 136.
Maillard (Gaston). Luminal, 277.
Malesou. V. Urechia et Malescu.
Maranon (G.). Sécrétions internes, 467.
Marcandier (A.). V. Bourges et Marcandier
Marchand (L.). Epilepsie et P. G., 175.
■— Etat de mal, 279.
— Ovariotomie, 279.
— V. Toulouse et Marchand.
Marchand (L.) et Page. Syrulr. de Foville,
152.
Marpan (A.-B.). Convulsions, 271.
Marie (Aug.). Craniotomie, 175.
~ Epilepsie, 267.
Marie (Pierre) et Lévy. Forme mono¬
brachiale du parkinsonisme, 166
Marinesoo (Georges). Mal. familiales, 147.
— - Sérum salvarsanisé, 157.
— Névromes d'amputation, 378.
Marinesco (G.) et Draoanesco). Métabo¬
lisme du fer, Z95-m.
Mabinesco (G.) et Radovioi. Réflexes d'auto¬
matisme, 1-8.
Martel (T. de). Tumeurs del'acoUstiqw, 151.
' — Discussion, 444.
Martimor (R.). Absences épileptiques, 274.
MAs8ARy(H. de) et Racket. Dysptuisie, 681.
Massary (J. de). V. Souques, Blamoutier et
de Massary.
Masson (P.). Plexus nerveux périylaïululaires,
93.
Mathieu (KenJ'). Epilepsie, 275.
Mathieu (Pierre). V. Crouame.t Mathieu.
Mattéi (Oh.). V. Oddo et Mattéi.
Mattéi (Vit'orio). Encepluiltte muochmique.,
160.
Medea (K). Encépluilite épid., 160.
Meige (Henry). Diseussinns, 533.
Meier-Muller (IL). Névrose traumalieiue,
281.
Michel (A.). Spina bifina, 169.
Micheli (K.). Encépluilite épid., 160.
Mme (.L). Epilepsie, 279.
Mii!on(P.). V, Iluyemel Mizon.
Modenaa (G.). Chorée, gravidique, 161.
Moliiant (M.). Eneéphalitelét., 163.
Mo LIN de Teyssieu. V. Abadie et Mol in de
Teyssieu.
Molinié. Nystagmus, 476.
Monakow (C. de). Encéphalite, 150.
Monohy (de). Artériosclérose, 143.
Moniz (Bgas). Vie sexuelle, 469.
Morin (P.). V. Barré et Morin-, Freeman et
Morin.
Moulonguet (A.) et Pierre. Syndromes céré¬
belleux, 60.
— Abcès cortical du cervelet, 61.
MouzioLset Collignon. Encéphalite lét., 163.
Mouzon (J.). Syn. infundibulo-hypophysaire,
165.
— Lereboullet, Izard et Mouzon ; Pagniez,
Mouzon et Turpin.
Muller. Encéphalite tpid. , 163.
Murphy (F.-D.). Epilepsie, 279.
N
Naccarati (Santé). Encéphalite épid., 161.
Nanta(A.). Cœur tabétique, i75.
Naudascher (G.). Délire comitial, 274.
Nayrac (Paul). Dégénérescence hépatolmli-
eulaire, 504-508.
— V. Baviarl, VulUen et Nayrac.
Negro (Fedele). Parkinsonisme, 161.
Nebi (V.). Phase prodromique de la m. de Par¬
kinson, 540.
Nicolau (S.). Liquide c.-r., 156.
Nicolesco (J. -T.). Contractions idio-muscu-
l aires, 155.
■ — Affections parasyphilitiques, 157.
— V. Radovici et Nicolesco.
Nicolesco (Mm'% V. Foix, Thévenard et Mine
Nicolesco.
Nocai et Bagdasaiî. II emi -syndrome parmn-
sonien, 9-12.
O
Oddo (C.). Camr basedowien, 148.
Oddo (C.) et Mattéi. Epilepsie cardiaque.
174.
Olivier (M.) et Aymès. Epilepsie, 268.
Orzechowski (Casimir). Trouble myorlonique,
477.
— Troubles extra-pyramidaux, 478.
OsTY (K.). Connaissance .supra-normale, 382.
Oubgaud. Strabisme, 146.
— V.Aubarelet Ourgaud.
(OuRGAUD et Sedan. Spasmes delà convergence,
146.
Page (Maurice). Epilepsie, 276.
— V. Marchand et Page.
Paoliano et Aviéhinos. ('horée falmitiale,
280.
Pagniez (PIl). Epilepsie, 271.
Pagniez (Ph.). et de Léobabdy. Crise hénio-
clasique, 271.
Pagniez (Ph.). Mouzon et Turpin. Myoclonie
provoquée, 171.
Papilian (V.)'. Microcéphale, 91.
— Top. spino-radiculaire, 92.
Parho n (C.-J.). Hystérie masculine. 281 .
Pariion (c. -J.) et Mlle Marie Pariion. (,7m-
lestérinémie, 86.
— Sérocryoscopie chez les al iénés, 286.
Pariion (C.-.T.) et Stocker. Délire d’interpré¬
tation, 287.
Pariion (C.-J.) et Zuqravu. Rate des aliénés,
286.
1 .
' A
r^-rv
Tome II. N<^
Juillet 1923
REVUE NEUROLOGIQUE
MÉMOIRES ORIGINAUX
NEUROLOGIE
I
CONTRIBUTION A L’ÉTUDE DES RÉFLEXES
D’AUTOMATISME DES MEMBRES SUPÉRIEURS
PAR
G. MARINESGO et A. RADOVICI
(de Bucarest)
Il est inr.onUisLablo ({uo le progrès dn nos coniiaissanros sur Itis com-
rr<issions mèdullairtis a marché do pair avtu', l’étiidt! de plus ou plus appro¬
fondie d(îs réfloxfss dits dtt déhmso. l^o diagnostic, séméiologique des (tom-
prossious et le siège (ui hauLour do la lésion, trouvtuit dans la présence et
1 étendue des zones réflexogènes dtt (uts phénomènes, une confirmation
précieuse. C’est donc à jusl (t raison (ju’on a accordé la plus grande atten¬
tion aux ])hénomènes qtii se jiasstmf. dans h; tronçon médullaire sous-
joctiuL à la lésion.
On a été pourtant un peu troj) large tpiand on a transposé dans la phy¬
siologie humaine les données dtt la physiologie expérimenlahc La moelle
humaine se rossent, en eflet, beaucoup plus qut! c.clL. (hts animaux en
oxperiemui du long esclavage imposé par les centres sujtérieurs. Gttst
pourquoi his manifestations j^l’indéj tendance, à la suite de l’abolition
Oocidentelle de cette, t yrannies, ont moins prononc.étts et très souvent à peine
osquissées. Cette considération viai(! pour tous les lihénojnènes d’automa-
lismt! médullaire en général l’est stirtoul, en ce (jui coneerntt la moelht
oorvjcale. Le rcnfleimuit brachial de la moelle cervicale peut aussi être
e sièg(i d’un automatisnui mettant en mouvnnent, d’une manière réflexe,
inembres supérituirs. Quant auxeonditions d’apparition de (a-s réflexes,
1 est incontestable ([ue la lésion doit siéger à un niveau de la motille au-
i^osstts du nmtleirumt braidiial, c’est-à-dire au-dessus du segimud, Cb.
'>1 l’areté des cas, observés (ui clinique, pré.sentant l’automatisme des
«KVl'H NKUnoLOGiyl'K. — T. II 1
G. MAHINKSCO ET A. HADOVICl
membres supérieurs, tient justement à cette circonstance et au fait que
les lésions de cette régicïi si prochcî du bulbe sont incompatibles avec
une longue survie. r,(;tt(i remarque se rapporte surt.)ut aux lésions instal¬
lées brusquement par un traumatisme, les compressions buites, comme la
pacbyméningite chronique, les tumeurs à longue évolution étant parfois
longuement tolérées par la moelle cervicale.
Nous avons eu l’occasion d’obscu’ver deux malades présentant à un
degré très prononcé les réflexes dits de défense aux membres supérieurs.
Ohscrvalion I. — Tétraplégie. l'raclure de la colonne cervicale. N... Agé de 21 ans,
entré à l’hôpital le 15 février 1922. Au mois de janvier 1921, il a souffert un fort trau¬
matisme, étant tamponné avec la charrette qu'il conduisait, par une locomotive en
grande vitc.ssc. 11 a eu une fracture du fémur droit, des os du crAne et plusieurs plaies
au tronc et au cou. Après quatre mois, la motilité volontaire, aux quatre membres,
est réduite.
Légère contracture en flexion des membres inférieurs. La sensibilité tactile, thermi¬
que et doulorcuse est diminuée seulement dans le territoire des trois premières racines
cervicales postérieures (c’est-à-dire de la nuque jusqu’au vertex). Paralysie du
diaphragme. Type respiratoire : costal supérieur. Les réflexes tendineux et osseux
exagérés. Clonus du pied. Le pincement des téguments des membres inférieurs et de
l’abdomen produit la triple flexion du membre inférieur correspondant et souvent
l’allongement croisé. Le pincement de la peau des organes génitaux, pénis-scrotum,
et de l’hypogastreiiroduit une flexion bilatérale des membres inférieurs très accentuée,
de sorte que les g<’noux som, relevés “ur l’abdomen. Le pincement de la peau au dessus
de l'ombilic, sur le thorax jusqu'au bordsupérieur de la clavicule, produit une triple flexion
très accusée du membre supérieur correspondant. Parfois le mouvement s’irradie au membre
inférieur du même côté et m/me au membre inférieur opposé. Un pincement plus fort et
prolongé de la peau du thorax produit un mouvement d'automatisme généralisé aux quatre
membres et meme au Ironc qui présente des mouvements de flexion et de torsion de la colonne
vertébrale. Pendant la triple rétraction du membre supérieur, la main en extension forcée,
les doigts écartés et le pouce en extension, constituent un phénomène analogue au signe de
Babinski aux orteils. Héfh^xes crémastériens et abdominaux abolis. Signe de Babinski
très accusé des deux côtés. Le réflexe palmomcnlonnier ne se produit pas, mais l’exci¬
tation avec l’aiguille de la paume de la main et surtout de l’éminence thénar, produit
l’extension nette du pouce et l'écartement en éventail des quatre derniers doigts. Le
mouvement réflexe se tait lentement et présente une similitude parfaite avec le phéno¬
mène des orteils de Babinski. La radiographie a montré une fracture des deux premières
vertèbres cervicales avec formation de calus exubérant.
Observation IL — ■ Tétraplégie. Pacbyméningite. T. L. Agé de 21 ans, entré au mois
d’avril 1912. Au mois d’avril 1909, il a été obligé de s’aliter à cause de douleurs à la
nuque, à la tôte, et de bourdonnements d’oreilles, puis sont venues des nausées, la
faiblesse du bras gauche et des membres inférieurs. Ensuite les troubles de la motilité
se sont aggravés.
La motilité volontaire est relativement conservée, mais il y a une diminution dans
l’amplitude des mouvements de l’articulation tibio-tarsienne. Aux membres supérieurs,
les troubles de la motilité sont plus ac(u,sés,Ics muscles sont atrophiés et les réflexes
tendineux et osseux sont abolis. Aux membres inférieurs il y a un certain degré de con¬
tracture avec exagération des réflexes tendineux, signes de Babinski et de Maric-Foix.
Les réflexes abdominaux et crémastériens sont abolis. La sensibilité tactile douloureuse,
thermique et au diapason est fortement diminuée du côté des mains, l’hyperesthésie
est moins accusée aux avant-bras et aux bras, tléaction do Wassermann négative dans
le sérum et le liquide céphalo-raehidien ; réaction des globulines faiblement positive, et
par centrifugation du liquide céphalo-rachidien on obtient un dépôt constitué par de
nombreux lymphocytes, de gros mononucléaires et diverses formes de transition entre
ces deux sortes d’éléments. Les troubles de la motilité aux membres supérieurs et
RÉFLEXES D'AUTOMATISME DES MEMBRES SUPÉRIEURS
infôrieurs se sont accentués depuis le commencement de l’année 1913, on constate le
phénomène de la triple réaction et le réflexe d’allongement croisé.
Du côté des membres supérieurs nous avons conslalé que lorsqu'on pince la peau au niveau
du petit doigt ou bien si l'on frôle de la pointe d'une épingle le bord cubital de la main, il se
produit des mouvements de réaction du côté de tous les segments du membre supérieur.
L'extension des doigts s'exagère et ils s'écartent. Il se manifeste une rotation de t'épaule
en dedans et tout le membre est projeté en avant. La même réaction se produit, mais plus
faible, en excitant le bord radial. Lorsque l'excilalion du bord cubital de. la main esl faite
quand l'avant-bras est fléchi à l'angle droit, on constate l'extension de ce dernier, la main
se met en pronation et tout le membre esl projeté le. long du corps. Mais ce qui esl plus impor¬
tant, c'est que nous constatons des mouvements coordonnés du membre supérieur opposé à
celui qiic nous avons excité, ainsi que des réactions du côté des membres inférieurs. Tandis
que le membre excité offre un mouvement réflexe en extension, celui du côté opposé présente
de la rétraction.
A la suite de l’excitation du bordcubital de la main, le.s réactions des membres infé¬
rieurs sont variables. C’est ainsi que si, au moment de l’excitation, les membres infé¬
rieurs sont légèrement fléchis, la flexion s’exagère un peu et les jambes s’entre-croi-
sent. Parfois, au contraire, il y a extension des membres et enfin, d’autres fois, l’un
des membres entre en flexion et l’autre en extension. L'excilalion de la face externe d'un
bras esl suivie d'un mouvement de propulsion du même côléctdc rétraction du côté opposé:
tandis que si l'on pince le bord interne on peut observer parfois un double mouvement
de rétraction. A partir du mois d’avril 1913, l’état général du malade devient de moins
on moins satisfaisant et au mois d’octobre il tut emporté par la tuberculose pulmonaire.
Alanécropsie,on constate une pacliyméningito cervicale et plusieurs cavités centrales
sur toute l’étendue de la moelle.
J. CS réflexes de défense des membres supérieurs étaient très manifestes
chez oes deux malades qui présentaient des lésions constatées par la radio¬
graphie chez le premier, par la nécropsic chez le second, au niveau supé¬
rieur de la moelle cervicale. La triple rétraction du membre produite par
l’excitation de l’extrémité, l’allongement par l’excitation de la racine du
membre, le phénomène croisé des allongeurs sont autant de signes d’analogie
parfaite avec les jihénomènes d’automatisme des membres intérieurs.
Il faut ajouter encore la flexion dorsale de la main dans l^articulation du
I)oignet, de même que l’écartement des doigts par excitation du bord
cubital de la face palmaire, que nous avons observés chez ces deux malades.
L’un d’eux présentait en outre un phénomène tout à fait analogue au signe
de Babinski du pied, manifesté par l’extension et l’abduction du pouce.
Nous avons pu suivre ohez ces deux malades le phénomène de diffusion
des réflexes d’un membre supérieur, ou aux membres inférieurs. Tandis
que le premier malade présentait une projiagation des réflexes dans un
sens descendant, c’est-à-dire du membre supérieur au membre inférieur
correspondant, le second malade dilTusait le mouvement réflexe au membre
supérieur opposé. En résumé, les phénomènes présentés par ces malades
avaient une certaine analogie avec les manifestations des animaux déca¬
pités par transsection de la moelle au-dessus du bulbe.
Elus souvent, nous observons en clinique des malad«îs tétraplégiques
ayant des lésions plus étendues de la moelle cervicale et empiétant sur
le renflement brachial. Dans ces conditions, nous constatons une para-
{)légie flasque des membres supérieurs, avec, atrophie muscnilaiiMi, évo¬
luant parallèlement à une paraplégie spasmodique. Eourtant il n’est pas
G. MAHINKSCO ET A. ftADOV/C/
rare dans de Uds cas de; prevoejuer des pliénoïnènes d’auLoïnalisjne dans
les membres supérieurs, manifestés dans les tm'riteiics innervés [lar les
segments médullair(!s, épargnés par la lésion.
Nous faisons suivre rhisLoire elinique des deux malades tétraplégiques :
Observation — Tumeurs muUiples (lu néviaxe, T6trapl6ffic. Z. ûgôe de 20 ans.
EnLrùo dans le .si j n iee le 1"”' juillet 1914, elle y est morte le 10 juin 1916. Mariée à 18
ans, elle a eu des enfants bien portuid,s; aucun avortement; nie la syphilis.il y a 15 ans,
paralysie faciale du côté droit (pii persiste jiisiiu’à présent. Autrement bien portante
jiisfpi’à il y a 7 mois, quand après une forte émotion, elle a ressenti une faiblesse des
jambes (jui lui a rendu la marche de plus en jilus dillicile. Depuis trois mois des troubles
de motilité du côté des membres supérieurs. La malade est alitée, la marche est très
dillicile et titubante. Aux membres supérieurs, la motilité active du poignet et du coude
est encore conservée, mais faible; dans les articulations scapulo-huméralcs, les mouve¬
ments sont très limités. L’attitude des mains est caractéristique, les premières jdialan-
ges formant avec les métacarpiens des angles obtus dorsaux. La préhension des objets
se fait avec dilliculté. La motilité segmentaire des membres inférieurs conservée en
partie dans les cuisses et les genoux, et réduite dans les articulations tibio-tarsiennes,
surtout du côté gauche. Contracture des extrémités des membres supérieurs et tendance
è l’attiLude de main de prédicateur. Les réflexes achilléens et roLuliens vifs. Le réflexe
oléocranien (d. radial osseux exagérés. Clonus bilatéral. Les réflexes cutanés ; légère
extension du gros orteil du côté gauebe, normal en flexion du côté droit. Les rellexes
àbdominaiix ne se produisent pas. Les pupilles égales et à réflectivité normale. Le
phénomène de Marie-lùiix se ])rodiii t des deux côtés. Incontinence d’urine. La sensibilité
superficielle au tact, à la douleur et à la température est conservée, aux membres
inferieurs, tandis ipie la sensibilité vibratoire et profonde y sont altérées. Aux membres
supérieurs, la sensibilité tactile est profondément altérée, la malade présentant des zones
d’uneslhésic et d’hypoesthésie, à disposition radiculaire. La sensibilité vibratoire est
abidie aux mains id aux avant-bras et très diininiiée aux bras et à la ceinture scapulaire.
Lesseiisifiilités Iheriiiiijiie (d, douloureuse étaient conservées à l’entrée de la iiialade dans
notre service. L’exainen du liipiide céphalo-rachidien montre (pie la réaction des globu¬
lines est positive (d douze élénieids cidliilaires par division de la cellule de Nageotte.
I.cs rcllrrrs (lits (le. drlense. I.c iiiiiri'nicrU du bord cubital de la main et du judil doigt
produit un mouvement réjte.ve d'extension des doigts et d'adduction du pouce, de mi’mc
(pi'ujt léger mouvement d'extension de. rarliculalion rudio-carpienne correspondante. Ee
pincement de la peau de l'avaid-hras détermine aussi des mouvements réllexes très légers.
I.c pineemeid du bord riidiid de l'aioinl-bras jiroduil une, eoidraclion des muscles épicon-
dgliens. Le pineemenl de la face dorsale de la main droilc amène un mouvement d’adduction
du membre supérieur entier. Le pincement du bord radial de l’auunl-brus provoque une
exlension de la main et des doigts. Au membre supérieur gauche, le pineemenl du bord
cubital de lu main produit un mouvement réflexe de rétraction et une légère adduction du
membre entier. Si la main est en supination incomplète, on peut produire par la même
manuuwre un mouvement de pronalion et d'adduction du membre.
Observation iK. — S.Gh.,âgé de 21 ans. Tétraplégie brusquement installée è la suite
d’une bulle reçue è la nuipie. La motilité volontaire complètement abolie aux quatre
membres, le malade peut eependant exécuter quelques légers mouvements de latéralité
de la tôle, (ni note une atrophie musculaire très prononcée, aux membres. néfle.\cs
tendineii.x abolis ; réflexes cutanés, crémastériens et abdoniinuiix abolis. Signe de
Hiibiiislii positif des deux côtés, clonus du jiied et de la rotule. Héflexes d’aiilomatisme
des (piatre iiieiulire- . Triple rétraction des iii.imbres- inférieurs. Signe de Marie-h’oix
positif, /.'excitation dix téguments des membres supérieurs et du thorax déclanche un mou¬
vement réflexe de propulsion du membre supérieur correspondant el parfois des deux mem¬
bres à la fois, l'ar inspection, on voit apparaître à ce moment une contraction réflexe dans
te biceps el surloul dans les mu.scles grand dorsal cl pectoraux. 1,’excilalion avec l’aiguille
de la paume de la main provoque un mouvement réfle.re à ta racine du membre supérieur
correspondant, produit par une conlraelion des muscles pecloraiix. Lu zone qui déclanche
PÉFLEXKH D'AUTOMATISME DES MEMUHES STIPÉBIEUBS
celte contraction pectorale est la même que celle du réflexe palmo-mcntonnier, lequel
est aboli chez ce malade par rintcrruplion dans la moelle cervicale de la voie sensilivo-
ascendante.
('liez CCS deux malades, les mouvement, s d’automatisme du côté des
m(unl)r(îs supérieurs sont peu marqués, ce ([ui s’explique par le fait que
la lésion bas située lèse une grande j)arti(! du renflement braidtial. Les
mouvements réfbixes présentés sont, en rapport avec, les derniers segments
épargnés. Quant à la forme du mouvement réflexe^ nous relevons la propul¬
sion du bras par la contraction des muscles pectoraux, à la suite de l’exci-
lation de la paum(i d(i la main. Nous croyons (pie ce mouvenu'nt réflexe
u’e.sf, qu’une déviation du réflexe palmo-mentonnier, ipii était aboli chez
ces malades, comme il est absent d’ailleurs dans tous his cas avec lésion
située entre le renflement brachial et le noyau du nerf facial.
Mais, en dehors des phénomènes d’automatisme du renflement brachial
observés chez ces malades et offrant au point de vue physio-pathologique
une analogie avec l’automatisme du renflement lombo-sacré, nous avons
eu l’occasion d’étudier des phénomènes réflexes des membres supérieurs,
d’une tout autre catégorie. Nous voulons parler des réflexes profonds du
cou et des réflexes labyrinthiques. Au point de vue physio-pathologique, il
ne s’agit pas Ifi à proprement parler de mouvements réflexes, mais plutôt
d’une modiflc.al ion dans la distribution du tonus, dont la prépondérance
passe alternativement, dans les groupes musculaires ant agonistes, en rapport
Hvec, les mouvements de la tête sur le t,ron(; ou avec la position de la tête
dans l’espace, l'ar conséquent, on a dilTérencié deux groupes de réflexes ;
hîs réflexes toniques du cou et les réflexes toniques labyrinthiques, décrits
pour la première fois par Magnus et de Khdgn chez les animaux décérébres.
Les centres régulateurs de ces réflexes se trouvent dans les trois premiers
segments cervicaux pour les réflexes profonds du cou, dans la région lombo-
protubéranticlle, un peu en avant de l’origine de la VI II® paire. Expéri-
lïicntalcment, la transsection du névraxe au-dessus dii^ces deux (‘.entres
détermine en première ligne une rigidité des muscles en rapport av(;c. la
station (hibout, d(! sort e que l’animal peut, se maint, (uiir dans cette attit ude,
mais n’est pas capable de se redresser lorsqu’on le couc.lu'. En même t emps,
è la suite de la libération des centres sus-(;ités, les mouvements de la tête
sont capables de modifier la distribution du tonus dans les muscles et par
'ioiiséquent, (léclanc,h(îr des mouvements réflexes des membr((s, surtout
flans l(!s membr(!s anLéri(!urs. La rotation de la tête à droile et à gauche, en
avant et en arrière, déclanche des mouvements d’extension et de flexion
flos membres, suivant les lois toujours identiques chez les diverses espèces
d’animaux. De même, en fixant la tête sur le tronc par un bandage plâtré, pour
éliminer les réflexes du cou, on a pu ])rouver que l’attitude de la tête dans
1 espace peut provoquer, à la suite d’exc.ital ions jiarties du labyrinthe, des
modifications du t.onus musculaire et des mouvem(uits réflexes des mem-
l^res. Chez l’homme, ces deux catégori((s de réflexes ont été à p(une relevées
jusqu’à présent,. Ils doivent être prés(!nt,s dans tous les cas présentant des
lésions qui isolent les centres sus-mentionnés de l’action frénatrice
G. MAItlNESCO ET A. TiADOVICI
(lu c(^rvpau. Les deux malades, dont nous donnons ici l’observation, sont
très démonstratifs à ce point de vue :
Observation V.— II. L., âg(i dn '.‘,2 ans. RigiiliL6 li-l.raplégifiuB; cnCrô le 20 juillet 1922
dans le service! pour des troubles de la motilité', des epiatre membres. Son affection a
débuté briisquememt pendant la nuit (mai 1921). Le malin il était paralysé des quatre
membres et avait perdu l’usage de la parole, quoiqu’il eût gardé l’intégrité de sa
connaissance. Les liquides avalés lui revenaient par le nez. Après cinq mois, il commence
à parler avec diiriculté et à exécuter qu(!lques mouvements. Le traitement anlisyphi-
lilique essayé est resté sans effet. A prés(>nt, le malade est rigide, reste toujours en dôcu-
bitus dorsal, les membres supérieurs fléchis et les mains portées sur le thorax ; les
membres inférieurs en extension forcée. La motilité des muscles squelettiques presque
complètement abolie. Il ne peut pas se dresser dans la position assise.
La motilité passive est très rédidte par le fait de la contracture, dans toutes les arti¬
culations des membres. Lorsque le malade fait des efforts pour remuer ses membres, il
apparaît des contractions cloni(jues de sorlequc les mouvements s’exécutent d’une ma¬
nière saccadée.
La réflectivité osLéo-tcndineusc est Irèscxagéréedans tous les segments des membres.
Il y a Iréiiidation éiùleptoïde qui pcuit se généraliser. Les réflexes cutanés plantaires
se font en extension, le signe d(! Babinski étant plus net à gauche. Les réflexes erômas-
tériens et abdominaux abolis, le réflexe palmo-mcnlonnier est très évident. Los pu¬
pilles inégales. Les réflexes photo-moteur et à l’accommodation sont normaux.
Lorsque la tête se trouve dans la même direction que le tronc, c’est-à-dire si la colonne
cervicale n’csl pas fléchie, le visage regardant en haut les membres supérieurs sont
immobilisés en scmiflexion des coudes, formant un anghi do 90", les mains portées à
l’épigastre, les doigts fléchis dans la [(aume de la main. Celte attitude gardée d’une façon
constante est détermim'ïc par une contracture des muscles, de sorte que les mouvements
passifs trouvent une résistance parfois invincible. .4ux membres inférieurs la contrac¬
ture en extension (d adduction est très marquée, la flexion ou abduction passive des
jambes rencontre une résistance presque, infranchissable. Les mouvements du la tôle
sur le tronc sont limités par la contracture des muscles postérieurs du cou, c'e sorte que
la flexion de la tête ne dirige pas le menton vers la fourchette sternale.
La sensibilité générale des téguments est conservée, de même que la vue, l’ouïe,
l’odorat et le goût.
Le malade fait des grimaces et a un rire explosif et spasmodique pendant (,u’il parle.
Pas de troubles sphinctériens, mais le malade est toujours constipé.
Chez ce malade,. la déviation passive de ta tète déclanche des mouvements réjlexes des
membres, très manijestes aux membres supérieurs. La rotation à droite et à gauche de la
tète, provoque des mouvements d’extension et de flexion du membre supérieur opposé, de
sorte que toujours le membre vers lequel le visage est dirigé se trouve en extension, tandis
que le. membre du côté occipital est en flexion. La nouvelle position est gardée autant que la
tète exécute la rotation. Le mouvement se fait très lentement et il s'agit plutôt d'un change¬
ment de tonus dans les muscles antagonistes des membres. La distribution du tonus muscu¬
laire aux membres inférieurs change aussi en rapport avec Tallilude donnée ù lu t/lc, n ais
les mouvements réflexes sont à peine marqués.
Observation VI. — Idiotie amaurotique, llllette israélite âgée de 4 ans présisntant
une imi)olencc de tout mouvement volonlaire et cécité. Pas de maladie nerveuse dans
la famille. L’enfant garde indélinimcnt l’attitude donnée. Degré prononcé de contrac¬
ture dns muscles pronatcurs des mains. L’attitude immobile n’est interrompue que par
des accès convulsifs. Raideur do la nuque. Aux membres supérieurs, la résistance aux
mouv(!menls passifs est plus accentuée à diôite. La main en totalité a l’altitude de la
main de prédicateur. Aux membres infôrieursaucune résistance, hormislcs adducteurs
do la cuisse qui opposent une certaine résistanc(! à hnir écartement. L’extension forcée,
la flexin dorsah' des pieds cl l’extension des orteils sont impraticables. Les réflexes
rotuliens et nchillé(!ns sont diminués. Réflcxoscontra-latérauxdes adducteurs présents.
Le réflexe stylo-radial existe. Le cubilo-pronaleur impossible ù produire. Réflexe
RÉFLEXES D'AUTOMATISME DES MEMBRES SUPÉRIEURS 7
tricipital brusçue. Réflexe palmo-mentonnier très accusé des deux côtés. L’excitation
palmaire plus forte produit une diffusion aux membres des mouvements réflexes.
Les réflexes d’aulomalisme. Le pincement des téguments de la face dorsale du pied déter¬
mine une triple rétraction du muscle correspondant, mouvement qui diffuse aux autres
membres. Le pincemenl de la main ou d'un doigl provoque un mouvement lent de rétrac¬
tion et d'adduction du membre marqué, surtout lorsqu'on a mis le membre préalablement
en adduction, loin du tronc. Le mouvement réflexe apparaît aussi au membre supérieur op¬
posé. L'adduction des membres supérieurs est presque simultanée. Lorsque l'excitation
esl plus forte, le mouvement de rétraction apparatt aux quatre membres. Le signe de Marie-
Poix est évident des deux côtés. Aux membres supérieurs, la flexion forcée des doigts
ou l’extension de l’articulation radio-carpicnne produit le mouvement de rétraction des
membres .
Réflexes profonds du cou. La rotation passive de la tête autour d’un axe vertical, de
sorte que la figure regarde alternativement à droite et à gauche, détermine une série de
modifications dans le tonus musculaire et les mouvements réflexes des membres supé¬
rieurs. Ces modifications sont toujours les mêmes : lorsqu’on tourne la tête vers la droite-
le membre supérieur droit s’étend, par exagération du tonus des extenseurs. Ce mouve,
ment est surtout marqué dans l’articulation du coude. Lorsqu’on tourne la tête de
l’enfant de manière que la figure regarde à gauche et que l’occiput soit tourné vers la
droite, le membre supérieur gauche s’étend, par le même mécanisme, dans l’articulation
du coude.
Les réflexes toniques labyrinthiques existent sous forme de mouvements dans les
membres supérieurs (abduction, extension, élévation et adduction). La position des
globes oculaires est en rapport avec le décubitus de la petite malade.
L’examen du fond de l’oeil montre les lésions typiques de l’idiotie amaurotique.
En résumé, nous pouvons conclure que la moelle cervicale présente un
automatisme manifesté par des mouvements réflexes des membres su¬
périeurs. En effet :
1° La libération totale du ronflement brachial des centres fréna-
tours supérieurs par lésion située entre le bulbe et le segment G' détermine
l’apparition des réflexes analogues à ceux des membres inférieurs (rétrac¬
tion et adduction, allongement croisé, etc.).
2° La lésion partielle du renflement brachial provtiquc de légers
wiouvements d’automatisme, à savoir la propulsion des bras.
3° Les lésions situées plus haut, qui ne touchent pas les connexions de
la moelle cervicale avec les centres bulbo-protubérantiels, mais isolent
ces mêmes centres de l’influence frrénatrice des centres supérieurs encé¬
phaliques, font apparaître deux catégories de réflexes quf nous avons
trouvés très marqués chez nos deux derniers malades : les réflexes pro¬
fonds du cou et les réflexes labyrinthiques.
'f® Il est à remarquer que lorsque les réflexes d’automatisme propre¬
ment médullaires, qu’on observe couramment en clinique, sont en rapport
avec les excitations superficielles ou profondes des membres inférieurs ou
avec les excitations viscérales (réflexe viscéro-mot’urs), l’automatisme
•les membres supérieurs, rarement constaté dans les lésions proprement
médullaires, est plus manifeste lorsque les c.oniKîxions bulbo-protubéran-
tiellos ne sont pas interrompues, les excitations apportées par les nerfs
éraniens et les premières racines cervicales (attitude de la tête) ayant la
plus grande importance dans leur déclanchement.
Tandis que l’automatisme des membres inférieurs esquisse purement et
G. MAltl.\J-SCO ET .1, JhWOVICl
simitli'iiuMil lus inouvcmonts do la marcha, l’anlomalisnu; des membres
supérieurs (ou d('s membres antérieurs des <juadrupédes) esquisse la direc-
l,ioa que doit, iireiidia; la mar(be (ïL pcuit- être eiic.m-e un mouv(;meiih de
])rébeusiou eu rapport, avec, bss iuformalioiis aj)portées par les organes sen-
soriids situés dans la tôle.
L’imporl auc,(! de c(!Lt(! conslataLion n’écbappera pas à ceux qui tache¬
ront de donner rinLeri)rélaLion phylogénétique îles faits observes.
II
HEMI - SYNDROME PARKINSONIEN GAUCHE
AVEC TREMBLEMENT DE LA LANGUE ET
PHÉNOMÈNE DE BLOCAGE AU COURS DES
MOUVEMENTS ALTERNATIFS ET RAPIDES
NOiCA et BAGDASAR
(de Bucarest)
Lo malade N. M., âgé de 23 ans, non marié, entre à l’hôpital militaire R. E. le 3 oc¬
tobre 1922, évacué par l’hôpital militaire deGalatz avec le diagnostic de maladie de
Parkinson.
' Anlécédenls héréditaires : sans importance.
Anlécédenls personnels : il a eu la fièvre typhoïde. En 1908, blennorragie; en 1920,
chancre syphilitique; on lui a fait quelques injections mercurielles et de néosalvarsan.
■Il use on petite quantité des boissons alcooliques et du tabac.
Historique : sa maladie a débuté dans l’automne 1920 après son incorporation ;
on jour, à 10 heures du matin, lorsque le régiment était disposé pour être passé en revue,
lesoldat, sans avoir rien eu auparavant, fut pris tout à coup d’une sensation de faiblesse
avec des vertiges et de la fièvre, perd connaissance, et il serait tombé s’il n’avait pas
été soutenu par ses camarades. Conduit à l’infirmerie du régiment, il ne revient à lui
que le lendemain . 4
La température prise le jour de l’accident montre 40®.
II est évacué le lendemain ù l’hôpital militaire de Cetatea Alba, où l’état du malac e
tlevient plus grave : il avait une sensation de faiblesse presque invincible dans les
membres sïipérieurs et inférieurs. Pendant trois semaines le malade a gardé le Ut.
Il n’a pas eu de diplopie; le sommeil pendant la nuit était tranquille, il n’a pas eu
de délire, la température s’était maintenue entre 39-40", il n’a pas eu de troubles de
■déglutition.
Au bout de ces trois semaines, l’état du malade a commencé à s’améliorer et il a pu
descendre de son lit, mais il observe que son membre inférieurgauche était plus lourd
que le droit pondant la marche,et en même temps il accusait une sensation de fourmil¬
lement de ce même côté.
Au bout d’un mois il quitte l’hôpital avec le diagnostic de typhus exanthématique,
quoique le malade nous dit ne pas avoir observé sur son corps aucune sorte d’éruption.
Il revient à son régiment et reprend son service. La sensation de faiblesse dans le membre
mférieur gauche — plus atténuée ù la suite — persiste toutefois, mais sans l’empêcher
d’accomplir ses devoirs miiitaires.
On lui imposait des travaux fatiguants et des marches longues et pénibles, après
lesquelles il sentait toujours des douleurs dans les membres inférieurs.
L’état du malade se maintient le même jusqu’au mois de juillet 1922 lorsqu’il observe
dn matin des tremblements dans les doigts de la main gaucho et dans la moitié gauche
® la face. Au bout de trois mois, le membre .supérieur gauche tout entier est animé de
10
NOICA ET BAGDASAR
tremblements. La volonté était impuissante à les faire cesser. Conscient rie cette Infir-
mité qu’il cherchait à dissimuler, il portait toujours la main en arrière et l’appuyait sur
le dos lorsqu ’il se trouvait en présence de scs camarades ou dans la rue , après deux au très
mois, la malade observe aussi des tremblements dans le membre inférieur gauche.
Le 3 octobre, il entre à l’hôpital militaire R. E.
Ëtal présent: la mimique du malade n’a pas la labilité caractéristique d’une ligure
normale. L’aspect immobile de la lace est assez évident. La moitié gauche et le menton
sont animés de tremblements latéraux qui se transmettent quelquefois vers la moitié
droite de la face.
Quand il parle, pendant la mastication et la déglutition, lestremblements cessent,
mais l’aspect figé de la face devient encore plus caractéristique. Quand il ouvre labouche
on observe dos tremblements do la langue à direction antéro-postérieure ; sa projec¬
tion en dehors change le sens des tremblements qui sont plutôt latérauxet moins antéro¬
postérieurs ; l’impidsion motrice des tremblements semble prendre naissance dans la
moitié gauche de la langue; quand il parle ou quand il mange, les tremblements cessent
complètement (c’est le malade qui nous le dit).
Il n’a pas de troubles de mastication et <ie déglutition. La voix est monotone.
Lorsque le malade est debout, on observe des tremblements du membre supérieur
gauche dans la direction de la flexion et de l’extension, plus accentués, vers les extré¬
mités, tremblements que la volonté ne peut pas influencer.
Pour les faire disparaître, le malade porte la main sur le dos, ou l’applique sur l’abdo¬
men et fixe le coude avec l’autre main.
La force dynamomélrique ; main gauche = 45, main droite = 75.
Une légère atrophie musculaire à gauche : la différence entre les cuisses = 1 1/2 ;
entre les bras et les avant-bras = 1 cm.
Seulement, dans la position assise et dans le décubitus apparaissent de temps en
temps des tremblements dans le membre inférieur gauche, qui durent 15-20 minutes
et qui échappent à l’influence de la volonté.
L’injection avec 1-2 milligrammes de hyoscine diminue considérablement l’ampli¬
tude des tremblements au point de les faire cesser complètement.
Pondant la marche les mouvements associés du membre supérieur gauche sont abolis
on comparaison avec ceux du membre opposé, qui s’accomplissent normalement.
On ne trouve ni antéro, ni rétropidsion.
Les mouvements passifs des membres supérieurs et inférieurs gauchos offrent une
certaine résistance, vu la facilité dont s’exécutent ceux du côté oposé. L’amplitude des
mouvements lents de circumduction du membre supérieur gauche est normale, tandis
que la circumduction rapide rétrécit de plus en plus l’amplitude des mouvements
ju.squ’à ce que le membre s’approche de la position horizontale dans laquelle il finit par
s’immobiliser, comme tétanisé.
Les mouvements de diadococinésio ont lieu normalement à droite, mais à gauche
quand nous demandons au malade qu’il lasse lentement des mouvements semblables,
leur accomplissement d’une amplitude normale s’accompagne d’une exagération
manifeste de tremblements; après 2-3 mouvements rapides pendant lesquels le trem¬
blement atteint un maximum, la main et l’avant-bras gauches s’arrêtent dans une atti¬
tude intermédiaire, que le malade ne peut plus surmonter. C’est une sorte de tétanisation
du membre respectif.
Les mouvements d’opposition avec l’index de la main gauche s’exécutent normale¬
ment si les mouvements sont lents'. Leur amplitude diminue progressivement et les
doigts cessent leur excursion, s’arrêtant l’un près de l’autre, si l’on ordonne au malade do
faire des mouvements plus rapides. Pendant ce temps l’agitation globale de la main est
|dus accusée ([u’au repos.
Le môme phénomène s’observe quand le malade ferme les paupières ou quand il fait
des mouvements de latéralité avec la langue. Dans le premier cas, quand les mouvements
sont rapides, les paupières s’arrêtent dans une position, qui laisse une petite fente palpé¬
brale ; dans le deuxième, les mouvements rapides delatéralité immobilisent ia langue,
animée encore de tremblements, sur la ligne médiane.
HÉMI-SYNDROME PARKINSONIEN GAUCHE
Les réflexes tendineux et cutanés normaux. Les pupilles réagissent bienàla lumière;
réaction paresseuse à distance.
Pas de troubles de sensibilité objective superficielle et profonde. Pas de troubles
sphinctériens.
L’oxamon du liquide céphalo-rachidiennégatif. Pas de réaction myotonique dans les
muscles intéressés.
Rien dans les autres organes.
En peu de mots, notre malade présente un aspect figé de la face, un hémi-tremble¬
ment gauche, de la raideur dans les membres du même côté et la perte des mouvements
assoeiés dans le membre supérieur gauche pendant la marche.
L’historique de la maladie et l’état présent justifient suffisamment le
diagnostic de syndrome parkinsonien encéphalitique qui atteint seule¬
ment une moitié du corps.
Hors le fait que le syndrome est localisé à un seul côté du corps, il mérite
d’être relevé pour les autres particularités, que le malade présente : sur
environ 30 cas de Parkinsonisme, que nous avons observés dans le service
de M. le Prof. Marin^sco et dans un de nos services, nou n’avons jamais
vu de pareils tremblements de la langue.
A ce point de vue notre cas s’approcherait de celui, qui a été commu¬
niqué par .MM. André Thomas et Jumentié en avril 1922 à la Société de
Neurolgie d(! Paris, les mouvements de la langue qui n’étaient ni tremble¬
ments, ni myoclonicis consistaient dans un déplacement latéral de la pointe
qui était portée à droite et en bas, tandis que la face supérieure basculait
pour regarder à droite. De ce symptôme qui n’a jamais été observé dans
•e Parkinson classique, les auteurs font un moyen de diagnostic rétros¬
pectif d’encéphalite épidémique. Chez notre malade, les mouvements invo¬
lontaires de la langue ont un aspect de tremblement. Quand il ouvre la
bou(;hc, les tremblements sont antéropostérieurs ; la langue projetée en
dehors, les tremblements prennent une direction latérale et antéroposté¬
rieure.
Mais ce qui constitue l’intérêt de ce cas, c’est un phénomèn. nouveau
sur lecjuel nous avons attiré l’attention (t dont nois avons exposé les
détails dans l’observation clinique.
Tous les mouvements lents du côté de syndrome s’exécutent avec une
^ruplitudonormal'i tandis q«e leur rapiditéa pour résultat, après 2-3 mou¬
vements, de mettre le segment respectif dens une sorte de tétanisation,
qui rond impossible tout elïort du malade à continuel le mouvement. Cette
i-étanisation s’observe à l’occasion de tous les mouvements volontaires
rapides et répétés qui ont lieu du côté du syndrome.
Vogl a parlé d’une pseudo-adiadococinésie déterminée par la rigidité
dans le syndrome pallidal, et Lhermille a observé dans iiertains cas une
véritable adiadococinésie, dans laquelle il n’y avait aucune raideur. Les
caractères du phénomène que nous venons de décrire ne nous autorisent
pas é conclure qu’il s’agit d’une adiadococinésie dans le sens de celle dé¬
crite \>ar Babinski dans le syndrome cérébelleux. Dans ce dernier, les mouve¬
ments de succession continuent à se faire, mais d’une façon irrégulière ;
contraire, dans le phénomène décrit par ne us, la main et l’avant-bras
NOICA ET BAGDASAR
s’ari'ôljüil, (■.omplcLcmciiL on (l(‘mi-pronali()n après qiuilipios inouvcmonLs'.
Si nous nous reportons à l’étymologie do ec motet non pas à sonacc(!p-
tation courante, jieut-être que la dénomination de l’adiadocoe.inésie serait
plutôt juste pour notre phénomène, car l’atliadococinésie signifie la sup-
])re,ssion eomplèt(! d(!s mouvcîments de succession et non une succession
irrégulière. Pour les troubles des mouvements de succession du syndrome
cérébelhîux, il s;rait plus jusUi d(! nous servir du terme (b; « dysdiadoco-
einésie » qui signifie l’idée d’une irrégularit é, tandis ([ue l’adiad Mcocinésie
(îxiu'inu! l’impossibilité d’exécution de ces mouvements.
III
SUR LE BÉRIBÉRI EXPÉRIMENTAL DES PIGEONS
AVEC RÉFÉRENCE PARTICULIÈRE A L’ANA¬
TOMIE PATHOLOGIQUE
G.-C. RIQUIER
Clinique des maladies nerveuses et mentales de l’Université de Sassari (Italie).
Dans ccLlti not(!, j’ai brièvemtüiL exposé les principaux résultats de mes
rechereluissur la « polynévrite aviaire par riz décortiqué » et dont quelques-
uns ont déjà été référés par O. Rossi sur les « Quaderni di Psic.hiatria ».
Vol. III, lyit), et vol. Vil, 1920.
Dans mon prochain t ravail, mes conclusions seront illustrées d’une-
façon étendue.
Dés juin 1914, j’ai pu démontrer que le riz décortiqué soumis à la tempé¬
rature d(! 1200 pondant une heure, à l’ét uve sèche, se comporte comme le
riz déc.ortiqué cuit à l’eau, c.’est,-à-dir(( produisant avt'.c. un cerlain délai
le syndrome polynévritique.
Des pifrtions alirntuités exclusivtiment par des pommes terre cuites,
Vivent bi<;n et augmcuitent de poids (observation de 140 jours) sans pré¬
senter aucun trouble.
Nourris de riz décortiqué et de pommes de terre cuites en proportions
égalés, ils présentent — quoiqiui avec délai, une polynévrite typique ;
1 administration quotidiemuî de 60 granimes de pommes de terre cuites et
de 10 grammes de riz dédortiqué retarde natablement mais n’évite pas
l’apparition du syndrome polynévritique.
Dlus réc.emment, j’ai pu observer (pie des pig(!ons alimentés jiar du riz
décorti(pié cm proportions égales avec du froment, n’ont présenté au bout
de 1 14 joui's de cette alinnmtatiou aucun signe de malailie <4 ont augnnmté
de poids, tandis ipie d’autres auxipuds on a administré du riz déc.oilhpié
eontenant 10 % seuhmnmt de froimuil ont été frapjiés de ]U)lynévrit(ï
typique.
A son tour, 1(1 froment étiivé à Id.V* jiendant une heure et demie, fait.
*iPl>araître la iiolynévrite.
l’our l’élude bistopathologiipie, je ne me suis servi que des pigeons
Ch(
les([U(ds la maladie s’est développée d’une façon aiguib Chez tous c
sujets, j’ai noté la dégénérescence des
.‘l’fs périphériques
a.-c. niQUiEn
L’oxamen systématique de la plupart des troncs nerveux m’a permis
d’établir que si les nerfs des membres sont en général les plus frappés
par le processus névritique, celui-ci s’étend presque toujours à tout le
système périphérique, et même parfois prédomine au niveau des nerfs
crâniens et des nerfs spinaux non plexuels.
En l’absencci d(i symptômes cliniques apj)réciables chez bis pigeons
nourris de riz déc,()rti<iué, l’examen des organes internes etdu système ner¬
veux c, entrai ne révèle aucune altération histologique, tandis que celui
des nerfs périphériques met en évidence des modifications initiales de la
gaine de myéline.
A l’apparition des premiers symptômes de la maladie, les lésions des
nerfs périphériques sont bien manifestes, tandis que c(îlles dii système
nerveux central et <h(s organes inl,(‘rnes font défaut ou sont i)e,u [)ro-
Mème lorsque le syndrome (sst comphit et h; rôle joué par h; système
nerveux central dans la pathogénie de quelques symptômes est indéniahle,
on ru! trouve i)as d’altérations constantes d(!S centres, et (juand il en existe,
elles n’ont pas <le physionomie caractéristique et sont toujours moins in¬
tenses que celles d(is nerfs péripliériques.
Tous ces caractères indiquent que les altérations du sysLèm(! nerv(mx
central jouent en général un rôle secondaire dans l’évolution du processus
morbide et ne peuvent par conséquerit être considérées comme la caus(î
anatomique principale de la maladie.
L’alimentation par le riz décortiqué agit d’abord d’une façon inUmse
sur les nerfs périphériques, puis plus tard, moins inUmsément, sur les
centres nerveux. Si elhi agissait en elTet d’une façon uniforme sur tout le
système nerveu.x, on aurait dû trouver des altérations de la meme intensité
ou presque, soit dans les nerfs soit dans les centres.
l.,e rôle secondaire des lésions centrales est aussi démontré par h; fait
([ue c.hezies pig(H)ns béribériques, le retour h L(!mps à l’alimentation nor¬
male fait disparaître d’(;mblé(i les phénomènes généraux, tandis que la
dusparition de (;eux qui sont soutenus par les altérations périphériques est
moins rapiihs. Celles-ci, quoique subitement améliorées, ont cepcmdant
besoin d’un certain temps pour disparaître.
Les altérations histologi({ues des cellules des cornes antérieures de la
moelle et des ganglions spinaux, qui se dévelopjjent j)lutôt tardivement,
doivent être considérées comme secondaires aux modifications des troncs
nerveux.
Les résultats obtenus à l’aide de Unes méthodes histologiques, m’autori¬
sent à affirmer que le substratum anatomo-pathologique du syndrome cli¬
nique aigu provoqué chez les f)ig(îons exclusivement alimentés par du riz
décortiqué, et du froment entier, étuvéà 145'' pendant une heure etdemie,
est fondam'uitalcment constitué [)ar des altérations dégénératives de-s
nerfs périphériques.
La plupart (his symptômes présentés par les pigeons, surtout les ini¬
tiaux, trouvent une raison d’être suirisante dans ces altérations, et quel-
nÉninÉiii expéiiimental des pigeons 15
quefois on doit admettre qu’elles sont la cause de la mort des animaux.
Le processus dégénératif est segmentaire, periaxile ; son intensité est
variable et il ne frappe jamais toutes les fibres ; à mesure que le syndrome
avance, le processus tend à s’étendre et à provoquer la dissociation ;
touefois chez les pigeons morts des suites de la maladie même, les nerfs
les plus dégénérés contiennent encore nombre de fibres ayant tous les
caractères des fibres normales.
IV
APPAREIL NOUVEAU POUR L’INTRODUCTION
INTRAVERTÉBRALE DE L’AIR
JAKOB MACKIEWICZ
(Service du Pr E. Flatau, Varsovie)
Pans toutes nos opérations ayant pour but le diagnostic des états mor¬
bides et l'application des apprreils convenables, n us visons ittvariable-
Jtuuil. — ^ ('.((inme condition fondanumtale — les systèmes simjtles et faciles
et bï inaniemiuit aisé des apftareils. Dans bî nombre se trouve! la miHlioib!
(liagnostiepie (pii consiste en l’inlroduction de l’air dans le canal c('‘])balo-
raidiidiiin, (!t dans les vientriculcs cérébraux avec roentgénograjdiie ullé-
rieure {Encéphalographie). C'a! jirocédé est déjà depuis deux ans pral icpié
av(!C succès dans les (;lini(jues neurologiepies.
Pour 1(! monuuit^ je renonce! à discuter les modes d’introduire l’air
(lir(!(!temenl. dans les ventriculecs cérébraux (Dandy) qui réclament des
opérations c.hirurgicales plus c.ompliejuées. Je n’ai on vue que de m’oev
cuper de la qu(!stion du refoulage de l’air par voie intravertébrale.
Dans les cliniqu(!s étrangér(!s, on prali<[ue actuelleiment dans ce but deux
[)roc('“(l(!s dites liingel I et liingel II. Dans son premier proexbb', Bingel se
S(!rl eruii appareil, composé d’un tube en caoutchouc aveic entonnoir en
verre attaché à unsup[)orl mobile avec une échelle fixe en centimètres. Ce
l.ube avec l’entonnoir mobile forme un manomètre, à l’aide! duquel on peut
(Iét(!rmiri(!r la teuision initiale du liejuiele céphalo-rachidien et, en baissant
ou relevant l’euitonnoir, obseu'veu' les oscillations de ladite teuision. Oui l'c
c-cla, au bout, de! ce lAibe, >11 enchaine euicore une série! de tuyaux (eui
caoutc.houc, ou en verre) munis de tourniepiets pour pouvoir, tour à tour,
laisser échapper le liquide eeéphalo-raeihidien par l’aiguille; jeiepiée juéa-
labhüuent dans le! c.atial, ou bieui, en ajoutant à ce: système tiu<! seringue,
reib uleu- avec, meisure l’air dans le canal.
Cependant leersepi’ori atira eamsidéré epu! l’aspiration du liepiide el le
reefoulage* alternatif de l’air exigent l’enlèvement (il. le replacement,
réitérés de la seringue! ; .uisuile, que la [U’cssion de! l’aii' iid roduil, ne! peeul
(':l,r(! ni cont rôlée! ni enregistrée [>ar un appareil emnvenable, et epi’enfin un
jnanomèl.re! construit d’uiu! manière telleîin.uit grossière, comme! nous
venons de! le i'(!laler, est très p(!U sensible! — on corueevra pour!|uoi Iling(!l
lui-mcme‘ a bientôt renoncé à son modèle 1 et avec les autres neuirologues
INTRODUCTION INTRAVERTÊDRALB DE L’AIR
17
commença à appliquer le procédé dit Bingel II. Celui-ci se distingue
d’abord par la ponction lombaire simultanée dans deux points sur les
niveaux dilTérents. Dans ce cas, on réunit l’aiguille supérieure avec l’appa¬
reil refoulant l’air d’une bouteille calibrée, de laquelle il est repoussé par
Unr colonne d’eau, s’écoulant en bas par le tube de l’entonnoir. De l’aiguille
inférieure, le liquide coule dans le tube en caoutchouc avec un coude de
verre; l’un de ses bouts est justement plongé dans l’éprouvette, soutenue
par le bras horizontal du support mobile. Par la modificatiou convenable
du niveau de ce bras mobile on peut également déterminer la tcmsion du
liquide céphalo- rachidien. Le niveau supérieur de la colonne d’eau, refou-
lanL l’air de la bouteille, doit, d’après Bingel; se trouver au moins à
dd cm. au-dessus du niveau de la pression initiale du liquide céphalo-racbi-
dien. Ce rapide refoulage de l’air dans le canal céphalo-rachidien —
dès le comme nc,(!meut du procédé • — sous une pression deux fois plus
forte que la normale;, est déjà à lui seul uu inconvénient grave de ce
procédé; puisque, on b; sait, la condition princijeabi, c’est d'éviler les ns-
cUlalions de la lension. Le second avanlage de cette méthode est la doideb;
ponction reciuise qui est bi(m malencontreuse dans un procédé jturement.
diagnostique, comme l’est l’crncéphalographie. Ensuite le contrôb' per¬
manent de la tension du liquide refoulé par la pression de l’air, à l’aide d’un
^’^mpb; tub(!-manomèl.re vertical, est un moyen très inexact, car du moment
‘lue le liquide commence à couler dans l’éprouvette, le tube vertical iiiLu-
roinpt sa fonc.tion de manomètre, et alors on ne peut plus enregistrer les
uscillations de la tension ; chez un malade assis, avec deux aiguilles piquées,
sous l’action de l’émotion, de la douleur, de la toux ou du changement de
U position de la tête, c(;s osc.illations p(;uvcnt devenir t rès considérables.
t-n quatrième lieu, bien que théorique-ment l’air arrivant par l’aiguilb'
sup(!rieure doive uniformément repousser le liquide par l’aiguille inféri(;ur(!,
d arrive pourtant quel([uefois, que c’est justement celui-là qui s’éehapjie
par cette aiguille (Alvens et Hircb, Med. Klinik, 1923, u® 4).^
En raison des inconvénients énumérés de la méthode Bingel II, nous
^ous servons pour le refoulage de l’air d’un appareil de notre pro])re
mv(intion qui, comme le montra l’expérience, ne possède pas ces désavan¬
tages. Comm e manomètre, nous avons appliqué l’appareil de Claude; l’air
nTiVe à l’aide do la seringue .“>0,0 de Record. L’un des 3 orifices du robinet
df* I appareil de Claude NI par un tube en caoutchouc est joint avec,
orifice I d’un robinet spécial en métal N2, muni également de 3 orifices ;
‘ es deux autres orifices de, ce robinet, l’un est joint au manomètre, l’autre
1 aide d’un tube en caoutchouc sert à laisser s’écouler le liquide cépbalo-
‘■‘“ihidien dans l’éprouvette ; enfin la seringue de Record par un tube en
^^outchouc est réunie avec le troisième orifice du robinet de l’appareil de
J àude ; le premier orifice du robinet est joint à l’aiguille pour ponction,
^a technique du procédé est la suivante : dès que la première goutte du
^^fiuide céphalo-rachidien a coulé, on met l’orifice 1 sur le robinet I, disposé
‘ a telle sorte que le manomètre indiquera tout de suite la lension initiale
1"^ nous tâchons de maintenir dans tonies les manipulalions nllérienres.
nnvuR NiiunoLOQiQUE. — t. ii. 2
18
■JAKOR MACKinWICZ
La pression initiale établie, on (bninc au bras du robinet N2 la position
verticale ctalors le liquide s’écoule dans l’éj)rouv(d te calibrée. Apiès avoir
tiré 2, 3, 5 c,c. nous vérifions la pression, en remettant b; bras mobile du
robiiKvt N2 dans la position parallèle au tube conduisani au manomètre ;
ensuite nous contrôlons de nouveau la pnission. Nous mettons le bras du
robinet NI dan ■ une position parallèle à raiguille et, à l’aide d’un piston,
lentem(!nl, par un mouvement rotatoire, muis iniroduisons l’air de la
siïringnc dans le canal. Comme le robimd. NI est platîé d(! sorte <[uc p<;ndant
l’ascension (b; l’air s’(;uvr(i simullanémetd, une voie de conuunnical i(Mi
avec, le tub(! condinsatit au manomètrt-, nous sommes donc en élal de con-
Irôler conslnmtnenl In lension pendanl l ascension de l’air ; ainsi nous d(?-
meurons au possible dans les limites de la pression initiale. Nous répétons
ce procédé plusieurs f ois jus([u’ii ce ({ue la quantité requised’air soit arrivée.
Ajoutons (jue la pnunièi'c p< rtion de l’air rr foulé (ist très petite 2, 3 ce,.,
après quoi on attend d’ordinaire (pn!b[ue tenq)S])our appnmdn! la réaction
du malade. Lorsque, en ndoulant l’air, on remarquera qu<! par suite d(!
douleur, de toux, d(i c.ri, du chang(iment de; position de la tête, la tension
a augiminté, oti doit instanlanènnnt interrompre le refoulage de l’air et
atteindre que bi malade soit redeivenu tranquille.
Ainsi, nous avons paré à tous les inconvénients du procédé Bingel IL
A l’aide! ebi notre! apjiareil on pourra d’une manière absolument individuelle
refeeubir l’air élans erhaejuc cas isolé, et, avec plus de circonspection, en
teuiant e',e»mj)te de! la ineeindre réaction du malade, pratiquer cette opéra¬
tion qui toutefeiis n’eist pas tout fi fait indifférente pour un cerveau
gravement atteint.
INTRODUCTION INTRAVERTÉBRALE DE L’AIR
19
Notons que l’application de notre appareil n’est pas restreinte unique-
*ïïent aux buts enc.cphalographiqucs, mais qu’il peut servir aussi pour le
diagnostic des processus de compression de la moelle. Car dans ce cas,
lions sommes d’abord en état de pratiquer simidtanément l’tprcuve de
Queckonstedt ; ensuit(!, de constater ce pbénomène, que dans les néo¬
plasmes (ixtrarac.bidiens après l’écoulement de la plus petite quantité de
liquide, sa tension baisse considérablement et rapidement ; enfin, en refou¬
lant l’air (10-15 ce.), nous observons le pbénoméne regisirépar Widerôo
etBingel,(;t notamment l’apparition d’une douleur localisée sur le niv('au
du néoplasme.
Dans le 11° I de VÙ23, Münchn. Mediz., Woc/q Thurzo donne le détail d’un
appareil en verre avec 3 robinets munis de 4 orifices ; en manœuvrant, ces
robinets, on pourra tour à tour tirer le liquide, mesurer la tension ou bien
laisser arriver l’air de la seringue ; mais il faut noter que rappar(iil en
<Juestion, visant égabiment à la simplification de la méthode Bingel 11,
représente en réalité la technique modifub; du procédé Bingel I, dans la¬
quelle, au lieu du système des tubes en caoutchouc avec lourniqucïts, on
^ura appliqué des robinets en verre.
dliurzo, en guise de manomètre, se sert d’un tuyau de verre calibré ;
sun appareil conserve tout de même les inconvénients suivants :
1. En vérifiant la tension après l’aspiration du liquide, la colonne de cc
liquide dans le tube dii manomètre doit chaque fois reculer dans le canal
ou la tension est moindre qu’elle ne l’est dans le manomètro derrière la
colonne arrêtée du liquide. Le refoulement réitéré de cc liquide du tube
ouvert dans le canal ne peut pas demourcu- indifférent pour le malade
on raison de la possibilité d’infection.
2. Le rofoulage même de l’air a lieu sans le contrôle du manomètre, car
nuteur mentionne précisément que la pression ne pourra pas être contrôlée
aussitôt après que l’air aura été refoulé.
3. Le réglage fréquent des robinets de verre (de 100 à 120 ftis p(mdant
toute l’opération) présente sans doute de grandes difficultés techniques.
4- Conformément à nos expériences, la quantité de liquide requise pour
examen de la pression à l’aide des tubes-manomètres est de 5 à 10 ce.,
undis que la (piantité de liquide requise pour l’examen avec notre appa-
ceil n’est que 1 /2 cc. à peine. On peut ajouter que cette opération est
pratiquée dans la position assise du malade, et que, dans les processus
®^ec tension intracrânienne augmentée, celle-ci atteindra parfois 70-80 cc.
i dans ce cas la quantité de liquide requise pour la déterminer déjjas-
®®ra sans doute 10 cc.
Donc, si chez, un malade pareil avec tension augmentée, nous avons à
aide de l’appareil de 'fliurzo prélevé même la moindre quantité de liquide
1 nous allons être obligés — on pratiquant la technique on question —
^ faire s’écouler du canal au moins 12-14 de liquide (10-12 cc. dans le
j^anoinètrc et 2 cc. dans les éprouvettes) ; or, chez un malade avec byper-
ansion cérébrale en général et particulièrenuint dans bis processus de la
‘cavité postérieure, ceci est absolument contre-indiqué.
PSYCHIATRIE
TICS ET MALADIES MENTALES
n. BKRNADOU
I. — Application de la méthode psycho-motrice a l’étude des tics,
[^a in('“Lh()(l(i d’éLiuh) jisyclio-moLriiîP, Lolle que nous l’avons diUinie,
sous l’iiisjiiral iou d<i M. Inigre, dans noire LJièse (1), trouve son appli-
oaiioii dans l’an; lyse (dinique des lies au cours des maladies meulales.
Nous iai)|)(dlerons tout d’ahord les prine.ijies d(ï celle mélliode :
la^s Irouhli^s psyclihjues et les troubles mol cuis janivenl, juesiuder ludre
(Uix dilïériiids rajqxuls, qui sont :
1“ Ia> ti'ouble iisy(dii([u«î et b; trouble moteur peuvent coexistcu' et s<‘
présimter, alors, d’uiu; façon parallèle, affeclant de nombiisuses ressemblan-
c-es, comme s’ils étaieid, run sur l’autre calqués, 'l'ul est le parallclisnte
pjisclio-niuleur de lJupré.
2° En opposition avec le parallélisme psycho-moteur, le trouble psychi-
qiu^ et le tiambbï nioleui- peuvent être dissociés : l’existence, l’imporlancc!
ou l(!s (;aractér(is de l’un jiar rapport à l’autre étant disjiroportionnés ou en
raison inverse {Dissociation psiichomotrice).
fje trouble ])sy(dii([ue [)eut exercer ses influences et scs répercussions
sur la motricité et déternnner l’apparition du trouble moteur; c’est comme
si un courant, parti des centres psychiques, allait actionner le système mo-
t(!ur. T<‘llc est la psychomolricité cenlrijuge, du nom du sens du courant,
les lamtres psychiques étant considérés comme les centres nerveux par
extadlence, les centres des centres, ceux t ù Grasset plaçait son fameux
centre 0.
Le trouble moteur peut retentir sur le psychisme : les troubles psy-
(diiques sont alors la conséipience du trouble moteur, comme s’il existait
un c.ourant, d(; sens (-ontraire au précédent, courant c(ud-ripète, remontant
d’uiH! des régions du système nerveux moteur aux centres psychiques,
'l’elh^ (!st, la psychomolricité centripète (psychomotricité ascendante de
Logre) (2).
(1) H. Bertiaildii. La PwichiimalriciU pathnlagifiw. Tlif>sn (In Paris, 1922.
(2) U. I.os're, Gon;,0'ôs de Qiiimiier, 1922. Cnnsiilcrulitins sur les Inubks psgeha-
moteurs.
TICS CT MALADIES MENTALES
21
Ces quatre modes de la psychomotricité constituent les jalon • qui vont
nous servir à étudier les rapports des tics avec quelques-unes des maladies
mentales où on est accoutumé de les rencontrer.
On sait, en eltet, combien les tics sont fréquents en psychiatrie : dans la
débilité menUle, l’idiotie, l’imbécillité, la démence précoce, la p.g.,les folies
ehroniques, l’hystérie, les obsessions ; névroses et psychoses avec lesquelles
ds ont les rapports les plus étroits (Régis).
Les auteurs sont, d’accord pour reconnaître qu’à côté du déeséquilibre
moteur qu’est le tic (Dupré),il existe, dans la plupart des cas, une certaine
déséquilibration psychique. MM. Meige et Feindel, qui ont bien analysé
l’état mental des tiqueurs, soutiennent qu’on observe presque toujours,
conjointement aux tics, des lacunes de l’intelligence, une mobilité des
•dées, une versatilité de l’humeur, des bizarreries et des excentricités rele¬
vant de l’état mental. Les tiqueurs, disent-ils, ont le psychisme « d’un
^ge inférieur à celui qu’il-, ont en réalité ». Cet « état mental infantih; »
consiste, notamment, en une perturbation delà volonté altérée par défaut
(aboulie, impassibilité de réfréner le mouvement habituel contratté dans
le tic) ou par excès (entêtement, persévération dans la répétition du tic).
“ Les tiqueurs veulent trop ou trop peu, trop vite et pour trop peu de
temps. »
Au prime abord, nous voyons donc ([ue le tic est un déséquilibre parai
Icle'de la motricité et du j)sychisme. Ilrentr. dans le parallélisme psy-
^iiotnoleur.
Mais cet état mental infantile, relevé par Meige et Feindel, existe-t-il
‘■cellemeiit chez tous les tiqueurs ? Nous savons que les psyc^hiatres c.on-
temporains ont une tendance de plus en plus marquée à admettre qu’il eu
est des^stigmates de la dé8é(|uilibration mciutale comme des stigmates ana-
L>miqu(.s de dégénérescence; ils ne valent que par leur ensemble (Dupré).
11 faut noter un c.ertain nombre imposant de ces stigmates chez un même
*a.jet ])our conclunï à sa déséquilibration ou à sa dégénérescence ; sinon,
l'on voulait voir dans cha<[ue signe une ])reuvc de la maladi<', on s’aper¬
cevrait bien vite (pie la plupart des gens sont des dégénérés et des désé([ui-
librés, en qnj serait sans doute excessif. Si nous tenons c.omjite de cette
‘’cmanpu! sur la valeur des sfigmates jisycbiques, il ne ,-,(0111)11' pas qu’il y
constamment, chez le l iqueur, une dés(3qinlibral ion mentale manifeste,
cl nous roiîonnaitrons (jue de nombreux cas de tics se produisent chez des
cajets très convenablemenl, et même supérieurement doués.
Lest dire qu’une dissocialiun psycho-rnolrice peut s’elîectuer dans les
‘CS, et par la même occasion, (pic le, tic esl presque exclusivement un
l-couble de la motricité.
Lon idiirons maintenant les cas où un ti(piciir est ])sychi(piement un
véritable malade, que sa maladie soit congénilale ((lég(!nérescence mentale,
' cséqnilibraticn) ou acquis (démences, psychoses). Le lie est alors incou-
^■stablenient la « cérébropathie psycho-mol rice » dont iiarlail Brissaud.
Mais il y a là anire chose qu’une simjile association psycho-motrice. On
peut y surpi'cndre des inlerréaclions entre les éléments constitutifs
22
H. BERNADOU
du couple psychomoteur : le psychique agissant sur le moteur, et à sou
tour le moteur réagissant sur le psychique.
L’influence du trcuble psychique sur la motricité dans le tic est connue ;
Meige et Feindol l’ont tout particulièrement mise aupoint, après Brissaud,
après Charcot lui-même, qui avait dit que le tic est « par un côté, une
maladie psychique « (Leçons du mardi, 1887-1888, p. 124).
Ce rôle déterminant du psychi(|ue sur le moteur appaiaît dès l’origine
du Lie. Le tic naît, en effet, d’un niouv(!ment naturel, si bien qu’à son début
il est soumis à une influence corticale, dit Brissaud, 1 . point de départ
du mouvement qui se transformera en tic pouvant être une idée, au résider
dans le phénomène psychologique de l’imitation. La volonté, d’autre part,
joue un rôle dans la manifestation des tics : elle peut les arrêter à h’ur
origine, et plus taid, quoique moins efficacement sans doute, elle peut modi¬
fier leurs manifestations.
Lorsque^, par répétition et habitude, le tic s'est installé, il reste encore
soumis, le plus smivent, à un facteur psychique: il est l’objet d’un besoin
impéri(!ux, il est entretenu par une sorte de « désir immodéré du fruit
défendu » ; le malade va à sa recherche. Ainsi s’explique d’une certaine
façon le motif du tic de clignotement, par exemple, occasionné par une
conjonctivite, ou du tic d<i reniflement, faisant suite à la pénétration d’un
flocon de neige dans une narine. 'Voici comment s’expriment, à ce proi)os,
MM. Meige et Feindel :
« Le candidat au tic est un déséquilibré. Une vive souff'rance peut le
laisser indifférent, une miniiu; douhmr, une simple gêne peuvent le préoc-
cup !!■ à l’extrême. Eprouver une sensation anormale, tel est le i)remier but.
La sensation anormale ayant disparu, le tiqueur n’ost pas débarra, ssé de
son inquiétude ; il va à sa recherche, il multiplie les gestes et les attitudes
bizarr(!S jusqu’à ce qu’il soit arrivé à éprouver d(! nouveau cette sensation
anormahi ; jl est satisfait lorsqu’il a retrouvé cetle gêne (p. 95). »
Le tic s’apj)arcnte ainsi aux obsessions et impulsions.
Mais, dans le tic à la période d’état, le mou\ernent originel (^st devenu
inconscient, et, par son rythme brusque, son « allure convulsive », son
inopportunité, son absence de but, a pris les apparences d’uii mouvement
involoidaire. laîs caractères du tic son désormais au complet. Le psychisme
n’intervient plus dans ses manifestations que par l’insuffisance du povivoir
inhibiteur de la volonté, l’impossibilité dans laquelle le sujest, se trouve de
les réfrémtr. Cette défaillance de la volonté est souvent héréilitaire. «N’e.st
pas tiqiKiur qui veut» : «une prédisposition psychique que justifie l’héré¬
dité, la débilité (fis la volonté surtout, sont nécessaires pour que le tic
s’établiss(! avec l’allure ])athologi(jue (pii lui (!st propre (p. 90). »
Il faut observer qin l’absence du pouvoir inhibiteur de l’esprit sur les tics
s’exagèn^ avec le surmenage et les émotions, tandis ([ue le tic s’apaise
sous l’elfet de la distraction et disparaît comjilètement pendant le sommeil.
Un autre argument en faveur de l’influence du psychisme sur le tic,
c’est que les tics subissent jusqu’à un certain point l’évcdulion des idées et
du jugeunent. Ils sont ordinairement diffus et variables chez l’enfant dont
TICS ET MALADIES MENTALES
23
le jugement est encore flottant. Maisils se fixent au contraire chezl’adultc.
« Chez les enfants, les tics sont rarement localisés. C’est seulement lorsque,
avec l’âge, certaines idées prennent peu à peu quoique prépondérance,
que les phénomènes motcuis ont plus de tendance à se fixer (p. 15). »
N eus n’insisterons pas davantage sur le "ôle déterminant du psychisme
dans les tics, sur cette sorte de courant qui, des centres psychiques, va
commander aux éléments nerveux de la motricité, et dans lequel consiste
la psychomolricUé centrifuge des tics.
Notre but est d’insister plus volontiers sur l’action psychomotrice inverse,
à savoir la répercussion du trouble moteur sur le psychisme, chapitre moins
connu, qui échappe assurément moins à la discussion, mais qui nous paraît
digne de développements.
II. - RliPEUCUSSION DU TIC, TROUBLE MOTEUR SUR LE PSYCHISME.
(PSYCHOMOTRICITÉ CENTRIPÈTE).
Rans l’association des tics et des troubles psychiques, on ne s’est guère
occupé, jusqu’ici, que de préciser ce que le trouble moteur devait à l’état
mental.
Sans prétendre revenir .•^ur des données scientifiquement admises, nous
Voudrions, pour notre part, étudier au contraire ce que les troubles psy¬
chiques doivent aux troubles moteurs que sent les tics. C’est là un ordre
de recherches assez nouveau et qui se rattache à l’orientation actuelle de
la psyidiiatrie.
On peut remarquer, en elTet, que la psychiatrie, après avoir traversé une
phase surtout psychologiqiR!, entre dans une période anatomo-patholo-
8*'ÎU(!, par conséquent plus objective que la précédente. C’est vers ce but, du
moins, que semblent concourir les efforts dos maîtres actuels. M. le
I^rofesseur Claude a montré, dans sa leçon inaugurale, la nécessité qu’il y
avait p(Rir le psyc.hiatre de se départir d’une psychologie outrancière et de
faire bénéficier la science dos maladies mentales des notions générales et
des procédés d’investigation acquis par les autres branches delà médecine,
en première ligne sans doute par la neurologie avec laquelle la psychiatrie
fend de plus en plus à se fdsioniuir. 11 préconise une méthode nouvelle où
l’on s’elforcerait « d’atteindre le moral par le physique ». De son côté, M. le
de Clérambault, dans son enseignement de l’Infirmerie spéciale,
s’élève contre les tendances médicales anciennes et que garde encore le
Publi<!, d’attribuer les ac-tes, la conduite, les manifestations anormales des
psychopathes, à un état purement psychologique ou idéologique, sans plus,
fiu ! l’.jri pourrait guérir, redresser, ramener à la saine raison par la force
de la persuasion aidée du ton affectueux, procédé cher aux mères et aux
épouses d’aliénés. Il est certain que la cause du mal est beaucoup plus pro-
lüiRhi, pm- (;x(!mple en ce ([ui conc.erne la psyidiose halluc.inatoire chronique
ot les délires d’influence, où, pour M. de Clérambault, elle réside dans un
autoinatismiï imuital, expression d’un processus très probablement lésion-
ïiel, histologique !
24
H. BEBNADOU
Notre étude a l’avantage de se conformer à l’esprit nouveau. Elle vise,
elle aussi^ à atteindre le trouble mental en partant de bases physiques. Or,
i:u, 1(!S bases physiques sont les tics. Il sulïit, de considérer le tic comme une
alîec.tion foncièrement motrice, de poser en principe que le déséquilibre
moteur est la condition sine qna non du tic. Il semble qu’il en est ainsi. Ce
qui p(irmet de définir bi tic, essenticdleinent, c.’est son mouvement «normal
(jiii est une forme de la déséquilibration motrice (I)upré). Car, pour autant
([UC le tic, se confonde, à son origine, avec, un mouvement conscient, adéquat
à un but,, et ([iiekpiefois vplontainq pour autant qu’il soit .systématique et
coordonné, etïectué par un groupement musculaire fonctionnel et non pas
par un group(! fbs fibres musculaires quebionque, le tic ne se distingue pas
moins de tous les autres mouvements coordonnés et systématiques {)ar sa
répétition inUmqnistive, son imtpportunité (se reproduisant sans raison
et sans but), [)ar sa brus([uerie et son aspect automatique, prenant bîs.
appanmees d’un mouv((ment involontaire, par l’amplitude et le rythme
e.xcessifs d(! la contraction musculaire « trop brève ou trop durable », par
« l’allure di^ phénomènes convulsifs » qui le distingue des stéréolypi(!S.
La contraction mu.sc.ulaire du tic, peut être, en effet, clonique, et elle s’exé-
c.ul(! avec un (ixc.ès de vitesse (tic du clignolement), ou tonique et elle est
surtout d’uru! intensité iit d’une durée cxe.essives (toriieolis menlal...).
Hnd, « anomalie du rylbme, de l’amplitude, de l’intensité d’un acte
moteur, ino[)[»ortunilé de c.etacte; voilà e,n ([uoi un tic pcuit être c.onsidéré
c.omme une j)erturbation fonc.tionnelle » (p. 129). Ainsi se justifie la con-
c,(i|)tion du ti(^ trouble mot(!ur.
« Quelle ([ue soit l’idéc! ([u’on se fasse d’un tic, ajout(uit Meig(; (ît Feindel,
et ([uelbi ([Ile soit la forme alTecté(! par lui, on peut loujours dire ([u’il
s’agit d’un désé([uilibre des fonctions motrices (p. 138). »
Des faits ass((z convaincants sur la valeur fondamcudale d»! c,e d(;sécini-
libr(î moteur sont fournis par les cas où tics el troubles imuilaux olïnud,
une, (lissoeialion psijchomolrice.
Il sulHrait de citcir les tic.s qui survicument c,b(!/, (lertains sujets malgré
un iidellect relativement normal ou même su|»éric,ur.
Un autre ordnï (b; fails [)eut être considéré comme un genre de di.ssocia-
I ion [)syc,liomotric.(( : c.’cist e dui où (bcs tics nombiaiux e,t variés coexistent
avec un psyc.bisme profomb'ment alïaibli ([ui n’<;st plus capable d’un rôle
a<;tif, s’elTac.e totalement (bïvant la vie; végétativ(! el, instinctive, «it où la
ric.lnisse des ti(;s c.ontraste l(db!ment avcîc, la ])aiivreLé (bs l’état mental de¬
venu j)our ainsi dire nul, qu’on a j)(une à concevoir ([u’ils en sont le [(réduit.
III. — UoNsrajuKNCK.s de la hépkhcus.sion du tu; suu le psychisme. —
Une patiiocénie et une théeiapeutkjue des tics. — Une patiiocé-
NIIO ET une: THÉUAPEUTUJUE de CEHTAINS TUOUltLES MENTAUX.
Un ajtenui général des rapports (|ui (ixistent enire les tic.s et les troubles
nnndanx se dégage des chapitres préc.édcuits.
L’instabilité motrice d(!S ti([U<!Urs a, le plus souvent, pour [larallébi leur
TICS ET MALADIES MENTALES
25
instabilité mentale {parallélisme psycho-moteur), ainsi que d’anciens
auteurs l’avaient déjà remarqué. Mais ce n’était là qu’une observation
encore superficielle. Les tics ne s’accompagnent pas constamment d’un
trouble mental manifeste et proportionné au déséquilibre moteur. Le
trouble mental peut même être en désaccord avec l’état moteur, par
exemple lorsque le premier consiste en un alïaiblissement profond, le second
restant une manifestation hyperactive. Il y a alors dissociation psycho¬
motrice.
Néanmoins, il est classique, surtout depuis l’étude de Meigc et Feindcl,
que le psychisme exerce une certaine influence sur la production du tic
[psychomolriciié centrifuge).
Les rapports du psychisme et du moteur paraissent ne pas s’arrêter là.
Les tics sont, avant tout, l’expression d’une perturbation du système ner¬
veux moteur, et s’ils coexistent avec des troubles mentaux, c’est aussi
que, dans quelques cas, on dirait que les troubles mentaux sont l’eflet
du retentissement des troubles moteurs sur les centres psychiques {psy-
chomolricilé centripète).
D’après ces remarques, on pourrait concevoir une poZ/iojcuicdes Licsel.de
leurs relations avec, les troubles mentaux. Le tic., li ouble de la régulation
de certains mouvements c.oordonnés et systématiques, serait produit par
un dérèglement spécial d’un des centres régulateurs de la motricité que
les anatomopathologistes ont aperçus dans les noyaux gris centraux.
Les centres i)syc.hiques n’iiiLerviendraient ensuite que j)our fixer ce
dérèglenumi. des centres régulateurs, à tel ou tel groupe musculaire fonc¬
tionnel. De maladie diffuse, le tic par l’intervention psychique prendrait
une individualité pathologique se manifestant par tel ou tel mouvement
du corps.
Dans un sens inverse, l’influx psyc, bique pourrait, d’autre part, intervenir
sur les centres régulateurs plus ou moins ellicacement c.omnie frénateur,
ce (jui expliquerait le rôle inhibiteur de la volonté sur les tics.
Plusieurs arguments plaident en faveur de la localisation dcî ce déséqui¬
libre mol,(!ui' dans les noyaux gris (îontraux et du retentissement possible
de ces centres régulaUmrs sur les centres psychiques.
Les tics ont (îcc.i de commun avec, les alîections psychomotrices qui relè¬
vent d(!s lésions d(!S noyaux gris centraux et du locus niger, (pi’ils réalisent,
au point de vue cliniqiKî, une répercussion imporlante du trouble moteur
s'U' le psyc.hisme (psycbomoLricité c.entripcle). L’est le propre, en effet, des
syndromes parkinsoniens et liébéphréno-c.atatoniqucs, de présenter une
psychomotric.ilé <;entripéte, ce que nous avons déjà montré dans un tra¬
vail précédent. (La Psychomotririté pathol'ogi(iue, II. Bernadou, Thèse,
Daris, 1922). Dans les syndromes parkinsoniens ou voit, parfois, les secous
Ses musculaires se ré])éter (T <>nl rainer des répétitions des memes mots,
phénomène bien mis en évidence dans la tachyphémie stèréolypiquo du
Professeur Llaude.
Dans l(!s syndrom(!S hèbéphréno-catatoniques (observations de Claude,
Logre), les brusques raideurs musculaires, la spasticité, peuvent se réper-
26
H. nERNAnOU
cuter sur le psychique et déterminer le « barrage de la pensée » (sperrung)
d’après Kro(!pclin.
Or, on sait maint înant que la maladie de Parkinson est due à des lésions
du ghbus pallidus (Ramsay Hunt) ou du locus niger (Trétiakofï).
D’un autre côté, MM. Ijaignel-Lavastine, Trétiakoff et Jorgoulesco ont
trouvé chez des sujets atteints d’un- syndrome héhéphréno-catatonique
consécutif à r.mcéphalite épidémique, des lésions « j)laques cyto-grais-
souses », du noyau caudé et du putamen. Il y a donc de fortes raisons pour
p(!nser ([U(! ces répercussions psycho-motrices centripètes se font en majeure
partie par les noyaux gris centraux. Quant aux tics, ils existent avec une
fréquence toute particulière au cours des syndromes hébéphréno-catato-
niques.
Sur 4 obs(!rva'tions recueillies au hasard dans le service du Dr. Mark,
2 fois les ti(;s coexistaient avec ce syndrome, et, dans un cas, la maladie
mentale et les tics ont fait suite à un état fébrile mal défini qui eût bien
pu être l’encéphalite épidémique, et qu’il eût été, pour cela, intéressant
de préiûser, ce <[ui malheureusement ne nous a pas été possible.
En raison de ces analogies psycho-motrices et de ces coïncidences fré-
(juenl.es des tics avec, une maladie à lésion localisée aux noyaux gris cen¬
traux, comme rhébéphréno-e.atatonie, il osl assez vraisemblable que les
tics relèvent aussi d’un trouble fonctionind des noyaux gris centraux.
Quant aux répercussions de ces centres régulateurs de la motricité
sur les cisntres psye.hiques, elles n’étonneront pas davantage. M. Jean
Eamus a déjà soutenu, à projios des psychoses périodiques, cette idée que
l’activité psyehiipie est soumise à d(is (auitres régulateurs, centres -itués,
d’aju-ès l’auteur, dans le mésocéphale et dans la corticalité (« Régulation
des fonctions psychiques », Parix médical, 7 octobre 1911).
(les considérati<»ns pathogéniques ont leurs conséquencex ihérapeidiqnes.
Si le psyclii([ue et le moteur exercent de la sortis l’un sur l’autre des in-
fliKsiKses, le irnilcme.nl du tic devra s’adressera la fois à e,es deux éléments :
lo Au trouble psychique. D afirès Meige et Eeindel on préviendra
hss tics par une bonne éducation de la volonté, par la discipline, surtout
|•hez les (snfants, on combattant les caprices, les entêtisments. Uile survcil-
hiKse atUsntive peut enrayer I > tic dès le début.
Lorsque le tic (sst constitué, il faudra enc;jre entraîner la volonté dans
sou rôle frénatisur, par la discipline des mouveuKsnts, iiar des exercices
d’immobilité, mais toujours en évitant soigneusement do sirsciter l’émo¬
tivité. L’éducatiiur doit s’abstenir d’une trop grande sévérité, il doit user
(le patienc(!, de tact et de pondération, inspirer conliance à son sujet. Ce
S(ira une œuvre d(' longue persévéran(;e, et lorsqu’une amélioration se
dessinera il faudra in; pas se hâter de chanter victoire, mais se souvenir
([int les récidives sont fréquentes.
2" On (hsvi-a enfin in; pas négliger de trailÀ;rdire(;tementl’élém ;nt rneteiir,
c’(!st là ui>(! indic.atim retirée de la psychomotricité centripète des tics.
( )n cherch((ra à appaiser h' tnuble régulateur de la motricité par les calmants
habituels de l’irritabilité motrice : le bromure, le gardénal,l’hyo.scine, etc.
TICS ET MALADIES MENTALES
27
Nous avons obtenu, pour notre part, de bons résultats pai le gardénal
et l’hyoscinc dans le traitement de l’élément moteur chez trois
malades. Sans doute les accalmies ont été passagères, n’ayant duré que le
temps du tiaitement.
D’après nos observations le traitement moteur tout seul ne paraît pas
suffire à faire disparaître les tics. On ne guérit pas, semble-t-il, le déséquilibre
moteur. Mais puisqu’on peut calmer pour un temps l’instabilité motrice,
il y a tout lieu de penser que dans les cas plus ordinaires où il ne s’agit pas
de lésions cérébrales profondes (idiotie, démence précoce), par ce moyen,
on facilitera peut-être la tâche du psychothérapauthe qui, lui, peut lutter
clficacoment contre la localisation du tic à tel ou tel groupe musculaire
fonctionnel, phénomène qui semble bien être, comme nous l’avons vu, sous
la dépendance de l’état mental.
De même, le traitement de certaines affections mentales comportant des
tics, notamment de certains cas d’hébéphréno-catatonie, semblerait devoir
admettre les médicaments de l’irritabilité motrice responsables, en certains
cas, des troubles mentaux.
IV. — Conclusions.
Le tic est un trouble moteur qui, le plus souvent, s’accompagne de
troubles psychiques. Ces deux éléments peuvent affecter plusieurs sortes
de rapports. :
1° Le trouble moteur et le trouble mental peuvent exister parallèlement,
chacun d’eux paraissant a voir une origine propre (parü//e7ismeps{/c/io-mofetir).
2° II y a des cas où ce parallélisme est en défaut, dissocié : par exemple,
lorsque le trouble psychique paraît minime ou même absent. Ou bien,
lorsque le trmble psychique est en discerdance complète a\cc le trouble
moteur : le premier consistant en un affaissement et un anèantissimient
psychiques, tandis que le second garde ses caractères d’hyperactivitémolrice
{Dissocialions psycho-rnolrices). Ces cas de dissociation psycho-mofriiîcs
nous conduisent à considérer le tic cgmme un trouble foncièrement
moteur. »
30 Mais ordinainsment, 1; trouble psychique- exerce une influencï sur
le trouble m-oteur, c’est ainsi que les tri ubles de la volonfé aident à In
production des tics. Le psychisme par les moyens de l’imitation et de l’idée,
favorise aussi la localisation du tic â toi ou tel groupe muscu'airc foin Lion-
nel. (Clignotement, reniflement, etc.) On sait que la volonté peut •■xi-rcer
une certaine action inhibitrice sur le tic. Les centres psychiques étant
considérés comme les centres nerveux [lar excellence (Grasset y plaçait
i^on centre O), nous avons c.ru pouvoir donner à l’influence du psychique
sur le. moteur le nom do psijchomolricilé. centrifuye.
Jusqu’ici tous ces faits sont bien connus (Meige et Feindcl).
40 M.'iis phénomène d’une interprétation nouvelle et ('onfonne à l’orien¬
tation actuelle de la psychiatrie ipii s’elforce « d’atteindre le moral par le
physique » (Claude), il nous a semblé que, de son côté, le trouble moteur
H. BERNADOU
SC répercutait, retentissait sur le psychique, ainsi s’expliquerait l'insta¬
bilité de l’attention, certains arrêts dans l’idéation, des stéréotypies
v<irbales (it des réponses à côté au cours des tics dans le syndrome hébé-
phréno-eatatoni([ue. {Psi/chomolricilê cenlripèle.)
En raison des cas d»; dissociation psyc.homotrice signalés plus haut et des
(îaractères moteurs particuliers aux tics, y compris « l’allure de phénomènes
(ionvulsifs », le tic, se présente essentiellement comme un trouble spécial de
la régulation motrice, un déséquilibre moteur (Dupré) siégeant vraisem-
blabbunent avec la plupart des c, entres régulateurs de la motricité, dans les
noyaux gris centraux.
Il en résulte qu’au point de vue pathogénique, le tic pourrait, dans une
(icrtaine mesure, être regardé comme une affection des noyaux gris centraux,
que les centres psychicfues iiifluenc,eraient soit pour fixer le tic à tel ou tel
mouveliKint bie.n défini, soit, au contraire, pour le réfréner plus ou moins
(dficîacement. D’autre part, les troubles fonc.tionnels de ces noyaux gris
c.entraux pourraient retentir à leur tour sur les centres psychiques et
déterminer des troubles mentaux.
La thérapeuti([ue des tics bénéficnerait de ces remarques en doublant
le traitement psychiqu(i, précisé par Meige et Feindel, d’un traitement
JUot(uir c.ojnprenant les calmants habituels ih; l’irritabilité matrice, le
gardénal et l’hyosciiuï par ex(!mpl(! (pii nous ont donné des résultats encou-
rag(îants c.ontre la fréquence, l’amplitude, la brusquerie des tics (observ.
1,2, d).
Des alléctions mentales s’acc.ompagnant (h; tics, comme certains cas
d’bébéplirétio-c.atatonii^, gagneraient aussi à être traitées par les médic.a-
ments de l’irritabilité motrice.
BIBLIOGRAPHIE
Axp.Nfixn. — Des ti6vros('s, art. Conunhion.i de. la face , Paris, 1863, p. 381.
II. liroiNAiiou. -- La Psycluimalriciti'! [>alliol<)f<i([iie, Th/tae Parin, 1922.
BitissAuo. - - Les lies el leur trailernenl, par MeiKc, et, l''oili<lnl (PrÈface).
.1. Camus. - R('‘.KiilaU(iti ilc.s foiiclions psycliépius, Paris Médical, 7 oclobro 1911.
CiiAiicor. - Lc(;oiis ilii mardi, 1887-1888.
IL Ci.AUUH. — Troubles mentaux dansl’encéphalit(;épid6ini(pie(.S’oc. de psijehiatrie,
juillet 1920).
II. Ci.AUDr.. — yuelques particularités surlïUat montai dans le syndrome parkin-
sonnien, Paris médical, oct. 1920.
II. Gi.audu. — -Leçjon inaugurale. Réforme de l'assistanc(!aux psycliopatlics. Pan',?
médirai, 27 mai 1922.
II. (d.AUüH. — Pathtdiii/ic in/rrne, 2 vol., 1922 (Bibliothèfpie Gilbert et Kournicr)
HaillèiT.
CHUciiEi'r. — Elude crilii/ue sur le lie convulsi/ elson Irailemenl gijmnaslique.lioTdonux,
1902.
CiuicHUT. — Tic id, sommeil. Presse médicale, 18 janvier 1905.
Dpvaux et Loonu. --- Les Anxieux. Masson, 1 vol., 1917.
E. DuimÉ. — Débilité et désé(iuilibrution motrices (Paris médical, ovLobiv 1913, n« 14).
TICH ET MALADIES MENTALES
20
E. DupnÉ. — Leçon inaugurale. Les déséquilibres conslitulionnels du système
nerveux. Paris Médical, 11 janvier 1919.
PnANÇois (de Louvain). — Essai sur les convulsions idiopalhiques de la face.
Ghassut, — Tic du colporteur. Spasme polygonal post-professionnel. Nouvelle
iconographie de la Salpêtrière, 1897, p. 217.
Grassi’.t. — Pathogénie du tic. Congrès de Grenoble, 1902. Ltevue neurologique, 30
août 1902.
JorrnoY. — Des myopsychies. Revue neurologique, 15 avril 1902.
M. Lhtuli.e. — Dictionnaire Jaccoud, art. Tic.
B. .1 . Loohe. — Deux cas d’encéphalite léthargique avec syndrome psychique ressem¬
blant an syndrome hébéphréno-catatonique. {Soc. de psijrliialrie, 17 juin 1920.)
B. .1. Logme. — La conscience de l’état morbide chez les psychopathes. {Congrès de
Luxembourg. 1921).
B. J. Logre. — Considérations sur les troubles psychomoteurs. {Congrès de Quimper,
1922.)
M. Meige. — Micropsie chez un tiqueur bègue. Soc. de neurol. de Paris, 15 janvier
1903.
H. Meige. — L’aptitude catatonique et l’aptitude chopraxique des tiqueurs. Congrès
de Madrid, avril 1903.
11. Meige. — Génio-tics et génio-spasmes {Soc. de neurol. Paris, 6 avril 1903).
il. Meige. — Tics. Monographies cliniques sur les que.siions nouvelles, n^ 42. Masson.
IL Meige et Eeindei. — Les lies cl leur Irailemenl (Préface de Brissaud). Paris,
Mas.son, 1902.
Pitres et Bûgis. — Les ob.se.ssions ri les impulsions. Paris, 1902. Doin.
E. lUiGis. - ■ Précis de Psgchialrie. O. Doin, 1914.
HGüDLEiietCnoMEL. — Analogie entre les tics et stéréotypies de léchage chez
*’homme et chez le cheval. Soc. de neurol. Paris, 7 janvier 1904.
Buddler et CnoMEi.. -- Tic de l’ours chez le cheval et tics d’imitation chez l’homme.
Soc. de neurol. Paris, 4 juin 1903.
Trousseau. — Clinique médicale de l’HOtel-Liieu, art. Tic non
1868, t. III, p. 257.
douloureux. Paris,
SOCIÉTÉ DE I^EUl^OüOGIE
de Parts
Séance du 5 jiiillel 192:}
Présidence de M. ANDRÉ-THOMAS, président.
SOMMAIRE
A proims du proch- verbal de la séance du 7 juin 1923 : Tumeur cérébelleuse avec rigidité
parkiiisoniciiue et lenteur de l’idéation, par MM. Clovis Vincent, E. llEnNAiii) et
.1. Dakquieu.
Comnuinications cl présentations.
1. Syndrome strié atypique, par MM. Baeonneix et Lance. — II. Contribution A l'étude
des côtes et apophyses transverses cervicales, par MM. O. Chouzon et Piehue Mathieu.
— 111. Inversion du réflexe achilléen d'origine spinale, par M. A. Souques - IV.
Syndrome strié probable : spasmes de la face avec tachyphémie, tachymicrographie et
tachypnée, par MM. Souques et Hlamoutikii. — V. Crampe de la lecture à haute voix à
forme de torticolis spasmodique avec syncinésies et bégaiement, par MM. G. Heuyeii et
Deyhas — VI. Syndrome de lumbago xanthochromique par neuro-gliome radiculaire.
Hadio-diagnostic lipiodolé, par MM. Sicaho et Lapi.ane. - Vil. LiiEUMiTrE. — VIII.
Causes et traitements de certains cas de Névralgies du Trijumeau dites « essentielles »,
par MM. Dufouementei. et P. Uéiiaüue. — IX. Sur un type spécial de syndrome pyra¬
mide -strié de l’adulte Paraplégie spasmodique progressive. Spasme intentionnel péri-
buccal, par MM. Chaules Fuix et Victoii Valiéhe Vialeix. — X. Syndrome paraplégique
cérébello-pyramidal progressif avec thermo anesthésie. Syndrome du cordon antéro-latéral,
par MM. Chaules Foix et Victok Valiéhe Vialeix. — XI. Syndromes cérébelleux avec dé¬
viation spontanée de l’index droit sans lésion û l’exploration chirurgicale du cervelet,
par MM. Moulonguet et R. Piehhe — XII. Abcès cortical du cervelet sur toute la hau¬
teur du lobe digastrique, du sillon circonférentiel è la protubérance, sans aucun signe
neurologique autre qu’une hémiplégie alterne terminale, par MM. A. Moulonguet et
J. -R. PiEuiiE. — XIII. Etats vagotoniques grippaux, par M. Austhegesilo (de Rio de
.laneiro.) — XIW Aphasie et apraxie, par M. A. Austregesilo (de Rio de .laneiro). —
XV. Sur les neuro-récidives mercurielles, par M. AusTnEOE.siLO (de Rio de Janeiro). —
XVI. Les Radiculites de la Lèpre, par M. Austhegesilo (de Rio de Janeiro). — XVII. Lé¬
thargie intermittente traduisant l’existence d’une tumeur du IIP ventricule. Obser¬
vation anatomo clinique, par MM. Andiié Thomas, J. Jumentié et Ciiausseiilanche.
— XVIII. Cécité A marche rapide avec stase papillaire modérée. Mort dans le coina
avec contractures intenses et généralisées. Foyers multiples d’encéphalite intéressant
les radiations optiques des deux hémisphères, par MM. Roc.hon-Duvignaud, J Jume.n-
tiê et Valiéhe Vialeix, — XIX. Le multi-réflexe du I)' Aymés, de Marseille (présenta¬
tion de l’appareil par M. J. Jumentié . — XX. M. Andiié Lehi, — XXI. A propos des
injections d’air dans les espaces sous-arachnoïdiens, par MM. Cestan et Riseh (de
'Toulouse). — XXI j. Exploration radiologique de la cavité sous-arachnoidienne par le
lipiodol et tumeur intramédullaire, par MM. Fhoment, Japiol et J. Deciiaume — XXIII.
Hypoglycémie cyclique dans les Psychoses constitutionnelles et spécialement dans la
démence précoce, par MM. Mauiuge Dide et G. Fages. — XXIV. Sur la cholestérinémie
dans la myopathie primitive, par C.-J. Paiihon et Mi'" Mahie Pahhon (de Jassy).
SÉANCE DU 5 JUILLET 1933
A propos du procès-verbal de la séance du 7 juin 1923.
Tumeur Cérébelleuse avec Rigidité parkinsonienne et lenteur de
l’idéation, par MM. Clovi.s Vincent, Et. Bkunaud et .1. Darquier.
Beuttier, GiroL et M"® VVertheimor ont présenté le 7 juin 1923, à
la Société (l(i N(uirologi(î, iin inala(l(! à propos (IikjikïI se posaitle diagnostic
entre un iiooplastn(i intracrânien et certaine forme d’encéphalite épidé-
micjuejc’est, croyons-nous, la jtreniière fois que le diagnostic, entre li‘S deux
atfectionsse trouve ainsi jiosé. Au premier abord, pareille discussion ])eut
paraître suriirenante; c(da l’est heaucoupmoinssi l’on veuthiense souvemir
que l’encéphalite épidémique est une affection qui frappe essentiellement
les appareils nerveux recouverts par l’épendyme : corps strié, région sous-
jacente à l’aciueduc de Sylvius, la partie dorsaledu hulhc, (itc.,(itquedans
les néoplasmes intra-craniens, aux phénomènes de localisation peuvent
s’ajouter des phénomènes qui traduisent l’œdème cérébral et la distension
ventriculaire.
L’observalinn siiivanln nous semble, devoir illustrer notre démonstration. Nous
avons eu l’occasion d’observer une malade atteinte d’une tumeur cérébelleuse sans
symptéme cérébelleux, avec un syndrome tyiiique do rigidité parkinsonienne et len¬
teur de l’idéation. Voici les détails de l’observation :
L... 77 _ans. l’ensioiinaire de l’IIospicc d’Ivry depuis le 27 février 1920 ;
entrée le 21 décembre 1922 dans le service. On l’a toujours connue, dans l’état actuel
à l’hospice. Les renseignements qu’elb^ fournit sur le début de l’affection sont très
brefs (nous dirons pourquoi). To\itefois, il y a bien six' ans qu’elle est dans le même
état.
Au début de 1923, elle se montre de la façon suivante :
Aspect général. — Elle est couchée sur le côté, dans l’attitude des parkinsoniens dont
le mal est arrivé à une période avancée : tête et cou fléchis, bassin rapproché du tho-
•■nx, cuisse fléchie sur le. bassin, jambes sur les cuisses ; les yeux, qui ne perçoivent
pas la lumière, sont déviés à droite. Tout le jour, la malade reste inerte ^lle ne demande
•"‘on ; elle ne meut vm membre que si quelque chose l’incommode : c’est ainsi qu’on la
Voit parfois se gratter ; on la fait manger.
Il existe essentiellement chez cette femme des troubles inle.Uecluels, des troubles mo¬
teurs qui consistent surtout dans la rigidité dont nous avons parlé, des troubles de la
vue.
Les troubles inlellecluels nous paraissent devoir être décrits les premiers, car ils con¬
tribuent à donner au tabhuiu clinique un cachet particulier, et ils expliquent en jjartie
'es troubles moteurs.
Quand, !(■ matin, on se, présente à la malade, et (pi’ou luidernaiide commentelle va,
elle répond de bonne, grâce et assez viL<‘. A une seconde et à nne troisième question,
elle répond encore, mais plus lentement. A la quatrième et à la cinquième, il s’écoule
en temps assez long entre la demande et le commencement de la réponse, et l’élocution
‘'e la réponse se fait lentement, d’autant plus lentement qu’on aiqiroche des derniers,
fhots do la phrase. A la sixième ou septième question, le temps entre la réponse et la
doraando est plus long et en général la malade ne termine pas la phrase qu’elle a com-
diencée. Ensuite, toutes les demandes restent sans réi)onse.
Nous l’avons examinée à de nombreuses reprises, à des heures différentes de la
Journée. Et toujours la malade s’est comportée de la môme manière. A nos premières
demandes, elle a toujours répondu assez vite, avec précision ; mais toujours aussi les
o“, 7", 8' demandes restaient sans réponse.
Quand , au lieu do poser une question à la ma!a<le, on la priail de faire un mouv
32
fiOCIÉTÉ DE NEUROLOGIE
011 olisorvait qiiolquo chose d’analogue : elle exécutait, avec une force relativement
grande, avec lenteur sans doute à cause de l’opposition des antagonistes, les mouvements
demandés; mais aussi, les 5®, G®, 7® actes qu’on lui demandait d’exécuter ne recevaient
qu’un commencement d’exécution ou bien même n’étaient pas exécutés du tout.
(Comment interpréter un tel trouble ? Consiste-t-il dans une lenteur de l’encliaîne-
ment des idées ou, pour employer l’expression dos philosophes, de l’association des
idées V Ou bien est-il un trouble de l’expression de la réalisation des idées ? 11 est dilll-
eile d’être allirmatir, la rapidité do l’idéation no se traduisant guère qu<‘ par la rapidité
de l’exécution. I.a lenteur de réalisation est certaino ; elle se manifeste esseidiidlement
|iar l’allongement du temps perdu entre la question et la réponse et l)ar la lenteur <l(!
l’exécution. Nous avons dit (pie l’exécution devient tellement lente et tellement faible
que s’il s’agit d’une réponse à une. question, ia phrase commencée n’est pas termimV
et (pie les derniers mots articulés sont réduits à des souilles qu’on perçoit à peine.
Sans doute l’état physique des muscles expliipio en partie la dilïiculté et la lenteur des
réponses. Maiscot te inertie physique est-elle le seul facteur du phénomène que nous signa¬
lons? N’y a-t-il pas chez cette malade un certain degré d’inertie psychique, d’iuertie de
l’idéation? Sur b' visage de la malade ne se traduit jarnaisaiicuno émotion; ce visage est
inertoet figé; mais s’onsiiit-ilencore qu’elle ne sente rien ? On ne peut l’allirmer, car les
émotions s’exprimimt pourune grande part avi'C dos muscles; nous avons déjà dit ipie ces
muscles étaient pliysiipieinent figés. Cependant, il est vraisemblable que l’inertie mus¬
culaire n’est lias le seul facteur de la leiil eiir et do la dilïiculté de l’expression des idées.
Nous connaissons bien des parkinsoniens aussi inertes, aussi figés jdiysiipiemeiit et
chez lesquels la réalisation, l'expression des idéi's est plus rapide ; ii est de riîgle (pi’oii
puisse tenir une conversation prolongée avec un parkinsonien. Ce n’est point lo cas ici.
Nous croyons donc pouvoir allirmer qu’il existe ici réellement un trouble intellectuel,
mais un trouble intellectuel ayant comme caractère essentiel la lenteur de renchaîne-
ment des idées.
Troiihhis miili’urs. — ■ Nous avons déjà dit l’attitude générale de la malade et la cause
essentielle de cette attitude ; nous n’y reviendrons pas. Mais analysons ses troubles
au niveau do chacun dos segments du corps.
Membre supérieur : lo bras est en adduction, collé contre le tronc, l’avant-bras
fléchi sur le brus, l((s doigts et lo pouce dans rattitud(! de la main d’accoucher
(c’est-à-dire main hyperétendu(! sur bï poignet, doigts et pouc(( en iM'Ctitudo fhV.his
sur les motarcarpiens) ; cett(( attitude est maintenue par rhypertoni(! des mus¬
elés du mendu'e. A vrai dire, cette hypertoni(‘ ne porte pas égabunent sur tous les mus¬
cles ; olle porte plus sur certains d’entre eux (pu* sur certains autres. C’est ainsi qu(( la
flexion do l’avant-brus sur le bras est maintenue non pas tant [(ar b( biceps, ((ui est
so((pb( à la palpation, que par le long supinateur qui forme une corde tendue sous les
t('!gumonts. Il ii’((st |dus besoin d’insister sur cette anomalie dans l’action des muscles
fléchisseurs de l’avant-bras.
baisons maintenant exécuter à l’avant-bras d’une façon passiv(( des mouvements
successifs de flexion et d’extension sur le bras. La main |)erçoit les mêmes [diénoinénes
que chez les parkins(un(!ns rigides : c’est d'abord le phénomène de la ro(|e dentée dont
le siège semble ôtia; b; biceps; c'est aussi la résistance progressive à m(îsure (pie le nombre
des mouvements de flexion et d’extension augmente.
Il n’existe pas à proprement parler de paralysie ; la malade est susceptible d’exécuter
la plupart des mouvements du membre supérieur. Elb- peut porter l’extrémité de
l’index au bout du nez à droite et à gauche d’une façon normale ; il n’existe ni
tremblement, ni dysmétrie. Etant donnée la rigidité, radiadococinésie ne |)eut
être appréciée. Elle ouvre et ferme les doigts au commandement. Elle plie et
étend l’avant-bras sur le bras. .Notons que la flexion de l’avant-bras volontaire se
fait par contraction du biceps sans intervention du long supinateur tant qu’on ne s’op¬
pose pas au mouvement. Los mouvements se font avec une certaine force, mais leur
étendue est limitée ; ils sont lents et la malade no peut les répéter. Ce que nous savons
de la rigidilé parkinsoidenne permet de comprendre ces phénomènes au m(dns pour
line part.
SÉ INCE DU 5 JUILLET 1923
33
Les réflexes tendineux de flexion, pronalion, extension, de l’avant-bras sur le bras
droit et gauche sont normaux.
La sensibilité des deux membres supérieurs est normale à tous les modes.
Aux membres inférieurs, voici ce que l’on constate ;
Tous les segments du membre sont fléchis les uns sur les autres. La mobilisation
passive do la cuisse, do la jambe, du pi(!d, estrcnduediflicilepar la rigidité musculaire,
l’cut-être existe-t-il des rétractions fibreuses qui empêchent l’extension complète de la
jambe. Notons que la flexion de la jambe sur la cuisse est maintenue par instants
par Thypertonie plus marquée d’un seul des fléchisseurs de la jambe, le bicei)s, alors que
la flexion volontaire de la jambe sur la cuisse se fait par action synergique du biceps
du demi-membre, ou du demi-tendineux.
Tous les mouvements volontaires sont possibles dans les conditions ci-dessus indi¬
quées.
Réflexes. — Le réflexe achilléen gauche paraît fort. Le réflexe achilléen droit : tout
d’abord paraît se faire à l’envers (flexion dorsale du pied) ; iniis on l’obtient normal
après plusieurs sommations. Signe de Babinski négatif des deux côtés (gros orteil immo¬
bile ou en flexion. Héflexes de défense : à gauche, flexion dorsale du pied avec léger re¬
tard, prédominance d’action du jambier antérieur ; à droite, le mouvement de flexion
ne se fait pas tout de suite, il est très lent, l’attitude persiste même après la cessation
du pincement.
l^as de troubles sensitifs.
En résumé, il (îxiste aux membres intérieurs une rigidité musculaire qui paraît iden¬
tique à colle qu’on observe aux membres supérieurs.
Notons encore la rigidité dos muscles abdominaux, des muscles du cou, colle des
■huscles de la face. Le visage est figé, légèrement anxieux. La boucheest entr’ouverte,
les deux commissures labiales tombantes de telle sorte que la fente buccale est forte¬
ment concave en bas.
Les troubles oculaires sont très accentués. La malade est complètement aveugle.
Les deux papilles sont atrophiées ; à droite, les contours en sont flous (atrophie post-
Œdémateuse). Pupilles inégales : la droite est plus grande que la gauche. Déviation
à droite dos deux globes oculaires.
Mort par escarre et complication broncho-pneumonique.
Autopsie. - A l’autoiisie, on trouve uikî volumineuses tumeur ayant crcu.séson lit dans
l’hémisphère gauche du cervelet. Elle s’énuclée facilement. I.a tumeur a la forme d’une
boule aplatie suivant sou axe supèro-inférieur. Son [élus grand diamètre est île six centi¬
mètres, sonpluspetit (iequatre centimètres. Sa surface est irrégulière, tomenteusc, bour¬
geonnante ; elle est recouverte d’une trame conjonctivoriche en vaisseaux^on|)ôlc supé¬
rieur adhère intimement à la tente du cervelet, un pou en dehors de la ligne médiane,
sur une surface do doux centimètres carrés environ. Elle paraît s’être développée
en ce point aux dépens de la dure-mère. Son hémisphère inférieure déprime profondé¬
ment la substance cérébelleuse ; mais en aucun [loint la tumeur ne lait corps avec le
cervelet ; elle a refoulé les lamelles cérébelleuses en avant, le vermis en dedans ; à la
'’érité, celui-ci est tellement déformé qu’il n’est jilus guère reconnaissable. 11 faut peut-
®tre attribuer en partie à la compression (sans destruction, au moins pendant un temps
très long) Ue l’hémisphère gauche du cervelet et du vermis, l’absence de phénomènes
cérébelleux. Ajoutons que le cervelet tout entier est ualèmateux, un peu plus gros qu’il
ne devrait l’être chez une femme qui était de très [letito taille.
Une coupe médiane sagittale passant par le vermis et par lu région bulbo-protubé-
rantielle montre que le bec antérieur du vermis tait une saillie considérable dans le
*inatriôme ventricule et vient en allleurer le plancher. Cette saillie bute contre les tuber¬
cules quadrijumeaux postérieurs et les déforme. La partie postérieure de Taqueduc de
®ylvius qui répond au quatrième ventricule est très dilatée ; elle a la forme d’une tente
grossièrement triangulaire ; on peut dire qu’elle ressemble plus à une bouche qu’.è un
canal. La partie antérieure en est egalement dilatée.
Le troisième ventricule et les ventricules latéraux sont particulièrement distendus,
REVUK NHUliOLOGIQUE. — T. II.
34
kOCJÉTÉ DE NEUnOLOGlE
Le troisième ventricule est surtout augmenté dans sa partie antérieure comprise entre
le pied du pédoncule et le chiasma. Cette partie forme en arrière de la tige pituitaire |
on avant des tubercules mamillaires, une véritable hernie d’un diamètre supérieur à
un centimètre, qui plonge dans la fosse pituitaire ; (die l’occupe presque tout entier
refoulant l’hypophyse qui se trouve; réduite à une sorte de quartier d’orange (la tige
pitidtaire n’est pas ililatée). Cedte hernie du plancher du troisième ventricule s’est
développée au point faibb- de la paroi inl'ériiMire de ce ventricule, là où elle est réduite
à tinc véritable pellicule, la; troisième ventricule fait encore un autre recossus au-dessus
du chiasma opticpie : celui-ci se trouve coraiiris ainsi entre deux cavités contenant
un liquide livpertendu.
Les trous de iVlonro ((iii font communiquer le troisième ventricule avec l(;s ventri¬
cules latéraux ont au moins ipiatre millimètres de diamètn; au lieu de un à doux milli-
mètr(;s ([U ils ont normalement.
L(;s ventricules latéraux sont [leut-ètre encore plus dilatés ipie les ventricules moyens.
Sur une coujie Irontale passant par le [lied de la troisième circonvolution frontale,
ceux-ci, au lieud'avoirraspect d’une cavité rectangulaire dont les lèvres sont accolées,
ont l’aspect (h; deux triangles irréguliéremimt éipiilatéraux de plus ih; deux centimètres
de côté. Sur une autre coupi; passant par le pli eourlaq ils ont l’aspect de deux grandes
cavités ovalairesdont l’aspectestincliné im bas et endeliors, dont la longueur est de. qua¬
tre centimètres, la largeur de deux centimètres; les cormes temporales sont extrêmement
dilatées : une coupe liorizontale intéressant les liémisiilièrcs et passant environ à un centi¬
mètre et demi au-dessus de la cissiire ih; .Syl vins permet de voirie plancher de ces ven¬
tricules : la vofd.e à trois piliers, ei ses iirolongements ; mais surtout le noyau caiidé
et la couche ojitique sont considérablement augmentées de volume. L’épendyme n’a
guère un aspect dilTérent il’un épendyme normal. La surface du noyau cauilé des deux
cOtés est jiarticulièrement tomenteuse et irrégulièri'. Pas de granulations épendy-
maires. La substance blanche sous-jacente à l’écorce esl plus éjiaisse que normalement,
sans doute à cause de l’iedéme cérébral.
licsimioris itiaiiili'iianL les ilimnées cliniques et anaLoiiio-macroscn-
/piques : ri}>i(liLo à Ly]ie jiarkiiisonien, à évoluLioii jiro"'i'cssive, — Iroulilc
j int(îll(’etuel e.aracLérisé fiar la lenteur des réponses et des aeti’s, — cécité
' avi'c atnqiliic l’t stase iiapillaires, — tumeur volutriineuse déprimant et
I conqirimant le lobe gauche du cervelet, — énorme dilatation des ventri-
1 cilles latéraux et moyeu dont une hernie occupe dans la fosse pituitaire
la place de l’hypophyse, — - hypertrojihie des noyaux gris centraux.
^ (Juelles sont les relations entre ces faits ? Y a-t-il sinqile coïnciilence
entre une tumeur cériihelleuse et un syndrome de raideur jiarkinsonienne
I avec lenteur spéciale de l’idéation ? Nous ne le croyons pas. La tumeur
céréhidleusi; ne parait pas avoir évolué chez un malade jiréalahlement
atteint de maladii; di' Parkinson. Inversiunimt, la rigidité parkin¬
sonienne ni' s’est ])oiid, dévelojiiiée seulement au cours de ces dernières
années diquiis rinqiortation en h’rance de rencéj.'halite éjiidéinique. f.a
tumeur et le syiidri me parkinsonien se .sont développés corrélativement,
d’après les (juehiiies renseignements obtenus [lar nous, et à l’hospice
d’Ivry, diqmis ipie l’on connaît la malade, idle a toujours sensiblement
présenté le même tabhmu clinique. .\ notre avis, il est vraisemblable
(|u’il y a uni' ndation de cause à effet erd.re la tumeur cérébelleuse et la
rigidité jiarkinsonienne.
/ (jcpendant la tumeur cérébelleuse ne conditionne pas d’une façon
directe la rigidité parkinsonienne et la lenteur de l’idéation. Les destruc-
SÉANCE DU 5 JUILLET 1923
35
tions cérébelleuses sans retentisssenaent mécanique ou inflammatoire
n’ont point de tels symptômes. Mais si la tumeur cérébelleuse n’est pas
responsable d’une fai^on directe, en tant que lésion cérébelleuse, du syn¬
drome présenté, elle nous paraît en être responsable en tant que tumeur
ayant un certain volume, un c(;rtain siège. 11 est vraisemblable qu’elle
agit par l’intermédiaire de la distension ventriculaire. Celle-ci est con¬
sidérable, avons-nous dit : elle s’accompagne d’une luirnie du plancher
du troisième ventrieuh! telle, qu’au cours chis nombreuses autopsies cle
tumeurs cérébrales que, nous avons pratiquées nous n’en avons jamais
rencontré de semblable. L’augmentation de; la capacité ventriculaire ne
peut se faire sans une distension des parois des ventricules; c(dles-ci sont
constituées essentiellementen bas par les noyauxgriscentraux, noyau caudé,
noyau lenticulaire, couche 0]>tique ; cm haut et en dehors par la substance
blanche du centre oval;endedans par lavoûte à trois piliers. Nousavons dit
Cfue le noyau caudé particulièrennmt a suhi une modi fication de volume consi¬
dérable, que sa surface est tomenteuse, irrégulière. Il n’est pas possible
que ces modifications grossières se soient accompagnées d’une perturba¬
tion dans les fonctions des appareils précités.
On peut émettre l’hypothèsc! ({u’une lésion des corps striés con¬
ditionnait le syndrome à type parkinsonien présenté par la malade.
A. la réflexion, peut-être l’explication est-elle moins simple mous nous sou¬
venons qu’il y a dix ans, les fonctions des corps striés n’étaient guère prises
en considération pour (ixpliquer les troubles nerveux, et actuellement ils
sont pris on telle considération que nous nous demandons ai la limite n’a
pas été dépassée.
Quoi ({n’il en soit du mécanisme, intime de la rigidité parkinsonienne
et de la lenteur de l’idéation dans his tumeurs cérébelleus('s, il nous sem-
IjIo certain que ces différents ordres d<‘ phénoiTièncs peuvimt être liés l’un
à l’autre.
COMMUNICATIONS ET PRÉSENTATIONS
I- — Syndrome Strié atypique, par MM. Babonnkix et Lance.
Le petit malade que nous avons l’honneur de présenter à la Société a,
Malgré son jeune âge, déjà été atteint d(; multiples afhïctions : athrepsie,
lors de la première année; retard de dév(iloppement des fonctions intellec¬
tuelles et motrices; luxation probablement acquise; des articulations coxo-
fémorales. On constate aujourd’hui, clii'z lui, des symptômes extrême-
oient complexes, dont les prin(;i[)aux seunblent relever d’une lésion striée.
Observation. — X..., 7 ans 1/2.
H. et A. P. — Les parents sont en bonne santé, ainsi qn’un autre enfant, actuelle-
aient âgé de 3 ans. La mère n’a jamais fait de fausse couche.
La jeune X... est venue au monde ù la suite d’une grossesse normale. Par contre,
accouchement, quoique s’étant fait ù terme, a été long, dihlcile et s’est terminé par
SÉANCE DU b JUILLET 1923
37
raobilisalion active, les mouvements actifs reviennent peu à pc\i au membre inférieur
flroit et à la cuisse, gauche, mais la jambe gauche reste flasfpie, impotente. Des deux
côtés, on note, de plus, un(^ rétraction considérable des tendons d’Achille et des fléchis¬
seurs des genoux.
Le 20 avril 1923, ictus o\i atlacpio épileptiforme, avec perte de connaissance com¬
plète, ayant duré doux heures, avec convulsions oculaires, présence de mouvements
rythmés dans le membre supérieur droit, mictions involontaires.
En mai, amélioration considérable des troubles du membre inférieur g.auche, en ce
sens que la motricité volontaire revient, mais réajiparition parallèle de la rigidité et
exagération des rétractions lihro-tendineuses, il’où équinisme considérable et irréduc¬
tible des pieds, flexion considérable et irréductibh’ des genoux.
E. A. — Los troubles nerveux, à la date du 27 juin, sont encore très complexes :
1“ Un peu de microcéphalie et de hrarMi/ccphalie, avec verlicalisalion de la région occi-
pilale. A signaler, encore, au-dessus du sourcil gauche, une petite cicalrice attribuée
par les parents à une application de forceps ;
2“ Paralysie faciale droite de type central ;
3» Strabisme variable d’un moment à l’autre, affectant souvent l’aspect suivant :
interne pour l’œil droit, sursumvergent, pour le gauche ;
4" Bouche constamment entr’ouvertc, langue pendante ; salivalion coniinuelle ;
wix lente, nasonnée, diiricile à comprendre ; tendance à l’écholalic ;
5° Un peu de dysphagie, avec engouement fréquent ;
6“ Parésie des muscles du cou : aussi la tête est-elle ballante ; parfois aussi, elle est
tenue en attitude forcée : flexion en avant et inclinaison du menton vers la droite ;
7" Ayitalion incessante, yénéralisée, de type mal défini, mais plutôt choréiforme
•f’i’athétosiforme ;
8" Pour le membre supérieur droit : hypertonie légère, parésie évidente, réflexes
tendineux peu modifiés ; production (ie syncinésies localisées au membre supérieur
ffauche quand le droit effectue quelque mouvementvolontairopsubluxation du poignet:
facile é réduire, (d duo, sans doute, au raccourcissement des palmaires : peut-être
légère atroiihie globale ;
9“ Pour le membre supérieur gauche : attitiule vicieuse en pronation forcée, attitude
9he l’on n’arrive pas ô vainen^ complètement ; hyperextension facile des phalanges,
hiontrant l’existence d’une hypotonie considérable ; pas de modifications des réflexes
tendineux.
Ue temps à autre, les membres supérieurs ébauchent un mouvement 4ic reptation ou
comme \in spasme de torsion ;
10°Po\ir le membre inférieur droit : diminution de volume manifestc,surtout parcompa-
'■aison avec la gauche; possibilité de quelques mouvements segmentaires peu intenses ;
11" Pour le membre inférieur gauche : motilité un peu meilleure ; existence de ré-
fle.xes de défense forts : le pincement ihi dos du pied et de la face antérieure de la jambe
‘lèterinine un raccourcissement t;ès uel.. av('c ébauche d’allongement du côté opposé.
Ecs deux côtés, exagération légèn^ des réflexes rotulicns, absence de signe de Babinski
het ; rélraelions flbro-lendineuses des lendons d’Achille : rétraclion des adducteurs de
cui.sse ;
12" Eventration légère, i)ar écartement dos grands droits ;
^13» Luxalion des deux hanches ;
14“ Parmi les signes négatifs, nous signalerons surtout les suivants : absence de signes
Papillaires, de. troubles sphinctériens, absence de rire et do pleurer spasmodiques
Chant à V intelligence, idle est certainement très (Ui ret.frd, mais, peut-être, moins qu’on
hc pourrait le croire : l’enfant comprend la plupart dns propos prononcés devant lui,
d manifeste par des jeux de [diysionomie variés les sentiments qu’il éprouve.
Pas de phénomènes générau.e, en (hdiors de (puîlques manifestations caractôris-
Cqucs d’un rachitisme ancien ; aucune anomalie congénitale ; aucun stigmate d’hé-
■■èdo-syphiliB. Il aurait eu jadis, toutefois, un pe\i d’hydrocèleetses dents de première
entition no sont pas encore au complet. Idexamen des viscères, du foie en particulier,
he révèle aucune particularité intéressante.
L examen du sang et la ponction lombaire n’ont pu être faits.
SOCIÉIÉ UH NEUROLOGIE
:i8
En fac(! d(i c(! taldnau symptoinaLiquti complexe, quel diagnostic
porteur ?
Un premier point nous parait établi. Les phénomènes paralytiques loca¬
lisés aux membres supérietirs, (d, plus exactemimt encore, aux muscles
iniKTvés par les sciaLi([ues, sont un épiphénomène, consécutif aux tenta¬
tives de réduction de la luxation de la hanche, et n’ont rien à voir avec
la nialadi(! causale.
n(mxicm(' point. Quelles sont donc les lésions capables d’expliquer tous
les troubhis luu-veux obs(;rvés ? A notre avis, elles intéressent surtout les
corps striés. N(i constat(î-t-on f)as, chez notre malade, des signes que,
jadis, on eût rattaché à une [>aral!/sie'))seudo-lnilbuire, et qu’aujourd’hui
on met plutôt sous la dé])endance d’une U.sion slriée : voix nasonnée,
dysphagie; avec (;ngouetn<“rd. fré([uenL, mouveuruents localisés de reptation
ou d’athétose ; agitation choréiforrm; généralisée ?
L’indocilité de l’emtant et la présence ch; phénomènes pathologiques
surajoutés reendent dillicile un <'.xam(;n com|)let <'t méthodique, il est im¬
possible; el’avancer e[ue; cette; lésion e;st unique; : ce ejue l’een ])eut affirmer
élu inoitis, c’e;st qu’edle; e‘st prédemiinante.
S’agit-il deenc el’une; malaelie eh; Wilson ? L’absence de; tre;mblement,
de rire; et ele ple;ure‘r spasmodiquees, d’asthénie, e;t, surtout, de rigidité
généralisée, ne' [)e'rme;t guère; eh; porle-r ce diagnostic : ce;lui de pseudo-
sclérejse; se; he-urte; au.X me";me;s eebje'e'tieens. Neeus ne; seemrnes pas, non plus, .
e;n [)rése;nee; élu synelreeme; elécrit par Mael. Cécile; Vogt. Syndrome strié
atyieiepie', ne; n;ntratiL élans aue'un ele;s ty[)e;s actue;lle;me;nt e;onnus, voilû
l’hypeethèse; la ]>lus vraiseurdelable de; notre; cas.
Elle; n’e;xpliepie; d’aille;urs pas tout. Comrne;nt re;nelre; compte de; ce;rtains
l)hénomène's e{ui se;itd)le'nt ineliejuer une; partie i[)atie)n élu faise'e;au pyranii-
elal : ébauche d’hémiplégie; elreeite, e'xagératieen légère ele e;ertains réfle;xe;s
tendine'ux, phétioméne;s erautejrnatisme' méelullaire', surtout au inemhrc
inférie;ur gaue'he,et de; certaines attitudes de; type décérébré. Faut-il sup-
pos(;r eh;s lésiems eh; siège; multiple;, em e'iicore', une; lésion uniepie, mais
située; ele te'lle; manière e[u’e;lle; intéresse; à la fois et surtout la voie pyra¬
midale- e-t le; e'eirps strié ?
r)e;rniére' que;sLion. Qiu'lle; e-st la nature de; ces lésions ? d'rès vraiseun-
blablememt, la spécificité héréditaire', malgré l’absence de tout antécédemt
connu, eeemirne; se;mble;nt l’indiquer la notion d’atreiphie infantile, celle
d’hydreicéb' vaginale; ancienne', e;t les e;xce;lle;nts re;,sultats donnés par le
sulfarséneil. C’e-.st donc dans ce; sens eju’il fauelra cemtinue;r à s’orienter,
rneeins [lemr traiter des lésions définitives, et sans doute; incurables, que
pour s’oppeise-r à la productiem des nouvelles. I.a cris,; épileptiforme; sur¬
venue ces jours-ci montre, en e-ffet, que; le fejye;r encéphalique ne demande,
si on ne le combat point de la manière la plus énergique, qu’à se réveiller
et à pre;ndrc une; nouve-lle extension.
SÉANCE DU 5 JUILLET 1923
39
II. — Contribution à l’étude des côtes et apophyses transverses
cervicales, par MM. 0. Crouzon et Pierre Mathieu. (Travail de
la Clinique neurologiiiue du Professeur Pierre Marie.)
Nous avons l’honneur de présenter à la Société une malade dont l’his¬
toire apporte une contriliution à l’étude des malformations de la septième
vertèbre cervicale.
M>“> P. Dub..., 23 ans, signale que son gramf-père oL un do ses oncles (côté maternel)
présentent des troubles trophiques au niveau des mains (durillons, ongles très épaissis)
qui les gênent beaucoup pour travailler.
Chorée : à l’ûge do 13 ans, a duré 3 semaines.
A assuré jusqu’en janvier 1923 un service do facteur auxiliaire, en môme temps faisait
de la culture.
Depuis 1913, a presque toujours éprouvé des douleurs au niveau de la partie supé¬
rieure de l’omoplate gauclie. Depuis la fin de l’année 1921, elle a souffert de douleurs
généralisées au membre supérieur gauche, mais prédominant au niveau de la face
interne du bras et l’avant-bras. Ces douleurs n’étaient pas absolument continues, elles
apparaissaient tous les jours, on général le soir : elles étaient souvent provoquées par
le décubitus, souvent plus vives au moment des changements de temps. La malade les
comparaît à de violentes courbatures.
Depuis le début de janvier 1923, elles sont devenues bien plus intenses et empêchent
la malade de travailler. En outre, elles s’irradient souvent vers la face postérieure du
cou, vers la nuque et parfois même vers la joue gauche.
Pas de phénomènes douloureux au niveau du bras droit.
Depuis le début de décembre 1922, le malade éprouve une peine de plus en plus grande
a étendre les deux dernières plialanges des trois derniers doigts de la main gauche i
ainsi se constitue jirogressivement une véritable griffe cubitale.
L’impotence fonctionnelle de la main devient telle que la malade se décide à venir
a Paris pour consulter à l’hospice dé la Salpêtrière. L’attitude des doigts do la main
Re peut absolument fias être corrigée spontanément. 11 existe, en outre, du côté droit
une griffe analogue ; les trois derniers doigts sont à demi fléchis et ne peuvent être
•’edressés par la malade. La valeur fonctionnelle de cette main étant resïfec assez bonne,
l’existence de cette griffe n’avait pas encore été perijiie par M"® Dub...
L’examen neurologique a montré en outre un réflexe radial légèrement plus vif à
gauche qu’à droite parJ,out ailleurs ; réflexes tendineux et cutanés normaux.
Au point do vue moteur, seuls les interrosseux et les muscles des éminences thénar
sont parésiés.
En dehors des troubles sensitif* subjectifs présentés par la malade, il existe une bande
'l’hypoesthésie (à tous les modes) occupant la moitié interne de l’avant-bras et de la
niain gauche. Pas de troubles sensitifs au niveau du membre supérieur droit, la pression
<lu creux sus-claviculaire gauche est douloureuse.
Enfin, onconstate à gauche un léger rétrécissement de la lente palpébrale, une légère
fi’fophtalmie et un très léger myosis. Par ailleurs, l’examen des systèmes sympathique
et vaso-moteur n’a rien montré de particulier, si ce n’est une sudation plus rapide au
hiveau du membre supérieur gauche et de la moitié gauche de la face après injection
sous-cutanée de 0 gr. 01 centigr. de pilocarpine.
En examen électrique pratiqué dans le service de M. le Docteur Bourguignon montre
'*Re lenteur accentuée des réponses des interosseux et des muscles des éminences
hypothénar à droite et à gauche.
Surlcs radiographies du cou (pratiquées par M. Puthomrne), on aperçoit très nette¬
ment la saillie en bec de perroquet des apophyses transverses anormalement saillantes
e la dernière vertèbre cervicale. On remarque surtout leur direction oblique en bas
ri en dehors. Elles viennent s’appliquer par leur pointe sur les apophyses transverses
40
SOCIÉTI' DE NEUROLOGIE
de la première verl èbre dorsale, dèlimilanl ainsi avec elles le corps de la septième ver¬
tèbre costale deux petits triangles clairs.
I.a malade est opérée par le M. D' Senè([ne, le 2 juin, dans le service de M. le D' Le-
Incision à ganebe an niveau de la région sus-clavicnlaire ; découverte du plexus
brachial, en remontant le long du plexus on aper(.;oit nettement le coincement de la
huitième racine costale entre l’apophyse transverse de la primiière vertèbre dorsale on
bas, et l’apophys(^ transverse tiyiiertropliiée de la dernièr(‘ vertèbre cervicale en haut.
Sur cette saillie se trouve tendue et coudée la septième racine costale.
Uégagemimt de l’apophyse transverse hypertropf'ièe 'le C VII au ciseau et h la rugine,
puis, section à la pince gouge ; aussitôt la racine inférie\ire se dégage, la racine supé¬
rieure. se trouve détendue.
A droite, on procède à une résection moins étendue rpi’è gauche et on enlève juste
l’extrémité ellllée de l’apojdiyse Iransverse, en s’uppli(piant surtout à bien dégager les
racines.
Une radiograi)hic praticpiée dejiuis l’opération montia^ nettement l’abrasion plus
complète de l’apophyse transvers(‘ gauche, à droite cependant le coid,act n’existe plus
entre les apophyses transverses de la septième vertèbre costale et de la première
dor.salo.
Suites opératoires :
Les troubles moteurs et sensitifs présentés par la malade ont disparu pour ainsi
dire d’une façon immédiate après l’opération. Dès le lendemain matin, la double grilîe
cubitabî n’existait plus : les 3 derniers doigts de la main droite et de la main gauche
peuvent être remués librement. La malade est capable de s’en servir normalement et
il est impossible de trouver cliniquement une différence entre la valeur fonctionnelle
de l’une et de l’autre main. Lesdnuleurs,sivives la veille encore do l’opération, ont abso¬
lument disjiaru et au niveau du bras et au niveau du cou. Pendant tout(^ la journée, la
malade ressent des fourmillements au niveau de la zone ()récédeinment hypo(!sthé-
siée, particulièrement au niveau des trois derniers doigts de la main gauche. Dans la
soirée, ces fourmillements cessent, et le, surlendemain de l’opération il est impossible
de r(drouver le moindre trouble, sensitif au niveau des membres supérieurs. if
20 jours après l’intervention, un examen électriqu(! est jiratiqué parle D' Bourgui¬
gnon, les réponses obtenues au niveau des interrosseux et îles muscles de l’éminence, hy-
pothénarsont maintenant absolument normales.
Le, syndrome oculo-sympathique seul ne s’est pas encore sensiblement modifié.
En résumé, ruxisLidici; c.liez cette malade de vives douleurs au niveau
du meinlire supérieur frauche, la double tfriffe cubitale, la parésie et le
caractère anormal des réactions électriques des muscles hypothénariens
et interosseux, l’hypoestliésie en bande le lon^r du bord interne de l’avant-
bras et de la main Rauidie, la constatation d’un syndrome fruste de Claude
Bernard-IIorner ont fait penser tout de suite à des accidents radiculaires
dus il la présence probable de côtes cervicales.
fais radiographies ont montré l’hypertrofihic des apophyses trans¬
verses de la VU® V. C. très obliques en bas et en dehors.
I/intervention a permis de vérifier la nature de ces saillies osseuses et
de préciser leurs rapports avec les racines du plexus brachial (en parti¬
culier C VIII).
Elle a été suivie d’une disjiarition immédiate de tous les troubles mo¬
teurs et sensitifs (è l’exception du syndrome de Claude Bernard-Horner).
I.a production d’une double griffe cubitale sous l’influence de malfor¬
mations de la VII® V. C. est assez rare. M.le Professeur Pierre Marie, avec
SÉANCE DU 5 JUILLET 1923
41
l’un de nous, a déjà rapporté plusieurs cas de côtes cervicales avec syndrome
de Claude Bcrnard-IiorruT.
Plusieurs points retiendront surtout notre attention : tout d’abord
l’intervention a permis de constater que les accidents étaient bien dus
à une hypertrophie bilatérale des apophyses transverses de la VIP V. G.
et non pas à des côtes cervicales surnuméraires. Div(‘rs auteurs, on le sait,
ont insisté sur les accid(înts causés par l’hypertrophie isolée des apophyses
transverses de la d(îrnière vertèbre cervicale ; nous citerons en particulier
Honeÿ, Neef, Fouilloud-Buyat, qui rapporte une observation de M. le
Professeur Nové-Josserand.
f)n a également insisté sur la coexistence des deux malformations
(hypertrophie de l’apophyse transverse et côte cervicale vraie). Privât
et Colombier et Fouilloud-Buyat en ont rapporté des cas intéressants.
Los accidents provoqués sont en réalité à peu près les mêmes, qu’il
s’agisse de l’une ou de l’autre jiialformation. Si l’on peut les distinguer
anatomiquement, elles semblent cependant l)ien dépendre d’un même
processus ; la dorsalisation de la VIF V. (b, et elles donnent lieu aussi à des
syndromes cliniques analogues, (æ qui importe peut-être le plus, et c’est
ce que tend à montrer aussi notn? observation, c’c'st l’importance de la
diredion de la saillie osseuse plutôt que sa nature exacte ou même sa
longueur. Chez M"® Dulc, en effet, l’intervention a permis de constater
que les VJ II® racines c(!rvicales en particulier étaient nettement coincées
entre les apophyses transverses hypertrophiées et obliques de la VII® V.
C. en haut et les apophyses transv jrses de la B® D. en bas.
Nous voudrions insister aussi sur la disparition des troubles moteurs et
sensitifs après l’intervention, ellcaété immédiate, comme cela a été observé
après la suppression de certaines compressions nerv(‘uses, pourvu qu’elles
n’aient été ni troj) prolongées ni trop considérables. J^t cependant les
accidents étaient ici déjà relativement anciens. Il faut noter en particu¬
lier les modifications des réactions électiiques sous l’influence de l’opé¬
ration. La lenteur des réponses au niv(^au des inteross(uix des muscles
hypothénariens aurait pu faire croire à d(!s altérations neuro-musculaires
bien plus difficilement améliorables qu’elles ne l’étaient en réalité. Ceci
nous montre combien, en des cas semblables, l’inü^rvention chirurgicale
se trouve justifiée.
III. — Inversion du Réflexe Achilléen d’origine spinale,
par M. A. Souques.
L’inversion du réflexe du tendon d’/Vchillc est e.v:ce,ptionnell e. Depuis
le cas que j’ai observé (l),en 1911, et qui est, si j(î ne me trompe, hï pre¬
mier signalé, j’ai <ui l’occasion d’tm obs(M'ver deu.x des trois exemples.
MM. Georges Guillain (it Barré en ont, en 1917, publié un exemple inté¬
ressant dans un cas de sciatiijue (2).
(1) Souques. Sociélé de Neurologie, 6 avril 1911.
(2) TGeorge8 Guillain et Barré. Sociélé médicale des hôpitaux, 20 juillet 1917.
43
SOCIÉTÉ DE NEUROLOGIE
Voici un malade, âgé do 17 ans, porteur de dépêches, chez lequel le
réflexe achilléen, du côté gauche, est nettement inversé : chaque fois qu’on
percute le tendon d’ Achille, le pied gauche se met en flexion dorsale. Chose
singulière, la percussion du muscle lui-même (triceps sural) détermine le
même mouvement d(; flexion du pi(!d. Il en est de même, si on recherche le
réflexe médio-plantaire, comme dans le cas de MM. Georges Guillain et
Barré. Le contraste entre les deux membres inférieurs est saisissant :
qu’on percute le tendon d’Achille, le triceps sural ou la voûte plantaire,
du côté gauche, le mouvement du pied est toujours paradoxal, en flexion,
tandis que ce mouvement se fait normalement en extension, dans le
membre inférieur droit, consécutivcmcmt, aux mêmes manœuvres.
Il existe, en outre, chez ce malade, un certain degré de paraplégie spas¬
modique : démarche saccadée, un p<!u de raideur des membres inférieurs.
Pas d’anesthésie ; quelques douleurs, depuis un an, dans la région
lombaire. Pas de troubles vésico-rectaux.
Dans le membre inférieur gauche, il y a une amyotrophie diffuse de la
cuiss(! et de la jambe, modérée mais nette, f(ui se traduit, au mollet, par une
diffénmcc d’un centimètre et demi. Cette amyotrophie s’accompagne
d’un.! rétraction musculo-tendincuse du trictips sural, qui diminue l’éten-
du(! d(; la flexion dorsale du [)ied mais ne gêne (in aucune façon les rnouve-
nuiiits d’extension. La forc(i musculaire parait un peu diminuée dans les
tric(!ps sural, tout en demeurant satisfaisante. L’examen électrique, pra-
tif[ué par M. I)uh(!m, ne montre! aucune! modification de l’excitabilité
faradique; il y a simplement un peu d’hypereixcitabilité galvanique sur le
jumeiau exteirne, avee! tendance au galvanotonus.
L’origine! de! cette! paraplégie! est révélée par la radiograjehie! de la
région lombo-saeirée!, ejui montre! une déformation do la cinquième ver¬
tèbre lombaire! eet de! la partie supérieure du sacrum : la cinquième lom¬
baire a bas(;ulé et est méconnaissable!, et la partie médiane! adjacente du
saeîrum jearaît inexistante!. Y a-t-il spina bifida ? Cela est possible mais me
paraît difficile! à affirmer. Une s(!olios(! lornleaire à convexité droite avec
torsion (1(!S V(!rtèbres résulte de! cette déformation. Je ne pense pas qu’il
s’agisse! lie d’un mal de! Pott lombo-sacré guéri ; je crois qu’il s’agit d’une
malformation congénitale. L’histoire de ce malade plaide en faveur de cette
hypothèse! : né h huit meiis, il n’a eeornmencé à marcher qu’i» trois ans et
(hittii, e!t il a teeiijours e!U une! démarche! anormale!. L’exameui du liquide
céphal(>rachidi(!n est normal, h tous égards : ni hyperalburnine!, ni lym¬
phocytose ; 1(! Borde' t- Wassermann eit leî benjoin colloïdal sont négatifs.
Il y a lieu de! supieoser ejue, chez ce! je!une! homme, la malformation
e).sse!US(! sacro-lombaire! (;oexiste! avec une! malformation congénitale! de la
mo(!lle et ([eu! celle-ci (!st la cause de la paraplégie spasmodiejue.
Quant à l’inversion du réflexe achille'ien gauche, on pe)urrait penser ici
à une origine! périphérique, en raison de l’amyotrophie du mollet. Mais
l’existe!nc(! el’une! légère! paraplégie spasmodiejue et des malformations
osseuses de la eiolonne vertébrale font surtout pen.s(!r .à une origine spinale,
et c’est à cette seconde! hypothèse que je me rattache. L’inversion des
SÉANCE DU 5 JUILLET 1923
43
réflexes en général coexiste fréquemment avec une hyperexcitabilité
de la voie pyramidale.
M. SicARD. — J’ai eu l’occasion également de signaler récemment un
cas d’inversion du réflexe achilléen par compression radiculaire, avec
retour à l’état normal après ablation de la tumeur radiculaire par Robi¬
neau (Société de neurologie, Revue neurologique, n" 2, février 1923).
IV. — Syndrome Strié probable : Spasmes de la face avec Tachy¬
phémie, tachymicrographie et tachypnée, par MM. Souques
et Blamoutier.
Observation. — D..., 51 ans, contremaître dans une usine de celluloïd, vient con¬
sulter à la Salpêtrière, le 12 mai 1923, pour des troubles de la parole et de l’écriture,
et parce cpie fréquemment ses yeux se ferment spontanément, sans qu’il lui soit
possible de les ouvrir s’il ne s’aide pas de ses doigts.
11 a toujours joui d’une parfaite santé jusqu’ïi il y a quatre ans. On ne retrouve, en
effet, dans ses antécédents qu’une scarlatine et une coqueluche dans l’enfance. 11
nie tout accident spécifique, il ne semble pas avoir fait d’excès éthyliques. 11 n’a jamais
eu d’attaque, ni de vertiges ; sa démarchii a toujours été normale.
Au début de 1919, cet homme, qui avait jusque-là une écriture normale, s’aperçoit
qu’il est gêné pour écrire : sans cause connue, les caractères qu’il trace deviennent minus¬
cules, bientôt illisibles. 11 se fatigue beaucoup plus vite ; il est même souvent obligé
de s’arrêter après une ligne ou deux. 11 a dû abandonner rapidement ses travaux d’écri¬
ture à son usine, où on lui a adjoint un secrétaire.
Au mois de mai 1920, il s’aperçoit que, lorsqu’il regarde sa montre, ses yeux se ferment
spontanément : il lui est impossible de les ouvrir avant quelques secondes ; au début,
ce phénomène ne se répétait que cinq à six fois par jour, il cédait seul rapidement ;
il est devenu dans la suite beaucoup plus fréquent, et, depuis plusieurs mois, le malade
ne peut relever ses paupières qu’en exerçant avec son pouce une légère traction au
niveau de l’angle externe do la paupière supérieure. ^
Il y a environ vingt mois, cet homme commence à ne plus être compris de sa famille,
tellement il parle vite. Malgré les remarques qui lui en ont été faites fréquemment,
il n’a jiu s’en corriger.
Depuis trois mois enfin, sa femme a remarqué que, même au repos, sa respiration
devenait plus rapide et que de temps à autre il faisait une inspiration très profonde,
poussant un véritable soupir.
Etat actuel. — A la face, à l’état de repos, le malade iirésente une légère asymétrie
faciale : le pli naso-génien, les rides frontales sont plus marquées à droite, la fente pal¬
pébrale gaucho est plus petite.
Quand il parle, les plis naso-géniens sont nettement plus accentués qu’à l’état nor¬
mal ; toutes les rides frontales s’accusent. Fait-il un mouvement brusque ou étendu de
la tête, surtout s’il regarde en haut, bâille-t-il ou essaye-t-il de siffler ou de souffler,
qu’immédiatement ses yeux se ferment. Si on ordonne alors au malade de les ouvrir,
on voit le frontal se contracter, en môme temps que la paupière supérieure est agitée
d’un fin tremblement, mais celle-ci ne se relève pas. Si on la soulève du doigt, on éprouve
de la résistance, elle est de filus animée de petites secousses. Ce malade reste ainsi
les yeux fermés, pondant quelques instants (deux à dix minutes, et môme plus) ; malgré
les efforts qu’il fuit, il n’arrive pas à vaincre se spasme. Mais le malade peut
faire cesser celui-ci, dès qu’il se produit, en exécutant la petite manceuvre suivante : il
frotte légèrement l’angle externe d’une dos paupières supérieures avec le pouce corres¬
pondant, puis la tire en haut et en dehors ; en quelques secondes, par saccades, les yeux
se rouvrent. Cette traction est d’ailleurs très légère, elle paraît avoir une influence plus
SOCIÉTÉ DE NEUROLOGIE
psychique que m6cani([ue. La inanceuvre peut être faite, indistinctement à droite ou
à qaucho ; après son exécution, les doux yeux se, rouvrent en même temps. Quand on
approche une main de ses yeux, il se prodiut une, esquisse de clignement, mais pas do
spasme.
.Si l’on demande au malade d'ouvrir la bouche et île tirer la langue, on constate jiarfois
une déviation légère vers la droite de la pointe do celle-ci. Celte déviation s’exagère
si on frôle légèrement la langue avec un ahaisse-langue. Vue, dans sa position de repos
dans la houche, la langue paraît qiiidquefois versée sur la droite, comme contractée.
Qhiand le malade hftille, il se produit de temps à autre une contraction spasmodique
des releveurs de la narine et de la lèvre supérieure, donnant au malade un rictus étrange.
Il ne se ])roduit pas de contracture visible du peaucier du cou, quand le malade parle
ou quand il ouvre forlement la bouche.
L'écriliire. est très parlicidière. Sur papier blanc ordinaire, les premières lettres
tracées, quoique [ilutôt [letites, sont lisibles et non troublées ; mais dès la quatrième
ou cinquième, nueliniefois même avard,, (dies devieiineid, minuscules, bientôt complè¬
tement illisibl(‘s : ce n’est qu’une succession de traits très petits, de, caractères in¬
formes — tracés avec rapidité, en une, ligne ascendante. Notons ipie le malade
ne peut pas relire ce qu’il écrit, l’ar contre, s’il écrit sur papier rayé, entre deu.x
raies, en jiresence de (pud([u’un (pii lui répète qu’il doit écrire entre les deux raies et
aller d’une raie a I autre, les lettres formées sont tracées correctement entre les
deux lignes indnpiees : les dernières lettres de chaque mot sont néanmoins toujours
plus petites que les premières. L’écriture reste, tremblée et le, malade se. fatigue vite.
S’il (icrit, étant seul, sur du papier rayé ou ipiadrillé, les caractères formés sont beau¬
coup plus petits, personne n’étant là pour lui rapjieler directement ou indirectement le
but à atteindre. Il tient correctement sa jiliime.
Avant d’être malade, cet homme, écrivait comme tout le. monde. Nous avons eu sous
les yeux plusieurs spécimens de son écriture : les lettres ont lu baiiteiir ordinaire et il
n’y a rien d’anormal dans les caractères tracés.
Le fait-on lire, en lui demandant de prononcer les mots très lentement, on constate
(pie les premiers sons émis sont assez, distincts, mais ({lie bientôt l<i purule se préci|iit(!
et devient vite incompréhensible, du fait de la rapidité et de la mauvaise prononcia¬
tion : il marmotte entre ses dents. De tenqis à autre [néanmoins, au milieu d’une
phrase, un mot est correctement prononcé. 11 lui est impossible, dit-il, de lire lente
Les mtnwemcnhi respinUoiirs, égaux et d’amplitude normale dans l'ensemble, sont
plutôt fréipients : 20 à la minute en moyenne. De temps à autre, toutes les trois, cimj
ou huit rniniiti's et (piel([uefois plus, le malade pousse un profond soupir.
Les réflexes rotiiliens sont plutôt vifs, mais égaux ; les acbilléeris sont normaux ;
les cutanés plantaires se font en flexion des deux côtés. Il n’existe pas de clonus.
I,es réflexes cutanés abdominaux paraissent pins forts à droite. Il n’y a pas de flexion
combinée de ia cuisse et du I roue. Les réflexes olécraniens sont également vifs,
mais égaux ; les ciibito-pronateiirs sont normaux ; le radial droit est plus fort ((lie le
gauche. L.a force musculidre est absolument nornude : au dynamomètre, on obtient
51 à droite, 44 à gauche. Le malade accuse des fourmillements a[[ niveau de l’index
et du médius des (huix côtés, mais il n’y a aucune trouble (h! la sensibilité objective.
Il n’existe pas de rigidité muscidaire, mais cet homme est un p(U( plus lent et embarrassé
pour s’habiller, boutonner ses vêtenumts.
l.es yeux soid, absolument normaux; les pupilles égales et ('('(gidifTes réagissent jiar-
faitement à la lumières et à la distance.
Il n’existe pas de, troubles int(dlectu(d.s ((ppréciables. Tous brs viscères soid, nor¬
maux. La tension est d(! 15-!). La réae.tion de Wassermann (^st négative dans le sang.
Examen InrtiiKjé : Dilllcile à prati(iuer à cause d’un état spamodi([ue de la muscu¬
lature du voile, du |(harynx et de la langue. Le larynx s(î présente normalement ; pas
de lésion objective. Mobilité normale. Mn phonation, accolernent parfait des cordes.
En r((spiration, écartement morinal. Les mouvements s(^ foni, sans dillicultés. sans
brus(juorie. ni (ixagération (Dr IL Leroux).
SÉANCE DU 5 JUILLET 1923
45
Après les détails dans lesquels nous somnuîs entrés au cours de cette
oljservation, quelques brefs coinmentaires suffiront. Il s’agit, en somme,
d’un malade chez lequel, d<!puis quatre ans, sont survenus, sans cause
connue, une série de troubh'S rnorliidos ; spasmes plusou moins permanents
d(!s muscles delà face (surtout lilépharospasme) et d(‘ la musculature
bucco-pliaryng6(!, accom])agnés de tachyphémie, de tachymicrographie
et de tachypnée.
Dans ({uel cadre nosologicjue faut-il plac('r ce complexus morbide ?
Nous pimsons qu’il faut le i)lacer dans le groujxï des syndromes striés.
On a signalé, en efhd^, dans certains syndromes striés des troubles de
la [)arole, de l’écriture et de la respiration, sans parler des spasmes de la
face, analogues à c(iux que préscuite notre malade. La micrographie est
particulièrement marquée chez lui. Elle obéit à la règle donnée par M. J.
Froment, à propos de la micrographie dans les syndromes parkinsoniens,
il savon qu’elle disparaît quand le malade écrit entre deux lignes. D’autre
part, l’influence psychique est évidente tant pour lutter contre le
spasme des paupières que contre la rapidité di' la parole ou de l’écriture :
si on insiste pour que le malade parle ou écrive lentement, on l’obtient,
du moins [lendant ipielque temjis.Mais si on l’abandonne à lui-même, l’au¬
tomatisme riqiaraît et avec lui la tachyphémie et la tachymicrographie.
Y a-t-il (Ui, chez cet homme, une encéjihalite éfiidémique ayant laissé
comme séquelle, le complexus morbide en question ? Nous n’avons rien
trouvé, dans les antécédents, ipii permette d’étayer une telle hyjiothèse,
mais la chose reste possible.
M.Li.ovis ViNCKNT. — Au sujet du spasme des paupières, il se présente
comme chez un grand nombre deparkinsoniens typiques ou chezun certain
nombr(!d(^suj(!tsatteiid,sderai(huir iiost-encéphalitiipie. yuandon demande
à un de ces maladiis de regarder fi.xemimt un point déterminé, il se produit
un certain degré d’occlusion des huiti's palpébrales, et comme le malade
insiste pour élargir ci'tte fente rétrécie, la paupièri^ supérieure s’anime
de battements qui rendent plus pénibles encore le relâchement du sphinc¬
ter orhitain*. Quand h; membre sujicrieur a conservé une certaine liberté,
le sujet se sert de la main pour ohtiuiir l’ouverture palpébrale; autrement,
la lutte se prolongi!, devient angoissante' et, dans bien des cas, il faut
demander au malade de ne plus faire effort pour obtenir l’ouverture nor-
mahi d(!s jiaupières. En conséquence, il me jiaraît difficile de ne pas rap¬
procher la rigidité spasmodiepu! des paupières ohservéi' elu'z le malade et
(udle d(! la maladie de Parkinson.
Quant à la micrographie jirogressive, c’est, je crois, (iharcot qui le pre¬
mier l’avait mise en évidence clu'z ci'i’tains parkinsoniens ; il avait montré
que l’écriture se rétrécit au fur et à inesuri^ ipje le nombre des mots con¬
sécutifs augmente. Mais ce n’est là, à vrai dire, (pi’une manifestation de
cetti! règle, à savoir : que chez certains parkinsoniens, l’amplitude d’un
mouvement diminueavi'c sa répétition, si bien qu’il devient presque nul;
la rigidité des muscles dont l’action s’oppose devient telle que le segment
SOCIÉTÉ DE NEUROLOGIE
de mombro moi)ilfi devient (juasi immobile. Il y a d(!ux ans (1) nous avons
montré comimmt de tels rnuscbis empilent en quelque sorte, les uns sur
les autres, bis reliqiials de conlraclion pour arriver à la rigidité.
V. — Crampe de la Lecture à haute voix à forme de Torticolis
spasmodique avec Syncinésies et Bégaiement, par MM. G. IIeuyer
et Devras.
Dans une récente ('ommunieation à la Société d(! Neurologi(;, M. Sou-
([ues (1), préscmtant av(!c, s(;s élèves un cas d(! torticolis fie certains souffleurs
de Vfîrre, disait (pie la liste des spasmes fonctionnels, déjà longue, était
destinée à s’allonger encore. L’observation ([ue nous allons rapporter est
en effet un nouveau cas de spasme fonctionnel ([ui se produit dans de
telles conditions ipie nous pensons (louvoir le dénommer : crampe de la
lecture à haute voix.
Nous raiiporterons d’abord l’observation de notre malade et nous la
comparerons ensuite à d’autres observations [lubliées antérieurement.
Fo... Maurice, 12 ans, iiofis a éUi adressf! jiar l’orphelinat de Cenipuis parce que depuis
six semaines, cet enfant ni' peut plus lire.
A. 11. l’èn^ tué à la jriierre. Mère décédée au cours il’accidents dus à l'éthylisme chro¬
nique (?). l’as de frère ni de sieur, l’as de famille.
A. 1’. Kntré il y a trois ans à l’orphidinat de. Cempuis. Très peu de renseignements
sur les antécédents personnels de notre jeune, malade. La liche sanitaire du dossier
de l’école ne renferme que les renseignements suivants : a marché très tard ; a eu la
rougeole. — Les renseignements sont plus nombreux depuis son entrée à l’orphelinat
de Cempuis, et nous ont été donnés [lar le directeur. 11 y a 3 ans, au moment de son
entrée, l’enfant Fo... avait qiie.lquesmouvernents anormaux, spasmodiques, arythmiques
de la tôte qui ont été appelés « tics ». l’eu à peu ceux-ci disparurent. Fendant tout
son séjour à Cempuis, Fo..., ipioique en retard au point de vue scolaire, et en classe
avec des enfants moins ilgés ipie lui, travaillait bien. 11 avait un bon caractère, ouvert,
gai, joueur, ce sont les ternies môme qu’emploie le directeur dans la note qu’il nous
a remise à son sujet. Sa conduite était bonne et son travail régulier. En calcul, en ortho¬
graphe, en histoire et géograidiie, il était un peu en retard sur les enfants de son ôge,
mais ne présentait ni débilité intellectuelle, ni troubles du caractère, n’attirant sur lui
l’attention par aucune manifestation pathologique. La lecture notamment était
absolument normale avant l’aiiparition de ses troubles nerveux.
Ceux-ci sont survenus il y a six semaines, apparemment sans raison et progressi¬
vement. Pendant la lecture à haute voix, au début des phrases, Fo... présentait
un bégaiement ((ui pouvait d’abord être maîtrisé. Puis peu è peu, le trouble augmenta ;
et depuis une (piinzaine de jours avant son entrée à l’hôpital, l’enfant no pouvait [dus
lire h haute voix, pas môme quelques mots très simples.
Actuellement, lorsqu’on demande à l’enfant de lire h haute voix un écrit quelconque,
avant de pouvoir prononcer le premier mot, il présente une crispation de la face qui
commence par une contraction spasmodique du sillon naso-génicn gauche ; ce spasme
. s’étend vers la droite, tordant la bouche, contractant les traits du côté droit, en
môme tenqis que la tôte tourne du côté droit par spasme convulsif du slermo-mas*
(1) Héunion Neurolog:que, 1921, id. Essai palhogénifiuc et thérapeutique sur la
contracture posteneéphalilique. Vincknt et Haouknf.au, (Sciences Méilicales, déc.
1921).
(2) Torticolis de certains soullleurs de verre, par MM. Souqurs, llLAMouTiEn, J. de
Massauv et M*‘» Dkeyfus Sée (Soc. N., 12 avril 1923).
SÉANCE DU 5 JUILLET 1923
47
toïdien gauche, dans un mouvement de torticolis qui se fait en plusieurs temps, se relâ¬
chant puis réapparaissant jusqu’à ce que la tête soit complètement déviée vers la droite.
En même temps, l’enfant qui ne peut articuler les mots, émet quelques sons convulsifs
qui ressemblent à du hoquet.
Puis très souvent, mais non de façon constante, le spasme s’étend en convulsions syn-
cinétiques au membre supérieur droit qui se contracture et est porté peu à pe>i en
arrière, la main se tordant on dehors et les doigts se fléchissant dans la main, dans
un véritable mouvement tonico-cloniqiie d’aspect athétosique auquel se combine un
peu de tremblement. Rarement, et avec peu d’intensité, le membre supérieur gauche
participe à ces syncinésies spasmodiques par quelques mouvements convulsifs de
i’épaiile.
Si on prolonge l’essai de la lecture à haute voix, celle-ci reste impossible, les mouve¬
ments spasmodiques s’accentuent sans qiuî l’enfant puisse les vaincre ; il paraît souf¬
frir et souvent se met à pleurer. Cependant, depuis quelque temps, il y aune amélio¬
ration nette; les mouvements spasmo-alhélosiques <lu membre supérieur droit s’atté,-
nuent; le torticolis est moins intense ; et si on insiste, l’enfant peut dire quelques mots,
quelquefois même des phrases entières. Dans certains cas, même ces derniers jours,
il pouvait, malgré la persistance de quelques spasmes, lire assez correctement. Mais
malgré cette relative amélioration, le syndrome reste assez net pour pouvoir être actuel¬
lement vérifié.
' A noter que si l’enfant lit à voix basse, le spasme ne se produit pas, ou s’esquisse
à peine par la contracture nasogénienne gauche, mais ne s’étend pas et ne détermine
pas de torticolis.
Au cours do la lecture mentale, aucun spasme ne se produit.
L’écriture est normale et ne s’accompagne d’aucune crampe.
Le spasme facial s’ébauche quelquefois lorsque au cours d’une question posée brus¬
quement, l’enfant est un peu ému ; il rougit, le visage se crispe et le bégaiement appa¬
raît en même temps que la tête tend à tourner vers la droite. Mais assez rapidement
l’enfant prend une attitude normale et le bégaiement disparaît. Au cours d’une con¬
versation prolongée, aucun spasme n’apparaît.
On peut dire que tous cos troubles sont strictement fonctionnels ; il n’existe aucun
signe organique.
Il n’y a pas de paralysie de la face ni des membres. Latorce musculaire est normale.
Il semble qu’il existe une légère hypertrophie du sterno-mastoïdien gauche, par suite
du fonctionnement excessif de ce muscle, il n’y a pas de troubles des rétÿxes tendineux ;
ceux-ci sont vifs mais égaux. Il n’y a pas do signe de Babinski. La sensibilité est
normale. L’intelligence étudiée d’après les textes de Binet et Simond répond à celle
d’un enfant de 12 ans, donc est normale. Il n’y a pas de troidjles du caractère mais
une certainji.tliij.'rf<!i*i'f;i/'6i,"ffne''PMétYéltifïncoéteS,t{filne.’ï'as''ae”pBreersions.
Un examen très attentif permet do mettre en évidence un petit syndrome de
débilité motrice, : paratonie et syncinésies.
Mais surtout on observe des sirigmates physiques de dégénérescence : taille petite par
rapport à celle d’un enfant de son âge ; rachitisme ; fémurs arqués (vérifiés à la radio¬
graphie) ; hypospadias périen ; voûte palatine ogivale ; malformations dentaires.
La réaction de Wassermann du sang est négative. L’examen électriquedes muscles a été
pratiqué par M. Dnhcm et n’a rien révélé d’anormal.
Ainsi il s’agit bien ici d’un spasme fonctionnel, d’un torticolis convulsif
avec syncinésies. Cette extension des spasmes au cours du torticolis se
rencontre dans un certain nombre d’observations antérieures; celle de
Duehenne (de Boulogne) dont la balayeuse des rues contractant le rhom¬
boïde, puis le grand oblique de l’abdomen, puis le grand dentelé, etc. ;
. (1) Duciienne, de Boulogne. Ih Tétccirisiilion luculisée et de son application, Paris,
1861, p. 947.
48
SOCIËTI'C DE NEUROLOGIE
cas (lo Fciridcl cL Moigii (1) où cùis mouvements hémichoréiques s’associaient
au torticolis ; casdeMM.I*. \IarieetGuillain (2),assez analogues au nôtre, et
dont les malaihîs présentaient outre le torticolis^ de l’athétose, de la chorée
(it d’autres s[iasmes ; c.as de Sicard (d M. Hlo(;h (3) où les chorées s’asso¬
ciaient au torticolis ; cas de l)es([uerous (4) (d(! 13ord(iaux) où les spasmes
s’étendaient au memhn! iid'érieur, aux deux pieds et se compliquaient de
crises convulsives vraisendilalihmient [)ithiatiques.
(loninie h; l'ait r(;mar(pier (jarrigiies (ô) dans un(î revin; générale récente,
ces laits s’(’iloignent ilii torticolis mental di^ Brissaud. Dans notrecas, d’ail¬
leurs, nous n’avons pas observé h; geste de défense si caractéristi([ue du
torticolis d<î Brissaud. A un autn^ ])oint de vue, il s’agithien là d’une véri-
tabh; cramp(\ d(i la lecture à haute voix. D’est (juasi stricBmient quand
comm(mc,(! la timtative de hicture. à haute voix <pi<; se, déclanche le spas¬
me. Ace.essoinmient au cours ih; certairuis réjauisesà des questions hrusque-
nnmt posé(^s. (aAte cram])e (h; la hîcture à haiit(! voix nous paraît pouvoir
être ra[)[)rochéîe d’un auln^ spasme fonctionmd, la crampcî des écrivains ou
la crampe d(;s [)ianist(;s. M. .Meige, à plusieurs reprises, M. Garrigues plus
récemiiKîut, ont insisté sur hss affinités pathologicpies du torticolis spas-
modiijm; et d(^ la craitq»^ des écrivains. Garrigues, dans sa revue générale,
rapporte d mx observations cù la crampe des écrivain» s’était montrée
trois ans avant l(! torticolis dans le 1®'' cas, et où la crampe des pianistes
fut antérieure de six mois au torticolis dans h; s(‘cond cas. Dans notre
observation, le spasme s’i^st strictennmt j)roduit au cours de la lecture à
haute voi.x, mais s’est dée.lanché selon un mécanisme (jui r(?ss(!nd»le à celui
de la crampe ^es écrivains.
Quand nf)us avons vu c.(! malade pour la première fois, nous avons été
tentés (hï le c.onsiilérer c.omim; un organi({U(! et d’incrimirnsr une lésion
possible! d îs noyaux centraux, corriimi dans les torticolis spasmodiques
(jui précèdent ('(u taiiis s[)asmes de; torsion (6). Mais le trouble actuelle¬
ment constaté n’a été précédé d’aucun épisode infecti(!ux qui puisse faire
[lensf'r à une!' uicéphalile é|)idémi(pie. De plus, nous n’avonsconstaté aucun
signe! eerganiepu! analeigue' à ceuix que! de: Massary et J. B. Teissier (7),
Babinski (8) ont cemstaté e;he!/. ce!rtains malade'S atteints de torticolis
spasmeKliepu!. Nous n’avems pas cemstate-r non plus le! phénomène! du jam-
bior antérie!ur décrit par DI. Vincenit et BiTiiard (9).
D’autres argumeuits nous ont éhiigné de la e!Onc'îption organique de ce
spasme', nems aveens reeleevé élans le!S antécédents ele l’einfant l’existence
d’autres sjeasme's em tie's de* la face qui ont co'incidé avec son entrée à
(1) FEiNDELel, Meige. .Soc. Nenr., 7 novembre 1901.
(2) P. Marie et Guillain. i'oc. Neiir., 10 avril 1902.
(3) Sicard et M. Bloch. .Soc. Nenr., 10 novembre 1910.
(4) Desqueyroux. .Soc. uwtl. clin, ele Bordeaux, 16 décembre 1912.
(.O) II. Garrigues. Monde m dicnl, 1»'' juillet 1923.
(6) P. Marie et M"» Levy, Spasme do torsion consécutif une encéphalite léthar¬
gique (Soc. Neur., 4 mai 1922).
(7) De Massiny et .J.-P. Teissier. Soc. Neur., 1"'' décembre 1904.
(8) Babinski. .Soc. Neur., 7 décembre 1916.
(9) Cl. Vincent et Bernard. Soc. Neur., 1922.
SÉANCE DU 5 JUILLET 1923
49
l’orpholinat do Compuis et qui ont été passagers. Actuellement, par suite
de la rééducation à laquelle est soumis l’ontant, le spasme s’améliore net¬
tement et à certains jours la lecture à liante voix est possible.
Sans doute, il ne s’agit pas là d’un trouble pitbiatique et il ne nous si'in-
ble pas que la suggestion puisse faire disparaître ce spasme.
Peut-être y a-t-il une épine organique irritative, mais il est réellement
impossible de la mettre en évidence. Au contraire, le facteur psychique est
à peu près certain. Cet enfant a des antécédents héréditaires chargés: mère
certainement alcoolique. Il présente des stigmates physiques de dégéné¬
rescence que nous avons énumérés. C’est de plus un émotif constitutionmd,
et cette émotivité nous paraît à la base même de son état pathologique ;
plus l’émotion du sujet est \ive, plus le spasme a tendance à se déclancher
et plus il est intense. Néanmoins nous reconnaissons que le mécanismi'
physiologique de ces spasmes est malaisé à découvrir. Peut-être faut-il
admettre avec M. Vincent que les malades analogues à celui que présenta
récemment M. Souques et au nôtre présentent une ayititude acipiise ou congé¬
nitale à faire des spasmes dans les muscles soumis à une excitation prolongé!',
ici dans les muscles de la lecture chez un écolier.
Vf. — Syndrome de Lumbago xanthochromique par Neuro-gliome
radiculaire. — Radio-diagnostic lipiodolé, par IMM. Sicaiu- et
IjAPLANE.
Voici trois malades (et nous regrettons de ne pouvoir vous montn'r le
quatrième, absent actuellement de Paris), qui ont présenté un syndrome
bien particulier sur lequel nous désirons appeler votre attention. Le dia¬
gnostic de ce syndrome a une importance directement prati<[ue, ])uisqu’il
ne saurait conditionner d’autre conclusion thérapcutifjue (pn' l’intervention
opératoire. ^
Ohs. I. — M™" T.., 45 ans (juin 1922). Depuis six ans, crises lie lumbago avec rai-
tleur rachidienne et irradiations douloureuses dans les membres inférieurs. Réflec¬
tivité tendineuse normale. Pas de troubles sphinctériens. Pas de troul)les de la sensibilité
obJ('cLive. En raison de la longue durée do l’évolution ainsi que des intermittences al¬
giques, de l’absence de troubles sphinctériens, do l’absence de parésie des mendjres
inférieur, de l’intégrité radiographique des vertèbres, nous faisons le diagnostic
do lumbago chronique. Mais la rachicentèse lombaire en nous montrant un aspect
jaunâtre du liquide rachidien, réforme ce diagnostic. Il s’agit do compression radicu¬
laire. L’opération faite par M. Robineau permet do découvrir une tumeur d’ordre neuro-
gliomatouse (Roussy). Ablation de la tumeur avec section de la (piatrième racine lom¬
baire droite, à laquelle elle est adhérente. Guérison.
Vous pouvez voir combien la malade est heureusement transformée. Elle n’a plus de
douleurs, et elle a requ’is ses occupations habituelles. Le liquide céphalo-rachidien (deux
mois après l’opération) avait réciq)6ré scs qualités normales. Le B. W. du sang et du
liquide céphalo-raciiiilien avait toujours été négatif.
Obn. IL — M. D., 42 ans, nous est adressé avec le diagnostic de lumbo-sciatique
(octobre 1922) dont il serait atteint depins qiielque.s mois.
L’évolution avait été progressive. L’acuité algique était telle lors du premier exa-
niiVCF. NEunonouiQua.
50
mCIÉTÊ DE NEUnOLOGIE
mon quo malgrô la morphine et les nombreux sédatifs utilisés, la position debout
ou assise était seule tolérée. L’état général était mauvais avec dénutrition. Li's jambes
restaient (edématiées, non par insuffisance cardiaque ou rénale, mais par sta.se méca¬
nique d’attitude. I.a contracture lombaire était nette. La tlouleiir siégeait à la région
sacrée gauche, sans extension au nerf honteux interne.
Sur un fond douloureux à iieu prés continu, survenaient, à intervalles plus ou moins
rapi)rochés, des crises paroxystiques d’une violence extrême. On notait do l’hypoes-
thésie en bande le long de la face exteriuï de la jambe gauche. Il n’y avait ni paralysie
motrice ni troubles siihinctériens. I.’hyi)othése d’une lésion syphiliticiuc devait être
écartée. Aucun antécéd(uit suspect n’avait été reh^vé. Le IL W. du sang et du liquide
céphalo-rachidien était négatif. Des traitements antisyphilitiqnes avaient, du nwte,
été pruti(piés sans résultat.
Les radiographies vertébrales lombaires, antéro-postérieures et latérales, montraient
des images normales. L<“s réactions électriques n’ont pas été explorées. On ne décelait
l)as de troubles sphinctériens. Les réflexes rotuliens étaient normaux. Les achilléens
étaient nettement inversés. Il n’existait ni clonus ni Babinski, ni réflexes de défense.
L(! liquide céphalo-rachidien retiré par ponction lombaire était xanthochromicpie
avec hyperalbiiminose de plus dé deux grammes et absence de lymphocytes.
Le radio-diagnostic lipiodolé (injection entre la sixième et la septième vertèbre cer¬
vicale) décelait l’arrêt du lipiodol au niveau de la deuxième vertèbre lombaire. En cet
ondroil exactement fut trouvé i)ar Bobineau une tumeur du type neuro-gliome. Extir¬
pation avec section des (u'emière racine sacrée et deuxième racine sacrée postérieure
(novembre 1922). Guérison. Malade resté guéri juillet 192.3.
Obs. [II. — M. !>..., 38 ans (23 mai 1923').
Algies <le la jambe droite, depuis qiiatn; mois environ, du type sciatique. On note
en 1905 un èpisod<- douloureux de la paroi thoraco-abdominale droite, non accompagné
d’éléments éruptifs et suivi d’une hypoesthésie marquée, do la région. Brusquement,
le 8 avril dernier (1923), le maUnle est pris au réveil d’élancements douloureux d’une
acuité extrême dans tout le membre inférieur droit. Dès lors la colonne vertébrale
est immobilisée par une contracture antalgique, le moindre mouvement réveille des
<Iouh!urs. Tantôt le malade se lient couché (ui décubitus latéral, tantôt il éprouve du
soulagement dans la position assise. Intégrité radiographique des vertèbres. Il n’cxisle
pas de parési(^ des membres inférieurs mais, parmi les derniers incidents, on a noté
quehpn^s troubles s[)hinetériens et la nécessité du sondage urinaire. Béflexes tendi¬
neux : rotuliens ; exagérés avec ébauche de clonus de la rotule. Achilléens ; droit
aboli, gauche normal. Pas de clonus du pied ; pus do Babinski.
Réflexes cutanés abdominaux et crémaslériens, normaux à gauche mais abolis à
droite. Pas de réflexes du défense.
Troubles hypoesthésiques à tous les modes avec limite supérieure ù deux travers
de doigt au-dessous du mamelon. Pas de dissociation du type syringomyéliquo. La
limite inférieure de l’hypocslhésie s’arrête à la région inguinale droite. La sensibilité
est normale ô gauche.
Ponction lombaire : liquide xanlhochromlque avec plus de 2 grammes d’albumine,
lymphocytose discrète, B. W. négatif, réaction de Guillain, négative.
Epreuve du lipiodol : Injection de un centimètre cube de lipiodol par voie haute cer¬
vicale entre la sixième et si^plième cervicale. Arrêt en nappe de la douzième vertèbre
ilorsale à la première lombaire, puis second arrêt, un peu plus lard bas au niveau de la
deuxième lombaire.
Opiralion : Par M. Robineau (mai 1923). On retrouve, après incision de la dure-mère
do D. 10 ô L*, ù la partie supérieure, un long placard fibrineux d’arachnoïdo-pie-merile,
couvrant moelle et racines sur une hauteur de 6 centimètres.
Entre L» et L^, ou voit .saillir à droite une petite tumeur, couverte par trois racines,
du voluiTO! d’un œuf de pigeon. Pas d’adhérences. Elle est enlevée en bloc (gliome
périphérique) (Roussy). On a été obligé de sectionner trois racines postérieures 1.*,
L>, L*, vraisemblablement (ou L*, L‘, L‘, ?). Guérison.
Obs. IV. — M. P..,, 33 ans, juin 1923, souffre depuis quelques mois de douleurs
SÉANCri DU 5 JUILLET 1923
vives de la colonne lombaire, s’irradiant dans les membres intérieurs. Déjà en 1918,
on nnt(' une crise douloureuse do deux semaines environ, au niveau de la région sacro-
coccygienne. Deiiuis celle époque, la marche, les efforts faisaient réapparaître les
douleurs avec élancements vésicaux et émission d’urine parfois diflicilc. L’attitude du
malade est celb; d(! la crise doidoureuse du lumbago. La colonne dorso-lombaire est
immobilisé(î, bbupiée dans son ensemble. L’abdomen est même projeté en avant avec
exagération do la lordose lombaire comme dans certains cas do myopathie. 11 n’existe
pas de parésie. Le malade marche très soudé. 11 est pris parfois d’une agilalion inso¬
lite, se mettant .à genoux sur son lit, se levant, faisant quelques pas puis s'asseyant.
La position horizontale en décidiitus dorsal ou latéral est le plus souvent impossible à
conserver un certain temps.
A Tcnlrée, le 20 juin 23,’ tous les réflexes tendineux rotuliens et acbilléens sont nor¬
maux et il n’existe aucun trouble de la sensibilité objective. Pas de clonus, pas de Ba¬
binski, pas de réflex(î do défense. Le 0 juillet, les réflexes acbilléens étaient abolis et les
réflexes roladicns très diminués. Il ii’t^xistait toujours aucun trouble de la sensibililé
objective. Los sphincters étaient normaii.x. Aucune rétention ni incontinence d’urine.
l’imdiuti lombaire : liquide franchement xantbocliromique avec coagulation massive.
Ponction cervicale : liquide également xantbocliromique, mais avec un taux moindre
d’albumine.
Le B. W. est négatif. Réaction de Guillain : négative. Epreuve lipiodolée : le lipiodol
injecté par voie cervicale, dans le liquide rachidien, s’arrête nettement dans le sac sous-
arachnoïdien à la hauteur do la deuxième lombaire. 11 a été injecté à la dose de un centi¬
mètre cube.
Le malade va être opéré par Robineau. Toutes les probabilités sont en faveur d’une
compression radiculaire de même nature que dans les observations précédentes (1).
Voici donc un syndrome lombaire qu’il nous paraît intéressant de dis¬
traire du groupe des compressions radiculo-médullaires et qui est essen¬
tiellement constitué par certains signes positifs et négatifs.
Sifines cliniques positifs : Douleurs vives lombo-abdominales s’irradiant
dans les membres inférieurs. Immobilisation dorso-lombaire par contrac¬
ture para-vertébrale. Difficulté du maintien du décubitiis horizontal. I,c
malade est soulagé par l’attitude verticale. ^
Signes humoraux positifs: Xanthochromie du liquide céphalo-rachidien
par ponction lombo-sacrée. Possibilité de très forte dissociation albumino-
cytologique du type que nous avons décrit avec Foix.
Signes cliniques négatifs : pas de parésie des membres inférieurs. Peu
ou pas de trouble des réflexes tendineux. En tout cas, pas de spasticité
d’ordre pyramidal. Peu ou' pas de troubles sphinctériens.
Signes radiographiques osseux, négatifs. Intégrité des vertèbres.
(Contrôle radio-lipiodulé : Le radio-diagnostic lipiodolé montre l’arrêt
de la bille lipiodolée au niveau d’un segment vertébral lombaire.
Ki)oliilion : De plusieurs mois à plusieurs années.
Par l’ensemble de ces caractères, on peut différencier ce syndrome du
lumhago rhumatismal chronique et du mal de Poil. En effet, qu’il s’agisse de
lumbago chronique de spondylosc ou de lombarthrie, on ne saurait ren¬
contrer, dans ces cas, de xanthochromie du liquide rachidien, i)as plus que
(1) Lo malade a été opéré par Robineau, le surlendemain de m présentation à la
Société. A l’endroit exact indiqué par lo lipiodol, Robineau a extrait une tumeur de la
dimension d’une grosse olive immédiatement au-dessous du cône médullaire.
52
fiOCIÉTii DE NEUnOLOGIE
de forte dissociation allnimino-cytologiqne. Cotte constatation négative ré¬
sulte de très noinl)reuses ponctions lombaires faites au cours des réactions
vertél)rales spoiulylosi({uesluitibarthriqu(!s,du type rluiinatismal. L(^ mal d(‘
l’oLt donne naissance souvent, il est vrai, è la teinte jaunâtre du liquide ou à
une très forte liyperalbuminose, mais rapidement b's signes osseux radio-
logi(jues se manifestent, alors que, ])ar opposition, l’intégrité verlébrab;
oss<‘us(! n^ste absolin; dans b^ syndrome (jiks nous décrivons. Jf(! plus,
contraste entre ral)sene(; d(î j)arésle des mendu-cis inféri(îurs et l’inbmsité
des doubmrs et de la contractun; lond)aire, sans exagération de la réflec¬
tivité tendineuse, avec tendance à la sédation des algies dans l’attitude
verticab' et non horizontale, constituent des signes qui plaident contn*
riiypotlièse de Pott et sont en faveur du syndrome de lumbago par tumeur
radi(;uluire. La patliogénic de la contracture rachidienne ressortit à ce
fait <pn! la tumeur présente des connexités intimes avec une ou plusieurs
racines ])osLéri(!ures tout au voisinage du trou de conjugaison. 11 est donc
évid(înt que toute distension rachidienne, lors dos inflexions du rachis,
retentira sur la racine et réveillera des douleurs aiguës, d’où la vigilance
musculaire qui bloque les vertèbres dans un but antalgique.
La xanthochromie ou la dissociation albumino-cytologique s’expliquent
y)ar la compression des vaisseaux veineux radiculaires et la stase œdé-
mat(ms<! avec ('xode consécutif d’une certaine quantité d(! plasma san¬
guin.
Ainsi, le syndrome de lumbago xarithochromique, lié à la présence d’un
neuro-gliome radiculo-lombaire, nous paraît, grâce; aux caraetèr(;s cli¬
niques, humoraux et radiologiques que nous venons de décrire, grâce
égab;ment au radio-diagnostic lipiodolé, devoir être isolé du grand groupe,
fb;s compressions radiculo-niéilullaires, avec, comme sanction théra-
penitique, la laminectomie et l’extirjjation de la tumeur, non récidivante.
M. Cnovrs ViNcicNT. — Lomnn; le dit .M. Sicard, les injections extra-
durab;s (;t intra-durab;s (b' lipioded sont j)lus faciles dans la région cervicale
({U(‘ dans la région dorsale supérieure. J’en ai pratiqué un certain nombre et
les résultats (juc; j’ai obU.mus confirment c(;ux de .M. Sicard, notamment dans
les compressions de la moelle j)ar mal de Pott ou même dans les maux de
Pott sans compre.ssion médullaire. A mon avis, si la méLhod(; de M. Sicard
doit être cncon; étudiée, elle me semble aj)pelée à donner dans bon nondjre
di; cas d’excellents renseignements.
.Au sujet des malad(;s mêmes de M. Sicard : si j’ai bien compris, le dia¬
gnostic entre tubcrculo.s(; vertébrale et celui de tumeur médullaire repose
(;ssenti(;lb;mcnt sur l’aspect radiographique des Vertèbres, anormal
dans b; mal de Pott, normal dans les tumeurs, car les autres symptômes
sont communs aux deux affections.
y\u ])oint de vue de la valeur du sympLônn; doub;ur, j(; ne suis pas de
l’avis d(; .M. Sicarfl (;n ce qui concerne le mal de l’ott suj)éri(;ur, (jui donne;
si souvent b; syndrome dit de compression radiculaire par côte cervicale.
Liiez plusieurs di; mes malades existaient des douleurs radiculaires très
SÉANCE DU 5 JUILLET 1923
B3
intnnsos, intolérables, une raideur de la nuque très accentuée, en même
temps que certains réflexes des membres supérieurs étaient abolis ou inver¬
sés. Or, il s’agissait de maux de Pott avec ou sans vraie côte cervicale,
comme le montraient l’examen radiographique et l’examen au lipiodol.
Celui-ci, injecté entre les 3® et 4® vertèbres cervicales, s’arrêtait dans l’un
des cas au niveau de la 5® vertèbre cervicale, dans l’autre au niveau de la 7®.
VII. — Lhermitte.
VIII. — Causes et Traitement de certains cas de Névralgies du
Trijumeau dites « essentielles », par MM. Dufourmentel et P. Bé-
HAGUE.
(Sera publié comme travail original dans un prochain numéro de la
Jleviie Neurologique.)
M. H. Bouttier. — Nous tenons à insister, au nom de mon maître,
M. le Professeur Pierr(! Marie, et en mon nom, sur l’intérêt que présentent
au point de vue de la pratique neurologique quotidienne, les faits que
vi(înt d’exposer M. Dufourmentel dans sa communication avec M. Bé-
hague.
C’est aux prétendues céphalées des neurasthéniques, qm; nous voulons
surtout faire allusion.
Depuis plus de dix années, j’ai toujours entendu M. Pierre .Marie
d(unander avec insistance aux rhinologistes quel était l’état de sinus chez
un grand nombre de malades venus à sa consultation, en raison de cépha¬
lées tenaces, à irradiation souvent occipitale.
Il ne lui convenait pas de faire, dans un bon nomlne ces cas, le
diagnostic trop facile de troubles seulement névropathiques, et en pré¬
sence de l’intégrité apparente du système cérébro-spinal et des carac¬
tères souvent très spéciaux do cette céphalée, c’est à une altération de
sinus qu’il était tenté de rapporter — de par les ressources de la seule
clinique — une bonne part de la symptomatologie subjective.
Et presque toujours, les' rhinologistes nous répondaient que les sinus
étaient normaux ! Il fallait chercher ailleurs la cause du mal, sans grand
espoir de la découvrir ; l’épithète de céphalée névropathique s’ap¬
pliquait donc, faute de mieux, à ces troubles, rebelles le plus souvent è
toute médication. Ajoutons d’ailleurs qu’il existait souvent chez ces
malades des troubles de l’équilibration que révélait l’épreuve des pulsions ;
nous en avons déjà, au nom de M. Pierre Marie, signalé l’intérêt clinique
d(! CCS épreuves le 13 juin dernier à Strasbourg, et nous aurons l’occasion
d’y revenir plus longuement.
Et voilà que sous rinfluenc(! de progrès indiscutables dans la technique
lie. l’e.xamen des sinus, les rhinologistes eux-rnemes nous apportentaujour-
d’hui des résultats positifs, au lieu de faits négatifs. M. Dufourmentel
vient encore de nous montrer avec quelle fréiiuence une altération dis-
54
SOCIÉTÉ DR NEUnOLOGin
crctc, iriais objective, du sinus sphénoïdal par exemple peut détermincir
ou aggraver des céphalées à prédominance occipitale.
Aussi, tout (Ml laissant à l’élément psychopathique la part qui lui revient
prcs<{uetoujours dès ({u’un malad(! souffre pendant longtemps, peut-on dire
du moins (pu' le neurologiste n’est [dus autorisé à faire un diagnostic d(!
cé]ihalé(( s(;ul(Mn(Mit ruMirasthénitpie, sans avoir demandé à un rhinologiste
expériiiKMité ([ind est l’état des sinus...
Il (‘st intéressant de constatiir ({ue le progrcîs des examens rhinologiques
jKM’imdtcMit d(î contirirKM- maintmiant l’opinion sout(Miue diquiis si long-
l<Mnps par M. Pierre Marii;, et ipie n’avait pu ébranler, je dois le dire, les
ré[)onses si souvimt négatives d(!S rhinologistes les plus compétents.
Ausisi sommes-nous particuliènMinmt heureux, M. PiiMTC Marie et moi,
de r(Mnar([U('r (pie les faits si intéressants exposés jiar MM. Dufourmen-
t(d et Béhague, s’accordent avec ce (pie laissait prévoir l’examen des
malades jiar les seules ressources de la clini([ue neurologi(|ue.
M. L. AL(juiEn. — A c(')té d(!S névralgies avérées, nous reconnaissons
aujourd’hui les algi((s par lymphangite chronique, éteint(( ou atténuée, se
traduisant cliniquement par ce que nous apjielons cellulite, c’est-à-dire
infiltration interstitielle indurée, œdémateuse, sans signes objcictifs
d’inflammation. Or, c.luiz de nombren.x malades atbdnts d’algie ccllulilique
c(M’vie,o-c,é])hali(pie, la (lis])()sition de r(Migorgement lymphati(iue m’a
(Minduit à rech((rch(M- sa cause dans une infection atténuée du rhino-
pharynx. Bt mes constatations confirment tout à fait e(! (pii vient d’(Ure
dit.
Bii premier li(Mi, la cause est une infection atténuée, car, plus iiitiMise,
elle détiM’inliKM'ait une adéno-lymphangite, non l’engorgiMuent simple qui,
seul, correspond à la cidlulite.
lOi second lieu, les lésions du rhino-pharynx jiostériiMir détiM'ininant
l’eiigorgiMiuMit des chaînes lynqdiatiipies latérales profondes, péri-sealé-
niipies, ri(Mi d’étoii liant à ce ([ue l’algie soit eervico-occi pi taie. Au contraire,
h(S lésions nasales antérieures corresiionihMit aux ganglions jirétragiens
et de l’angle du maxillaire et l’algie se nqiorte vers la face. Dans (pielques
cas, l’iMigorgiMneiit (’st inscrit, sur toute sa longinir, (mi relief jialjiable, et
parfois visible; d’autres fois, il faut le reclierclKU- par un paljier jilus
att(Mitif.
Oliui((uem(Mit, l’algie cellulitiipie ne {inuid le caractère névralgiforme
([lie si un nerf se trouve particulièriMiient irrité, à un degré suffisant pour
détermiiu'r une réaction corres[)on(lant à sa distribution. Le plus souvimt,
il s’agit de ces algies plus iinjirécisi's, avec enraidissiMiKuiL musculaire,
connues sous le nom de céjdiah’je (ui casipie d(\s arthritiipies, d is iieuras-
théiiiipies. D’autres [X'tites infections [leuviMit être (Ui cause, fiar exiMiqile,
la pyorrhée alvé'olo-dentaire. Les afh'ctions oculaires s’acconqiagnant
d’un yirocessiis de résorption, etc.
La disyiarition de la cause est suivie de la sédation, de l’algie, à moins (pie
la (;ellulite soit trop tiMiace [loiir se résorlxu' spontanéiiiiMit. Il faut, alors.
SÉANCE DU 5 JUILLET 1923
65
recourir à un traitement physiothérapique, capable de lever les barrages,
et de rétablir le drainage lymphatique.
IX. — Sur un type spécial de Syndrome Pyramido-strié de l’adulte.
Paraplégie spasmodique progressive. Spasme intentionnel péri-
buccal, par M.M. Charles Foix et Victor Valière Vialeix.
Le malade que nous présentons à la Société de Neurologie présente un
syndrome pyramido-strié progressif, fort différent do ceux que l’on est
halji tué d’observer sur des sujets relativement jeunes (se rapprochant du
type Wilson), soit sur les vieillards (produisant plus ou moins l’aspect clas¬
sique des lacunainis). Il s’agit, en effet, d’une paraplégie progressive à la
fois dans son intensité et dans son extension (ayant débuté par les mem-
hr(!S inférieurs, elle s’étend depuis quelque temps aux membres supé¬
rieurs) dans laquelle, l’atteinte du système strié se traduit principalement
par un aspect spécial du visage {masque strié), peu marqué au repos, s’ac¬
centuant au moimmt de la parole et prenant l’aspect du spasme inienlionnel
péribiiccal. Ce dernier symptôme reste d’ailleurs modéré et l’aspect para¬
plégique occupe le premier plan du tableau clinique.
Observaiion. — Il s’agit d’un sujet de 53 ans hospitalisé au sanatorium de Bicétre
pour bacillose pulmonaire. Son aspect c,st avant tout celui d’une paraplégie -spasmodique.
Cette spasmodicité était d’ailleurs encore plus forte il y a un an lors d’un séjour qu’il
fit à ce môme sanatorium.
Uémarclie pendulaire à l’aide do béqidllcs, les jambes sont allongées, les genoux
serrés l’un contre l’autre, les pieds en varus équin.
L’aspect général ne révèle pas autre chose, sauf quand il parle une crispation du visage
surtout do sa partie inférieure, avec aspect contracté du mennn et sailtie exagérée du
peaucier.
Le malade fait remonter le débiit île son affection à l’âge de 35 ans. Le premier symp¬
tôme noté a ôté des crampes auxquelles succédèrent assez rapidcmMit de la rigidité
et de la faiblesse, si bien qu’au bout de 10 ans après le début, il est obligé de prendre
une canne. — Il y a 6 ans, deux. — Depuis 4 ans, il marche avec des béquilles.
Depuis 3 ans, le malade a remarqué qu’il a de la dilFiculté â parler et que sa bouche se
contracte. Le malade nie la syphilis, attribue sa maladie â l’humidité. Il travaillait
en effet dans les puisards dans l’eau respirant du gaz(CO), notionqui n’est ])eut-être pas
sans intérêt. Depids 1 an, il reijiarquo, en outre, que la force de ses bras a diminué.
De môme, la rigidité des membres inférieurs extrême en 1922adiminué assez sensible¬
ment. Km fin depuis la môme époque, il a noté un peu de dilliculté de la déglutition.
*1' liieii d'intéressant dans ses antécédents familiaux :
.Son père est mort au Tonkin. Sa mère est morte de fièvre typhoïde, ainsi qu’une sœur
à 19 ans.
Pas de caractères familiaux.
Examen actuet : Nous avons vu comment le, malade se présentait ù nous. Si nous
analysons en détails les symptômes qu’il présente, nous constatons :
Motricité :
1 “ Membres inférieurs'. La rigidité des membres inférieurs es t encore forte ; mais moins
exagérée, qu’elle n’était. On remarque très souvent de- petites secousses myosismiques
dont l’intensité d’ailleurs varie avec les dates d’examen. Le pied droit est déformé
en équin, creux. La première phalange du gros orteil en hyperextension. La deuxième
fléchie. Quelques filets du musculo-cutané paraissent un peu hypertrophiés.
.Mouvements volontaires : Extrêmement pénibles et presque sans force.
Au pied droit : mouvements du pied et des orteils presque impossibles.
SOCIÉTÉ DE NEUROLOGIE
Au pip.d gauche ; possibles mais sans force.
Des (leux côl,és : M()uvenii‘nl,s de flexion de la jambe se font sans forccalors que les
muscles semblent se contracter avec (’-ncrgie. A ce moment, exagération des secousses
myosismiques. I.’cxteiision de la jambe sur la cuisse est beaucoup mieux exécutée à
gaucbe qu’à droite.
Rcllcxcs ■ forts. Pas de cloims, par contre celte manœuvre met en évidence l’exis-
Icnoc nette des réflexes de posture mais non prolongés. A noter qiu^ le mouvement
de relâchement du pied est impossible volontairement. Buhin.iki posilif bilatéral avec
flexion dorsale du pied; Phénomènes des raccourcisseurs existent avec une intensité
qui contraste avec l’absence <le clonus.
Uéflexes de posture : au niveau du genou sont délicats à observer. Il ini semble pas
(fii’il se fasse une accommodation rapide, comme dans les contractures plastiques.
On ne peut pas dire non plus (pi’ils soient abolis.
Itéfli'xes crémastérien, ab(iominal, éjiigastrique, abolis.
Membres supériMirs \ Il send)le exister un faui de vigilance musculaire ati.x membres
supérieurs mais pas de, phénomène d(^ la roue deid.ée.
Mouvemmls imloiüiUres : I.a force, est déjà fort diminuée au membre supérieur
(.Action de serrer avec la main). rCgalemeiit, mais moins pour la flexion de l’avant-hras.
Pas d’exagération de l’action des antagonistes. Kn résumé ; on peut nilirmer la dimi¬
nution de la force [)our ce. ([iii est de la main.
I.a contraction idio-musculaire est très vive partout. Elle réveille des contractions
myosismiques, mais ne donne i)as de myotonie.
Hcflexcs : Réflexes tesndineux du membre supérieur très vifs. Pidite tenilance à l’adduc¬
tion du ]iouce. Peut-être un peu d’amaigrissement des petits muscles du membre supé-
|{éfle,v(ss de posture ; non abolis.
.•te Visai/c. :
Aspect qu(d<iue peu anormal, même au repos.
.Menton contracté.
Sourcilier également ; peaucier plus apparent qu(‘ norinalenient. Honebe, horizontale.
(Iranih! dilTiculté à ouvrir la bouclie, mais cela doit êtri: attribué à un traumatisme :
chute sur le menton qui a produit une d(uni-ankylo,se des temporo-maxillaires. II existe
um^ cicatrice d’abcès d(ud.air(^ sur la joue gauidie.
Dès que te muluile parle, Imis les phénomènes précédents s'exaqèrcnl cnnsidérablernenl.
Des brides <lu peauci<‘r forment de longues amarres extrêmement marquées. Ei^s muschîs
ilii menton et du coin de, la bouche se contractent. Des rides du front et du coin <les yeux
s’accentuent, l.e niïdade présente d(^ la fai-on la |ilus nette celte variété d(! spasme inlen
tionnel caractéristiipie de l’atteinte du corps strié (spasme intentionmd avant tout
péribue.cal).
La parole d’un déjiart un |um dillicile, mai articuléiq est lente, pénible, sans bredonille-
meiit ni aeho[)pemerit. I.i’ malade ne peut plus sillhT. Il ne ijeutfermer (pu! dilllcilemenl
un (uil tout seul. La f(U’meture des (hmx yeux accomplie avec un certain elTort s’accorn-
pagiu^ de cotd.ra(d ions généralisées du visage et môme parfois de contractions légèiaîs
du membre supérieur, l.’ouverluri' des yeux se fait alors un peu péiublement en deux
ou tnds saccades. Kn résumé, état parétiipic et spasmodique de la face d’un ordre très
spécial, rappelant par certains cotés l’aspect wilsonien, par d’autres ras|iect athélosi<pie
et piunt ilu tout l’aspect parkinsonien. Cet ensemble synq)tüniatiqu(! reste modéré par
rafiport à la paraplégie,
I.a lanque (!st petite, iirésentt! des contractions vermiculaires. l’as d’hérniatroplue.
I léflexe massétérin, normal. l.e malade tourne bicm la tète, à droite et à gauche, mais nu
le fait pas V(douli(U’s naturellement.
Depuis un an, dilllculté de la déglutition.
l’as de paralysie des autres nerfs craniiuis.
Itien au voile du palais et au larynx.
l’our terminer l’analyse des phénomènes d’ordre motiuir, disons que le malade se
plaint d’avoir assez fré’piemment des crampes, surtout dans les membres inférieurs.
SÉANCE DU 5 JUILLET 1923
57
Sensibililé : Pas de troubles nets de la sensibilité ni au tact, ni à la piqûre, ni au chaud
et au froid. Pas de troubles de la notion de position.
Atrophie musculaire : Léger degré d’atrophie musculaire des membres inférieurs
plus marquée à droite qu’à gauche. Pas de troubles de la coordination des mouvements
et de l’équilibre. Pas do sympôtmes de la série cérébelleuse. Pas de tremblement
d’aucune sorte.
Organes sensoriels.
Yeux. — Pas de paralysie des mu.sclcs oculaires, néactions pupillaires existent mais
les réflexes photomote\irs sont très faibles. Légère inégalité pupillaire 0 G > 0 D. Pas
de diminution de l’acuité visuelle. Fond d’ceil normal.
Dans le mouvement vertical dos yeux, il se produit un spasme de l’orbiculaire qui
se propage à tous les muscles de la face donnant un aspect crispé caractéristique.
Oreilles. — Diminution de l’ouïe des 2 côtés, surtout à droite.
Parole. — Nous avons vu Ic^ caractères do la parole. Ajoutons qu’il n’existe pas do
palilalic.
Pas de rire et de pleurer spa-modiquo.
Pas de troubles sphinctérien-.
II est évidemment diflieile de faire rentrer ce malade dans une des caté¬
gories de syndromes pyramido-striés actuellement décrits. Le caractère
du spasme facial différent de celui que l’on observe dans les syndromes
striés du vieillard, l’absencï; de pliénomènes pseudo-bulbainïs le sépare de
façon absolue de c(i que l’on observe dans les états lacunaires de corps
strié. II ne semble pas se rapproclnir davantage des cas de syndromes striés
par encéphalite (par encéphalite syphilitique décrite par MM. Lhermitte
etCornil) ni de c(!ux consécutifs à l’encéphalite épidémique.
Le faciès, comme nous l’avons dit, etle caractère intentionnel du spasme,
seraient plutôt à rapprocher de ce que l’on observe dans les syndromes
wilsoniens ou athétosiques. La lenteur de l’évolution et le caractère rela-
tivcmient modéré des symptômes et surtout la grande importance des
symptômes pyramidaux associés doivent faire rejeter également ce dia¬
gnostic.
Lu nisumé, il s’agit d’un cas d’attente difficile à classer dans leqiq-l il
est sinqïlement possible de préciser l’atteinte prépondérante du système
pyramidal, celh; moins marejuée du système strié, etle caractère progressif
de l’affection. Quant à la nature des lésions et à leur topographie exacU',
nous sommes réduits aux hyjïothèses. Peut-être ce malade est-il à rajqiro-
clnu' de ces ([indcpies cas rapportés de’' sclérose latérale amyotroi)hi(iue
à forme anormale.
X. — Syndrome Paraplégique cérébello-pyramidal progressif avec
thermo-anesthésie. Syndrome du cordon antéro-latéral, par
M.M. (hiARLEs Foix et Victor Valière Vialeix.
S’il n’est pas très rare d’observer des paraplégiques avec jdiénomènes
cérébelleux, il est moins fréquent de les voir s’accompagner de troubles
sensitifs présentant le caractènî de la dissociation syringomyéliqin'. Il est
certainement encon! moins banal de les voir comme chez notre maladi!
Iirésenter un caractère lentement progressif et un aspectdiffus sans limites
58
SOCIÉTÉ DK NEUROLOGIE
précises permettant d’affirmer le caractère de sclérose combinée pseudo-sys-
lémaiiqne dos lésions médullaires. Ajoutonsquecheznotro malad(!lamoelle
n’est pas s(îu1c en cause, puis{[u’il existe des troubles de la parole, que leur
caractère; doit faire rapprocluer des autres symptômes cérébelleux.
Obsc.rvalion : Il s’agit d’un malade de 54 ans hospitalisé au sanatorium de Bicôlre
pour bacillose pulmonaire.
Il a commencé à s’apercevoir des troubles de la marche en 1916. Il a ressenti tout
d’abord des simsations de faildesse dans les membres inférieurs, dérobements des jambes
assez fréquents, étant allés à plusieurs reprises Jusqu’à la chute. N’a jamais ressenti
de douleurs fulgurantes.
Pas de troubles sphinctériens. Le malade nie avoir jamais contracté de la syphilis.
Bordet Wassermann négatif dans le sang et le liquide céphalo-rachidien. On ne révèle
lias dans son histoire de maladie infectieuse à laquelle on pourrait rapporter le début
de la maladie.
Anlccédent.s : Phujrésie (ui 1911. .Marie : femme bien portante, 3 (;nfants,2 fils bien por¬
tants, 1 fdlo morte (m couches. Une soiur. Ne connaît pas do gens fie sa famille ayant
ou sa démarche. La malailie no présente flonc pas de caractère familial avéré.
Examen actuel :
Démarche : On est frappé tout d'abord par la dilliculté de la marche. Elle est lente,
hésitante, titubante festonnante avec élargissement de la base de sustentation. Cet
ensemble de symptômes paraît avant tout le résultat des troubles du système céré¬
belleux ; mais est aussi ilfi à l’atteinte du système pyramidal.
Symptômes pyramidaux : En effet :
Mulililé udtunlaire. Tous les mouvements sont possibles, mais les mouviunenls se font
sans force (d, sans agilité. Il existe une diminution de la forcf! de flexion des orteils, de
flexion du pied sur la jambff et (h; la jambe sur la cuisse. Au membre supérieur, la force
musculaire paridt moins id, teinte. Il existe i)articulièrement une fliminution au membre
supérifuir droit (le sujet était droitier). Les mouvements de la face se font bien.
Le taillis n’est pas extrêmement modilié, cependant il existe une certaine railleur :
llypertonii^ des mendjres surtout appréciable au niveau des pieds. La mobili.sation
du jiieil sur la jambe nécessite un véritable effort. L’hypiTtoniimic s’observe pas d’une
fayon habituelle au niveau île la cuisse. Elle a étéconstatée d’une façon intermittente
sous forme de véritables spasmes hypertoniques. ■ — l’as d’hypertonie des membres
'itéflexes : '
Réflexes tendineux : les réflexes du membre supérieur sont forts. Les réflexes rotu-
liens sont forts aussi, l’endaul leur l■echerche, on observe des secousses incessantes, sorte
de myosismies dans les muscles de, la cuisse et du mollet. A riqqirocher des crampes fré-
(luentes ([ue présente le malade.
Les réflexes nchilléens par contre sont très affaiblis des deux côtés ; il est possible cepen-
iiani, lie les mettre, en lumicre.
Le réflexe cutané plantaire se fait en extension des 2 côtés.
Le phénomène des raccourcisseurs est également très marqué. On [leut le provoquer
par une excitation remontant jusqu’à la partie inférieure du thorax.
Réflexes cutanés : Crémastérien ; aboli à dndte, très diminué à gauche. Abdominaux :
faibles. En résumé, le malade présente une, paraplégie spasmodiipio d’intensité moyenne.
Symptômes céréhelleux : les symptômes d’ordre cérébelleux que nous observons chez
notre malade portent sur l’équilibre, la coordination, la parole.
L'équiUhrc. — Nous avons déjà exposé le trouble, de la marche. Debout au repos,
le malade s’équilibre mal lorsipie ses |ueds sont ra|)procliés. L’occlusion des yeux
e.xagùre uettement le trouble de l’éifiiilibre.
Cuiirdinalion. - - La coordination des mouvements parait d’abord moins troublée
que ue le ferait croire la démarche. Gela s’explique par l’existence des troubles pyra¬
midaux ;
SÉANCE DU 5 JUILLET 1923
59
Aux membres inférieurs dans le mouvement « talon sur le genou », et « talon, fesse »,
oscillation une fois au but et décomposition légère.
Le mouvement « genou sur la chaise » est très troublé.
En résumé troubles de la coordination manifestes aux membres inférieurs.
Au membre supérieur gauche, on constate une légère adiadococinésic. Dans la man¬
œuvre «doitgsur le nez», on observe des deux côtés: un peu de dysmétrie,un peu d’oscil¬
lation ; une ataxie plus marquée. Dans l’épreuve de la préhension, la main hésite et
plane ; mais l’ouverture n’est pas franchement dysmétrique. »
En résumé, troubles plus légers du membre supérioTir caractérisés avant tout par
l’asynergic.
11 est à noter qu’il n’existe pas d’hypotonie ni de réflexe pendulaire.
Les troubles des réflexes de posture demeurent modérés. En effet, le réflexe postural
du jambicr antérieur paraît aboli à droite, est simplement diminué à gauche. 11 est diffl-
cile à différencier de la contracture réflexe du jambier antérieur, ébauche du phéno¬
mène du triple retrait.
Le sujet étant allongé en décubitus ventral, on peut facilement, par des mouvements
passifs de flexion de la cuisse, mettre en relief le réflexe postural au niveau des muscles
postérieurs de la cuisse.
Parole. — ■ La parole est troublée depuis environ un an. Voix un peu monotone mais
surtout embrouillée, rappelant quelque peu par son intonation l’aspect de la maladie
de Friedreich.
Troubles de le sensibilité :
Sensibilité à la piqûre bien perçue d’une façon générale. Pas de troubles ajjparents
de la sensibilité tactile. Pas de troubles nets de la notion do position. Par contre il
existe des troubles très accusés de la sensibililé lhermique allant en décroissant de la partie
inférieure à la partie supérieure du corps. La limite de ces troubles est imprécise, si
bien qu’on ne peut les résumer par un schéma mathématique. Les erreurs sont cons¬
tantes aux membres inférieurs et au tronc Jusqu’au niveau du mamelon. Au-dessus, la
chaleur et le froid sont mieux reconnus. Aux membres supérieurs, Icstroublessont moins
marqués et un peu jirédominants à la racine. Peut-être môme la face n’est-cllo pas
complètement indemne, car le malade ré])ond tiède pour un objet chaud. A ce niveau,
cependant, lachaleur et le froid sont constamment reconnus. Ces troubles sont complè¬
tement symétriques.
En ré.sumé, troubles sensitifs portant uniquement sur la sensiblité theriniq\ie et
allant en dégressant de la partie inférieure à la partie supérieure du corps, les membres
supérieurs ôtant très pou touchés. Malgré leur caractère dissocié, leÿ troubles do la sen¬
sibilité n’affectent pas la topographie qu’on observe dans la syringomyélie. Il n’oJfistc
pas non plus d’amyotrophie aux membres supérieurs, ni aux membres inférieurs.
Organes sensoriels : Yeux. — Pas d’inégalité pupillaire. Héflexes photo-moteurs très
faibles, mais existent. Réflexes à la convergence normaux. Motilité extrinsèque nor¬
male. b'ond d’œil normal, pas do névrite optique.
Oreilles. — Ouïe plus faible à gauche.
Pas do troubles sphinctériens.
Pas de troubles psychitpies.
Ni rire ni pleurer spasmodiques.
Nous pensons qu’on peut éliminer ici d’une façon ferme^malgré les carac¬
tères des trouilles sensitifs, le diagnostic de syringomyélie. L’absence
d’amyotrojiliie, la topograjiliie des troubles de la sensibilité, l’intégrité
relative de la région cervicale, l’importanc'e des troubles cérébelleux cons¬
titue un ensemble décisif et à cet égard. De même il ne s’agit certainement
yias d’une jiaraplégie par comjiression, ni d’une variété banale de myélite.
Nous pensons qu’on peut également de par l’aspect et la Lopograjibic des
troubles sensitifs, de jiar l’aspect aussi des troubles cérébelleux où le trem-
CO
SOCJI'TÉ />/■; MWmWGIE
?jlcrri(!nt no joiio qu’un rôhî très effacé, éliminer le diagnostic de sclérose
en pUufues. caractère progressif d(! l’afftiction, le fait que tout l’cnsem-
lil(! des troubles va s’(!xagérarit de la partie supérieure fi la partie inférieure
flu corps, fait porter ici le diagnostic anatomique de sclérose combinée, et
l’on peut s’(împêclie.r alors d’être frappé de la topographie! des lésions
qui réalisent un vérilahle sj/ndrome du cordon antéro-laléral. On observe
(;n eff(!t chefl', ce malade, des troubles pyramidaux, des phénomènes céré¬
belleux, dus vraisemblablement à l’atteinte du faisceau cérébelleux direct
et de Gowers, enfin d(!S troubhes de la tberrno-an(!sthésic,et l’on saitque les
libres de la scinsibilité thermique cheminent dans la moelle à la partie pro¬
fonde du faiscaeu de Gowers. ce point de vue, ce syndrome s’oppose au
syndrom(! de fihres longues ilu cordon postérieur de Dejerine caractérisé
par l’atteinte exclusive île la sensiliilité profonde. Notons cependant que la
sensibilité tactile est respectée dans niitre cas et que les lésions médullai¬
res ne sont pas les seules puisqu’il existe des troubles de la parole.
Th'ut-on aller ])1ub loin et faire entrer ci'tte sclérose combinée à type de
sjinilroinc. du cordon nnicro-lalcral dans un ordre nosologique classique. Il
nous semble ([iii' notre malade [irésente plus d’nn rapjiort avec ce que
l’on ol)serve dans le groupe des maladies familiales « I lérédo-ataxie, mala¬
die de b’riedreich, |)araplégie sj)asmodique familiale», notamment la mar¬
che lentemenl, jirogressive et l’association des troubles de la jiaroloauxsym-
])tômes médullaires, l’ar leur aspect même, ces troublesde la parole rajipel-
lent ceu.x que l’on voit dans le h’Tiedreich ou l’hérédo-al.axie. L’affaiblis¬
sement des réfle.xes achilléens n’est pas moins suggestif à cet égard. Et
d’autre paid, la topographie des lésions médidlaires dans l’hérédo-ataxie,
topographie ipii comme l’un de nous l’a montré avec .M. 'l'r'étiakof est
avant tout antiirolatérale etgonversienne, expliquerait ass(!Z bien, par une
(!Xtension en in-orondeiir des lésions, l’atteinte des libres sous-jacentes de
la sensil>ilité UH'rmi((ue. G(!])endant la notion familiale mancpie c.omplète-
ment chez notr'c malade, l't il est évidemm(!nt impossible, étant donné
surtout ([u’il ne réali.se actuellement aucun des syndromes classés, de la
rang(!r lerununent dans cette catégorie de faits. Le groujamient spécial des
symptômes réialisant le syndi'oim! du corilon aritéro-latéral, 8(! fondant
vraisemblablement sur la topographie des lésions médullaires constitue! donc
le princii)al intérêt de! (!ette pi'ésentation.
.XL — Syndromes Cérébelleux avec déviation spontanée de l’index
droit sans lésion à l’exploration chirurgicale du cervelet, pur
M.M. .\. MouLONUuroT et .L-H. l’iiîitHE.
Ohxcriialion. - F(!r... Vicloriiie, 41 uns, irn'üiiif'ên!.
( )l il,(! (IriiiLi! il(!|)iiis l’i\B(! (lo 10 ans, (''conleineiit inl,('rniiU(!iil, opérée pour uiio inus-
loï(li|,(! à l.ille, en 1913. Hetoiir d’un léj'er sninteinenl ilepnis 1917.
Eiiln! dans le service dn l)r Lerinoyez le I I avril 1923.
Sur l(!s indicai.ions suivantes : o^'plialêo Itéini-cranienne intense, insomnie, Kjfrers
vertif'es depuis liait jours, l’évideinent pê.tro-inastoïdien est dêcidi’!.
L’acouinôlrio donne nm: rorinnle de surdité très aecentnée d’oreille moyenne à ilroite,
SÉANCE DU 5 JUILLET 1923
et réprouve, do Barany dos réactions normales ot égales des deux côtés (30 contim. cubes
d’eau à 30»),
Le 13 avril, évidement pétro-masloïdien.
Le 15 avril, recrudescence des vertiges, sensation d’entraînement vers la droite,
léger nystagrnus spontané rotatoire dans le regard vers la droite. On pense à une
lahyrintliito subaignë ou à une sinijilc réaction du labyrinthe; apiilication de .sachets
de glace sur l’oreille.
Le 20 (wril. — Augmentation dos vertiges ; céphalée gravative, vomissements spon¬
tanés depuis deux jours. Le nystagrnus spontané a disparu, mais le nystngmus pro¬
voqué persiste intact.
Ce qui attire immédiatement l’attention, c’est une déviation spontanée de l’index
droit en dehors dans le geste de l’indication, ap])aru le 18 et qui augment(^ d’amplitude
non modilialde par l’éprenve de Barany.
La température se maintient entre 37,8 et 38, le imids ne dépasse pas GO, il lombe
souvemt à 54.
On décide d’(^xplorer le cervelet .
Le 21 avril. — Trépanation large (pièce de 5 francs) en arrière du coude du sinus.
L’incision do la duro-mèro permet aussitôt les constatations négatives suivantes:
Il n’y a pas d’hy[iertension intra-cranienno.
Le. cortex do la région céréholleuso découverte (loludes digastrique et semi-lunaire)
est normal d’aspect.
Cinq ponctions profondes à la sonde, cannelée, dans des directions différentes, ne
donnent aucun résultat. Suture de’la plaie opératoire.
Depuis, l’évolution a été marquée par des alternatives d’améliorations et d’aggra¬
vations passagères des céphalées, des vertiges et des vomissements, avec évolaiion
parallèle de la déviation spontanée de l’index.
La recherche des signes de la série cérébelleuse pratiquée presque chaque jour
a montré seulement de temps en temps une légère hypermétrie du bras droit dans le
geste du doigt porté sur le nez. L’examen du fond d’œil plusieurs fois pratiqué n’a ja¬
mais rien révélé do suspect. Le Wassermann est négatif dans le liquiile céphalo-rachi¬
dien et dans le sang.
Après trois mois, les troubles statiques ont régressé, mais demeurent très importants,
caractérisés par une latéro-pulsion droite combinée à de la rétropulsion. La déviation
spontanée de l’index persiste avec une amplitude modérée, elle n’est^pas modifiée par
les attitudes variées de la tête, ce qui exclut une origine otedithique. .,
Elle n'a pas non plus été modifiée par la réfrigération de la région cérébelleuse
sous-jacente, à la cicatrice de trépanation exidoratrice, après un jet de chlorure d’é¬
thyle pendant cinq minutes.
XII. — Abcès cortical 'du Cervelet sur toute la hauteur du lobe
digastrique, du sillon circonférentiel à la protubérance, sans
aucun signe neurologique autre qu’une hémiplégie alterne ter¬
minale, par MM. A, Moulonguet et J. -H. Pierre.
OusiiuVATiON. — • Gain... Eugénie, 37 ans, ménagère.
Envoyée d’urgence de Montreuil-sous-Bois, par son médecin, à la consultation du
Ü' Lermoycr, le 15 juin 1923, à midi 30. Examinée aussitôt par MM. Moulonguet et
Honsadicr.
Malade dans un état grave, paraissant très fatiguée. Depuis un mois souffre violem¬
ment de la tête, surtout autour de Toreillo droite ; depuis huit jours, insomnie, tempé¬
rature, 38,5-39“ et, plus récemment, apparition de vertiges subjectifs avec sensation
d’entraînement vers la droite. Pas de nystagrnus spontané.
L’examen de l'oreille montre une large destruction du tympan ; l’otite date de plu¬
sieurs années et donne un suintement très fétide.
L’acoumétrie établit une formule de surdité très accentuée d’oreille moyenne.
r,2 fiOCIÉTÉ DE NEUROLOGIE
L’i'proiive do Darany donne du côté droit après irrif'ation de 30 centimètres cube d’eau
à 22“ <los réactions vestibulaires beaucoup plus faibles qu’à gauche, mais de type nor¬
mal ; le lal)yrinthc n’est donc pas détruit.
La recherche dos signes de la série cérébelleuse est absolument négative. Aucun
troul)Ie segmentaire, ni dysmétrie. ni adiadoeoeynésie, ni passivité exagérée, ni dévia-
liuns spontanées. Pas de rnodilication des réflexes.
En l’absence d’indication précise d’inlerveiiir contre une infection veiiuoise, laby¬
rinthique on céréhellense, le D’ Moiilonguet nous demande de pratiquer le lendemain
un évi<lemeiit pétro-mastoïdien et une ponction lombaire.
L’évidenu'iit est effectué le lü juin au matin : un cholestéatome très étendu a
mis à nu le sinus qui est thrombosé. La ponction lombaire donne un liquide non byper-
temhi au manomètre de Claude, légèrement trouble : dans le culot de centrifugation,
on ne voit que des leucocytes non altérés, à prédominance (h; polynucléaires, sans germes
microbiens. Le taux d’albumin(! est de 30 ceni igrammes. Présence de sucre.
Dés le soir, grande amélioration, la température lond)e ; la céphalée et les vertiges
disparaissent. Même état le 17 juin. Un examen neurologicpie de contrôle ne révéle
aucun signe anormal.
Dans la nuit du 17 au 18, grand frisson, courbe thermique à 40 :
Le 18 au matin, ai)rés ligature préalable de la jugulains interne, nous dénudons le
sinus thrombosé jusqu’au golfe. Nous l’ineisons au niveau de son coude ; il sort une
demi-cuillerée à café de pus bien lié, et notre attention est attirée jiar l’issiu^ de petits
grumeaux blanchâtres ressemblant à de la bouillie do substance cérébrale. En elTet,
l’exploration prudente (d l’ouverture de l’incision avec un spéculum nasi montn^ une
petite poch(‘ intra-céréhelleuse just(i au niveau du coude sinusal.
La ponction lombaire pratiquée après ramène un lirpiide normal — pas de culot do
centrifugation — albumine : 20 centigr.
La malad(^ se réviùlle et paraît mieux à la contre-visite du soir, la température a
remonté vers 39“, céphalée violente, prostration.
Le lendemain 19, la prostration a augmenté, et on ohserv'e l’apparition depuis la
veille au soir d’une hémiplégie gauche alterne incomplète, c’est-à-dire avec paralysie
faciale périphéri(pie à droite, et avec aphasie.
IVl. Moulonguet (Uivisage la possibilité d’un abcès intra-cérébral associé et nous fait
explorer le lobe temporo-slihénoïdal par 7 ponctions à travers un orilice de trépanation
à distance de la cavité d’évidement. Après le résultat négatif de cette intervention,
on song(! à une [iropagation de l’infection vers la protubérance.
La malade ciitr(! progressivement dans le coma et meurt le lendemain à 10 heures.
Nous devons signaler l’apparition d’un nystagrniis vertical peu de temps avant la mort,
(piand le niahub! était plongé déjà dans le coma.
Autopsie. — Tout le long du trajet descendant du sinus latéral, c’est-à-dire un
peu au-dessous du graiiil sillon de Vicq d’A/yr, cervelet iirésente des lésions <le spha-
céle.
C’est donc une traînée longitudinale de nécrose qui s’étend depuis le coudi' jusqu’au
golfe sinusien,snr le bord antérieur du lobe digastrique jusqu’auprès de la jirotubé-
rance, sur une |irofondeur île 2 à 3 millimètres sur une largeur de G à 8 millimétrés.
Les lésions apparaissent plus importantes et probablement plus anciennes ou niveau
du coude du sinus, sous forme d’une cavité de la dimension d’une cerise.
On ne trouve pas de traces de méningite ni d’abcès vitra-cérébral.
De COS doux préscnlaLions, les coacliisions no peuvent être que négatives.
Dans le premier ras, nous voyons une malade ([ui se présente comme
une ciiréhelleuse tyiiiijue jiar rimportance et la permanence de ses troubli'S
statiques. La signification des déviations spontanées a été surtout ex¬
pliquée par Darany ; ce n’est pas ici le plan d’une discussion de fond sur
la valeur séniiologiipie de ce signe, 'l’outel'ois les vérifications (qiératoires,
SÉANCE nu 5 JUILLET 1!)23
quasi anatomiques du cervelet de notre malade rendent un diagnostic
précis extrêmement difficile; la déviation spontanée nous a fait localiser
un abcès cérébelleux qui n’existait pas.
Dans le deuxième cas, l’absence de tont signe neurologicpie, la présence
d’nn reste d(i réflectivité normale du labyrinthe nous empêchaient de
croire ferimiinent à um; complication ccréhellcuse qui existait cependant.
En peut-on déduire que des destructions presque limitées au cortex de¬
meurent muettes, et que les al)cès profonds, plus rapprochés des noyaux,
font apparaître; les signes proprement céréhellenx ?
Nous nous autorisons seulement à conclure :
1° Que; le diagnostic des abcès du cervelet demeure hérissé de difficultés
et ((lie la jirésenci; d’un symptenm; aussi précis qui; la déviation spontanée
(Kuit être; aussi trompieuse que son absence.
2°Ou(; rétudedeslocalisationscérél)(;lleuses m; [xmtêtn; conduite ([u’avec
um; (‘.xtrêiru' prudence.
XIII. — Etats vagotoniques grippaux, par M. Au.sTnnGEsiim (de Rio
de .Janeiro.)
(S(;ra publié ultérieurement comiiu' Irarail original dans la Bnuie
Neurologique.)
XIV. — Aphasie et Apraxie, par le Pr. A. AusTRECEsirm
(de Rio do Janeiro).
L’étude; de l’aphasie a pris un aspect nonveau depuis que Pierre Marie
a fait entrer dans les discussions s(;s doctrines, epu, hien (|ue révohdiein-
naires, me paraissent parfaitement cliniques.
Pour Pierre Marie et ses élèves^ l’aphasie estconstituée par la perte de la
faculté d’exprim(;r ses jiensées par la (larole ou l’écriture, ou par les gestes,
selon la vieille conception de Trou.sseau.
On peut résumer qu’elle constitue la perte de la faculté spéciale de la
parole, c’est-à-dire que l’aphasie est une perturhation intellectuelle de la
parole, sans délire, allucinations ou autre altération psychique ne se raji-
portant pas au langage.
11 y a toujours dans l’aphasie, qui doit être uniqueq intrinsèque, des
perturhations du langage; intérieur et déficit intellectuel sans démence.
La valeur de la conception de Pierre Marie est d’avoir dépassé la ques¬
tion sensorielle, telle que l’avait conçue Wcrnicke, qui, néanmoins, à créé
la conception juste et générale du sujet des ajihasies.
L’idée de Wernicke d’admettre une aphasie sensorielle doit être aban¬
donnée parce que la perte de la compréhension et de l’élaboration du
langage; ne; p(;ut jias dépendre; psychologiepiemeent de; la moindre altéra¬
tion des sens. L’idée de P. Marie qui admet à la base; des aphasies des
troubles irit(;ll(;ctuels mérite l’appui des cliniciens et des psychologues. Les
()(;rturhations intellectuelles et la localisation dans la zone de Wernicke
SOCIÉTÉ DE NEUROLOGIE
G1
constituent les points principaux de la nouvelle doctrine. L’abandon de
la région de üroca pour la localisation de l’aphasie motrice, la simplifi¬
cation qui autndois rendait les aphasies presque énigmatiques, le con-
ci'pt et l’addition de l’anarthrie à l’aphaxie intrinsèque, ou de Wernieke,
la localisation approximative d(i c(^tte anarthrie dans son quadrilatère^
ont permis d(î l'ormuler des ifhhîs ipii ont j)U paraîtr(^ révolutionnaires (ui
r(‘gard de c(\ tpii était classique en itiatièro d’aj)hasie.
La neurologie en b'ranciï a conl'irmé dans ses lignes générales les idé('s
du ])rofess(‘ur I*. Marie. En Allemagne, néanmoins, avant (;t aj)rès la
guerr(!, les idées iiouvelles françaises n’ont pas été acceptées et ([uehpies-
uues ont été critiquées par exemple par .Mayendorf.
Méci'inment h; ])iole8seur h’edor Krause démunira, jiar un cas, cpui la
zoiu' d(! Broca doit être conservée et (pie la localisation des imjtri'ssions
uiusicah's s(' trouve du ('(“ité droit dans la zone du latigagi*.
Eu analysant.des cas d’aphasie je suis arrivé à la conclusion (puî les
(pi(d(pies dévialions de la jiaroh? dans les ajihasies sont analogues nu tout
au moins jiresque pareilh^s aux perturliations iisyclKJmotrices des apraxies
décrites pai Liiqimann. yuand ci^t auteur approfondit la question des
apraxies traitées par Gogoll en 1873, il formule relativement à ce sujet les
idées h(s plus positives (d qui se retrouvent dans les travaux de sémiologie;
et jisyc.hologie ])sychiatriques.
L’apraxie est la faculté d’exécuter des mouvements par la perception
et la compréhension dc's ordres verbau.x (piand existe l’intégrité des voies
psyehos(;nsorielles et quand les objets sont n.'connus et identifiés. I. a pc'rt.e
d.‘ celti; faculté constitue l’apraxie.
.!<; ik; peux admettn; rass(;rtion classi(|uc (|u’il y a dans l’apraxie inté¬
grité de pere<;ption et compréhension des ordres verbaux. Je suis de l’avis
(h; Marii; et de Moutier (pii affirment, et ceci est confirmé par l’observa¬
tion clinique, qu’il n’y a pas de différence entre lesagnosies et l(;s apraxii's.
B(;rs()nne m; peut av(;c sûn;té prouv(;r l’intégrité de la compréhension
dans les apraxies puisque ces (lernièr(;s existent habitu(;llement chez les
déments précoces, les paralytiipies généraux (;t l(;s déments séniles, chez
le.s([uels les processus idiiatifs sont troublés à la base. Cela paraît être
un (umeept purement théorique.
J(; sais bien ipie ce n’est j)as une nouv(;auté (h; nicoiinaitrc des nilations
entre l’apraxie et l’aiihasic. Liepinann, Diqu-é, .Monakow, llolland(;r
Claud(‘, Ballet, .Marii* et bien d’autres ont déjà traité ce sujet.
Ce que je crois néanmoins c’est, ainsi que certains le pensent, ipi’il y a
identité et non sinqile concomitenci; (l(;s deux syndromes. Tout aphasiijiu;
(;st a[)raxi(pie, bien que tout apraxique m; soit pus uphasiiiiie.
Le déficit intelhîctui;! spé(;ial des aphasi(pi(;s ress(;mhle beaucoup aux
jihéiioinènes décrits dans l’aiiraxic. L’aphasii; peut se résum(;r ainsi,
c’est ra|)raxi(! idéative ou idéo-motrice de la [larole, jiarce que l’apraxie
et les agnosies sont des syndromes ayant uni; grande r(;ss(;mblanc.(; (Jiniqiie.
L’a[)raxie est l’incapacité d’exécuter des actions ou des actes sans (pi’il
y ait altération de la fonction musculaire, et ceci jiar inaïupu; de la /uemn/e
SÉANCE DU b JUILLET 1923
65
psychiqiK' du nunweinenl ou, comme le résume Dejerine, l’apraxie n’est
ni une perturliation sensorielle ni une perturbation motrice proprement
<lite, mais liien une perturbation idéative ou idéo-motrice.
Nous avons déjà vu ce qui selon Marie constitue l’aphasie.
Dejerine dit que les agnosies s’associent habituellement aux apraxies et
aux paraphasies. Dans ces dernières, les phénomènes apraxicjues se mani¬
festent avec frequemee, coniiiK! on le nmiarqiKî dans les observations enre¬
gistrées par José Osorio dans sa thèse et dans lesquelles on trouve
l’épreuve des « trois papiers » de Pierre Marie'.
Le déficit intellectuel des paraphasiques est responsable d’après les
vérifications apraxiques.
Le malade que j’ai eu l’occasion de soigner dans mon service de l’hôpital
national des Aliénés et dont l’observation a été publiée par le Dr. E.
Lopez dans sa thèseï confirme cette assertion.
Aphasie et apraxie ne sont pas synonymes. L’apraxie est beaucoup plus
étendue, elle comprend des phénomènes psychopathologiques plus nom¬
breux, tandis que l’aphasie est limitée dans le cadre du langage.
Ilollander dans son travail sur cett(' question dit que apraxie et
aj)hasi(! sont constituées par la perte des images-souvenirs, et que les
deux sont des altérations întellectuelles. Elh'S s’identifient habituellement.
Dromard et Pascal, qui ont publié un résumé très intéressant et complet
sur l’apraxi(‘, n’ont pas bi(m saisi le thème parce qu’ils diagnostiquent
entre l’apraxie et la surdité V(!rbale, ([ui, selon Pi(!rre Marie, n(; doit pas
exister. Il n’y a pas de surdité vcrliale, vraie ou pure, parce que l’a¬
phasie; n’est pas un phénomène des sens, mais intellectuel.
Il n’est pas rare (h; rencontreer la concomitance «les phénomènes apra-
xiques et aphasiqiuis. Ainsi Magalha-'s Lemos a communiqué un cas
d’apliasie de Wernicke et d’apraxie idéatoire avec lésion di^ lobe temporal
gauche. >
Le malade ne savait plus se l)ross«;r h;s «h'iits, étant grand fumeur il ne
pouvait plus roidcr une ciganstte ; ne pouvait plus écrire et est devenu
incaj)able. de s’habili(;r.
Eoix, dans une communication à la Société de Neurologie de Paris
(1916), dit(fue l’aphasique atteint d’apraxie idéatoire présente un aspect
un peu spécial. « Quand il parle, entn' haut et bas, son regard vague et
comme arrêté lui donin; un faux aspect d’ébriété. »
•le crois cette particularité difficib; à reconnaître parce que dans les cas
d’aphasie de .Marie, l’épreuve des « trois papiers » et celle de l’exécution
l)rofessionn(!ll(! (léniontr(;nt l’apraxie.
L«! pnmiier malade chez lecpud pour la premièn' fois ici à Rio j’ai diagnos-
ti«[ué l’a[)raxi(' était aphasiepu; et hémijilégi«pie. Tous mes malades apha-
si(|ues présetiLent des symptômes aprari/pics.
.le ne, veux |)as rapi)«d<;r ici hïs observations d'aphasie de. mon service
de l’Hôpital di‘ la Miséricorde, mais les ])reuves démonstratives du déficit
mental des a])hasi([U<;s confirment celles de l’apraxie.
Tn'is réccmmi'nt, à la consultation des maladies nerveuses de l’hôpital
SOCIÉTÉ />/•; NhWUOLOaiF.
do la Miséricordo, j’ai pu surprendre chez un artérioscléreux cérébral des
phénomèruis de paraphasie et d’apraxie idéatoire et idéomotrice caractéris-
ticiues qui donnaient au malade un aspect de démence complète.
On peut donc démontrer, bien qu’avec peine, les faits cliniques dont il
est parlé plus haut.
.Je parle comme clinicien et non comme anatomo-pathologiste. Les
propres chercheurs anatomistes de l’apraxie ne sont pas encore parvenus
à être d’accord sur la localisation anatomo-pathologique du syndrome
exploré par Liepinann. On a décrit des lésions si étendues et différentes
que j’ai le droit de douter que le corps calhïux soit le siège physio-patholo¬
gique de l’apraxio.
En résumé : 1° L’aphasie, l’apraxie et l’agnosie sont hahitucllement
réunies.
2° Les épreuves employées par Pierre .Marie pour démontrer le déficit
mental des aphasiques mettent en évidence la concomitance de
l’apraxie.
3° Je crois tout aphasique apraxique mais non tout apraxique aphasique.
4° L’aphasie paraît être une apraxie agnostique du langage et est cons¬
tituée par la perte de l’intelligence spéciale de la parole.
5° Les localisations anatomo-pathologiques de l’apraxie ne sont pas bien
déterminées.
6° Les ol)S(!rvations relèvent avec fréquence les symptômes d’apraxic
chez les aphasiques (d dérnontnmt suffisamment les principes que nous
soutenons ici, c’est-à-dire qu’aphasiques et paraphasi([ues sont des cas
de véritable apraxie de la praole.
liirtLIOGnAPHIE
Dmomahd cl Pascal : Apraxie. Presse Médicale, 1909.
IJlî.iHiUNH : Sémiologie des afiections du .système nerveux, 1914.
P. Maiiie : /.a pratique Neuroiogique, Paris, 1911.
F. Moutikii : L'aphasie de liroca, Paris, 1908.
E. Lochs : Coniribuiçâu uo estudo da apraxia. Téso. llio, 1910.
Breno Muntz de Sou/.a : A evoluçâu da doutrina da ajasia. T6sc. Bio, 1908.
José: OsoHio : Da parajasia. Tése. Hio, 1916.
N. V. Mayendoiu' ; Die aphasischen Symptornen. Lcipsig, 1911.
Magaliiaes Lemos : Société de Neurologie. Sessâo de 11 junho de 1914.
G. Foix : Contribution à l'élude de l' Apraxie idéomotrice, etc. Société de Neurologie,
3 fév. 1910. IL Neurologique.
J. Lrivr Valensi : L'apraxie. Progrès Médical, 1910.
Mattirolo : Semeioloyia dette Malallie Nervose. Torino, 1910.
XV. — • Sur les Neurorécidives msrcurielles, par M. Austregesilo
(do TJio de Janeiro).
XVI. — Les Radiculites de la Lèpre, par M. vVustregesilo (de Hio
de Janeiro).
SÉANCE DU 5 JUILLET 1923
67
XVII. — Léthargie intermittente traduisant l’existence d’une
Tumeur du III^ ventricule. — Observation anatomo-clinique,
par André Thom vs, J. Jumentié et Chausseblanche (Travail du La¬
boratoire de la Fondation Dejerine).
Le 12 août 1922, il était donné à l’nn de nous d’examiner pour la première fois
la malade dont nous rapportons l’observation complète, ayant pu reconstituer les
débuts dosa maladie, en suivre de loinen loin l’évolution et ayant assisté à sa termi¬
naison à l’hôpital Saint-Joseph en mars dernier.
Madame M... , lors du premier examen, présentait une crise de narcolepsie, durant depuis
quelques jours, dont l’apparitkm avait été précédée do céphalées et de vomissements.
Pour la 3' fois elle se trouvait plongée dans cet état.
Ses paupières étaient complètement fermées ; le sommeil était incomplet, il s’a¬
gissait plutôt de torpeur dont on pouvait tirer la malade par des questions impérieuses
répétées ; elle répondait alors, mais sa voix était basse et inintelligible, elle parvenait
ô entr’ouvrir les yeux si on insistait et n’accusait pas de diplopie. Elle ne présentait
aucune raideur de la nuque ni des membres. Les réflexes tendineux étaient normaux.
L’hypothèse d’une rechute d’encéphalite léthargique venait tout de suite à l’esprit,
rendue cependant peu probable par l’absence d’hypertonie musculaire et do myo¬
clonies.
Revue neuf jours plus tard, la malade était très améliorée, complètement éyeillée,
elle causait normalement, se plaignant seulement d’une sensation de brouillard devant
les yeux datant déjà de plusieurs semaines et de diplopie remontant à quelques jours.
Los mouvements oculaires n’étaient cependant pas limités, il n’existait pas de nystag-
mus. Les pupilles étaient égales mais peu mobiles. Un examen oculaire fait par le
D' Joly montrait un fond d’œil normal.
L’interrogatoire et l’examen des documents cliniques en la possession du mari
permettait de reconstituer ainsi les débuts do la maladie.
Ils sont assez imprécis ; ils paraissent remonter à la fm de 1920 : céphalées fréquentes,
somnolence à exacerbations épisodiques, lassitude insurmontable, cessation des
règles.
Le 15 mars 1922, dix-huit mois environ après le début, Madar^e M... était prise
subitement d'amnisie portant siirlout sur les acquisitions et les actes récents ; en
même temps elle présentait de ladijsarlhrie, un état de somnolence profonde. Une ponc¬
tion lombaire demandée par M. Sicard qui vit la malade à cette époque donnait issue
à un liquide présentant do l’albumine en excès (0,75 centig.), une légère polynucléose.
La réaction de Bordet-Wasserman était négative dans ce liquide et dans le sang. La
possibilité d’une p. g. p. se trouvait ainsi écartée. A l’examen du fond de l’œil, pas de
stase. Au bout de cinq à sixTours, la dysarthrie disparaissait ainsi que l’amnésie, Ja
somnolence seule persistait mais peu marquée et intermittente, on notait un manque
de goût au travail et do l’indifférence.
Le. 14 juillet, réapparition de. la céphalée avec vomissements et de la somnolence qui
redevient profonde. Un traitement par le mercure et l’arsenic est institué par le
Dr Foix qui voit la malade à ce moment. L’amélioration est rapide mais de courte
durée puisque c’est le 6 août que se produit la troisième crise de léthargie au cours
de laquelle il a été donné à l’un de nous do l’observer.
Il semble que dans cotte troisième crise, la vue déjà un peu troublée se soit considé¬
rablement amoindrie surtout pour l’œil gaucho ; cependant l’examen ophtalmosco¬
pique restait négatif.
En septembre 1922, quatrième accès do somnolence accompagné cette fois de hoquet,
de vomissemcnls et de céphalées. M. Sicard qui revoit la malade ne constate aucun signe
de parkinsonisme ; la radiographie montre une selle turcique normale ; le liquide cépha¬
lorachidien contient de l’albumine en excès (1 gramme). Toujours pas de stase à l’exa¬
men ophtalmoscopiquc.
Le 12 octobre. Madame M.., revue par nous, est relativement bien, elle n’a plus de
SOCIÉIÉ DH NEUIiOLOOlE
CiS
ciiplinléi^s ni iln niirci)l(‘|)sii', clic sc [iliiinl siirlunl de bais.se de la vue : un nouvel examen
oculaii'i^ iiinnLrc nno rhbiclUm cumUiéruhle de l'acuilé visuelle de l’œil droit (1/10), un
alTaihIissenicnt inoiniln^ du gauche (4/10), mais ijurlunl surluul sur la moilic temporale.
Plus d(^ diidoi)i(n ; >. ,,.4
ha malade a remarqué que depuis 2 mois, elle a pris de V(‘inboupoinl,vUo a de la pnly-
dipsie, elle doit sc relever la nuit j>onr boire ; son appétit est également augmenté.
Mlle a de la polyurie. Pas de raideurs, ]ias d’hypertonie.
M. liabinski qui la voit à ce moment [)ens(! à l’existence d’une tumeur et demande
un nouvel examen oc\daire. Il est fait par le D' Cbaillon qui constate une baisse de
l’acuité visuelle encore plus accentuée (O. I). moins d’un dizième, O; G. 1/10) ; les
jiapilles sont légèrement décolorées et t’aspecl rappelle celui de la névrite rélrobulbaire.
Vers la lin de janvier, l’état est s(msiblement le môme, aucune modification des
réflexes tendineux, pas de signe de liabinski, la vessie est un peu inconlinenle et les
besoins sont impérieux.
l.e, 21 février, la malade retombe dans une crise lélharyupie. (la sixième) ; elle est
comparabb' à cidle du mois d’août ; nos questions pn^ssantes arrivent à la tirer do son
sommeil, elle est un peu dysarlhrique. Pas de tem[)érature, le pouls est à 00. l.e relâclie-
rnenl des sphinclers est complet. La respiration a un rythme irréguli(!r {tendance aux
poses). La mobilisation [lassive des membres supérieurs révèle un peu de raideur dans
les muscles fléclnss(uirs (d extenseurs de l’avant-bras et dans la nuque. Ebauche de signe
de Habinsici à droite. L’alimentation est très diflicibi par suite d(! la dysphagie.
Cet état s’aggrave les jours suivants ; le somrnidl est plus profond, la raideur des
membres supéri(uirs augmente, les réflexes tendineux des membres inférieurs sont plus
vifs qu(- ceux des supérieurs ; signe de Babinski bilatéral, réflexes de défense par pince¬
ment du dos du pied. Le, pouls s’accélère (90), la température est à 38“ ; les sphincters
soid relâchés. La railleur du cou augmente, les déplacements de la malade nécessités
par les examens provoquent di; petits états lipothymiques.
Le 27 février, l’état s’améliore, la m dade parle, elle, se sent bien mais les muscles des
membres supérieurs restent hypertoniques, et il se produit des mouvernenls involon¬
taires pre.sqne rylhmés des épaules qui s’élèvent en môme temps que les avant-bras
s’étendent sur les bras et ([u’une inspiration profonde sc produit. La malade sent è ce
moineut une sorte de frisson lui parcourir tout le corps.
Le 1'"' mars, après une nuit lie douleurs violentes dans les épaules et il’agitation, la
torpeur redevient profonde ; la raideur du cou et des membres augmente, les mouve¬
ments spontanés involontaires des épaules continuent, la malade, est transportée à
riiôpital Saint-Joseph dans le service du Dr Dendu où nous la suivons jusqu’i'i scs
derniers moments, elle est dans nu état voisin du coma ; la tenqiératuro est à 37“2,
le pouls à 90, la respiration est ra|iide; les piqiilles sont en myosis. Des excitai ions
vigoureusi's de la partie latérale du thorax font entr’ouvrir ([indiiues secondes les yeux
les pupilles sont plus larges mais les réactions à la lumière sont abolies, le réflexe cor-
néen fait défaut.
L(!s réflexes cutanés abdominaux sont faibles, les réactions pilomotricesiieu accusées.
Les réflexes tendineux sont sensiblement normaux.
Le signe de Babinski est bilatéral.
La sensibilité ne peut être utilement étudiée étant donnél’élatd’obnubilationdc la
malade, ; il existe uni' large brûlure au mollet causée par une bouillotte.
Le 0 mars, l’état est tout â fait comateux, le jiouls est incomptable ; la rigidité des
membres est très grande. Le liquide rachidien examiné, ne s’est |ias sensiblement mo-
dilié, il présente du sucre à l’examen direct(pas de dosagc);il renferme 0,75 ceng. d’al-
buniiiie ; lymphocytose légère.
La mort survient le lendemain sans que la malade ait repris connaissance.
E.ramen aiudoinique.
Le cerveau présente UTi léger degré d’œdème et les circonvolutions sont un peu
aplaties.
Le pie-mère est légèrement épaissie surtout au niveau de lu base du cerveau dans la
région chiasmatiiiuc.
Sf:ANCE DU 5 .JUILLET 1923
fiO
La selle lurciqiie et l’hypophyso sont normales.
A la base, il existe une saillie tlo la région r6lro-cliiasmaliquo,intor-caroU(lionrio et
du liiber cinereum ; les lubercules mamillaires no sont pas visildfs, voilés par l’épaissis¬
sement pic-mérien (lig. 1).
Une série de coupes vortico-transversales du cerveau montre une ililatation des ven¬
tricules latéraux, surtout du gauche, une dilatation de la cavité du septum lucidum ;
un élargissement des trous de Monro, le gauche étant en partie fermé par l’accolemont
d’une membrane, saillante et tendue située dans le ventricide moyen et sur laquelle
nous reviendrons plus loin.
Fig. 1. — Région inlondibulairo basilaire. I, iiifundibulum saillant. II. Nerf optique gauche au
voisinage du chiasma. B. tronc.
La paroi des ventricules dans leur partie postérieure (corne occipitale) est irrégulière
et l’épondyme est rompu par places. Sur la paroi externe du ventricule latéral gauche
existent des proliférations épenUymaires, les unes revêtant l’aspect de granulations
miliaires, une autre assez volumineuse formant une véritable tumeur muriforme
mais transparente comme les granulations isolées.
Le ventricule moyen apparaît sur ces coupes largement béant, il est lui-mème très
augmenté dans toutes ses dimensions : sa ])aroi antérieure afllcure au-dessus du chiasma
qu’elle refoule en avant. 11 contient une tumeur en forme de chou-fleur dont les diffé¬
rents lobules sont sessibles ou pédiculés formant plusieurs centres néoformatifs : cette
tumeur est de couleur blanche, elle est d’une, façon générale assez libre dans la cavité
ventriculaire dont elle n’occupe guère que la moitié ou les trois quarts antérieurs.
Ses adhénmees à l’épondyme se font surtout sur les parois antérieure et inférieure
(fig- 2)-
Au pourtour du ventricule dans la substance cérébrale se voient des kystes revêtus
d’une membrane épendymaire, souvent assez volumineux et communiquant, certains
du moins, largement avec la cavité du troisième ventricide. Leur paroi est irrégulière
et ridée.
Les plexus choroïdes du voisinage sont normaux. •
Sur la paroi postérieure du ventricule, que lu tumeur n’atteignait pas, est déposée
70
SOCIÉTÉ DE NÉUltOLOGIE
une subsLance d’aspect iniicopuriilent, niilleineiiL adliérorite, vt'rilable exsudai de cou¬
leur jaune verdâtre.
Fig. 2. — 3® vontrioide ouvert, avec lobes do la tumeur éveisé. Kyste )iara-ventriculaire.'K, kyste
liaraventriculaire. T, T’. Tumeur. V. 3. Ventricule moyen.
Aspect microsnipicpie : 1“ I.a lumetir présente dans son ensemble partout la môme struc¬
ture et il nous sulTira d’étudier un de ses bourgeons, ehacun est parcouru de .sa base
Fig. 3.‘ — Aspect liistologi(|ue de ropilliélnim île la lumeui dai s le zones pén'pliéiiiiues
Couolio libro-gliouso sous épendymaire et infiltration leucocytaire.
SÉANCE DU 5 JUILLET 19'23
71
vers son exlr6mit6 libre par iin axe cnnjonclivo-vasciilaire. Le tissu conjonctif est
surtout abondant à la base et il l’est particulièrement autour des vaisseaux.
Séparant cet axe de la couche épithéliale qui forme le. revêtement des bourgeons,
■e trouve une couche do tinsii néi’rnfjliqiie, réaeaw fibrillaire à mailles fines avec quelques
cellules gliales. Celte, couche est surtout développée au niveau de, l’extrémité libre du
bourgeon, si bien ipie certains dcceux-ci, coupés transversalementà ce niveau, paraissent
dépourvus d’axe conjonctivo-vasculaire.
Il existe au niveau du traoLiis conjonctivo-vasculaire une inlUlriilinn lijmphocylaire
très abondante, diffuse ou iiérivasculaini, assez irrégulièrement répartie, n’occupant
[larfois fpi’un secteur de la circonférence du vaisseau.
Les vaisseaux ne sont jias oblitérés ; leur paroi a peu réagi. Il n’y a pasd’hémorragies.
Le revêtement du bourgeon néo[dasique est formé par une couche épilhélUdc à as|icct
slralilié rappelant celui de l’é|jilhélium Mal|iighicn ; les cellules les plus périphériques
deviuiant a[ilaties (voir lig. 3). Il n’existe pas de glohi's épidermiques. En certains
points, dans le centre d’une paiiille, au milieu du tissu conjonctif ou névroglique, on
voit un enclavement épithélial.
En lin en certaines régions de la tumeur existent dcsplacesdc forme assez irrégulière,
remplies d’une mihsluncc amorphe d’aspect colloïde, tantôt uniformément teintées,
tantôt paraissant creusées de vacuoles ovoïdes plus claires; en d’autres points, cette
substance raréfiée s’est condensée en gouttelettes plus ou moins abondantes ; il semble
bien s’agir là d’un processus de désintégration.
2° Paroi veniriculaire. — L'épithélium est variable, d’aspect desquamé par places,
proliféré et stralilié en d’autres avec <les bourgeonnements microscopiipies. Les cellules
se. colorent souvent moins bien ; certaines sont vésiculeuscs surtout dans la portion
postérieure du ventricule.
La couche sous-épeiidymaire présente une prolifération névrogliipio Jiar places, elle
contient en outre un tissu conjonctif abondant disposé sous forme de grandes lames
fibreuses entre lesipielles sont inliltrés de très nombreux lymphocytes. Les vaisseaux
sont souvent dilatés mais la paroi n’est guère éjiaissie.
L’exsudât contenu dans le fond du ventricule est constitué par des cellules des-
quamées souvent vésiculeuscs.
3» Il existe dans le tissu nerveux avoisinant , des feules qui ont la même structure
générale : tissu (mnjonctif, tissu névroglique, éi)ithélium i)roliféré. Au voisinage de ces
f(mLes, même à une certaine distance, se trouvent parfois des vaisseaux entourés de
manchons lymphocytaires. if
4" Kijsles. — Certains sont le siège, d(> proliférations à Lyp(' chou-fleur, d’autres ont
Un revêtement épithélial simple, d’autres enfin n’ont jilus d’épithélium.
5» Tissu nerveux du luber: Dans l’une des parois, on retrouve les différentes cellules
<le l’infiindibulum ; le noyau paraventriculaire dans hupud une fente s’est développée
présente des cellules très lésées, globuleuses, avec un noyau fermé, présentant parfois
même des noyaux multiple^ (neuronophagio), d’autres enfin sont granuleuses.
()“ Les granulations miliaires et la i)etite tumeur du ventricule latéral i/auche sont cons¬
tituées uni(|uemeut par une prolifération du tissu névroglicpie, qui a fait éclater l’é.pi-
Ihéliurn épendymaire eu certains points ; de, très belles cellules névrogibpies sont massées
à la périphérie de ces hyperproductions glieusi'S.
7» L’aqueduc de Sylvius est dilaté dans son extrémité supérieure, et irrégulier, par
l)lac(^s, il existe une multiplication de l’éiiendyimqen certains points il s’enfonce sous
forme de frang(^s daiisle tissu nerveux du voisinage; on troin e des boyaux épendymaires
isolés. En d’autres endroits <le la cavité, on constate du tissu névrogliipie très dissocie
avec de belles cellules araignées, au milieu de c.e tissu se voient des éléments épendy¬
maires isolés.
8“ Les rnéninyes au niveau même de la tumeur, dans la région avoisinante et même
au niveau des circonvolutions plus éloignées, sont légèrement épaissies et infiltrées.
9» Les nerfs opliqiies ont des gaines conjonctives |')lus épaisses, à noyaux plus nom-
breiix ; les gaines de myéline des libres nerveuses du chiasma se colorent normalement.
10» \/hypopliysB (^sl normale.
73
Hor:if:Tf: de \euhoeogie
I. — Lo talilcan rliiii(nic pivsciiLt- par notre itialadc osL assez parlicii-
liiu' po\ir r('t('nir raLLeiitioii.
tVest tout (l’al)or(l révolution par crises avec, jxjriodes intercalaires
durant l(!S(iuelIes l’état do la malade, sans être absolument normal, lui
permettait de reprendre son existfuice lialdtuelbu
(l’est imsuite la nature de ces eris(“s qui se présentaient sous la forme
d’accès d(^ narnilepsie. succédant à queUpies heures de céjjhalée intense ou
accompa^'nées par elle sans que l’examen pût révéler d’autres symptômes,
si bien (pie le diagnostic d’encéphalite à rechutes venait naturellement à
res|)rit et n’était infirmé que par l’absence d’hypertonie musculaire et de
myoclonies.
(le diagnostic au cours de la dernière crise avait été à nouveau discuté
du fait do l’apparition d’une rigidité notable dvîs membres supérieurs et
de mouvements involontaires d’élévation des épaules accompagnant une
inspiration forte et se reproduisant av(!c un certain rythme.
La première crise mênu' avait débuté par une arnruisie subite et accentuée
(pii jointe à une très grosse dysarthrie et à l’état de somnolence de la
malade avait pu taire penser à la i»ossibilité d’une p. g. p. possible, hypo¬
thèse ([lie l’e.xamen du liquide céphalo-rachidien et l’évolution régres¬
sive rapide avaient permis de nqiousser.
Le syndrome iritundibulaire typique ne s’est constitué que plus tardi-
VenuMit dans le c()urant d(‘ la année et encore est-il resté assez frustre
et variable.
La stase papillaire a fait défaut pendant toute l’évolution et a empêché
de ])orteravee certitude le diagnostic de tumeur de la région infundibulair(^
La baisse de la vision, sans lésions ophtalmiipies, avait toujours retenu
notre attention, jamais on n’avait signalé d’hémianopsie bitemporale ;
à un examen cependant il a été noté dans un œil, où la vision était mieux
conservée (4/10), une baisse de l’acuité portant surtout .sur la moitié
ti'inporale. Lnfin, M. (lhaillou qui fit le dernier examen rajiprochait
l’aspect des |)a|(illes de celui de la névrite rétrobulbaire. J1 est intiiressant
de signaler (pi’ici, où la dilatation du 111" ventricule, eu jiarticulier du
réeessus optiipie était si forte, il n’a jamais été constaté de stase papillaire.
L’est au cours des jioussihvs successives que se manifestèrent les signes
de compression des voies [xVlonculaires, dysarthrie, d’abord, puis tout à
fait à la dernière crise, exagération de la réflectivité tendineuse, mouve¬
ments de défense, signe de Ilabinski bilatéral.
II. — Notre (ixamen anatomicpie montre qu’il s’agit d’une tumeur épi¬
théliale du UN ventricule à point de départ épendyrnaire. Kn se nqiortant
aux cas antérieurement publii's, on est frappé par les caractères vraiment
fixes de ce type de tumeurs dont lastructure histologique réiiond tupielques
détails [irfis à celle que Boudet et Clunet ont (hmiuse en 1010 dans leur
étude sur les tumeurs épithéliales primitives de l’encéphale.
A la lecture des observations de Douty 1885, Seiko 1891, Mott et
Barrat 1899, Saxer 1902, Ifenneberg 1903, Cestan 1906, Bregmann et
Steinhause 1907, Mackay et Bruce 1909, Clamh' et Lhermitte 1917,
SÉANCr: DU 5 .JUILLET 1923
73
Français ot Vornior 1919, Glaïulc et Sclux'ITer 1920, Lereboullot, Monzon
ot (iatliala 1920 et à l’examen des pli otopjrapl lies et dessins contenus dans
les mérmdres de ces différents auteurs, on est frappe par la rcsscmlilance
de ces tumeurs.
Dans notre cas personnel nous noterons :
lo Que la tumeur ne remplissait pas toute la cavité du III® ventricule,
alors que dans la majorité des observations elle en fait disparaître la
lumière au ])oint de paraître même infiltrée dans le tissu nerveux avoi¬
sinant, en particulier dans les couches optiques.
2® Les formations colloïdes étaient très discrètes, révélées seubunent par
l’examen histologique, alors (jue dans certaines observations elles prennent
un développiunent très important au point qu’elles ont été considérées
comme un véritable produit de sécrétion. C’est ainsi que dans un cas inédit
observé par M. Babinski et l’un d(î nous, ces masses colloïdes formaient
des kystes volumineux dont un se prolongeait jusque dans la portion
orbitaire du lobe frontal. Chez notre malade, elles donnaient l’impression
de petits îlots de dégénérescence cellulaire.
Il est un point un peu particulier de, notre description histopathologique,
c’est l’abondace de l’infiltration lymphocytaire que l’on retrouvait non
seubnmmt dans les axes conjonctivo-vasculaires, mais encore au niveau
d(î l’épendyme V(mtriculaire, là où la tumeur n’existait pas, et en particulier
dans certaines formations kystiques para-ventriculaires. L’irrégularité
de la répartition lymphocytaire au pourtour des vaisseaux est vraiment
curieuse.
Les proliférations du ventricule latéral gauche que l’on aurait pu être
])nrté à considér(n' comme des métastases, ou tout au moins comme un
processus d(! tnême natun! ipie la tumeur infundibulaire, ne sont en réalité
que des lésions d’épendymite ebronitiue, comme nous en avons signalé déjà
dans une observatir)n d(! tumeur du ventricule latéral (J).
L’infiltration lymphocytaire de la pie-mère et son épaississement non
seulement au voisinage immédiat du tuber et à son niveau, mais encore sur
les circonvolutions cérél)rales avoisinantes, sont aussi à signaler comme des
faits intéressants. Ils peuvent nous explicpier la réaction cellulaire observé<'.
dans le liquide céphalo-rachidien.
Fnfin r('xamen du tuber cinereum nous a permis de constater des lésions
cellulaires avancées du grou])e jtaraventriculaire, ce qui vient en confirma¬
tion des travaux de MM. Laitius et Boussy sur le syndrome infundibulaire,
l’hy])ophyse paraissant norniah^ chez iK)tre malade.
XVI IL — Cécité à marche rapide avec stase papillaire modérée.
Mort dans le coma avec contractures intenses et généralisées. —
Foyers multiples d’encéphalite intéressant les radiations optiques
^l) Gliome inflllré du lobe lempon l droil mjanl envahi la corne du venlricule lalcrul
correspondanl : épendymile granuleuse des cuvilés v( ntriculaires. Andhé Thomas cl
.1. .luMENTiÉ. Heu. Neurol., ilécembro 1922, p. 1525.
74
SOCIÉTÉ UE SEVHOI.OCIE
des deux hémisphères, par Rochon-Duvignaud,.!. Jumkntiio et Va-
MÈKi'; ViAi.KLX ('l’ravail du Service ophlalinologi(|ue de Laeimec et de
la l'’ondaLioii Dc-jerine.)
Nous avons l’honneur d(î i)rés(uiter à la Société l’histoire clini(|ue suivi(î
d’(‘xatn('n anatomique d’une malade ({ui était venue nous consulter pour
une. cécité brutale avec stase papillaire.
Les lésions cpii avai(mt déU^rminé c(!S troubles visuels (d ([ui (mtraînèrent
la ttiort d<i la malade consistaient comme l’ont montré les examens anato-
mopathologi(pies ))ratiqués i)arl’un de nous, en foyers d’imcéphalite multi-
l>les préilominant dans rhi‘misphèr(; gauchii l't ayant int((rromj)u des deux
côtés des radiations opti([U('s.
I.e II) innrs 1022, se ])résent.'ül à In consiiUaliiiii de I.iiennee 1\1”" Ler... S., ;1f;6e
de 22 !uis, pour mie (•(•rili; lalulc et. rcipiile des deux yeux. — Kii elîet., e'esl, dans la
journée du 10 mars {4 jours aujiaravanl) (jiie la vue de l’mil fîaiielie s’esl perdue
complèlemcnt et subitement. 2 jours après, perte aussi rapide de la vue de rudi droitt
si bien qu’à son entrée le 1.3, l’on constate ;
V = O. des 2 yeux.
Pupilles en mydriuse. et ne réagissant pas à la lumière, réagissant à la convergence.
.Motilité oculaire normale. Pas de strabisme.
Exarneu (iphlrdmo.se.opiyue :
Diiuhle .duse papillaire. - ■ Saillie moderne de la papille (pu est élargie, sans (edèrno
|iéri|)apillaire étendu, ni exsudats, ni bémorragies.
Veines dilatées et tortueuses coudées sur les limites de la papille. Artères normales.
La saillie papillaire n’a pas été mesurée, à l’image droite, elle était certainement peu
jirononcèe.
En dèlinitive, nous avons de ehaque côté ras)iect classi([ue du bouton de stase,
mais de faible saillie.
La malade était allée, consulter le 11 mars, à la fondation Ibd.lischild où M. lîochon
Duvignaud constata au point de vue oplitalmoscopi(pie les faits suivants.
ü. O. Pa[iillite mais papille ])eu saillante et sans décolorai Ion, V O D = les doigt?
à 1 mètre. () G id. V O G - pas de sensation lumineuse. .Mydriase liilatérale.
Iléflexe plud.ii-rnoteur très faible à droite, aboli à gaucbe.
Il est inléressant di' rapprocher ces deux examens (qditaImosc,o|u(|ues faits à 4K li,
(.l'intervalle.
Ils mord rent ((ue la papille de slase n’était pas md,tement constituée nu If examen.
Ils témoignent de la brusquerie avec laipielle s’est |)erdue la vision, fiuisiiu’il est noté
pour l’O I), doigt à I mètre alors (pie 4H heures après il n’y avait plus de cc côté-là
de perception lumineuse.
L’examen complet de la malade ne nous apporte pas de renseignements bien précis.
El II' s’est plidnte de ipiehpies eéplialées peu intenses les jours qui ont précédé, pas do
ve.rliycs, [las de vomi.ssemenls ou nausées.
Elle dit cependant avoir eu depuis (piehpie temps des hrouillards derunl les yeux.
.Syslème nerueux. Motricité, sensibilité, réflexes normaux.
l’as iVaulres liicalisalious sur les nerfs crâniens, moteurs de l’ieil, (dfae.lif, irijumeau,
urdustiipie facial, glosso-iiharyngien et X. D(’'glutilion, pouls, respiration, normaiix.
Elal yénèral bon. - - Aucun amaigrissement, l’as de Icmpèralure.
. \nléeédenls hèrèdilaires : llien de siiéeial. l’ère mort de grippe. Mère morte subitement,
l'rères et .sii’urs bien portants.
.{nlècèdrnls personnels : A loujours été tden portante. Paraît en elTet de très bonne
■santé. Développement jdiysique normal. Aucun stigmate d’hérédo.
Elle a fait une faussi' couche au mois de janvier, sans incideids jiarticuliers. Elle
SÉANCE DU 5 JUILLET 1923
75
aurait ou co.pcnilanl une li6morragio assez imi)orlanto cl quelques pertes sanguines
assez récentes. II ne semble pas fpi’cllo ait fait d’infection utérine.
En définitive, nous n’avions que deux symptômes précis :
Cécité rapide s’étant installée en 4 jours avec perte des réflexes photo-moteurs.
Stase papillaire bilalérale. d’apparition récente et do degré moyen.
Nous n’avons pas pratiqué de Ponclion lombaire, et pour parer à la perte do la vision
que, faute, de mieux, nous rattachions à la stase, nous avons conllé la malade au Sauvé
(pii pratiqua d’urgence, une trépanation décompressivc. " ~
Voici le compte rendu de, l’opération à laquelle nous avons d’ailleurs assisté.
Largo volet temporal droit. La dure-mère bombe sans que la tension jiaraisse
considérable. Pas d’oiwerlure de la dure-mère. Suture cutanée, 1 drain.
14 mars. — L’opération a ôté bien siqiportée. Etat général toujours excellent.
Aucune modi/icalion de la vision. Nous jtraliquons une ponclion lombaire :
Le liquide coule goutte à goutte. Nous n’avons pas mesuré la tension au
manomètre do Claude. Lymphocytose, à peine 1 par mmc. Albumine, 0 gr. 45,
au Ravaut. Wassermann négatif.
Celte réaction est également négative dans le sang.
Un traitement mixte, novars et bioidure est institué jusqu’au 31 mars.
Réflexe rotulicn et vif à gauche. Ebauche de signe do Babinski à gauche.
31 mars. — On note que, V = O. — Pupilles dilatées ne, réagissant pas à la lumière.
Stase papillaire : encore maripiéc à droite, a diminué ô gauche, mais la papille, semble
en voie de décoloration.
Aucun signe de localisation n’est aiiparu.
Aucun trouble net de la motricité ni de la sensibilité.
Réflexe rotulien vif à gauche. Ebauche do signe de Babinski à gauche.
Elal psychique normal. — La malade parle bien, s’iiupiiètc de son état. Uemande cons¬
tamment si elle guérira.
lAélal général se maintient bon.
Température normale. — Elle a cepimdant atteint 38“!, le 26, enlre2injecLions de
novars. Pouls et respiration normaux. L’orifice de trépanation ne bombe pas.
4 avril. — Quehpies symptômes nouveaux apparaissent. A 8 h. du matin, elle a eu
une crise que l’on reconstitue par l’interrogatoire et le récit dos infirmières.
Embarras de la jiarole. Ebauche de convulsions toniques de la face et des membres
du côté droit. Pâleur de la fac('. Sensation d’oppression. Pouls accéhiré. Pas de perte de
connaissance. Durée, 3 secondes environ, bâillement consécutif. ^
Jusqu’à 9 h. 1/2, elle a 5 ébauches do crii e ( qui se limitent à l’embarras de la parole,
au sentiment d’oppression, au bâillement consécutif sans convulsions du côté des
membres. Ces crises ne reparaîtront plus dans la suite.
Nous pratiquons une ponction lombaire : le, licpiido coule en jet, on retire 20 cc.
(flocons fibrineux).
Examen : Eléments : 10 par mmc.
Culot : prédominance de polynucléaires.
Albumine ; 0 gr. 30 à 0 gr. 60.
A la suite céphalée, 1 vomissement, insomnie.
Nous décidons alors de reprendre le traitement spécifique interrompu cl de l’in¬
tensifier.
A partir de ce jour-lâ, la syrnplomatologie s'enrichit chaque jour :
8 avril. — Nous notons ; somnolence, céphalée, vomissements. Pouls a 64 un peu
irrégulier. Pas do troubles de la respiration et de la déglutition. T. ^ 37,4.
Quelque signes d’ordre méningé : Légère raideur de la nuque. Ebauche de Kcrnig.
Hypersensibilité générale. Hostilité à l’examen.
Quelques signes de la série pyramidale : signe de, Babinski à gauche, sans grande exa¬
gération des réflexes.
Un symptôme un peu particulier : Clignement inccssanl des paupières.
Il avril. — La malade est soumise à l’examen du D' André-Thomas, qui confirme
SOCIÈTf: DE ^’EUnOLOr.IE
7(i
l’cxistcnco dps symptômes imlicpiés, ne relôve pas de signes de, localisation, et ne sc
prononce pas sur la nature de la lésion.
Dans la suite, la malaih^ s'enronce di^ plus en plus dans son état de somnolence, et
malgré une rémission vers le l'J avril, la tor|ieur reprend avec plus d’intensité.
2.5 avril. — On note : Parésie du memljre supérieur droit. Amaigrissement progressif-
G mai. — Etat (Irmi-camalea.r. l.a malade ne romprend plus, ne converse plus, mais
répète sans cesse cette jdirase monotone : « ,J’ai soif ».
Des coniraclures très marquées ont fait leur apparition : Cnnlraclures en exlcnsinn des
membres inférieurs, signe de liubinski bilaléral. Cunlracliire en flexion des membres
supérieurs. Les réflexes ne semblenl pas rnanifeslemenl exaqérés. Conlraclure abdo¬
minale. Léqère. raideur de la nuque.
Ihjper.sensibililé qénéH^le. Il est impossible de rechercher les troubles de la sensibilité
objee.tive.
Ineonlinenee des spliinclers, (;onsé([uence pridjable de la torpeur.
Le pouls accélère, 120.
Les mouvements respiral(dres sont ralentis, 8à 10 par minute, de pou d’amplitude,
entrecoupés d(' temps en temps d’une respiration suspirieuse et plus profonde. Pas de
troubh's de la déglutition. Pas de température.
L’orilicc de lu trépanedion esl un peu bombé.
Ponction lombairi' : lif(uide en jet au début, on retire .30 cc. de liquide clair, 3 à
4 éléments par mine. Prédominance de lympbocytes. Albumine 0 gr. 50 par litre
(Havaut).
!) mai. — Apparition d’une raid(uir plus marquée de la nu(|ue avec rejet de. la tôle
en arrière en opislholonos.
17 mai. — Accenlualion des coniraclures. Elles changent un peu de caractère.
Au.c membres inférieurs : la contrac.ture en extension s’est transformé en contrac-
lunw;/! flexion. Cette dernière est plus mar(|uée au mettibre inférieur gauche qu’au
droit. La malade prend la position en chien de fusil. Aux membres supérieurs l
contracture encore plus intense, .lu membre supérieur droit : contracture en flexion
de tous les segments. Le bras est énergiquement appli([ué contre le Ihorax, le coude
fléchi, ylu membre supérieur quurlie : l’avant-bras est contracturé on flexion sur le
bras. Mais il existe au contraire d<! la parésie des muscles d<' l’épaule.
La torpeur, l'amuii/rissemeni (d, la cachexie font des progrès.
Des eschares apparaissent aux points de pression.
T. 38. Pouls à 140. Hespiration comme |)récédemmcnt.
Eramen ocutoirc. La stase a diminué beaucoup, surtout à l'O D. Papilles en voie
d’atrophies, décolorées. *
20 mai. — A partir du 20 mai, la tenqiérature commence à monter progressivement.
Ee 21 mai. — Le coma est complet. Cachexie, amaigrissement extrême, eschares-
23 mai. -- Mor't'en hyperthermie à 40“2.
U. Examen aiudomique.
Unit Inuires après la mort, le cerveau est formulé. A l’ouverture de la dure-mère,
pas d’augnauitation de volume des hémisphères, pas de lésions apparentes ù leur sur¬
face ; la pie-mère est toutefois un peu épaisse en certaines régions très limitées (portion
orbitaire de la 3" circonvolution frontale gauche ; D*' temporale gauche) ; 5 leur origine
les nerfs opti(pies paraissent diminués.
Au bout do quelques jours de forrnolage une coupe horizontale est pratiquée dans l’hé¬
misphère, gauche ouvrant la partie suj)érieure du ventricule latéral (d passant en plein
centre ovale, elle montre une subslanee blanche dillluente pouvant faire penser 5 un
abcès cérébral.
Une eoiqii' pratifiuéo dans l'hémisphère opposé ne révèle rien de semblable.
J.o durci.ssement est prolongé (d, la pièce mise dans la solution de Muller ; on peut
alors constater qu’ilexisto dans l'hémisphère gauche un vaste rainollisseinent occupant
toute la sulistance blanche du centre ovale dans sa moitié fiostérieurc et contournant
le ventricule latéral pour envahir le corps calleux.
SÉANCE DU 5 JUILLET 1923
77
En avant, il y a un deuxième foyer d’cnccphalo-malacio très réduit dans la substance
blanche de la première circonvolution frontale.
Sur une coupe du même hémisphère pratiquée tin peu plus bas et intéressant la
capsule interne, ou constate que ce foyer postérieur, le jjlus important, occupe le pour¬
tour de la corne occipitale du ventricule latéral et l’emplacement des couches sagittales
du lobe temporo-occipital, en particulier des radiations thalamiques (voir flg. 1), il se
prolonge en dedans. dans la substance blanche du pli pariéto-limbique postérieur et de
la première circonvolution limbique intéressant également l’écorce du lobule lingual.
Dans le lobe frontal, la substance blanche dos 3 circonvolutions esLle siège de foyers de
nécrose qui s’étendent à l’écorco do la position orbitaire de la 3' frontale.
Fig. 1. — Hémlsplièro gauclie, C. II. foyci do nécrose. 'Fj, au niveau des radiation.s thalamiques.
K, caloarine. C, carnéus. Voo, corne occipitale du ventricule latéral, dn, diverticule occipital.
Ce, corps cailoux. Fra, forceps major.
Sur une 3“ coupe passant par le pédoncule cérébral, la portion orbitaire de l’écorce du
lobe frontal est en partie néci’o.sée, surtout la 3= circonvolution. L’écorce de la ’J» cir-
convrdulion teinporale, sur toute son étendue, présente des lésions plus discrètes mais
nettes.
Il existe un foyer dans la région do la substance blanche innominéo do Reichert
et la partie tout inférieure du noyau lenticulaire.
La portion supérieure de l’hémisphère gauche débitée en coupes frontales montre
une série do foyers ilans le contre ovale, dont (iuel([ues-uns envahissent en même
temps l’écorce, en particulier la région frontale.
Une coupe horizontahî do l’hémisphère droit passant au niv(niu <lu corps calleux et
delapartiesnpérienre.du ventriculelatéral no montre aucune lésion, mais en pratiquant
une coupe plus élevée en plein centre ovale, on Irouvo d’autres foyers d’encéldialitc
occupant presque iiniipieinent la substance blanche, en particulier au niveau de la cir¬
convolution pariétale ascendante. En avant, un petit foyer isolé se voit dans la
substance blanche sous-jacente à la première circonvolution irontaie.
78
SOCIÊTli UH NHUnOLOGlE
Sur lino coiiiio intorioiiro, iiiLérossanl, lo lobo occipital cl le diverticule du ventricule
latôral, la ri’i},don doK radiations tlialarniqiies paraît moins colorée et il existe proba¬
blement une lésion en ce point.
Examen histologique : les foyers d’encéphalite présentent tous la même structure.
Il ne s’agit pas de foyers d’encéphalite suppiirée comme on aurait pu le penser, ün
no trouve pas de polynucléaires, par contre il y aune intiltration lymphocytaire consi¬
dérable qui dilîére de celle que l’on observe généralement dans l’encéphalite léthar¬
gique.
Les gaines lympliatiqiies iiérivasciilaires ont en effet un développement extraor¬
dinaire atteignant en certains 'points un diamètre triple ou ((uadriiple de celui du
Fig. 2 Fig. 3
Fig. 2. — Vaisseau avec gaine périvasculaiie dilatée seméo de lymphocytes.
Fig. ;î. • — Fragment interne du lobe occipital droit (la coupe a été renversée), dégénérescence' des
radiations thalamiques. RTli. — C, cunéus. K, calcarine. Lg, lobule lingual.
vaisseau ; elles sont distendues, comme œdématiées et bourrées de lymphocytes. Les
vaisseaux eux-mêmes paraissent jieii altérés (voir lig. 2).
Le tissu nerveux est profondément altéré, ayant perdu sa structure normale,
véritablement nécrosé. Dans les régions les plus centrales de ces foyers, surtout
au voisinage des vaisseaux, il existe une pridifération névrogliqiie intense: fin réticu¬
lum parsemé de grosses cellules astrocytaires. Cet aspect, à notre connaissance, n’a pas
été décrit dans l’encéphalite léthargiipie et les ramollissements que l’on signale sont
généralement hémorragiipies, ce qui n’est pas le cas ici.
L’examen histologique de la région occipitale de l’hémisphère droit qui paraissait
malade, à l’œil nu, a montré une infiltration lymphocytaire plus discrète, des néofor¬
mations va.sciilaires avec parois plus sclérosées et surtout une démyélinisation considé¬
rable des fibres de projection temfioro-occipitales, surtout des radiations thalamiques
(voir fig. 3).
Avant (l’iUni un pos.se.ssion dns résultats de l’cxarnen anatomique et
liistolofrique, disons qu’en nous plaçant à un point de vue purement ophtal-
molofri(|ue, nous avions été très étonnés de cette cécité si brutale survenue
elle/, notre malade avec une stase papillaire très moyenne et certainement
réci’fite.
SÉANCE DU 5 JUILLET 1923
79-
Nous ne pouvions attribuer uniquement à cette constatation la perte
rapide de la vision, surtout lorsque nous avons vu que la trépanation décom¬
pressive n’apportait pas d’amélioration.
fm stase papillaire, en effet, permet en général la conservation de l’a¬
cuité visuelle pendant longtemps, alors même que les signes ophtalmolo¬
giques sont très marqués, et la cécité n’arrive qu’à la phase d’atrophie.
Ainsi orienté au début, dans le sens d’une tumeur cérébrale par l’exis¬
tence de la stase, pouvait-on supposer, comme le fit l’un de nous, qu’il
s’agisait d’une tumeur à évolution très rapide ayant écrasé brutalement
le chiasma et interrompu fonctionnellement toutes les fibres optiques.
8i la vérification anatomique n’a pas confirmé complètement cette hypo¬
thèse, elle a montré qu’il existait bien des lésions bilatérales des faisceaux
visuels (radiations thalamiques). Il y a tout lieu de penser que c’est à ces
lésions surtout plus qu’à la stase que nous devons attribuer cette perte
subite de la vue. Certes cela ne nous explique pas complètement tous les
symptômes oculaires. La perte des réflexes photo-moteurs que l’on ne de¬
vrait pas avoir dans les cécités par lésions corticales reste encore obscure,
mais nos examens ne sont pas encore complètement terminés et il y a lieu
de s’assurer de l’état des noyaux optiques du thalamus. De même l’atrophie
papillaire si rapide que nous avons constatée un mois environ après le dé¬
but de la stase n’est pas clairement expliquée.
Notre cas nécessite encore des recherches complémentaires que nous
nous proposons d’effectuer dans la suite. Nous avons voulu seulement
aujourd’hui apporter nos premières constatations qui, d’ores et déjà, nous
ont paru pleines d’intérêt.
Nous tenons à attirer l’attention sur la nature si particulière des lésions
cérébrales qui se distinguent absolument de celles des encéphalites sup-
purées, étant donnée la nature purement lymphocytaire des éléments blancs,
et qui n’a d’autre part aucune ressemblance avec les lésfons décrites jus¬
qu’à ce jour dans l’encéphalite léthargique.
Les manchons lymphocytaires ont une exubérance inaccoutumée, et
surtout l’encéphalomalacie sans la moindre hémorragie est un processus
tout à fait spécial. Très particulière aussi la réaction névroglique avec
astrocytes qui s’entend sous forme de véritables plages fibrillaires au
milieu des foyers d’encéphalite.
Nous pensons qu’il y a peut-être lieu de rapprocher ce cas de celui
publié par MM. Claude et Lhermittc en 1917 (1) sous le nom de « leuco-
encéphalitc », « dénomination qui montrait un des caractères de la lésion
qu’ils décrivirent; sa localisation à la substance blanche. Dans notre cas,
d’une façon globale, ce nom serait assez juste ; cependant l’écorce est
prise en plusieurs régions d’une façon indubitable bien que limitée.
Un rapprochement s’impose encore entre la topographie de ces foyers
bilatéraux, prédominant dans la portion occipitale des hémisphères, et
celle des lésions décrites par MM. Marie et Foix en 1914, sous le nom de
(1) Claude et Lhermitte. Encéphale, 1917.
80
socifyiÉ DU .MEunoi.oani
sclérose iiilracéréljrale cenlrolobairc et syiuéLri((ue( 1) ([u’ils avaient trouvée
à l’autopsie d’une jeune inaladcî morte avec un état de contracture des
niomlir(;s après avoir jméscmté au d(;liut un éi)isod(; aigu du tyi)e d<ï c(dui
tic notr(! suji't. I. 'aspect lustolofri(iu(ï seul dil'l'èr(;;inaison peut se demander
si C(dte dilTérence m- tient pas uni((U(mient à la différence de la période
évolutive où r<ixameti anatomi([U(' a été; pratii[ué ; la maladi; d(; MM. Pierre
Marie et J<’oix est morte en effet Id ansaïu'ès le début des accidents, et on
p(!uL comjinmdre ])our(|uoi il n’existait (pie des lésions de prolifération
névrof'litiiK^ à tyi»' fibrillaire.
Nous ne voulons ni ne jiouvons (îonclure d’utu! fagon ferim! à rid(mtifi-
e.ation de ces cas, mais leur rapproebenumt nous a paru mériter d’être tait.
.Nous Unions à insister sur eetU' forme si particulière d’(încéplialite (pii au
point de Vue cliniijue et anatorniipie sedistinj,me de rencéphalite léthar-
içiipie.
XIX. — Le Multiréflexe du Dr Aymùs (de Marseille) (l’résentation de
l’appareil par .M. J. .Jumiîntiù).
Le Dr Aymès désirant faciliter les investif^ations du neurologiste et
simplifier son matériel a inventé un marteau à réflexes, ingénieusement éta¬
bli, ipii jK'rmet de rechercher la plus grandi' jiartie des réflexes.
lo Grâce à la forme elliptiijue de la surface jiercutanti^, il jieut servir
à interroger les réflexes périostés et tendineux, les contractions mécaniijues
des muscles même les plus jietits, en s(; servant comme surface percutante
de l’e.xtrémité la jilus réduite.
Gette modification ne constitue pas lu nouveauté de l’ajijiareil, car
d’autres marteaux réalisent jiar des dispositions différentes le problème
de l’adaptation d(! l’agent percutant à la surface à c.xaminer.
2° L’adjonction d’un index mobile et aigu pouvant dépasser (juand on le
désire la surface elliptiipie du marteau jiermet la recherche de lu réflec¬
tivité cutanée et au besoin de la sensibilité eiitaru'e à la douleur.
ID Lufin le manche du marteau ipii est cylindrique contient une lampe
électriipie (pi’un simple tour de jias de vis permet d’allumer ou d’éteindre.
.Vvec ce même instrumeut^ on peut donc examiner également les réflexes
pupillaires.
Get appareil a (hjjà été iirésenté à la Gommission scientili([ue du comité
médical des 13ouches-du-Iih("me, et le numéro 7 de l’année 11)23 du Maneillc
Médical en donne une deserijition détaillée avec une figure.
Je ])résente bien volontiers cet ajipareil à la Société en faisant remar-
(pier que ce n’est là ipi’un modèle auipiel certaini's modifications de
détail seront encore ajiiiortiies au cours de la fabrication.
X.X. — M. .Vndkk Lkhi.
(1) Puîiuiii .Maiiiiî el CiiAnLiis Foix. Itcv. Ncuruloijiquc, 15 janvier lOH, p. 1.
SÉANCE DU 5 JUILLET 1923
81
XXL — A propos des Injections d’Air dans les espaces
sous-arachnoïdiens, par MM. Ckst.-vn et Riser (de Toulouse).
Les injections d’air filtré dans les ventricules cérébraux et les espaces
sous-arachnoïdions ont été surtout mises en œuvre par Bandy, Dahlstrciu
et Wideroë, .Jossepon et Biug(!l. (les auteurs ont montré qu’il était ainsi
possil)le d’ol)tenir des radiogrammes intéressants des cavités ventricu¬
laires, do la surface cérél)ro-cérél)elleusc et médullaire. 1 )e plus, le mode de
cheminement de l’air dans les espaces sous-arachnoïdiens peut donner
d’utiles indications sur leur intégrité.
Mais bien des côtés de cette méthode demaiKhmt à être précisés. Nous
avons particulièrement étudié les points suivants :
R La (juanlilé d’air à injecter. Ele ne doit jamais être supérieure à la
ijuantité de liquide retiré ; si par exemple on retire 20 cc. de liquide, on
injectera 15 à 18 cc. d’air, jamais plus.
On poussera l’air très lentement, par 2 cc. à la fois, en laissant un inter¬
valle de 1 minute au moinsentrci chacpie ([uantité injectée. On utilisera une
seringue on verre bien étanche dont le fond sera occupé par un bourrelet
de coton stérile.
Nous n’avons jamais injecté plus de 20 ce. d’air, et nous n’avons aucune
pratique des grandes quantités d’air utilisées par les auteurs allemands.
2° L’ injection d’air, même peu considérabie, détermine toujours une réac¬
tion ménimjé.e aseptique. Cliniquement cette réaction est d’intensité variable.
Elle se traduit le plus souvent par les symptômes habituels : céphalée,
raideur légère de la nuque, et ascension de la température, pendant 12 à
21 heures. Nous n’avons jamais vu cetU; réaction persister plus longtemps ;
elle a tait défaut dans (juinze cas alors (ju(! la ([uantité d’air injecté était
de 15 à 20 cc.
Le liquide céphalo-rachidien est modifié dés la (luatriême heure: on voit
apparaître un nombre plus ou moins grand de polynucléaires intacts. A la
12® heure, la réaction est au maximum (2 à 3.000 éléments par mine.).
L’augmentation de l’albumine est parfois intense etpeutallerjusqu’àSgr.
p. 1000 ; 36 heures après' la polynucléose, l’albumine décroît. Au second
jour, le liquide ne renferme plus que quelques lymphocytes. Il n’y a pas de
parallélisme entre h's réactions humorales et cliniipies.
3® L’in/cc/ioii i nlra-nrarhnoïdien ne d’ air j iltré mainlientiatension du liquide
céphalo-rachidien. En voici un exemple :chez un sujetla pression initiale du
liipiide rachidien était de 30 cc. d’eau en position assise (Claude). 5 cc. de
liquide sont retirés et la tension tombe alors à 23 ; elle remonte à 30 ajirês
injection (h? 5 cc. d’air. 10 cc. de liijuide sont encore, retirés et la pression
tombe à 18 ; elle remonte à 30 après injection de 10 cc. d’air. On a donc i»u
retirer 15 cc. de liquide sans (jue la liression rachidienne soit diminuée.
Notons à ce propos que la résorption de l'air s’i'ffectiu' lentement, en
plusieurs luniri'S.
Ces données reçoivent une application intéressante dans h' cas où il ('st
IIHVUK NIÎUHOI.OGIQI'E — T. Il ()
82
SOCIÉTÉ DE NEUROLOGIE
nécessaire cio praLicjuer l’examen du licjuide céphalo-rachidien chez un ma¬
lade porteur d’un néoplamse iritracranicn.
On pourra alors utilisc^r la tcclmicpie suivante cjui a été mise on œuvre
chez un sujc^t atteint d’une tumeur cérébelleuse. L’aiguille étant mise en
place, on lit la tension du licfuide. On retire 2 cc. de ce liejuide et on injecte
2cc. d’air et ainsi de suite juscpi’à obtention des 10 ou 12 cc. de liquide
nécessaire à l’examen.
Ainsi pourront être évités h^s accidents dus à une trop brusque décom¬
pression.
4° L’aiv injeclé dans les espaces sous-arachnoïdiens yagne. les uenlricules
cérébraux dans la Ir'es grande majorilé des cas ; il brasse el mélange les dijjé-
renles parlions de licpiide céphalo-rachidien .
En voici un cîxemple typi([ue ; chez un paralytique général, le liquide
rae.hidicm retiré par la jconction lombaire; préscmtaitaii maximum les modi¬
fications bien connues : réaction Wass(;rmann [)(»sitive, hypercy tosecthyper-
albuminose, tandis que le liquide ventriculaire retiré par trépano-ponc-
tion était tout à fait normal^ Ib cc. d’air furent injectés par voie rachi¬
dienne après soustraction de 15 cc. de li((uidc. Une seconde ponction
ventriculaire faite 10 minutes après montrait un liquide ventriculaire ren¬
fermant 30 cellules par me. et donnant une réaction Wassermann positive.
Cette donnée pourrait peut-être recevoir une application dans h; trai¬
tement séri((ue des méningites cérébro-spinales ayant tendance à obturer
les communications ventriculo-arachnoïdiennes.
XXII. — Exploration Radiologiqiie de la cavité sous -arachnoïdienne
par le Lipiodol et tumeur intramédullaire, par MM. J. Froment,
Japioi. (A .1. Decmaume.
L’observation f[iio noos résumons concerne un jeune homme de 20 ans atteint de
scoliose ayant' uijparu vers l’épe de 14 ans, chez lequel .s’est développée une paraplégie
progro.ssivc dont les 1“™ symi)tôme.s ont apparu en mars 1922 à l’occasion d’une grippe.
Il est entré dans le service de l’un de nous en d6c(;mbre. 1922.
Il présentait alors di's tr(jubles de la marche : marche spastique avec incertitude
des mouvements du type alaxique surtout marqué pour le membre inférieur droit
qui présentait d’ailleurs d(^s troubles du sens dos attitudes. Les réflexes tendineux
étaient exagérés des d(uix côtés, mais l'exagération était plus rnaiapjéc à gaucho. Les
réflexes de défense étaient exagérés des 2 côtés. Le signe de BabinsUi existait dos doux
côtés. Il n’existait pas d’autres troubles de la sensibilité que les troubles au sens des
attitudes précédemment notés. Les réflexes des membres supérieurs n’étaient pas
modifiés, l’as d’atrojihie élective à leur niveau ni de troubles do la sensibilité décelant
la compression des racines ou dés segments médullaires correspondants. .Aucun phé¬
nomène douloureux spontané ou provoqué.
La ponction lombaire faite à jjliisieurs r(q)rises donna les résultats suivants: xanto-
chromie constante sans coagulation massive. Ilyfieralbuminorachic (2 à 50 "/oo)
avec dissociation albumino-cytidogirpie (1 à 3 éléments). Wassermann négatif.
Lu coïncidence avec nouvelle [niussée d’apparenc(! grippale en mars 1923, la para¬
plégie devient complète, la spasticité s’atténue, on constate lu diminution de l’exal¬
tation des réflexes tendineux et de défense.
Les troubles sphinctériens ((ui n’oxistaient qu’à l’état d’ébauche deviennent mar-
SÉANCE DU 5 JUILLET 1923
Le malade signale alors l’existcnco de troubles d’anesthôsie au niveau des 3 derniers
doigts de la main droite, et l’on constate des troubles de la sensibilité à distribution
radiculaire (VIll Di.)
Au début de juin on note en outre l’abolition du réflexe olécranien droit (cvii)
avec conservation des autres réflexes tendineux du membre supérieur qui ne sont ni
diminués ni exagérés. Il existe enlin de l’hypoestliésie localisée au membre inférieur
droit dans la région do la cuisse face antérieure et sur la partie de l’abdomen côté
droit sous-jacent à l’ombilic. Les réflexes de défense n’ont jamais pu être provoqués
(quel que soit le mode d’excitation auquel on recourt) que jusqu’au pli de l’aine.
La ponction lombaire refaite à ce moment mit en évidence encore de la dissociation
albuminocytologiquc avec xantoebromie sans coagulation massive.
L’examen clinique permettait dès lors de soupçonner l’existence d’une compression
médullaire siégeant au niveau des segments médullaires ou des racines Cvii Cviii
Di.
L’exploration radiologique tut pratiquée (injection de 1cm. de lipiodol, entre les
vertèbres Cii et Cm).
L’examen pratiqué une demi-heure après montre que le lipiodol n’a pas dépassé la
partie supérieure tie la deuxième vertèbre dorsale. La colonne de lipiodol présente do
plus un étranglement au niveau de la partie supérieure do la première vertèbre dorsale.
Au-dessus de cet étranglement, le lipiodol s’accumule en cupule. An niveau du corps
des sixième et septième vertèbres cervicales : gouttes de lipiodol en nid de pigeon.
A la suite de cette première injection, examen en série de 24 heures en 24 heures
donnant les renseigner ents suivants : 24 heures après, la radiographie en position
assise montre une coulée un pou irrégulière de lipiodol s’échelonnant entre la partie
supérieure de la première vertèbre dorsale et la partie inférieure de la troisième vertèbre
dorsale. La radiographie faite aussitôt après tête en bas donne à peu de chose près la
même image, seule la partie toute supérieure se modille et s’égrène en chapelet. La par¬
tie inférieure demeure inamovible. Les radiographies faites 48 heures et 72 heures
après en position assise donnent à peu de choses près la même imago.
Une tentative avait été faite 24hcures après pour déterminer le niveau inférieur en
faisant une deuxième injection au point classique de la ponction lombaire. Le lipiodol
ainsi injecté tomba tout de suite dans le cul-de-sac dure-mérien où il tut retrouvé im¬
médiatement après dans la radiograpghie en position assise. Le malade ayant été mis
tête en bas, on lit une nouvelle radiographie sans retrouver le lipiodol, sans doute
arrêté au niveau d’une partie de, la radiographie illisible jiar^xcès de pose.
Les radiographies faites 48 heures, 72 heures après montrent une traînée de lipiodol
au niveau do la dixième vertèbre dorsale avec chapelet de lipiodol, sous-jacent
visible seulement 72 heures après, mais la radiographie précédente n’avait pas été laite
assez bas.
Il est impossible de dire la part qui dans cette traînée de lipiodol vient de l’injection
haute et celle qui pourrait venir de l’injection basse. Maisilya lieu de se demander s’il
n’y a pas aussi à ce niveau un deuxième foyer de compression dont l’importance serait
d’ailleurs secondaire.
L’exploration radiologique a mis hors de doute la compression médul¬
laire et permis de la localiser avec précision surtout si l’on tient compte des
radiographies faites en série ; elle permet non seulement de dire que la
compression remonte jus(iu’à la partie supérieure de la vertèbre dorsale,
mais encore qu’elle descend au moins jusqu’à la partie inférieure de la
3® vertèbre dorsale, qu’elle ne réussit pas à franchir.
Sa progression lente entre la partie supérieure de H® et la partie infé¬
rieure de G* laisse penser (ju’à ceniv(‘au elh; s’est infiltré(^ le long des parois
3e la tumeur et a été dès lors si étroitement coincée que même en position
3e 1 rcndeleubourg elle n’a pu rétrograder.
SOCIÉTÉ DIC NEUnol.OCll-:
KiiLn; l’oxairKîii cliiiiiHH! cL l’(!xairion radiolofîiquc il n’y pas à proprc-
iruînl, parl(!r div^r^oncc, piiis(nic l(: corps de la 7® V(‘rtèl)r(! cervicale cor¬
respond an segment médnllaire Cvn Cviii et la l™ vertèbre dorsale aux
1“ et 2*^ segments dorsaux (schéma de ])ejerin(^ modifié par Roussy et
Lhermitte).
].a laminectomie pratiijuée sur ces indications par le Docteur Leriche
confirma en tous points c(‘ diagnostic que l’exarnen radiologi(|ue aurait
permis d(! précis('r, surtout (piant aux dimensions i)résumées d(! la tumeur.
I.a tumeur s’étendait depuis la 7*^ vertèbre cervicale et descendait
jus(|u’au ihdà de la ])arti(i inférieure, (h; la 7*^ vertèbnî dorsale. Il s’agissait
malluiureiisement d’une tumeur intramédullaire inextirpable de nature
gliomate.use (biopsi(!).
Ce nouv(^au fait met (ui évidence tout l’intérêt ((ui s’attache à l’ingéoieux
procédii d’(^xi)loration imaginé par M.Sicard. Ces faits parhmt troj) d’<îux-
mcirnis pour (ju’il y ait !i(‘u d’y insister. Nous croyons seulement devoir
attirer l’attention sur l’utilité ipi’il yaà faire des examens radiologiques en
série.
XXIII. — Hypoglycémie cyclique dans les Psychoses constitution¬
nelles et spécialement dans la Démence précoce, f)ar M.M. Mauhice
Dini.; (1 G. Cauics.
On sait (|U(î le, cliiffn^ I exprime en grammes la glycémie noritiale et fpi(!
si, dans ccirtairuis maladicîs, h^ diabète par exemple, la glycémi(U!staugmen-
té(g il est extrênnunent rar(î de notiT un abaiss<nnent manjué de la glyco-
génèse. L(!S gros.s(!S insuffisances hépatiques m; fournissent une diminution
(jue de 10 à 20 «/o.
Nous avons [)u constater que chez les mentaux prèsentantde grosses alté¬
rations cérébrales (I*. G., démence sénile, syndromes lenticulo-striés, etc.),
(h^ même i|U(' chez les épilepti(|ues, la glycogénèse se traduit par des chiffres
variant ctd r(^ 1 et 1 ,0.ô.
y\u contraire, dans les psychoses eonstitutionmdles et j)artieulièrement
dans la I). P., les chiffres ne dé[)assent pas l’unité, et dans plus delà moitié
des do.sages, ils varient de 0,11 à 0,7"), c(! (pii constitue des chilfrcs hypo-
glycémiipies tout à fait e.xceiitiormels en jiathologie générale.
Notons d’ailleurs (pie les mêmes malades, suivis systématiquement,
offrent rhyjioglycérnie oscillant de 0,00 à I, suivant une, courbe cpie nous
((Ssay(!rons de jiréeiser et manifestement (m rajqiort av('e renehaînernent
(h!S syndrouK's parasym])athi(pies ipii se succèdent.
La glycoraehie, étu(li('‘(î comparai ivement semble suivre une marche
parallèle également hyponormahi dans l’ensemble.
Si l’on joint à ce syndrome précis tous ceux (pu; l’iin (h; nous a décrits
(hquiis 20 ans, il est manifeste (pie nous trouvons h’i une preuve de jiliis que
les maladies mentales constitutionnelles ('t .spécialement la I). P. traduisent
le déséquilibri' du système symjialhi(|ue ; les expressions affectives sont
SÉANCE DU 5 JUILLET 11,23
85
surtout psychopathiques, tandis que les autres (œdèmes, hypothermie,
paradoxal isrne du rythme circulatoire, névrodermites, anomalies cycli¬
ques de toutes les glandes vasculaires sanguines, et désormais hypogly¬
cémie d’intensité variable) rendent compte du déséquilibre de ce système
à ses origines cénesthésiques et viscérales.
XXIV. — Sur la Gholestérinémie dans la Myopathie primitive, par
C.-J. Parhon et Marie Parhon (de Jassy).
A l’occasion d’une note présentée à la Société de Neurologie, Psychiatrie,
Psychologie et Endocrinologie de Jassy (novembre 1922), dans laquelle
nous étudions la cholestérinémie dans plusieurs états dystrophiques, nous
avons eu l’occasion d’étudier aussi deux cas de myopathie primitive chez
deux frères âgés respectivement de 14 et de 25 ans. Le taux de la choles¬
térine dans le sérum fut de 1,40 gr. chez le premier et de 1,10 gr. p. 1000
chez le second.
A l’état normal, nous avons trouvé le chiffre de 1,50 gr. D’autres au¬
teurs donnent même des chiffres plus élevés, tels que 1,60 gr.
Quoi qu’il en soit, les valeurs trouvées dans nos deux cas, dans le second
surtout, restent assez basses.
Cette constatation valait la peine d’être contrôlée dans de nouveaux cas.
Nous avons eu la bonne chance do recevoir récemment dans le service
de la Clinique neurologique 3 nouveaux cas (trois frères) atteints de
myopathie primitive.
L’âge de ces malades est de 9, 12 et 14 ans. Le taux de la cholestérine
sérique fut trouvé do 1,00, 1,46 et 1,30 gr.
Nos observations conduisent â la conclusion qu<' dans la myopathie pri¬
mitive il y a, en général, un état hypocholestérinéjrnique plus ou moins
accentué, bien que dans certains cas pas trop prononcé.
Il est évident que nos constatations ont besoin d’être confirmées sur
un plus grand nombre de cas. C’est précisément pour ce motif qu’il nous a
semblé utile de les présenter à la Société.
En attendant, nos résultats présentent quand même un certain intérêt.
On sait que la cholestérine est un produit sécrété ou au moins versé dans
la circulation par certaines glandes endocrines, l’écorce surrénale surtout
(Grigaut).
L’hypocholestérinémiepeut faire jienser à un état d’insuffisance cortico¬
surrénale.
Un pareil état chez des myopathiques est intéressant à constater, car
d’autres faits parlent encore pour des rapports entre les surrénales et
l’appareil musculain;. C’est ainsi ([u’on a noté un développement athlé-
U(pic de la rnusculatun^ cluiz les individus atteints de tumeurs (du type
adénomatimx) cortico-surrénales.
D’autre part, on a signalé un parallélisim^ entre hî volunu' de la surrénale
pondant l’époque du dév<îloppement et le degré plus ou moins accentué de
développemimt des muscles.
SOCIÉTÉ DE NEUROLOGIE
Nous devons ajouter (jue la castration détermine également un état
liypocholestérique et ([uo les testicules semblent intervenir aussi dans le
développement de la musculature, lac[uelle est en général plus forte dans le
sexe masculin.
Bacalaglu et Scriban auraient même observé une certaine amélioration
chez un myopathique présentant quelques signes d’insuffisance orchitique
et qui a été soumis à un traitement par les lipoïdes testiculaires.
L’un de nous pense de même avoir n'marqué une certaine amélioration
chez des myoj)athi(}ue8 traités par des li])oïdes surrénaux. Pend(! est égale¬
ment d’avis que l’opothérapie surrénale est indiquée chez ces malades.
On peut encore remarquer que la myopathie est plus fréquente dans le
sexe masculin et que la femme présente une hypercholestérinémie pério¬
dique pendant et avant les règles (Gonalans) ainsi que de l’hypcrcholes-
térinémic gravidique (Ohauffard, Grigaut).
Tous ces faits semblent indiquer l’existence des rapports, qui restent à
préciser, entre la cholestérinémie et les glandes cholcstérigcnes et la tro-
phicité des muscles.
Plusieurs auteurs ont déjà pensé au rôle des glandes endocrines dans la
myopathie primitive.
ANALYSES
BIBLIOGRAPHIE
Introduction à l’étude de la Psychoanalyse. Vol. I, Lapsus, Rêves, par S. Fheud.
Première traduction italienne sur la troisième édition allemande, par E. Weiss, avec
une préface de M. Lévi-Bianciiini, un volume in-8“ de 220 pages de la Biblioteca
psicoanalitica italiana, Idclson édit., Naples, 1922.
Il s’agit lie la série des leçons professées par S. Freud au cours de deux semestres
d’hiver, et qui résument l’essentiel de sa doctrine. M. Levi-Biancliini considère
la psychoanalyse comme un instrument parfait pour l’étude de la dynamique des
psychismes humains et de leurs conséquences. Il présente la traduction de son
collaborateur Eduardo Weiss au monde médical qui s’intéresse tous les jours davan¬
tage au mécanisme et aux névroses de la pensée. F. Dixéni.
La MéthodePsychoanalytique, par Raymond de Saussure. Préface du P''S. Freud,
1 volume de 185 pages. Librairie Payot, Lausanne-Genève, 1922.
On trouvera dans cet ouvrage un abrégé de, la méthode de Freud et de ses diverses
conceptions ; la eondensation, la constellation, le transfert, l’affect, le symbolisme,
le refoulement, la sublimation, la compensation, l’identincation, la projection, etc.
Puis une étude sur la sexualité infantile et ses reviviscences à l’âge adulte, une inter¬
prétation des rêves, des actes de distraction, etc.
Enfin une longue observation do rêve interprété et traité plr le D' Odier (de Genève).
L’ouvrage se termine par un exposé do la technique de la jisychoanalysc et des
conclusions psychologiques et thérapeutiques. R.
Contribution à l’étude clinique du Syndrome Manie, par R. Deron, Thèse de
Paris (224 pages), 1922.
La symptomatologie attribuée par les classiques à la manie ne se rencontre ordi¬
nairement que d’une façon transitoire au cours d’un accès, très rarement d’un bout
à l’autre de cet accès. Si on admet la symptomatologie classique, certaines périodes
d’un accès maniaque ou bien n’appartiennent pas à la manie ou bien sont des manies
atypiques.
La conception des états mixtes de la psychose maniaque dépressive a le mérite
il’attirer l’attention sur les cas atypiques, et de les rapprocher de la manie, mais l’in¬
terprétation qu’eile lionne do ces cas en invoquant la présence d’éléments dépressifs
au milieu d’éléments maniaques paraît inexacte, et due à une analyse superficielle.
Il conviendrait plutôt d’élargir le cadre de la manie, de modifier sa description en y
adjoignant d’autres synqitômes (par exenqde la fuite des émotions sans euphorie,
at même l’indifférence ; les cris, ios vociférations et môme le mutisme ; les halluci-
uations ; les grimaces, la gesticulation sans but, les niches, les stéréoty|)ios, la cata¬
tonie, les impulsions et môme l’inertie).
88 . 1 AVI r.S7i .S
Il existe des cornldnaisons variées de symptômes maniaques : la manie ne se dé¬
grade pas sfiulemmit en bloc comme l’admettent les classiques, mais on observe des
dissociations de la mani(! par dégradation de certains groupes de synq)tômes, et, dans
chaque qroupi', par dégradation (b; certains synqiLômes à l’exclusion des autres. On
voit se dégrader, jiar ordre de fré((uence, l’activité, la rninuque, l’affectivité et le lan-
A intensité éqale, les accès mania([ues des débiles mentaux s’accompagnent plus
fréquemment que les autres d’une dissociation des symptômes.
La manie ainsi élargie englobe les cas considérés par les classiques comme atypi-
ipii^s, (d, la |)lupart dos soi-disant cas nuxtes, ou des cas étiquetés D. P. à terminaison
La manie, dans cette concejition, reste comme auparavant un syndrome qui peut
ou bien ou mal tourner. Faire le diagnostic de manie n’(!st pas nécessairement
porter un pronostic favorable. Un accès maniaque peut se prolonger anormalement,
ou dev(>nir chronique, mais sans |irovo((ner (l’affaiblissennmt intidUiCtuel ; d’autres
fois, la chronicité s’acconqiagne de discordance et de déficit affectif ; mais dans
ce dernier cas, diagnostiquer un(i IL P. sinq)lement parce que l’accès tourne mal ne
peut ([u’endrrouilhu' le chapitre de la IJ. P. en l’encond>rant do faits ap|iartenant l'i
un autr(! syndrome clinique.
Il est vraisemblable que les dissociations du syndrome maniaque sont l’ébauche
de la discordance. Or celle-ci implique (m général un pronostic sévère: c’est peut-être
ce <pii explique la terminaison défavorable relativement plus fréquente des états
atypi(pies et dos accès maniacpjes des débiles mentaux. E. F.
Le Syndrome Humoral de la Paralysie générale, ses modalités, sa valeur sémio¬
logique, jiar IlKNfi Tahuowi.a. Thèse de Paris, 1922 (192 pages).
I. ’étude du syndrome Immoral de la paralysie générale, complété i)ar les réactions
de floculation, spécialement la réaction du benjoin colloïdal, par la mesure de la ten¬
sion du liquide cé|ilialo-racbidien et le dosage de l’urée, acquiert un intérêt très grand.
Les indications qu’apportent ces éléments permettent d’aller au delà du diagnostic
« brut », (pi’on lui demande babituellemeiit. Elles précisent à la fois le diagnostic et le
lu'onostic, rendent possible une mesure de l’intensité du processus morbide, mettant
ainsi en lumière la signilication purement « dynamique » dos synq>tômes humoraux
(d, leur valeur exacte. Dès lors le sens des rémissions a[qiaraît clairement et jiermet de
considérei' la démence non plus comme une « i)erte définitive » liée à un déficit ana-
tomi(pie. mais comme un trouble fonctionnid, une « réaction » au processus inflain-
l’étude de Targowla confirme les données actuelles sur Pétiologie de la maladie de
Bayle, sa conclusion montre que l’on peut fonder de grands espoirs sur les re¬
cherches théraiieuti([nes dans la voie ofi elles sont engagées.
E. F.
Les Formes Hystériques et Psychopathiques de la Catatonie (Katatonio untor
dem Bihhî der Ilysterie u. Psychopathie), par Uhstein (Varsovie), Kuomüeii.
Berlin, 1922 (450 lu, 20 obs).
II. continue la série de ses travaux consciencieux et si nxcoiitionnellement bien
doenmertés, grâce fi l’héritage des observations do Laehr pondant plus d’un demi-
siècle, et qui ont été analysés précédemment (/f. N. 15 Juin 1913, p. 773. 3'. XXI,
]»' soin., 30 oct. 1913. XXI, 2» sein., [i. 497).
Ses cas [irésentent une richesse extrême de symptômes psychi(|ues. Exagération
A N AL VSLS
89
de ia personnalité, attitude raisonnante, entêtement, affectation, tendances domi¬
natrices, arrogance, quérulance, impertinence, cynisme, brutalité, coquetterie, érotisme,
mythomanie, accusations mensongères, automutilations sensationnelles, confabulations,
pseudologie, simulation de jiertes de connaissance, menaces de suicide, attitude
théâtrale, grimaces, affectation de stupidité en présence du médecin, souvert cons¬
cience de leur état de turbulence, conservation de la mémoire, orientation i>lus ou
n'oinp intacle, parfois certain degré d’obtusion, idées religieuses, érotiques et fantas¬
tiques, de forme onirique, tendance à symboliser, erreurs de iiersoni alité, jiarfcis
effrayantes, état de rêve vigile, hallucinatiordu souvenir, états de confusion onirique,
illusions d- la vue que U. a dénommées » fausses perceptions optiques» {oplische
Trugwahrnehmungen), lesquelles sont toujours, d’après lui, un symptôme catatonique,
sentiment d; dédoublement de la personnalité, tendances aux sympathies et aux anti¬
pathies, variabilité extrême de l’humeur qui change plus vite que l’éclair, sugges'i-
bilité très grande ; représentations, actes, pensées et craintes obsédantes, fihobies et
doutes de toute espèce ; actes impulsifs. Symptômes somatiques : hypoesthésies,
anesthésies, analgésies, hyperesthésies, points doulour ,ux à la pression, convulsionsct
paralysies variées, abasie, astasie, bégaiement, sensation de boule, angoisse cardiaque,
tachy et bradycardie, variation du pouls, vomissements, troubles gastriques, crises
d’éternuement, ovarie, vaginisme, sueurs, polyurie, excitabilité vaso-motrice,
œdèmes transitoires, rétrécissement du champ visuel, amaurose, mutisme ; U. décrit
dos allaqiics calaltmiques analogues à la grande hystérie, et des attaques épilep¬
tiformes.
Les symiitômcs hystériformes et psychasthéniques s’atténuent jilus ou moins, et
le ntalado, parfois après des alternatives, tombe dans un affaiblissement intellectuel
qui peut atteindre la démence profonde, mais qui présente tous les degrés. Le dia¬
gnostic se pose d’après la constatation do symptômes catatoniques. Des améliorations
transitoires peuvent survenir à la suite de chocs émotionnels, mais seulement d’une
façon passagère.
Le diagnostic, dont la difficulté ne paraît pas si grande que le pense Krœpolin dont
U. discute l’opinion, se pose surtout sur la discordaucei intra-psychique d’où résul'e
la désharmonie et des contraste - ^
Des changements brusqujs d’un profond trouble ele la conscience en une lucidité
complète sont symptômes de catatonie : de même les améliorations subites d para¬
lysies par dns tliérapeutiqucs simulées ; la dépcrsonnalisation est toujours un symp¬
tôme de discordance. U. admet que les catatoniques sont raffinés, et savent peur-
suivro habilement et énergiquement certains buts, à tromper même des gens éclairés.
La catatonie est un Prolée, ol les dénominations variées de paranoïa chronique halluci¬
natoire, démence paranoïde, mélancolie chronique avec hallucination o>i psychose
artistique, ne chang(uit rien à la chose, la démence lerminalc les montre identiques
à la catatonie.
On le voit, U. donne une extension indéfinie à la catatonie. C’est la négation de
tout diagnostic, et, en réalité, une véritable pétition de principe, car la clinique
retombe ainsi, par une erreur inverse, dans les exagérations de la théorie de la
dégénérescence mentale. U. n’admet pas les paraphrénies de Krœjielin. Il i)araîtra
exagéré do faire rentrer dans la catatonie une circulaire quiù 71 ans fait un délire des
hégations.Au point de vue pathogénique U. admet comme cause un processus toxique,
anaphylactique [)rovenant des celluh's séminales. Ses exjiériences de vérification de son
liypntliès(>, sont jusqu’ici restées négatives.
Comme les œuvres antérieures d’U., cet ouvrage vaudra plus par ses observations
nombreuses et étendues que par, ses théories exclusives. Signalons une observation
00
AMAL K.S/Ï.S
(le catatonie simulant la paralysie g(;néraU‘, une autre où il existait une polynévrite
post-puerpérale. M. T.
Les Enfants anormaux (.\noniale Kinder), par Sciiolz et GncGOn, Berlin. Karger.
19'2-2 (300 p. Bildiogr.).
Traité bien fait, s’adressant autant aux éducateurs qu’aux médecins. La question
est envisagée sous tous ses aspects. Etiologie, clinique, traitement, éducation, [(oint
de vue social. A signaler la description soignée des caractères p.sychopattiiques ;
les indolents, les déprimés, les maniaques, les périodiques, les affectifs (anxieux, colé¬
reux), les instinctifs, les bizarres, les instabbis, les fantasques et menteurs, l((s obsédés,
les anormaux, les anormaux sexiuds. La |mborté. Le suicide. Discussion des modes
d’éducation et d’assistance qui doivent être sous la direction médicale. Cet ouvrage
qui est une mise au point bien comprise rendra .service à quiconque s’intéresse à la
question. M. T.
Les Impulsions (Impulshandluugen), par .Steckel. Urban et Sehvarzcuborg, Berlin.
1922, 500 pag(!s.
.S. nous donne son G” volume de 500 pages de |)orno-analyse. Il s’agit ici des impul¬
sions ; dromomanie, di[)somanie, clastomanie, pyromanie, tics (pour ces derniers
S. discute les hypothèses de Meigo et Eeindel). L’étiquette ehange mais c’est le même
défdé monotone d’incestes : fils nul violent leur mère et leurs sonirs, mères et filles
qui se font violer par leurs fils et frères, sans compter les oncles et tantes et voisins,
amis et autres quelconques, du môme sexe nu de S(ixe différent. Ce sont les mêmes
fastidieuses observations pour une seule desquidh^s 80 iiag((s de toxU; serré représentent
une histoire écourtée. On no peut mieux se complaire dans l’ordure dont les tableaux
sont d’ailleurs d’uiui façon évidentcî le résidlat ou de la mythomanie ou de la suggestion
du psycho-analyste {Nous psijcIw-nndhjKleA.... écrit Steckel, p. 5G).
.S. plaint les Français d’avoir eux aussi un riche malériL-I et de le laisser malheureu¬
sement se perdre pour la psycho-analyse. Les aliénistes et neurologistes français ne
sont en effet pas encore en général convertis à cette religion ; ils se contenteront d’at¬
tendre le M'ensie que S. promet dans une prosopopée finale qu’il faut faire connaître
aux « (uuiples de Navarre et de France »:« Nous attendons anxieusoniontet avec espoir
le grand médecin qui fora la Psycho-analyse sociale. La croyance au Messie n’est
jamais mortcu L’humanité chargée de péchés a toujours clamé vers la Rédemption.
Le grand miracle ne |i(uit venir d’en haut. 11 doit sortir do nous, d'en bas, d’on dedans,
né de la misère des temps, d((S le.miis à V(;nir préparant et aplanissant la voie h une
humanité plus heureuse. Le grand médecin aura ses Apôtres dans 'ous les médecins
qui ont trouvé la comi)réhension de la faiblesse d((s hommes dans la connal-ssance de
leur vraie nature. C’est pourquoi il (!st du (hivoir d(î tous les médecins de répandre
la semence de guérison et préparer leurs forces, qui devront être prêtes quand le
Guide paraîtra... La psycho-analyse annonce une révolution des esprits. L’opposition
affectée de tous les réactionnaires contre cette nouvelh! science est la reconnaissance
instinctive de son danger et de su [missance révointioiinaire... Le méd((cin est le guide
de l’humanité. En première ligmq le médecin des âmes... »
Pour faire admettri celte conclusion flatteuse pour la confrérie, il serait peut-
être prmhmt de ne pas présenter comme pr'miice, ine.ücmi), l'histoire suivante (p. 74).
Une femme a un époux impuissant. Elle s’adr.esse au profess(!ur Freud qui la met entre
les mains d’un de .ses disciples. Celui-ci prali(iuc pendant cinq mois la psycho-analyse...
sur le mari, d’ailhmrs diabétique, shns résultat nalurellemont. Il se décide alors...
à pratiquer la défloration av(!C les doigts pour permettre des rapports qui restent natu-
ANAL YSES
91
réellement encore tout ù fait incomplets parce que le mari était fixé (terme psycho-
analytiq\ic) sur sa propre mère. Après quelque intervalle, la femme insatisfaite recourt
(le nouveau pour elle-même au psycho-analyste qui lui a envoyé son prospectus... et
cela Ec termine par un coït i « Es kam zum koïlus. »
Il serait désirable que le professeur Freud pratiquât d’abord la psycho-analyse de
ses disciples, qui paraissent former une troupe choisie de sadiques, avant do les mettre
en circulation. M. T.
Le Repos de l’Objet dans les Mouvements du Regard (Die Ruiie der Objokte
bei Blickbewegungon), par le Pr. IIILLEBnA^D (Insbruck). Jahrbucher für Psychia-
Irie U. Neurologie. T. 40, f. 2 et 3, p. 213, 1920 (50 p.).
Travail de subtile psycho-physiologie ou mieux de physio-psychologie oti II. s’efforce
de résoudre l’un des difficiles problèmes des théories de la vision consciente. Nous ne
pouvons qu’en reproduire les données : le même déplacement de l’image rétinienne
se produit quand on déplace un objet extérieur, la direction du regard restant fixe, ou
inversement quand l’objet reste fixe et que le regard se déplace. Mais l’effet psychique
■terminal est différent dans les deux cas : dans le cas d’objet mobile et du regard fixe,
on perçoit {v:ahrnehmen) un mouvement ; dans le cas d’objet immobile et de mou¬
vement du regard, dos cas spéciaux étant réservés, les objets visuels {Sehobejkle) restent
au repos. Donc sous une identité apparente de l’excitation terminale, autant qu’elle
est do nature optique la résultante est inverse dans les deux cas.
La question est de savoir pourquoi fréquemment, jiendant le mouvement du regard,
les excitations atteignant la rétine, n’arrivent même pas à la conscience, par conséquent,
no déterminent ni l’impression de mouvement ni celle de repos, mais encore aucune
impression {Empfindung), comme par exemple cela a lieu pour les mouvements
■du regard dans la lecture normale.
H. étudie le problème sous une forme de raisonnement d’une dialectique serrée-
en plusieurs chapitres. Interprétation du repos de l’objet par des excitations cines-
Ihésiques.
Interprétation du repos do l’objet, par la spontanéité (W illkürhrlichkeil) des mou¬
vements du regard. Réfutation des « sensations d’innervatmn » {Immcrvalions emps-
Jindung).
Analyse du mouvement spontané du regard.
Mouvements apparents {Scheinbewegungen) dans le nystagmus et la parésie.
La position sans intérêt (desinleresselose Sietlung) et le concept « Médian ».
La soi-disant locali^îation « absolue ».
Le développement dos idées ou i)lutôt des décutions de H. ne peut être suivie que
ligne par ligne dans son texte. M. T.
NEUROLOGIE
ÉTUDES GÉNÉRALES
ANATOMIE ET PHYSIOLOGIE.
Considérations anatomiques sur le Cerveau d’un Microcéphale (en roumain),
par V. Papilian. Spilalul, n» 8, 1919.
Description minutieuse du cerveau d'une idiote microcéphale (poids du cerveau i
355 gr.). Outre la réduction du volume, il faut retenir la simplicité presque schéma-
ANALYSES
9-;,>
tiquo flos sillons ri, des circonvoliilioiis. A c(^ |)oint de vue, il rappelle le cerveau du
foetus de 7 mois, et [)ar la symétrie des circonvolutions le cerveau des singes.
L’analyse de ci) cas conduit l’auteur à regarder certaines dispositions anatomiques
dt^ c(! cerveau comme des arrêts de dévelop[iement, d’autn^s comrtK! des anomalies
La Topographie Spino-radiculaire, par V. Papiman (en roumain). Spilalul,
n"5-G, 1910.
Travail ((iii se prête mal à une analyse. Nous le signalons surtout aux anatomistes
et aux chirurgiens (pii s’occup nt des interventions sur la moelle, ou la colonne vorlé-
hrale. G.-,I. Pauuon.
Sur les voies veineuses de l’Encéphale et sur la Désinfection du cerveau ( Ueber
(lie Venenwe/jr. im Gc.hirn and iiber Gchirndesirifidclion), par les Pr. Aumon et
Voi.CKun (Halle). J alirbucher j. Psychiatrie u. Neiir., n» 40. F. 2 et 3. 1920, p. 415
(radiographie).
Description, particulièrement des émissaires. Radiographie après injection de sul¬
fate de baryte ou de minium, en vue de déterminer le point d’élection iioiir aborder
les sinus dans les essais thérapeutiques par injections médicamenteuses.
En vue d’élablir une large dérivation sanguine dans les cas d’élévation de la pres¬
sion intra-cranienne, il est [lossible de pratiquer une anastomose — après triqianation —
entre le confluent des sinus où se déversent Ions les gros sinus, ainsi que la veine de
Halien, et la veine jugulaire interne que les auteurs y ont abouchée. Cet abouchement
a l’avantage do drainer aussi bien le .sang veineux des régions ventriculaires que de
le convexité.
Dans leurs expériences sur le cadavre A. et V. sont toujours parvenus facilement
à introduire au niveau du confluent une sonde dans le sinus droit ou le sinus longi¬
tudinal, è volonté, on peut donc facilement pratiquer séparément une saigmie : 1“ du
sinus longitudinal, par conséquent du système veineux do la convexité ; 2» du sinus
droit, do la grande veine d(i Galien, et par conséquent des veines do la base, ainsi que
des ventricules et d(îs plexus choroïdes.
D((s cxpérienc((s sont en cours pour l’injï'ction du salvarsan ù haute dos(q et d’un
li(iuide iodé (eornimsé par h( Dr Pr(!gl (h Gra/. dont la com|iosition n’est pas donnée)
en vue di? la désinfection. L’injection de solution d’iode isotonique no donne li(m fi aucun
incident. M. T.
Sur les rapports do l’Épreuve de Barany avec la Psyché, l’Écorce et les Gan¬
glions sous-corticaux, par LOwy et Li;ii)i.i:n. Verein /. Psych. u. Neurol.
(Vi(mne). Jahrbucher /. Psychiatrie u. N., t. 41, f. 2. 3, p. 304, 1922.
Rïclaïrches psycho-physiologicpics. M. T.
Psycho-physiologie de l’Aviateur. Contribution à l’étude des Temps de Réac¬
tions psycho-motrices, par I’. Hèhagui:, Gazelledes llôpilaii.r, t. 95, n" 44, p. 709,
O-S jidn 19‘2’2.
La mesure des réactions |isycho-motrices comporUi une techni(iu(( délicat(! qu’il
convient de réaliser dans des conditions rendant comparables entre elles les expé¬
riences effectuées par des observateurs différents, l.'n appareillag(( précis, mais d’un
maniement simph( et rapide, est nécessaire si l’on veut faire de cet examen un test
d’expertise courante.
ANAL YSES
93
L('s valinirs pliysiologiciuos des temps de réaction oscillent non [)oint de part cl
d’autre d’une moyenne, mais dans une zone un peu plus étendue (fue ne le ferait croire
la notion de « temps moyen ». Dans cette zone, certaines valeurs moins fréquentes
semblent cependant pliysiolopicpies, à la fois parce qu’elles s’observent chez des sujets
fiaraissant entièrement normaux et sains, cl parce qu’elles s’accompagnent d’une régu¬
larité normale des réactions.
Les valeurs des temps de réaction chez un même sujet sont moins lixes que ne l’ont
admis certains auteurs ; elles présentent des évolutions légères à l’intérieur de la
zone physiologique, suivant les jours et les heures. Les réactions psycho-motrices
rentrent, du fait de C(!S oscillations [ihysiologiques, comparables à celles de la tem-
fiérature ou de la pression artérielle, dans la loi générale des fonctions biologiques.
yuant à l’interprétation des temps de réaction qui, par leurs valeurs ou leurs rap¬
ports, sont extra-physiologiques, ce n’('st que le groupement d’un grand nombre d’expé-
ri(mces, conduites avec un protocole assez rigoureu.x jiour les rendre comi)arables,
(pli permet d(! la réaliser ; seul, l’isolement des facteurs multi|iles entrant en jeu per-
iiKîttra d’en tirer des conclusions séméiologiques utilisables. E. F.
Les Lésions du Plexus Nerveux périglandulaire dans l’Appendicite chronique,
par P. Masson (de Strasbourg), Bull, et Mém. de la Soc. méd. des Hôpitaux de Paris,
l. 38, n» 22, p. 956, 23 juin 1922.
La i)ullulation des cellules à granulations basales de l’intestin ou cellules argento-
philes arrive à constituer les tumeurs endocrines de l’appendice de Masson, anciens
cancers ou carcinobles appendiculaires. Ayant repris l’étude des apiiendiccs oblitérés
ou pathologiques, Masson put y constater l’extrême fréquence des hypertrophies des
formations nerveuses locales et préciser le rôle inattendu que jouent dans ces neu-
rogénèses les cellules argenlaflines. Pour situer ces faits pathologiques, il faut partir de
l’étal normal :
,Si l’on étudie comparalivomonl des appendices de nouveau-nés et de jeunes adultes,
on est frappé par l’opposition qui existe entre le minime accroissement global de l’or¬
gane et de l’énorme accroissement du système nerveux de la muqueuse ; le plexus ner¬
veux péri et sous-glandulaire a pris une importance qu’on ne retfouve nulle part ailleurs
dans l’intestin ; entre h^s fibres mu'veuses se constatent çà et là quebiiies cellules à gra¬
nulations argenloréductrices. Dans les appendices plus âgés, le plexus nerveux subit une
réduction accompagnée d’une sclérose des couches profondes de la muqueuse ; les
glandes [mis l’épithélium se détruisent du fond de l’appendice à son orifice cl le reliquat
lâche qui les remplace emplit la lumière appendiculaire ; ainsi se constitue une oblité¬
ration lente qui, partie d« son extrémité distale, réduit peu à peu rai)pendice à un tractus
conjonctif englobé par l’étui des musculeuses. Or si l’on examine la région oblitérée
de ces appendices, on y retrouv(! au sein du tissu oblitérant di^s llbiM'S du plexus ayant
survécu à l’épithélium, avec qmdques cellules argenlaffincs incluses dans les nerfs,
de préférence au.x points de croisement du plexus ; jamais on ne voit de ces cellules
argcntaflincs là ou les fibres nerveuses n’existent plus.
Soit à considérer maintenant les appendices à i)assé palhologi(iue ; ils sont de deux
sortes, perméables ou non. Les appendices palhologiq\ies iierméables présentent liour
la plupart une hypergénèse manifeste ; toujours des celluhîs argenlaflines sont incluses
dans les nerfs hyfiertrophiés, où (dies se disiiosenl en amas ou nappes ; jamais il n’y a
de nerfs hypertroidiiés sans cellules argentaffines. Celles-ci affectent plusieurs types ;
quant à leur origimq tout démontre (pu^ les celluh^s argentaffines présentes dans les
"ei'fs du plexus sous-glandulaire sont de souche endodei'iuiqm' et (pi’elles sont, en dé|ut
de leur localisation intra-iuu-veusc, les homologues des cellules de Kultschilzky du ruvê-
91 /!.V.l/.y.S7s,S
Iciiæul inlosUnal. L’api)crulic(‘ iialliolnsiiiud s'oblilàrc plus vulontuu’s, mais [lar les
mêmes processus (pie l’apiiendice normal. Toujours le moiîj;iion conjonctif central
contient, au moins pendant un certain temps, des nerfs dont certains sont liypertro-
pliiês et d’autres sont pelotonnc'-s en m'ivronies ; ces nerfs sont en connexion avec le
plexus de Meissner de la sous-muqueuse. Les nerfs liy|)ertrophiês contiennent des cel¬
lules arfientaffines ; les nêvromes en contiennent beaucoup ; là où il n’y a pas plus de
nerfs, là où les nêvromes ont dégénéré, il n’y a pas de cellules argeiitaflines.
(Ju’il y ait ou non des nerfs et des uévromes dans l’ajipendice, le plexus do Meissner
do la sous-inuqueuse et le plexus d’Auerbacli se prêsenleni sans modilication aucune.
On a vu que les nerfs de la muqueuse pallndof'ique survivent à la disparition de l’êpi-
tlnilium ; ils s’byiierlropliient et inillulenl dans les appendices oblitérés à la condition
qu’ils contiennent des cellules argentafflnes ; celles-ci disfidraissant, les nerfs sont
résorbés. On esl donc amené à penser (pic l’existence de ces nerfs et névromes ajipar-
Icnant au plexus glandulaire ne dépendent pas des centres ganglionnaires extra-mu¬
queux mais des sonies cellules argnntaffines contenues dans leurs Libres. Ces cellules
argeiitaflines, d’origine endodermique, serai -ni donc neurogimes, et il est probable
qu’elles agissent sur les nerfs par quelque (iroduit de sécrétion.
Dans les névroni 's comme dans les carcinoïdes de l’appendice, li s cellules de souche
intestinale [lossôdeii' les mèiins granulalions ; les cellules argentafflnes réunissent
donc les fondions glandulaires et nerveuses comme les cellules à la fois ganglionnaires
et cliromaf fines du sympathique et rtc la chaîne nerveuse de certains invertébrés.
Si dans le plexus iiériglandulairc de l’appendice, leur fonction est surtout nerveuse,
dans les liiiiiMirs endocriniennes les cellules argentafflnes ont sélectionné la fonction
glandulaire et |ierdu toute propriété n rvotise. Les cellules argeiitaf nues, dont les né-
vronies et les carcinoïdes mollirent les aptitudes év'oliitives diverses, a[qiaraissont en
somme comme répondant à un système aiitoclilone d’origine iiniipje, mais complexe
en ses diftéreiiciations ; ce système à la fois nerveux et glandulaire est pourvu de cel¬
lules ganglionnaires, gliales, paragaiiglioiinaires ; une [lartic tout au moins du jilcxus
mirveiix de lu muqueuse intestinale serait autochtone et aurait son origine dans l’endo-
derme même ; ces cellules à la fois ganglionnaires et paragunglioiinairos .seraient incluses
dans l’èpitliéliiini ; leurs conducteurs nerveux serai “lit en connexion avec les relais
mi'isentériqiies et autres. Ainsi le système argentafflne, véritable neurentoderme, vien¬
drait accroître le nombre dos placodes. K. F.
De l’importance de la Fonction pour l’Organisation Architectonique du Sys¬
tème Nerveux central, par l’iiKiiLSKv (de Hrno). Canf énonce à ta Société Bioto-
giijiic lie Briio, 1922.
L’esprit se contente mal de la constatation m()r|iliologiquü simple des connexions
entre faisceaux de libres et groupes cidliilaircs ; il asfdre à connaître les lois qui ré¬
gissent l’organisation du système nerveux central.
Lu Ihéorie du dévelo|i[iement du cylindra.xo dans le sens de la moindre résistance,
celle des connexions firéformées ne font que déplacer la ipiestion sans la résoudre. La
IhéiJrie qui attribue un n’do important aux influences chimiotactiques dans la crois¬
sance du cyliiidraxe est déjà |ilus intéressante, et les idées de Ka[i[iers et do ses élèves
marquent un nouveau progrès : le tropisme, la croissance, le (lé|ilacement du neurone
s’effeclueraieiil du côté où le neurone est normalement excilé, irrité |ior sa fonction.
Celle conception d’un neurobiotaxis s’accorde avec cotte nécessité que des cellules de
même fonction soient en relation inlinie ; elles sont rattachées les unes aux autres iiar
des associations multiples, et les irritai ions réciiiroqiuis qui en sont lu conséquence
doivent tendre à raiiprocher ces cellules les unes des autres.
ANAL VSES
95
L’objet do l’autour est do démontrer que, dans un grand noyau, les groupes cellu¬
laires de nnlrne fonction sont les plus rapjiroclif's.
Soit le noyau du nerf oculaire commun chez le singe. D’après Bernhoimn, la mus¬
culature extrinsè(pie de l’üùl s’y trouve reprès niée dans l’ordre suivart en direction
cranio-caudalo : le reloveur de la paupière supérieure, le droit supérieur, le droit interne,
le petit oblique, le droit inférieur. Tout d’baord le voisinage des centres du releveur
do la pau|iièrc supérieure et du muscle droit supérieur est facile à comprendre, vu que
l’élévation de Tieil est associé à colle de la paupière supérieure et que le muscle rele-
V(!ur de la ))aupière s’est dév doppé en phylogénèse du muscle droit supérieur ; ii no
s’est séparé de ce muscle que depuis les reptiles. La représentation du petit oblique
auprès du pôle caudal du noyau principal latéral s’accorde avec le môme principe, parce
que ce groupe cellulaire so trouve auprès du noyau i)atbétique et que de cette manière
les centres des deux rotateurs '-ont rajiprochés. Quant à la liaison intime du petit
oblique et du droit inférieur on trouve l’effet rotateur comme fonction commune.
Enfin la situation du droit interne ne rc comprendra que si l’on se rappelle qu’il est en
fonci ion synergétiquo non seulement avec les muscles du mémo œil mais aussi avec
le muscle correspondant do Tœil contralatéral quand les deux yeux convergent. Il
se rapproche donc du noyau de l’erlia, centre des mouvements de convergence.
Pour la représentation de la musculature lisse, le noyau médian antérieur est le centre,
du sphincter pupillaire, le noyau d’Edinger çt de Westphal le centre du muscle de l’ac¬
commodation (m. ciliaire). On voit ainsi les contres do la convergence (noyau centra
de Perlia) et de l’accommodation (noyau d’Edinger et Westphal) <m voisinage inl
time ; l’association de ces deux fonctions trouve aussi son expression dans la localisa¬
tion des centres.
Tout différent est l’ordie des noyaux des muscles de l’œil chez les autres mammi¬
fères, par exemple chez le lapin. D’après Bicrvliet l’ordre devient : droit interne, droit
inférieur, petit oblique, releveur de la paupière supérieure, droit supérieur, pathé¬
tique. Groupe du droit intérieur cl groupe du petit oblique sont rapprochés par leur
fonction commune d’abaissement et lie rotation en arrière ; centre du droit supérieur
et centre du palhétique sont rapproebés par leur fonction commune d’élévation et de
rotation on avant ; releveur de lu paupière supérieure et droit siqjérieur ont leurs
centres raiiprochés par leur fonction d’élévation.
Un autre exemple est fourni par les centres du muscle digastrique situés partie dans
le noyau du faciai partie dans le noyau du trijumeau moteur, mais au point le plus
proche du noyau du facial.
Pour les centres médullaires des muscles des membres, on pourrait faire semblables
remarques ; ainsi le biceps brachial et le brachial antérieur, donc les fléchisseurs de
l’articulation cubitale ont leurs centres localisés au tiers inférieur du G® segment cer¬
vical l’un auprès de l’autre ; le noyau du petit pectoral est situé à la suite du cenire du
grand [lecLoral, le noyau du sous-épineux est situé auprès de celui du sous-scapulaire
(fonction commune de rotation du bras en dedans).
Ces exemples pourraient être multipliés. Mais d’autres conditions intervenant aussi
pour déterminer la situation respective des noyaux, il faut se garder d’attribuer trop de
Valeur à un seid iirincipc, d’expliipier par lui seul toutes les propriétés de localisation.
Ce n’est que la collaboration des circonstances les plus différentes qui peut expliquer
qu’au cours de la phylogénèse s’est développé la situation aujourd’hui réalisée chez
les mammifères. Mais la valeur d’un de ces principes, celui de la fonction commune, est
évidente. (Brno, Universita Masarykova, le 28 seplembrc 1922.)
E. E.
OVVHAGHS REÇUS
OUVRAGES REÇUS
Ai.meiua (Waldemar de), Evoluç/to ee.slado arliial da asscislencia aalic.nados
no eslado do Rio de Janeiro. Asijlo-colonia de alienadon de Vargem alegre. Bro-
cliure iri-8 de 55 f)at,>'e.s, Typ. ,J. de Bommercio, Rio de Janeiro,
AciosriNi (Cesare), La .sindrome p.sicopatica délia encefalile epidemica a
lipo parckinsonoide {P.^endo dernenza posleneefalilica). Armali del Mani-
coniiü prov. di Peru},da e Auioriassunü e Rivislc di PsicliiaLria e Neuro-
palologia, 11)21, n" 1-4.
AnosTiNT (Ciidiü), Encefalile epidemica e gravidanza. Annali del Mani-
comio l’rov. di I^eruf^ia e Auioriassunü e Rivisie di Psichialria e Neuro-
jiaLolog-ia, 11)21, n” 1-4.
AdosTiNi (Ciulio), Le eosidelle « placcite senili ». Annali del Manicomio
l’rov. diPeru>»ia e Auioriassunü e Rivisie di Psicliialria e NeuropaLologia,
11)21, no 1-4.
Ahau.io (Allino de). Alguns ea.sos de coloidoclania. Cominunicacâo a Aca-
deniia Nacional de .Med., ilio de .Janeiro, 11)22.
Haia junior et Rhouiiado (Alberto), Coreia de, Sydenham e sifilis. A
Medicina Moderna, 11)22, no 322.
Baii.ey (Percival) et Beemer (Frédéric), Ileclierches expérimenlales sur
le diabète insipide et le syndrome adiposo-génilal. C. R. Soc. Biologie, 6 mai
1922, t. 86, p. 1)25.
Bandeitini di Pogoio, Secrezioni interne e si.slema neruose. Un vol. in-8o
de 400 (lages, tijiog. de Cioventu, Cônes, 1921.
Mav EH, Die konslilidionelle Disposition zn innere Krankheinlen. Sjiringer,
édit., Berlin 1921 .
Baumann (.].), Cr Irailemenl thermal el physiolhérapigiie de la slase inlcs-
linale. chronique, l’rogrès médical, lor juillet 1922.
liEnNXDov {lluy:vw,s), Im psychomotricité palhologique. Es.sai sur les irou-
hles psychomoleiirs dans les maladies me.nlales. Thèse de Paris, Ollier-IIenry,
édit., 1922.
Bernaud (Ftienne), Les troubles respiratoires de l'encéphalite léthargique.
Gazette des Hôpitaux, 30janv. 1923.
Bon (II. et .J.), Encéphalile. hyperthermique guérie à Lourdes, iMaloine,
édit., Paris, 1923.
Bouowiecki (M. s.), Elude généalogique de trois familles avec pré.disposilion
•sérieu.se éi raliénalion merdale. avec quelques aperçus eoneernanl l'élal acluel de
la psychialrie. Bull, de l’Acadéruie [lolonaise des Soc. niéd., t. 2, 1922, fasc. 2.
Braun, l.e cœur el l'âme dans leur aclion réri[)roque, Heuticke, édil., I.eifi-
zig, 1920.
Buaveita (Fugenio), La reazione di /.ange in psichialria con parlicolarc
riguardo a l’esame .separalo del liquor rerebralis [punlura cérébrale) c del liquor
spinalis [punlura lombare). Boll. délia Soc. ined.-chir. di Pavia, 1922, fasc. 4.
Bravetta (Fugenio), Diario e autopsia di un rocainomane. Bollettino
délia Soc. méd.-chir. di l’avia, t. 3.5, iP' 6, 1922.
Bravetta (F.) c Catti Casazza (Andreina), La punlura eerebrale nella
diagnosi delle deinenze. Bolletino délia Soc. med.-chir. di Pavia, 1922, fas. 5.
Bravei ta (F.) e Catti Casazza (Andreina), l.a punlura cérébrale
nella diagnosi degli sali demenziali non paralilici. Bolletino délia. Soc. med.
chir. di Pavia, Anno, 35 fasc. 2, 1923.
Le Gérant : J. CABOUJAT
Poilicrs. - Société Française d’imprimerie.
Tome II. N» 2
Août 1923
REVUE NEUROLOGIQUE
MÉMOIRES ORIGINAUX
NEUROLOGIE
I
LE SYNDROME DU NERF AURICULO-TEMPORAL
Mine Lucie FREY
(Travail de la Clinique Neurologique de l’Université de Varsovie)
Professeur G. Ouzeciiowski
L(î nerf auiiculo-lemporal, dont l’élude pathologique a été quelque peu
délaissée par les neurologistes contemporains, renfeilnc à côté de ses fibres
sensorielles des fibrés appartenant au système végétatif, vasomotrices et
sudoriparcs, ainsi que des fibres sécrétoires destinées à la parotide. La peau
de la face, riche en glandes sudoriparcs, constitue un terrain où le jeu
vasomoteur est beaucoup plus intense et visible que sur le reste du corps.
Il n’y a donc rien d’étonnant à ce que les alïections des nerfs de la face
puissent produire des troubles sudoriparcs et vasomoteurs qui attirent
davantage l’attention. En ce qui concerne notamment la lésion du nert
auriculo-temporal, les troubles qu’elle provoque offrent le caractère tout
ù fait spécial d’être engendrés par voie réflexe, à la suite d’excitations gus-
tativc^s agissant sur le glosso-pharyngien. Les troubles végétat ifs du nerf
auriculo-temporal, liés aux troubles sensoriels, constituent un syndrome
caractérisé non seulement par sa localisation spéciale, mais surtout parles
symptômes végétatifs qui en occupent le pre mier plan. Les cas que nous
connaissons jusqu’à présent montrent une prépondérance de signes clini¬
ques que nous pouvons grouper en un syndrome d’irritation. A ce syii-
drome' viennent s’ajouter par lasuitc,commt! complication, des symptômes
de répercussivité qui intéressent les appareils végétatifs du voisinage et
qui donnent li(ïu à des phénomènes d’irritation siégeant dans des régions
primitivem('nt respectées. Le cas suivant illustre bien le syndixme dont
il est question : '
REVUH Nhcnoi-ourgciî. — t. ii 7
LUCIE FEE Y
Ch. B., âgé (le 25 ans, fui blossô vers la lin <le 1920 d’une balle de fusil derrière l’angle
de la mâchoire inférieure, du côlè gauche. Bien que la blessure ne fût que superficielle,
le malade tomba évanoui et il ne peut se rappeler par suite dans(iuelques conditions et
à quel moment il fut transporté à l’hôpital. Ayant repris connaissance, il remarqua
que toute la moitié gauche de la face était fortement enflée. Une semaine après, il
était atteint de fièvre typhoïde et 4 semaines plus lard de typhus exanthématique.
Pendant tout le temps que durèrent ces deux maladies, l’enflure de la joue persista
et, environ 4 mois après la blessure, le malade remarqua que son oreille gauche laissait
sourdre du pus. Un spécialiste diagnostique à ce moment la présence d’une fistule dans
le conduit, auditif externe, sans perforation du tympan. Une incision ayant été faite
au niveau de la blessure primitive, l’enflure de larda pas à diminuer, et la face reprit
peu à pou son aspect normal. Environ un mois plus lard, le malade s’aperçut que, lors¬
qu’il mangeait, la moitié gauche de sa face devenait le siège d’une transpiration abon¬
dante accompagnée on môme temps d’un vit sentiment de chaleur. Ces symptômes
augmentèrent peu à peu,(il(iuelques mois plus tard, ils devinrent assez prononcés pour
attirer l’attention de l’entourage. Le malade vint à celle époque consulter un médecin,
nonjioint tant à cause de ses quelques malaises (|ue de la gène morale qu’il éprouvait.
En éffW^^l était convaincu que cette transpiration anormale était mise sur le compte
d’unie troi» grande « voracité » et il en avait honte. Sur les conseils de ce médecin, le
malade se présenta à notre clinique au début de janvier. Bien d’intéressant à noter
dans les antécédents du malade. La réaction de Bordet-Wassermann, pratiquée dans
le sang, a donné un résultat négatif.
Examen du malade : Les muscles sont bien développés, on note une légère scoliose
au niveau de la région dorsale ; la 10<’ côte du côté droit est mobile. 11 y a de l’hypor-
excitabilité vasomotrice, le malade rougit à l’occasion de la moindre émotion. Les mains
présentent une légère cyanose et une moiteur constante. En général, le malade trans¬
pire trop facilement ; ainsi, à la suile d’une marche forcée, le corps entier cl la face se
couvrent de sueur, fin constate nue légère asymétriedela face, s’exprimant par un rc-
foulemonl en airière de la joue gauche cl par une déviation à gauclie de la cloison na¬
sale. Cette asymétrie est déjà visible sur une photographie faite bien avant la blessure
de la face. C’est probablement cette asymétrie qui a donné lieu aux légères anomalies
d’innervation que l’on observe du côté gauche de la face et qui d’ailleurs n’ont que
peu d’importance ; pli naso-labial gauche légèrement plus accentué (d, par contre,,
innervation du front au cours de la mimique un peu moins marquée. L’examen élec¬
trique du nerf facial n’a rien présenté d’anormal. Le conduit auditif externe est nor¬
mal. Derrièe l’angle gauche de la mâchoire inférieure, on sent à la palpation Tine tu¬
meur de consistance dure ayant à peu près le volume d’un hariccd. Cette tumeur légè¬
rement adhérente à la peau est toutefois mobile ; elle est un peu douloureuse à la pression.
On n’arrive point à |)alper la parotide du côté malade, alors que du côté opposé ell(!
est nidlement décelable. L’état général du système nerveux reste normal ; on note,
toutefois, au niveau de la face, les symptômes suivants :
A gauche, la pupille et la fenti^ palpébrale sont un peu plus larges fpie du côté ilroit.
Dans la région qui correspom' presque exactement au domaine du nerf auriculo-tern-
poral, on observe l’hyperesthésie do tous les modes do sensibilité. Lor.sque le mulad(!
mange ou bien lorsqu’il suce un bonbon, on note du côté gauche et au bout d’environ
1 à 2 minutes, une rougeur de la face, une élévation de la température locale et une abon¬
dante transpiration. La sueur, apparue d’abord sous forme do grosses gouttelettes, s’é¬
coule après leur fusion en véritables rigoles Ces symptômes n’ap|iaraisscnt pas lors¬
que le malade prend dos aliments lirpudes. Le territoire de la face intéressé par les phé¬
nomènes décrits ci-dessus se |)résent(^ sous la forme d’un triangle, doid. la base corres¬
pond à la limite d’implantation du pavillon de l’oreille et dont h^ sommet s’étend [U'cs-
(pje jusqu’à la commissure des lèvres. L’angle supérieur di^ ce triangle tronqué pénètre
tians la région du cuir chevelu. Les mouveinetd s de mastication seuls, sans aliments,
ainsi ([ue l’excitation par le toucher di' la miupieuse linguale ne [irovoquent a\icun de
ces troubles.
l’ar coid re, ils apparaissent chaipjc loisq.i’ou irrite la parlie pusUrierre de lu muqueuse
LE SYNDROME DU NERF AURICULO-TEMPORAL
09
linguale par des excitations gustatives et sans que les mouvements de mastication mi
de succion interviennent. Ajoutons que la moindre émotion occasionne également une
sueur profuse, non seulement dans les régions de la face habituellement en cause chez
les individus sains, nez et front, mais aussi dans notre triangle pathologique, et cela
même en dehors de tout acte de mastication. En examinant la bouche de notre malade,
nous constatons d’autre part que la muqueuse de la région rhoyenne de la joue gauche
est moins humide que celle de droite et que son aspect est beaucoup plus mat. Ces
caractères apparaissent encore plus nettement A la suite d’une injection de pilocarpine.
On observe enfin, toujours à gauche et au niveau du cou, une hypertonie pilomotrice
presque constante qui affecte une région limitée en dedans par la ligne médiane et en
ih^hors par le muscle sterno-cléido-mastoïdien. Les épreuves pharmacologiques ont
donné les résultats suivants :
A la suite d’une injection sous-cutanée d’un milligramme d’atropine, nous avons
noté une séchere.sse de la muqueuse buccale qui dura environ 3 heures. Pendant cet
espace de temps, les aliments consommés n’ont provoqué ni transpiration ni lougeur
au niveau de la partie inférieure du triangle pathologique, tandis que sa partie, supé¬
rieure SC couvrait d’\ine très légère sueur. La limite de ces deux régions est donnée par
une ligne horizontale passant par l’os malaire. Une injection de 1/10 de milligramme
d’adrénaline est restée sans effet au point de vue de la transpiration lorsque le malade
s’est mis à manger, mais par contre on a noté que la région temporale et mentonnière
du môme côté ont pré.scnté par rapport au côté opposé, un abaissement thermique
facile fl constater avec la main et une certaine pâleur. La réaction générale à l’adrénaline
était plutôt médiocre. Après l’injection de 1 centigramme de pilocarpine, on a noté
une salivation abondante non accompagnée de rougeur. Mais, tandis qu’à droite, le
canal de Sténon donnait issue à de la salive fluide, à gauche on remarquait à l’orifice,
du canal des gouttelettes d’une salive beaucoup plus épaisse et mousseuse. En mêm»"
temps, on constatait que l’orifice du canal do Sténon était plus béant à gauche qu’à
droite, l'ar ailleurs, l’injection de pilocarpine n’a donnélieu, sur le reste du corps, qu’î,
une sudation médiocre. Sur la face notamment, la sueur est apparue au niveau des
régions habituellement enclines à la transpiration et aussi, d’une faç;on très accentuée;
au niveau do notre triangle pathologique. Insistons sur ce fait que la tran.spiration
manquait totalement au niveau de la région analogue (hi côté opposé, c’est-à-dire du
côté sain. En taisant manger notre malade alorsque l’action de la pilocarpine e.ommen-
(,;ait à faiblir nous avons remarqué que la transpiration a\i niveau de la région patho¬
logique devenait beaucoup plus intense que dans les conditions habituelles. Sous l'in¬
fluence de la piocarpine, le phénomène iiilomoteur d'inteiiÿté normale n’est appar\i
sur les téguments qu’à la suite de plusieurs excitations et l’hypertonie persistante des
muscles pilomoteurs du cou n’a présenté aucune différence. Une injection hypoder¬
mique de 1 miiligramme de physostygminc a provoqué de la ])àleur et un abaissement
thermique au niveau de la m( itié gauche de la face et, au i)oint de vue général, un léger
■'tat nauséeux, yuant au nitrate d’amylo, son action tut idcntiqiu' sur les deux moi¬
tiés de la lace.
Ajoutons qu’un chifurgien avait effectué, indépendamment de no\is. une injection
d’alcool dans la région du nerf facial, au voisinag(' de la cicatrice. Après cette injection
il n’y eut pas de parésie faciale, mais durant (piehiues jours, la région i>aLbologique de
la face ne rougissait i>lus au cours du manger, sa température au lieu de s’élever pré¬
sentait au contraire un abaissement notable et la transpiration était moins intense
que d’habitude. IJ(! plus, pendant ces quelques jours, la cicatrice restait indolore et
insensible à la pression. On peut admettre que l’alcool injecté avait |iénétré non dans
le nerf facial mais dans le nerf aiiric do-temporal soudé à la cicatrice. C’est à cette
date que nous avons pratiqué nos injections d’adrénaline et de i)hysostygmine.
Dans 1(1 cas dccriL ci-dessus, le diagnuslic s’oric'iitc spontanément vers
une affection du nerf auriculo-temporal dont les symptômes d’irritation
ressortent au premier plan, ii savoir: l» une liypeia'sthésie de la {(eau, pour
100
LUCIE EHEY
tous les modes de sensibilité de la région innervée par ee nerf ; 2° une sueur
profuse y apparaissant constamment à la suite d’une émotion, d’un effort
physique ou sous l’influence de la pilocarpine et d’autant plus remarquabh;
que eette région ne participe d’habitude qu’à un faible degré à la sudation
de la face. Le territoire placé sous la dépendance du nerf auriculo-tempo-
ral se couvre également de sueur lorsque le malade mange, ce qui est dû,
comme nous l’avons démontré au réflexe, provoqué par les excitations
gustatives. Nous reviendrons plus loin sur ee détail. Enfin :3o larougeur et
l’élévation de la température dans la région en question trahissent de mêm»'
l’état d’irritation du nerf. On admet en général que presque toutes les fibres
sudoripares (2) et vasomotrices (3) d’une région donnée, sont incluses dans
les neufs sensitifs de cette région; dans notre cas, elles feraient donc parties
du nerf auriculo-temporal. A côté des symptômes d’irritation, l’atteinte
du nerf auriculo-teemporal se décèle encore par les troubles quantitatifs
(d. cpialilatifs de la sécrétion de la parotide; qui est innervée par de'.s fibreis
provenant de ce nerf. D’après les physiologistes, l’action de la glande;
pareAidienne est réglée par le nerf glosso-pharyngien du système parasym¬
pathique (salive fluide) e;t par des fibres du système sympathie[ue (salive
Dans Iccas qui nous intéresse, la présence d’une salive jdus épaisse
^nous force donc à admettre que chez notre malade la sécrétion s’effectue
V.,.» -^'yus l’influence prépondérante du système sympathique et que les fibres
; ' ÿ .parasympathiques ont parli(‘llement perdu leur conductibilité. Nous cons-
/ îal^)ns donc, à côté d(; l’état d’irritation d(;s fibres à fonctions diverses, une
V — figralysie parf ielle des fibres sécrétoires parasympathiques destinées à
parotide;. Il faut naturellement tenir compte égalemi;nt des altéra¬
tions pathologiques du par(;nchyme même de la parotide, qui, de; leur
côté, ne; leeuvent influe;nce;r la .sécreition qu’au point de vue; quantitatif.
Lorsepie; nedre; malaele; mange*, la sue;ur réfleexe* qui apparaît sur le terri¬
toire ele la fae;e; inne;rvé par le; ne*rf auriculo-temporal, a pour point de départ,
e'.omme neeus l’avems ele'-jà elil, les e;xe itations gustatives de; la partie* jeeeste;-
rie;ure; de; la langue*. L’are* réflexe; ([ui e;ntre* ie'i en jeu est pi'eibablement le;
meême; e[ue; e*e;hii e[ui règle* la se*e;rél ieen ])hysie)le)gie(ue* ele; la jeareetide;. En voie*i
le; traje'l : h'S fibre;s giisl al ive*s gague*iit ])ar la veiie; élu ne;rt glees.sej-pharyngien
le netyau inférie*ur salivaire;. Le; neeyau, ele; seul eeefté, elemne naissane*e; à ele;
nouve;lle;s fibre;s qui e*mprunle*nt égale‘me;n1, la voie; du glossei-pharyngien
pour se elirige*]* ve;rs le; ganglieui pétreux ; e*lle;s pénètre;nt e;nsuite; élans le;
nerf tympanieiue; ele; Jae*edison e*t suive*nt enfin la voie élu pe;tit nerf pétreux
profond. Avec e;e nerf, les fibres atteigne;nt le; ganglion otie[ue dans le*que;l
e;lle;s .s’inte;rre)mpe;nt e;n s’artie*ulant avee*. les ce*llules ganglieuinaires. Le;s
fibre;s po.st-ganglionnaire*s che'minent à le;ur tour le; long élu nerf auriculo-
temporal (rameau de la 3® branche; élu trijumeau) pour arriver enfin à la
parotide; (voir figure p. 101 ) (1 ). Noussavonsd’autrepart(notamme;nteraprès
Mülle*r) ejue; le;s fibres sympathiques pénètre*nt aussi dans le ganglion otique.
(I) eirlle; liKiie'e' e*sf e*e'|ii*()eliiiLe', iive'e; eioe*l((iie;s ltiei(li(ie;iil ieiiis, el’aprees le; .‘icleéma eje
Mülle)i', Dm reijvldtirc IS’criu’iisjiUm, lie rlin, l'J*.ie», peejfe; 75.
LE SYNDROME DU NERF AURICULO-TEMPORAL
]Ü1
Ces fibres ayant pris naissance dans le ganglion cervical supérieur montent
le long des vaisseaux du cou et de leurs différentes branches ; elles arrivent
ainsi à l’artère temporale, d’où elles se détachent pour gagner le ganglion
otique. A la sortie de ce ganglion, elles pénètrent dans le nerf auriculo-
temporal. Il est donc fort probable que ce soient justement ces fibres sudo-
ripares et vasomotrices 'qui engendrent le réflexe sudatif et vasomoteur
présenté par notre sujet. Nous voulons encore mentionner que cette suda¬
tion réflexe fait partie d’un ensemble de phénomènes d’ordre végétatif
Fig. 1.
pouvant exister également, à un faible degré toutefois, chez des individus
sains, au cours de Kactedu manger. A la suite de certaines excitations gus¬
tatives, ces phénomènes acquièrent parfois, toujours chez des personnes
bien portantes, une importance exceptionnelle (1). De même ces phéno¬
mènes offrent une intensité plus considérable au cours des périodes de
convalescence qui suivent les maladies graves (rougeur de toute la face,
sudation et sensation générale de chaleur).
Dans notre cas, l’état d’irritation du nerf auriculo-temporal affecte en
(1) Celle queslion a 616 6lii(ii6o nolammcnl par Brown-S6quard, qui pr6scnfail lui-
même ce p6nible réflexe. Sa figure se couvrail d’une sueur protuse chaque fois qu’il
consommail des alimenls sucrés ou épicés. Or, ccl aulcur a remarqué que la masli-
calion par elle-même ne jouail aucun rôle dans la prodiiclion do ce réflexe, celui-ci
n élanl nullemenl produil par les aulrcs oxcilants guslalifs.
102
LUCIE F RK Y
premier lieu la plupart des libres végétatives de ce nerf. Il offre deux carac¬
tères spéciaux : 1° il ne présente aucun des symptômes habituels de
l’irritation sensitive paresthésie et douleurs, et 2° il ne se révèle que dans
certaines conditions, notamment lorsque le malade mange, à la suite des
injections de pilocarpine, etc. En conséquence, on peut considérer cet état
«l’irritation comme existant plutôt à l’état latent. Sa révélation, l’irritation
vive d(is fibres végétatives du nerf auriculo-temporal, observée uniquement
du côté pathologiqiu! pendant que le malade mange, résuit » du fait que
l’excitation physiologique, par («xemple réflexe, insuflisante par elle-même
I)our (!ng(!ndrer les symptômes en cause, se superpose à cet état latent
d’irritation pathologique. Et c’est l’association de ces deux facteurs qui
donne naissance aux symptômes décrits précédemment, indices évidents
d’une irritation réelle des fibres végétatives du nerf auriculo-temporal.
Il nous reste à expliquer deux autres symptômes : l’hypertoriie des
muscles pilomoteurs du cou et la dilatation de la pupille. On peut les ratta¬
cher à la propriété singulière de réaction du système végétatif que Thomas
a désigné»; sous le nom de répercussivilé. Cet auteur cite un grand nombr<;
de cas dans lesquels l’hypertonie constante ou bien la réflexibilité pilomo-
trice exagérée ne se limitaient pas à la région du nerf lésé, mais envahissaient
également b; terrain avoisinant. C’est ainsi qu’on observe une exagération
du tonus i)ilomoteur de tout le membre supéri«;ur dans les cas où seul le
nerf médian (;st atteint. En ce «pii «uincern»; notre malade, l’irritation peut
donc bien s’cîtendre aux régions voisines et se traduire par une hypertonie
des muscles pilomoteurs du cou. La dilatation de la pupille rentre de même
dans h; cadre de la répercussivité. C’est donc un symptôme banal qui
existe également dans diverses autres affections non nerveuses et à locali¬
sations plus ou moins éloignées. (Symptôme de Roque.)
Ajoutons encîore quelques mots pour essayer d’éclaircir l’étiologie de
cette irritation du nerf auriculo-temporal présentée par notre malade. Le
nerf auriculo-temporal traverse le parenchyme de la parotide et en sort
«ud.r(! rai)ophyse styloïch; «T l’angle de la mâchoire inférieure. Cet espace
correspond bien au siège de la blesSurt; primitive et de rint«;rvention chirur¬
gicale;. L’irritation du nerf peut donc, rel(;ver de sa compression par des
cicatrices résultant d’unt; suppuration prolongée ou bien elle peut être la
conséquenci; d’une névrite provoquée par le voisinage du foyer purulent.
La première de ces causes nous paraît plus plausible, les symptômes chez
notre malade n’étant apparus que tardivement, au cours de la période dt;
cicatrisation.
En ce qui concerne le symptôme le plus gênant pour notre malade, c’est-
à-dir(; la sudation excessive d<; la région parotidienne de la face, nous
yiouvions choisir entre [)lusieurs traitements. Nous avions l’intention d«;
(;onfi(;r nolr«; maladt; aux mains d’un chirurgien «yui ferait l’ablation des
cicatrices «;1, libérerait ainsi le n«;rf «ju’clles compriment. L’est là certes une
intervention délicat»; au s(;in d’iiru; région très complexe au point de vue
anatomi<HH‘. Li‘tt«; oj)ération exige en premier lieu une connaissance
j)arfaite d«; la topographie régionale, car il faut évit«;r avant tout de léser
LE SYNDROME DU NERF AURICULO-TEMPORAL
103
le nerf facial. Nous avions pensé également à la possibilité d’une neurolyse
alcoolique ou même d’une extirpation partielle du nerf auriculo-temporal.
L(îs symptômes consécutifs à cette intervention radicale, anesthésie de la
peau et arrêt de la sécrétion parotidienne du côté opéré, n’auraient présenté
que peu d’importance. De même, il n’y avait paslieude craindre l’asymé¬
trie faciale produite par l’atrophie totale de la glande, celle-ci devant être
compensée, à ce point de vue, par la présence du tissu cicatriciel. Malheu¬
reusement, nous avons perdu de vue le malade à sa sortie de notre service.
Il nous a donc été impossible de vérifier d’une façon indiscutable, par une
opération, la justesse de notre opinion.
En dehors du cas de Lipsztat (1) publié en polonais, je n’ai rien rencon¬
tré d’analogue dansla littérature médicale actuelle. Par contre, j’ai trouvé
dans des publications un peu plus anciennes un assez grand nombre de cas
de « sudation parotidienne » au cours du manger, ce qui correspond évidem¬
ment à l’affection que nous avons observée. C’est ainsi que nous avons lu
les cas publiésparBaillarger(2),Bergounhioux(3), Botkin(4),Bouveret(5),
Royer (6), etc. Dans le cas de Botkin, ainsique dans la majorité des cas
cités par les auteurs mentionnés ci-dessus, la sudation pathologique était
consécutive à une suppuration de la glande parotide ; lorsque le malade
mangeait, on voyait apparaître une sueur exagérée sur presque toute la
moitié de la face ainsi que sur la moitié homologue du corps (répercussi-
vité de Thomas.)
Au point de vue historique, rappelons qu’à l’occasion de ces différents cas
il s’éleva jadis une polémique assez vive entre Baillarger et Bergounhioux.
Le premier de ces auteurs soutenait que cette sécrétion exagérée était
constituée par delà salive qui par suite de l’oblitération du canal deSténon
se faisait jour au dehors à travers la peau. Bergounhioux, par contre, se
basant sur la réation acide du liquide sécrété réussit â"'dénioiltreT''(^’il
s’agissait là de sueur. Llhjjpot4iéséd»iB’aillargOT érttatflaê»» soutenue parlé
physiologiste Bérar4<df;|d«IBitfino mnaiiolmaiiét'«ikM>i«d,qué.<d)aéflÀôa!U
allemand Ilenle était atteint de la même affection, consécutive h une
parotidite apparue âu cours d’une fièvre typhoïde.
Les auteurs cités ci-dessus, de même -que Lipsztat, ne rattachent point
ces troubles de la' sudation à la lésion d’un nerf nettement déterminé et
spécifié. La bibliographie citée prouve que l’alTection dont nous nous occu¬
pons est relativement fréquente. Des cas identiques ont dû souvent appa¬
raître au cours de la dernière grande guerre, à la suite des blessures plus
ou moins compliquées de la glande parotide et de la région avoisinante.
Le manque complet de publications à ce sujet prouve uniquement le peu
(1) Neurolngia polsica, fasc. 6, 1922,
(2) Gaz. (le Pari-t, 1853 (cit6 d’après Botkin).
13) Gaz. des Hôpitaux, 1859 (cité d'après Raymond. Arch. de Neurol. 1888).
4 BerL.kl. Wcchcnschrift, 1875.
5 Thèse de Paris, 1880 (cité d’après Raymond).
6) Journal sur la pliys. de l'homme et des an., 1857 (cité d’après Botkin).
7) Cité d’après Botkin.
104
LUCIE F RE Y
d’intérêt, ([uo ce symptôme présentait aux yeux des observateurs. Il ne
faut pas oublier, en eiïet, que la neurologie jusqu’à ces temps derniers
s’intéressait peu à la pathologie des symptômes végétatifs périphériques.
Notre publication constitue une modeste contribution à l’étude de la
pathologie des fibres d’origine végétative. L’ajfeclion du nerf aurimlo-
lemporal penl donner lieu à un sjindrome conslilué en premier lieu par des
syniplômes véyélalifs : sécréloires [glande parolide.) sudoripares el vasomo-
leurs el peul-êlre aussi dans cerlains cas spéciaux par des syniplômes Iroplii-
ques. En ce qui concerne les symplùmes principaux de noire syndrome [vaso-
moleurs el sudoripares), il semble que leur caractère spécial esl dû à leur genèse
par voie réflexe, à la suite d’ excilalions gustatives agissant sur le nerf glosso-
pliaryngien. Par ce caraclère spécial et par les troubles apparaissant dans la
région qui correspond au lerriloire de la face innervé par le nerf auriculo-
lemporal, les symptômes cilés ci-dessus peuvent être considérés comme palho-
gnornoniques d’une affeclion du nerf auriculo-lemporal. Une dernière preuve
(in faveur de cette localisation nous est donnée par le® trouble- de la sensi¬
bilité superficielle en rapport avec le territoire du nerf incriminé. Grâce
à la propriété qu’ont les systèmes végétatifs de réagir par répercussivité,
les troubles du début peuvent s’étendre au fur et à mesure et envahir
peu à peu des terrains plus ou moins éloignés (phénomènes sudoripares
dans le cas de Botkin, vasomoteurs et pilomoteurs dans notre cas). Nous
n’avons envisagé ici que le syndrome d’irritation. Mais il serait possible
d’observer également, dans certaines ccmditions, des syndromes mixtes
avec symptômes de parésie et d’irritation. Notre cas rentrerait donc dans
cette catégorie, puisque nous étions enclins à admettre, comme nous,
l’avons dit précédemment, une interruption de la conductibilité pour les
fibres sécrétoires parotidiennes d’origine parasympathique.
Il iBnufltt'ThfWM CAS. cités plus haut et sur notre propre observa-
'tjoBqBO«*)Voyon»Vqii)Bi(llii8U»pill-à«t«bé»(^a4gioa parotidienne domine
loùh»IIéfcioH)gi*idft.i;aifactioimdui Oorft au8ietflo4'ièh»t)8ral.
■ n'-'fv^Tls Müô/ff a! sb
II
CAUSES ET TRAITEMENT DE CERTAINS CAS
DE NÉVRALGIES DU TRIJUMEAU DITES
« ESSENTIELLES »
DUFOURMENTEL et BÉHAGUE
(Travail des services de MM. Pierre M\rib et SebilIeau)
(Société de Neurologie de Paris. Séanee du 7 juillet 1923)
Il était admiî jusqu’ici que les névralgies faciales pouvaient se diviser
■en deux catégories. Les unes, caractérisées cliniquement par une douleur
sourde, conslanle, s’exacerbant par instants, relevaient le plus souvent
d’une suppuration des sinus de la face. Les autres étaient des névralgies
essentiellement inlemiillenles el transitoires. La douleur suraiguë ne durait
que quelques secondes, puis disparaissait, ne laissant derrière elle aucune
trace jusqu’à ce qu’un nouveau mouvement, une parole, un frôlement,
déclanche une nouvelle crise. Acette dernière catégorie de névralgie faciale
dont la cause était inconnue, on réservait le terme d’ « essentielle » ; nous
allons en citer dix cas. ' '
««fl îiM-ftn osmw/ei i
Observation I. — Sinfti 6* “«fft f depuis aMKtWM d» d«ul*Urs intentltt'-
tentes, no lais.sant ancdne'tfHCi^'SM^ d’unipoS«ie*l|N»6
au niveau de l’articiilàtion temporo-maxillaire dïoltc' é«W»â<lite*f»»«r9’ ie^lniaJiUtaftre
inférieur et la lèvre iinerieOTé'.- Douze injections d’alcool faites à différentes réprisés
dans le nerf maxillaire inférieur au niveau du trou ovale ont amené des soulagements
d’une durée variant jentro cinq et huit mois, mais toujours des douleurs ontréapparu,
la dernière fois le 25 mai 1923.
La malade vient consulter dans le service du pi Pierre Marie. L’ionisation d’une solu¬
tion d’aconitinc, pratiquée suivant la méthode décrite par MM. Juslcr et Lhémann,
le soulage rapidement. Il ne persiste alors qu'une douleur sourde, continue, de la région
temporo-maxillaire. L’un de nous, dont l’attention avait été attirée précédemment (1)
par un cas de névralgie faciale dite «essentielle» relevant d’une purulence des sinus
maxillaires, examina supcrncicllement la perméabilité nasale du malade. Celle-ci se
révéla très diminuée du côté droit. Le malade fut envoyé à la consultation de Lariboi¬
sière où l’un do nous constata une énorme hypertrophie du eornet moyen à droite formant
une véritable tumeur s’étendant en arrière jusqu’au cavum, tombant en bas jusque sur
le dos du cornet inférieur.
(1) P. Béiiagnb, .JusteroL LfîiiMVNN. Di iguostic étiologique do quelques névralgies
acialos « dites essentielles » posé après ioniiation intensive d’aconitine. Société de Neti-
rotogie de Paris, 3 mai 1923.
106
DUFOURMENTEL ET liEIIAGUE
OnSF.nvATiON II. — Mar. Annollo, 53 ans, souffre depuis dix ans d’une douleur ex-
trèmemenL vive, survenant par crises, irradiant dans toute l’hémitace droite et débu¬
tant au niveau de, l’émergence du mentonnior. De plus, depuis cinq ans, lorsqu’elle
se mouchait, ou qu’elle se lavait, ou encore qu’elle mangeait très chaud, une douleur ne
durant que l’espace d’un éclair traversait la joue droite. Entre les crises : ni gêne, ni
douleur. Traitée par des cachets dont elle ne connaît pas la composition, cette malade
vient consulter le 13 avril 1923 dans le service du Professeur Pierre Marie. Mise au trai¬
tement par ionisation d’aconitine, les crises disparaissent rapidement ; il ne persile
qu'une douteur sourde, complètement différente de la névralgie, correspondanl au niveau
de la pré-molaire inférieure droite. Cette douleur apparaît au changement de temps, ou
lorsque la malade m,''iche quelque chose de dur sur la dent incriminée. Le 19 avril,
cette dernière gêne a même disparu; la malade est suffisamment soulagée pour être
examinée complètement le 30 mai 1923, par le D' Dufourmentel, qui constate les lésions
suivantes : toute l’étendue de la fosse nasale gauche et le méat inférieur à droite sont
en état d’atrophie. Le passage de l’air y est abondant et facile. Mais la muqueuse est
sèche et revêtue de quelq' s croûtes légèrement fétides. Par contre, le eornelmoijen du
eOlé droit est très hypertrophié et étroitement enserré entre la cloison et la paroi du sinus
maxillaire. Cette hypertrophie s’étend en arrière jusqu’ù son extrémité qui tombe dans
le rhino-pharynx.Le traitement, imméiliatement appliqué, comporte les badigeonnages
à la cocaïne adrénalinée suivie de nitrate d’argent à 1-30. Le 9 juin, la malade déclare
qu’elle est presque entièrement soulagée et qu’cdle n’a plus ressenti qu’une légère dou¬
leur au niveau du nerf mentonnier.
OuSERVATioN II 1. — Dro. .lustino, 59 ans, a depuis quinze ans de très violentes dou¬
leurs, survenant par crises de une é deux minutes, débutant dans la lèvre su¬
périeure et se propageant vers l’oreille, traversant ainsi toutes la région innervée par
le nerf maxillaire supérieur droit. Ces crises, il y a quinze ans, ont duré un an, puis ont
disparu sans cause jusipi’à il y a trois ans. Depuis l’hiver dernier, elles sont plus fré¬
quentes encore, bien (pi’il y ait eu une accalmie en mars et en avril. En mai, il existe
environ oin(i à six crises par jour.
Le 28 mai 1923, la malade vient consulter dans le service du P' Pierre Marie, et mal¬
gré un traitement intensif par l’ionisation, on ne constate aucune amélioration. La
réaction de Hordet-WasKumiann étant négative, la malade est envoyée dans le ser¬
vice d’ülü-rhino-laryngologie de Lariboisière.
L’examen révèle une hypertrophie elhmoïdate .strictement localisée à droite. Le méat
W|»^ieur 4ti4«<a*énl BBOtiMi, iimw’inéaMee 4IMaM ik la cocaïne adrénalinée,
-Le traitement est pour-
auiviifianla cneatee eé4ft>nttrate’4l'argenL,elle 22JulBTa malade déclare qu’(dle ne souf¬
fre plus dans la région péri-nasale ; (7(ie/7«e» diouleurt atlénutes'jp paraissent encore dans
la lèvre supérieure.
OnsRiivATioN. IV. — • Ojip. Célesline, GG ans, vient consulter dans le service du
I”' Pierre Marie le 5 mai 1923 jiour une névralgii! faciale droite, datant de dix ans.
Croyant ù l’origine dentaire de ses douleurs, elle fait arracher ses dents droites, mais
cela n’améliore pas sa situation. Elle avait en moyenne une ou doux crises par semaine,
mais depuis février, elle a environ trois crises par jour. Le moindre contact les déclanche,
surtout si l’on effleure la face interne de la joue. La douleur commence k la partie supé¬
rieure du sillon naso-génien et irradie vers toute la joue ; elles sont telles que l’œil
droit se ferme’; elles d\irent quelques instantset disparaissent, ne laissant aucune trace
entre! elles. La réaction de liordet-Wassermann du sang est négative. Mise è l’ionisa¬
tion d’aconiline le 8 mars, après huit jours de traitemeul, les crises sont beaucoup
moins fortes et plus espacées.
Le 10 avril, les grands paroxysmes douloureux ont disparu. Il persiste seulement
une petite douleur au niveau de la foue droite, au-dessus de ta lèvre supérieure, apparais¬
sant lorsipie la malade, se mouche. Elle peut cependant se laver sans avoir de douleur
névralgi([ue. Le traitement est suspendu, les élane.ements reparaissent lors(pie la ma¬
lade se lav(! et se mouche. Le 19 mai il y a encore réelle amélioration sur l’état anté-
CAUSHS ET TRAITEMENT DE CERTAINS CAS DE NÉVRALGIES 107
rieur, mais les crises. ont reparu. La malade ept envoyée dans le service d’olo-rhino-
laryngologio de Lariboisière, le 30 mai 1923, où l’on constate une elhmoïdile suppurée
bilatérale avec polypes mulliples. Les lésions sont nettement plus accentuées dans la
moitié antérieure du côté gauche et dans la moitié postérieure du côté droit.
Observation V. — Ion. -Marie, 60 ans, est prise en 1915, en se mouchant ou en se
lavant, ou sans cause apparente, de douleurs débutant à l’angle interne del’œil gauche
et irradiant vers la lèvre supérieure et les dents. Ces douleurs, extrêmement vives, ne
persistent que quelques secondes et disparaissent ensuite complètement. Très rares
au début, les crises vont se rapprochant, gardant leur caractère et leur localisation. En
1918, elles deviennent subintrantes (60 on une journée) et empêchent la malade de
dormir et de manger.
A cette époque, on tait à la malade l’ablation du cornet gauche après anesthésie à
l’éther : les crises disparaissent après l’opération et ne reparaissent qu’en 1919. A cette
date, l’un de nous lui fait une injection d’alcool dans le sous-orbitaire gauche : les
crises disparaissent douze mois et reparaissent, mais très atténuées, durant huit
mois. En mai 1921, nouvelle injection d’alcool piocurant une amélioration totale
durant trois mois ; en septembre 1921, autre injection ; soulagement six mois. Depuis
lors les crises ont reparu presque tous les jours surtout le matin et le soir, donnant
une sensation de piqûre et de brûlure profoin'es ; elles apparaissent principalement
après un attouchement de la lèvre supérieure.
En mars 1923, ionisation d’aconitine. Au bout de six séances, amélioration très nette ;
les crises disparaissent et ne se manifestent plus que sous forme de batlemenl au milieu
de la moitié droite de la lèvre supérieure gauche. La malade est envoyée le 29 mai 1923
à la consultation d’oto-rhino-laryngologie de Lariboisière où l’on constate une elhmoï¬
dile nette à gauche : les cornets moyen et supérieur sont hyperl <,phiés, revêtus de sécré¬
tions desséchées et de sang.
Sous l’influence du traitement local par la cocaïne adrénalinée et l’argyrol, la malade
est à peu près débarrassée de ses douleurs à la date du 11 juin. Sous l’influencedecette
amélioration et par suite de circonstances étrangères (mort de son mari le 12 juin),
elle cesse tout traitement. Los douleurs réapparaissent progressivement, si bien qu’elle
revient se faire soigner le 22 ; nouvelle amélioration progressive jusqu’au 29 où elle se
dérlare très soulagée.
Observation VL — Dub. Charles, 48 ans, présente dejfiis 1913 des crises de né¬
vralgie faciale dans le domaine du sous-orbitaire et du maxillaire inférieur gauîhe.
Ces névralgies se manifestaient sous forme de douleurs très vives (pincements profonds)
durant une ù deux minutes et s’accompagnaient de salivation. Il était parfois plusieurs
mois sans en avoir, mais quand il en avait, elles apparaissaient cinq à six fois par jour
pondant une période d’environ dix mois ; puis elles disparaissaient à nouveau pour
reparaître longtemps après. En 1919, une injection d’alcool dans le trijumeau amène
une guérison complète jusqu’en septembre 1922, époque à laquelle il ressent quelques
petits chatouillements. Les grandes crises réapparaissent le 4 mai 1923, très violentes,
presque subintrantes, plus fréquentes la nuit que le jour. Le 8 mai, ionisation d’aco-
nitino donnant une amélioration permettant au malade de manger et de dormir. A la
dixième séance, les grandes crises ont entièrement disparu, mais il persiste de petites
crises caractérisées par des douleurs moins vives, apparaissant lorsque le malade cause
et avale sa salive. Celle douleur part de Tangle du maxillaire inférieur ou de Tarticulalion
lemporo-maxillaire et irradie jusqu’au menton. Sur ce symptôme, l’ionisation d’aconi¬
tine [irolongée n’a eue aucune action. Le malade est envoyé ù la consultation d’oto-
rhino-laryngologie do Lariboisière. On constate une rhinite hypertrophique diffuse. Mais
les cornets inférieur et moyen à droite sont fortement échancrés par des raies do feu
profondes. Le malade raconte en effet qu’il est en traitement chez le D' Chauveau où
l’on a commencé à diminuer l’épaississement de la muqueuse dans les régions les
plus hypertropliiées.
Le malade ne peut suivre son traitement à Lariboisière et préfère se faire traiter à
la clinique du D' Chauveau. A la suite du traitement et presque immédiatement.
108
nUFOUHMENTEL ET litillAGUE
toutes les crises disparaissent ; il ne persiste qu’une giinc légère do l’articulation tem-
poro-rnaxillaire, mais sans auwine irradiation, à la date du 2 juillet.
OiîSF.nvATioN VII.— Dod. Edouard, 14 ans, présente une névrite liypcrtropliiquo
familiale (type Pierre Marie). En outre, névralgie faciale gauche, depuis onze ans, cou¬
vrant toute l’hémiface gauche et s’accompagnant de larmoiement, de salivation et
de sécrétion abondante de mucus nasal. Les doidiuirs surviennent par crises, ne d\ircnt
que quelques instants et disparaissent, ne laissant aucune trace derrière elles. Il y a
deux ans, injection de cocaïne dans li^ maxillaire inférieur, amenant un soulagement
pendant quinze jours : alco(disation, cessation ite doideiirs iiendant un an. Celles-ci
réap])araissenl en février 1922 ; nouvelle alcoolisation, nouveau soidagement, mais
persistance do quelques petites crises très légères. En janvier 1923, ces crises se rai)pro-
chent et deviennent de plus en plus vives ; les douleurs débutent par le maxillaire infé-
riimr. .Survenant sans cause, elles durent de quelques secondes è quelques minutes et
•sont comparables à des brûlures et à des « déchirements de chairs » ; elles couvrent toute
l’hémiface gauche. Accalmie franche et totale entre les accès. Le malade n’est que peu
soulagé par l’ioni.sation d’aconitine.
Le 21 mai 1923, à la suite d’une pharyngite, le malade mouche du pus ; il souffre
de plus en plus et ressent môme quelques élancements dans la joue gauclic. Il est en¬
voyé le 30 mai à la consultation d’oto-rhino-laryngologie de Lariboisière. On constate
une jorle déviation de la cloison vers la gauche et une hijpertrophie considérable du cornet
moyen cl de tout le labyrinthe elhmoïdal du côté correspondant. Ajjrès huit jours de trai¬
tement régulier comportant la cocaïnisation et des cautérisations au nitrate d’argent
et au gai vanocau 1ère, on obtient une amélioration considérable. Il est à noter que le
soulagement a nettement et immédiatement suivi l’évacuation par la narine gaïiche
d’une grosse masse de mucosités épaisses, après quoi les douleurs ont prescpie totale¬
ment disparau.
OnsnnvATiON VIII. — .Men. Charles, 54 ans, névralgie faciale gauche datant de neuf
ans, débutant au-dessous de l’roil et gagnant secondairement le front jusqu’aux che¬
veux. Une injection d'alcool dans le nerf sous-orbitaire, faite on 1921. amène un sou¬
lagement de dix-huit mois. Depuis le 29 mars 1923, crises extrêmement violentes
dans le domaine des nerfs sous-orhitaire et sus-orbitaire. Ces accès durent quelques
secondes, puis disparaissent ne laissant aucune trace. Le malade les déclanche en se
touchant la joue ou en ramenant la mùchoire. Mis au traitement par ionisation
d’aconitine, les douleurs diminuent de durée, de nombre et d’intensité, si bien
(pi’après douze séances le malade ne déclare plus qu’un engourdissement persis¬
tant au niveay de la fosse sous-maxitlairc ; cet engourdissement est plus prononcé i)ar
les temps humides et semble surtout siéger dans les parties profondes qui s’étendent
du |)li naso-génien gauche à l’oul du même cûté. Le malaile est (mvoyé à M. Dufoïir-
mentel, à lu consultation d’oto-rhino-laryngologie de Lariboisière, qui constate un
gonflement œdémateux généralisé du labyrinthe elhmoïdal gauche. Il est revu le 2 juillet
<'t se déclare, après traitement par la cocaïne adrénalinée et l’argyrol, en excellent état.
OusunvATioN IX. — St. Maurice, 62 ans, depuis six ans, se plaint d’une douleur
apparaissant par crises au niveau du maxillaire inférieur gauche. Cette douleur persist®
malgré l’extraction des molaires supérieures et inférieun^s de ce cûté. Une première
alcoolisation du nerf maxillaire inférieur ne donne aucun résidtat, alors qu’uno
seconde amène une accalmie de, ein([ mois après laquelle une troisième injection d’al¬
cool n’amène la cessation de la douleur (|Ue durant quinze jours. Le 17 novembre. 1922,
le malade vient dans le service du P' Pierre .Marie à la Salpêtrière, car il se plaint d’une
<loalour en éclair partant ilu tr u mentonnier inférieur gauche. Cette douleur appa¬
raît lors des moindres mouvements des maxillaires, mais parfois aussi sans motif.
L’examen du sang (réaction de Bordet-Wassermanu) est négatif. Traité pur l’ionisa¬
tion d’aconitine le 27 janvier 1923, le maladi- est soidagé dès le 8 février. Il est envoyé
alors à la consultation d’oto-rhino-laryngologie de Lariboisière oiï l’on constate l'exis¬
tence d'un lupus etendu a la fois a la fosse nasale gauche et aux téguments. Doiu; chez ce
malad(!, comnu! chez les précédents, il existait bien une lésion de la fosse nasale, mais
d une nature toute différente.
CAUSES ET TUAITEMENT DE CERTAINS CAS DE NÉVRALGIES 109
Observation X. — Fab. Jean, 58 ans, vient consulter en 1918 dans le service du
P' Pierre Marie pour une névralgie faciale dont le point de départ se trouvait au ni¬
veau du nerf soiis-orbitairc droit. Depuis ce temps, tous les cinq ou six mois, il vient
demander une injection d’alcool, dont dix furent faites dans le sous-orbitaire et une
dans le sus-orbitaire. Des douleurs partent de la fosse sous-orbitairc, se dirigeant « en
éclair » vers le front et les cheveux ; elles apparaissent sans cause appréciable. Du
2G décembre au 10 février, le malade est traité par ionisation d’aconitine, mais les dou¬
leurs persistent dans l’aile du nez et la lèvre supérieure. Les douleurs ne sont calmées
que durant le passage du courant électrique, elles reparaissent presque aussitôt après.
11 est à noter que la réaction do Bordet-Wassermann dans le sérum de cet homme est
partiellement positive. Mis au traitement spécifique par le novarsénobenzol, les dou¬
leurs diminuent. Cependant, le malade est envoyé à la consultation d’oto-rhino-laryn¬
gologie. On constate une dévialion Iris accenluie de lu moilié supérieure de la cloison,
écrasant les cornets supérieur ei moyen du côlé droit. De plus une larye perforation occupe
loul le qundranl antéro-inférieur de la cloison. II est vraisemblable que cette destruction
résulte d’un accident syphilitique, bien que le malade n’ait souvenir que de saignements
lie nez fréquents à une époque qu’il ne peut même pas préciser. Soumis au traitement
régulier, il s’améliore avec une régularité parfaite et se déclare « presque guéri » le 2
juillet.
L’étude de ces différents cas nous a frappés à plusieurs points de vue.
N’est-il pas curieux fout d’abord que sur 10 malades atteints de névral¬
gie faciale à type essentiel, fous aient présenté un état anoimal de cer¬
taines parfâes de la fosse nasale correspondante. 11 ne s’agissait pas —
nous le répétons bien — de quelques anomalies banales et dont on puisse
présumer qu’elles se rencontreraienl. chez des sujets normaux, mais bien
d’altérations jirofondes telles qu’on reste étonné que les malades qui en
étaii'nt porteurs n’aient été soumis jusqu’alors à aucun traitement.
C’est le cas des observations 1, II, IV, V, VI, VII, VIII, IX et X.
La localisat ion de ces lésions nous jiaraît jiarticulièrement importante.
Nous n’insisterons pas sur le fait évidilnment capila^ qu’elles aient tou¬
jours siégé du côté corresjiondant à la névralgie, mais sur leur topogra¬
phie dans la fosse nasali^ m'me.
Alors que dans b's cas, déjù fort nombri’ux, étudiés par runde nous (1),
de céphalées occipitales ridevant d’une cause nasale ou péri-nasalc, on
t.rouve toujours les lésions dans la partie postérieure de la cavité nasale, ici
au contraire c’est dahs la moitié antérieure qu’idlcs ont leur siège. Encore
faut-il sjiécifier ([ue c’est, dans la partie haute de cetti' moitié antérieure.
La nature même des lésions jiaraît très diverse, si bien qu’on ne peut
pas (lire que telle lésion soit, spécitiquement génératrice de névralgie du
trijumeau. Mais toutes ont un caractère commun ; elles détei minent l’obs¬
truction ou l’oblitération complète d’une ou de plusieurs des cavités facia¬
les ou crâniennes (2) noimalcmeni ouvertes dans la fosse nasale. Si bien
(1) DuroniiMENTia.. I.cs cèphiilécs p('rsisl.!inlcs en nippni l avec les sphéno-cthmnï-
ililns liilenlcs. Soriélé de Neuroloyie de Paris, 9 novembre 1922.
(2) D’ozèmiliii-mème. ilélermimMiii |iroc.essiis osseux d’épaississement et mêmed’hy-
perostose bien mis en relief par les élinles radiographiques réeeides de Heverehon et
'VVorms [Rapport au Conyrès d'oto-rhino-laryngoloyic de 1923).
DUFOVHMENTEJ. ET EÉIIAGUE
quo nous sommes enclins n donner la formule suivante : « Toute lésion
acquise ou Louie malformation eoiifçénitale des fosses nasales, entraînant
une gêne ou une suppression de l’aération des cavités annexes (sinus et
(îcllules), est susc.eptible d(! déterminer des symptômes douloureux persis-
iariLs. »
La topographie d(is cavités transformées ainsi en cavités closes nous
paraît être en relation directe avec, la topographie des douleurs, et en atten¬
dant que des divisions plus précises puissent être établies, il en est une qui
répond manibïstemcmt aux cas classés par nous.
Les oblitérations des cavités postérieures (cellules ethmoïdahis posté-
rieur(!s td, sinus sphénoïdal) entraînent des irradiations douloureuses
crâniennes avec localisat ion prédominant à la nuque.
Les oblitérations des cavités antérieui^ (cellules (Thmoïdales antérieunis,
sinus frontaux et maxillaire) (mtraînent plus volontiiîrs des irradiations
faciah's. Parmi celles-ci, il est très vraisemblable qu’on p(‘ut. ladever nette¬
ment l(î type de névralgie dite essentielle du trijumeau... puisque sur 10
]nalad(îs examinés, 10 étaient portemrs de lésions nettement caractérisées.
Notons que dans ces cas, ce n’est pas la sinusite vraie à t ype aigu ou chro¬
nique, avec scs suppurations ou ses fongosités qui est en cause, mais le
t rouble continu déterminé par la transformation même aseptique d’une
cavité ouverte à l’air libre cm cavité close. C’est la même pathogénie que
cell(! de dilTérents aciûdcnts dus aux « sphénoïdites fermé(!s », aux « sinu¬
sites lat (‘nt(cs » de 1 tufournumi cl, llamadicu-, etc., aux « sinusites sans pus »
de Canupt-l)uv(u-ger, etc., et jxnir aller plus loin encore dans l’expression,
aux « sinusit,(!s sans sinusit.c, » dont, le Probisseur Ség\ira a si bi(!n décrit
h‘s modalités et le traitement dans une leçon fait*! dans le service du
Pr. Sebileau à Lariboisiéni.
fin cons(h[uence, et pour restc^r dans d(^s conclusions prudenUïs, nous
ilirons : ('.(u'taincs névralgies faciahïs de type essentiel peuvent être liées à
l’obstruction des cavités cranio-faciales par lésions des fosses nasales, et
Ix'néfic.ier du traitement, de ces lésions.
Il c.onvietd donc d(^ mimer prorisoireinenl les douhmrs névralgi(pies par
alcoolisation ou ionisalion d’aconit im;. Dans la ])lupart des cas, après ces
calmatds, il [)(!rsist(! uiu' douleur sourde, cont inm^ (ni intermittente, incom¬
parablement moins aiguë que les crises né‘vralgi([ues, mais cependant
nettement décrite ])ar le malade. Sa constatation rend très vraisemblable
l’exi.stence d’une alîect ion chronique des voies aériennes supérieures ou des
cavités faciales qui s’y ouvrent.
L’ac.calmie provisoiri! des névralgies rend possible l’examen (d, le Iraite-
ine.nt de l’ olo-rhino-larijngnlopixle .
Sans détailler les mammivres t hiîrapeut iqmis cpii jnmvent aller dos
simjiles badigeonnages de eocaïru^ adrénalinée juscpi’aux opérations cor¬
rectrices les plus c,om])létes, nous dirons seulement ipie la direction géné¬
rale de ce trait ement, est d’ohtimir la liberté de la circulât, ion de l’air et du
drainagi^ dans les cavités cranio-faciales ouv(U’t,(^s dans la foss(i nasale.
111
SUR UNE NOUVELLE MÉTHODE DE DIAGNOS¬
TIC DIFFÉRENTIEL ENTRE LA MALADIE DE
PARKINSON ET LE PARKINSONISME
Démètre Em. PAULIAN et N. TOMOVICI
(de Bucarest)
Cette nouvelle méthode, eoiiriue depuis longtemps par Virchow et Nasse,
et rajeunie dernièrement par Fahraeus (1918), fut employée récemment
par une série d’auteur scomme moyen de diagnostic dilïércntiel dans
diverses manifestations cliniques. C’est ainsi que Popper (1920), en
collaboration avec Wagner, affirme l’avoir employée dans la différencia¬
tion des exanthèmes douteux, et dans presque 70 % des cas ils ont pu
reconnaître l’origine syphilitique de ces manifestations.
Des retdicrches ultérieures faites par Geppert, Hermann Ganssle (1922),
Grafe (1922) et Brucker (1922) apportèrent, avec une précision de la mé¬
thode employée, un progrès dans l’étude des alïections gynécologiques
aiguës et clironiques comme aussi de leur récidive (peppert).
Sadlon (1922), après avoir résumé les travaux de Frisch et Starlinger, de
Katz et Grafe, croit pouvoir dilTérencier les processus inflammatoires
aigus et chroniques de la tuberculosi!. Ces dernières recherches confirment
ècllc de Hcrzfcld-Klingcr qui, pour expliquer le phénomène, avait admis
une -modification des albumines sanguines consécutive à la destruction
<l«s cellules par les processus inflammatoires.
1. — Méthode de Fahraeus : L’auf.cur emploie un tube à 1 cm. de dia¬
mètre, la sédimental ion normale serait de 3 mm. à l’innire povir les hommes
at de 5 mm. pour les b'mmes.Dans les lésions pulmonaires aiguës et en
évolution, la sédimenlal ion serait rapide. Grafe a signalé dans les cas
négatifs une accélération de la sédimentation après une injection de 0,03,
0,01 mgr. do tub(u-culine Koch, dose qui no produit d’ailleurs aucune
réaction générale.
2. . — Méthode de Behrens. On utilise le liquide de llayem, auquel on
ajoute dans un tube une goutte do sang.
La sédimcuitation est de 6 mm. à l’heure, et M'ie 'Phaer a signalé une
accélération dans un cas de chlorose.
DÈMÈTHE EM. EAULIAN ET N. TOMOVICI
112
3. — Méthode de Linzenrnejer. Dans une seringue Record de 1 cme., on
introduit 0,2 tme. d’une solution de 5 % de citrate do soude, et on aspire
ensuite jtar une ponction veineuse jusqu’à 1 ejne du sang ; on mélange !('
tout dans la seringue, et on verse ce mélange dans un tube de 3-4 mm. de
diamètre et d’une hauteur de 6 cm. Sur le tube trois graduations.
4. — Méthode de Geppert. Dans un tube de 3 mm.de diamètre, de 20 emc.
hauteur, on lit toutes les heures la sédimentation. Si elle tombe de 20 mm.,
la réaction est négative, de 40 mm, elle est positive(4 +) de 100 mm., elle
devient positive forte (-f- -f et si elle dépasse 100 mm., elbï tlevient
très forte ( -i- -\- -j -f). Le phénomène ne varie ni avec l’alimentation
ni avec d’autres eireonstanees.
CIk'z la femme normale, elle varie (uitre 149-535 minutes. Cluiz les gra¬
vides, dans les premi(^rs trois mois, (die est négative, entre le 3® et le 7®
mois, elle est très légère, et entre !(> 7® et le 9® mois, elle est positive. Les
auteurs l’ont trouvé positive dans div(u-ses affeetions aiguës (péritonites,
appcmdieitcs, pyélites, cholécystites, etc.).
5. — Méthode de Westergreen. Signalée par Zoltan von Rokay, elle a
montré toujours un parallélisme entre la vitess(! de sédimentation et
l’activité du processus.
D’après toutes ces recherches, on peut conclure que la vitesse de sédi¬
mentation est rapide dans lesprocessusenévolutionaiguë,lasyphilis(d.dans
la tuberculose active, tandis qu’elle est huite dans les foimes (dironiqnes.
Sadlon croit qu’il existe une liaison entre la destructiond((sérythrocytes
et le temps de sédimenlal ion, (d, contrain ment aux alïiimations d’Abder-
halden, il a signalé um: accélération de la .sédimentation dans l’ictèrc hémo-
litiqu(î, ce qui n’existe pas dans l’ictère catarrhal.
Les recherches d(! Marlolï semblent montrer que la vite.sse de sédimenta¬
tion dépend de la grandeur des érythrocytes et d leur abondance (m hémo¬
globines. Popp<u' infil maid, ces dernières conclusions croit plutôt comme
Plaut à un phénomèms d’auto-agglutination.
Pour Rudolf Ilober et Rudolf Mond, le phfhiomc'ine s’(ïxpliquerait par
l’iiderréacdion des forces électriques, s( mblable aux phénomènes capillaires
(!l(‘( triques. Les albumines du sang (plasma) exercc'iit par leur nature
(diimico-physique une influence sur la ( harge électri([ue des éiythrocytes.
Notre méthode, adoptée (ui l’absencfï (hs tout appaiadl ad hoc, a consisté
dans une aspiration dans un(( seringue; Record. — 1 emc. à 2 cmc. d’une
solution de .5 % de citrate; de soude;. — On prélève ensuite; dans le restant
de la seringue du sang par une ponction veineuse et on introduit le mélange
dans un tube à 4-5 mm. de; diame;tre.
On obs(;rve la sédimentation tous les quarts d’heure; sur une règle
graduée en millimètres.
Par ce procédé, nous avons expérimeenté (I ) dans le;s diverses afT(;(;tions
du syste'me; nerveux et nous avons constaté une; sealiinenlation rapide dans
le lab('‘s (d la paralysie; générale progressive.
(1) IsM. DKMi'ii'iin I'aoi.ian ■ t N. 'riiMoveea. l''e'iioiii('iMil do soiliiiK.'iiliu'o in eifoetiiinüo
.sisloimileii iiorvns. .''piUtliil, n" 3, .Mnriie; lliy.'!.
MÉTHODE DE DIAGNOSTIC DIFFERENTIEL
113
Nous avons fait des constatations plus ou moins analogues dans la pa¬
raplégie syphilitique ainsi que dans la maladie de Parkinson et le Parkin¬
sonisme.
Nous avons repris dernièrement l’étude de la sédimentation dans ces
dernières maladies avec l’appareil de Westergreen, grâce à l’amabilité de
M. Marinescü, médecin en chef du service des maladies infectieuses de
l’hôpital Colentina. Nous avons trouvé une dilTérence bien nette dans la
plupart des cas examinés (sauf quelques cas rares et discutables tant au
point de vue clinique et même humoral). La réaction a été lente dans le
Parkinsoni.sme, tandis qu’elle a été rapide dans la maladie de Parkinson.
Dans cette dernière, les courbes se rapprochent plutôt de celles trouvées
dans les affections syphilil.iques du système nerveux, quoique nous n’en
tirions aucune conclusion déflnitive sur la possibilité de cette infection dans
la Vraie maladie de Parkinson. Dans la maladie de Parkinson, la sédimen¬
tation est rapide surtout dans le premier quart d’heure, et lente dans le
Parkinsonisme, et au bout de 12 heures les différences sont assez notables.
Dans la maladie d(! Parkinson, on obtient, au bout de 12 heures^ une sédi-
*ïientation jusqu’à environ 100-1 17 mm. Tandis que dans le Parkinsonisme,
fille atteint 50-70 mm.
Etals de. parkinsonisme. — 1“ A. St., Agé do 20 ans, cnlro dans le service le 3 avril 1921.
Malade depuis le 27 février 1921, quand revenant sur la plate-forme tl’un wagon du
train il prit froid. A la s\nte céphalée, et douleurs dans les menU)res supérieurs
et inférieurs, pas de diplopie, la nuit insomnie ; actuellement : dilTIculté de parler et
•te marcher, état de parkinsonisme avec rigidité généralisée, asymétrie faciale, trem-
6 = Courbe du Parkinsoni.sme
Nementa des lèvres, relèvement rythmé de la commissure gauche, sialorrhée, séborrhée
aciale, face tournée A gauche, adiadococynésie.
Sédimentation après 1 h. i 13 ram., après 2 h. : 30 mm., afirès 12 h. ; 68 mm.
iQ ° égé de 15 ans (consultation graluite), tornbi' malade mois de décembre
1. avec hypersomnie, qui dura deux semaines, di|)lopi(î et insomnies nocturnes. Etat
parkinsonisme avec rigidité, asymétrie faciale, syalorrhée et troubles mentaux.
BEVUE NEUnOLOOIQÜE. — T. II. 8
114
DÈMÈTliE. EM. l‘AULlAN ET N. TOMOVICI
SftdimiMil.alion iiprès 1 li. ! G mm., après 2 h. : 17 mm., aprè.s 12 li. : 05 mm.
3" Kl. I'., àf,'èp (le 28 ans (consiill.alloii j(ral,iiiLi;), pas mariée, liimba malailo le. mois
(1(! mars 1021 avec hypersomnie, diplopie intermiU.enle, insoitune nooLnrne; cel élal
dora deux mois ; à la siiihi rif,ddilé, Iremhlemenls dos metuhros inlérieors, Ironhlcs «le
la marolio el. du parler, sialorrliée.
.Sédimonlallon après 1 li. : 4 mm., après 2 h. : 12 mm., après 12 h. : 5.3 mm.
4“ C;i. K., Agée de 17 ans, malade depius le mois <le janvier 1920 ; deux semaines elle
eul, insomnies, oiplopie, (d. liy)an'somnie (pu se, p7'olong( renlene.ore. six scmaine.s.Lc mois
de mars 1921, dillieidlé de inaroliei' el sensalion de lourdeur dans le mendire. supé¬
rieur (d, inférieur droil.Six irons api'ès Iremhleinenl.s. lîigidilé généi'alisée, |ilosis léger,
hilaléral , asymélrie faeiale, I i-oirhles rie la inai’idie rd, rlu pm ler, r'élropulsion, sialorrhée,
.Sèdimeulation après 1 h. : 15 mm., a[>rès 2 h. : 37 mm., après 12 li. î 90 mm.
5" .S. G..., âgé de 19 ans, malaile depuis le mois de février 1920, déhnl avec douleurs
dans les meinhir's inférieurs rd. iusomuie pendaul Is jours. Siairurlit're, Irouhh's île la
par'rrh', lixilé, rliplopir' inlrnurril 1 rurtr', s|ralrisiur‘ r'xli'rne r'r garrrrlrr', Iryprudirnie, asUié-
.Sétliinr'irlrrl ioir rrpr'ès I Ir. : 7 rrrin., irprès 2 Ir. : 20 nrrn., après 3 Ir. ; 00 mm.
0“ GIr. 1)., âgé rh' 30 rrrrs, irrairrrir' rlr'jriris h' nrrris de noveirdrre 1921, déirrri, par des
e.épirrrièr's oeeipilah's rd, doulrorrs prér.rrrrrlialr's, insormrir', lièvr'r', sialorrhér'. Kir janvier
1923, apparaît diplopir', Ir'r'ruhlr'rro'irLs ryllriirés rie la errinrnissnrr' garreire.rle la face (d,
dir mmuhr-e supérierrr garreires (00-80 par rrrinrri e). Algir-s peetorrdes el épigaslrirpres.
Sèrlimmilal ion après I h. ; 14 mm., après 2 Ir. : 30 mm., ajirès 12 Ir. : 71 m,m.
7" Ars. d’., âgé, malarle deprris le mois rie jiriivier 1920, déhirl par rrnrr insomnie de
8 jrrrrrs. 'l’r'r'ndrlernents ries derrx inrrirrs, sialrrrrlnh'.
Sériirnrurlal irrn rrpr'ès I Ir. ; 0 mm., rrpr'ès 2 h. : 15 mm., rrprès 12 Ir. ; 55 mm.
.Mdliidic (le l’iirkiiisiin Ujpc (iKinihinii' (ir/iliiiilc). - I .\'j IN. II., âgé rie 03 rrns,
malade rir'prris h' 25 mrri 1915, r'r la srrilr' rl’rrrrr' pitrie torrr'ir lir'llr', en rr'irlrairl, e.lrr'/. Irri
rrhserva de lr'‘gers I rr'mhlr'urerrls rh' Irr main grrrrr'Irr'. l'In 1917, h's unîmes Irrnidrlmnents
rrppanrrr'nt arr et'rlé, err 1919 arrx jainhr's. I.a mrrr'cire rle.virrt dillleile ; asi irénie, Irypr'r-
l.onir', r igitlilé, llxilè, tlirrunul irrn ritr la fttrr'e mrrse.rriair'e, mr-mlrre tlr'ttil, 1 1 ; mr'mhrr-
grrrrrrlre, 20.
Sérlirnr'rrlrrl.itrn rrprès I Irr'ure : 05 mm., rrprès 2 heurr's : 85 mm., après 12 lir'Ures :
I 10 mur.
2 A) St. I., âgé rie 70 rrus (sru-vie.e rlrr I)'' Mamrrlea). Kn 1877, rrne plair' tiairs la régirrn
frontalr-.' Mrriarle rIr'prris 2 ans, rairlrorr rires mr'udrr'es irrfér'irurrs, ensuitr' ries mrunhr'r's
srrpér-irmrs. liigirlité, Irypertouir', tr-rMirhlrunents ries rlrrigts, sialorrhée.
Sérlimentatirrrr après I Ireirrr' ; 30 mrrr., après 2 Irr'urr's ; 01 mm., après 12 heures :
100 mut.
Cas (lisciUihlcs. — • 1 ü) Sm. M., âgée de 8 ans, vient r'r rinâpital le 23 avril 192.3, avec
des I rr'mhlr'inrrts rie la mrritié grurelu' tirt corps. Uir rtn rnrprtTavant, elh uiirail fié frappée
par mm mari rd, c’est à Irr suite ([Urr les Irenrhlements srrnt rrpparus.
Actrrrdiernent, faciès lixe, Irrmihlemenls tlo grrrnde ainplilndc el frè([rrence rlans le
nremhre suirèi'ierrr grrrrclrr', morr vemr'irts de pédale au pied gauche, corps légèrenrent
fléchi en rrvant, liras gauchr' fléchi arr corr. N’a jras de rigirlité ; réfh'xes tenrlinenx vifs.
iSérlinreirtation rrprès 1 herrrrr : 25 mm., rriirès 2 hrnires : 50 innr., après 12 hrmres :
80 mm.
2 B) M. G., âgée rie 20 ans, frrrppée irar son mari err rlécemhre 1921 ; après un mois,
tdle r'rrt rrne irériorle de somnoleirce, dormrrit jmrr et mrit, rrvec sensalion de fièvre (7)
et trairspir'rrtioirs. l’rrs rie rliplopirn Etat aclurd : rigidité totale, trorrhies de la rnnrclre,
salivation ahonrlante, léger ptosis bilatéral.
.Sérlinrentrrtion rrprès 1 herrrrr : 13 mm., rrprès 2 heurr'S ; 35 rnin., après 12 heures :
90 mm.
3 B) I.ewy. N. âgé rie 50 uns, malade depuis 1920, rléhrrt insidieux avec algies sca-
MfyrnoDE de diagnostic diefèrentiel
115
PMlo-humoralos, onsiiilo dans les articulations des coudes. En 1922, tremblements. Etat
actuel. TnMnble.inents généralisés [iliis accusés du côté gauche du corps, douleurs inter-
scapulaires, grande dilliculté dans la marclu^, démarche à petits pas, fixité, rigidité.
Sédimentation après 1 lie.iire : (1 mm., après 2 heures : 20 mm., après 12 hetires; 70 mm.
■1 11) lion Dr., âgé de 10 ans, à la suite d’une ehut(' sur l’épaule droite (dans une cave),
en mars 1920, h? lendemain survint une hypersoimde, sans lièvre ni diplopie. Après
H jours apparuiaud, d(^s tremblenumts de la niaiu droite et du membre inférieur dr(dt.
Eacies figé, sialorrhée. (’dycorachie, l,S9 %.
Sédinnuitation après I lieure : .'10 mm., ajirès 2 heures : 51 mm., après 12 heures :
100 mm.
Nos (l(d’nières rec.Inn’clios, failos avec. rappai’(ol do Wosiad’groon, sc rap-
proclnml, hoawc(»o]) do nos jo’ojniôros iiivosi isralioiis, siirioui (oi co ipii oon-
l'ornonl. I(!S dilïoi’oiHu^s d(^ sodimroilal i<di dans la inaladicî d(' l’arkinson (d.
10 Parkin.sonisjru!. SodiîiKodal ion i’aj)id(( dans l’utio, loniri dans rauinn
Pourlanl., il y a dos cas doui,(‘nx, ooninn^ l’olisorval ion n® 1 B ol. nf*2B.
La maladio osi a]>pai n(‘ ajirôs hi 1 rannial isnio, los dcni.x r('ïn)Tios ont été
frappN's par koirs nraris ; l’nin^ n’a juis on d’hyjtorsomnio, l’anlro oui, ol.
ponrlant, la sédinnoilation indiqiK! pour la jiroiniôro nn otal d(i Parkinson,
(d, olioz la soooiuh^ un (’dat do Parkiosonisnio.
Llioz un autres (ohs. 11“ 4 B), la maladies a ele’deule’s aveses tout seen corl(!sjr(s
resssesmklant ù l’cne'e'ïplialites ; les lesnelednain el’unes edinles, e’t, jienirtaut, la
seMlimesntation l’appreieslies élu Parkinson.
Enfin eshesz un autre (eebs. n" It B.) oe'i l’e'svolul ion ineliepie', an point elo
vues oliniepies, un e'dal. eies Parkinsesn, la se-elinnnilation euenlirmes ot inedine'
vers un Parkinsonismes, fi’aut-il eunisieled-esr se's algie’s eln ele'dnd euimnies le>s
algies (Eslnitantess erunes feuïnes IVusto ?
Nous-me"smes nons aveens elisesulé ailleoirs (1) les relies élu Iranmatismo
élans l’e'seslosion elo la jHiralysies agitanle'. Neeus avenis ^ne“'mes insiste' aleers
sur les reries des re'me»! ion est surtout eles l’e'med.ion-edioes ejui jeenirrait enigeMielre'r
des treiuliles vasculaires est mêmes eles le'sieens au nivesau de's neryaux do la
hases. las traumatismes, admis autresfeeis mômes par Parkinsem élans sess pres-
miesros el(sse'ripl.ions,a]>])aralt eshesz nenis — élans epnslejuess e'as — e'ermmes nn
faoteur esssesntiesl. Pesut-ôtres fant-il admottro ejii’il a oies unes simple
esenncieloneses (obs. n° 443) ou epi’il a jire'ese'sele's rinfeusl ion (ohs. n” 2 B.)
La se'ulimentatiedi nons denines l eeul eles môme’ èpie’lepiess inelie'al ieens demi.
11 faut tenir emmpte’ élans le’ eliagnostio est élans resveilutiem eh’ la malaelie’.
(I) lifîMi^TnE Em. l'Aut.iAN. l.’élémont commotioniie'l pe’eet-il irroeluire un syueirome
parkiusemiesfi liiill. el mnn. île, lu Suc. Méd. des liiipiliiii.i: de Paris, n" l.-l, 4 moi 1922.
IV
LE SIGNE DE L’ÉRECTION
Edward FLATAU
(de Varsovie)
II y a quidqiias aniiéas, mon al.lerilion fut atlircn par un symplômo
('il.rango au ])romi<“r couj) d’djil, oonsislanl (Ui c(i qm; chez los garçons
aiioiiiLs do xncniiigih^ fuborcidiîuso, so produisait l’énuddon du ponis
lorsqu’on fléchissait lo tronc, du malade (ui avant. Depuis j’ai étudié ce
signe dans h^s alîections diverses du système mu-veux; jusqu’à présent, j’ai
pu 1(! <',onstaler juf^sqm; <!X(dusivement ilans la méningi1,<- tuberculeuse.
Doue, ce sigiu' doii, être considéré commis à peu près patliogmimonique
[)our la méningiUî tub(u-cuhnis(î.
La tec,hni((ue d(î la j)roducLion d(i c.(ï sigiu^ (!sl. très simphï et rappelle celle
du sigtu! d(! K(U'nig. Parfois c(! signe s(^ déclare. lors([u’on penelu; seulement
la têt(î du mahuhî, comnu^ au cours du sigiu; de Brudzinski. En somme, il
faut : 1° fléchir fortement en avant h; tronc, de l’enfant jusqu’à ce que la
têL(! s’approche d(!s genoux, et 2° répéter cette fle.xion plusieurs fois de
suite (3 à 5). Parfois c’est déjà la pr(miière flexion qui détermine! le sou-
lèvem(!nt du pénis. L’érection dure! plusieurs secondes pour ensuite dispa¬
raître! lerd.cment ; jiarfois sa diire-e e!.st plus preileengée!. On peiut eléterminer
à volonté l(! neidisseincnt eh: la vergt!, eui réi)étaid, jilu.si(!urs fois cette mani¬
pulation. 0(! signe-, ((ui jeourrait être! nointné « signe de! l’ére!e'.tion », ne se
elée-.lare! pas au elèbut ele! lamalaelie!, mais elansles périoe]e!S plus avane;éesde
la méningite! I.ubeircuhüjse-. .l’ai semveetd. e-eetislaté epie! e'.lieez le! même malade
le! signe: el’éree’l iem ne: fui. etbseervé ni élans la preunière!, ni élans la sec.eeneJe
semaine! ele: he maladie-, e-t e[u’il apfearaissait eîeepenelant dans la jiérieede de
Iireestratieui générale!, eh: jeeu'l.e: eh: e-eennaissance!, de: relâchement du tonus
musculaire! et eh: elisparitieen ele-s réfle!Xe!s tendineujx. Il se: manifeste assez
.souvent vers la fin eh: la vie-, I ou 2 jeeiirs avant le dée-.ès, en devenant ainsi
eui que-lque seirte: le: signal eh: la mort.
Pemr eee! e[ui e!st el’aid.res alîections nervenises de-s enfants, j’ai eVtudié tout
spée-iale-jnent la ïnéningite ea-rébree-spinale! e’!pidémie[ue!. .Jiisepi’à ])résent,
je! n’ai pas ene eire! pu constate:!- le: signe: de rére!ctiem élans e-ette alîeietiem.
On sait qu’il n’eest pas toujours aisé ele- eh’-pisteü- cheez le!s emfants le fond
juste de la niéningite: (tuberculeuse ou épidémique). Ceci se rapporte sur-
LE SIGNE D’ÉRECTION
tout à ces cas de méningite, dans lesquels il y a eu la guérison des ménin¬
ges spinales, tandis que la lésion inflammatoire dure encore dans les
méninges cérébrales et dans les ventricules. Or, par suite do l’occlusion du
trou de Magendie dans ces cas, une interception de la communication entre
le cerveau et la moelle a lieu, et le liquide prélevé par ponction lombaire se
montre absolument clair, ne renfermant dans 1 me. que quelques dizaines
de lymphocytes, tandis que l’état général du malade rappelle alors le
tableau de la méningite tuberculeuse. Eh bien, mêpie dans pareils cas de
méningite, tout juste avant le décès, je n’ai pu constai.er le signe de
l’érection.
Il ne s’esi ])as déclaré non plus dans d’autres affect, ions du système ner¬
veux, à uru! seule exception ])rès dans un cas d’encéphalite épidémique
léthargique, dont je cite ci-dessous un rapport, plus détaillé.
;l,ii rcncr'iiliaiilc ('pidCmiquc on fé-
, mais déjà 6 semaines plus lard .se
'‘îîlulition e(, de mastication entra-
xti'émilés supérieures et inf6rie\i-
sa de marclier, dos contractures se
0 post-
Le cas concerne un garipin de. 13 ans, qui laintr
vrier I!)oo. Après 3 mois, une amélioration a eu li
sont présentés les sisînes bulbaires, sous forme de
vées et de parole indistincte. Les mouvements des
res devenaient toujours plus bornées. Le fîaripm c
sont déclarées. En juin 1922, on constata un état prononcé de parkii
oncôplialitique. Le malade avail l’air d’une momie. Il m^ bouf'eait plus et fjisait
on inaime(|uin de bois. La lijuire, conserve l'expression d’un masipie, la bouche oviverte,
les yeux to\irnés vers le plafond. Les extrémités supérieures flécbies dans toutes les
nrticulations ; les inférieures en adduction, fléchies aux fîcnoux. Les ])iedsbols. Oncons-
l-ate le plus souvent l’état d’immobilité, et ce ne sont que les yeux qui de temps en
•-omps tournent lentement d’un cAté à l’autre. Parfois ))er(;i)it-on un lent mouvement
de la rnanilibule ; de temps en temps le malade bâille automatiquement ; quehpiefois
opparaît une grimace rajipelant un sourire. Ce sont les soldes faibles manifestalionsde,
•a vie. Placé debout sur le |>lancber, sans soutien, le garçon tombe comme un manne-
qnin. Le symptAme de contraclion des antagonistes, positif. Le signe de M""' Zylbcr-
•ast-Zand (trépidation des paupières à l’approcbemenl desdoigts), positif . I.e malade
>'« parle ]ias et ne réagit point du tout, quand on lui adresse la parole. Il se souille. Les
■’ètlexes des pupilles à la lumière et les réflexes tendineux sont^iormaux. Le signe de
Simcbowic/. (contraction du muscle orbiculaire des yeux et du menton à la percussion
du bout du nez), |)ositif. La piqAre le long de la ligne médiane du tronc produit une
'’acoiisse légèri' des extrémités supérieures et inférieures. Or, chez ce garçon on a cons¬
taté le signe d’érection excessivement accentué. Le tronc ayant été fléchi, le pénis sc
'■aidis.sait au maximum ; il se dressait dans une position verticale et demeurait dans
Cette raideur pendant 4 rjainutes. Ensuite il commençait à retomber, et ce n’est que
minutes après le début du raidissement, que sa tension redevenait normale. Ce signe
■*c produisait avec une précision absolue. On réussissait toujours à le déterminer et
h ne s’épuisait pas môme ayant été répété plusieurs fois de suite.
Dans les autres cas d’encéphalite ép’idèmique, je n’ai pas, jusqu’à
présent, observé le signe de l’érection, même dans les périodes très
avancées de parkinsonisme.
f'hez les adultes, atteints de méningite luberculeusc, je ne l’ai pas
constaté non plus, jusqu’à l’heure actuelle.
Comment expliquera-t-on le phénomène précité ?
D’appareil érectile sc compose de l’arc réflexe spinal et des voies cen-
Dales, qui conduisent du cerveau vers cet arc.
118
EDWARD FLATAU
L’arc réflexe spinal comprend le neurone sensible centripète (nerf dorsal
de 1^ verge — nerf honteux interne, IV® ganglion sacréintervcrtébral, fibres
de la racine postérieure, allant au centre érectile, placé danslazone médiane
entre la <'ornc antérieure et la poslérieure, de préfér(mce au niv(!au du III®
segment sacré) et hï neurone, ou plutôt, les rn-urones moteurs centrifuges
(cellules du centre érectile autonome dans la région sacrée précitée de la
substance grise médiane, nerfs tens(!urs allani, aux ganglions prostatiques
et spermal iques, et de là au plexus cavernetix, c’est neurone centrifuge
préganglionnairc) ; du plexus caven-neux part le second neuroiK! centrifuge
post-ganglionnaire, qui parcourt les nerfs caverneux jusqu’aux vaisseaux
d(!s corps caverneux.
Ainsi est constitué l’arc érect ile spinal complet.
A cet arc, ou plutôt aux celluh^s du c('ntr(i érectile, dans la zone inte.rmé-
diair(i entre la c.orne ant('rieur(‘ (d. postérieure delamoelhî sacré(!, alThnnit
les stimulus du cerveau. On n’a pas établi jusqu’à présent dans ce dernier,
dans l’écorce, un centre érectile s})écial. D’après Muller et Dabi, les idées
se.xuelh^s surgissent par voie d’association et les produits de sécrétion
interne « érotisent « le cerveau, en hî rendant ainsi plus sensibbi et ])lus
apte à la format ion d(! ces idées. Cinlains auüuirs supposent que le centre
s(îxu(!l est, localisé dans la masse centrabi du (unveau, «d, notamment, dans
b^s grands noyaux gris ; (pui ce centre subit, d’un côté rinfluenc(^ d(‘s asso¬
ciât ions nées dans l’écorce, (d d(î l’autre, envoie au cent re spinal (sa<',ré,) les
stimulus corres])ouilants. ('.ependaiit juscpi’ic.i ne, sont, que des
su])i)osil ions, à défaut de faits, qui jaairraietit c(U'ti(ier soit b^ sièg(! d’un tel
centn^ s(^xiud dans les noyaux gris, s<iif, la localisation des voi(!S anato-
nii((U(^s (bisccndaut. le long (b; la moelle épinière, au centrer sacré.
l’ourlant, il est. loirs de doute (pi’cn ])riuci])e il doit, exister (buix braindies
jiriiicijiales de l’a]q)areil sexiud.la cérébiale (d la spinale. Aulremeid,, il
nous aurait, été ilrqaissible d’exjiliipier les deux sources ju'incijiales de la
provenance (bt l’érei^tion, et notamment, jiar perceptions et, a])erce]il,ions
sensoi’iidles (olfaid ives, ojit. iques, acousl iipies (d, laidiles) (d, jiar la voie
purement réflexe, spinale (ii'i itat ion de la verge).
I )’aul re ])arl , la ])albob)gie des ]ibénoménes éreid iles ]iai le également,
eu faveur d<! l’existence de ces deu.x sources princi|iales. La diminution de
la faculté éreidile dans les étals de déiiressifin, son exaltation dans les
états d’excitation ])sycbi(juc, le jiriapisme ]iar suite de lésion I ran.sversale,
I laiimal i([ue ou inflammatoire de la motdle é])inière (surl.oul, de la cervi¬
cale), l’obsei’val ion du même ])bénomène (diez les pendus, tout, cela conlirlim
l’exisl.ence des stations anatomi(pn!S siqiérieures, ridiées par des voies
inconnues au centre éreidile.
Ouant à <•,(; cenl.ri! éreedile, les données des recdien bes de L. IL Muller
montrent, <[ue rex<',ision de toute la moidle lomtiaire (d, de la sacréi; siqié-
rieure (diez le (diien n’anéani isseni ]ias encore la jiossibilil é de l’éreid ion.
(lejiendanl , à jiarl ir du moment de l’excision (bî la ])orl ion inféri(!ur(^ de
la Jiimdb^ sacrée, le réflexe mécaniepuï érectile (b'vienl, iïTq)ossil)le.
Nous cil m ous, enlr(^ autres, les proiaidés I hérapeul iqiuis basés sur
LE SIGNE D' ÉRECTION
119
ces faits et appliqués dans le traitement du tabes, comme la méthode
de suspension (Moczutkowski, Charcot).
En ce qui concerne le signe érectile, dont nous nous occupons pour le
moment, surtout dans la méningite tuberculeuse, nous considérons comme
de première importance les cas dans lesquels le priapisme se déclare, lorsque
les affluents du cerveau vers le centre érectile dans la moelle sacrée sont
absolument interceptés. Il est à supposer que dans certaines périodes fina¬
les de la méningite tuberculeuse, les affluents du cerveau vers le centre érec¬
tile anatomique dans la moelle sacrée cessent d’arriver, et alors l’irritation
du centre ou des composants de l’arc érectile spinal peuvent déterminer le
raidissement de la verge. On sait, en effet, que l’érection se produit par
suite: 1» d’afflux augmenté du sang artériel, déterminé par la diminution
de la tension dans les artères caverneuses, et 2° de reflux gêné du sang
Veineux dû à la contraction du muscle transversc du périnée et des muscles
bulbo et ischio-caverneux (Opponheim.) La diminution de la tension
dans les artères caverneuses est due à l’irritation des centres vaso-dilata¬
teurs de la moelbi et des ]dexus sympathiques (par l’intermédiaire des neu¬
rones centrifuges pré et post-ganglionnaires).
Quelles modifications subit la région de la moelle sacrée qui nous inté¬
resse actuellement lors de l’évocation du signe d’érection par l’antéflexion
forcé(! du tronc ?
Les recherches de Sicard, Roger et Rimbaud ont montré que pendant
l’aidéflexion dts la tête la tension du licpiide céphalo-rachidien diminue.
Mme; Zylb(;rlast-Zand a c.onfirmé ce; fait, en ajoutant qu’il a lieu dans les
ras où h; malade d(;mour(; assis.
Afin d’étudier rinflu(;nce de; rantéfle;xion forcée; élu treenc e;ntier sur la
tension du liepiieh; céphalO-rachidie;n élans le sac durc-mérien, j’ai procédé
^ la iie)ne;l,ion leemhaire; élans la peisilioii e'eiue;hée élu malade; ; ensuite je; h;
fis asseoir e;t je; fis flée;hir forte;me;ut seul I renie; e;n avaut/sans enmoelifie;r le
rapport de; la tête;. Or, il fut ceuistalé e[ue; la i.e;nsioii dans le; manomètre de
LIaude; elimiiiiie; ne;ttement et rapieleme;nl. (pre'sqiu' à lOt» me).
L’autre part, le;s rechere;he;s ele Mme Zylherlasl-Zaiiel oui. montré que
lorsepi’on a e;hez un e;aelavre el’e;nfairt eixcisé les arcs eh;s vertèbres lom¬
baires, coupé la dure;-mcre e3t forte;me;nt fléc.hi en avanl, l’épine dorsale;, la
queue; ele che;val se teiiel e;t adhe;re; e'-troile-meuil, à la paroi anlérienire élu
canal rachielien. Au e;ontraire;, à la rétreeflexieui ele- la e-eeleuine ve;rtébrale, la
que;ue de e;he;val se fremea; en plis e;t se; raceauire'il ele; 2 e ïn.
Loue, e;n pliant feulement le treuie', nous déteermineuis el’iin côté la
fliminution de; la te;nsion du liquiele e;(‘phalei-rae'hielien élans le sac diire-
’jiérien, de; l’autre, nous mettons le-s raeùnes eh; la e[ue'ue; de; clu;val élans
1 état ele la tensiem mi;e;anique la plus graiieh'. (le; eleM-nie;r facteur peut
Mseiment eléte;rraitier l’irrilation des jieu lieens eh; l’are; éree;Lile; sacré, autant
ccntripète.s que ce;ntrifuges. La que;stion se; pose; de; saveeir si la diminutieen de
U tension du liquiele; céphah)-rae;hielie;n peeit produire l’irritation des centres
Vaso-elilatateurs élans la moelle (élans le système; anatomique sacré) et élans
CS fibres centrifuges préganglionnaires (n. erigentes) ; et d’autre part.
120
EDWAIW FLATAU
de quelle manière cette irritation s’accomplit-elle ? Cette question est
ilitficile à résoudre à defaut de données physiologiques satisfaisantes.
Dans les cimditions normales de la vie et dans la plupart des états
pal hologicpies, une forte flexion du tronc ne détermine point le signe de
l’érection. Ca production de ce signe est prohahlcment due à l’intercep-
I ion complète des influences spéciales des centres sexuels hypothétiques
du cerveau, (exercées sur le centre érectile anatomique dans la moelle
sacrée, (trâce h cela peut se déclarer le signe de l’érection, sous forme
de priapisme pa.ssager, lorsque les conditions mécaniques, dépendantes
de la flexion forcée du tronc, y seront propices. Cependant, pourquoi
jiisipi’à j)réscnt fut-il impossible d(ï révéler ce signe dans les périodes
avancées de méningite épidéiniqut', de même que dans les autres affec¬
tions du système inTveux, il est difficile d’y répondre.
PSYCHIATRIE
I
TROUBLES PSYCHIQUES AU COURS DE
L’ENCÉPHALITE ÉPIDÉMIQUE LÉTHARGIQUE (■
Stéphane K. PIENKOWSKI
Travail de la Clinique des maladies nerveuses et mentales de TUniversité de Cracovie
Prof. Jean Piltz
Le présent travail se propose les buts suivants : 1® l’analyse des troubles
psychiques observés au cours de l’encéphalite épidémique léthargique ;
2° l’examen des syndromes et états psychopathologiques se manifestant
pendant cette maladie ; 3° de connaître la marche de la maladie au point
de vue psychiatrique ; 4° de présenter synthétiquement les perturbations
mentales se manifestant dans les états secondaires ou chroniques ; enfin
0° de comparer les troubles psychiques constatés dans ces cas avec les
troubles du psychisme déjà décrit.s dans d’autres maladies.
Voici les moyens qui nous conduisent au but :
1° Autant que possible une longue et stricte obs(U’vation clinique des
malades au cours des diiïérentes phases et périodes ^e la maladie ainsi
qu’à différents degrés d’intensité des symptômcis ; 2° l'analyse minutieuse
et la connaissance des symptômes physiques ; la comparaison des symp¬
tômes psychiques constatés au cours de rencéphalit e épidémique léthar¬
gique avec de semblales symptôm(ïs, qui se manifestent au cours d’autres
maladies, présentant une ressemblance soit quant à l’étiologie (maladies
infectieuses), soit quaht aux symptômes nerveux (maladies et syndromes
ayant un caractère extrapyramidal), ou enfin quant aux symptômes
psychiques (psychoses, états et syndromcis psychopathologiqucs au cours
d’autres maladies).
Sujets d’études.
Environ 200 cas d’encéphalite épidémique léthargique observés surtout
à la clinique entre 1918 et 1922 pendant un temps s’élevant en moyenne
au-dessus de 18 mois et qui, dans certains cas, se montaient à 40 mois.
Je profite de cette occasion pour exprimer une fois de plus mes remercie-
Tii.V f^onimunicalion faite aux Jll'‘ Conijrèx des aliénistes pulunais ayant eu lieu à
Wilnu, le 4-6 juin 1922.
122
STÉPHANE K. PIENKOWSKl
monts à M. le Prof. Piltz, qui a bien voulu me permettre d’étudier les mala¬
des en qu(istioii. La plupart des malades proviennent du L(‘mps de la
grande épidémie, (jui a sévi de 1919 à 1920. On s’est également seivi
des 6.500 cas décrits dans la littérature de diverses époques et de divers
pays.
Siibslralutn physique el psychique.
Il nous manque (bis donné(!S précis(îs rendant possible l’étude de la
([luistion, à savoir, si (d à ((lud d(!gi(i uiui prédisi)Osition innée, ainsi que
l’hérédité, conditioninuit l’origine de diiïérents types de troubles psychi-
([ues. La contagiosité minime de la maladie - — environ 5,0 %, d’après
Netter ^ — -oblige à adnudtrt! une sensibilité spéciahi du système nerveux
])ar rapport è l’agent inf(!c,tant cluiz les p(!r.sonnes parmi lesquelles la mala¬
die S(î dèv(;lopp(i. Les uns attirent uiu! attention spèciale sur la i)rédlspo-
sition héréditaire, tandis que d’autres ru^ l’ont pas du tout constaté(ï.
Dans h's <'as que j’ai étudiés, on a pu eonstaUu- dans 18 % des cas les anté-
eédeuts hérédilaires j)ainn les parenls his plus lu'oehes. Chez les malades
(ïux-mêmes, on a constaté 17 % de maladies mentahis et surtout de mala¬
dies nerveuses subies au (;ours de la vi(( individuelle.
On n(î saurait démontr(îr uruî dépendaïua? plus mar([uée, eid.re la prédis¬
position héiédilairc^, la maladie et hî caractère des troubles i)sye.hiques.
La grijqxi n’a joué aucun rûh; privilégié dans les cas que nous avons
étudiés.
Syniploinaloloyie des Irouhles psychiques.
Quand, <ui earaelérisani, l’eueé])halit<! épid(’‘mi([U(! léthargiqiu^, on met
au jiremier ydan et. exclusivement la p(dymorphi(^, la vai iabililé, l’incons-
lance des sym]»t Aines, on ris<[U(î d(^ ])river la maladie de son asp(xt, propre,
lin agissant ainsi, tioiis ])arlons phdôt de cv. qui man({U(! dans ras[)<;ct
uosologi([U(^ d(^ rencéphalit(^ éj)idémif[U(^ léthargi(pi(!, nous cara(t,éri.sous
la maladi(> par s(is côtés luîgatifs en laissait, ilaiis l’ombre les carae.téncs
(assied. i(ts (t. ]u'imilifs, qui loulefois jieiivmt. étrii décrils.
Il faut cdJtipter parmi les carai l ères esseiiliits de l’encéphalite épidé-
mi([ue les fats suivants :
l'> La inaritic de la maladie, mauifeslant une tendance lutte à la pério¬
dicité ;
2” La transformai ion du mal lui état (tii'oniipie. ;
ID L’ajiparil ion île sym|t ômes |»hysi((ues et psycliicpies délinis, symp¬
tômes qui donnent à Imite la maladie un carait.ére projire et qui ne se
mauifi'stent que rarement au cours d’autres maladies ;
• l'> linlin l’apparition dans les états chroni([ues de tableaux caractéris¬
tiques, [)res([uepal hognomoni([ues, de l’encéphalite épidémique, léthargique.
Dans la caractéristique mentionnée ci-dessus, ne sont pas comprises;
l<> Les formes ambulatoires, abortives, larvaires, rudimentaires, frustes,
cIc., pour lesipielles nous ignorons ([iiand nous pouvons les considérer
comme oncéiihalite épidémiiiue léthargique ;
TROUBLES PSYCHIQUES DANS L’ENCÉPHALITE
nà
2° Les formes atypiques qui se distinguent prineipalement par les états
secondaires ou la localisation du processus, formes qui représentent une
minorité infime. Je pense ici aux formes plus ou moins typiques qui
constituent une majorité énorme de tous les cas.
Je distingue quatre périodes dans la marche de la maladie :
1. La période des prodromes, qui très fréquemment ne se manifestent
pas. Elle dure habituellement des heures ou des jours.
2. La période aiguë de la maladie, qui manifeste généralement deux
phases :
a) La phase des symptômes initiaux avec insomnie, troubles psychiques
et sympLômes physiques généraux. Durée : 1 à 4-7 jours ;
b) La période aiguë proprement dite de la maladie, durant de quelques
jours à quelques semaines, plus raremcînt quelques mois, avec des troubles
de l’état de veille et du sommeil, souvent avec somnolence, troubles
psychiques, moteurs, oculaires, ainsi que troubles généraux aux caractères
toxico-infectieux ;
3. La période de transition, qui dure longtemps, de quelques mois à
quelques années, plus rarement seulement qindqucs semaines, avec des
troubles du sommeil ou de l’état de veille, souvent, sous forme d’insomnie,
troubhis moteurs manih^stes sous forme d’hyperkinésie et d’akinésie,
changements du tonus musculaire, troubles dans le domaine du système
végétatif, troubhis psycdiiques et autres. Pendant cette période, la guéri¬
son se produit rarement (souvent «slle n’est qu’apparente) ou le malade
m(!urt. L(î plus souvent, on observcî une transit, ion huite à la suivante.
4. La période chronique ou des états secondaires. C’est ici qu’a lieu la
fixai. ion de certains syndromes aussi caractéristiques sous le rapport psy¬
chique que sous hi rajijnu’t somatique. L(!s périodes de rémission ainsi que
les r(q)ris«ï8 et les rechiiles ne sont i)as rar<‘s.
Je voudrais faire ressortir les caractères les i)lus essentiels constatés
dans la majorité d(^s e,as,j(! tâcherai aussi d’es(piiss<u le lyjaule la maladie.
Pel,t<! tâche est d’autani, ])Ius facile!, (|U(! réellement nous avons 1 ont d’abord
faire à un très ])(itil, nomleiaede syiidronuis d(! manifestations jisychiques
apparteuiant au tubl(!au propre de l’eneeéphalite! épidéjnique léthargique
et parce; que; les nombreux écarts du type moyen ont été très minutieuse¬
ment de'icrits par erautres auteurs. Penelant la période; jtrimifive eh; la
malaelie-, eleux étals pathologiepiees lulteuit , ])eiur ainsi elire;, peiur la jeri-
mauté : le eh’elire; eet la stupenir. Che;/, la jeluparl, ehis malaeles, la malaelie
comme;nce; par une; e;oui te; jeérioele; ele eiélire et d’iiabit.ude el’insomnie
Jimsi ([ue par eles .symptômes somaliques. Ce délire; a le; jilus souvent un
caractère profe;ssionnel, ae;e'ejmpagné ele; neimbreiises hallueinalions, for¬
mant des série;s ele tableaux plastiques ; il manque; el’obnubilatieui plus
9ce;e!iituéc ele la eeeenscieenea;, il nianepie; erune;y)lus feerte; exe'ilalionyesye'ho-
motrie;e, il y a seule;ment une; leiquaedté eeeintimielle, la ge'stie-ulation.
^intensité des symj)tôme;s s’augnieuite; penelant la nuit. Ces malades peu¬
vent même assez seeuvent vaquer à leurs eee'eeupations quotidie;nne;s. Sui¬
vant le contenu des illusions, de l’intensité de l’excitation motrice et de
124
STÉPHANE K. PIENKOWSKI
l’humeur du malade, on peut évidemment parler ici d’une excitation
hypomaniaque accompagnée de jiiaieté, d’excitabilité, (l’euphorie, d’une
plus forte conscience de soi-même, symplônn^s qu’on trouve souvent chez
les individus jeunes et chez les enfants.
Si l’obnubilation est plus marquée, si l’excitation motrice est considé¬
rable, cela rappelle le délire épileptique, qui peut même s’élever à la fré-
nési(! et à l’agressivilé.
Souvent, on constate (h>s hallucinations désagréables ayant un carac¬
tère somato-psychi(pi(( et^ un coloris alïCH'lif très marqué. D’habitude on
remarque des symptômes doulouianix (d. la myoclonie'.
Enfin il y a des tableaux mixtes.
En pi^icipe, on constate ce délire peuidant. loub^ la périoth; aigue ainsi
que pendànt la période! de transition. Le ])lus sonve!nl ,il a une tendance à
disparaître progreissivement; dans la suite eada peuit arriveu- seulement la
nuit ou sporadiquesment.
Pendant la période! aiguë t.outefois, un autre élément e!onstitutif des
troubles psyediiqucs fait toujours son appai'ition ; la stupeur. Nous l’obser¬
vons le plus ilist inclement, dans les formes dites oculo-léthargiques décri¬
tes pour lai^eQère! fois par von Economo. Elle(!onst it ueun('îléme'nte!ffectif
de cet état, (fTfWlilTe’'re!nt s auteurs caraeetérisent par des noms différents,
comme la somnolence, le sommeil, la létbargie, la stupeuir, l’état sopo-
reuix, le! coma. De plus, l’état de stupeur doit être e;onsldéré comme ét ant
le plus saillant, evt le! plus esse!nlie'l élans la maladie, état qui peut être
teuijeeurs reetrouve: même au ceuirs eh's foinu's dit.e's « alél,hargie[U(!S ». Il est
évideent que l’int.eensit é eh' e'e'lte' stiipe'ur varie', epie! le! elélire! e'oncomitant
préseüit.e un tabh'nu mixte', que les sympt ômes t oxie-.o-infeied ieux s’unis¬
sant, y aje)ul,e'nt, e'ITeee't ive'ment, soit, le! se)mme'il, soit l’insomnie. Néanmoins,
je! eerois ([u’il faut, y voir un e!aractère propre!, ('ssentie!!, constant ettypique.
D’habit uele, si elle! n’avait, pas ét é e'onstat.ée pendant la périoele! aiguë, elle
se manifestait pendant, la périoele! ele! I,ransil,ie)n, {)our ainsi elire!, épurée
eraul,re!S éle'meuits, e!’est-à-dire de l’obnubilat ion e!t ele la seemnolencc pro-
pre'me!nl, élite.
Il s’agit d’une! e'spée'e! ere'nge)urelisse'me!nl,, ehi la si upéfa(!l,ion. Lees exc,i-
tatiems (ixtérienres réclament une! plusfeerle! intensité pour preivoqueir une
réae'l ion. Manque! eh' manifeeslat ietns veelilive's, élu désir, ele vemioir, le!
eeonlacl, avec le monde e'xtérieur re'nelu elillie'ile, manque ele eeemtinuité dans
les processus psye'hiques, fixai ie)n psychique, impossibilité de maintenir
les facultés psye'hiepies h un état de leuision approprié à un degré indis¬
pensable pour être! i’i l’état de veille.
Il e!st excessivemeuit dilfierile de décrire cees états élans un bre'f aperçu,
ineune' een omettant les caraeetères le!S plus sl riclcmeent, ohjeectifs de!s troubles
|»sye'hi(iues. A la base ele e'ct état, e:omme pierre angulaire, se trouvent d’une
l>art eics treiublees ele l’inneîrvat ion (t roubles toniques), d’autre part des
I rembleîs élans hî ehmiaine alTectif. Des pre'miers modifient les processus d’in-
nervation inelispe'iisables aux mouve'ment s, tandis epie les autre's e'hangent
la faculté d’une intervention active du psychisme, surtout dans le domaine
TROU BLES PSYCHIQUES DANS L’ENCf:PH ALITE
126
qui intéresse les mouvements expressifs, les mouvements généraux ainsi
que les mouvements automatisés.
Suivant les autres symplômes concomitants, on peut distinguer toute
une gamme des formes. D’habilude et b; plus souvent, nous sommes en
présence de l’union de la stupeur et du délire, nous sommes plus rarement
en présence de la stupeur isolée, qu’à tort nous identifions avec la léthar¬
gie, encore plus rarement voyons-nous le délire seul, mais ici encore la
stupeur, pour ainsi dire cachée, prime tout le tableau. De très nombreuses
descriptions des troubles psychiques se rapportent justement à ce tableau.
Dans ces descriptions, nous trouvons des étals similaires aux états épi¬
leptiques, alcooliques, schizophréniques, aux psychoses organiques, nous
trouvons des formes confusionnelles, des états proches de ceux constatés
dans la psychose maniacü-déj)ressive et les psycho-neuroses.
Quelquefois les difficultés pour poser un diagnostic sont c(»nsidérables.
Je pense toutefois qu(i nous avons toujours à faire avec deux éléments
principaux ; le délire et la stup(uir. Les autres symptômes psychiques ne
sont qiK! des écarts du type principal accompagnés d’exubérance ([ui n’ont
pas leur origine dans le processus loxico-infcclieux, ni dans la localisa¬
tion cérébrale, mais probablem(uit dans les propriétés de la constitution
donnée de l’individu.
Dans la période de transition, les mêmes éléments entrent en jeu. De
fortes douleurs s’y joignent d’habitude ainsi que des troubles moteurs, des
troubles de la tension musculaire, de sorte que ces symptômes caractérisent
l’aspect clinique. Autant dans la période; aiguë les troubles psychiques et
spécialement le délire marquaient les symptômes physiques de leur em¬
preinte, en les modifiant jusqu’à un certain degré, autant dans la pé-
période de transition il en est autrement îles changements physiques domi-
neid, tout le tableau, ce qui évidemment ne p(!ut guère ne pas avoir d’in¬
fluence sur l’état psychique. Dans la première éventu^ité, l’homme allant
dans la rue est à l’état d’ébriété <ît c’est pourquoi le chemin lui semble de
travcrsetinégal ; dans la secoiuh;, l’homme dispose plutôt de tous ses sens,
mais h; chemin ([u’il suif, est plein de trous et ih; sinuosités. Dans ces cas,
le délire se maird.ienf, quelquefois d’une façon plus apparente et nous avons
à faire à un délir<( iirf(ictieux piiolongé et quelquefois ce délire s’exacerbe
subitenuud , de sorte que comme délin; aigu, il conduit à la mort. Il peut
aussi se manifesti'r pour la ])rcmiér(; fois comme délire; ])ost-léthargique; il
peut aussi apparaître speeradiquemeut. Le plus souvent, le délire s’atténue
et di.sparaît sans laisser de traces profondes.
Il en est autrement de la stupeur. Celle-ci creuse, pour ainsi dire, jusqu’au
fond et cause des dégâts en détruisant d’une façon élective certaines corré¬
lations p.sycho-physiques.
La guérison est l’issue la plus rare si rare que chaque cas mentionné
comme guéri d(;vrait être accompagné d’un point d’interrogation. Je ne
Veux pas dire par là que je nie cette éventualité. Parmi les cas que j’ai
observés moi-même, je n’en <;onnais pas un seul que je puisse considérer
comme complètement guéri. 11 y a plus, car ‘JO % de mes observations.
12(1
srfirHASE K. PIENKOWSKI
é1.iuii('M(s au moins 12 mois chacuno, manifoslont un ("îLal. appolc'^ parkin-
sonismo ou un ol.al rapproclu'î. (’,os ôl.als sonl, ioiijours a<'('ompagn('‘s de.
symi>l.ôm(^s psy( lu([iu“s aux<[U(;ls on n’a acoonio on g(‘noral([uop(ni(ral Ion-
lion ol p(>u (l(‘ j)la('<^ dans la liUorat-ur(‘. A mon avis, il s’agil. d’dlals oxoos-
siv(‘m(uil iidcr(^ssanls au jtoiid, (h? vuo i)sy( liiairi((uo. On h^s (Iô(n'i1. gônô-
ralonnnil ooiimu; ai)alliio, lorp(îur psy<dii([uo, sl.upoui', (lop)'(^ssion, môjmî
oomjno dômonoe.
Ru o.xaminanh minul i(!usomonl, un ])lus grand nombre do malades dans
les périodes avaneétïs d<^ la maldi(^, je suis arrivé à la o.onvie.lion cpui les
l.rouhbîs j>sy<dii([ues, aux((U(d nous avons à faire ici, sord. dilTértmls de
(•(Uix ('(uinus jusqu’à préserd eu psyelio-iiaMiologic! par(dllemerd. qiu^, par
exemple, b^s troubles mol ours eonslalés dans la maladi(ï d<î Wilson ou dans
bï spasme de lorsion soid ililTér(nds de e(‘iix (pi’<Mi obstu've dans rhysl.éri(^
et les néivroses. N<ius trouvons iei une séri(î <b; Xnasqiu^s, <'<imme dans
le tliéàtregree. (les jnas<[U(‘s jiroduistnd- en nous uiu; impression de ti’istesse,
(1(1 gaieté, de lôverie, de reeueilb'meni , de sliipidilé ou (riiéb(ét(‘ment. Les
malades ([iii ])orteid. ces mas([U(‘s soid. beaucoup jdus éloignés de l’expres¬
sion de ees derniers, (pie ne le sont les acteurs ([iii les portent au théâtre
grec. Ce n’est qu’en soulevant le masque ([ue nous constatons les change-
menls ])sycbi(pies i'é(ds. Nous avons pour ainsi dire à faire ici à une maladie
de iK'i'versilé el de coni radiction, car le psychisme modifié, s’ex[)i'imaid,
]iar l’ajqian'il ((iii esl à son loiir profondément altéré, produit des earica-
I lires, ef, un exajnen superficiel n’en donne ([ii’iine comjiréhension fausse.
Les facultés inlellectuellessont en géni’iral intacl es. l’as de troubles de la
conscience. I.a mi'Jnoire, l’atli'nlion, l’orientation dans le temps el. dans
l’espace, la jiercefiLion et raiiereejition sans changements, pas de (roubles
aphasiques, apraxiqiies, agnostiipies. Ciqiendant, on dirait qu’une ombre
se projette sur l.outes ces bnietions. ‘
C’est surtout l’orientation quant au propre corps qui subit des chan¬
gements. fiC nombre énorme de sensations organi((ues pathologiques, de
sensations bizaria'S, ainsi que les troubb's du tonus et de la motilité trou-
vi'iitaussi sans doute leur ex]ir(‘ssion dans le psychisme. Les malades n’ont
pas le temjis de corriger les erreurs émanant de cette grande quantité de
sensations organiipies pathologiques. **
bhisiiite les troubles les [ilus imjiorlants se manifestent dans le domaine
de la vie elTecI ive, notamment :
1° Un alTaiblissement des mouvements alTec.tifs dépendant de la vie
intérieure et se manifestant spontanément; une tendance à un caljne affec¬
tif complet ;
2" Une excitabilité affective renforcée par rapport aux excitations du
dehors, en même temps ([u’un changement qualitatif et quantitatif des
processus affectifs : des hésilations subites ainsi rpie de fausses décharges
nerveuses concomitantes, qui les accompagnent. La vie affective se déroule
chez ces individus d’une manière plus automatique, par bonds, et les
malades n’éprouvent pas ces faits psychiques comme étonnement, peur ou
inquiétude. Ils se transforment en calmes chroniqueurs épiques. Le ton
rnouniMs psyciiiqu es dans vencêphalite
127
dominant, dans la vie leur fait defaut. Ces changements amènent de même
des troubles dans le domaine de la volonté. L’idée de la fin et la connais¬
sance! des elTets sont maintenues, cependant les impulsions ne participent
pour ainsi dire jias dans la lutte des motifs, vu qu’il leur manque le point
de contact avec celui-là que! la fen-ce intégrante des émotions a dimiioé.
Ceila e’.enieluit à une dissociation entre la personnalité eeninaissante et
la peü'sonnalité connue. Cela conduit encore à des change-ments de carac¬
tère et de tempérament., ce qui peut s’exprimer par le rapport des impul¬
sions relativement à la grandeur des obstacles et des freins.
C’est justement, cette dissociat ion des éléments supérieurs et inférieurs,
des émotions et de la volonté, ces changements de la personnalité, du
earae.tère, qui sont tout aussi caractéristiques, pour la mentalité de ces
nialad(!s, que la disso(!iat.iou des mouvements volonlair(!s et, des mouve¬
ments automatisés, la dissociation dans le fonctionnement des sens et du
système végétatif que nous appelons parkinsonisme.
11 est évident que sur ce fond, le système des impulsions peut prendre
des proportions monstru(!Uses,])eut croîl.r(! <'omm(‘ un néoplasme psychique,
ce qu’on observe le plus souvent chez les enfants chez les({uels les freins,
les obstacl es ont perdu le contact avec les imi)ulsions et qui, par suite de
changements survenus ailleurs, avaient pu s’alïaiblir à l’origine.
Chez les personn<!S plus âgées, une fois que les obstacles et freins se
sont déjà constitués, ce rapport subit une relaxation considérable, et
dépendamm(!nt d’autres facteurs, il pourrait produire tout une gamme
de nuances, à commenc(!r ])ar une légère dilTiculté dans la décision et par
une certain!! excitabilité, pour aboutir au type d’un homme impulsif, d’un
homme dont le caractère clinique se rapi)roche des formes les plus graves
de la psychopathie constitutionnelle.
Dans les périodes chronicpies et secondaires, je distingue :
1° Des états similaires à la psychopathie conslitutfonnelle, états cons-
fatés dans la grande majorité, soit sous forme de « moral insanity )>, soit
sous forme de changements plus légers du caractère, qui rappellent les
types psychoneurotiques ou catatoniques.
2° Des états où domine la stupeur, états dans lesquels il est souvent im¬
possible d’atteindre lè psychisme, soit dans une forme constante, soit dans
une forme alternante avec des atténuations la nuit. On constate aussi des
états d’excitation.
3“ Des états atypiques. A ces états peu nombreux appartiennent : les
états asthéniques, les syndromes de Korsakow, pseudo-paralytiques et de
démence.
Il faut que j’attire l’attention sur la circonstance que le parallélis ne est
Irappant dans ce que cette dissociation physique et psychique peut être
constatée aussi bien dans l’encéphalite que dans les autres maladies orga¬
niques avec des symptômes extra-pyramidaux connus.
Conclusions.
1° Les troubles psychiques dans l’encéphalite épidémique léthargique
128
STÉPHANE K. PlENKOWSKl
sont un symptôme constant et se retrouvent dans toutes les phases de
cettc! maladie.
2“ Dans les périodes aiguës de la maladie, deux états psychiques prin¬
cipaux impriment un caractère spécial aux tableaux cliniques ; le délire
et la stupeur.
3° Dans les périodes ultérieures du mal, le délire a une tendance à dispa¬
raître, tandis que la stupeur tend à augmenter d’intensité.
4° La léthargie pendant la période aiguë est uni^ conception collective
cemposée d(! i)lusi(!urs éléments. Dans cette composition entrent :
a) La somnolence proprement dite, en tant que symptôme physique,
qui dépend des troubles toxico-infectiisux ;
b) L’obnubilai ion (h^ la conscience comme élément du délire ;
c) La stupeur proprement dite.
fjo Dans les périodes ultérieures de la maladie, les deux premiers symptô¬
mes disparaissemt, tandis que le troisième se mainlLuit.
6“ L(!s troubles psychiques dans les périodes chroniques ou secondaires
de l’encéphalite épidémique léthargique sont constamment constatés. Ils
se manifestent dans la plus grande majorité des cas sous formé de modi-
fi(;ations nettes du caractère et ont une intensité variable.
70 II faut souligner comme symptômes caractéristiques de l’encéphalite
épidémiques léthargique les phénomènes de la stupeur, la marche par phases
des troubles psychiqiuss, (uifin les troubles terminaux concernant le chan¬
gement du caractères.
8" Les états secondaires les plus fréquents dans l’encéphalite épidé-
miepus lél hargie{ue, esonnus sous les nom de parkinsonisme, sont caractéri.«és
pai’ unes elissoc-iation élans le domaines du systèmes végétatif, des mouve-
ments expressifs, eless mouvemesnts généraux, automatisés et volontaires.
Des mêmes aussi les troubles psychiques constatés le plus souvent dans ces
états sont caractérisés par une dissociation dans le de)maine affectif,
impulsif et intelleestuel.
3“ Il y a une grande ressesmblance ent re les troubles psyeshiques observés
élans less périeuless tardives elee remcéphalil-c e'-pidémiepie léthargique et les
t roublées déeerils dans l.outees lees autrees Jualaeliees neerveusees caractérisées par
des symptôme's elu l.ypee eextra-pyramidal.
10“ Les aulnes symptômes i)sychiquees constatés dans lees différentes
jeériodes elee reene e-phalil ee épidémique léthargique constil.uent une mino¬
rité infimee et relèvent eu partie de causes constitutionnelles ou de l’in¬
tensité de la maladie.
II
UN RÉFLEXE DE FLEXION DES ORTEILS
ÉTUDIÉ CHEZ LES ALIÉNÉS (0
Franco BERTOLINI et ETTORE RIETI
(Asile des Aliénés de Florence, Professeur P. Amaldi)
Nous avons étudié chez 642 malades psychiques le réflexe de flexion des
orteils dont parlent D. Schrijver {Revue neurologique, XXIX, n® 12-1922)
et H. Bernhard {Zeitschrift fur die gesamte Neurologie und Psychiatrie Bd.,
80 H. 5-1923). Ainsique ces auteurs, nous ne l’avons jamais trouvé chez les
malades qui présentent des lésions pyramidale.^, tandis qu’il est a .S3Z fré¬
quent dans les maladies mentales qui ont une base organique et bien moins
dans les maladies fonctionnelles. Nous avons pu établir l’ordre suivant :
démence précoce catatonique (35 %), artériosclérose cérébrale (33 %),
paralysie générale (27 %), idiotie cérébropathique (26 %), syndrome
parkinsonien postencéphalitique (20 %), alcoolisme chronique (19 %),
démence précoce paranoïde (12 %), frénasténie dégénérative (11 %),
démences sénile et présénile (9 %), démence précoce hébéfrénique (9 %),
psychose maniaque et dépressive (7 %), enfin l’épilepsie (7 %). Quelques
malades à syndrome amential n’ont jamais présenté ce^réflexe. Nous avons
pu examiner un seul crétin — une fillette de douze ans — chez qui le
réflexe existait : au contraire nous ne l’avons jamais vu en d’autri s
affections desquelles nous n’avons pu examiner qu’un cas ou deux (sclérose
eu plaques, tumeur cérébrale, démence posthémiplégique, hystérie, mor¬
phinisme, etc.). Le réflexe est provocable par la percussion du 3® inférieur
de la jambe soit du côté extérieur soit du côté intérieur, des malléoles
externes et internes, de la carène du tibia, du tendon rotulien, enfin
en étreignant des doigts le 3® inférieur de la jambe; l’intensité du réflexe
et sa présence par la percussion d’une seule ou de plusieurs des places
indiquées n’a aucune valeur. Chez les trois quarts de ces malades, le réflexe
rotulien était assez vif ; chez les deux tiers à peu près il y avait hypertonie
des membres inférieurs. Un quart des malades seulement présentait le
signe de Mendel-Bechterew ; nous n’avons jamais signalé ce réflexe chez
des malades chez qui le réflexe des orteils était absent. Le signe de Ba¬
il) Une élude plu.s détaillée paraîtra dans la Fassegna di Siudi Psichiairici de Sienne.
BEVUB NEUnoLOQIQUE — T. H , 9
130
FHAMCO BI-ltrOLINI et ettohe iiieti
binski, mêJn'î rccborché par la manœuvre de Opponheim, manquait cons¬
tamment. Aucune relation intime ne peut s’établir avec l’état de la glande
thyroïdes, ou avec les alterations du réflexe oeulo-cardiaque. Le réflexe
intéresse seulement les derniers ortesils : le gros orteil n’est jamais en jeu.
Sa période de latence est tellemenl. petite qu’on p(5ut le considérssr comme
immédiat.
L(s réflexe des orteils ne semble pas s’identifier avec bs réflexe de Mendel-
BiscliLensw : n’oublions pas que la fbsxion des orteils peut dépendre d(s
plusieurs causes, elle est même physiologique par le chatouillement de la
plantes du piesd ; on ne peut donc pas invoquer la même pathogénèse pour
hs m^Ws symptôme. Le réflexe de .Mendel-Bechteresw est certainement
un indice dis lésion pyramidale, ainsi que l’ont démontré Bomagna-Manoja
(/ piccoli segni dniremiplegia nrganica, Rome 1913), Nithin, Dumke,
Spier (isités par Schrijver), enfin Litwak [Quade.rni di Psichialria, v. V,
n” 11-12, 1918), ipii l’a obtenu par .stimulation dis la tête, du cou et des
bras chez cinq hémiplégiques qui présentaient le réflis.xe de Babin.ski. Or
le réflexe que nous avons étudié n’a certainement aucune relation avec
une lésion pyramidale; sur ce point, nos recherches concordent parfaite¬
ment avec celles de Schrijver et de Beirdiard. Nous croyons, ainsi que
Bernhard, qu’on peut invoquer plutôt les voies extra-pyramidales, surtout
par rapport, à l’hypertonie, qui isst souvent liée à une lésion des ganglions
de la base du cerveau, et à la fréquence du réflexe chez les catatoniques
comme Sclirijvisr et Bernhard aussi l’ont remarqué, ce qui peut s’expliquer
par l’hypothèse de Buscaino [Uivisln di Palologia Nerimsa e Mentale, v.
XXV, fasc. 7-8, 1921) qui a décrit, des lésions du corpus striatum des
■catatoniques.
Le l’éflexe des orteils n’est, ])as un réflexe idiomusculaire, car il existe
<;hez des malades qui n’ont auinin signe d’atrophie : il n’est pas un réflexe
(le défense, car il se produit, sans rétract ion de la jambe, sans aucun mou¬
vement, brusque et sans aucun signe émotif ; enfin il n’a aucune valeur
pour le diagnostic des maladies mentales.
III
STÉRÉOTYPIE SYMBOLIQUE DU VEUVAGE
DANS LA CORRESPONDANCE D’UNE ÉROTO-
MANE PERSÉCUTÉE
Paul COURBON
Médecin de l’asile de Stéphansfeld
Ln symbolisme est fréquent chez les psychopathes. On no saurait s’en
étonner si l’on songe que, comme l’a bien montré Blondel (1), le vocabu¬
laire des hommes sains ne possède par de mots pour traduire les états de
la conscience morbide. Celle-ci, quand elle veut s’exprimer, en est donc
réduite à forger des néologismes ou à recourir à des symboles. Ces derniers
nous sont le plus souvent, pour la raison même qui leur donne naissance,
plus ou moins incompréhensibles.
Au contraire, le caractère parfaitement intelligible de l’écriture symbo¬
lique ici reproduite offre un intérêt tout particulier. C’est une impression
de deuil qui se dégage de la vue de ces quatre pages noires, où l’on ne dis¬
tingue d’abord que deux inscriptions : l’une au début de la première page,
qui est une appellation affectueuse àun mari, l’autre au bas de la quatrième,
qui est le nom d(! la femme de celui-ci.
Or c’est bien l’impression du veuvage ressenti par elle, depuis que la
séquestration avait mis un terme à ses poursuites amoureuses, que l’auteur
de cet écrit voulait exprimer. Pour y parvenir, elle serf-ait si étroitement ses
lettres et ses mots, rapprochait et entrecroisait ses lignes avec tant
d’adresse et de calligraphie qu’à la loupe on déchilTre aisément ce qui est
fracé. Ce gonr<) de correspondance funèbre était réservé pour l’homme dont
elle s’imaginait avoir conquis l’amour et être l’épouse. Pondant les 10
années que dura sofi internement, tant que le cancer du sein droit dont
elle mourut, lui permit l’usage de la plume, elle ne laissa pas s’écouler un
seul jour sans se livrer à ce minuti(uix travail. Elle a écrit des centaines de
lettres toutes identiquement semblables à celle-ci par la f()rm(^ et par le
fond.
Pour les autres destinataires, elle en usait suivant les formes courantes.
D’ailhiurs, pour tout ce qui ne concernait pas son délire, elle faisait preuve
d’un jugement sain et d’une mémoire parfaite. Très réticente, ayant reçu
une cxc(‘llente éducation, d’intelligence assez vive-, coqindte d’allure (vt de
fournur(i graeieuse, elle étail d’un coinmere.e agréable. Et personne, en
(I) ’l'll. l'LONDEL. Lî
132
PAUL COURDON
conversant avec elle, n’aurait pu se douter des extravagances qui nécessi¬
tèrent son placement à l’asile.
Cependant, son passé était celui de la persécutée érotomane classique.
Tarée héréditairement (un frère suicidé, une mère aliénée), elle s’était
prise de passion vers la quarantaine pour un ancien camarade d’enfance
plus jeune qu’elle, qui devint l’objet de son exubérante et infatiguable
tendresse : visites quotidienncis à l’élu, à sa mère, à ses sœurs et à ses amis
pour parler de lui ; poursuites dans les rues, les magasins et chez les parti¬
culiers, pluies de fleurs, (hi bonbons, de cadeaux de toutes espèces à son
adresse, missives intei minables, etc. Parallèlement, scènes injurieuses avec
menaces de mort, et d’incendie contre sa jnepre famille à elle qu’elle accu¬
sait d’être la cause de l’insuccès de ses entreprises. Finalement, après une
dizaine d’années de scandales, internement à l’âge de 49 ans dans un asile
d’aliénés, où elle mourut dix ans plus tard.
Voici recopié le texte d’une de ces épîtres de deuil et d’amour. On y
voit la chaste ardeur de cet érotisme de vielle demoiselle sans lecture,
où le terme le plus risqué est celui « d’adorable scélérat », où les effu¬
sions les plus audacieuses sont des « baisers bien brûlants, bien sucrés »,
où les contacts les plus intimes rêvés sont ceux des « battements ve¬
loutés du cœur ». La sexualité, comme il est fréquent en pareil cas, ainsi
qu’y insista récemmment M. de Clérambault (1) dans ses récentes et inté¬
ressantes études, y joue un rôle si effacé que la mère, les sœurs et même
les amis de l’élu sont indissolublement joints à lui dans toutes les déclara¬
tions qu’elle fait de sa flamme. La seule sensualité qui transparaisse est
celle de la gouimandise, puisqu’au nuptial séjour le couple se régalera de
« bonnes gaufres ». Entrcî lemj)s, la jeuruï épouse, pour manifester à sa
belle-mère toute l’avidité de son affection, « l’embrassera en la mordant
bien tendrem<!nt ».
La photographie ci-contre a été prise sur l’un des exemplaires où l’écri¬
ture fut le moins menue pour être plus lisibhi par le lecteur. Mais beaucoup
d’autres lettres étaient composées en caractères plus petits et plus serrés.
L’impression de noirceur donnée par la feuille était alors plus absolue.
Toutes étaient d’une calligrai)hie parfaite, sans rature ni tache, aisément
lisible à la loupe. Les phrases dans toutes étaient identiques.
Cette répétition par la plume des mêmes propos chez une vieille femme
pourrait à première vue être considérée, comme l’équivalent dans le do¬
maine de l’écriture, de la répétition orale étudiée ailleurs sous le nom de
radotage (2). Il n’en est rien, car cet acte correspondait au sentiment actuel
éprouvé par la malade, du fait de son délire et de son internement. C’était
une stéréotypie graphique et symbolique par laquelle une érotomane
persécutée traduisait au fond de l’asile, où elle était enfermée, la détresse
de son amour.
(1) De C.LÉnAMBAÛLT. Krolomaiiie. Annah’s mid’cn-psijchd., 1921.
(2) l’AUL CounBON. Le rndolaxcc E.si-ai de différenciation psych<do('i(|ue enlre les
elïcts de l’àce de l’artériosclérose sur la mentalité des vi(dllards. Annales médito-
pfychvL, 1923, n« 1.
SrEREOTYPJE SYMBOLIQUE DU VEUVAGE
133
Mon bien-aimé et bien adoré mari Auguste,
Embrassons-nous toujours 1 comme nous nous aimons et nous nous adorons pour
toujours! de tout notre amour l’un pour l’autre et fidèle, d’un à l’autre pour toujours!
PAUL COURDON
VM
qiio rien an monde ne pourrait délrnire ni altérer I nous ne faisons cpi’iin seul et même
pour nous aina^r et adorer toujours I Mon cher et bon Maître, mon cher et bon compa¬
gnon : mon aulorilé, mou défenseur, mon conseil, mon tout ce (ju’il y a de mieux cl
SrEREOrYPlE SYMBOLIQUE DU VEUVAGE
135
clc meilleur au monde pour moi, mon bien digne et bien noble époux, mon Dieu, bon roi,
mon bien aimé, bien adoré, bien divin et bien fidèle mari Auguste, bien à moi pour tou¬
jours 1 Avec ta bonne chère femme bien à toi pour toujours Aimée, toi avec moi, moi
avec toi pour nous aimer et nous adorer toujours ! comme nous nous aimons et nous
adorons on ne peut pas pbis pour toujours de tout notre amour l’un pour l’autre et
fidèle l’un à l’autre pour toujours ! qui est jamais des plus grands, des plus forts, des
plus inébranlables, des plus indissolubles et des plus fidèles pour nous aimer et nous
adorer toujours, de toutes nos forces.de tout notre cœur et de toute notre âme, mon bien
cher pour moi, mon bien cher à moi pour toujours ; mon bien aimé et adoré fiancé,
mon bien aimé, bien adoré et bien fidèle mari Auguste, bien à moi pour toujours 1 avec
ta bien chère pour toi, ta bien chère à toi pour toujours ! ta bien aimée et bien adorée
fiancée, ta bien aimée, bien adorée et bien fidèle femme bien à toi pour tovijours Aimée
Embrassons-nous toujours bien, comme ensemble, nous avons le bonheur et nous som¬
mes heureux de savoir bien nous embrasser ! comme nous nous aimons, nous nous ado¬
rons et nous dévorerons toujours do tous nos bons baisers bien brûlants et bien sucrés
et de toutes nos bonnes caresses l’un pour l’autre pour toujours 1 mon bien aimé, bien
adoré et bien fidèle mari Auguste pour toujours 1 avec ta bien-aiméc bien adorée et
bien fidèle femme Aimée... pour toujours 1 Tu ne m’as pas encore écrit, pourquoi ne
le fais-tu pas? Je te redis que tu es, on ne peut pas plusl mon bien adorable scélérat
de bien bon mari chéri Auguste, bien à moi pour t’aimer et t’adorer toujours ! fais-lc
je t’en prie, c’est aujourd’hui la quarante-troisième lettre à toi et pour toi que je t’écris
depuis que je suis ici, et tu n’es pas encore venu me chercher comme je te le demande ; '
pourquoi ne viens-tu pas ? tu sais bien que je désire très fort que tu me dises toi-même
que tu CS en bonne santé et que tu me rassures sur celle de notre bonne digne et noble
mère, do notre bien aimée sœur Marie, de notre bien aimé frère, Marcel et de ta fa¬
mille que j’aime et qui est mienne pour toujours. Je te, redis que je ne veux absolument
pas rester ici plus longtemps ! C’est avec toi que je veux en sortir au plus tôt, mon
bien aimé, bien adoré et bien fidèle mari Auguste, bien à moi pour t’adorer toujours !
Je ne veux pas rester ici ; dans ce milieu qui n’est pas le mien, il est avec toi, mon bien
bon et bien doux mari Auguste, mariés ensemble, mis ensemble parles bien doux liens
do notre hymen suprôme, qui nous fera heureux ensemble pour nous aimer et nous
adorer toujours 1 en bien bons époux, bien assortis, bien amoureux l’un do l’autre, bien
fidèles l’un à l’autre pour toujours et ne taisant ensemble qu’un seul et même pour nous
aimer et nous adorer, comme nous nous aimons et nous nous adorons, on no peut pas
plus pour toujours 1 do toutes nos forces, de tout notre cœur^^l do toute notre âme !
viens me chercher tout de suite je t’en supplie. Je veux absolument être tout de suite
avec toi où tu es; heureux ensemble, pour nous aimer et nous adorer toujouis ! mon
bien aimé, bien adoré et bien fidèle mari Auguste, pour toujours avec La bien aimée,
bien adorée et bien fidèle femme. Aimée... pour toujours I tu es ma vie, ma vie est à
toi pour toujours ! Je suis entièrement à toi pour toujours. Tout mon amour est pour
toi seul et fidèle à toi pÿur toujours 1 comme tout ton amour est pour moi seule et fidèle
à moi pour toujours 1 Je suis toujours avec toi par la pensée et par le cœur jour et nuit.
Je veux que ce soit réel, je veux être tout de suite avec toi, où tu es. te voir, t’embras¬
ser, te parler 1 J’ai tant de choses à te dire, tant de choses aimantes que je veux te dire,
de vive voix mon tout ce qu’il y a de mieux et de meilleur au monde pour moi, mon
bien digne et noble époux, mon bien aimé, bien aderé et bien fidèle mari Auguste
bien ù moi pour t’adorer toujours 1 Viens, je t’attends ! etc., etc.... »
C’est par centaines que les feuilles ainsi funèbrement parées s’amoncelè¬
rent dans le dossier de la malade où, comme de sombres suaires, elles
enveloppent son souvenir. Sur le noir filigrane du crêpe qu’elle y tissa
no se distinguent aisément que les deux noms des héros de l’idylle rêvée
par son morbide amour. Ainsi, le symbole qu’elle inventa apprend, même
aux profanes qui ne l’ont pas connue, et sans qu’il soit besoin de lire ses
écrits, la triste passion de cette amante infortunée.
ANALYSES
NEUROLOGIE
ÉTUDES GÉNÉRA LES
ANATOMIE ET PHYSIOLOGIE.
Un cas d’Hémicéphalie, par E. de VniES (Leiden). Archives Suisses de Neurol, et de
Psychialrie, t. 10, fasc. 1, p. 32-47, 1922.
• Observation détaillée d’un monstre liémicéphale qui vécut 50 heures : relation de
l’autopsie et des examens microscopiques. Rien do nouveau. W. Boven.
Expériences sur les effets de la Caféine et duCafé axix l’homme, par Hans Maier
(d(! Zurich). Archives Suisses de Neurol, eide Psychialrie, i. 9, fasc. 2, et t. 10, fasc. 1,
1922.
L’auteur se sert d’une infusion de café Santos dans la proportion de 30 gr. de café
pour 300 gr. d’eau et d’une infusion de café sans caféine, marque Hag. 11 compare les
effets de cos deux drogues sur une série d’individus nerveux ou psychopathes dont la
réactivité parait sensible. Quelques résultats, parmi d’autres :
L’analyse chimique révèle une proportion de 1,03 % de caféine dans le café Santos,
0,03 % dans le café Hag (sans caféine). Les patients s’ingurgitant 300 cc. du liquide
en question recevaient ainsi 0,21 gramme de caféine avec l’infusion Santos, 0,000 gr.
avec le café Hag.
La pression sanguine mesurée au tonomèire de Reckliugliansen montait en moyenne
de 10,3 cm. H'HJ après usage du café Santos, im[)erce.ptiblement a{)rès usage de café
Hag. En portant la dose de café Santos au double, on obs<!rvait la disparition du phéno¬
mène do l’élévation de la pression sanguine ; on [loiivait en revanche porter au double
la dose du café Hag sans observer aucune modification sur cc point.
Divers troubles tels que congestion ou hyperémie de la face, tremblement des mains,
oppression cardiaque, etc., provoqués jiar l’administration de fortes doses de Santos
faisaient défaut aiuès administration de café Hag.
L’auteur a étudié l’effet du café, avec ou sans caféine, sur le travail intellectuel. Il
faisait exécuter par ses patients, durant une heure entière, des additions de nombres
composés d’un seul chiffre, dont ils notaient, bien entemlu, la somme. On dénombrait
d’une part les erreurs, d’autre part le nombre des additions à la minute.
D’une manière générale, les constatations ont été toul à tait favorables au calé.
Qu’il soit dépourvu ou non de caféine, il exerçait indiscutablement une action stimu¬
lante sur l’intelligence des sujets : non seulement, on voyait le nombre des additions
croître 'mais aussi le nombre des erreurs diminuer. — Le café Santos (à caféine), dans
certains cas, le café Hag, dans d'autres, fournissait le meilleur rendement.
ANALYSES
137
Il est vraisemblable que l’action stimulante du café est due à des produits aroma¬
tiques dus à la torréfaction et qui se retrouvent dans le café sans caféine.
D’une manière générale, le café sans caféine demeurait exempt d’effets fâcheux.
W. Boven.
De la Durée de l’Atrophie d’un Muscle après section de son Nerf, par
Alexandre Audova (de Dorpat). Archives Suisses de Neurologie el de Psychiatrie,
t. 9, fasc. 2, 1921.
L’auteur opère sur le cobaye dont il sectionne le sciatique.
L’atrophie musculaire se développe rapidement : en 4 semaines, le muscle peut
perdre le 50 % de son poids ou de ses substances sèches. Dans les 100 jours qui
suivent, l’atrophie ne déliasse pas le 25 % du total. W. Boven.
Contribution à l’étude des Sensibilités, par II. Doebeli. Archives Suisses de
Neurologie el de Psychiatrie, t. 9, fasc. 1 et 2, 1921.
Il n’existe pas de sensibilité cutanée consciente, à l’humidité de l’air. En revanche,
les muqueuses bucco-naso-pharyngicnnes possèdent une sensibilité consciente de
cette nature-là.
En ce qui concerne la pathogénèse de la démangeaison, D. observe les faits suivants.
La démangeaison est due à un processus mécanique et non pas chimique, lors de l’emploi
de la « poudre à gratter». Les petits poils de Mucuna pruriens se plantent dans la peau
et irritent les organes récepteurs de la douleur. Là où règne l’analgésie, là la déman¬
geaison ne saurait être perQue. Ces deux sensations tiennent leur apparente spéci¬
ficité do la différence purement quantitative des excitations qui les provoquent.
A noter entre autres que nous serions renseignés sur les mouvements passifs de nos
articulations par dos organes situés dans la peau dos régions avoisinant la jointure.
Il s’agirait donc d’une sensibilité superflciollo, et chose curieuse, proprioceptive !
L’ischémie provoquée artiflciollomont dans une extrémité de membre soit chez les
gens normaux soit chez les syringomyéliques, éveille une sensibilité étroitement liée à
l’affectivité. L’espèce do douleur qui on résulte est une dos sensations les plus insuppor¬
tables qui se puissent imaginer. (L’autour a opéré très bravement sur lui-même.) Le
retour de la circulation normale est, par contraste, indiciblcnrtfnt agréable. Ces sensa¬
tions doivent être en connexion avec le système sympathique. W. Boven.
SÉMIOLOGIE
Une nouvelle méthode pour la recherche de la Cécité pour les Couleurs avec
description de vingt-trois cas, Proccedings par R. A. Hcurtoun (de Glasgow),
0/ ihe n. Soc. of Edinburg, i. 42, n“ l, p. 75-88, 1922.
La personne dont il s’agit do mesurer la faculté de discrindnatioii pour les cou¬
leurs est |)Iacéo on chambre noire devant un appareil d’optique, quj superpose les
couleurs fondamentales, rouge, bleu, vert, disposées en rectangles sur des écrans de
gélatine éclairés ; ces écrans sont ainsi faits que la proportion do deux couleurs restant
constante, la quantité de la troisième couleur peut varier de 0 à 1/2 grâce à un dépla¬
cement à vis de la plaque do gélatine ; 9 écrans donnent dans l’appareil toutes
les teintes possibles où entrent les couleurs de l’arc-cn-ciel ; et comme le sujet regarde
et compare deux teintes il est besoin d’un double jeu d’écrans. L’appareil étant réglé,
le sujet voit deux imagos colorées, deux fois la même teinte ; alors par jeu de la vis
on déplace un écran do gélatine, donc on altère une teinte ; et quand le sujet perçoit
Une différence do teinte entre les deux images on marque un point. On marque un point
sur un triangle équilatéral dont les sommets s’appellent rouge, bleu et vert, dont le
138
ANAL YSES
sommet rougo est joint par 5 lignes à la base bleu-vert, et dont le côté rouge-bleu est
joint par 4 lignes au côté rouge-vert ; en valeurs colorées ces 9 lignes correspondent
aux variations dont sont snscef)tibles les images des 9 écrans ; c’est le long de ces
9 lignes qu’on marque les points. Or, puisque plus vite le sujet discrimine, plus on
marque do points, ona loutde suite, après l’examen complot. ra[)préciation numérique
de sa faculté discriminative pour les couleurs ; de plus, en joignant 1(îs points dans les
sons appropriés on a le schéma de sa vision colorée. Le pré.sent travail se ba.se sur
l’examen de 23 cas de cécité pour les couleurs et do quebiues sujets normaux ; ceux-ci
ont obtenu de 57 à 98 points ; les cécités descendent à 20, 12 et même 8 points ; par
contre un sujet à vision exceptionnellement bonne a marqué 130 points.
Les schémas de l’auteur ne vériliont pas la réalité delailivision généralement admise
de la cécité colorée en deux sortes, cécité pour le rouge, cécité pour le vert ; il n’y a pas
entre les sujets de différence tranchée de ce genre.
Un fait nouveau concerne deux sujets considérés comme complètement aveugles
pour les couleurs ; ils répondent pour ainsi dire n’importe quoi quand on leur montre
uiK^ teinte ; or ils ont discriminé aussi bien que dos normaux (64-72 points) ; ce n’est
pas de cécité pour les couleurs qu’ils sont atteints mais cher, eux il y a absence de
connaissance (bs couleurs. A l’opposé doux personnes n’ayant qu’un pouvoir discri-
minatit extrêmement réduit (14-8 points) savent si bien se servir de leur connais¬
sance dos couleurs que dans la vie courante elles no commettent presque pas d’erreurs
é leur sujet. PI. F.
Sur la Réaction Myodystonique, par Gotthard SODiinnnnGii, Acla nied,
Scandinavir.a, t. 56, n” 5, p. 585, mai 1922.
Dans la maladie de Wilson et dans les pseudo-scléroses, S. a mis en évidence une
réaction électrique (pi’il consiilère comme caractéristique. L’excitation des muscles
par les courants faradiques produit comme d’ordinaire une contraction musculaire
rapide., mais, l’électrode active éloignée, le roUlchement s’effectue avec une lenteur
anormale, et surtout d’une façon discontinue, étant interrompu par une contrac¬
tion spontanée, de courte durée, intéressant tout le muscle, faible mais distincte,
suivie d’un relùchement encore plus lent du muscle. Ce phénomène peut se constater
au niveau du ticeps, du deltoïde, <lu long supinateur, du grand pectoral, de l’oppo¬
sant du pouce, du droit antérieur de la cuisse, du frontal.
Dans un cas de pse mlo-scléro«e, S. a retrouvé une réaction de même ordre carac¬
térisée par l’afiparition de contractions cloniques lentes, souvent rythmées, pendant
et surtout après l'excitation fara<li(pin du muscle, avec un courant tétanisant au
lieu de lu contraction toni(pie hal itmdle, par l’existence d’une post-contraction toni¬
que après exci'a'ion faradique d(^s muscles et parfois des nerfs, se produisant môme
du côté opposé, les résultats variant d’ailleurs d’un jour à l’autre; ces contractions
involontaires cloniques et toniques peuvent exis'er inilépendammcnt les unes des
autres ou coexister. S. considère cette réaction myodystonique, (]ui donne on minia¬
ture l’image dos troubles moteurs observés dans ces affections extrapyramidales
comme une sorte de réfle.xe provoipié par la contraction du muscl(\
Kn somme, il y a lieu d’examiner attentivement les cas do Wilson-psoudo-sclérose
au point de vue de la réaction électrique des muscles ; une constatation normale
doit ii'vitei à des recherches réitérées, étant donné la variabilité des phénomènes,
f.a réaction myodystonique se distingue surtout par des contractions involontaires
après l’éloignement de l’électrode active, do nature soit tétanicpie, soit clonique ou
les doux. Elle se trouve par préférence à la suite d’excitations faradiques dos muscles,
mais quelquefois des nerfs et pcut-ôlro aussi à lu suite d’excitations galvaniques.
ANALYSES
139
Parfois il nxisto dos contractions cloniques même pondant la duree de l’excitation
(lu muscle. E. F.
SoDEnDEnGit (Gotthard). Valeur pratique de la Béaelion Mijodijstonique (Acta mcd.
Scandinavica, t. 5G, n» 5, p. GOl, mai 1922). — La ri'‘action mybdystoniquo rend ser¬
vice dans les cas où la nature hystérique ou thalamiqne d’une hémi-anesthésie reste
douteuse, la réaction pupillaire à la douleur n’étanl pas toujours concluante. Témoin
le cas que rapiiorte S. où il s’agissait d’un ouvrier qui, à la suite d’une chute, se plai¬
gnait de douleurs persistantes dans le bras gauche et avait une hémi-hypoeslhésie
du même côté ayant fait penser iilusieurs experts à de la sinislrose. Or l’oxcitalion
faradique tétanisante des muscles donnait lieu à des post-contractions. Il existait
de plus une certaine rigidité dans la marche, un peu d’inégalité pupillaire. Le tout
permit de conclure à une lésion des ganglions centraux, viaiscmblabloment de la
couche optique. E. F.
Un syndrome singulier, probablement appartenant au groupe de Wilson-
Pseudosclérose. Une sorte de Cachexie pigmentaire avec Opacité en
ceinture de la Cornée primitive et avec Troubles Nerveux ressemblant
à la Sclérose en plaques, par Gottiiaiîd SonEnuEncit. Acta med. Scandinavica,
n» 5, p. G04, mai 1922.
L’obsnrvation concerne un hommn do 35 ans chez qui so sont progressivement
Installés, depuis 5 ans, dos troubles divers. Ils ont débuté par une opacité on cein¬
ture do l’œil droit; dos formations jaunâtres, semblables aux pinguiculae, ont apparu
aux doux yeux; une mélanodermie avec asthénie, jiuis dos symptômes nerveux, dys-
Pliagio, troubles do la marche, diplopie ont complété le tableau.
L’examen constate une cachexie type d’Addison sans tuberculose pulmonaire,
l’o|iacité en ceinture d’un œil et les pinguiculae des deux, le météorisme avec aug¬
mentation do volume do la rate. Du côté du système nerveux, tremblement de la
tfite et du tronc, troubles do la marche atypiques, nystagmus atypique.
Un cirrhose hépato-spléniquo pourrait expliquer les lugmontations do la peau et
Los troubles nerveux ressemblent à ceux fie la sclérose en (flaques, mais il y a des
anomalies : les signes pyramidaux sont le plus souvent absents, la démarche talon¬
nante est particulière, il y a une ébauche de signes cérébelleux, le nystagmus est
rotatoire.
En somme collection de raretés : l’oitacité on ceinture primitive do l’œil est très
rare ; la cachexie pigmentaire est d’une forme atypique rare ; les troubles nerveux
no sont pas moins atypiques. L’esprit cherche à faire une synthèse et no réussit pas
C poser un diagnostic. Mais il est invinciblement attiré du côté de la série des syn¬
dromes extrapiramidaux (M. do Wilson, psoudosclérose) avec cirrhose hépatique
al c’est â une telle hypothèse que provisoirement il est possible de se rallier.
E. F.
Contributio n à la théorie et à la pratique des Réactions Colloïdales dans le
Liquide Céphalo-rachidien, par .1 os. Frivika et Léo Taussig, Ltevue Neuropa-
lliologiquc tchèque, 1922.
f^près des considérations sur la physico-chimie des réactions collofdalcs, les auteurs
exposent les résultats de leur jiratique avec l’or colloïdal.
Il faut distinguer deux ty])cs de la réaction à l’or colloïdal ; 1» le type ■< syphilitique »
ches’. lequel la coagulation de l’or colloïdal so passe dans les concentrations du liquide
140
ANALYSES
céphalo-rachidien relativement élevées (i: 20-1:80), et 2“ le type « méningitique »
chez lequel la réaction se manifeste dans les concentrations relativement basses
(1:320-1: 2500). C’est à tort qu’on désigne le premier type comme» syphilitique »
parce que bien des maladies sans infection préalable réagissent souvent d’après ce
type (parcxemple les tumeurs du cerveau et de la moelle, l’encéphalite léthargique, etc.);
quant à la sclérose en plaques qu’on pourrait ici citer, on ne sait si elle n’est pas pro¬
voquée par une certaine espèce de spirochètes. C’est également à tort qu’on appelle
le second type « méningitique » parce que tout liquide céphalo-rachidien qui contient
une certaine quantité du sérum de sang réagit d’après ce type.
Le premier type a son optimum de réaction dans la concentration 1:40-1:80, le second
<lans la concentration 1:640-1:1280. Ce n’est jamais le quantum de l’albumine qui
détermine cet optimum de réaction. Le quantum de l’albumine se manifeste d’une
manière absolument différente : il élargit et approfondit la courbe de réaction, ce
qui veut dire que si le liquide contient copieusement de l’albumine, on voit aussi
réagir les éprouvettes de part et d’autre de l’optimum, et dans ce cas la coagulation
devient absolue ou presque absolue. Si au contraire il y a peu d’albumine, la coagu¬
lation n’est que faible et elle se borne aux concentrations optimales. Mais la quantité
de l’albumine réagissante n’a aucune influence sur cet optimum do réaction.
Ceci no dépend ([uo de la qualité colloïdale do l’all)uniine. Quant à cela il faut dans
le liquide céphalo-rachidien distinguer deux espèces différentes d’albumine : dans le
second type (méningitique), c’est toujours l’albumine du sérum de sang qui pro-
tluit la réaction et il est naturellement égal pour le réusltat de la réaction qu’il s’agisse
du sérum qui pénètre dans le liquide céphalo-rachidien au cours d’une méningite aiguë
par suite d’une énorme augmentation do la perméabilité dos méninges inflammées,
ou du sérum qui y arrive dans différents cas d’hémorrhagies dans la cavité entracra-
nienne ou intrarachidienne.
Dans le premier type il s’agit d’une albumine tout à fait différente. En considé¬
rant son caractère il ne faut pas oublier que le liquide céphalo-rachidien normal, lui
aussi, montre souvent une réaction très faible il est vrai, dans la concentration opti¬
male caractéristique pour ce type. De ce tait, il résulte que l’albumine du liquide
normal doit être au point de vue physico-chimique qualitativement conforme à
J'alt umine chez les maladies réagissantes d’après ce type. 41 s’agit ici des maladies
(pii, (i'un- ci'ilé, |irovoquent une hyperaihuminosc du liquide céphalo-rachidien mais
qui d’un autre c(ïté n’ont rien :.i faire avec une forte exagération de la perméabilité
des méninges ([ui ne caractérise, que les méningites aiguës,
( L’hyiieralhuminose dans ces maladies se manifeste donc comme une simido aug¬
mentation de l’albumine contenue dans le liquide cé[dialo-rachidien normal, tandis
(pio riiyperalbiiminose dans les méningites aigni'S n’est causée que iiar le sérum ((ui
y pénètre par des méninges enflammées, donc très perméables.
Qlu’il s’agisso du jiremier tyjie de la réaction ou du second, l’albumine entre en scène
dans les deux cas comme un seul et uniiiue ensemble réagissant, ce ([ui veut dire que
si la courbe do réaction ne ^Jirésente qu’un seul maximum il s’agit seulement d’une
espèce d’albumine ; si le maximum est placé dans les concentrations plus basses, il
s’agit do l’albumine d’origine sanguine (méningites aiguës, hémorrhagies) ; s’il se trouve
dans les concentrations jilus élevées il s’agit d’une hypcrproduction de l’albumine
autochtone. Cette seconde espèce d’hyporalbuminose caractérise avant tout les maladies
syidiilitiques et métasyphilitiques du cerveau et de lu moelle, mais elle se trouve
aussi dans la sclérose en placpies (d assez souvent dans les autres maladies chroni-
(pies du système nerveux central. Si la courbe de réaction montre deux maxirna,
c’est que les deux esiièces d’albumine sont à la fois présentes. Cola se voit assez fré¬
quemment dans un li(piide céphalo-rachidien réagissant d’après le j)romier type,
ANALYSES
141
mais contenant un pou de sang ; deux maxima se trouvent aussi s’il s’agit d’une
méningite aiguë chez un syphilitique. A.
Etudes cliniques et anatomiques sur l’Apraxie [Klinische n. analomische studien
ilber A.), par Bbun (cl. du pr. Monakow. Zurich). Schweher Archiv f. Neurol u.
Psych. t. 9. et 10, 1921-22. (125 p., 20 obs. fig. Bibl.)
Travail important, clair et bien ordonné, basé sur 20 observations très complètes.
Exposé des théories trop méconnues de Von Monakow, différant radicalement de
celles de Licpmann. Cliniquement, il distingue i
I. — L’apraxie unilatérale.
1° Apraxie motrice unilatérale. Toujours avec hémiplégie et agraphie motrice,
souvent avec parésie initiale de la main plus tard apraxique et avec aphasie motrice,
plus rarcmcrt sensoriell3.
2» Apraxie sensorielle bilatérale. Le trouble apraxi( ue se manifeste surtout par un
trouble profond homolatéral de la sensibilité proprioceplive d’ordre élevé (Bathya-
nesthésie et .Agnosie tactile) et coexiste presque toujours avec une Agraphie cheiro-
kineslhésique et souvent avec une Aphasie sensorielle.
II. — L’apraxie bilatérale.
3“ Apraxie motrice bilatérale. Comme 1“, mais bilatérale et avec évidence plus marquée
dos éléments agnosiques et idéatoiros.
4“ Apraxie bilatérale agnoso-idéaloire. a) Apraxie ugnosique. Un élément agnoslque
domine (agnosie optique cécité psychique); b) Apraxie idéaloire. Les troubles idéa-
toires (psychiques) ou semiques généraux [allgemein-semische) prédominent ; c) Apraxie
amnésique.
Ces 3 dernières formes ne peuvent être nettement séparées.
En ce qui concerne la localisation, ses conclusiors sont :
1. Il n’y a pour ainsi dire aucune région du cerveau dont la lésion no puisse produire
au moins temporairement i’apraxic.
2. La destruction complète du lobe pariétal inférieur gauche ne produit pas par
lui mémo l’apraxie, môme initiale.
3. La région apraxique par excellence embrasse un territoire t^ès étendu, voire, tout
le territoire de la branche postérieure de la Sylvienne. Pour qu’apparaissent do véri¬
tables troubles apraxiquos, même seulement initiaux, il faut qu’une grande partie
do ce territoire, allant do la frontale ascendante à la région occipitale moyenne, soit
atteint jusque dans la substance blanche profonde. La lésion de ce territoire dans
l’hémisphère droit peut (é l’encontre de l’opinion de Licpmann) produire une apraxie
marquée. En tout cas, l’apraxie due à de tels foyers a habituellement, mais non tou¬
jours, le caractère agnoso-idéatoiro bilatéral.
4. On ne peut attribuer au lobe frontal une signification particulière, pour la Praxie.
Dans le cas d’apraxie par lésion du lobe frontal (spécialement dans les tumeurs),
11 s’agit toujours d’action à distance.
5. L’inhibition motrice obsrvée fréquemment n’est pas un symptôme frontal exclu¬
sif, même quand le foyer atteint le genou du corps calleux. Mais ce symptôme survient
aussi dans les foyers pariétaux et alors il atteint surtout le membre du côté opposé
qui sera plus tard apraxique. C’est un phénomène transitoire de shock, une inhibition
do tout l’appareil exécutif {Exekutivapparal) moteur cortical, de l’un ou des deux
hémisphères.
6. Le corps calleux joue, dans l’apraxio, uniquement le rôle d’une voie élective
Pour la diaschisis commissuralo qui. en raison de la prépondérance fonctionnelle {liber-
[12
-hV.-lL VSES
gewichl) que l’hémisphère gaucho possède sur le droit, s’étend plus souvent sur l’hénds-
plièro droit dans les lésions ganclies qu’invorsemont. La dyspraxio sympathique do
la main gauche n'est donc pas une manifestation durable do l’interruption du corps
calleux, on ce sons que les centres moteurs droits soustraits è l’impulsion praxiqne
(Praxieimpulse) do l’héniisplièrc gauche sont devenues do ce fait incapables d’exé¬
cuter dos actes complexes successifs. Plutôt, l’apraxio oallouso symjiathiquo est un
symptôme temporaire on principe, attendu que les mélodies /find/içncs dans leur appren¬
tissage [Erlerniing) pendant hi premier Age ont travaillé {eingciibl) avec les doux
hémisphères et qu’ainsi les Engrumkomplcxes ont été emmagasinés dansics deux hémis¬
phères (von Monakow, en se idaeant au point do vue du développement chronolo¬
gique, désigne sous le nom do mélodies kinétiquos les combinaisons de moiwcmcnls
(Bewegungs-Kombinationen) do la vie journalière dont se construit notre activité
(Handel) ; ce que nous ai)i)elons un acte (llandlung), « Praxio » est le produit d’un
Iiroccssus de développement en plusieurs années).
L’apraxie sympathique no se produit pas seulement dans les lésions des deux tiers
antérieurs du corps calleux (Liepmann), mais aussi du segment postérieur et de scs
radiations.
7. Localisation des diversi^s fornn^s d’,\praxie :
a) Apra.tie iinikdéralc motrice.: lésions étendues des régions précenirale, centrale et
centropariétale ; elle est aussi souvent homolatérale (apraxie sympathique) que
croisée et dans ce cas précédée d( [larésic.
ti) Apraxie unilatérale sensorielle : lésions graves du lobe pariétal inférieur du côté
opposé (^t de la partie postérieure de la 1™ tcmiiorale.
e) Apraxie agnoso-idéaloire, bilulerale. : lésions profondes de la région postérieure do
l’apraxir^ ; loln^ pariéLo-oe.cipital et aussi bien du droit (jin- du gauche, mais seule-
m(UiL dans li^ cas de, lésions gi'uves généralisées du C(n'viuiu. L’api'a\i(' ale caractère
(l’aulant plus agnosiqui' que la lésion s'étend [dus arrière.
fi. I.’asymbolie motrice grave et persistante et la Parapanlomimic sont dues aux
lésions lie la substance blanche profonde de la frontale ascendante gauche, surtout
de la région de la tète.
9. De même l’apraxie facio- linguale, mais elle est transitoire ; elle est aussi consécu¬
tive aux gros foyers pariétaux (Liepmann) et occipitaux (même de riiémisphère
droit) et 'très nette comme symptôme initial; ce symptôme n’a rien :'i voir avi'c les
lésions frontales.
10, D.ins tous les cas où l'apraxie est chroniqu.i ou très persistante, il s’agit toujours
•suit d’énoiaui's foyers, souveni multiples, ou de tumeurs : l’apraxie n’est jamais une
séiiuelle il’iine lésion localisée.
Bien plus, elle est fréquente dans des processus très généraux sans lésion en foyer
(démence sénile, paralysie générale, éjdlepsie) et des intoxications (urémie) (v. .Moiia-
kow), enfin dans l’hystérie (Hothinann).
. Les exci lations physiologiques propr.unent dites par lesquelles les diverses Pra.ries
sont déterminées {Elepiwrie.) ne sont[ias, d’après v. Monakow, en quelque sorte des
j’cpré.seiuations do mouvements (Bi'megunijsi'orslelliingen), mais do ces excitations sons
l’influence ou mieux l’impulsiou ilesquelles l’acte en queslion a été ap|iris en son
temps. (Loi de l’Ekphorie de Semon.) Comme nous l'avons vu plus haut, en effet, il
aiqiuie sa théoiào d j l’apraxie sur l’histoire du développement et B. à ce sujet eX[ioso
la l’Iiylogénèse et routogéuèse de la Praxie. dans la série animale, à commencer par les
insecti'S. [/individu acquiert progressivement des incitations moniques (Mnemischo
lîrregungen) qui agissent sur les centres réflexes subordonnés, action qui est en pre¬
mier lieu inhibitrice, mais qui est suivie de renti'éeen jeu des ,\goru,stes. Les Engram
ANAL YSES
complcxos ne se localisent pas en dos poiiils limités do l’écorco, mais sur des régions
très étendues. Los centres rolandiqucs n’ont qu’un rôle inliibitoire.
M. T.
Le Démembrement des Modalités Psychiques de l’Artério-sclérose cérébrale
(Die Zergliederung des psychischen Krankheilsildes bci. A. cerebri), par de
Monchy (Clin, du Pr. Bouman. Amsterdam). Abhandlangcn aus der Neurologie,
Psgchialrie, T. 17. Kargor, Berlin, 1922.
Elude basée sur un grand nombre d’observations (résumées) de la clinique d’Ains-
M. remarque avec justesse qu’à l’heure actuelle il scndjle que les progrès en psy¬
chiatrie ont pour conséquence de diminuer le nombre des types cliniques. Il n’y a
plus que quelques grands groupes qui confondent des Psychoses auparavant bien
définies.
M. s’est proposé de déterminer des types dans l’artério-scléroso cérébrale. Il sépare
les cas 0(1 existe une prédisposition mentale et distingue diverses formes d’après les
combinaisons des symptômes psychiques observés. Mais il nous semble qu’il n’arrive
pas en réalité à un résultat utile, car il emploie non la méthode clinique mais la méthode
statistique. Il pose une formule algébriformo empruntée à la méthode des coniingences
dirigées {gerichlcle KonUngenzen) do la Différentielle Psychologie do Stern, consistant
en la recherche de l’évaluation do la fréquence do la coexistence d’une particularité
g dans tous les cas considérés avec une autre particularité p (mais non inversement).
La contingence est alors dite « dirigée de p on ç » {von p naeh q gericblei). Dans l’éva¬
luation de l’auteur, la direction [Richlung) part toujours des symptômes psychiques
pendant la maladie.
M. revoie à la Psychologie do Stern pour la construction do la formule qui est :
N désignant la somme dus cas (ou leur pourcentage), a représente le nombre des
cas (ou leur pourcentage) où se rencontrent la particularité p et la particularité q.
p’ et q' représentent le nombre des cas (ou leur pourcontago)^dans lesquels soit p,
soit q existe seul.
Le résultat do l’application do cotte formule aux cas envisagés coiiiporlc los conclu¬
sions suivantes :
Los anomalies de la prédisposition n’existent pas plus souvent chez les artério-sclé-
rcHx sans symptômes psychiques que la vraisemblance pourrait le faire prévoir.
Il y a un grand nombre d’artério-scléroux avec symptômes céréb,aux généraux
ù( nt la prédispo‘'ition est dans dos limites do la normale que la vraisemblance le
faisait prévoir.
Chez les artério-soléreux avec symptômes de dépression primaiie, ia prédisposition
existe en grand nombre de cas (84,4 %).
Hésultat analogue dans le cas de manie d’états [jaranoïaques, dans la coexistence
de l’anxiété avec une affection cardiaque, etc.
Nous avouons n’ôtro nullement convaincus do l’utililé pratique de cos calculs com¬
pliqués. La clinique ne se fait pas avec dos équations. M. T.
Sur les Lésions Organiques du Système Nerveux central comme suites tar¬
dives d'un Traumatisme et observations sur leur rapport avec les Troubles
fonctionnels (Ubor Vorganischo orüu lerungen des Ventraluervensystoras als
144
ANAL YSES
BpSlfolfiro cinos Traumas), par In prof. Karplus (Vionne). Jahrbiicher fùr Psychia¬
trie und Neurologie, t. 41, f. 1 (10 p.), 1921.
Soldat do 29 ans, cornmotionnô par obus, porto do connaissance d’une 1/2 liouro
do dur6o, dysbasie. DiagnosUc, névrose par commotion, neurasUiénie.
La dysbasie du début guérit, mais pou ù pou, augmentation do la fatigabilité, et
légers troubles do la sensibilité.
3 ans 1/2 après la commotion, léger nystagmus, ralentissement net de la parole,
léger tremblement intentionnel do la tête et des membres suf)érieurs. Los réflexes
puofonds sont plus vifs é droite, légers troubles de la sensibilité de la jambe gaucho et
de la moitié inférieure gauche du tronc. Absence bilatéral»! des réflexes abdominaux.
Persistance des signes 6 ans après l’accident.
Il s’agit donc do petits ramollissements multiples comme suite tardive d’un trauma¬
tisme, l’affection ayant affecté au début la forme d’une névrose, il admet l’o|iinion
de Joannovics: Les éléments du cerveau, qui i\ la suite de leur lésion par le traumatisme
ont fourni le substratum de la formation de multiples produits do désintégration, sont
aussi ceux qui sont soumis à l’aclion des cori!S réactivants {Ueaklionskôrper) produits
par eux.
Revue des travaux expérimentaux sur le .sujet. K. ignore les travaux français,
en particulier ceux de Durante. M. T.
Sur la Paralysie faciale périphérique, en particulier les troubles des fonctions
végétatives (Z. Kentniss der peripheren Kacialisléhmung mit besonderer Berftek-
siéhtigung der. vegetativen Storungen), par A.Jalcowitz. Jarhbücher für Psychiatrie
und Neurologie, t. 41, f. 1, (15 p.), 1921.
Etude clinique. G. constate dans 2 cas une altolition complète du réflexe cornéen ;
ce réflexe est diminué dans tous les cas, il s’améliore parallèlement à la paralysie
et parfois plus rapidement. Son 2“ cas, l’oculo-motour y étant absolument normal,
démontr»! que ce trouble réflexe doit être rapporté à un trouble fonctionnel du segment
sensible de l’arc réflexe de môme cause qiu! la paralysie faciale.
La sécrétion lacrymale est troublée dans la moitié des cas (7 sur 13) ; dans 5 do cescas
il y a hyposécrétion ; dans deux, hypersécrétion. Dans 2 autres cas l’hyposécrétion
étant bilatérale, on i)eut penser à un trouble sécrétoire s’étendant au côté sain.
La sécrétion salivaire ne présente aucune différence des deux côtés. Il en est de
même de la sécrétion sodurale (épreuve de la pilocarpine). M T.
Grippe et Encéphalite. Rôle du Diplostreptocoque pléomorphe de Wiesner,
par Economo, Verein fiir Psychiatrie u. N. (Vienne). Jahrbücher jdr Psychiatrie u
N., t. 41,f. 2-3, p.289, 1922.
Dans la di.scussion d’un rapport de Dimitz, Economo est intervenu pour donner ses
conclusions qu’il importe de signaler, venant de cette autorité : l’épidémie d’encé¬
phalite actuelle est identique à l’Encéphalite léthargique. Le stade hyperkmétiquo
manque souvent, les paralysies oculaires et la léthargie surviennent dès le début.
C’est une erreur de distinguer une Encéphalite choréiforme. 11 faut éviter de cons¬
truire des types pour chaque variété. On pourrait alors dénommer l’épidémie actuelle
Encéphalite tabiforme, car il y a GO % do troubles [)upillaires variés allant jusqu’au
signe d’Argyll Robertson. Toute épidémie présente une prédominance de cas qui sont
sporadiqu(!S dans d’autres.
Dans l’épidémie actuelle, l’hyperkinésie est particulièrement marquée, et plus encore
les symi>tômcs généraux graves toxiques, qui peuvent voiler les symptômes nerveux ;
et à l’autopsie on est obligé de chercher des lésions en foyers, tandis que c’est l’œdème
ANAL YSES
145
qui prédomine la décoloration des ceilules, l’augmentation diffuse de la névroglie
comme dans tous les processus toxiques. Wiesner a trouvé dans ces cas le Diplosirep-
tocoque pléomorphe, ce qui prouve qu’il s’agit bien de la même maladie, mais l’action
infectieuse du coccus paraît prédominer, ce qui conditionne l’aspect grippal de la
maladie.
Wiesner confirme la fréquence du diplostreptocoque qu’il a décrit en 1917 ; et chez
le singe préalablement injecté avec une émulsion de cerv'eau d’encéphalitique sans
qu’il SC soit manifesté aucun symptôme, une injection de culture à virulence exaltée
de diplostreptocoque a amené ta mort avec des symptômes anaphylactiques. II croit
à la sjiécificité du diplostreptocoque dont l’histoire rappelle celle du méningocoque de
Weichselbaum si controversé au début. M. T.
Syphilis latente et examen du Liquide Céphalo-rachidien (Recherches chez les
prostituées) (Latente Lues und Liquorhefunde), par le Pr Kyrle. Verein fUr Psy¬
chiatrie U. N. (Vienne) Jahrbdcher für Psychiatrie ii. Neurologie. T. 41, f. 2 et 3, p. 250-
295, 1922,
Le rapport qui a paru in extenso dans la Wiener klinische Wochenschrift (1920) a
donné lieu à une importante discussion dont Kyrie conclut qu’il croit que dans un
grand nombre de cas, les constatations pathogéniques dans le liquide céphalo-rachidien
n’ont pas très grande signification. Cardans les cas positifs qu’ila observés, il n’y avait
pas les signes cliniques qu’on s’attend à trouver dans de telles circonstances. La
piupart do ces cas ne dépassaient pas 10 ans do date d’infection. M. T.
Sur la Narcolepsie (Z. Konntnis der Narcoiepsie), par Kahler (Cl. du Pr. Chvostek
Vienne). J ahrbücher für Psychiatrie und Neurologie, T. 41. f. 1, 1921. (1 obs., 17 p.
Bibliographie française et allemande.)
Fille de 21 ans, dégénérée héréditaire à nombreux stigmates, infantile, avec légère
hydrocéphalie. Traumatisme crânien léger à 11 ans. Depuis 2 ans 1/2, attaques de sommeil
durant jusqu’à une journée, pertes de connaissance suivie de sommeil durant aussi
de quelques heures à 24 heures. Durant le sommeil, hyperkiné»ie musculaire (d’où un
rapprochement avec la spasmophilie). Signe de Babinski. Parfois rétention d’urine.
Acétonurie constatée une seule fois (probablement par inanition). Selie turcique
anormalement petite.
K. élimine l’éi)ilepsie. II admet une prédisposition constitutionnelle à la narcolepsie.
Il distingue la Pyknolepsie (Friedmann .Sauer), constituée par de petits accès cataplec-
tiques subintrants, et la narcolepsie proprement dite ou Hgpnolepsie (Singer), consti¬
tuée par les accès prolongés, ces deux formes de narcolepsie coexistant d’ailleurs. Il fait
dos rapprochements avec la myasthénie qui est la fatigabilité musculaire comme le
narcolepsie est la fatigabilité cérébrale. Il admet le rôle de la fonction hypophysaire
dans le syndrome do Gélineau. M. T.
Etudes de quelques Syndromes Strabiques, par Avbk^kt. Marseille Méd., p. 289-
310, 1« avril 1922.
Aubarct insiste sur la théorie nerveuse du strabisme. Après avoir rappelé l’ancien n
conception de Boissier de Sauvage qui rangeait déjà le strabisme parmi les spasmes
l’auteur étudie :
1“ Los strabismes spasmodiques et atoniques.
2° Los mouvements et secousses autonomes de l’œil strabique.
3“ Les strabospasmes et strabotics. H. R.
REVUE NBUROLOOtQUE. — T. II.
10
146
ANAL Y SES
OuRGAUD. Lu genèse des Strabismes cuncomilants (Marseille Méd., p. 310-135, 1"
avril 1922).
Skda?j (.1.). J.c réveil de lu Di/jlupie et scs mndificalinns dans le Strabisme (Marseille
Mérl.. p. 315-327, l”' avril 1922). 11. H.
Spasmes de la Convergence apparaissant dans les Contractions volontaires
de l’orbiculaire et des muscles masticateurs, jiar Ourgaud et Sédan. Comité
Méd. des Bmiches-dn-RMne , 3 mars 1922, iii Marseille Méd., p. 327-331, 1922.
•Marcus Ciinn a ilécril, une synergie molrice caracliirisée par un inouvemenL auto-
iriati<[iie ilo iTU'venu'iit d(^ la [laupièn; accompagnant des mouvements de la masti¬
cation. Le cas |a-ésent s’en ilistingue jiar l’association d’une forte convergence
apparaissant f|uand le sujet exécute volontairement et avec effort divers mouvements
des muscles de la face et des mass.'ters. 11. lî.
Zona ophtalmique et Glaucome, par .Vuuauht et OuMGAun. Comité méd. des Bou-
ches-da-Rhûne, 20 janviiu' 1922, Marseille méd. p. 312-313, 1922.
Zona nt)litalmiquo avec kératite coïncidant avec de la mydrias(^ (d. une augmen¬
tation unilatérale du tonus oculaire, qui disparaît après guérison du zona.
11. H.
Causes cérébrales du Strabisme et leur traitement par les verres de couleur
complémentaire jiar Ch. Sauvineau. Centre méd., et pharmac., mai 1920.
Exposant à nouveau sa conceiition du strabisme, et le traitement par les verres do
couleur com|déme,ntair(\ qu’il a déjà présenté à l’.tcadémic de médecine. Sauvinoau
démontre (pie, dans ie strabisme, le trouble de la convergence (qui donne naissanc(! au
symptôme le plus iqipai'enl, la déviation oculaire), n’est cependant rpi’accessoiro.
U’après l’auteur, le strabisme est, à i’origine, un trouble de la faculté tle fusionnement,
légué liéréditairement. Tout strabisme équivaut à une vision céi'ébralc rnouolatérale.
Tout strabiipie est un borgne, cérébral.
l’ar suite, le traitement doit avoir pour but de rétablir la vision binoculaire cérébrale.
Il faut doue, à l’aide des verres de couleur complémentaire, dévidopper chez le sujet
strabique la sensation do diplopie, c’est-à-dire établir la vision simultanée, puis lui
appreudi'O à fusionner les doubles images ainsi obtenues, l.e redressement do ToiiJ
dévié viendra par surcroit, et toute rechute sera rendue impossible.
Tous les cas île strabisme peuvent, en princi|ie, être guéris par cotte ni ''.thode. Toute¬
fois, s’il e.visto des altérations anatomiques dos muscles niotenrs oculaires, ou si la
déviidion est très forte, il y aura avantage (ne fftt-ce ([ue pour gagner du temps) à
intervenir chirurgicalement, mais seulement après avoir rétabli la vision simultanée.
Car l’opération qui, à (die seule, est incapable de guérir le strabisme, ne peut et no doit
constitiier (pi’un simple temps du traitement. A.
Certaines Dyskinésies non justifiables de mesures opératoires ou prothé¬
tiques, pathogénie et traitement, par Tom. .\. Wili iams. J. o/ lhe American med.
.Issocialion, t. 79, n" 15, p. 1.200, 7 octobre 19'22.
Ces dyskinésies se classent eu trois groupes ((lus leur pnthogénie sépare : lésions orga-
niijues, altérations cliimiques, troubles dynamiques d’ordre psycliogùnc. Les premières
ont longtemps paru aux cliniciens les plus intéressanles ; elles sont cependant les moins
fi'équeutes, bien (|ue lus siiqiadles de reucéphulitü léTiargiquo en aient augmenté le
nombre. Cerlaiues dyskinésies reconnaissent d’ailleurs une pathogénic mixte ou mul-
ANALYSES
147
Uple, commo dans les spasmes dits réflexes, où une irritation périphérique et le facteur
psychique surajouté agissent ensemble ; l’irritation ayant pris fin, le facteur psychique
subsiste sous forme d’habitude.
Après les contractures et les tremblements hystériques, les tics sont les dyskinésies
h'.s plus communes; ce sont des réactions situationnelles. Les dyskinésies profession¬
nelles sont de môme nature. Les tics doivent être distingués du maniérisme et des
sléréotypies (jui ne sont ni imiiulsives ni accompagnées do détresse émotionnelle.
Les dyskinésies hystériques sont communes après le Iraumatisme ; celui-ci n’agit
pas directement, mais par induction, par intégration psychologiipie. La grande, guerre
en a fait éclore des milliers de cas et leur guérison psychothérapique a fait ressortir
le peu d’importance du traumatisme pliysique, comme dans le cas relaté par l’autour;
une série de cas civils mettent en évidence le mécanisme de formation et le mécanisme
de guérison des rlyskinésies hyBtéri(pies.
Le tic dit psychasthématirpie esl d’un mécanisme pins comple.xe et jilus difficile
à comprendre, un cas en est rapporté.
Plusieurs cas de névrose d’occupation sont égaleihent donnés ; le rôle de l’inapti¬
tude physique y est souligné.
L’auteur termine jiar un tableau diagnostique où les caractères essentiels des
spasme.i, des tics et des traemblemeuts rubro-cérébelleu.x sont mis en opposition.
Thom.-v,
Sur les Mouvements Pseudoathétosiques, par E. IIiîrman. Soc. neuro-psych. de
Cracovie, 1918.
L’auteur a observé des mouvements spoid anés pseudoathétosiques aux membres
supérieurs et inférieurs chez les malades atteints do scllrosc on plaques, de syringo-
myélie ou de tabes. Les membres atteints iiréscnl aient en même tcmjis une ataxie et
des troubles de la sensibilité profonde. L’auteur conclut que ; 1“ les mouvements
pseudo-atliétoshpies résultent dos troubles de la sensibilité profonde et des impulsions
motrices fausses et superflues ; 2“ ces mouvements no sont pas accompagnés des spasmes
toniques, ce qui arrive dams l’.s cas d’athétose essentielle ; o” il faut les di.stinguer de
l’ataxi(^ statique qui est d’origine tout autre ; 1“ ils se proiluislfnt dans les affections
de la mo'dle (tabes) et des nerfs ii..''riphéri(ju(^s (polynévrite).
Quelques données nouvelles sur le rôle des Ferments du Neurocytoplasme
dans la transmission' des Maladies Familiales, par ('.. Marixesco (eTi rou¬
main), Spilalill, II»» lOet 11, 1920.
'fravail d’un haut intérêt, biologique id histupalhologi(|Ue. L’uut(uir étuilie à ce
dernier itoinl de vm^ un cas d’idiotie familiale arnauroticpie. Outre la surcharge
lipoïdi^ des C(dlules avec tuméfaction considérable du corps C(dlulaire et tuméfaction
en forme de ballon des dendriles, on nota l’accumulation de glycogène dans les cellules
névrogli(iucs et nervaoises ainsi que sur le trajet des vaisseaux, des altérations des
mitocliiinilries, lesqmdles deviennent vésic\deus(^s, en lin l’absence ou la diminution
consiilérahic des feriuiuils oxydants. Le noyau n’est |>as atteint au moins en ce qui
concerm^ ses composés ferrugineux.
Ces faits conduisent l’auteur à penser (|ue l’iiérédité n’est pas en fonction exclusive
du noyau, mais ([ue l’apjiareil mitochondrial et les ferments du corps cellulaire cnl
aussi un rôle important. I’aUiion.
148
ANAL YSES
Troubles de la Réflectivité tendineuse au cours du Rhumatisme chronique
déformant (on roumain), par D. Em. Paulian. Spiialiil, n>>3, 1921.
4 observations cliniques ; diminution des réflexes pour les muscles voisins de l’arti¬
culation malade, exagération (fait d’ailleurs connu depuis longtemps) pour les muscles
plus éloignés. C’est à l’irritation centripète des centres nerveux que l’auteur attribue
l’hyperréflectivité. C.-.J. Parhon.
Sur la Symptomatologie delà Maladie des Œdèmes, par .Jules Hatiegan (on
roumain). Spilalul, n“’ 5-C, 1919.
A la symptomatologie déjà décrite (rodèmes, polyurie, bradycardie), l’autour ajoute
l’aclilorliydrie. et la lymphocytose. Dans certains cas, les œdèmes peuvent manquer.
G.-.J. Parhon.
Bloquement incomplet avec Tachycardie sinusale et Symptômes Basedowiens
dans un cas de Tuberculose Péritonéale, par Bacaloglu et V. Roscano (en
roumain). Spitalul, 1 2, 1920.
La jeune malade (17 ans), présente 168 pulsations jugulaires pour 84 pulsations
radiales. Les auteurs donnent le gra[)luque ainsi que l’analyse minutieuse du pouls
jugulaire et radial ; ils démontrent que dans deux pulsations jugulaires successives
on ne trouve qu’une seule pulsation complète, la seconde est incomiilète et n’arrive
pas au ventricule pour réveiller sa contraction. Ils admettent une lésion incipiente
du faisceau de His avec irritation des terminaisons du vague (car l’atropine déter¬
mine une légère accélération du pouls radial). Les auteurs considèrent ce cas comme
extrêmement rare. Comme [diénomènes basedowiens, on nota le signe de Moebius et
celui de De Graefe, l’éclat des yeux, les cils longs, l’hypertrophie modérée do la
thyroïde avec le signe de Lian, les battements des jugulaires. l’Ieuropéritonite exsu¬
dative. G. -J. Parhon.
Le Cœur des Basedowiennes, par G. Oddo. Sud méd., 15 juin 1921.
1« La lachycardie basedowienne normale se traduit par une accélération permanente
du cœur avec épisodes paroxystiques, à évolution progressive, par le choc do la pointe
p.seudohypertrophique, [lar la pulsativité des artères épigastriques, cervicales, ftc.
Elle est habituellement sinusale et normotrope, mais parfois poussées hôtérotropes.
Elle s’acconqiagnc d’hyi)ertonsion modérée. Liée surtout à l’excitation du sympa¬
thique, 1(^ vagu(^ intervient parfois dans sa production ainsi que peut-être la sécrétion
viciée de la thyroïde ou la cause infectieuse qui a p u en même temps frapper la glande
endocrin(! et le cœur.
2“ 11 est parfois difficile de reconnaître les formes frustes du basedowisme cardiaque :
les caractères [(articuliers de la tacliycar<lie renseigneront encore plus que la recherche
des petits situes du basedowisme latent ou les tests ondocriniens (épreuve do l’adré-
nalino ou do l’iiypofiliyso),
3“ lu’asyslolie basedowienne peut être liée au seul corps thyroïde, soit par un effet
mécanique (goitre plongeant comprimant tracliée et vais.seaux), soit par l'influence
(le la dysthyroïdie .sur le cœur (cas do Basedow graves, où Je tableau de la cachexie
Itasedowienne se combine avec celui de l’insuffisance cardiaque). A côté de cette
asystolie basedowienne pure, se range l’asystolie mixte, plus fréquente, duo à la fois
au goitre exophtalmique et à une lésion aortique associée (rhumatisme, syphilis).
Le collapsus cardiaque rapide et l’insuffisance aigue du ventricule gaucho peuvent
compliquer l’évolution d’un Basedow. IL R.
ANALYSES
149
Un nouveau moyen d’explorer le Sympathique ; Le Réflexe palatocardiaque,
par H. Louge. Marseille Méd., p. 17-19, l®'' janvier 1922.
La pression forte de bas en haut pendant un quart de minute sur la région antéro-
supérieure du palais donne chez les sujets normaux une accélération moyenne de
seize pulsations à la minute ; cotte accélération, qui paraît d’origine réflexe, est in¬
verse du réflexe oculocardiaque. H. Roger.
Uu rôle prépondérant du Système Nerveux dans les Dermatoses actuelles,
par Henri Perrin (de Marseille). Sud Méd., 15 lévrier 1922.
L’auteur insiste sur la plus grande fréquence avec laquelle on observe depuis la
guerre les dermatoses, dans lesquelles le système nerveux joue un rôle prépondérant,
telles que lichen plan, nevrodermites, en particulier le prurit anogénital, vililigo
(association d’une tare nerveuse avec la syphilis), pelade. 11 attribue en partie cet état
aux répercussions sur le système nerveux des états angoissants d’après guerre et à
l’abus du thé.
Il retrouve un facteur psychique (émotion) dans un assez grand nombre de der¬
matoses infectieuses ou autres, au début de la première poussée ou des récidives.
11 conseille une thérapeutique psychique, associée au phosphore.
H. R.
ÉTUDES SPÉCIALES
CERVEAU ET CERVELET
Les Aphasies transcorticales, jiar Mil Laizer. Thèse de Slrasbourg, n» 10, 1922.
(87 pages, 4 planches.)
L’auteur, à l’occasion d’un cas d’aphasie transverticale mixte (type 1 de la nomen¬
clature de Goldstein), rappelle la classification des aphasies transcorticales de ce der¬
nier auteur, l" Perte totale ou jiresque du langage spontané,^! de la compréhension
tics mots, avec ou sans destruction complète des centres moteur verbal et auditif
Verbal ou dos faisceaux do transmission, ou avec compensation de l’hémisphère droit
pour la fonction de répétition des mots. 2'>Troubles graves de la parole spontanée,
les compréhensions verbales étant bien conservées. 3» Troubles très graves de la
compréhension du langage, la parole spontanée étant relativement bien conservée.
4° Troubles graves de Ih parole spontanée, la compréhension des mots étant intacte.
Troubles graves de la compréhension de la parole, la parole spontanée étant intacte.
Après avoir résumé les 22 cas d3 Goldstein et 9 observations trouvées dans la litté¬
rature qu’il classe en Iranscorticalc motrice, sensorielle et mixte, M. Laizir apporte
son ob.scrvnlion pnrsonnolle d’aphnsio transcorticale mi.xtc prise è la clinique psychia¬
trique de Strasbourg (service du Profosseui Pfersdorf). G’est un hémiplégique droi¬
tier chez lequel la parole spontanée fait défaut ; l’exécution des ordres et l'épreuve
lies 3 papiers, les bruits rythmés sont parfaits, la parole l’èiiétéo intacte, la dénomina-
Imn des objets mauvaise, l’identification des objets imparfaite, l’énumération auto-
•Patique possible, le chant spontané sans parole correct, le chant avec parole de môme
les airs sifflès bien rendus si la mélodie est commencée, la lecture des lettres isolées.
t'Ien faite ; mais les ordres par écrit sont infidèlement exécutés, tandis que les ordres
Verbaux sont bien faits; le calcul mental est possible s’il est simple, l’écriture spon¬
tanée nulle, mais le malade lit .son nom en caractères typographiques, la dictée est
15ü
ANALYSES
possible, la copie est ascz bonne mais le sujet ne comprend pas ce qu’il lit, le dessin
ne jieut être fait ni reconnu mais la copie du dessin est correcte, les couleurs sont recon¬
nues, les (gestes d’expression manquent presque totalement, les mouvements com¬
mandés sont impossibles.
L’autopsie montre un vaste mM>plasm(! de forme ovoïde du lobe temporal gauclw,
qui va du lobe orbitain^ d)^ la T’ au lobe occipital. Odb; tumeur, (]ui intéresse l’insula,
l’avant-mur, la capsule externe, le noyau buiticulaire, la capsule, inUu'ue (d lu plus
grande partie du noyau caudé, atteint la liresque totalité des circoiivolutior s i)arié-
tales, de la scissuni rolandiqiie à la sylvi(înnc, ainsi qu(! le lobe, temporal ([ui est
entièrement recouvert par la tumeur, le gyrus fusiforme, et l’Iiippocanqie. Cette
tumeur est un glioondothélionu^, hétérotopie du tis-u glial d(! la dure-mère (P.
Masson).
La disposi'ion de ces lésions en parfait i>arallélisrae avec l’évolution des symii-
tômes et notamment avec l’atteinte particulièrement grave de la parole spontanée
(atbuntc de F» i)ar le pôle antérieur de la tumeur) a |)ii être diagnostiquée avant la
mort grâce à l’étude, du syndrome d’a|)hasic transcorticalo. Toutefois, il faudrait se
garder de trop schématiser, et d’adopter un parallélisme absolu, comme le fait (lold-
stein, entre les formes d’aphasie transcorticalo et des localisations anatomiques par
tro|) précises. Toutefois, en l’attente de nouvelles recherches, il y a lieu de tenir pour
vraisemblable la conceplion de Goldstein sur la localisation du champ central du lan¬
gage. E. Gulma.
Etat de mal Jacksonien traumatique tardif (15 ans après une trépanation).
Kyste traumatique cérébral do la région frontale, par II. Ilor.nn e* L. Pouhtal.
Comilc niéd. des Bniichos-dn-Hhûni', l.'l janvier 1922, Mameillc MM., jj. 203-218, 1922.
A l’aulopsi(^ d’un malade atteint d’état île mal jacksonien à prédominance unila¬
térale gauche (avec hémiplégie daT)s l'intervalle des crises), M. Pourtal trouvi' un
kyste cérébral de la dimension d'un œuf de pigeon dans la région frontale droite,
sous-jacente à un orifice de trépanation faite il y a 15 ans à la suite d’um; chute. Le
maladii avait eu dans l’intervalle peu ou pas d’accidents
M. II. lioger insiste : sur le caractère iiarticulièrernent tardif de cette épilepsie
traumaliipi ■, sur la rareté relative des kystes cérébraux traumatiques dont il rappell,'
l’étude anatomoclinique, sur lu nécessité de l’intervention chirurgicale dans l’état
de mal traumatique. II. H.
Considérations générales sur l’Encéphalite (Morphologie et Pathogénèse),
par G. de Mo.xaküw (de Zurich). Archives Suisses de Ncurvl. et de Psychiatrie, t. 10,
fasc I, 1922.
L’encéphalite est une affection d’aspect extrêmement variable. Des causes diverses
la foni éclore : infection, intoxication, etc. Les plus notables de ce” formes doivent leur
origine à l’infection. Nul doute que la maladie ne puisse récidiver, et de plus ladle,
après de longues rémissions, bien mieux, après de longs mois de latence spécieuse: il
y a lieu de iienser (pie la rechute procède de la libération de substances chimiques
propres aux thrombus, souvent microscopiques, que l’infection primaire a formés et
laissés après elle. C’est alors le spectacle dramatirue de la lutte entre l’organisme,
liarticulièremenl la substance, cérébrale, et l’infection ; c’est l’accroissemert énorme et
rapide de l’afflux des sucs nourriciers, le curage précipité des déchets, l’élaboration
des anticoi'ps — et quand ces mesures immédiates ne sont plus sufllsantos, c’e.st la
mise en branle de toute, la machinerie des fonctions cérébrales anciennes ou rôcsntes
et même archaïques, en vue de compenser le déficit rendu désormais inéluctable.
ANALYSES
151
Voilà CO qui frappe lo plus : la solidarité de ce formidable complcxus hétérogène
qu’est le système nerveux central. Et il faut voir comment il réagit devant l’irréparable,
avec quelle sûreté d’orientation ses efforts se groupent par faisceaux en un instinct « for¬
matif» qui dispose de tout le système circulatoire et endocrine.
Remarquable est la pénétration de la science do Monakow.
W. Boven.
Syndrome de Little à Prédominance Médullaire chez deux sœurs prématu¬
rées hérédospécifiques, par II. Rooer et Mn= Smadja. Marseille méd., p. 1118-
1128, 15 décembre 1921.
La coexistence d'un Little chez plusieurs membres d’une mémo famille n’est pas
très fréquente, si on ikî considère que les cas de Little purs.
Dans les dimx cas prés(‘nts, l’iiérédosyphilis, qui d’après Babonneix et Tixier joue¬
rait un rôle important dans l’étiologie de cette affection, est manifeslemont en cause,
prouvée du côté des enfants par l’existence d’une kératite interstitielle, d’écoule¬
ment d’oreille, d’une artlirnpathio indolore du genou chez l’aînée, — du côté de la
mère par une grossesse hydramniotique, — du côté du père par une inégalité pupil¬
laire avec Argyll-Robertson. La réaction de B. -W., positive chez le père, est négative
chez la mère et les deux entants, même dans le L. C.-R. de l’une d’elles.
Tuberculome de la Fosse Cérébelleuse gauebe cbez ime fillette de 13 ans, par
CAssouTEet IL Roger. Comilé Méd. des niiuches-du-rth6ne,(i janvier 1022, Marseille
Méd., p. 114-118, 1922.
Syndrome cérébelleux à siège gauche et à localisation plutôt antérieure (irritation
des deux faisceaux pyramidaux, atteinte du VIII» etVI» gauches) rattachéà une néo¬
formation malgré l'absence, de syndrome net d’hypertension intracrânienne et en raison
de la dissociation albnndnocytologiqne du L. C.-R. l'uherculon'c vraisemblable i
cicatrices d’écrou?lles, lésion ostér, articulaire d’un genou et d’un auriculaire.
Revu six mois aprè" ; névrite par stase. L. G. -R. : 28 au manomètre de Claude,
Paralysie faciale. 11. R.
4
PROTUBÉRANCE ET BULBE
Tumeurs de l’Acoustique, contribution clinique et anatomo-patbologique,
par. fl. l'iiMAROLA. Pidicllnico, sez. med., t. 28, n» 2, p. 60, févr. 1921.
Deux cas de tumeurs de l’acoustique rapportées en raison des i)articularités de leur
évolution et pour mordrer (lue la clinique n’est jias encore en possession d’éléments
certains pour pouvoir distinguer si un néoplasme de l’angle ponto-céréhelleux est
primitif ou secondaire. T-- P-
Martel (T. de). A propos des Tumeurs de l’ Acoustique (Bull, et Mèm. do la Soc.
Chirurgie de Paris, n° 28, p. 1.195, 2 nov. 1920). • — T. de M. en a opéré de nom¬
breuses, avec une proportion de 3 succès sur 5 cas ; il décrit sa technique, très proche
de celle de Cushing, et rappelle ce que sont les tumeurs de l’acoustique.
Martel (T. de). Tumeur de TAnr/le Ponlo-cérébelleux (Bull, et Mém. do la Soc
de Chirurgie de Paris, n» 32, p. 1.355, 30 nov. 1920). — Présentation d’une opérée'
Elle avait de la surdité, d(!s vertiges, des bourdonnements, une hémiplégie gauche,
de la latéropulsion, de l’ujdèmc de la papille, des cèphslèes. Après l’opération, la surdité
seule persiste, avec un certain degré de latéropulsion. E. F.
152
ANAL Y SES
Syndrome do Foville incomplet et Troubles Cérébelleux. Tubercules du Bulbe,
do la Protubérance et du Cervelet, jiar L. MAncHANDetM. Page. Bull, el Mém.
de la Soc. amilomique de Paris, t. 37, n“ G, p. 425, juin 1920.
La paralysie des membres faisait défaut ; le sujet présentait seulement la déviation
conjuguée des yeux et la paralysie faciale; par contre, on constatait des troubles céré¬
belleux.
Le tubercule du bulbe n’occasionna point de symptémes ; le tubercule protubérantiel
siégeait en la zone où sont localisés le noyau du moteur oculaire externe, le noyau
du facial et le coude que forment ses filets radiculaires ; un gros tubercule était
situé dans le lobe cérébelleux droit ; les lésions méningo-corticalcs n’ont donné lieu
à aucun symi)t6mc localisateur ni mental. E. F.
Un type curieux de Syndrome Protubérantiel, par CiiSAn Juarros. Annales de
la Academia med.-quir. EspafioL , an 6, fasc. 3, p. IGl, 23 déc. 1918.
Discus.sion sur la localisation de la lésion dans un cas clinique de paralysies oculaires
avec symiitômes cérébelleux, dysarthrie et atteinte des faisceaux [lyramidaux.
F. Deleni.
Barbé et Wiart. Syndrome Proliihéranlicl d'Origine Hémorragique ('.lull. de la
Soc. anatomique, n® 9, p. 614, nov. 1920). — Présentation de la pièce ; on constate
l’existence d’un gros loyer bémorragique siégeant au niveau de la face postérieure de
la protubérance annulaire, s’étendant en surface sur tout le plancher du 4“ ventri¬
cule, et s’enfonçant d’arrière en avant dans la profondeur de la protubérance, siégeant
surtout à droite, et provoquant de ce côté une telle destruction en profondeur que
le foyer hémorragique arrive au voisinage du trou basilaire. Cette hémorragie repré¬
sente la traduction anatomique des symptômes cliniques observés qui réalisaient le
tableau du syndrome protubérantiel type Millard-Gublcr.
IIeyninx. Paralysie faciale par Abcès Prolubéranliel mélaslalique, Syndrome de
M illard- Gubler (.1. de Neurologie, n® 1, p. 13, janv. 1921). — Observation anatomo¬
clinique avec photo de la pièce. Début do Millard-Gublcr par une paralysie faciale
droite chez une femme atteinte de suppurations pelviennes.
BEnGHiNZ,(Guido). Un cas de Syndrome de M illard- Gubler chez un garçon de sept uns
(Pensiero med., t. 11, n° 6, p. 101, 11 fév. 1922). — Hémiplégie alterne conditionnée
par un tubercule de la protubérance. E. F.
Le Syndrome de l’Artère cérébelleuse postérieure et inférieure, par E. üihiot.
Paris méd., t. 10, n» 13, page 259, 27 mars 1920.
Intéressante étude du syndrome répondant essentiellement ô une hémianesthésie
alteriu! à type thermo-analgésique avec i)aralysic palalo-pharyngée, triade oculaire
symfiathiquc et troubles cérébelleux directs ; ce syndrome bulbaire postéro-latéral
rétro-olivaire relève d’une oblitération de l’artère cérébelleuse i)Ostéricurc et infé¬
rieure, branche de la vertébrale contournant le bulbe d’avant en arrièn; et envoyant
dos artérioles vers sa région latérale. E. F.
Un cas d’Hémi-macroglossie congénitale, avec Troubles de l’Appareil loco¬
moteur du côté opposé à la Lésion Linguale, par J. N. Boy (de Montréal, Canada).
A'» Congrès iniernatiunal d’Olologie, Paris, juillet 1922.
L<i cas est unique en son genre, et d’autant plus intéressant que les symjitômes,
liémi-macroglossie, hypertrophie de la joue correspondante et troubles moteurs et
ANAL Y SES
153
trophiques des membres du côté opposé sont ex])licables par une lésion étroitement
loealisée.
Il s’agit d’une fillette présentée à l’auteur quand elle avait 3 ans 1/2. Elle était
née à terme, mais en état d’asphyxie, et on eut de la peine à la ranimer ; la langue
cyanosée [lendait liors de la bouche, la joue gaucho tombait sur le maxillaire et les
membres du côté droit, plus courts et plus grêles que ceux du côté gauche, sem¬
blaient paralysés. Ultérieurement cotte paralysie congénitale du bras et de la jambe
du côté droit s’améliora sous l’influence du massage et de la mobilisation ; la fillette
marche et se sort do son bras, mais scs membres restent à droite plus courts et plus
petits que du côté gaucho ; la joue gaucho a notablement diminué de volume ; la
langue aussi ; elle ne peut cependant pas rentrer dans la bouche et y être contenue ;
très épaisse dans sa moitié gauche, l’hypertrophie étant bien limitée à ce côté, elle
porte sa pointe à droite.
Cette hémi-macroglossic congénitale, stationnaire depuis trois ans chez une enfant
d’un développement général parfait, imposait une intervention; on enleva un lambeau
cunéiforme do langue pour rétablir la symétrie de l’organe ; suites aussi favorables
que possible; l’hémi-macroglossie était de forme lymphatique. L’opération date main¬
tenant de deux ans ; la langue est oncorî un peu grosse à gauche, la joue gauche a conti¬
nué à diminuer de volume, les membres droits sont utilisables, mais on ne peut espérer
une guérison complète de l’insuffisance motrice et do l’atrophie dont ils sont atteints.
En somme, hypertrophie de la langue et de la joue à gauche et hémiplégie droite
clicz une entant cxcm|)tc de toute tare liéréditaire. A quoi rapporter cotte association
morbide ?
Par exclusion, la .seule lésion nerveuse est à admettre. Et comme l’origine de la
macroglossic congénitale est ignorée, le guide reste le trouble tropho-moteur des
membres du côté droit. Vu l’absence de contracture, de douleurs, de troubles sen¬
soriels et de déficit intellectuel, la lésion cérébrale est à rejeter ; par contre, une minime
lésion bulbaire rend compte des faits ; cette localisation justifie les troubles moteurs
dos membres du côté droit et réjiond aux phénomènes morbides do l’hémi-langue et
de la joue du côté gaucho. L’association symptomatique observée chez la iictitc malade
était l’cx])ression clinique d’une hémorragie capillaire bulbaire située au niveau des
noyaux de la Vil®, XII® et IX® paires crâniennes du côté géuche, et intéressant le
faisceau moteur se rendant du côté opposé ; do lé l’hypertrophie facio-linguale gaucho
et l’hémiplégie droite. E. F.
Un cas de Myasthénie datant de treize ans avec altérations osseuses maxillo-
dentaires à évolution progressive, par Lereboullet, Izard et Mouzon. el
Mém. de la Soc. méd. des hôpitaux de Paris, n° 40, p. 6118, 30 déc. 1920.
Cette histoire do myasthéniquo est remarquable par doux particularités : d’une
part, la lenteur de l’évolution, qui permet encore, grâce à une hygiène sévère, une vio
active après treize ans de maladie ; d’autre part, l’association de déformations du
massif osseux facial, qui portent principalement sur les maxillaires, sur le palais,
sur les rebords alvéolaires et sur la direction des incisives, et qui s’accompagnent d’une
décalcification intense ; enfin l’association, depuis quelques années, d’obésité et
d’aménorrhée.
La malade paraît avoir do longue date une déformation de l’ensemble du massif
maxillo-dentairc avec voûte ogivale et modilications do l’antagnathismo molaire
entraînant le rétrognathisme de la mâchoire inférieure ; mais d’autres lésions sont
survenues depuis 1915, qui semblent assez spéciales. Il s’agit d’un déplacement marqué
des incisives médianes et latérales allant jusqu’à l’horizontalité, et semblant dues
151
AN AI. Y SES
à l’altération du tissu osseux révélée jiar la radiographie. Ce sont surtout les altéra¬
tions niaxillo-deiitaires ([ui méritent de ndrnir l’atlcntion ; leur localisation et leurs
caractères empêchent d’y voir une simpie coïncidonc(!. Malgré certaines analogies,
elles semblent différentes des trouble trophiques maxillo-deiitaires qui, dans le tabes,
entraînent le mal perforant buccal. Un sait d’ailleurs que dans la myasthénie, les
lésions du névraxe sont le plus souvent peu marquées ou nulles ; il est donc peu vrai-
scnddable qu’il s’agisse ici de troubles trophiques de même ordre que ceux du tabes.
I’(mt-6trü, en se ra[)pelant l’opinion des nombreux observateurs qui font de la myas¬
thénie une affection niusculairc, jioiirrait-on plutôt rapproclier ces troubles maxillo-
deiitaircs des altérations o.s.scuses parfois notées chez les myopaifiiques ; l’ainincissc-
rnent et la transparence à la radiographie de certains os chez ces derniers, les modi¬
fications de formes notées parallèlement sont assez comparables aux troubles observés
dans le cas actuel où la parésie labiale siipéricmn? a pu contribuer à faciliter le dépla¬
cement dentaire. L’imporlance des altérations endocriniennes dans la production
de certaines dystro|)hies osseuses, rapiirocliécs des troubles du métabolisme du ’al-
cium notés chez certains myasthéniques, pourrait enfin fournir une explication de
ces troubles ma.xillo-dentaires. E. h.
Amato (Luigi d’). Sur un cas de, .Maladie d’Erh-Gnldllam (Eoliclinico, soz. mcd.,
t. 2H, n» 10, p. 4i;i, oct. 1921). — Hefroidissmnent .suivi de douleurs transitoires et
de céphalée persistante dans l’étiologie ; démarche en oie due a la parésie de quel¬
ques muscles ; réduction d(i l’excitabilité électrique de certains muscles ; rapidité
de la fatigabilité musculaire très variable ; troubles vaso-moteurs et sécrétoires, sensa¬
tions de froid aux extrémités, paresthésies, rougeurs subites, œdèmes fugaces ; r. rotu-
liens faciles à épuiser et absents quand le quadricc|)s est fatigué par un travail volon¬
taire ; rémi.ssion di^ deu:,- ans assez complète pour avoir (lernds la reprise de la pro¬
fession. La tliéorie mu, scalaire et l’endocrinieune il(^ la myasthérue grave peuvent
être fondues en une théorie enilocrino-sympathico-musculaire plus com|)réhensivo
et i)lus satisfaisante.
r.oiiiAT (Isador IL). Quelques idées persunnelles sur la Mijnslhénie (/rave cl abser-
valions de. relie alfcction (.1. of the .American med. Association, p. 2/lJ', 23 juillet 1921).
— Revue ; symptomatologie, réactions électriques, traitement ; Alisciission sur la
nature et le siège probable des lésions.
Dani) (Charles L.). iVIi/aslIiénie f/raie, élude clinù/ue el Ihérapculuiuc (.1. of the Ameri¬
can med. A.ssoc., p. 201, 28 janv., 1922).
I’üsi;y (William Campbell). .Vli/uslliénic (jruve, reUdiun de. Irais cas (J. of the Amcric.
med. Assoc., p. 1.U07, 24 .sept. 1921). E. E.
MOELLE ET MÉNINGES
Ostéoarthropathie vertébrale chez un Tabétique, |iar IL Roor.iqü. AymèsoIConil.
Comité Méd. des Ilouclies-du-Ilhâne, 0 janvier 1922, Marseille Méd., p. 193-199, 1922.
Un tabétique ancien, avec atrophie o|)tique légère et paralysie oculaire, présente
une contracture lombaire avec cyphose. La radiographie montre des ostéophytes
des dernières dorsales et première.s iondiainvs, surtout do I. 1 1 id, 1 1 1 avec Ilots de dècal-
cillcation. L(!S auteurs discutent la part prise par les compressions dues è cos ostéo¬
phytes dans le syndrome sensitivo-moteur présenté [lar le n alade et croient devoir
rapporter i'i l'ostéo-arthropathio vertèbrah^ tabétique [ilus qu’è la radiculite syphl-
litiipie, la ténacité d(‘s douleurs en ceinture, une bande d’hypoesthésin corn^spondant
li L 1-L 111, les contractions fasciculaircs delà partie supérieure des muscles fessiers,
l’abolition du réflexe abdominal inférieur. IL R.
ANALYSES
155
Sur la question de la Laminectomie dans la Tuberculose vertébrale, par le
P' IIadkrer (lunsliruck). Jahrhiicher /. Psijchiairie u. Neiir. l. 40, f. 2 et 3, p.401,
1920- (15 p.).
Bons résullals dans 5 cas sur 7, même dans le mal de Poil cervical, où la laminectomie
fut tailc de la 4® cervicale à lu 1™ dorsale, cliez «n homme do 08 ans H. pense que l'iii-
tervomlion est indiqués^ dans un nomlire relativement élevé de cas. M. T.
G. à la patholog-ie et à la thérapeutique des Affections de la Queue de cheval,
par Gami'er (Clin, du P® Mayer, Inusbruck). JtiJirbiichcr /. P.sycliiiilric u. Ncur.,
l. 40, faso. 2 et 3, p. .348, 1920 (.50 p., 0 lifT. Bildiogr.).
C. ranfje un certain nomlire de cas de la littérature dont il donne le tableau sous
les 3 rubriipies :
.1. 'rumeurs ayant donné di's symptômes plus ou moins typicpies.
B. Tumeurs n’ayant pas donné de symptômes caractéristiques.
G. Autres affections ayant donné lieu à des siffnes cliniques de tumeurs.
Obsi'rvation d’un cas où au moment d’opérer dans l’idée d’une méningite séreuse
localisée, il y eut une amélioration telle que le malade re|>ril scs fonctions de méca¬
nicien des chemins do fer. 5 ans plus tard, il est revu ; on constate alors une poly¬
arthrite déformante avec localisation sacro-londiaire.
Dans un 2® cas, l’intervention fait reconnaître une pachyméninfiile englobart (ilu-
siours racines. Amélioration à la suite do l’opération. La nature de la lésion lut reconnue
tuberculeuse. M. T.
Un cas de Méningococcémie foudroyante sans Méningite par ,f. Zalenski.
Pnlsko Gazela 1922.
Une femme Agée de 22 ans présenta neuf heures après le début de la maladie un
exanthème rouge-brun. L’examen du sang déicela une hyiterleucocylose (32.600) et
des diplocoques intra-cellulaires gram-négatifs (méningocoques). Le liquide céphalo¬
rachidien était normal sous tous les rapports. Mort après 21 heures de la maladie. L’exa¬
men posl-mortem n'a pas été fait. Zvi.iiEaBAsr-ZAND.
NERFS
Sur les Héflexes et les Contractions idio-musculaires dans les Lésions Ner¬
veuses périphériques (en roumain), par J. -T. Nicui.esco. Spifahil., n» 5-6, 1919-
Abolition ou dimijwUon des réflexes, plus souvent leur e.xagération. A retenir la
diffusion de l’excitation dans des territoires jilus éloignés lorsque la réaction ne |!cut
avoir li(Mi de la manière habituelle à cause de l’interruption des fibres motrices.
Quant à la réaction idio-miisculaire, elle est, suivant le degré de la lésion, abolie
ou bien lente connue celle de la réaction de dégénérescence.
L’auteur est d’avis que ceHe réaction peut servir non seulement au diagnostic
niais aussi au jironostic et permettre de suivre l’évolution vers la dégénérescence ou
la guérison. G. -J. Pariion.
Sur le traitement chirurgical des Nerfs périphériques, par A. Cosacesco
(en roumain). Spilahtl, n» 5-6, 1919.
Travail iiitéressanl iilutôt au jioiut de vue chirurgical. 21 irterventions sur les
nerfs |)éripliériques, mais la durée d’observalion a été tro]! courte.
C.-J. Parhon.
ANALYSES
150
Le treiitement chirurgical des Lésions des Nerfs périphériques consécutives
aux plaies de guerre. Observations cliniques ((ui roumain), par E. Christidi.
Spilalul,n°’ 10-11,1919.
L’altération la plus fréquente fut la compression par brifles ou anneaux cicatriciels
par lies arêtes osseuses ou plus rarement par balle. Viennent ensuite les sections com¬
plètes ou non et l’infiltration cicatricielle.
Le nerf radial est lésé dans 42 % des cas. Puis vicnnoid le médian, 15 %; le scia¬
tique, surtout sa branche poplitée externe, 15 %; le cubital, 7 % ; le musculo-cu-
iané, 2 %; le plexus brachial, 2 %. Les sutures nerveuses donnent de bons résultats.
(l.-.J. l’AnilON.
INFECTIONS ET INTOXICATIONS
Troubles Mentaux au cours et après le Typhus exanthématique, par A. Pope a
(en roumain). Spilalul, 1919.
Etude théorique sans observations. Les troubhis sont d’ordre confusit ou bien des
jiliobies, obsessions, idées fixes postoniriques, idées hypocondriaques, etc.
C.-J. Pahhon.
Les Sensibilités profondes dans la Lèpre, par J.-V. Borgovan (en roumain).
Spilalul., n»» 5-6, 1919.
Ces modalités de la sensibilité sont atérées dans certains cas.
C.-J. Pariion.
Etude clinique du Liquide Céphalo-Rachidien dans la période secondaire
de la Syphilis (en roumain), par S. Nicolau. Spilalul, no* 10-11, 1919.
Sur 113 cas de syphilis secondaire, l’auteur en trouve C7 avec lymphocytose rachi¬
dienne, donc 55%.
Sur 47 cas de syphilis secondaire récents, depuis les premiers jours de l’éruption
jusipi’à 3 mois^ on trouve 20 réactions positives. Sur 54 cas oi'i les rnanifiistations so-
eondaires dataient depuis 3 à 12 mois, la réaction cytologique fut trouvée 34 fois.
Enfin sur,12 cas de. syphilis secondaire tardive la réaction rachidienne fut présente
sculement4 fois.
Sur 92 maladies qui n’ont suivi aucun traitement, on trouve la lymphocytose
5S fois, tandis que sur 20 cas (jui ont suivi un traitement, la réaction rachidienne lut
ju-ésenti! 9 fois. Le nombre des lympiiocytes sur un champ microscopique varie entre
25 et 340. Les cas à lymphocytes nombreux s’observent surtout dans les cas plus
anciens, mais on trouve aussi des exceptions à cette règle.
Dans les cas à réaction intense surtout, on peut trouver, outre les lymphocytes,
des Inonouiicléaires à noyau de volume double ou triple do celui des lymphocytes
et il |)roto()lasme peu abondant et basophile, ainsi que des cellules du tyfie endo¬
thélial.
Quant aux réactions chimiques (hyperalbiiminose, réaction des globulines), elles
furent absentes dans la majorité des cas. On ne les trouva que dans les cas ii réaction
cellulaire intense et d’habitude dans une période plus avancée de l’infection.
En ce qui concerne la valeur clini([ue de la réaction méningée au cours do la
syphilis secondaire N. la considère comme un symptême d’alarme sans parallélisme
■net avec l’intensité des manifestations cutanées. .Sur 34 cas à manifestations cutanées
importantes on trouve 23 réactions positives, mais on trouva de même 39 réactions
jiositives sur 70 cas à manifestations peu imimrtantes.
ANALYSES
157
Dans la sypliüidc pigmentaire généralisée ainsi que dans l’alopéCic en clairière,
troubles qui semblent de nature trophique, la réaction rachidienne est la règle (6 cas
positifs contre 1 négatif dans la syphilide pigmentaire, 5 cas sur 5 dans l’alopécie en
clairière).
L’inégalité pupillaire coexiste fréquemment avec la réaction cytologique. Sur
43 malades anisocoriques on trouve 33 réactions positives tandis qu’on n’en trouve
que 20 sur 70 malades à pupilles égales.
Le traitement spécifique, même de courte durée, semble avoir atténué la réaction
dans 41 % des cas, en la taisant disparaître dans 6 % . Dans 11 % des cas la réac¬
tion resta stationnaire et dans 2,75 % elle augmenta. (Ces recherches ont été faites
pendant la guerre et l’auteur n’eut pas la possibilité d’employer d’autre traitement
4Ue le mercure.)
En tout cas, la réaction méningée résiste au traitement dans une mesure plus grande
que les manifestations cutanées.
Si dans la majorité des cas la réaction de la période secondaire est susceptible de
rétrocéder, on peut pourtant la voir persister positive après des années, et dans ces
cas elle semble se continuer avec le tertiarisme nerveux. Elle doit donc attirer l’at¬
tention du médecin sur la présence des foyers de résistance qu’on devra contrôler
par des examens réitérés et qu’on devra combattre ])ar un traitement intensif.
G. -J. Pahhon.
Contributions au traitement de la Syphilis Nerveuse. La Sérothérapie, par
PiTULEsco et PoPEA (en roumain). Spitalul, n» 11, 1920.
Les auteurs se montrent partisans d’un traitement par des injections intra et extra-
l’achidicnnes. Les premières avec le sérum néosalvarsanisé in vivo et in vitro et
aussi avec du sérum mercurialisé et nucléinisé.
Le malade suivra en même temps des injections intra-veineuses (ou autres) de
uéo-salvarsan et mercure ou de liquide céphalo-rachidien. Les périodes de repos ne
dépasseront pas 3 semaines
On peut se demander si un traitement si intensif que celui préconisé par les
auteurs respecte toujours le primum non nocere.
C’est ce travail qui a donné lieu à une discussion sur la paî^rnité de la sérothérapie
intrarachidienne dans la syphilis, laquelle appartient sans conteste à Marinesco.
G.-J. Parhon.
L’histoire véridique delà découverte du Sérum Sal varsanisé in w ivo et m vitro,
par G. Marinesco (en roumain). Spitalul, n® 1 1, 1920.
L’auteur prouve (à propos d’un travail de Pitulesco et Popea) que la paternité de
Ce traitement lui appartient. C.-J. Parhon.
Considérations sur le traitement intrarachidien des Affections Syphilitiques
et Parasyphilitiques du Système Nerveux, par.S.-T. Niculesco (en roumain).
Spitalul, n» 11, 1920.
L’auteur étudie la question au point de vue historique et montre que c’est Mari-
ncaco qui employa pour la première fois ce traitement. C.-.J. Parhon.
Sur la teneur en Eau des tissus chez les Moutons normaux et Thyroïdecto-
misés, par M'‘“ Marie Parhon. Bull, et Mém. de la Société de Neurol., Psychiatr.,
Psychol. et Endocrinolog. de Jassy, t. 4, n”" 1-2, 25 octobre 1921.
La teneur en eau est diminuée chez les animaux éthyroïdés. Cette diminution est
158
ANAL Y SES
(iliis m»r((iii’M! ()om- l(>•4 mii-iclos; vioiiiu'iU (>iisiiile lo foie et les reins. Los variations
sont par contre peu nnrciuiies ponr le cerveau.
C.-,l. Pauiion.
Cyanose congénitale, Angustie aortique et Tuberculose pulmonaire. Tuber¬
culose Surrénale (e.n rontnain), par C.-J. Ukechia. Spihilul, n"“ 5-0, lt)I9.
Une oljservation anatomo ;Iinii|ne. C.-J. l’AitiiON.
ÉPIDÉMIOLOGIE
Encéphalite épidémique avec Localisation Lombo-sacrée à caractère frag¬
mentaire, par Iliuiry liouiiuiis et M. Marc .loiiAiu». linll. cl Mém. tic lu Suc. mcd.
Jfôpilinr.c tic Pnris, t. ,18, n^oo, p. 1.199, 27 octobre 1922.
11 s’af^il d'un sujet qui, après (padiiues jours de uudaises géaérau.v, présenta un
état infectieux se, traduisant (au- iiiu! températiiia^ élevée, d(^ la eéplialéo, des algies
tlioraco-cervie.ab^s, une légère raeliialgie, nue ébauclie de syndrome méningé, de la
consti[iation, de l’insomnie, avec couse, rvation d’un état général satisfaisant.
Dans la simonde périodi^ de la maladie, à riusomnie succède la sonmolence l'I l’on
constate rab(dition des réflexes rotiiliens (d, aclullécms, la pert<! <ln réflexiï plantainq
la diminution du erérnastérien ; absence île pbénomènes douloureux, sensitifs id, para¬
lytiques du côté des membres intérieurs devenus le siège d’une atropine musculaire
accentuée et rapidement installée.
I.a maladie nut cinq semaines à évoluer et lorsque le sujet, eliniqueuieut guéri,
quitta l’bopital, il avait récupéré l’intégrité presque complète de sa réflecti\ ilé et do sa
muscula ture.
Un certain nombre, de syuqd.ôuies, l’abolition des l'ériexes rotuliens et acbillèens
la perte du réflexe plautaii’e, ramyotropliie concomitante des membres inférieurs,
avaient souligné la prédoiiunanee, d’une lésion lombo-sacrée au cours d’une enoéiiba-
buuyélite épidémique. Un raison du tabli-aii clinique observé, il semble bien ipie l’action
du virus se soit exercée ici d’une façon fragmentaire, son attidnte ayant porté lu'inei-
palemeilt dans lu renflement lombaire, sur la /one motrice du centre du réflexe rotu-
lien, et aussi dans les segments de la moelle sacrée, couqirenant les centres des léflexes
acbillèens 'et plantaires.
Ue.tte observation, joiid.e à celle du mènii' ordre rapportée par .M.M. Uosset et
Gid,mauu, montre bie.u (|iiw parmi les locidisations anormales d(( l’encé|dialoniyè-
lilo, celle qui frappe la réedon loiubn-.saerée doit être |iris(^ on considération. Le
caractère fragmentaire n’est pas fait pour surprendre, étant donnée l’extivuic diver¬
sité d’action du virus di' la névralgie épi<lémi(|ue, susceptible d’(mgeudrer des ma¬
nifestations à première viu^ disparates, d(‘s lésions disséminées, pnrccdlaires, appa¬
raissant sans maire déiini, comme l’ont montré, dos id)servations déjà nombreuses
E. U.
lÎAiiKi'.u (Lewellys U.) et .Si-ui nt ( l’bomas I*.). .Mlutpic spanliincc de Trlttiiic an citiir.i
il'tiri piiriixij.tinn d' Ihjpcrpiicf chez an coiiitalt'.'ifeid il' Eiicéphtililc l'pidciiüqiie (Endo-
crinology, t. ü, n” 1, p. I, janvier 1922). — Ums eontribuant à démontrer la fréquence
des formes mentab's e,t d(N séipielles rnu'veuses de l’eucéplialite é,pidémi(|ue cbez les
névropatbes ; c’est en outre le. premier où l’on voit la tétanie compliquer l’hyperpnéo
résultant île la maladie.
Haiiui'; et liiîvs (Louis), l.e SiindroincA'itrkinHniiieii pusl-cnccphiililiinic (Bul¬
letin méd., 27 avril 1921).
ANAL Y SES
159
Barré (J. -A.) et Rrys (Louis). L'Encéphalite épidémique à Strasbourg, sa forme
labyrinthique (Bulletin méd., 37 avril 1921).
Bénard (Renii). Encéphalite léthargique avec Polyurie extrême. Polyurie hypophy¬
saire et Polyurie pithiatique. (Bull, et Mém. de la .Soc. méd. des Hôpitaux de Paris, t.
38, n» 12, p. 553, 31 7uars 1932). — Polyurie extrêmement abondante (17-20 1.) chez
un encéphalitique (ie 21 ans ; elle fut à son début polyurie hypophysaire (action psycho-
thérapirpie nulle, (dlicacité totale de l’extrait), et à sa loiminaison polyurie nerveuse
{elïicacité abolie do la psychothérapie, action très atténuée do l’extrait d’hypophyse).
Bériel (L.). Le bilan de rEncéphalile épidémique (Lyon méd., n»" 22 et 23, 25 novem¬
bre et 10 décembre 1921).
Brrtolani (Aide). Syndrome Adiposo-hypophy.saire consécutif à l'Encéphalite épi¬
démique (Riv. spor. di Freniatria, tasc. 3-1, 1921). — Obésité post-encéphalitique dans
deux cas ; l’éventualité ne paraît pas extrêmement rare; il y a lieu d’incriminer une
lésion hypophysaire.
Bkutter. Obésité et troubles moteurs consécutifs à une Encéphalite épidémique chez
un enfant de II ans (Soc. de Sc. méd. do Saint-Etienne, 7 juin 1922. Loire méd., p. 477,
juillet 1922). — Début do l’encéphalite il y a deux ans ; actuellement aspect parkin-
sonie.n et obésité ; insuccès do l’opothérapie.
Boeckel (L. van) et Bessemans (A.). TY Encéphalite léthargique, son épidémiologie,
ses particularités en Belgique (Arch. méd. BcIros, t. 75, 11° 4, p. 275, avril 1922). — Bonne
mise au point ; en outre, les auteurs font ressortir par une série d’observations porson-
nclies les caractères de contaufiosité et d’épidémicité de i’affoction.
Bramwei.l (E.). Encéphalite léthargique (British med J., p. 648, 22 octobre 1921).
Call (M.-B.). En-.éplinlilc léthargique, relation d’un cas (lowa Stade raed. Soc.
■I., p. 355, 15 se|)lembre 1921).
Calvveli, (W.). Encéphalite léthargique affectant les noyaux du mésocéphale d'une
façon inhabituelle (Bristish med., J., n“ 3190, p. 514, 1 avril 1922).
Ceconi (A.). Le Syndrome amyoslaliquc dans les manifestations tardives de l'Enoé-
phalile épidémique (Minerva med., n 1, p. 3, 15 novembre 195?1).
D’antona (S.). Cnnlrihulion à la symptomatologie de l'Encéphalite épidémique ( Annali
cli Nevrol, t., 38, n"’ 1-2, p. 1 , 1921). — Cas nouveaux avec discussion sur la nature et la
signilicaüon des troubles moteurs ; graphiques.
Eurigiit (George F,.). Oifféreneialion cliniquede l'Encéphalite épidémique, de laPolio-
uiyélite aiguë, du Botulisme cl de certaines formes d’ Into.cicedion alimentaire ou médi¬
camenteuse (American .1. of the med. Sciences, p. 253, août 1922). — Rapprochement
•le CO que ces différents états morbides peuvent avoir de commun dans leur symptoma-
<-ologio et différenciation diagnostique,
Fletcher (II.-M.) et Holleston (.L-D.). Somnolence diurne et insomnie nocturne,
comme manifestations de l'Encéphalite léthargique (Bristish .Journ. of. Childron’s Diseascs,
avril-juin 1921), — Il arrive que cette inversion du rythme du sommeil no s’accom¬
pagne d’aucun autre symptôme bien défini.
î'’uctis. Encéphalite expérimentale (Wi(Uier med. Wochens., 10 avril 1921). —
l’ar l’injection de guanidine au chat l’auteur a réussi à obtenir un tabhsau anatomo¬
clinique fcmlilablc à celui de l’encéphalite é[)idénu([Ui'.
Gasbarrini (A.). Sur l'Encéphalite léthargique-, symptomatologie, formes cliniques,
<tiagnoslic, pronostic et Irailemenl (XXVll” Congrès de. Méd. interne, Naples, 25 octobre ;
Füliclinico, sez. |irat., n» 45, p. 1.501, 7 novembie 1931).
IGO
ANALYSES
Grossman (Morris). Les Séquelles de l’Encéphalile aiguë épidémique ; élude de 92
malades de unà3 ans après la guérison (J. of Lho American mecl. Association, t. 78, n“31,
p. 959, 1 avril 1922). — Le pronostic de l’cncéphalito aiguë doit être très réservé ;
sur sa série de 92 cas Grossman no compte que 10 guérisons complètes, 14 états à peu
près satisfaisants, 2 états stationnaires et 4 malades en voie d’amélioration ; par contre,
62 cas présentent une évolution progressive avec participation plus ou moins importante
du système nerveux ; dans ce nombre sont compris 42 syndromes parkinsoniens ;
l'encéphalite épidémique semble pouvoir être le point de départ de plusieur.s des types
des maladies nerveuse?.
Hëagey (Francis W.). Les Manifestations cérébelleuses dans l’Encéphatile épidémi¬
que (New-York mod. J. a. Med. Record, t. 116, n“ 6, p. 321, 22 septembre 1922). —
Cas d’encéphalite épidémique avec signes cliniques de participation du cervelet ;
la myoclonie est si fréquemment associée aux symptômes cérébelleux qu’on peut ,se
demander si elle aussi n’a pas une lésion du cervelet pour origine.
lIoi'FMAN (R.-V.). Encéphalite épidémique dans le Nord de l’/ndia/ia (Indiana State
med. Assoc. J., p. 228, 15 juillet 1921.)
HousË (William). Séquelles de l’Encéphatile épidémique (,J. of tho American med.
Association, t. 79, n“ 3, p. 211, 15 juillet 1922). — L’auteur étudie cos séquelles qu’il
classe en cinq groupes ; myoclonique, mental, psychasthénique, groupe des lésions
cérébro-spinales organiques, groupe mixte.
Kennedy {Fosler). Types périphérique el radiculaire de l’Encéphalile léthargique,
(American J. of tho med. Sc., t. 163, n» 1, p. 30, janvier 1922).
Kreds (M.). Des Caractères cliniques des Secousses musculaires au cours de l'Encé¬
phalite épidémique. Itapporls des Myoclonies observées actuellement avec quelques Syn¬
dromes antérieurement connus. Les Mouvemenls spasmodiques Ltylhmés dans l’Encépha¬
lile. (Bull, et Mém. de la Soc. mé<l. des Hèpitaux de Paris, t. .38, n» 11, p. 522, 24 mars
1922). — Cos secousses dis.socicnt les synergies normales et en produisent d’anormales;
leur appartion isochrone en fait le plus souvent des lythmies. Les myoclonies senties
unes arythmiques et les autres rythmi(pics ; les secousses musculaires post-encéphali-
tiques sc situent dans un groupe ou dans l’autre.
LfcopoLD-LÉvi. Un cas d’Encéphalite épidémique à forme méningée ; interprétation
des résultats du laboratoire (Bull, do la Soc. de Médecine do Paris, n» 6, p. 166, 25 mars
1922).
Leroy (Raoul) et Dupouy {Uugv.r). Encéphalite épidémique asthénique el myoclo¬
nique, avec crises bulbaires. Evolution continue depuis un an. Soc. Méd.-PsychoL, 31
janv. 1921. Ann. Méd.-PsychoL, n» 2, p. 151, février 1921). — 11 s’agit d’une forme
remarquable par sa chronicité, sa continuité et l’extension progressive des symptômes;
un coryza muco-purulont intarissable, observé aussi dans d’autres cas chroniques,
semble désigner les fosses nasales comme porte d’entrée do l’infection.
Mattéi (Vittorio). Séquelles éloignées {au bout de 30 années) de l’Encéphalile à type
myoclonique (Pensiero med., t. 11, n** 24-25, p. 448, 17-24 juin 1922). — Il s’agit d’une
femme de 60 ans présentant un syndrome excito-moteur de type myoclonique ; l’anam¬
nèse fait remonter le début de l’alTection è une encéphalite dont la malade lut atteinte
au cours de l’hiver 1890.
Medea (E.). L’Encéphalile épidémique en 1921 (Soc. lombarda di Sc. mcd.obioL,
4 mars 1921. Policlinico, sez. prat,, p. 73'J, 23 mai 1921).
Micheli {F.). Evolution el terminaisons de l’Encéphatile épidémique (Minerva med.,
n» 1, p. 20, 15 novembre 1921).
ANAL Y SES
161
Modena (G.). Chorée gravidique cl Encéphalile infeclieusc (Soc. mecl. chir. Ancône-
tana, Policlinico, scz. prat., p. 734, 23 mai 1921).
Naccarati (Santé). Un cas d' Encéphalile épidémique avec Œdème de la Papille simu-
lanl une Tumeur cérébrale. (New-York med. J. a. Med. Record, t. 116, n» 6, p. 326,
22 septembre 1922). — Cas intéressant en ce qu’il montre que l’œdème de la papille
et d’autres signes généraux et locaux peuvent se constater dans certains cas d’encé¬
phalite épidémique, même en l’absence de fièvre.
Negro (Fodele). Observalions sgmplomalologiques dans des cas de Parkinsonisme
conséculif à V Encéphalile lélhargiquc (Pensiero med., t. 11, n“ 6, p. 92, 4 février 1922).
Paterson (D.). et Spence (J. G.). Séquelles de TEncéphalile épidémique chez les
enfanls (Lancet, p, 491, 3 septembre 1921).
Pearl. Notice slalislique sur VEncéphalile épidémique (Bull, of the .Johns Hopkins
Hospital, juillet 1921).
PiOTROWSKi (G.). Conlribulion à l’élude de VEncéphalile Epidémique (Archives
Suisses de Neurol, et de Psychiatrie, tome 8, fasc. 2, 1921). — Revue générale.
Price (George E.). Encéphalite épidémique, récidive des symptômes après une guérison
apparente d’une année cl demie (.1. of the Amoric.,n med. Association, n® 10, p. 716,
11 mars 1922). — Ce cas concerne une fillette de 12 ans ; la récidive, 1 an 1 /2 après la
guérison apparente d’une première atteinte, se termina par la mort ; cet intervalle
d’I an 1 /2 entre la maladie et la récidive est le plus long jusqu’ici connu ; l’issue
intéresse les assurances sur la vie. "
Price (George E.). Encéphalile épidémique ; observations cliniques sur 78 cas, spé
cialemenl en ce qui concerne la terminaison (American J. of the med. Sc., t. 163,
n“ 6, p. 871, juin 1922). ■ — Guérisons complètes, 27,5 % ; guéri.sons incomplètes,
43,5 % ; mortalité, 24 %.
Progulski et Grobel. Une forme évolutive particulière de VEncéphalile épidémique
chez les enfants, la forme noclambutiquc (Münchencr med. Wochens., 15 avril 1921).
— Cette forme est caractérisée par une insomnie nocturne absolue avec état délirant
et agitation choréiforme contrastant avec l’insignifiance des symptômes diurnes.
Reeves (Rufus S.). Encéphalile léthargique (New-York med .1., p. 702, 21 décem¬
bre 1921).
Roasenua (G.). Inversion du rythme du sommeil avec agitalion psycho-motrice
nocturne, syndrome posl-encéphalilique (Poloelinico, sez. prat., février 1921).
Roasenda (G.). Inversion du rythme du sommeil cl agilalion psycho-molrice noclurne
avec syndrome parkinsonien à la suite de VEncéphalile épidémique (Pensiero med.,
n® 29, août 1921). — L’inversion du rythme du sommoii et le parkinsonisme sont deux
syndromes sous la dépendance de lésions de lorialisation différente.
Robertson (A. A.). Encéphalile lélhargique [Canadian med. Assoc. J., p. 762, octobre
1921).
Roger (Henri) et Cuaix (André). L’Urémie Myoclonique. Diagnoslic avec VEncépha¬
lile épidémique (Presse méd., n° 47, p. 461, 11 juin 1921). — Observation d’urémie
nerveuse é forme myoclonique ; vu l’épidémie régnante, elle pose la question des rap¬
ports symptomatiipies do l’urémie nerveuse avec l’encéphalite. L’urémie est apte à
déclencher des symptômes myocloniques, des syndromes léthargiques (urémie somno¬
lente) ; le hoquet peut appartenir à l’une comme ô l’autre maladie.
Rogers (A. W.). Encéphalile épidémique (Wisconsin med. .1., p. 122, août 1921).
REVUE NEUROLOGIQUE. —
162
ANAL YSES
Salmon (A.). -S'i/r la Genèse des Tranbles du Sommeil dans l’Encéphalite épidémique
(.Sludiiim, t. Il, 11° II, 1921). — Drycloppemont <lt!ï argtiinciiU londanl à canféror
à do.s aUiTnLioiis l'oncl ioiinülli's de l’iiypojdiy.sc le, s Iroiibles du sommeil el en p.u'Ucii-
Sands (Irviufî .J.). Encéphalilc épidémique simulant une Tumeur cérébrale (Medical
Hoconl. p. '194, 2f> mar-; 1922). — 'I rais cas ; imil.alion si parfaite (pm dans deux i as
’oiif’i'aliari fui proposée ; Iroisième cas mortel.
Sknise (Tommaso). /.e.s derniers travaux sur V Encéphalilc léthargique (Annali di
Novrol., t. 97, n"' 3-1, |i. lOU. 1920). — llovuo et Ijibliofçraphie métlio liçue.
Simon (C.). L’ Encéphalilc léthargique (Bruxelles raéd., t. 2, n» 9, p. 235, 1 mars 1922),
■ — Hevue f'énérale.
STnAüss (Israël) et Glouus (.Joseph II.). Groupe de cas prisant ressortir les difficultés
du diagnostic au cours d’une épidémie d’ Encéphalite, aigue (New-York med. .1. a. Med.
Hecord, n" 10, p. 580, 17 mai 1922).
X... Encéphalite épidémique (.T. of the American med. Assoc., n° 6, [i. 407, 1 1 février
1922). — Auto-observation.
Zalla. Les troubles du Sommeil séquelle d’Encéphalile épidémique (Bivista di l’atol.
nervüsa c nicutale, t. 25, ni 11-12, avril 1921),
ZiVERi (Alberto). Sur un cas d’Encéphalile léthargique (Annali di Nevrol., t. 37,
•n"' 3-4, ]). 73, 1920). — Cas confirmant le polymorpliismo de l’affootion ; étude avec
fifrures. K. K.
Guérison de l’Encéphalite aiguë par administration cutanée et interne
d'iode pur, par V. Vitkk (do Prague). Praklirhij lékar, t. 2, n" 19, 19'22.
L’auteur décrit un cas typiipie d’encéphalite aiguë consécutif à la grippe chez une
jeune femme, avec perte do connaissance, fièvre, eonvulsioas, hômiidégie passagère
du côté droit. 11 a réussi à la guérir par une méthode nouvelle d’iode appliqué sous
une donl le forme : d’une port badigeonnages de la peau par la teinture d’iode sur la
nuquor le dos et la poitrine, d’autre part emploi interne de la solution de Lugol, la
glycérine étant remplacée par du sirop di^ sucre.
Les deux sortes de l’administration de l’iode ont été supportées tout à fait bien de
la part de la malade, rétablie au bout d’une .semaine sans suites filcheu.ses. La dose
interne d’iode sous forme de solu'ion de Lugol était de, deux cuillerées [lar jour dans
du café, du lait ou du thé.
L’auteur s’est décidé dans le cas cité à faire usage (hi ce procédé en se basant sur
une longui^ expérience des effets de l’iode pur dans Tes différentes maladies infec-
tieu.ses (gri|ipes, angines, etc.) ; il y avait oldenu de cotte médication des résultat»
hrillants et des succès surprenants. Scuulk.
Bahkiîu (Lewellys b.) Séquelles de l' Encéphalite épidémique el leur Irailemcnl (Med.
Soc. of. State New- York, Albany, 18-30 avril 1922. ,1. of the American med, A.sso-
ciation, p. 1,417, G mai 19‘22).
Bouhgrs (11.) et .MAncA.NDii'.R (A.). Sur le traitement de T Encéphalite, épidémique.
(Société de l'hérapewtique, 13 octobre 1920.) — .fusqu’à ce que soit découverte une
médication spécifique, ilsied, dans la phase aigue del’encéphalite épidémique, do s’adres¬
ser aux méilications bactéricides comme l’urotropine et l’acide arsénieux et d’exalter
les défenses organiipies par un abcès de li.xatiou déterminé précocement el que, dans
ANAL Y SE S
iG3
los turines siil)aif;'ios ot Iraînantes, on peut retirer de très bons résultats de l’autohé-
niothérapie.
Biulu (I. C.). Anlosénimlhértipic inlraspinale dans VEncéphnlile lélhnrrjiriue (Medical
Record, p. 1,070, 20 juin 1020), — L’épidémie d’encépiialite léthargique est actuelle¬
ment active dans le Nord-f)uest Pacifique ; une thérapeiili(|uo efTicace est désirable ;
l’auteur tire 100 cc,de sang à son malade l't prépare le sérum ; par ponction lombaire
il extrait 3tl cc, ein iron de liquide rpi’il remplace par \ine quantité équivalente do sérum.
Trois observations, L’aulosérumlbérapie intraspinale parait avoir sur l’évolution do
Teneéplialitc léthargique une influence favorable ; on voit disparaître rapidement les
Iroubb^s moteurs et la ilé|)ression mentale.
Liikinissu (L,), Le lrailcme.nl de l’Encéplialile lélhargiqnc {Prossc méd,, 11“ 15, p. I4G,
19 février 1021). — La thérapeutique efficace consiste en injections de térébenthine,
en iiroformine par voie buccale ou intraveineuse ; l’adrénaline combat l’asthénie ;
la balnéation est utile.
CiinrNissK (L.). Trailemenl de quelques Séquelles de Vencéphalile épidémique (Presse
méd., no 41, p. .17«, .3 juin 1922).
Laf.\-s- (L.). ,1 propos du trailemenl de VEnréphalile lélhar/jique (Bull.de la Soc. de
Méd. de Paris, p. 200, 2.3 avril 1921). — l.u médicalion oléo-iodée est d’une elUeacilé
surprenanle. presque siiécilique ; on agira le plus précocement possiJjle, jiar injections
intra-mu.sculaires ; la stérilisation de la sto.nato-rldnite iiiitielo est né< essaire.
LtjAiiY (.Syhestei' H.) et S.vnds (Irving ,1.). Le Trailemenl des Eitfanis présentani le
Syndrome de l'Encéphalite posté pidémique (i\ey-York iiied. J., ji. Kiti, 3 août 1921).
Plan du tivitement (régime, repos, scolarité, médicaments) appliqué aux enfants
‘lonvalescenls, ou du moins ne présentant plus que des signes atténués de l’encéphalite
«pidémique; malgré le liien que semblent faire les .soins appropriés àl’état de ces enfants,
pronostic reste réservé.
Molhant {M.). Conlrihulipn à l’étude, clinique et anlrailement de VEncéphalilc épidé¬
mique dite léthargique (Scalpel, n» 18, 30 avril 1921). — Trois observations ; Patoxyl
«verce une action manife.sto sur les formes choréiques, et le sulfarsénol sur les locali-
><ations radiculaires. ^
Mouziols et Coi.i.iuNON. Traitement d’un cas d' Encéphalite léthargique, par l’Auto-
^'•rothérapie et par Tlnjerlion au malade de. son propre liquide céphalorachidien (Soc.
‘mp. rie Méd. de Constantinople, 7 mars 1920. Gaz. méd. d’Orient, n“ 3,p. 28, 1920).
Mûlluh (de Liège). Trailemenl de T Encéphalite épidémique par les injections fortes
d huile iodée ù 40 p. tOO (üoc. de Thérapeutique, 9 février 1921). — Chez les 3 malades,
•les injections d’huile iodée amenèrent une disparition rapide dos symptômes ; il con-
''•endrait d’expérimenter cette méthode sur un plus grand nombre de malades.
l’oHuu (ilarlotta). Sur l’emploi des Erépuralions arsenicales dans les Formes spasmo¬
diques (Policlinico.sez prat., 1921).- — Les tentatives pour améliorerla rigidité muscu-
•aire post-(mcéphalitique ou la contraction déterminée par des lésions nerveuses syphi¬
litiques n’ont donné à l’auteur que des résultats discordants.
RAnovici (.«V.) et Nicolesco (,I, F.). L’action de l'atropine sur les mouvements invo¬
lontaires de. TEncéphalilc épidémique (Presse méd., n» 9, p. 83, 29 janvier 1921). —
Expériences démonstratives attribuant à l’atropine, à la dose de 2 milligrammes en
•hjection sous-cutanée, une influence sédative remar(]uable sur les e.eidres toniques du
huvraxo et spécialement sur le mésocéphale et le sirialum, atteints d’encéiihalitc
pidémique, et siège principal des lésions provocatrices de mouvements involontaires,
'■ythmiques.
1Ü4
ANALYSES
Roasenda (G ). Sur l’emploi el sur Vefflcacllé Ihérapeulique duCacodylale de Soudeà
liaules doses dans eerlains syndromes de Parkinsonisme post-eneéphalilique (Penciero
mecl., p. 655, 16 juillet 1921). — L’auteur ne confirme pas les heureux r6sultats obte¬
nus par Belarmino Rodriguez ; le cacodylate de soude à hautes doses peut avoir une
certaine efiicacité, d’ailleurs passagère, sur les contractures et les rigidités musculaires ;
dans les cas post-encéphalitiques traités, l’effet n’a été ni très marqué, ni durable.
E. F.
ENCÉPHALITE LÉTHARGIQUE.
SYNDROMES PARKINSONIENS.
Syndrome Parkinsonien, Maladie de Wilson, Pseudo-sclérose. Contribution
à l’étude des Syndromes du Corps Strié, par Francesco Vizioli. Annali di
Nevroloyia, t. .39, n» 4, p. 153-194, 1922.
Les syndromes du corps strié sont nombreux ; deux groupes sont particulièrement
importants, maladie de Wilson et pseudo-sclérose av<^c cirrhose du foie d’un côté.
Parkinson et parkinsonisme sans cirrhose du foie de l’autre ; h^ syndrome (cxtrapyra-
midal présenté par la malade (21 ans) de Vizioli tendrait à rapiirocher les deux groupes.
Chez elle, les [)rinciriaux symptômes sont le tremblement, les mouvements invo¬
lontaires, l’asthénie profonde, la rigidité. S’il y a extension do l’orteil pour une exci¬
tation plantaire appuyée, ce n’est qu’une défense. Si rotuliens et achilléens sont plus
forts à droite qu’à gauche, c’est que la rigidité est plus accentuée d’un côté que de
l'autre.
Cette rigidité est variable ; ou plutôt elle dis[)araît dans certaines conditions, et
alors la malade qui a (lerdu sa rigidité fait des gestes avec une vivacité surprenante
ou agit avec une certaine force ; c’est le phénomène de Tilnoy, la cinésie paradoxale
de .Souques, que l’on observe parfois dans la maladie de Parkinson.
La rigidité habituelle de la malade résulte d’une hypertonie diffuse, massive,
plastique, intéressant dans la même mesure agonistes et antagonistes, si bien que la
résistance est uniforme à tous les mouvements qu’on imprime ; la racine des membres
est plus rigide que leurs extrémités ; elle n’a aucun caractère i)yramidal ; c’est celle
que l’on rencontre, accompagnée de trembhuuent et de mouvements involontaires dans
la maladie de M'ilson ou dans la maladie de Parkinson.
J1 y a dans la symjjtomatologie présentée par la malade des [uiints communs à la
f)seudo-sclérose et à la maladie de Wilson : [irogn^ssivité du mal, début dans le jeune
Age, rigidité musculaire, tremblement, (kqiendant la pseudo-scléro.se de Wostphal-
Strump(dl peut ètn' exclue. La rigidité n’y est i)as très forte alors qu’elle est extr6m(^
chez la malade. ; celle-ci n’oscille ni ne vacille alors que, dans la pseudo-sclérose, le
vacillernent du corps, de la tête et des mi^mbn^s est un caractère, qui l’emporte sur
la rigidité et sur h^ tremblement. Pas non j)lus d’accès épileptiformes. Enfin les
troubles psychi(iues sont |ieu importants alors (pie. dans la ])seudosclér()se ils sont
précoces, notables et peuvent aller jusqu’à la démence.
L’àge de la malade, la rigidité diffuse appartiennent à la dégénérescence lenticulaire
progressive ; le tremblement est régulier et rythmique au membre, inférieur droit ; il
est irrégulier et arythmique aux membres supérieurs ; là 11 s’exagère au cours des
mouvements volontaires et sous l’influence de l’émotion. Des mouvements choréiques,
|ieu marqués d’ailleurs, se constatent au bras droit. Le rire est très iiarticulier ; il
commence avant la mimique faciale du rire, il est fini que sa mimique persiste encore ;
De. Lisi a décrit un tel rire, dans une maladie de Wilson ; c’est le rire rigide de Seniso
(pic l’on voit aussi dans les syndromes iiarkinsoniens.
ANALYSES
1G5
Lo. li'(!mble2U(!Ut de la langue, la maigreur squelettique se constatent aussi dans la
dégÈnération lenticulaire. Mais ia malade n’en a pas les troubles de la i)arole, d’ordre
dysarthrique, allant progressivement jusqu’à l’anartbrie ; elle parle lentement, avec
effort, d’une voix monotone et nasonnée, c’est tout.
Il est à voir maintenant si le cas ne se rapprocherait pas de la paralysie agitante
juvénile ou des syndromes parkinsoniens. Le tremblement des membres supérieurs,
les mouvements choréiformes du bras droit, le rire, la maigreur éloignent ce diagnostic,
mais il est un fait capital qui le rappelle aussitôt. L’anamnésie montre nettement que
les troubles moteurs et tous les autres symptômes se sont développés chez la malade
après une maladie fébrile avec somnolence, alors que sévissait une épidémie d’encé¬
phalite léthargique.
Aux hésitations du diagnostic entre maladie de Wilson dont la malade présente
luen des symptômes et celui de syndrome parkinsonien qu’imposerait l’étiologie
se superpose le problème autrement ' important qui est de savoir si l’encéphalite
léthargique peut avoir pour séquelle, en plus du syndrome parkinsonien, aussi la
maladie de Wilson.
L’observation de Vizioli présente donc le plus haut intérêt, tant en soi que par les
réflexions qu’elle suggère. Encéphalite léthargique chez une jeune fille; en suite de
quoi on voit se développer progressivement un syndrome complexe ressemblant étran¬
gement à la maladie de Wilson. Gei)cndant la cirrhose du foie manque, du moins
autant que l’on peut l’affirmer en l’absence de vérification, et la cirrhose du foie est
un élément nécessaire de la maladie de Wilson, malgré les cas sans cirrhose publiés.
Alors syndrome parkinsonien posteiicéphalitique ? Ce serait jouer sur les mots de
dire : « syndrome parkinsonien à forme de maladie de Wilson. »
F. Deleni.
Les Syndromes du Groupe Infundibulo-hypophysaire dans l’Encéphalite
épidémique, par J. Mouzon. Presse méd., n» 10, p. 113, 3 février 1923.
On ne saurait considérer comme exceptionnelle l’apparition de la polyurie, de
l’obésité, du syndrome adiposo-génital au cours de l’encéphalite. Certaines observa¬
tions paraissent établir des liens de parenté entre h^s phénoinènes observés et les
• syndromes hypophysaires » tels qu’on a appris à les connaître dans les tumeurs,
dans les kystes, dans les gommes de la loge pituitaire, dans les lésions osseuses de
la base du crâne, dans les corps étrangers de la selle turcique, dans certaines méningo-
cncéphalitcs syphilitiques de la base. Il jjaraît vraisemblable que ces symptômes tra¬
duisent l’extension des lésions encéphalitiques aux centres gris de la base du 3® ven¬
tricule. '
D’autre part, la possibilité d’une lésion de l’hypophyse dans l’encéphalite ne saurait
ôtro considérée comme invraisemblable. L’encéphalite touche les glandes salivaires
(Netter, Losné, Babonneix), elle peut aussi bien intéresser l’hypophyse ; cette glande
ast on relation anatomique des plus étroites avec les foyers de localisation élective
des lésions encéphalitiques. De fait, des aspects de tuméfaction trouble ont été re-
Irouvés dans des cellules de l’hypophyse, au cours de certaines autopsies d’encépha¬
lites (Salmon, Tucker, Lhermitte). Mais ces altérations se sont toujours montrées
Peu importantes, hors de proportion avec les désordres qui affectaient le tissu nerveux
(P- Marie et Trétiakoff, Marinesco, Lhermitte). Et jamais ni modification do la selle
turcique, ni hémianopsie, ni atrophie optique n’ont été constatées ; jamais non plus
^i 1 acromégalie, ni le gigantisme, ni les troubles do l’ossification des cartilages de con¬
jugaison n’ont été décrits parmi les conséquences de l’encéphalite. Les seul» symp-
•■dmes de la série hypophysaire (jui ont été notés, sont justement ceux qui ont pu être
ANALYSES
reproduits cxpérimeiitalemeul ]iar lésion du pjanciior du 3® vontricule, avec iulé-
grité de l’Iiypoidiyse. Enfin jamais la polyurie n’a été vue associée au syndruiiie
adiposo-génital, les sympLônies observés se iiré.scnlent isolés, et ils manifestent habi¬
tuellement um^ tendance à la régression lento, qui est celle des . troubles encéphali-
tiques, et qui contrastt^ avec la marche progressive <Jes lésions tumorahvs à localisa¬
tion hypo|jhysaire. E. E.
Diabète insipide et Troubles du caractère dans un cas d 'Encéphalite Epi
démique, par C. 1. UnECHiA et N. Husdea. Bull, et Mém. de lu Soc. Méd. dcf:
Jlôpilaiix de Paris, an 38, n” 31, p, 1492, 10 novemlns! 1922.
Par sa localisation sur les différentes régions du système nerveux, le virus encé]iha-
lil ii[ne a pu reproduire la majorité des synilromes neuropsychiatriqui^s. Le, diabète
insipide a été rencontré à plusieurs reprises et les troubles du caractère, si fréquents,
ouvrent de nouvelles perspectives anatomopsychologiqiies et médico-légales.
Dans le cas des auteni'S, il s’agit d’un (Uifant de 13 ans qui fait, en novembre 1919,
un mouvemi-nt fébrile de courte duré(! suivi de léthargie et dépression ; au bout de si.x
mois, la matadii' cliangea complètement d’a.s|iect ; cet entant dc^vint hypomaniaque
et son caractèro se trouva complètenumt jierturbé. Le diabèt(! insipide est a]i|iaru
au bout d’une année et demie, et il dure ilejà depuis 8 mois.
T.ès troubles du caractère auraient été diagnostiiiués au début comme manifes¬
tation d(i dégénérisscence ; il faut his considérer comme l’effet d’une poussée évolu¬
tive de i’encéphalite épidémique. E. I’.
Encéphalite léthargique à évolution prolongée avec recrudescence tardive
à Type Parkinsonien, par liATiiKtiY et CAMiiESsfiDfis. Bull. t:l Mém. de la Suc. méd.
fies Ilôpilnii.r ilc Idiris, t. 37, n” 21, p. 1001, 8 jinllet 1921.
Observation intéressante jiar l’évolution spéciale do la maladie et jiar l’existcmce
de certains signes.
L’évolution a piocédé en deux Unujis séparés par un stade inteonédiaire où la malade
a pu re|)rendre ses occupations et mimer à terme une grossesse normale. Puis, ajirès
dix mois de semi-gUérison, une nouvelle poussée s’est faite avec phénomènes |ier-
mel.tant de penser à une atteinte médullaire : troubles de la miction, e.xagération des
réflexes, clonus fin pied. Cette recrudescence s’est accompagnée de ptyalisme, de
mouvements cloniques et d’hyperglycoiTacliie. L’état [larkinsonien, ébauché aiqia-
ravaiit, a subi une aggravation manifeste avec, phénomènes de rétropulsion, tous ces
troubles mettant la malade dans un état actuel lamentable.
M. Aciiahd. Ce cas moidre ([ue la transmission placentaire de l’encélihalite léthar¬
gique dont ou connaît ((uelques cas cliniques, est inconstanté. D’autre jiart, il offre
l’exemphi d’une sialorrhée associée au syndrome parkinsonien. .M. Achard a vu
récemiuent une malade de cinquante ans atteinte d’un syndrome parkinsonien
eiieérdialitique datant de dix-huit mids et accompagné d’une sialorrhée gênante,
lîlle avait, en outre, un tremhlemimt menu, mtus nullement du tyjie parkinsonien.
E. K.
Forme Monobrachiale dans le Syndrome Parkinsonien postencéphalitique
fruste, par Piunnn Maiue et r.Auruiîi,i.i'; Lé;vY. Bull, el Mém. de la Suc. méd. des
llûpiluux de Paris, t. 37, n" 21, p, 1.0D1, 8 juillet 1921.
Dès leurs premières observations de syndrome parkinsonien postencéphalitique,
il a paru nécessaire aux autours d’en distinguer une forme fruste, avec tremblement
ANAL Y SES
Ï07
au n ivonu d’un l)ras. Depuis lors, ils ont examiné liuit autres cas de troubles parUin-
sonie.ns postencéljlialitiques frustes ou localisés, survenus de quelques joins à un an
après l’éiiisode primitif ; chez ces malades les manifestations parkinsoniennes géné¬
rales se réduisent à quelque fixité du refiard, à une raideur anormale de la jiartie supé¬
rieure du corps. Ce qui est caractéristique, c’est l’altitude du liras : raide, demi-fléclii,
collé au corps, aqité d’un tremblement global [dus ou moins ample, sans le mouvemiuit
classique des doigts.
Cotte al titude du 'bras, lorsqu’il existe, une participalion du membre inférieur, donni'
alors au malade un aspect de jietit hémiplégique, fl faut en effet ri'maripier que si
ilans 4 des cas, il s’agit de pliénomènes mimobrachiaux [lurs, dans les 4 autres il
exib'to une légère jiarticiiiation du membre inférieur aux trouilles moteurs ; dans ces
derniers cas, l’asymétrie faciale est fréquente, sans paralysie faciale vraie.
Tl n’oxistc d’aifleurs, dans aucun des huit cas, d’atteinte objectivement marquée
du faisceau pyramidal. Un seul a présenté le signe du )ieaucier ; dans aucun on n’a
trouvé (l’extension franche de l’orteil. Cependant, la force segmentaire est eh général
diminuée nu niveau du membre atteint, les réflexes tendineux y sont exaltés, et un
examen systématique de ce membre permet de constater des troubles moteurs localisés
d’ordre parkinsonien.
Ce sont :Ta raideur, -la leii'teur des mouvements, de petits mouvements des doigts
chez certains, un mouvement global du membre chez les autre.s.
Tïn ce qui concerne le tremblement, il y a lieu d’insiSt('r sur son aspect atypique,
sur sa recrudescence à l’occasion des mouvements, sans qu’il présente cependant aucun
des caractères du tremblement de la sclérose en plaques dit « intentionnel». L’hyiier-
tonie musculaire est mise facilement en -évidenco par la « résistance cireuse » et le phé¬
nomène de la roue dentée. Une fatigabilité musculaire spéciale jieut être mise en évi¬
dence par l’épreuve dos marionnettes, 4e lajiro et supination rapide, la main reposant
sur lu face antérieure de la cuisse, de la flexiou<it de l’e.xteiision alternatives des doigts.
Tl y a des troubles cuns'tants de l’éciàture i lenteur, tremblement, dimensions moindres
do l’écriture ; diflicullé d’écrire, pouvant aller jusqu’à l’inhibition complète par l’état
Cran, poïde rapide des muscles. Enfin les malades accus ;ut presque tous un état dé-
pre.ssif, de la tristesse, de r.insocmhilité, un besoin de silonce, cpde leur état justinc bien
,pon, mois non aussi intousémunt qu’ils île manifestent.
Quant à l’évolution de oes troubles, elle n’ost pas apparue jusqu’à présent pro-
eressivo.
M. SiCARD. Los malades deM. I>. Marie ot Dévy n’ont pas le tremblcnientcarac-
léristique du pouce et de l’index que l'on moto chez les parkinsoniens vrais.
Il y a lieu d’insister Sur ce signe de l’émiettement du pouce et de l’index, encore
dénommé : signe de roulement de la cigarette, signe dos ôcus, etc. ; lorsqu’il existe
dans sa modalité tyfiique, c'est un sym|itôme fatidique. Jamais ne rétrocède la marche
du syndrome parkinsonien vrai, ou du fiurkinsonisme post-mivraxitique chez les sujets
du signe de l’émiettement. Par contre, tant que ce symptù'me n’oxisto pas, on peut
cs|)érer l’arrêt du tremblement, son s'iatu qiw favorable, ou même son amélioration
ot sa guérison, comme M. .Sicard l’a noté dans trois cas. Chez ces trois sujets, anciens
névraxitiques, le tremblement de la main et des doigts était global, le pouce ot l'index
«’uBfrant nullement le rythme classique de « rémiettemeut » .
M. DU Massauy. Dans l’étiologie de la véritable maladie de Parkinson, ou du moins
de ce qiie nous a|ip('limis jadis la maladie de Parkinson, la sy]ihilis peut jouer un rôle.
Un malade syphilitique commeiieait un tabes ; il avait une réaction de Wassermann
'h't'le dans le Ihiiiide oéiihido-racliidien, quand apiiarureiit des symptômes parkin¬
soniens ; la maladie de Parkinson é'volun ensuite et se compléta [lendant quinze ans ;
168
ANLYSES
elle est actuellement typique ; on ne saurait admettre ici que la syphilis nest pas en
cause. Par contre, M. de Massary a recherché la syphilis chez plusieurs autres parkin¬
soniens, et cela en vain. Donc, si quelques maladies do Parkinson relèvent de la syphilis,
cotte cause reste exceptionnelle.
M. Souques a observé plusieurs cas de syndrome parkinsonien post-encéphalo
léthargique analogues à ceux de M. Pierre Marie et Lévy. Ces cas limités à un
membre sont superposables par leur caractère « monoplégiquc » à la paralysie agitante
la plus classique. Leur évolution est très importante à suivre ; elle dira avec quelle
fréquence ils peuvent régresser et guérir, et d’autre part avec quelle fréquence ils jicu-
vent aboutir à la maladie de Parkinson.
Dans deux cas sur seize de syndrome jiarkinsonien postencéiihalilique, M. Souques
a trouvé une réaction de Borde t-Wassermann jjositive dans le liquide céphalo-rachidien ;
dans ces deux cas, il n’y avait aucune, autre raison pour soupçonner l’existence de la
syphilis. Il ne faut pas nier la possibilité de l’origine syphilitique de la paralysie agi¬
tante, mais il est évident que la syphilis n’est pas une cause fréquente de la maladie
d(^ Parkinson. Chez vingt parkinsoniens classiques examinés par M. Souques, le liquide
céphalo-rachidien s’est toujours montré normal au point de vue des éléments cellu¬
laires (d de l’albumine ; chez tous, sauf chez un seul, la réaction do Bordet-Wassermann
a été négative dans le sang et dans le liquide céphalo-rachidien. E. F.
Syndrome de Parkinson postencéphalitique à forme monoplégique, par Sain-
TON et SCIIULMANN. Bull. el Mém. de la Soc. Méd. des Hôpitaux de Paris, t. 37,
n» 23, p. 983, P-' juillet 1921.
Le cas tire son intérêt de la difficulté du diagnostic et de l’extrCme discrétion des
signes d’encéphalite antécécienls. Les signes en ont été fugaci^s ; il a fallu les rechercher
avec soin. Cet homme d(î 37 ans se plaint uniquement du marupie d’habileté de son
bras droit, qui l’empôche d’exercer son métier de ciseleur. On trouve ; une main froide
cyanosée, malhabile, incaiiable do faire un acte un peu [irécis ; le sens des mouvenumls
est bien conservé ; il n’y a pas d’hypermétrii^ nette ni de dysmétricq mais (ie l’adiado-
cocinésie ; pas de catatonie, mais de rhypertroplii(î nettement observable par les
manœuvres habituelles. La préhension se fuit d’une manière un peu brusque.
L’atigalDilitè assez rapide du bras droit ; lorsqu'on le met en hyperextension on voit
assez vite apparaître un frémissement musculaire au niveau dos nusclcs do la loge
postérieure.
Un fait également important au diagnostic est la perte des mouvements automati-
(pies, le bras droit reste ballant dans la marche un peu rapide, tandis que le bras
gauclu^ suit son impulsion habituelle.
L’écriture est assez difficile, elle n’est point heurtée et irrégulière comme c..lle des
cérébolleu.x, mais tend à devenir line, les lettres décroissent rapidement do grandeur.
La parole est normale, habituellement nasonné(!, elle devient plus embarrassée quand
le malade s’énerve.
L’examen plus attentif du sujet montre encore quelques signes do la série parkin¬
sonienne : le faciès est légèrement figé et les yeu.x semblent i)lus immobiles qu’il n’est
coutume ; il y a un tremblermmt rapid(^ des paupières lorsqu’on les tait abaisser, mais
pas de tremblement à la mi-ouverture de la bouche. On note encore uiui légère déviation
de, ia commissiin! labiale viu's la droite.
Il s’agit d’une forme unilatérale et monoplégiquc du syndrome parkinsonhm,
M. .Souques. Le cas de M.M. Sainlon et Schulmann est très inlériissant, mais jjaralt
fruste comme syndrome parkinsonien. M. SoiKjues a vu plusieurs cas de syndrome
parkinsonien poslencéplialili(iue limités pendant de longs mois, et môme pendant plus
ANAL YSES
169
d’un an, à un seul membre. Ces cas ont été rapportés par M. Ernst dans sa thèse ré¬
cente.
Quant au tremblement des paupières, on le rencontre chez beaucoup do sujets
normaux.
M. Netter. MM. Sainton et Schulrnann attachent, avec raison, pour le diagnostic
d’encéphalite chez leur malade, une grande importance à l’apparition tardive d’une
somnolence prolongée. M. Netter a vu doux cas de ce genre ; dans l’un la somnolence
s’est manifestée cinq ans après le début ; dans l’autre un an. Habituellement la som¬
nolence est précoce, ce qui tient à l’affinité toute particulière des virus pour la substance
grise do la région pédonculairo ; mais on sait que le virus peut se fixer sur les points
les plus variés des centres nerveux et on no saurait être surpris que la localisation qui
tient sous sa dépendance la léthargie manque ou soit tardive chez divers malades.
E. F.
DYSTROPHIES
Spinabiüda, par A. Michel. Marseille méd., p. 930-937, 15 octobre 1921.
Apparition vers l’âge de 6-7 ans d’ulcérations trophiques, à siège surtout calca-
néen, trophœdème dos deux membres inférieurs, prédominant à droite. Abolition
des réflexes achilléens et hypoesthésie des extrémités. Ce n’est qu’à l’âge de 2 ans que
Ces troubles furent rattachés au spina bifida, caractérisé cependant depuis la naissance
par une tuméfaction lombaire ; déhiscence des 4-5 lombaires et de la partie supérieure
du sacrum à la radiographie. H. II.
Absence congénitale unilatérale du Petit Pectoral et de la partie inférieur»
du Grand Pectoral, par H. Roger. Marseille méd., p. 938-944, 15 octobre 1920.
Cette anomalie musculaire, relativement rare (71 cas), ne serait pour les uns qu’un
arrêt do développement rappelant une disposition musculaire normale chez certains
singes. Pour d’autres, elle seéait due soit à une infection intra-utérine, soit à l’appli¬
cation du poing du fœtus contre la paroi costale (cas accompagnés d’aplasies cos¬
tales et de malformation de la main).
Se rapprochant de l’opinion de Widal et Lemierre qui en font un stigmate de dégé¬
nérescence, l’autour se demande s’il ne s’agissait pas, dans son cas, d’hérédodystrophio
niusculaire peut-être par hérédosyphilis ; une sœur paralysée des quatre membres
depuis l’âge de 12 ans (myopathie ?), épilepsie tardive du père et fausses couches
«ie la mère. H. R.
Atrophie musculaire myélopathique de l’adolescence à type Charcot-Marie.
par H. Roger et G. Aymès. Marseille méd., p. 875-881, R-- octobre, 1921.
Amyotrophie élective des extrémités, prédominant aux membres inférieurs (jambes
de coq) avec exagération des réflexes et Babinski, apparu au cours de la convales¬
cence d’une fièvre typhoïde, et ayant entraîné des rétractions tendineuses incomplè¬
tement corrigées par une double ténotomie achillôenno. Pas d’antécédents héréditaires,
*Pais pied creux congénital qui existerait également chez le père h. R.
Roger (H.) et Aymès (G.) Mijopaihie alrnphique d prédominance peluienne et scapu¬
laire, avec pseudoliyperlrophie des mollets (Marseille méd., p. 881-883, H'' août 1921). —
Myopathie classique, quoique non héréditaire chez un jeune réformé de guerre : cette
affection, peu grave avant la guerre, paraît avoir progressé pendant la mobilisation
tl'd a duré 2 ans et demi. Suivant la loi dos pensions, elle doit être indemnisée à un
taux éievô, ([uoiqu’elle ait débuté â l’âge de 16 ans.
>17(1)
ANAL Y S ES
Aymèr ('X Hiinovi-hxcHAvs.. Alijupittinc combinée à prédominance scapulo-hiimérale
cl peluilémorale avec dunble (Marsiùllo nii!(l.,p. H8H-888, 1 oclobro 19il). — ■
Atrof)!!!!! iniisculuii'd à loculisulioiis iniiHi|)les «(tirtliiiiaiit Iok typoK scapiiloJlimnôral
d’Erb, l(inib()-p('lvif(''ni()rul ili> HiiyMiiind id, Guillaii), psciiibdiypcrlriipliiqiia da JJiichenne
at Lypa da Gowars (airupliia das hilarossaux da lu main). L’absauaa (la aoubrac-Uons
l'ibrillab'as, l’inbégrilé des l'ùl'lcxati, las modilicalions piiraniaid. tpiaiiLHabivas des l'oac-
biniis àlaalriqnas ponnublanl da ralLaatiai- ca cas à niic myo|)aUiia. La piu'LiouIai'it.6
dn cas l'twida dans un éqniiiisina bilat.ài-al dùbiiLo à l’àga da 11 an.s. Pas d’hùrodila
siinilaii'e. H. IL
Maladie de Recklinghausen. Neurofibromatose multiple à localisations péri¬
phériques et centrales, paa 11. Hogeh, Aymks al lUinouL-LAcnAUX. Marseille
rnéd., p. 865-871, 1" oclobra 1921.
Ca cas, observa olia/, nnviaillard (CiBans), asl intérassanb: pur l’inbansilédn syndroma
asthcniciiia ab amyobrophiifiia (nialaila squ(did,bi([na ; iina aidériosOléresa, inUtntia, uorta,
pavua da plaquas calcaires, datant da la pramicra ànfanca alors que les autres trou¬
bles anndent i>u également intarvanir dans la caCliexia tarniinala) ; — par lu sur¬
dité et la kératite inmroiiaralytique bilutéruii; ; — par l’association .irun syndrome
méningé avec liypotension du L. C.-lt. (8 au manométi’a de Claude, 3. après soustrac¬
tion do 10 cc.), légère leucocytose (9 lynqilio par mnic.)ct byporalbumino.so, d'origine
spécifique (B.-W. du sang et du L. C.-li.).
Au point de vue anatoinicpie, signalons connue particularités : les nourofibromes
éclielonnés en oliapidat sur les pliréniipies (sans troublas re8[nratoires, ni diaplii’ag-
niatiqnes), le caractère ribromy.xomate.ux de la tmnaur prélevée sur le radial, les alté-
ratirms marquées des glaiiflas endocrines, pour lesquelles il faut peut-être faire inter¬
venir la ])rooessits de sclérose vasculaii'e. II. H.
Un cas de Neurofibromatose, par Weill et Sauvan. Corn/li! Aléd.desMnuches-du-
lihûne, 13 janvier 192.2, Marseille iVZ«d.,ip. 218-220, 1922.
•Cas fruste de tumeurs indolores sons-outunées et iiibrninuHCUlaircs, qui, uu.poiiiLdle
vue, histologique, sont des fibromes simples : une seule tumeur sus-orbitaire doulou-
rouse vraisemblablement par compression du itronc nerveux. Pas do tumeur sur le
trajet dos nerfs iiii de ilésions cbrouitnios cutanées. H. R.
Rhumatisme chronique déformant de l’enlance, par 11. lioGiai et Laplame.
Marseille méd.,\i. 817-83.3, 15 safitembre 1921.
lihumatisnKï déformant et ankylosant |)articulière,inant accentué au.x grandes
articulations dos inendires inférieurs et rendunt iiifinne le jeune .malade âgé de 15
ans : début progressif à l'ége diï 3 ans etulend pur une aétdirite de la liuuolie paraissant
avoir réalisé le ta! leau cliniipie de rostéourthrite ou de l’ostoochondritc déformante
juvénile.
Las autours, après avoir éliminé las théories putlmgéniqucs uricémiqua, .endocri¬
nienne, nerveuse, gonococci(iU(>, tube.rculeuse, se demandent si dans leur cas il ne faut
pas faire jouer un rôle à l’hérédosyphilis : quelques stigmates dystiaqjhicpies, .liordet-
Wassermann i)artiallement [lositif chez la. fils, inégalité pu|)illaii'e chez la mère,
suicide du père après une période de dépression ne.i'veus(! mal définie. II. R.
Géants et Nains avec une contribution à l'étude des troubles de développement
.corporel similaires, pur .Am itEi) tliuoN (de Bfde). ^lre/i«w;.s Suisses de Neural, cl
lie Psjicliialrie, I. 9, fasc. 2,'et 1 . 19, fuse. 1, 1922.
Discussion sur ipielqnes points. P^résentid ion (.l'un géant (231 cm.) el de quelques
ANALYSES
171
nains. T^ddy Bobs, le géant en question, est un géant du type acromégale pur. Cypho.s-
colioBc, Sy-tènac pileux r'jdiiil. Organes génitaux, thyrefi de normaux.
G. voudrait ajouter aux types de nanisme décrûs jusqu’ici par les auteurs aile n'ands
(uanisii o vrai ou congérital. nanisme de croissance : u) pituitaire ; b) dysi>lastique). un
lype nouveau qu’il l)aptisf nanosomia cer ibralis, caractérisé Jiar de graves défectuosités
PsycJiiqiK^s et (lar d ;s symptômes de lésions cérébi-ales organiques (Hypoplasie, etc.).
Bibliographie abondanle. W. Bovux.
Contractures et Ankylosés multiples, congénitales, avec Achondroplasie.
Contribution^ la théorie amniogène de l’Aohondropl asie, jïar G. Popovicui
(en roumain). Clujiil medical, n“ 1 i, 19’21.
A retenir, ontn! autres particularités du cas, (jin^ la longueur du tronc était aug¬
mentée non seulement d’une façon relative mais aussi absolue.
B’auteur est d’avis que sou cas, qu’il rapproclie de ceux de, Stoffel et de Tiibby,
parle pour la théorie de l’origine par pression intraamniolique de l’achondriqjlasie.
G. -J. Parhon.
'Quelques réflexions sur un cas d’Atrophie musculaire type Charcot Marie,
par Em.Savini et .M"» M. .StJj:fanksgo. Bn//. eZ Mérn. de la Sac.de Neurul., PsyrJiialr.,
Psychol. cl Endiicrinidagie de Jassy, l. 4, n" 1-2, 1922.
Amyotrophie Gharcot-Marie chez un malad(ï âgé de 2(1 ans. Son frère est atteint
(^•’uiK! maladie S(miblable. Ghez les deux fr((res, le typhus exanthématique semble
avoir ou sa part tlmis Papiiarition de l’atrophie musculaire. Pour les auteurs, cette
infection aurait (Ui même un rôle étiologique indubitable. La constitution hypnlliv-
Poïdienii,. ,lu malade senible avoir joué !(■ rôle de facteur prédisposant.
A retenir encore l’atteinte i)rofonde des membres sujiérieurs, des troubles de la
sensibilité objective aux membres inférieurs ainsi qiu; la présence de l’éosinophilie
(l')%). G.-J. Pariion.
ÉPILEPSIE
Myoclonie provoquée chez le cobaye par injection de Sérum d 'Epileptiques,
par Ph. Pagniisz, J. .AIouzon et ’I’uiipin. .Sac. de Eioloyie, 10 décembre 1921.
La production d’accidents convulsifs généralisés suivis de mort Zi la suite des
■ajections intracardia([iie,s de sérum d’é|>ileptiiiue.s est assez rare.
Bar contre, on voit survenir, d’une façon fréquente, après les injections intracar-
•Jiaijues, presque coustamneuil. aiu'ès les injections iulracarotidieunos (.‘i fois sur
y expériences), des secousses rnyocloniqnos du tronc et de la tète, sans rytiimicité
>'égulière et se groupant lui série. Ges secousses, iiarfois très violentes, p(Uiveiit per*
mslor [Kindant plusieurs heures ; idles ne durent liabituolloment |)as plus de trente
miuuti's. Elles sont le fait de l’injection d(^ sérum frais iPépile.pliques et ne se pro-
■‘luiscjit pas après l’injection de sérum chauffé à 58“.
Semblable propriété du sérum n’a pas été retrouvée par les auteurs chez des indi-
''idus normaux, des malades atteints d’asystolie, d’urémie, de jiaralysie générale.
Ises lechorches en cours diront si cd,le projiriété du sérum est absolnraeul spéciale
l’épilepsie et quel est son dogré d(’ constance ilans li^s iliftérentes variétés de cette
bialadio. E. K.
172
ANAL YSES
Crise Comitiale survenue pendant l’Application de l’Oscillomètre de Pachon,
par Laignel-Lavastine et Logre. Soc. de Psychiatrie, 20 novembre 1919. L’En¬
céphale, p. 415, décembre 1919.
Il s’agit d’un homme de cinquante-quatre ans, cérébro-scléreux, atteint de troubles
psychiques (affaiblissement intellectuel léger, asthénie, découragement, tentative
récente de défénestration) et de troubles moteurs (hémiparésie gauche spasmodique).
Cet ensembic clinique imposait la recherclie de la tension artérielle. L’oscillomètre
de Pachon, adapté au poignet droit, marque d’abord comme, tension maxima 24.
Mais brusquement 1 aiguille tomba vers U. En même temps, le malade, qui avait paru
vivement impressionné par l’application du spiiygmomanomètre, pûlissait ; sa tôte
s’affaissa, ses yeux se voilèrent, sa conscience s’obnubila. Puis, le côté gauche, côté
paralysé, s’agita de mouvements convulsifs, qui tendirent à se généraliser, presque aus¬
sitôt, du côté droit. Enlin, après une minute ou deux, le malade se réveillait obtus, se
rappelant mal la période précédente, et il accusa une hémianopsie bilatérale homo¬
nyme gaucho très transitoire.
Les auteurs venaient d’assister, sous le contrôle du Paclion, à une crise comitiale,
nettement hypotensive à son début.
Cette observation vient à i’ajjpui de la tlièse récemment soutenue par M. Hartcnberg
sur l’importance des phénomènes il’inhibition dans la genèse des accès comitiaux. Il
faut insister ici sur le caractère initial de la chute do la tension artérielle par rapport
au reste des symptômes ; c’est elle qui a donné le signal des accidents comitiaux ; elle
a coïncidé avec le début de la pâleur et, surtout, elle a nettement précédé l’apparition
des mouvements convulsifs.
En présence d(! cette crise comitiale, précédée de la chute dj la pression artérielle,
ou est conduit à admettre la possibilité de l’origine cardio-artérielle des accidents,
sous l’influence de l’émotion |)rovoquée par l’application de l’oscillomètre, cliez un
sujet atteint à la fois de sensiblerie émotive, et di? myocardite ancienne. Cette crise
comitiale |ieut, à (piehiues égards, Ctn; rapprochée dus accès épileptiques attribués
classiquement à la claudication cardio-vasculaire, entraînant l’ischémie passagère
des centres nerveux comme dans le syndrome de Stokes-Adarns, ou dans certains cas
d’insuffisance aortique. La brusque dépression de la tension artérielle encéphalique,
commune à ces formes particulières d’épilepsie cardiaque, est susceptible de réaliser
une iniubition cérébrale épileptogène, assez analogue h colle quj produit expérimenta-
leiiKuit la compression bilatérale des carotides.
.\ signaler enfin la réponse inégale des deux hémisphènîs inégalement touchés par
la maladie à c(! dérobement circulatoire passager ; d’oi'i prédominance convidsive et
hémianopsie homonyme gauches, en rapport avec la méio|)ragi(! lésionnelle du cerveau
,M. Henry Meige. Ce n’est pas une notion nouvelle que les accidents épileptiques
sont étroitement liés ù des i)erturbatiüns vasculaires : les changements de coloration
avant, pendant, et après les crises, ont été notés do longue date. Les traumatismes
cranio-encéphaliques, si nombreux pendant la guerre, ont apporté desi)reuves nouvelles
et piirticuliereimmt convaincantes des variations d(î l’irrigation sanguine intracrâ¬
nienne chez les épileptiques, lieiiry Meige et Béhague ont attiré l’attention sur les cas
assez fréquents do turgescence des brèches crâniennes à l’approche dos crises comi¬
tiales ; nombre do blessés sont avertis de l’immimmce de hmrs crises par une sensa¬
tion de tension douloureuse de leur cicatrice qui, souvent môme, fait une hernie ap|)a-
rentc à ces monamts-là, tandis (pie, dans les intervalles, elle reste plus ou moins pro¬
fondément déprimée. (Irâce à cet avertissement, certains blessés parviennent môme
à faire avorter leurs crises en absorbant aussitôt une dose de bromure.
ANALYSES
173
Dans les épilepsies non traumatiques qui, cliniquement, se traduisent par des mani¬
festations convulsives ou dos équivalents identiques, il est infiniment vraisemblable
que les crises sont commandées également par des modifications de la pression san¬
guine.
Si la cause première de ces désordres vasculaires échappe encore, du moins peut-on
supposer l’intervention des centres sympathiques intracrâniens.
M. Hartenberg. Ce cas vient à l’appui de la thèse qui affirme le rôle pri¬
mordial des phénomènes d’inhibition dans la pathogènie des accidents épileptiques.
En effet, les auteurs ont été jusqu’à présent comme fascinés par les troubles moteurs
<lu mal comitial et ont trop négligé les autres. Or, l’évolution de la maladie comme
i 'analyse des symptômes cliniques montrent que les processus d’inhibition corticale
sont de beaucoup les plus fréquents et les plus précoces. Ce sont eux qui constituent
les phénomènes essentiels do l’épilepsie et c’est par leur observation minutieuse
<ïu’on arrivera à éclairer la pathogénie do la névrose et peut-être à trouver sa théra¬
peutique rationnelle. Feindel.
Amantea (G.). Epilepsie expérimenlale par excitations afférentes (Policlinico, sez.
med., t. 27, n» 12, p. 462, déc. 1920). — Détermination de convuK-^ions par des exci¬
tations cutanées chez des chiens aux centres corticaux strychnisés au préalable ; la
méthode permet de préciser la localisation des centres moteurs.
Amantea (G.). Sur qucUiucs facteurs de l’Epilepsie expérimenlale intervenant aussi
dans l'Epilepsie humaine (Zacchia, t. 1, n» 1, p. 8-14 ; mai-juin 1921). — Certains chiens
(25 %) ont une excitabilité corticale particulièrement élevée ; si, chez eux, on procède
à la strychninisation d’un contre sensitivo-moteur déterminé, l’excitation de la zone
‘l’hyperesthésie périphérique no donne pas lieu, comme chez les autres chiens, à des
contractions localisées du groupe musculaire correspondant, mais à une crise d’epi-
lopsie généralisée ; c’est do l’épilepsie réflexe expérimentale. On ne peut transformer
bi par la strychninisation générale, ni par le réchauffement de leur cerveau, les 75 %
‘le chiens à cxcifabilité corticale faible on chiens à excitabilité corticale forte. Celle-ci,
inconstante, pouvant être dite aussi aptitude convulsive, apparaît comme une chose
complexe. Une inconstance du même genre s’observe dans la pro(ÿiction de l’épilepsie
‘le Brown-Séquard. Ainsi, seulement certains chiens et certains cobayes, et non tous,
sont aptes à présenter l’épilopsic réflexe ; ils y sont prédisposés ; d’autres chiens et
‘l 'autres cobayes sont exempts de cette prédisposition, et ceci montre déjà que tous les
animaux d’une même espèce ne sont pas des mécanismes physiologiques identiques.
Comme on est trop porté à le croire. On voit donc que trois conditions sont nécessaires
H la réalisation do l’épilepsie réflexe : la prédisposition, l’exaltation do l’excitabilité
corticale (strychninisation d’un contre sensitivo-moteur) etl’cxcitation périphérique,
l'ar décalage, la notion de l’épilepsie expérimentale du chien devient la théorie réflexe
•le l’épilepsie chez l’homme: l’épilepsie de l’homme est une épilepsie réflexe, avec les
trois mômes conditions nécessaires. La théorie de répilopsic réflexe chez l’homme
semble d’autant plus Ju.stifiée qu’on l’absence do prédisposition on n’observe pas, chez
hombro do blessés du cerveau, des convulsions généralisées, mais des crises jakso-
diennes ; commr au laboratoire les doux dernières conditions, exaltation de l’cxcita-
Eilitô corticale (blessure ou strychninisation des centres) et excitation périphérique
‘léterminont des spasmes localisés chez les non-prédisposés.
Lumière (Aug.). Le Mécanisme des Auidenls provoqués par l’Injeelion de Sérum
‘^'Epileptique (Académie des Sciences, 27 décembre 1921). — Le sérum de certains
•épileptiques, injecté par voies intracardiaques à des cobayes, peut déterminer des acci-
‘Icnts convulsifs susceptibles d’entraîner la mort de ces animaux. La cause détermi-
174
ANAL YSES
luinte ilp cfs crises comitiales doit vpaisorublal)lemerU être rapportée à l’excitation
dos centres par des tlocutats.
SXLMON (Alberto). Crim-s liiiileptiqucn (l'oriiiinc t'iidoi'rinc cl crises lipilcfjliques
d’origine corlimle, élude de leur mécanisme (Studium, t. 1 1, n" 3, l'jai). -- Les syndrome
épileptique, ((uellc ([ue soit son origine, se trouve déclanché par une hypersécrétion
do liquide céphalo-rachidien. h. F.
Une singulière constatation histopathologique dans un cas d’idiotie avec
Epilepsie, par iiiNO de Albertis. Hiuislu ikd. de Neurupal., Psirh. ed Elle.lroler.,
vol. Xll, ru.sc.9, p. 273-2«(i, »(!ptenibre 1919.
I/étudo liistopalliologitpaî du cei-ve.au d’iiiK? idiote épileptique a conduit Fauteur
à la découverte d’une lésion singulière pouvant exfiliquer à la fois t’épilepsio et l’idiotie
dont la petite mahnie était atteinte. Il s’agit d’une altération cellulaire constatable
dans toutes l’écorce, mais surtout abondantes dans les deuxième (d, troisième coucIk'S
corticales des lobes frontaux et pariétaux. Les cellules altérées se présenUmt comme
ayant subi une dégénération hyaline totale di‘ leur protoplasma ; la forme générale
d.’astrucytes est cependant conservée ; le noyau, mal colorable, se distingue encore.
Les raïqiorts des cellules hyalines avec les cellules nerveuses conlirrnent leur origine
névroglique.
La dégènération hyaline des cellules altérées n’a ram de commun avec les corps
amylacés, ni avec les gouttelettes hyaloïdes décrites dans le système nerveux central.
Les cellules hyalines .sont également absolument différentes des élénamts névrogliques
anormaux de la sclérose tubéreuse ou de certaines épilepsies avec démence, à plus
forte raison des éléimmts nerveux anormaux de l’idiotie de Tay-Sachs.
OVest la première fois tpie se trouve rapportée une constatation hislopathologique
de cette sorte. F’. Deleni.
L’Epilepsie Cardiaque, parCI. Oddo et Lu. .Mattf.i, Gazelle dés Hôpilauj-, bu 92,
n“" (14 et (1(1, 25 et 3(1 octobre 1919.
Il est des manifestations épileiili<pies subordonnées à des cardiopathies; elles sont
conditioiinées par des troubles circ(datoires, par Finfluenc(î réflexe, surtout par des
actions toxhiucs.
(l(‘tte épilepsie cardia(l([e peut s'observer dans des cas très variés île maladie ou
lésion du Cieiir ; elle est favoiisée par une. atteinte antérieure du cerveau, par un fac¬
teur rénal, par l’hérédité uévi’opatliique ; c'est une épilepsie tardive.
Les auteurs en font la description nasologique en se basant sur un certain nomlJte
d’observations dont une pi'rsonnelle, caractéristique ; elle concerne ou vieil aorliquè ;
il lit sa première crise à 5S ans, et il les répète toutes les fois que la fatigue ou uu écart
de régime déclanche l’asystolie. E. F.
Un cas d 'Epilepsie jacksohienne, par VValteh Piagcio (Iarzon. Anales delà Eaciitlad
de Medicina de Alonlerideo, t. 4, fasc. 9-1(1, p. 092-(197, siqdi'mbre-octobre 1919.
Homme do 2H ans ; début à 12 ans ; les crises, d’abord rares, sont devenues peu
à peu plus fréipientes et mainlenaiit elles sont subintraiites par périodes ; elles dé¬
butent pur une sensation épigastrique, intéressant les deux membres du côté gauche,
ne s'accomtiagnent pas d’une perle complète de. la connaissance, etiaissent après elle»
une hémiph'gie gauche transitoiie. Guérison aiqiareute par le tiadleuK-nt mercuriel.
F. Deleni.
ANAL Y SES
175
UiM-usSART (P.). Craninlomie cl Epilepsie (Bull, (io la Soc. clin, (le Méd. Mentale,
1. 15, n” 2, ]). 42, f(H'ricr 1922). — Dans cette observation, qui paraissait ])oiirtant le
cas type favorable à iin essai d’intervention chiriirfjicale, celle-ci n’a en ancnn iTsnllat
lieuronx sur l’(>volntion d’une ('(pilcpsie traumatique ; cette 6pilepsic a suivi une marche
topographiquement extensive, sans toutefois que l’acte chirurgical paraisse avoir
contriluié à son aggravation.
Mabie (Aug.). Cranivlumic cl Epilepsie (Bull, de la Soc. clin, de Méd. Mentale, t. 15,
2, p. 38, fôv. 1922). — Série do cas montrant que la craniotomie peut donner des
r6.sultats encourageants, au moins pour l’épilepsie, car les troubles mentaux d’arrié¬
ration subsistent. E. F.
Epilepsie et Paralysie générale, |iar L. Makciiand. /’rc.v.sc Méd., n“ ll,i). 121,
7 février 1923.
Des rapports de l’épilepsie, et de la paralysie générale peuvent prf'senter différentes
'Uodalilés, suivant que la méningo-encéphalite diffuse subaiguë apparaît chez un
’^'tiet atteint d'épihqisie ((sseiitielhq d’épilejisie syphiliti([ue secondaire, d’épilepsie
sypluliti([ia' t(u-tiaire, d’épihqisie hérédo-syphilil i([)U‘. Il est quelquefois difflcil(f de
différencier les crises de l’épilepsie dile esseiilielle des atta([ues épileptiforincB qui
■Harquent le début d»! la paralysie géiiérak avant l'apparition d(}S symptômes
psychiques et somatiques. Parfois, c’est l'épilepsie (pii simule la paralysie générale,
<ln’il s’agisse d’un' syndrome paralytiipie fugace posl-paroxystique, d’un sjmdroiue
paralytique permanent, d’une dénumee ('qiileptique à forme de pseudo-paralysie
générale.
Bas commémoratifs, l’évolution de l’affection, les caraclères des crises convulsives,
•es modifications du liquide céplialo-racliidien permetiront dans la plupart des cas
d’établir un diagnostic lu'écis. E. F.
OUVRAGES REÇUS ^
j^^^^^P'VvisTTA. e IwEHNizi, Il roaiinisino. Holl. délia Soc. med.-cliir. di Pavia,
Rriîmku (Frédéric), Polijradicalile avec roagulalion massive sponlanée rl
^onlhochromic du liquide téphalo-rachidicn. .J. de Neurologie, 1920, n° 3.
Bhkimp.h (Frédéric), Le ini/oqramine du réfle.fe rolulien ; eomposanles clo-
'^^gue ci ionique. C. fi. Soc. liiologie, 4 déc. I92U, I. S.’j, ]). I .504.
IdauMiiu (Frédéric), lllobal aphasia and bilnleial apva.na due lo endollie-
l'Oma rnnipre.ssinq llie qqrus supramarqinalis. Arcli. of N'eurology a Psy-
cliialry, juin 1921, |). 00;i. ’ '
Bhemur (Frédéric), Conlribnlion à Vtdude de la physioloqie du ccruelel. La
mneiion inhibitrice du paléo-ccrebellnm. (1 il. Soc. Biologie, Réunion Belge,
4.) avril 192’2, l. 80, |t. 9.55.
f'AM.KiAnis (Giu.seppe), I nuovi lipi di aneslesia nelle lesioni corlicali
Ponline. Biv. di NeiiropaLologia, l’sicliial . e l’ilellr., 1921, fasc. 3.
Cai.f.kiauis (( ’iinsejjpe), La fiinzinne slenira e la maiallia di Evb-(ioidjlam.
^ oHcinico, sevz. med., i9’22.
^^au.ioaius (tiiusei)])e), l rrflessi nelle lesioni de! sisUma inolovio eiiru-
P^i’dinidale. Policlinico,^scz. med., 19’22.
176
OVVRAGES REÇUS
C\NT\LOVBîi {P.), S ijndro me de rhérnicalolle bulbaire droite inférieure dans
un cas de néuraxile épidémique. Paris méd., li)22.
Cantaloude (P.), Un cas de névraxile épidémique grave à manifestai ions
multiples et prolongées. Annales de médecine, l. 11, n” 4, avril 1922.
Cantaloubk (P.), Un cas de paralysie lolale du regard dans la névraxile
épidémique. Journal des Praticiens, 21 avril 1923.
Caussaoe, Lévy-Franckel et J ester, Acanlhosis nigricans, syphilis
probable. Palhogénie de la pigmenlation cl de la dystrophie pilaire. Bull, et
Méin. de la Soc. méd. des Hôpitaux de Paris, 20 oct. 1922.
Cazzamallt (Ferdinando), Il valore diagnoslico dello slenomelro di Paul
Joire. Rivista di Psicolofîia, t. 9, n" 6, 1913.
Cazzamali.i (Ferdinando), lUcerche su una nuova reazione biologico-dia-
gnoslica délia paralisi progressiva. G. di Psichiatria clin, e Tecnica mani-
comiale, 1914, fasc. 1-2.
Cazzamalli (Ferdinando), Conlribulo allô sludlo délia sugge.stibilila dei
sani e dei malali di mente. Il Manicomio, Archivio di Psichiatria e Scienze
affini, 191.'3, l'asc. 1.
Gazzamali (Ferdinando), Sludi silla etiologia delta pellagra, nota IV.
Tipog. dei Manicomio, Nocera inferiore, 1916.
Cazamalli (Ferdinando), Il delirio sensoriale di guerra. Rivista speri-
mentale di freniatria, 1919, fasc. 1-2.
Cazzamalli (I'"erdinando), Traumalismi cranici e perlurbamenti psichici.
Annali di Nevrologia, 1919, n°“ 1-2-3.
Cazzamalli (Ferdinando), La guerra corne avvenimenlo ' slorico degenero-
geno. Antropologia criminale, Psichiatria e Medicina legale, 1919, fasc. 3-4.
Cazzamalli (Ferdinando), Guerra, f allia e degenerazione. Soc. edit. Avanti,
Milan 1921.
Cazzamri.i.i (Ferdinando), Per un radicale rinnovamenlo delta assislenza
psichialrica in Ilalia. Discorso i)ronunciato alla Caméra dei Deputati nella
tornata dei 27 luglio 1921. Tyj). Carn. Dep., Roura 1921.
Cazzamalli (Ferdinando), Per la lolla conlro gli « slupefacenli ». Discorso
pronunciato alla Carnera dei Dejiutati nella 1“ tornata dei 10 febhraio 1923.
Tij). C.am. Dep., Rome 1923.
fAippoi.A (Alfredo), Sulla Iricolillomanla, nota di psicopalologia clinica.
Rivista di Patol. nervosa e mentale, t. 27, fasc. 9-10, sept. -oct. 1922.
CoppoLA (Alfredo), Sui rapporli Ira spirochète e vasi délia corleccia céré¬
brale nella paralisi progressiva. Ciornale délia R. Accad. di Med. di Torino,
juillet 1922.
(ioppoi.A (Alfredo), Sui rapporli Ira spirochele e vasi délia corleccia céré¬
brale nella paralisi progressiva. C. délia R. Accadernia di Med. di Torino,
t. 85, fasc. 7 , 1922.
Coppoi.A (Alfredo), Bicerche suite spirochele nella paralisi progressiva.
Conlribulo alV éliopalogenesi délia neurosifilide. Rivista di Patol. nervosa e
mentale, t. 27, fasc. 1-4, janv. -avril 1922.
CoppoLA (Alfredo), Nel cenlenario délia lesi di Bayle. Le spirochele nel cer-
vello dei paralilici. LTllustrazione medica italiana, t. 4, n®" 4-5, mars-avril
1922.
Crémieux (Albert), Considérations sur V hypotension du liquide céphalo¬
rachidien. Thé.se de Monipellier, 1922.
CvRiAX (Fdgar h'.). On the. afler-lrealmenl of fractures of cervical vcrlebræ
ivilh merano-lhe.rapeulics. Practitioner, aoflt 1922.
Le Gérant : J. CAROUJAT
Poilier». — Société française d'imprimerie.
Tome II. N° 3
Septembre 1923
REVUE NEUROLOGIQUE
MÉMOIRES ORIGINAUX
NEUROLOGIE
I
ÉTUDES DE CYTOARCHITECTONIE
MÉDULLAIRE
MM. Ivan BERTRAND et Luclo VAN BOGAERT
Travail du Laboratoire de la Clinique des Maladies Nerveuses à la Salpêtrière
(Service du Professeur PiEimE-MAiin:)
La topographie (les eelluh^s piolrictts d<; la ïnoelhî a été l’objet dctr.avaux
si nombrtitix, qtttt la reprise d’utie tptestioii aussi fouillée jtourrait sem¬
bler d’uii iutértU métlioerte. Dans les tr.iil és classi<pi(!s,l^s noyaux mol eurs,
lUstUmtuit et symétri([uemerd, systématisés tm eolotines, doimeiil Hiiujtres-
sion qutî la cytoarediitteetoiiie médttllaire; es! une (puesliou résolut' t't clost'.
Toutefois, à e.otifroiiter b'S tbéorit's émises sur ht valeur physiologique
de leurs groupements (it dttvanl. huir diversité, on en vitmi- à se dematider
comment une topographie aussi .sehémal.ique est susceptible de contro¬
verses. Bien plus, l’étude atl-entive des argumenl-s anatomiques des diffé¬
rentes écoles trahit dtts divergences portant non st'uhtmetit sur la signi¬
fication (hts groupemttnts cellulaires, mais aussi sur leur topograithie. La
Lerminologie pat ticulière dtt chaqtte auleur ajoute emvortt aux dillicullés.
En présttnee de ces divergtiiictts, nous avons ttssayé, dans des rechtirches
anatomo-cliniques, d’ac/iuérir unttidétt ptu'soiiiudle sur c.e problènut ardu.
Nous divistu'ons notnt travail tm trois parties :
Bans la première, nous ferons ttnti étude critiqitt; des diverses théories
émises jusqu’à et; jour ;
Bans la seconde, itous ttxposerons nos ree.herches anatomiques.
Bans la troisième, nous notis tdTorcerons de tirer une conc.lusitm que nous
montrerons êtrtt en parfait accord avec la Ihéoritt morphologique.
HEVUE NkUHOLOUIUUB. -
12
178
IVAN liErtmAND ET LUDO VAN BOGAEIiT
I. — Étude critique des théories.
Tout histologiste, examinant même superfieiellement une coupe trans¬
versale (le moelle, est frappé de rexislence dansh's cornes antérieures de
groupements cidlulaires ; aussi di^puis près d’un sièeh^, Stilling, Clarke,
VValdeyiu- et d’autres les ont-ils décrits. Mais quelle était la signification
de ces noyaux ?
A ei'tte époipie, une série d'études sur les localisations corticales et
l)ulbo-])rotultéranl,i(dles venaient apporter un peu de lumière dans la
physiologie, (iii cortex et du mésocéphale. L’axe médullaire lui-même allait
a])i)araîlre (aiBime une superjiosition d’éléments homologues des centres
sujiérieurs lji,uir)Çi-protiihérantiels.
||i.es.uoyaux:ài hien dilïérenciés du hulbe el.de la prol.ubérance devaient
avoii’ leur é^uivahuit. dans la moelle. La fonct ion motrie<‘ se jirêl.ail diree-
teménl à fexpYn’imentation, et la méthode de Ni.ssI mellail entre les mains
des anatomistes des réactions d’une exquise sensibilité.
Une série de doctrines devaieni se succéder ; toutes s’attachant au rôle
fonclionncl de ces amas c.(dlulair(“s ; on rapporta successivement chacun
de ces noyaux à un muscle, à u i nerf, à un segment (te membre, enfin
à un groupe fonc.tionnet de muscles.
1" Théorie muKviilaire. — En 18tKi, Kohnstamm, San.o et Marinesco,
ét udiant le renflement. c(‘rvical, montraient, le dia])hragme innervé par une
colonne cellulaire, occupant le centre de la colonne antérieure, depuis la
partie inféri(‘ure de U. 8 jusqu’en L. 6. Dans de nouvelles recherches
expérimentales, Sano abordait le iiroblèine de la localisation musculaire.
Les cellules radiculaires devaient constituer jiour chaipie muscle un grou¬
pement naturel, assez distinct ])Our l’appeler « noyau ».
Lha(|ue noyau, sjiinal d(‘vait corr((spondr(( à un musch^ j)érii>hérique.
Uett(( lh(‘orie, par trop ((Xclusive, s’est dans la suite rapproché(( insensible-
miuit d(( la comuqil ion d(( Van (icdiinditen.
La t héorie musculaire a été néanmoins l’objet, d’un travail fécond;
les recherches minutieuses et patientes d(‘ Sano ont juussamment con¬
tribué à l’èt.udc des fonct ions médullaii'(!s ; la syst ématisai ion (ixc((ssive
de s((s conclusions n’entame (ui rien la liaut.i! vahuir scieid.ifiipie (h(S faits
([u’elh^s jqiportent.
20 Théorie nerveuse. — LhaqiU! mud moteur (U’anifui étant rtqirésenté
dans le tronc cérébral par une colonne c(dlulaire distincte, vrai « noyau
d’origine », on pourrait, se demander s’il n’en était pas de mêm(( pour la
moelle.
Chaque noijau sjtinal devait eorresiiondre d un nerf périphérique.
La disiiosition (Ui colonnes, à hauteur des renflejmmts c.ervic.o-lom-
baires, ('“Vuipiail l’ich'e d’une ndat ion immédiate ent re ces formations et les
différents nerfs des mejubn^s. (Marinesco, 1898.)
Marinesco cependant , d(“s 1991, se déhuidait d’adimd tre une localisation
exclusivement ruTveuse, (d. maintenait (pie « si un nerf craiii(ui innerve
|)lusieurs grouiies musculaires, (diacun de ces groupes a son noyau distinct
ËTUDES DE CVTOAnCU ITECTON lE MËDULLAWE
179
dans la masse des cellules formanl, le noyau commun de ce nerf ». Marinesco
recherchanl une homologie (mtre l’origiiu^ réelle des luu-fs crâniens ef celle
des nerfs spinaux éUidiaii chez h^ lapin la chroniolyse des cellules médul¬
laires mol.rices, consécutive à des résections variées.
Il déterminait ainsi les noyaux du radial, du cubifal, du médian et du
musculo-cutané (1898), s((s élèves Parhon et Popesco, ceux du sciatique
(1899), Des recherches ultérieures de Knape et de Ne ef ne confirmaient ni
ses constatations, ni la concepi ion qui en découlait.
D’ailleurs, Marinesco lui-même apportait (ui 1901 une première r(‘stric-
tion à sa conception et se prononçait en faveur d’une théorie fond ioniudlc
Il eut à ce moxnent l’intuition du problème morphologiquequeposaient les
localisations. Il défendait l’existence, dans les noyaux hulbo-médullaires,
d’amas sec.ondaires en rapport avec dilférents groupes musculaires ; il
était tenté d’admettre qu’un muscle complexe, d’innervation multiple,
avait un centns médullaire composé de plusieurs groupes secondaires.
Cette conception était proche de la conception myotomiale, comme nous
l’exposerons bientôt.
En 1904, Marinesco, dépassant sa théories des groujiesfonclionnels, abou¬
tissait à l’énoncé presque t(^xt,uel de la seconde loi de Bikeles .
(( Il semble que pour les muscles d’une mêjnerégioii, celuiqiii serapproche
le plus de la ligne médiane dans l’axe du membre, siège dans la moelle
plus haut, (it plus en avatd, tandis (pie les muscles qui s’écartent le plus
de la ligne médiane sont représentés, dans la moelle épinièri', en dehors
et en arrière des centres précédents.
« Les ïnuscles qui possèdent une fonction commune sont représentés
par des groupes cellulaires, qui, au point de vue anatomique, sont réunis
dans une masse cojnmune, dans laquelle l’expériment ation permet- de déce¬
ler des centres en relation avec tel ou tid d’entre imÿ. Ces centres sont
superposés et juxtaposés dans le mêm(‘ ordre que les musclescorrespon-
dant.s. Il existe dans la mo(dle une véril abh' projection musculaire com-
ïnatidée par des lois de symétrie organique.
« Les groujics fonctionnels se combinent de manière que la nature
réalise une grande économie de jnatière et d’espace, et assure par consé¬
quent un fonclionnexAent rapide et utile, c’est la raison de ce tassement
cellulaire et d(( la répart itifui des ('-(dlules en groupes naturels ou en grand((s
masses bien délimitées. »
Abstract ion faii(i de c,(!t,l (( dernière phrase, souvenir discret des lois de
théologie mécanique de Cajal, nous voyons (pu( l’observation (dinkpie et
l’expérimentation ont annulé Marinesco à se placer au carrefour de
plusieurs conceptions. Il a quitté l’hypothèse uniqtnmenl. ncu’Viuisc, r.ijctte
celle de Sano c-ommet-rop étroite, sa p(Uisé(( combiiu' la Ihéorie segnnuitaire
et luirviiuse ; enfin il est- au S(Uiil du ]»r(d)lcm(( mor]ihologique.
L(!s (îx{)érienc(îs de l’éc-olc, d(ï Marinesco furent presque toujours des
résections nerveus((s, suivies de l’étude^ d(( la tigi'olyse ; les cas analomo-
cliniqu(!s étudiés, d(!S névrites e.t. d(!S névromes.
Ihiut-être cette technique n’est, -(dh^ pas étrangère à l’cdaboration de
IVAN liErtTRANI) ET LUDO VAN ItOGAERT
ISO
sa conception. Le mode de recherche n’est pas sans influencer l’intei'ju'é-
lation d(ts faits : tous les auteurs cpii ont eu recours a un matériel e.xpé-
rinnudal décrivent d(!S noyaux plus nombreux qu(^ ceux dont hi travail
a porté sur un matéri(d clinique. Les aspects «'liroïnat olytiques améiuîid,
à dissocier des noyaux homogèiuis. D(^ même , dans la eoinuqition ([ui
va suivrez, la nature du matériel d<i reclnu-clu's constitué par des moelles
d’amputat-ions a joué un rôle considérable dans la genés(ï de la théorie
segmentaircu
.■30 Théorie saiinenlaire. — Après h^s tJiéories purem(intt<ipogra])lii([ues,
en 1808, Van (lehuebten et son élève d(î Buck, étudiaid. la moelle d’un
honinn^ ayant subi la désarticulai ioti du g(uu»u, trouvent, envoie (h; cliio-
niatolys*^ deux colonnes cellulaires.
lin an jilus lard, une amputai ion d(is d(uix }ii(Hls, suivie à bref délai
d(^ néc.ropsie, hoir permit de vérifier la cbromolys(ï d’uiu^ autr<^ colonne
cellulaire. Ils en concluaient (pie c/iocuu des y/'OU/a'//ip/(/.s rellitlaires est en
ronne.rion inlimr arec Ions les muscles d’un se<jinenl demeinbre, et metlaiimt
en doute la théorie muscidaire enobjeadant, (pie les gioiqies c.ellulaires sont
ti’op nombreux par rapiiorl. aux muscles {xirijihériques, pour qu’il y ail
corresjKindance directe de groupe cellulaire à muscle.
(’.etl.(‘ conc(‘j)l ion segmentaire est rapidement [lartagée [lar Nissl après
des résections de nerfs crâniens che/.le chien et le chat . Voici rens(‘mble de
leurs conclusions ;
« Aux li'ois segments des membres supérieurs etinférieurs cori-esiiondeni
dans la moelle cervicale et lombo-sacrée, trois colonnes cellnlaires distinc¬
tes, (•tendues chacune à ])lusieurs segments médullaires. La colonne, en
rap])orl avec un segment distal du membre, se trouve au-des.sous de celle
en connexion avec un segm(int jdus jiroximal. Ces colonnes chevauchenl.
I('•g(■.rcment rune sur l’autre, de telle sorte que, jiar son extré-mité inférieure,
chacune vient se [dacer au devant de l’extrémité supérieure de la colonne
sous-jaecnie. Il résulte d’une telle disposition, qu’une colonne segmentaire
donnée formera sur une cou])e transversale jiassant jiar son exi rémil é
suiiéricure, le gi'oupemerd iiosiéro-lalèral de la corne antérieure, alors (pie
sur la coupe, passant jiar son e.xt rémil é inférieure, cel te même colonne
forme le groupe antéro-externe ; le groiqie jiosléro-latéral èlani formé à ce
niveau |iar l’extrémité supérieure de la colonne segment ai r(! sous-jacente. »
Brissaud, se basant sur ladisposil ion segmeidaire des troubhissensit ifs
au cours de certaines alTect ions médullaires, (‘mit riiypol.lièsecpiela ])roj(!c-
tion culanée dans la moelle se faisait suivant un mode segmentaire. (léné-
ralisaid sa t héorie de la mélaméi’ie s])inale sensitive, il admit la ]iersisl aiice
d’une mélomérie ])rimilive des centres nerveux.
Bour le tronc, les métainéres seraieni étagés suivant un iilau jierjiendi-
culaire à l’a.xe de la moelle, dans les renflements cervico-lornbaires, ils
seraient (lis]ios(’'s parallèlemeid. à cet axe.
Brissaud modilia bientôt sa firemière hypol lu'ise cl admit au jioint de
vue sensitif une lopografdiie à la fois radiculaiie et segmentaii'c.
Brissaud cl Bauer en 1*.)()3, Sano en 11)01, se .sont ralliés h cette
in'UDES DE CYrOAHCH ITECTON lE MÉDULLAIUE
181
théol'io soginijiiiairc. Ccpondant l’étude d’un cas de Nccf, de désarti¬
culai, ion de la hanche, impose des restrictions de l’aveu même de Van
Gehuchtcn, « Si le noyau segmentaire du pied et de la jambe forme des
cülonruis c(dhdaires indépendantes et faciles à délimiter, il n’en estpas de
môme pour celui de la (îuisse et des muscles de la ceinture pelvienne. » Les
contradictions entni les descriptions de Onuf, Bruce et Stils en témoignent.
4“ Théorie, fonclionneUe. — • Nous serons brefs sur la théorie fonction-
nelhi, déjà c.ont(uiU(î en germe dans le.s trois précéde.ntes. Dés leurs pre¬
mières recherches, Parhon et ses élèves, Goldstein et Popcsco, se sont dé¬
gagés pou à peu de la conception nerveuse. Parhon adopte nettement la
théori<î fonctionnelle ; dans la colonne qui représente l’innervation de tous
les muscles d’un segment de membre, on distinguo des noyaux correspon¬
dant à des groupes musculaires, ayant à remplir une même fonction. Autre¬
ment dit,, c,ha([ue noyau segmentaire contient des groupements secondaires
d(î signification purement fonctionnelle.
Le problème si épineux, qu’avait posé la subdivision des noyaux de
l’oculo-motcur commun et du facial, se renouvelait pour chaque colonne
spinale.
D’apparentes contradictions ont exagéré l’importance de ces débats.
Les faits sont moins discoi-dants que des conclusions trop systématiques.
Glnupu; hypotbès(^ laisse; dans l’ombre des points expérimentaux ou clini-
qu(;K (pi’elle n’eest pas à même; el’intégrer. On voit avec une sincérité émou¬
vante; eh's aui,e;urs ralliés à une concc,ptie)n, la trahir dans les arguments
même's ([u’ils appeerlemt pour la défendre.
Le;s eliverses cone;e;ptions anatomiques et fonctionnelle;s ont meentré une
égale; impuissance.
Muse;le;s e;t ne;rfs ne e'eenstituent pas des entités en soi, e'ar tout nerf
périphérique; est jeeel y-spinal, tout musede est poly-muse:ulairc. L’étude des
ébaue;he;s e-mbryeebegiques ne;ure)-musc,ulaires est seule en mesure de nous
rense;igner sui' la valeur des unités ce)mplexes que nerfs et muscles repré¬
sentent. '
La série; eie;s ve;rlébrés garele; preefonde; l’empre;inte ele; sa mélamé-
riee)rigine;lle;. Le; sque;le;tte, la musculature, les plexus, sontlesiémoins des
re;inanie;ments subis par neetre; are;bitec.ture; se;gmentaire;. Pourqueel refuser
au ne;vraxe;c,ette e'Oïtqelexitéde strue' ture; et vouloir plier à des ceeneeeeptions
simplistes un territoire dont tout dénonce la haute différenciation. ?
JL — Étude .vnatomique.
Neeus nenis servireens el’aborel uniquement des documents appeu'tés par les
aiite;urs epii eent étuelié la teepeegraphie ceellulaire elle-même sans tenter de;
l’inte;r])réte;r ; ils eeni abeu-elé l’étude; ele;s localisations cellulaires dans la
me)e;lle-, el’un jeeiint de vue; jelus objectif que; les anatomo-pbysiologistes.
Nous exposerons e;nsuite le résultat de nos recherches personnelles.
m ivAi\ liiiirntAiM) ht ijjdo VAi\ iiocahiit
Il (■()iivi(‘iii (1(1 siffiialdr l’iinporlancd (lapilalc (las li'avaux do SLilliiig et
d(\ (Harka al, c.a (pi’ils (iid. ajiporlé, inalKr(! las iruMliodas iinparfaitas dont
ils (I isfiosaiaMl . En Irais in(hn()ir(‘s succassifs, Sl illinf^ (h'cril Ininnl iausa-
rnanl. las }j;raii])as das cornas aidririanras, (raj)r('!S un p;rand nonibra de
moallas, axaliiiiKias au a()ii])as I ransvarsalas, saffilialas ai fronlalas. Ses
dassins, r(;nnis an nu allas I ('('is a()inplal,sonl d’une oLjaaLiviLii ai d’une
elarl (’■• rainar([nal)la.
Loakliardl, (l('■aril la aolonue liKidio-dorsale (pii ])()rla aujourd’luii sou
noju, la fîron|ia (!(' la aorua lah'-rala, al inâiua las alnas de jialites aellules
aaiuallamiMil l'al I aalu'as au sysl(';Xna syxnpallntpia.
Waldeyar avec une laalini(]ua plus pr(iaise élahlil une ioiiograidiie exaele
(las groupas aalinlairas anh’u'iaurs, laul,a de raaliarahar la filial ion de cas
grou])as enlra aux el. aroil avec Sahwal à une disposiliou ïuélaïué-
ri(pie.
Zialian rapraiid au 188Î) las lY'siillaLs acquis ]iar Waldeyar ; Van
(lalnialilan, (la Naaf, Onuf, Bruce, enfin deux lui'unoires, l’iiu de Dajariue
( l'JOu), l’aulre de .laeohsou (1908) que nous avons parliaulièreïueiil élu-
(li(;s Iraitant ('‘gale/ucul de la ([uaslion.
Las ailleurs qui se soûl oeeupiis de raretiilealouie ini’idullaire àunpoiul
de vue ]niraiuanl analoïuiipie seul doue peu nombreux.
Las r('‘sullals obli'uifs seul jiourlaid. suflisamineul a.ouiradialoires [lour
([lia nous ayons ;i axiiliipiar leur divargiuiae par les lealini(|uas suivies el le
mali'i iel amjiloyi',
1» Le mnlérii‘1. — Les raaliarabas de Slilliug ouf, iiorfi' sur six moelles
bumaiiias, deux d’iiomiues de 21) à Ib ans, deux de femmes de 2.b af .'bbaus,
deux d’anfanls de 1 al- 2 ans ; une moelle de veau de Ib jours, unedevaau
adiille ef. une de bu'iif.
La Iravail de Llarke aomiirend une moelle humaine (femïnede 33 ans),
une Jniielle de veau al une de forliie.
Onuf ne signala dans aucun de S(‘S nu'Xnoires le xnalbriel analomi(juc
donl il s’esl. servi.
Bruce el .lacobson onl ('■liidii' cliaciin une moelle d’Iiomma adulle.
2° La lecliniijiie suivie. — Slilling a durci .sesinoalles pendanl 1 b jours à
l’alcool (‘I dans das solutions d’un sal de clirome.
Llarke diirail jiar des sobil ions alcooliijues dedilulions diverses ; ajirès
passage à l’alcool absolu, il (;alaircissail. à l’essence de UîiYbenlhine el
monlaii au baume,
Onuf ne donne [las jilus d’indiaalions sur sa leeliniqua ([ue sur son mal.(j-
riel.
Bruce lixe à la soliifion alnn-alirome de W(‘igerl , inclue à la celloïdine
el pr(‘l('‘va une eoiqia sur 10, sans eiipriiciser l’i’qiaissaur, el colora à la
(oliidine el au bleu [lolychroine.
Van (laliiiclilen formole in silii ; son mixni’Tol âge de segmenls est, celui
des elassiijiias. Il a coiqii'i an si'-rias de L1 àSbà ciiKpianLe inicronsd’iîpais-
seiir el colore au bleu de xni'-t byb'uie.
.lacobson durcit 21 beuras à l’alcool à 96'>, divise imxinxdialexnent la
f.rUDliS DE C YTOAUCll ITECTON J E MÉDÜLLAIIŒ
183
Wocllo en segnienl s, inclus à la paraffine el, débite en série d’une épaisseur
de 10 à 20 a. Colorations an bleu de xnéCiylène.
Uejerine après fixai ion au formol et inclusion à la paraffine colore au
Nissl, (it dessine à la chambre claire une ou plusieurs coupes.
3° Uemaninen sur les lerhniques iililisées. — Jj’exposé de ces techniques
nous amôtuî à formuler c[uelques remarques :
A. Le nombre de moelles. — l’ousles examens pratiqués, sauf ceux déjà
anciens de Sf.illing <d. Clarke, ont porté sur une moelle unique. Les varia¬
tions individuelles considérables, non seulement dans la constitution ma-
croscopicpie des segments, mais dans la dispositiondesgroupements cellu¬
laires, rendent la sysf.ématisaf ion basée sur l’étude d’un seul cas extrême-
niont précaire.
B. Lirnilalion des segmenls. — Il n’est pas inutile de s’entendre sur la
définition même d’un segment médullaire.
Barbon et Van Cebuchfen ont dénommé « ler segment cervical » la
•’égion qui commence immédiatement au-dessus des premiers filets de la
première racine cervicale ef, finit: immédiat emeivt au-dessus des filets
supérieurs de la deuxième.
Jacobson c(»m[)rend par segmeni médullaire toute l’étendue de moelle
comprise ent re les filets supérieurs el: inférieurs d’une même racine. L’étude
des moelles démontre que les racines ne s’insèrentque sur une partie du
segment médullaire, el: qu’entre les limites de la racine inférieure de D6
par exemjile et la racine supérieure de 1)7 existe une zone dépourvue de
filets radiculaires. On ])eut se demander ce ipie devient cette zone non
seulement dans la définition mais dans le schéma de Jacobson.
Marinesco a (unployé les limites classiques. Il sectionne immédiatement
®U-dessous de la racine sus-jacente et au-dessous du dernier filet do la
l’acirie considérée. Il en résulte que dans sa terminologie, le^^n-mier segment
cervical de Parhon et (îoldstein est ici le deuxième.
B ne faut pas exagérer l’importance de ces limites. Le segment médul-
i^ii'c est une limite conventionnelle ef. variable. Marinesco n’a-t-il pas
démontré que la tigridyse par section d’une racine peut s’étendre sur
plusieurs segments ?
Malgré ces faits, dont l’expérience d’ailleurs n’a porfé que sur C8 et DI
dans l’ensemble, à une racine donnée correspond un segment médullaire
*iuique. F^es délimitations de Parbon el de Jacobson paraissent peu
défendables.
B- Le numérolaqe des seqinenls. — Après ouverture de la dure-mère, on
'numérote les segments suivant la rai'ine correspondante. Il semble évident
fiue ce numérotage ne doit se faire qu’après ouverture de la dure-ïnére.
Bciiendant Parhon et (loldslein ont coupé leurs fragments en se répé-
cant sur l’émergence des raciin^s an sorlir de. la dure-mère. Ils n’ont pas
CHU coiiqite de l’ascension ajqiarente de la moelle an cours du développe¬
ment. On sait déjà, depuis Lbipault, l’importance des décalages ainsi
Pcoduits, qui peuvent atteindn^, suivant lahauteurenvisagée,jusqu’àdeux
trois segments.
/K.I/V iœhthanü ht tudo van noGAEur
isi
Il n’csi pas éloiuiaril (pK^ Parlioii cl Goldstcun rcpoi'laîiit ainsi en SI le
jrronpe radiculaire du pi(‘d, ([iic, la j)ln])arl dcsanl (nirs s’ac,cnrd(!nt à sil.iuïr
dans la parliez siipcri(nir(^ de U). Gellc t(H'Iini(pic a d’ailleurs été modifiée
])ar M. cl Mme l'arlion dans leur siaanid mémoii'c d(ï 1903.
1). L’élude des coupes en série. — ('ai procaidé esl, indispimsable, el. l’on
penlévidi'inmenl ri'proeJier à Brnei' d(^ n’avoir prébivé ([u’une coiipiisur 10.
La |■(■alisaiion d’uini ])areill(! leehnique (^sL mal ériidlemeid, très ardin^ ;
ce]ie.nda.nl .lai'ohshon sur Ionie iitn^ moelle ailidle,Van GidiueliLcn et de
Neef sur nrn^ moelle londio-saenie d’enfani, l’oid. réalisée.
K. Epnissenr des coupes. — Il eut été souhait abbî (pie eliaqiu! hislolo-
qisle indicfiiàt l’é'.paisseiir des eoujies sur bîscpielles portait son travail.
Ou’(dles varimd de 10 à '20 a., eida n’a pas grande importaneiï pour l’étude
d(‘S e;rosses cellules radiculaires, élant, donné leur taille ; mais cela ])ré-
s(uite d(! l’intéri'''! quand la discussion ])orl<‘, comme dans le mémoire d(',
Jaeobsbon, surla position el la dmisitédespetits^froupes cellulaires sympa-
liques. L(! sériaqis en eoujies de 50 a. (Van Gidiueliten) doit évidemment
densilier les amas.
4” Inlerju-éhdion des coupes hislolofjiqnes. — Gbaque auteur établit une
sysli-matisation rigide d’après les groupements ndevés dans une seule
mo(dle, lui apparaissant eommii typiques : « A sélection Vas maid, of one
wbieb appeared to be tbe most cdiaracterisl ic » (Bruce).
.lacidjson, critiquant celle altitude, sebémalise lui-miime sa descrip¬
tion sur bis coupes les ])lus significatives de cbacpie si'gpient,.
Gel le scb(‘matisal ion est incompalible avec les variations que présen¬
tent les groujies non seulement, de segment, à segment,, mais de coupe en
coiqie. Les plus anciens histologistes, Stilling, Glarke, jusqu’au jilus mo¬
derne, Jaeobson, signalent ce fait (d, cejiendant écrivent des format ions
si bien définies qu’un ne saurait douter de leur individualité.
Le travail de M. et Mme Dejerine se rapproebe le jilus de la réalité.
Au terme d’une scrupuleuse étude, ils écrivent ces lignes tpie nous ne
j)ouri-ons (pie confirmer (d même ('dargir : «Il existe de grandes variabilités
individindles : la bailleur des segments médullaires, ou la base d’implan¬
tation des différenles racines jieuvent varier non senbunent d’une nuadle
à l’aul re, mais d’un (kM é à faut re de la moelle, bien ([ue la bauldiir t(dale
de jilusieurs segments soit souvent la même. »
On peut constater des anastomoses d’une racine à l’autre. La forme
géïKÎrale de la moidle' présente enfin des variations individuelles parfois
très grandes.
Nous n’exposerons jias in extenso la topograjibie de chaque auteur.
Nous donnerons, en 3 tableaux ci-joints, le l'ésnméde leur acquisition et
l’équivalene,(( de leur nomeiudature.
'fous les (dassi([ues s’aeeordeni ])our adnndlre deux grands grou-
jM-menls : un inlerne ou im’-dial, un externe ou latéral.
Le groujiemeni interne est divisé (diez Waldeyer, Onuf (d. Bruce, en
deux gi'oujies : un antérieur (d, un posiérieur ; (die/. Van Gebucliten qui
les numérote un et deux, en un groupe médian et latéral.
ÉTUDES DE CYTOAHCHITECTONIE MÉDULLAIHE
185
L’accord est quasi complet sur la fragmentation du groupe externe.
Tous y décrivent au moins trois amas secondaires : antéro-latcral, postéro¬
latéral et central.
Des noyaux sc(;ondaires ont été décrits dans ces amas et (ui deliors d’eux.
Leur origine (d, leur toj)ograpliie varient avec le degré de systématisation
de chacun : elle a été ])oussée au maximum ])ar Dejerine et Jacobson.
second et le trosicme tableau figurent en hauteur ces colonnes
•cellulaires.
IVAIS nEKTHAM) ET LU DO VAN liOGAEDT
J 86
Lr. s(;hclna de Van GohuchLeii csL tiré do son Analumie du système
nerveux.
Le sclu'ina d’Oriuf csl, ajiproxiïnal ivcjneiiL figuré dans son second mé¬
moire.
l'onr tous les autres, nous avons dû les construire nous-mêmes d’après
les descriitlions originales. Nous avons élabli dans le ])lan horizonlal les
iliverses colonnes, en indi([uanl leur origine, leurs lijuiles et leur volume
respectifs.
f.rUDES DE CYTOABCH ITECTON lE MÉDULLAIEE
î-’éLudc! dos doux dorniors labloaux éolairora mioiix que toute dosorip-
tioii la variabilité des descriptions apportées par chaque auteur.
IVAN liliHTHANI) HT LUDO VAN nOGAEfir
I8S
Pour la <a)Ioimo carvico-dorsalcî, nous n’avons pu établir li; scliéïna do
Van (ioliucld ('Il oL Oniif, étant donin; ([Lie leurs mémoires se limitent à
l’étude du n'nfleinent lombo-sacré.
Une ex]»lication est nécessair(' pour l’inti'ijirél alion du scliéma de
Dejerine. On [lourrail. croire ([ue ci't auteur considère la ('(donne interne
comme unique, bbiréalilé, il décrit à cel I e colonne « quatre groupes cellulaires,
([ui sont aiitéro-inleriie, aiiléro-exlerne, [lostéro-interne et [losléro-externe.
De ces quai re groupes, rantéro-externe est le plus eonslani , puis viennent
le [losléro-inlcrne et l’antéro-externe. Les (juatre groiqies se rencontrent
rarement sur la même coupe ».
La colonne secondaire aniéro-exierne de Dejerine est celle (pie Van
Oebucbten dénomme « colonne aniéro-interne 2 ». Nous ne les avons jias
figurées, car le travail de Dejerine ne renseigne jias sur leui' extension en
bauteur, [irobablement en l'aison même de leur variabililé.
DEOllEnoilES PEESONNELLES
Nous avons tenu c.omiite, pour la mise en (Xiuvre de nos recherches [ler-
sonnelles, des remar<[ues formulées [ilus haut.
I" Nombre de moelles. — ■ Pour éclia|)per autant ([ue possible aux erreurs
dues aux varialions individuelles, nous avons examiné 6 moelles d’âge
très di lièrent.
Liiez l’enfanl, les ainas sont condensés, mais à tojiogra])lue variable ;
leur fragmenlal ion ultérieure a pour origine la dissociation de la masse
cellulaire par les feutrages et les tourbillons fibro-névrogli([ues. Nous nous
sommes demandé si l’évolution de ces éléments dans la moelle adulte sulli-
sait à (die seule à créer une iridividual il.é plus distincte de ces amas.
Une étude de moidles d’àges très dilïérenls était donc indi([uée :
Voici la constitution de noire malériel d’étude :
.Moelle n” 1, nourrisson sexe féminiiq âgé de 6 jours.
Mo(dle n” 2, nourrisson se.xe masculin, âgé de 8 m(ds.
Moelle 11 enfant de sexe féminin, âgé de 2 ans I /2.
.Mo(dle n“ 1, enfant de sexe féminin, âgé de 7 ans.
Mmdle n" b, jeune fille, âgée de 11 ans.
.Mo(dle 11“ 6, homme adulte, âgé de 45 ans.
2‘> Techni<iues suinies. — A. Nous avons emyiloyé le forïmdage in silu
[Hjur toutes nos jiiéces, sauf [lour la mmdle n" 4. Ce. [irocédé emjtêcbe la
rétraction de la moelle au moment de la fixation et rend imjiossible les
artifices de la fixaiion amenant la jiroduction (b; véritables pseudo-tu-
JiKoirs intramédullaires.
IJ. Sejimenlalion des frcujinenls. ■ — Nous enfendons [lar segment médul¬
laire loiild la [lorl ion de Imadle comprise entre les libres les jilus inférieures
de la racine sus-jacente, et les plus inféi'icures de la racine considérée.
Nous avons admis coniine limile supérieure de Cl les coupes oii apjia-
raissent les premières cellules du noyau de l’hypoglosse.
l'TUDES DE CYTOAUCU ITECTONIE MÉDULLAIRE ]S9
C. Repérage des segmenls. — Lo numérotage des segmenis a une impor-
tanee cajiitale, nous nous sommes servis de deux repères :
L(ï premier est indiqué par MM. Roussy et Lhermitte : la R® raeine
dorsale eonsLil.ue la dtu'nière grosse racine supérieure.
Le second repère résulte de ce fait analomi([ue bien connu ; la racine
perforant ta dure-mère à hauteur de l’extrémité du cône terminal, est la
deuxième racine lombair(‘.
Ces deu.x repères contrôlés l’un par l’anl-re nous ont donné des résul¬
tats c.onsl-aid.s.
D. Inclusions à la paralfine. — Nous avons recherché dans une de nos
moidh^s, si la rétraction des fragments dans les bains successifs deparafilne
avait (pichpie imj)orlance ; car nous nous demandions si le lassemenl
eellulaire qui en résultait lUi pouvait pas vici(n- nos résultats.
Nous avons mesuré (‘xac.tem(;nt les longueurs et, les diamètres des frag-
mesnts fixés et des fragments inclus.
La longiunir du sixième segmentdorsalavanl l’inclusion étaitde21, 75mm,
après l’inclusion (h; 21,25 mm. On aboutissait ainsi à nne rétraclion de
0,02 j/. par millimètre. Enprat iquant des eoupesà 20mm. d’épaisseur, l’impor¬
tance de cette contraction était pratiquement nulle, eu égard au diamètre
des cellules que nous étudions. Im même conclusion s’imposait pour la ré¬
gion des diamètres transversaux.
E. Les ronpes en série de. la moelhe sont indispensables. La réalisation
‘l’un sériage comphvt, matériellement ardu, (vst ceqiendant possibbo
Nous avons commencé par étudier (ui séries les moelles n*’ 1 e l 2 de
aourrissons.
Dans les moedles ne** 4 (4. 5, nous avons étudié en série un se^gmentcomme
f-antrôle ehis jnoedh's 1 et 2.
Dans bîs moelles n'”* 5 et 6, nous avons prélevé une coi^pe tous les mil.li-
aièfres.
F. Nos cenqies ont- été faites uniformément à une épaisseuir de 20 |j..
Nvant d’adojiUu’ cetl(i épaiss('ur, nous avons réalisédescoiqoîsà It) et 15 p,
at il nous a paru que les renseignemcml s fournis par leur étude étaient
ldenti(pies.
f'. TouI(!S nos colorations ont été faites au bleu de Unna.
MOEl.l.IO 1
RntaiU (lo 0 joiUN, (M ikIo on scorie comiiUMo dos l■ollflo^nonUc,ol•\■i(•o-(l(ll•slll ol, loinho-
sacr6.
A. Renlleinciil cerriro-d ,rsfil.
É :i. Là corno n d.ans l’onsomOU' mi nspool, l.rianinilniro. F.lli' pri'sonlo un angio in-
torno aigu, un angle oxlonio idiliis, o|, Irais bonis, un anls'u-a-iiiLorno, imanli'To-oxlorno
on posl('To-('xl,orno. Il n’y a pas do groupoiiioni, collulairo ; on Ivouvo 0 à 7 gross.os
•^eHulos dans l’angle inlorno ol, lo long du liord anO'ro-oxiorno. Kilos ('■bauclionl. parfois
a«ux amas ; l’un dans l’angb( oxlonio, l’aulro au conlro du bord anli'u-o-c'xlorno. Dos
ci’llulos radioulairos isob’'os s’ou di’ilaolu'nl au conlro do la ooriio ol jusipio vers la com-
missiiro grise. Un dos doux amas poul disparaîiro aux d(''pous do l’aulro (pu groupe alors
Odlos les collulos. Los dornii’iros coupes du sogmoni pia'iparoni l’aspocl du sogmoiil sui-
190
IVAN BERTHAND ET LUDO VAN BOGAEBT
CA. liC groupe oxlorne s’hyperlrophie, il donne naissance à un amas cellulaire silu6
entre lui-mème et le groupe interne. Ce groupe médian est prédominant dansune soixan¬
taine de coupes, puis se dissout dans les deux autres groupes. Ceux-ci, à leur tour, peu¬
vent se rraginenter en deux ou trois amas secondaires variables de cou|)e en coupe.
Ch. Ce groupe iulerue prédomine en nombre sur le groupe externe. Il se
Fig. 4. — Moelle n" 1.' Le groupe interne est nettement distinct de l’externe.
divise assez fréquemment en un amas médial antérieur situé dans l’angle aigu même,
qu(^ forme le bord interne et antéro-externe, et un groupe latéral fuistérieur situé en
dehors et en arriéri" du premier. Ce groupe externe ébauche frécpieminent une sululivi-
sioM en un amas aidérieur à proximité du groupe antéro-externe et un postérieur le
long du boni postéro-exierue.
C6. C’amas antérieur du groupe externe détache dans un |)roIongement du bord
antéro-externe un amas de cellules assez individualisées. C’amas postérieur de ce même
Fi'. 5. — Moelle n“ 1. Ll. Naissance du groupe externe.
groupe se. déplace légèrement en dehors et émet en arriére et en dedans un groupe que
l’on retrouve surtout nettement eu C7. Ce dévidoppement très considérable du groupe
exteriu^ a fait bomber sous la pression de l’amas cellulaire antérieur le bord nnléro-
ext<uTie, tandis que le bord posléro-externe, à son tour,céduit à lu pressionde l’amas pos-
térie\ir. Ca corne antérieure a tendance à prendre un aspect de trajiéze, et on y dis-
tingiu! dés Cli (les bords interiuq antérieur, externe et postérieur, ce dernier très court.
Cl . C(î groupe interne diminue d’importance. Ce groupe externe maintient les for¬
mations acquises dans le segment précédent, mais la (juantité de cellules entrant dans
i
l':rUDEH DU CYTOAliCIlITECTON in MÉDULLAIRE
191
sa comiiosllion Psl plus oulisIdiTiilili'. L'amas ((ni s'en csl (Irtaclu'' au milipu du bord
antérieur et (pie nous nommerons groupe nnblian, suldt d’ineessantes fluctuations ;
192
IVAN liEHrUANI) ET LVIX) VAN nOGAEUT
aussi, la palilP. corne grise on il se loge, corne mi’nliane, apparall-elle et (lisparaîl-clle
l'réipieminent. L’amas postérieur (pji correspond an groupe i)ost-postéro-latéral
(!<■ Van Gelnnditen est pins constant et s’isole plus résolument ([ne les antres. Tous les
amas peuvent subir des fragmenlal ions si fréipnmtcs et si passagères, rpi’il est impos¬
sible de les décrire.
CS. La masse cellulaire du groupe externe prédomine considérablement sur celle du
groupe interne, parfois réduite à deux ou trois cellules. La topographie d’ensemble est
identi(|ne, mais de l’amas postérieur se détache frécpiemment une masse cellulaire émi¬
grant vers le centre de la corne, (pie beanconii d’auteurs isolent comme groupement
central.
/)!. Le groupe interne est plus riche, le groupe externe s’appauvrit aux dépens
des amas médian et postérieur. La fragmentation du groupe, externe est moins nette.
ü. lienllcmciil lomhn-snrrc.
IA. Ue forme triangulaire, la corne antérieure pn'isente deux angles interne et ex¬
terne, et tnds bords, interne, antéro-exteme et postéro-externe. Le groupe. inti'rne est
lU'édominant . 'l'outes les cellules radiculaires sont groupées dans les 2/3 antérieurs de
la corne. Le groupe externe le [dus important fait bomber le bord antéro-externe.
.-•-V > tüouîE
Fig. 7. — Moelle 1. L 5 Celle coapc montre combien est artificielle la f'-agmcntalion do tout l’amas
externe en groupes antérieur, postérieur, etc.
/,2. La saillie du groupe externe hypertrophié, donne à la corne un aspect quadran-
gulaire à bords courbes. Il a une forme ovoïde; dont le grand axe est. dirigé en arriiM'c
et en dedans, et, inoidre uiu' subilivision en deux masses antérieure et, postérieure ovoï¬
des et de même orient al ion. Lhae.une d’elles peut se fragmenl.er en amas latéral et méilial,
(le sorte ipie l'ensemlde du groupe externe est fragmenté sur certaines préparations en
(piai.re amas secondaires ; le groupe interne peut, détacher en arriére un pelitamasvoi-
sin de la commissure blanche.
/.3. L’amas antérieur du groupe externe isole vers be bord antérieur un noyau mé¬
dian ; l’amas postérieur détache en arriére (piehpies cellules prémonil riees du groupe
posl-pos|éro-lal('ral. Le groupe interne est peu idiondant.
/.'I. Le noyau médian volumimmx émet vers le (amlr(î de la corne (piehpies cellu¬
les (pii, jointes à celles venues de l’amas antérieur, vont former un groupe central
l'^TUDES DE CYTOAnCn ITECTON lE MÉDULLAIRE
193
dont Ids limitos avec les formations cellulaires dont il dérive sont Loutos conven¬
tionnelles. C’('st le noyau central des classiques.
Lb. I,e noyau médian envoie le lonqdu bord antérieur, à ])roximilé de l’angle interne,
quebpies cellules pouvant en imposer po\ir un groupe externe. Le groupe postéro¬
latéral est très développé.
•SI. Au noyau médian et à l’amas antérieur se mêlent intimement les cellules vé.si-
Pig. 8. — Moelle n“ 1. S2. Le groupe X d’Onuf unique se trouve en avant et en dehors du groupe
central, dont il est excopiionnollemcnt rros distinct. O ^ groupe X d’Onuf. C — groupe central
ou médian.
culeuses du groupe X do Onuf . Le noyau central est absent. L’amas antérieur du groupe
nxt((rne et l’amas |)ostéro-médial sont très raréfiés, seuls l’amas postéro-latéral et le
petit noyau post-imsléro-latéral tlemourent nets. ^
■S2. Le groupe. X d’Oniif tré.s net so fragmente parfois en 2 noyaux secondaires. 3 à 4
cellules représentent l’amas antérieur, et 10 à 12 l’amas postérieur du goupe externe.
Le groupe post-postéro-latéral a disparu.
‘S3. G à 7 cellules radiculaires persistent de l’amas du groupe externe. Une à deux
cellules <lu groupe interne.
•S4. I,e groupe extiume a disparu, 7 à G cellides radiculaires du grou|)e interne per¬
sistent, le long du bord interne et de la moitié médiale du bord antérieur.
■S5. (’,(îllules radiculaires erratiques à dis[iosition très variable.
.MOELLU N“ 2
Enfant de 8 mois, étude en séiie dos renflements cervico-dorsal et lombo-.sacré.
C'A. I.,e, groupe interne, prédomine, il so divise ])arfois en un amas antérieur grêle et
en un amas imslérieur conqjosé de 7 à 8 cellules. Ebauche d’un groupe intermédiaire
entre les cellules latérales et le groupe intinme.
él4. Il y a nellcm(mt doux groiqies ; le groupe intermédiaire est bien individualisé
dans la moitié supérieure du sc^gmont, mais se rap|iroclie du groupe interne dans la
'hoitié inférieure.
Cb. Le groupe externe, l’emporte sur le groupe interne qui contient parfois 2 amas.
Cb. Hien à ajouter à la description de la moelle n" I .
C7. Le groupe médian envoie des cellules dans le groupe interne et dans le groupe
central. Le groupe postéro-latéral est net.
«EVUK NKUltOLOGIQUE. — T.
19-1
1VAI\ liEUntANl) ET LUDO VAN HOr.AEHr
Ki". il. — Mdolli' II" 2. 4H coupes sériées constituant, tout le segment L-l. Cliaf|ue dessin comprend
la représentation scliématii|ue de 2 eoujies successives. Les limitcsde clia((ue noyausont reportées
sur le schéma par les lignes —1—, —2—, - 2 - .suivant rpie les formations cellulaircsaiiiiar-
tiennent àla coupe 1, 2, 2. Klles montrent l’intiication incessante des noyaux cl leurs déplace-
l'TUDES DE CYTOARCHITECTONIE MÉDULLAIRE
195
C8. L’amas poslànaiir du frroiipo ('xl.orno sc fras-iiKailc. rn'‘fpicmmoiiL en Irais
'layaux secamlaiia-s al, les (''lémenis du f'rauile pasL-pasIéra-laléral naissoni, aussi bien
des d(uix amas les plus iidernes (pie dis l'exl.ei ue.
^11. Ideul,i((ue à la moelle n" 1.
Rrnilcmcnl Inmho-mcré.
L\. Rliaiielie priVoce du "''uiipe exi.erni' ; Lrès rapidemeul, frai;meul(- en deux el,
fnème l.rais noyaux.
L'i. I.e frroupe iul.erue esl. I riNs fourni. Les cellules du ^uampe l'xfei'ne soûl essaimf'es
le lon^ du liard convexe aniiiro-exierne, jusipi’à la naissance de la corne latérale.
IA. L« bord antéro-externe sous la saillie du j'roupe extei'ue se divise eu un bord
antérieur et postérieur. La premifu'c' division du );roupe externe en amas antérieur id
postérieur apparaît.
IA. I.,es Ki'uupes sont beaucoup midns abondamment fournis ([ue dans la moelle
.T’ 1 et la séparation d’amas seconiiaires est prati([uement impossible. D’une faeon
incessante, on vint amas postérieur et postérieur sc fusionner, puis se seiuderànouveau
l'n 4 noyaux secondaires. Les fçroupes central et posl-iiostéro-latéral sont mal indi¬
vidualisés.
^-5. Identi(|uo à 1.4. Le orouiie externe est plus riche en cellules.
-''1. I.e groupe externe fournit [lar son amas antérieur, au groupe central. Le gron|)c
Post-postéro-l.atéral se fragmente passagèrement en amas externe et interne. Le groipie
médian augmente brusipiement de, volume, s’étend le long de la midi ié médiale du bord
nnlérieiir jiisipi’à l’angle interne et se fusionne étroitement avec le groupe interne, ün
peut parfois distinguer trois amas secondaires, disposés côte à côte dans le sens frontal,
l'L (pii correspondent, de dehors (Ui dedans au noyau médian (dans le([uel sont inclus
'les cellules aiipai'tenant au groiiiie X), nu noyau latéral et au noyau médial interne
'le. Van G(diucliten.
■'12. Le groupe externe diminue numéri(iuenu'nt, le groupe central esl plus fourni
19G
IVAN rtlîlirilAND HT IJJDO VAN IlOGAHIiT
ainsi que le groupe interne. I.’atnas le plus externe du groupe post-postéro-IatÈral a
dis|)aru. I,e groupe externe se divise assez Irtupieinment non plus comme dans le seg¬
ment précédent en deux amas juxtaposés dans un plan frontal, mais en deux amas
situés l’un derrière l’autre. : le premier à l’extrémité méitu' île l’angle, le second en
arrière et en dedans ; la sépai'aliou de ce dernier avec le groupecentral estconvention-
nelle.
S:S. I.e gronjie central a disparu, le post-postéro-latéral persiste. Le groupe interne
est uniipie. Le groupe moteur médian a disparu, seules les petitescellulosvésiculeuses
du grouiie X d’Onuf persistent à son emplacement. Le groupe externe maintient sa
lopograplue primitive, mais s’appauvrit.
.S'I. L(‘ groupe interne conlient deux à trois cellules radiculaires; le groiipeexterne
ü à 7. Le reste est constitué de nids, de petites et moyennes cellules du type sympa-
tliiipie, dont la formation la plus typique est la partie inférieure du groupe X.
éiT). Ouelqiies cellules radiculaires persistent dans la région de l’ancien groupe ex-
MOELLE N" 3
Moelle d’enfant do 2 ans 1/2.
Etude de. segments dorsaux et lombo-sacré, on prélevant dos coupes à chaque milli¬
mètre.
Dl. Aspect triangulaire de la corne antérieure ; un angle antéro-interne et un angle
externe. Trois bords : un interne, un antéro-externe, le plus grand, le plus long; un [tos-
téro-externe très court. Le groiqn^ externe contenu dans l’angle (‘xteriu! so raréfie,
groupe interne, plus dense, tend à occuper bi moitié antéro-interno de la cormu
1)2. L(! groupe externe conti(uit (i à 7 cellules, certaines d’entre elles so glissent é
proximité du groupe syrnpatldquo latéral. Le groupe intiume est dense.
/J.'!. 7 à 10 celbib’s motrices dans la moitié antérieure de la corne, sans systémati¬
sation possible.
C(dte répartition <liffusc des cellules dans la moitié ou le tiers antérieur de la corne
SC maintient pendant toute la moelle dorsale. Toute délimitation d’un groiqie externe
ou interne est im|)Ossible.
ïicnilcmcnl Uimhn-uncrf..
L I . Les cellules se groupent surtout dans l’augb' interne, 3, 4 cellules le long du bord
extenuî de la corne, ici triangulaire. Celles-ci ne forment pas de grou()ennuitet[)euvent
s’étendre jusiiu’à l’angle externe. On distingue à la corner une form(^ de triangle à bord
convexe avec deux angles arrondis, un antérieur, un exterin^ et trois bords.
L2. L(^ groupe exteriu; se. coiistitiu^ d’emblée. Son apparition accentue l’iinghi ex¬
ternes au point de donner immédial ement à la corne un aspect de trapèze élevé, à grande
base postérieure ; trois anghss, un interni'. un antéro-exti'rne et un postéro-externe ;
quatre bonis, intesrne, antérieur, exti'rne et postéiieur, ce desmicr légèrement (d)lique
forims b’ versant antériisur de l’angle rentrant latérid à l’union des corinss antérieure
et postérieure. Les cellules du groiqus externe se |)lacent suivant un axe joignant l’an¬
gle externe à la c.ommissuias grise. Le groiqus aid,éro-inteini‘ placé dans l’angle interne,
s’étend sur le tiers aidérieur du bord interne.
L3. I.e groupe iid.erue est numériiiuement très inférieur à l’extcsme. Lu topographie
en demeure id(snti([ui'.
IA. Le groupe iuts'rms est prisscfue inexistant, l’externe laisse reconnaître trois amas :
antérieur, postérieur et central.
/.5. l’ius de groiq»! intisrne ; trois noyaux dans b^ groupe (externe, nettfwent isolés :
l’un d’(uixau centre, les deux au très respectiv(uuent <lans les angles antéro-externe et
postéro-externe.
.SI, L’amas postérieur se fragmente en deux ou trois noyaux, dont b^ plus intf’rne
nous paraît devoir constituer b^ grou|)i' central des auteurs. .Sur certaines coupes, on
rencontre une ébaucln? du groupe post-postéro-latéral. Legroupf! interin- se fusionne
avec les groujies médian et central.
ÉTUDES DE CYTO ARCHITECTONIE MÉDULLAIRE
197
52. La distinction dans lo groupe externe d’amas antérieur et postéricurestsoiiveut
impossible, de mémo, l’isolement d’un noya<i central. Le groupe post-postéro-latéral
est net. Sur certaines coupes on peut assister ùlu Irugmentation de l’amas antérieur
par l’entrée dos racines motrices.
53. Le groupe interne se constitue ; l’amas antérieur du groupe externe se frag¬
mente et diminue d’importance ; l’amas postérieur l’emporte et comprend assez fré-
Fig. 11. — Moelle n» 3. L2.
quernment un noyau externe et interne. Ce môme aspect se réalise pour le post-postéro-
latéral.
‘Si. 1,’angle antéi'o-cxterm^ a presque complètement disparu, itinsi que lo grmq)c an¬
térieur, réduit à 1 ou 2 cellules. L’angle i)ostéro-externe persiste et contient une petite
masse de 5 à 7 cellides.
5. Quelques cellules radiculaires au bord externe de la corne.
Etude en séries <lu <piatrième segment lombaire de cette moelle en série complète.
1“ Le groiqu! interiu^ ]jeu abondant i^t placé dans l’angle interne, peut glisser jus-
'l'i’à la moitié postérieure du bord interne.
Uans l’ensemble, il est bicm individualisé et il n’y a ipie deux ou trois coupes où l’on
Voit des cellules d(! ce groiqje, le relier aux groui)es central et médian.
2“ Le groupe, externe très volumineux arrondit l’angle antéro-externe, élargit consi-
•lérablemeut la corne en largeur (d, en profondeur. Il touche par sa périphérie aux bords
postérieurs externe et ménu! antérieur de la corne. Ovoïde, à grand axe ; oblique en
arrière (‘t en dedans, son pôle interne s’oriente vers la commissure et s’ét(md jrjsqu’au
l'iers interne d’une ligne joignant l'angle antéro-externe au fond du sillon médian an¬
térieur.
Les celluh^s sont groupées tantôt en un amas uni(|ue, tantôt en amas secondaires,
se fusionnant et se séparant de coupe en coupe.
Elles peuvent aussi se disiioser en anneau. Cet anneau prend insensiblement un a.s-
Pect nionilifornie, s’ouvre, se fragmente ou se fond en une. masse unique. Il peut aussi
SC dissoudre dans toute la corne. Parfois sur plusieurs coupes, il est possible de suivre
IVAN luarntANn ht iaiiu) van booahht
un limas (Imil, la foriiii' l•(■s(,|■ coiislanli'. f)n priil, alors sa ramlra coiiiiil.a des <lr|ilaco-
iiiriits iiicassaiils i|u’il subit, laiil dans le sens transvarsal «pia frontal. Nous avons
vu ramas aiiLoriimr s’afriçlnlincr ainsi dansranoloantaro-cxtorno. lion à pon s’otondro
on ooliaiTio lo lono dn bord anlorionr, ot (inalomont so roforrnor à proximito dn bord
On pont assistor à la naissance do oronpos. On voit lo içronpo modian naîlro dn
l'i’onpo oxtorno ot y rotonnior.
1 )ans la majorilo dos oonpos, on parviondrai t à systomatisor 4 à 0 amas, mais lonr to-
pof'rapbio est si inonvanio ipio lonr sysltmalisation est illusoire.
MOKldJ': N" t
lOnfant do (j ans | /o, ('•tndo dn so>,^niont lombo-sao.io, dopnis 1-1 jns«pi’an*côno tor-
minal ; oonpos vortioo-fronlalos ou série.
rift. l'J. - Moollo. Il" t. Coupo vortico-troiitalo allaal ilii L.'i an ciaio torniiiial ri. Kilo niimtro
l'alisoiioo (l’iiiio ooliniao ooiitiimo ot do oolloii os .soniiiilairos iiarallôlos, ma s uiio suite d'anias
oollulairos mal iiuliviilualisos ot île doasilé iiiliniinoiit variable.
llTUDEfi DE CYTOARCHITECTONIE MÉDULLAIRE
199
A) De Ll à IA. Il y a deux grandes zones de groupements cellulaires ; une zone ex¬
terne corrirspoiulanl au groupe externe des coupes transversales, à cellules radiculaires
plus denses que la zone interne correspondant au groupe interne. La disposition ne
réalise ni une colonne continue, ni mémo une disl)osiLion moniliforme. Les cellules
représentent dos amas de hasard se déjilaçant ineessamnuuitet pouvant former entre
eux des anastomoses et ramifications acci<lentellcs. Entre ces amas se rencontrent
lies plages tout à fait désertes. Dans la zone interne. i)etits amas plus rares, plus distants
et plus pauvres en c('llules.
B) De Lb au cône terminal ;co segment a été dessiné entièrement à la chambre claire;
nous en reproduisons un fragment moyen. En L4, existe un groupement interne com¬
posé de cellules petites et disparaissant rapidement ; elles sont groupées en amas de 7
à 8 cellules radiculaires. Nous en reproduisons deux dans la partie suiiérieure ilu
dessin. En L5, ces cellules se raréfient brusquement et il no reste plus, dans la zone
interne de la corne, que des petites cellules du type sympathique dont le nombre
parait augmenter dans la partie, inférieure du segment. La zone externe est très dense,
surtout quand la coupe frontah! intéresse au hasard des variations do, volume de l’an¬
gle, externe la plus grande largeur de la corne. Ceci est réalisé en deux points <lcs frag¬
ments que nous reproduisons. On y voit des groiqies cellulaires se condenser, se diviser,
puis se confondre. Ces sortes de ramifications correspondent aux incessants dépla¬
cements qiie montrent les amas celullaires sur les coupes transversales. Les vides
produits parmi ces noyaux expliquent comment un amas présent sur une coupe
transversale donnée, peut être absent sur la coupe siuvante. En d’autres endroits,
on a de petits noyaux di.sposés en grains de chapelet (partie moyenne du dessin).
Dans les segments où les cellules se densifient comme dans l’élargissement de, la
corne à la partie siqiérieure de, SI, il est impossible, non seulement de délimiter une
api)arenco de colonnes telles qu’elles ont été figurées i>ar les classiques, mais même les
limites du noyau.
I.a conclusion de, l’étude des coupes frontales, c’est qu’il n’y a ni colonne, ni noyaux
individualisés, que les celhilcs radic\daires sont disposées dans le, jilan frontal, en une,
traînée interne et externe de volume et d’aspect incessamment variable. Il serait inté¬
ressant d<! vérifier la topographie des cellules chromolysées au cours des amputations
expérimentales, non sur des coupes transversales mais sur des coiqics frontales. On ver¬
rait très i»robablemenl alors une intrication cellulaire des noyaux nntti'urs correspon¬
dant étroitement à l’aspect microscopiipie que nous venons de décrire. Cette étude n’a
pas été faite. Que l’on compare le dessin que nous publions aux schémas résumant les
données topographiques classiques, et on se rendra compte de quelle systématisation
excessive ils sont le résultat.
MOELLE N« 5
Jeune fille de 18 ans. Etude du renflement cervico-dorsal et lombo-sacré, une coupe
étant prélevée tous les millimètres.
Cl. Pas lie grou])ement ; les cellules radicidaircs sont diffuses dans ce qui reste de
corne grise, et la substance réticulaire intermédiaire ; dans les parties intérieures du
segment, le groupe interne est plus individualisé que, l’externe.
C2. Les cellules sont rangées le long du bord antéro-externe, oii elles forment un
grinqie ici interne, là externe. L’ensemble de la corne antérieure est triangidaire.
C;i. Le grmqie interne est prépondérant. 11 détache sur certaines coupes, vers la
commis.surc grise, un amas médian postérieur. Parfois,on voit a|qiaraitre le, long du
fiord antéro-externe, à mi-distance, des angles antérieur et externe, un noyau médian,
plus grêle cependant ([uo ses voisins.
C-l. Le grou|)e interne est le plus inqiortant. Le groupe médian hondie le bord anté-
'■o-externe. .Ses cellules les plus internes et postérieures rejoignent les iilus dorsales
'fil groupe interne, et ne peuvent être .séparées avec ci'rtitude de celles-ci; certains
éléments de ces deux groupes s’eufoncent vers le centre de la corne et constituent nn
noyau central. Le groupe externe, se .développe, sa masse ovoïde modifie l’asiiect trian-
200
iVy\N nriuruAND et i.uno k.ia- nor.MiHT
giiliiiro ([ii’iivail, la corna en C3, an une forme Lrajjfs/.oïclo donl la bord anlérianr asf
léffèramanL oblique (m dehors <d an arrière.
6'5. La f(ron|)a interna est partiaidièrement variable ; il est formé en moyenm; de
3 à A grosses eellnles, cepandaiit il peut faire entièrement défant. La groupes axtenme s(!
fragmenta (m deux amas ovoïdes, un antèrieor et un iiostèria\ir. Leur axa étant paral¬
lèle à celui de la massa cellulaire |irimitivo. A certains niveaux, le groupa externe est
au contraire divisé sagilaloment en deux amas juxtaposés suivant le bord frontal. Ebau¬
cha alu groupe post-postéro-latéral.
CO. I.e, noyau médian émet parfois un petit amas postérieur, intermédiaire antre
las cellules las jilus internas de l’amas antérieur du gro\q)e externe, ou de cet ensemble
de cellules que les classiques ont isolé comme groupe central.
.«IlVIt'/ —
Fig. 13. — Moelle ii” 5. C4. fille montre la raréfaction extrême de cellules ((u’ou peut observer au
hasard des coupes dans des moollcs adultes normales.
Cl. Le topograi)hie demeure invariable, les variations quantitatives d’une coupa
à l’autre sont poussées à l’extrême.
CH. La groupa externe s’appauvrit surtout dans son amas antérieur. Le grou|ie mé¬
dian peut se fragmenter en deux ou trois sous-amas. Li: groupa postérieur i^sl intact,
ainsi cpia le post-postéro-latéral.
D\. Itaréfaction du groupe externe, anrichissament du groupe; interne (pd occupe!
Ie!s eleuix tiers anlérieuers ele; la aeerru'. Le; grenepe; interna peut se désagréger en deux amas
juxtaposés élans le sens frontal.
Hcnilcmciil lumbu-sucré.
IA. Pas elee greeupeement net.
/.2. Changeunemt élans l’asieect général de' la ceirnee peir eléve'leeppe'me'ut ne't ehi greuipe;
e'xte'riU!. La ceeriu! est an trapèze! elemt la granelo basa regarele! e'u arriéra e't e'ii eh'heers.
L’ovoïele! cellulaire' epiei cemstitue' le greeupa externe e'st tangenit au tie'rs eexte'rne' elee
eeeette' liase'. Un neeyau méelian émigi’e! contre la beirel antérieur e't peut se' fragme'ide'i-
e'U un amas postérienir epii n’e'st |ee'Ul-éti'e' epie le' préluele! élu futur grenqee! central. Lee
greiuiie' inte'i'ne. est reiirése'iité par h's ce'lluh's sitnée's lu leeng du beerd interne! et pou¬
vant s’agglutiner aux elcux extrénntés ele ce borel.
/.3. Le' grenqee externe! se; se;inele' eue len amees antérieur e't peestériener.
LA. Le! groupa méelian est très abeinelant e't participe', ave'e! lees eee'llnh's b's plus inte'r-
ne's eh' l’amas aniérie'ur élu greiupe' exte'i'lie', ;e la feereeiatiein d’un neeyau central. Lee
greeupe' peest-postéree-laléral s’isole. Limitation très imparfaite' eh'S groupements. Le;
groujee interne est très pauvre.
liTÜDEH DE CYTOAIUUUTECTONIE MÊDULLAinE
201
i5. Mütiu', L(i)i()g;i'aplüc.
‘SI. I‘'iisi()n (lu groii]Mi central et ele l’anias antf', rieur (^lu groujie externe. Le gr((U])e
médian atteint l’angle interne.
•S2. t.e gruujie, nu'MÜan rcM.ruciîde en laissant un |ietit noyau dans l’angle interne.
L’amas antérieur diminue, : il n’est plus représenté (pie par trois ou quatre cellules
Oillicilement séparables do l’amas postérieur. Le gi'oiipe post-postéro-latéral a dis¬
paru.
Fig. 14. — Moelle n” 5. S3.
S3. La raréfaction des groupes est considérable, seul l’amas postérieur mérite en¬
core le nom de noyau.
•''■1. Cellules radiculaires isolées le long du bord antérieur et externe, perdues parmi
•es éléments sympathiques.
•S5. Cellules radiculaires sporadiques.
MOELLE N»(î
Homme de 45 ans. Etude du renflement cervical, de la moelle alorsale et du renfle"
•dent lombo-sacré eu prélevant trois coupes tous les millinn'dres.
L'I. Nous avons admis comme limite supérieure de C 1 l’apiiarition des premières
cellules de l’hypoglosse. Dans la partie, suiiérinure du segment, il n'y a pas de cornes
••••térieures. Les cellules radiculaires sont disséminées dans la substance grise sillonnée
par les inadongemeuts réticulés. Près du canal épendymaire, les cellules les jilus infé¬
rieures du noyau de (bdl et<de liurdacb. Dans la partie moyenne du segment, quebpies
cellules se condensent dans la partie antéro-interne de la corne, encore très réduite à ce
diveau. Dans les coupes inférieures, ce groupement est encore un jieu ]dus marqué.
L’2. Dans les coiquîs supérieures, les C(dlules sont étendues dans toute l’étendue de
•a corne (pu commence à ébaucher la forme triangulaire dont elle ne fera (pi’élargir
•a bas(' jus(pi’en C4.
llientôt les (udlubis radiculaires antéri(uires tendeid, à se grouiier irrégulièrement le
'"iig du bord interiKî sinndant un groupement aniérieur, postérieur (pu même central.
IJans les coupes les plus intérieures, elles s’agglutinent au sonumd de l’angle interne.
L’,3. Elles deviennent pins ((boudantes et se gnuipent (buis le même angle suivani une
•ipne oblique en arrière et en dehors. Elles ]ieuvent se fragnienler en amas passagers.
Leur nombre peut varier de (|uin/,e l'i six d’un étage à l’autre, et de se|)t à (piator/.e d’une
Corne :'i l’antre de la même coupe.
LM. (Juelques cellules se détachent vers la commissure blamdie ; d’autres vers le
•’ord antéro-((xterne, prélude du groupe latéral (pii s’èbaucbe dans les eouiies infé-
•■icnres du segment.
L’5. Le groupe interne diminue au prolit du groupe latéral. Il oecu)ie tout l’angle
IVAN liEinitAND HT I.UDO VAN liOGAHHT
aoa
milrvo-cx'l onio jiiscin’i'i la raciiie aniàriciirc ilc la corne lalérale. Son inMo interne atteint
le centre de la snbstance «'rise antérieure, et il y constitue une masse ovalain^ dont le,
Krand axe va île l’anirle antéro-externe à la base du bord interne. Il s’en détache (juatre
ou ciiKi cellules d’abord essaiinées le Ion}; du bord antérieur, puis condensées dans une
expansion de celui-ci. Ce };roupe, d’ailleurs assez peu individualisé dans nos coupes,
est le noyau médian. Suivaid, les coupes considérées, on peut décrire dans le fjroupe
externe uti amas central, un amas postérieur et antérieur.
Fi};. 15. —■Moelle a" ü. Coiiiie dessinée à Cl, C2, C3, C'I, Cü, C7, C8.
C'Ci. I,a corne s’allon};e, encore dans le sens transversal et selon le diamètre antéi’o-
poslérieur, ce ipu favorise la dissociation des };rou[)es. l’ersistance du noyau médian
et individualisai ion plus nette du };roupe latéral antérieur et central. I.e };roupe laté¬
ral postérieur s’étend le lou}; ilu bord externe et postérieur de la corne. l,e );roupe in¬
terne reste dans le tiers antéro-interne de la corne.
(’.l. C’ovoïde cellulaire externe redri'sse son axe lé};érement en dedans et en haut.
.\ussi le bord aidérieurdu trapèze ipd forme la corue jusiju’lci sensiblement frontale,
devient-il ubli(iue en arrière et en dedans. Ainsi s'ébauche unaii};le|)ostéro-externe, et
l-rUDES DE CYTOAUCU ITECTON lE MÉDULLAIBE
20 3
11! bord (ixtcrnc sc scinilo bicnlôL en iin bord anléro-cxternc et posléro-oxlcrnc. La corne
comprend trois angles i anliiro-inlerno, antoro-exlcrne cl un ixjstéru-oxlerne contenant
%.lü.- Moelle n" (5. Coupes pr lovées àun inilliaiotrc d’interviille dans tout le seiiment Cli. vSi
l’aroliitecture d’ensemble de la eorne est respeetée, latopo},'rapliiü cellulaire varie d’une coupe
à l’autre et il n’y a pas do noyaux bien individualisés.
204
IVAN liliUrilANI) HT LUÜO VAN nOGAHIVr
cliacim mi groupe ci'Iliilairc. Le groupe posléro-exLomc prédoiiiine niimériqueinenl.
Le gr'oiipe iuLcme plus faillie diffuse le long du bord inleriie.
L'S. Li's angles aid.éro-exLernes el posléro-exlernes s’eslonipenf, La corne s’éLend
f lansversaleinenl el l'angle aiUéro-exlerne devient de plus en plus aigu. Trois centres
Fig. 17. — Moelle a” 6. Coupes aux segments DI et D7.
d’agglomération demeurent. Un au milieu du bord antérieur (groupe médian), un dans
l’angle antéro-externe, et un dernier [dus dense et plus constant, au milieu du bord
postéro-exterue, à l’ancien emplacement de l’angle postéro-externe. Celui-ci est le
plus riche et le plus marciuant. 11 émet en arrière et en dedans le groupe post-pos-
téro-c.xterne.
Fig. IH. — Moelle n" (i. Coupes dessinées aux divers segments du renflement lombo-sacré.
f:TUDKS DE CYTOAUCH ITEGTON lE MÉDULLAIRE
205
/)1. Lo grnupo inlorno sc condonsp. Le groiipp externe tliminue d’importance. Aus.si
le volume de l’anprlo externe a-t-il beaucoup diminué.
De /i2 à 7)12 pas de disi.inction jiossilde en f;rou|ies externe el interne, trois à douze
cellides dispersées dans la moitié ou le tiers antérieur de la corne.
Ll. Disséminées d’abonl (tans la moitié antérieure de, la corne, elles segroupent bien¬
tôt de plus en plus vers l'angle antéro-interne, suivani un axe joignant la corne laté¬
rale à cet angle. Dans les coupes intérieures du segment, elles atteignent le bord ex¬
terne et l’angle interne.
L2. Le groupe externe s’établit rapidement et l’emporte sur le groupe interne ; tous
lieux restant localisés, à la moitié antérieure de la corne. Sous la poussée de ce groupe,
l’angle ((xterne s’arrondit, gonflant le bord antérieur et latéral. Le groupe cellulaire
externe s’étend aussi justpi’au centre de la corne et constitue une masse ovale, dont le
pôle médial est tourné, vers la commissure grise. La corne s’élargit suivant ses diamètres
frontaux et sagittaux. Un angle i)ostéro-cxterno se forme et donne à l’ensemble un as¬
pect quadrangidairc. L’ovoïde celbdaire redresse son pôle supérieur en haut et en dedans.
11 sc fragmente en d(uix groupes; postéro-externe et antéro-externe, qui à tout moment
se tusionn(uit et se dissocient.
L3. Le développement du gro\ipe externe gonfle encore les bords antérieur et ex¬
terne, de ce fait le bord antérieur ne reste pas frontal mais devient antéro-interne, le
l>ord externe devient antéro-ext('rne, el la saillie de l’angle postéro-externe le sépare
*lu bord postéro-externe. Le groiqie interne est très rarélié. Le groupe externe ne mon¬
tre aucune fragmentation typique : à |)cino sur certaines cotipos isolc-t-on ïin amas an¬
térieur, postérieur ou central.
IVAN niiirrnANi) et ludo van hogaert
20()
/,1. l.i's iiiiïlos (lüviciini'iil, [lins lu'is ('L les f;n>iipRs ci'lluliiiros plus lUssncu'^s. Les amas
auléi'iiMir (‘I. posiénciir soûl, les mieux fournis. Le hord iinférieur de lu e.onie, devient
iiiseiisildeiueiil uiil.éro-iiderne, (d, l’iiuole (pi’il forme avec le lioni itd,i'rne devient ainsi
ro.ttx ibS ««tfK'ti-».
Idif. 20. — MdcIIc n" 7. C5. Coupe saifiltaln antéro-postérioiiro intorogaant les élémonta collulairea
(lu groupe externe ; abacnce de colonnes et de noyaux.
d(( plus en plus obtus. L’angle post('iro-externp se (b'jette également en dehors. Le
groupe, interne est très grêle.
7,7. L’angle interne devient plus obtus ; l’ancien bord atd.(''ri(uir n’est plus (pie la
continuation dn bord interne. Le groupe central polymorpbeest irrégulièremeni frag¬
menté. Le groupe post-postêro-laléral est indivi(lualis().
.Si. l,e groupe interne est prati((nement absent. 1,’amus antérieur s’est glissfi un
peu vers le centre de la corne, et se fusionne plus on moins avec le groupe (auitral. Le
groupe post-posiéro-latéral persiste. L’ensemble de la corne a l’aspect d’un triangle
è(iuilat6raL
l'.TUDIiS DE CYTOAnCIliTECTONIE MÉDULLAIJŒ
207
■S2. La canuî roprend sa forme, qiiadrilalère, car l’angle interne s’est reformé, ainsi
qne le bord antérienr. L’amas antérieur du groupe externe est moins important. Dans
la |)artie inférieure du segmeni,, il i^st à peine représenté par (piatre ou cin([ cellules.
Le groupe externe persiste. I.e groupe central mal individualisé disparaît dans la partie
infôri(uire du segment. Le grouiie interm^ comprend deux ou trois celluli's radiculaires
cl un certain nombre de cellules sympatliiques.
■S'3. L’amas antérieur du groupe externe s’est dissous b' long du boi'd antérieur. Il
peut reparaître sur certaines co\ipes. L’amas postérieur jirédonune. I.e groupe X d’üuuf
a pris la pbu'e de l’ancien noyau médian.
■S'I. Le groupe interne conqirend deux à quatre cellules moyennes, le groupe externe
é>7. Il n’y a plus d(^ groupemeid. , deux ou trois cellules radiculaires sont perdues dans
les éléments sympatbicpies.
MOELLE N- 7
Enfant mâle de M ans. Etude d’un s(‘gment cervical C.5 C.G, et d’un segment lom¬
baire I,I2LI{, en coujies sagittales sériées.
Pas plus que sur les coupes frontales, il n’y a des colonnes cellidaires, mais des
amas plus ou moins condensés, et so succédant à intervalles très irréguliers.
Uans les coiq)es où la substance grise est touchée suivant son jilus grand axe, on voit
la majorité des c<dlulcs groupées dans le tiers antérieur de la bande grise.
Un certain nombr(^ d’éléments so trouvent dans le tiers moyen, ce. sont ceux de l’amas
postérieur et du groupe post-postéro-latéral. Les coiqies sagittales conlirment les
'lonnées liquigraphiques acquises par les coupes frontales.
Conclusions.
En présence clos divergences exirêmes des descriptions classiques, nous
avons dû examiner les diverses coupes analomiqiuis d’une manière scrupu-
lùuso et avec le plus d’objectivité possible.
Les noyaux que nous avons décrits dans nos dilTérentes moelles devaient
uilïiplir diverses conditions établissant leur individualit,^ morpbologique.
1° Nombre des cellules. — Les élémmits radiculaires jnnir c.onstilu(!r
un noyau doivent être au nombre de 3 à 5 cellules au minimum. Certaines
îiescriptions classiques décrivant des (jroupes mono-cellulaires sont par¬
faitement illusoires.
2° Densité du noyau. — La densité des cellules radiculaires par unité
'fc surface doit être nettement plus considérable que celle d’un espace
Piter-nucléaire.
3° Limites névrogliques. — Les faisceaux de filires névrogliques tassées
autour des cellules radiimlaires facililent leur délimilaiion. C’est là un
ffes éléments principaux de l’individualité nucléaire.
4° Forme du noyau. — La plupart des noyaux ont à la coupe une forme
uvalaiiw!, circulaire, souvent polygonale. On ne peut individualiser des
boyaux à (îontours ac,c.ideid.és on jirésentant des expansions nombreuses.
•>° Tiapporls des noyaux avec les limites de la substance grise. — Par leur
'biporl.ance, les noyaux fonmud. souvent une saillie considérable au niveau
4u c.onl.otii- d(! la corne motric(L jirovoipiant. d(‘s angulations variées. Ce
^unt, les noyaux à topographie angulaii'o qui présentwd. b^ plus d’indivi¬
dualité.
208
fVAN lŒIVIRAND HT I.UlX) VAN nOGAHHT
'l’oulds l(^s ('.(iiKlil.idns procrdiMilos sont raromc.nl, réalisées simnllané-
maiil. IMiis ('lias soiil, ii(iinlinoiS(is al, aaaatil iiâas, ])liis l’inilividiial il â du
noyau asi mar([ii(‘a, mais il asi, âvidani, ([ii’il iMisIti'mia ])arl d(^ sid)jaal,ivism(‘
aoiisid(''i’abla dans la dasariplion morplioIof'i([na da la ayl,oai'(diilacl(ini(^
itu’dullaira.
IJans l’àl.iubr das a.olonnas a(dlnlaii'as, on doil, Td ra aussi l'ipouraux. F^a
aolonna doil prâsanUîr nna aoid-imiilâ, on I oui au moins l’âl al luonil iforrna
da ('(U’Iainas aolonnas ru' doil pas alioidir à utn^ inlarru])lion (!(■ aotd inuilé.
J)(^s a(in[)as sàidàas sotd, inda^ssaii'as ])oni' l’àluda das aolonm's a(dlulairas,
alin d(ï jumvoir suivra, (ui cas d’obli(|nil(‘, !(■ dâj)laa(‘miud, d(^s noyaux radi-
culairas (pii las aonsi il lU'iil .
Da raxaman da nos moidlas sidou las prinaipas pn'H'i'danls, n'sullanl au
poinl'da vua da la a.yl oaraliilaalonia das aonias arilc'u’iauras las aonaliisions
suivaiiias :
I" Cliaz la nourrisson al au aours da la pramicra onfanaa, las aonlours da
la inoalla soni moins fraïudiamanl aaausâs al la varii'll; d(i leur aspaal aux
dilT((ranls élaf'as asL moins rialia ([ua dans las moallas d’adolasiamls (d,
d’adullas. Las noyaux molaiirs sonl fusioniu'îs an amas assaz dilTiaili'mcml
(lissoaiablas al silm'.s dans l’angla anIàro-cxLarna al aux daux liars lalt'i-
raux du bord anliiriaur. Avaa l’àf'iï, la formalion das libras narvausas al la
(làvalop[)amanl du lissu inlarslilial isidmiL das massas aidlnlairas al las
individualisanl.
2“ L’iiluda al lalopo^rapliia d(‘s amas aidlulairas maltaiil an ('ividanca
la (lismjmclrie des ijroii[)es rnilindaîres sur une même coupe, (las varialions
sonl ])arliauliàramanL ludd.as pour las fj;roupas (amiraux (d, anlàro-intarna
donl la silualion (!sl variable d’uiK; aoriu! à l’aulra au jioini ([lU! la groupa
c.anlral d’un ('(Hé a,orr(!s[(on(l dans la (airiu! ojiposéa au group(' anléro-
inlarna.
L’('du(la da coupas sériées monlra l((s vuriulious eonsidérubles des
(jroupes dans un même seijinenl mêdulluire. Un amas bien individualisé
disparaîl sur b-G coupas suivanlas jioiir ra])araîlra ansiiila. Son (ixiamsion
subil (l((s varialions incassanlas, t anl(")i (1(( 10-12 c(dlulas,il sa réduilà .'M.
Il glissa (m (bdiors ou (m (balans, s(! dé|dac,(! (H sa fiisionm; avaa bîs groupas
voisins, pour évanlmdlamanl s’an séparer ansui1.(!.
I^’éluda (la coupas varlico-froni abîs (d. v(U'lic,o-sagillalas a(mlirma l’axa-
num (l(îs saalions lransv(U-salas. Dans la lraîné(! irréguliér(‘m(ml monili-
form(( ({ua aonsi ilua un amas, survi(mn(ml das rédualionsaallulainîsc.onsi-
dérablas al da vrai(is inlarriiplions.
d‘> Lu forme des cornes uidêrieures esl un êlêmenl fiée, le plus inlê-
ressanl au point de vue morpliolo(ii(iue. lilb; réalis(! Vinlê(jralion (biS divers
group(!manls ('(dlulain^s ([u’(dla conli(ud. L’angulalion (l(( s((s aonlours asi
un élémani |)réciaux pour ris(dam(ml (d l’individualisai ion (l(!S divers
groujias (■allulair(‘s.
ÉTUDES DE CYTOARCHITECTONIE MÉDULLAIRE 209
La naissance et l’efïacement des angles sont les témoins de l’apparition
et de la disparition des groupes. Au cours de réductions passagères de ces
dernières, la corne conserve la forme typique du niveau: ce n’est que quand
le groupe (!st définitivement effacé, que le contour de lasubstance grise se
modifie.
5° Il est impossible de reconnaître morphologiquement dans l’archi¬
tectonie médullaire de l’adulte la structure même schématique des mem¬
bres.
Les masses cellulaires des cornes antérieures ne représentent ni une
fonction, ni un segment ni un muscle. Elles ont une signification morpho¬
logique : leur topographie est liée étroitement au métamérisme de notre
structure neuro-muscutaire (Sherrington).
6° Les groupes radiculaires sont polymusculaires.
7° Sur une coupe donnée, il est impossible d’attribuer avec précision
une signification fonctionnelle à un groupement ccllulo-radiculaire. Seules
des recherches expérimentales par tigrolyse peuvent dissocier ou indivi¬
dualiser dans un cas précis, un groupement donné.
8° Le groupe antéro-interne est le mieux individualisé, tout au moins
dans les renflements. Il naît en C2. Sa position dans la corne demeure
constante encore qu’il étale le long du bord interne et antérieur une partie
de ses éléments. Certains de ces éléments participent sans aucun doute à
la constituti( n des amas secondaires du groupe externe.
Dans la moelh; dorsale, la réduction de la corne antérieure efface plus
ou moins son individualité.
Il manque comme groupe de S3 à LL
9° Le groupe antéro-externe est plus imporl antquerantéro-interne, mais
ces limites topographiques sont moins précises. Il se divise presque cons¬
tamment en un segment antérieur et postérieur. Ceux-e^ ])euvent d’ailleurs
se fragmenter, fournissant aussi des noyaux médians centraux, intermé¬
dians, externes et internes dont le seul caractère commun est leur incons¬
tance.
10» Il n’y a ni « noyaux », ni « colonnes » cellulaires, dans la zone des
angles antéro-interne et antéro-externe où existent des masses cellulaires
d’intervalte, d’importance et de topographie incessamment variables.
11° En s’en tenant au point de vue puiviment morphologique, on peut
considérer la topograi)hie des groujiements constitutifs de la masse
externe comme aussi complexe, aussi variable, aussi inlriquèe que la
structure intime d’un nerf périphérique avec ses anastomoses inter-fasci-
culaires, bien décrites par Dustin.
(.1 suivre.)
ÎUUOLOÜIQUK. — T. II
II
ÉLÉMENTS SYMPATHIQUES DE L’ENCÉPHALE
ET CENTRES ENCÉPHALIQUES DES FONC¬
TIONS DE NUTRITION
M. LAIGNEL-LAVASTINE
Le sympaLhiqiu^, syslùii : régulateur des fonctions de nuLrilion, a di's
éléments dans l’encéphale. Deux méthodes surtout peimettent de les
(’^tudier, la méthode analoinique (d la méthode; phqsiologique.
Je passerai en revue les résultats les moins incertains fournis par l’une
et l’autre.
1. Analomie.
ÊLÛMliNTS SYMI’ATUiyUIiS DE L’iiNCÉI'IlALK.
Les éléments sympathi([ues, qu’on trouve dans l’encéphale, sont de deux
(»rdres : 1° les uns, les plus nombreux, qu’on commence à connaître, sont,
les Centreis trophiepujs des neurones intercentraux liés aux voies végéta¬
tives. -
2*^ Les autres, non plus origine, mais terminaison du sympathique,
ne sont ([lu; la p.'irlie localisée à l’encéphale du sympathicjiu! viscéral, por-
ti(i absolunu'nt analogue à celles ([ue j’ai écrites ailleurs (1) sur le sympa-
thi(iue viscéral.
Ainsi l’encéphale apparaît comme l’origine (d l’aboutissant d’uru! par¬
tie du .symi)atbique. On conçoit donc (pi’ils agissent l’un sur l’autre j)ar
des réactions récipro({u(;s.
J’étudi(!rai d’abord les centres sj/nipaUiiques contenus dans V encéphate :
butbe et cerneau, <densuit(! les ptexus sympathiques du uisccre cerneou, plexus
sympathiques meninyés, butbaires, cérébraux.
A) Centres sympathiques situés dans t’encéphate.
Ces centres, (pie l’hyiiothése adnnd depuis longtemps pour (sxqiliciucr
(1) Laignkl-I.avastinu. l’alholoffic du .Sympalliiriuo. Es“ui d’analonio-pliysio-
|).il,holoj'ic (;linique, iii-8“ de 900 p. Alcan, 1023.
ÉLÉMENTS SYMPATHIQUES DE L'ENCÉPHALIQUE 211
lis réactions physiologiques, expérimentales et cliniques, sont encore
très mal connus au point de vue anatf inique.
La complexité de l’encéphale, les réactions, à distance et les actions de
suppléances rendent très dilTiciles les inductions tirées de la méthode anato¬
mo-clinique.
Aussi n’indiquerai-je qu.î ceux de ces centres c(ue la méthode anato¬
mique a mis en évidence, renvoyant pour l’examen des autres à h partie
physiologique.
a) Cenlres sympathiques bulbaires. — J’ai dit, d’une façon sclu’matiiiue,
que le pneumogastrique était le département bulbaire du système sym¬
pathique. On comprend que cette assimilation ne vise que les neurones de
même ordr(!, c’est-à-dire viscéraux ou végétatifs.
En effet, il est dans le bulbe des centres de coordination des grandes
fonctions végétatives, qui rentrent par conséquent dans ma définition
physiülogi({ue du système sympathique et qui sont distinctes du nerf
pneumogastrique.
Ces centres sont d’ailleurs plus fonctionnels qu’anatomiques. Je ne les
décris donc pas ici.
Quant aux centres du pneumogastrique, sans entrer dans leur étude,
qui m’entraînerait hors du cadre de cet article, j ; rappelle, comme je l’ai
fait, dans une 1 çon (1), qu’ils sent au nombredetroisetlcshomologucs des
cornes médullaires : le noyau ambigu (2), à grosses cellules motrices homo¬
logues de la corne antérieure ; le faisceau solitaire, qui recueille les extré¬
mités cylindraxiles des protoneurones afférents, homologu( de ta corne
postérieure, ctlenoyau dorsaldu vague, Nucléus vagi visceralis deMüller(3),
centre' des petits fibres à myéline, homologue de la corne latérale. A
côté de ces trois noyaux classiques, je citerai le noyau intercalaire de Sta-
derini.
D’après Kidd (4), ce noyau intercalaire de Staderin^consisteen petites
ediules nerveuses du type viscéral. 11 est situé dans la colonne cellulaire
ventro-latérale primaire de l’arrière-cerveau. C’est un noyau du sympa¬
thique. C’est le noyau moteur qui commande aux muscles lisses innervés
par le vague. Il n’a aucune connexion, ni morphologique, ni physiologi¬
que avec l’acoustique./
b) Cenlres sympathiques cérébraux. — Ces centres sont légion. La phy¬
siologie et la clinique montrent chaque jour l’influence de l’encéphale sur
la régulation des fonctions de nutrition. Mais l’anatomie n’a pas encore
pu figurer ces centres, autrement que dans des schémas et, si l’histclogie
a di.stingué dans les noyaux centraux et dans le pallium cer laines formes
(1) Laionul-Lavastinu, L’atixieU'. Leçon clinique (aile le 2 avril 1912 à la Clinique
(les maladies menlales et de l'encéphale (professeur Giliiuht Ballet).
(2) On sait que Cajal décrit le noyau ambigu comme le centre le pl\is élevé du .spinal.
C’est une (piestion do définition. Cf. Mauhice Vkhnet. H. Neural., fév. 1918, p. 1, 7, 9.
(8) L. -B. Mülliîu, Beitrftge zur Anal. Histol. und Pliysiol. der Nervus Vagus.
Dculsche Archiu. /ür Klinischc Medizin. Bd. CI, p. 437.
(4) Léonaru-J. Kiou, Le noyau intercalaire de Staderini, Peview of Neurol, and
Psijcltial. Xn, n» 1, 1-21, janv. 1914, H. N., mars 1916, p. 355.
212
LAI GNEL-LAVAS Tl NE
cellulaires, qu’on suppose plutôt liées que d’autres, à la régulation végéta¬
tive, il me paraît encore prématuré d’en donner ici la description.
Je ne rappelle que pour mémoire que von Leube (1), se basant su” les
recherches de Charcot et de Nothnagcl, plaçait des libres du sympathi-
([uc dans le bras postérieur de la capsule interne,» vraisemblablement entre
les territoires moteurs et sensitifs» ; que les expériences de Camus et Roussy
démontrent l’cîxistcnce d’un cemtre de la légulaf ion urinaire dans la région
<lu tuber cinereum;que Trétiakoff (2), dans sa thèse, donne de bonnes rai¬
sons d’admettre l’existence d’un centre sympathique dans le locus niger;
que d’ailleurs tous les travaux concordants de ces dernières années sur la
physio-pathologie des noyaux centraux donnent l’imprcîssion que ces
noyaux, en partie régulat(!urs du tonus niuscmlaire, jomuit un rôle impor¬
tant dans l’harmonie cérébrabî des fonctions vég(itativcs et par consé-
qufint sont un des élém(uils cérébraux du symf)atlu([ue.
B) Plexus sj/mpalliiques du viscère encéphale.
Ces plexus sont les homologues de ceux que l’on t.ouve dans ious les
viscères, fis i)araissent d’ailleurs plus simples, en ce sens (ju’ils semblent
se réduire aux plexus méningés et vasculaires.
J’envisage donc parmi les plexus sympathiques, qui innervent l’encé¬
phale, seulement bis plexus méningés et vasculaires.
a) Ple.xus sijmpallii<iues ménimjés. — Les y)lcxus syrai)dthi([ues né lin-
gés p(!uvent être envisagés dans leur ensemble, qu’ils soient rachidiens
ou crâniens.
Les plexus sympatlii([ucs de la dure-mère c.rànienne acco/upagnent les
artères autour desquelles ils form(uit un réseau serré. L(is libîls sensitifs
de la dure-mère dépendent surtout du trijumeau et un peu du vague. On
Jie c.onnaît pas d(i lilets sympatldipies dans V arachnoïde.
Les plexus sympathiques de la pie-mère sont nombreux.
Los p.bsxus sympatbi([ues fie la pie-mère crânienne ])araissent analo¬
gues à ceux de la spinale, c.’(!st-à-dir(! ([u’ils consi ituent dajis la couche ex¬
terne de la pie- nère h^ phixus (bs Purkinje, dont biS mailbis rfuiferment
des (îcllules symjfal biques à leurs [)oints nodaux.
Lf^s pbexus sympallu<|ues des plexus choroïdes, doublennuit intéressants
au point dc! vue vasculaire et sécrétoire, sont encorciinal connus ; bis nou-
\fdbis méthofbfs d’imprégnation permidJomt désorinais bmr étudfî chez
l’homme à l’état norjnal et ])atholügi(ju(!. Je viens d(! l’ébaucher chez les
paralytiques généraux.
b) Plexus sipnpalhi(pies bulbaires. — Les vaso-inot(îurs du bulbf^, d’une
importance physio-palhologifpie capitale, dépendent surloul du nerf ver¬
tébral.
c) Plexus sympalhiques cérébraux. — Lfisplexus symjtal hiqiuîs cérébraux
sf.nt extrêmement nombreux. Beaucoup sont emofre mal connus.
(1) Vf)N Lhudi;, Siincicll' Diajiioslik iirinorer Krankcilt'ii,, ]89H, 1,. II, p. 224.
(2) TnÉiiAKOPi-, Coiilrib. à de l’aiiat. palliol. du locus niffcr dc Sociu-
meriri',' avec (luclquos ddducl. relatives à la paUiogéiiic! des Ir. du tonus luuscul.
ÉLÉMENTS SYMPATHIQUES DE L’ENCÉPHALIQUE 213
N’envisageant que les plexus vasculaires, je ne fais que citer les plexus
sympathiques des lymphatiques, des veines et des sinus, pour insister
un peu plus sur les plexus sympathiques des artères cérébrales.
Les plexus sympathiques des artères cérébrales, que Kôlliker a suivis
jusque dans le cerveau sur des artères de 30 1^, tirent leurs nerfs de deux
sources; du grand sympathique par les plexus de la carotide interne, de la
vertébrale, de l’hexagone deWillis, et des nerfs crâniens de la base, notam¬
ment des Tll® et IX® paires, peut-être même directement de certains
points du mèsocéphale (1).
Ces origines dilîérentes rendent compte des sources diverses des modi¬
fications vasculaires du cerveau.
II. Physiologie.
Les centres encéphaliques fonctionnels de la nutrition ont d’abord été
mis en évidence dans le bulbe. Je rappellerai les centres bulbaires avant
de passer aux autres centres encéphaliques.
Parmi ces centres bulbaires, Ifis njyaux végétatifs du pneumogastrique
ont depuis longtemps attiré l’attention . Je dirai donc un met de la vieille
idée de l’homologie du grand sympathique et du pneumogastrique avant
d’énumérer quelques centres bulbaires ce cérébraux.
1. Homologie du grand sympathique et du pneumogastrique. — Cette idée
ancienne, duc à Blainville, exprimée par Gaskel et Nuel, a été reprise par
Thébaut en France, par Onuf en Amérique.
Elle trouve d( s arguments dans l’étude de la topographie fonctionnelle
du sympathique.
Cette disposition très générale du sympathique permet d’établir, sinon
des identités, du moins des homologies avec certains nerfs bulbaires, le
pneumogastrique, entre autres, qui avec ses doux ganglions, son grand
nombre de petites fibres à myéline, la situation de son noyau moteur dans
le prolongement des noyaux moteurs sympathiques médullaires, ses fonc¬
tions inhibitrices qui le rapprochent des vaso-dilatateurs, des fibres inhi¬
bitrices, d’une façon très générale des fibres interccntrales, font de lui
le type d’un faisceau de proloneurones sympathiques efférents et afférents
qui ne diffèrent des médullaires que par leur situation bulbaire. Le pneurno-
qaslrique, dans une partie au moins de ses éléments, est donc au bulbe ce que
le sympathique Ihoraco-lombaire est à la moelle.
2. Centres bulbaires des fondions de nulrilion. — Parmi les centres encé¬
phaliques des fonctions de nutrition, on sait l’importance des noyaux bul¬
baires.
M. Bonnier (2), dans une série de publications et de communications à
la Société de biologie, a insisté sur leur rôle.
Trendrdenburg (3) met à nu la moelle cervicale d’un lapin et le refroidit
(1) Poiniiîn,Tr. d’annt., l. III, p. 128.
(2) BoNNiEn, .Soc. de binlni/ie, passim.
(3) Turndelenburo. W. Pflager’s Archiv. 1910. T. CXXXV, p. 469.
214
LAIGNEL-LAVASTINE
dans un couranL d’eau froide. Si le refroidissement est poussé assez loin,
il supprime entièrement la eondue.tion nerveuse dans la moelle cervicale
supérieure, entre le bulbe et les centres nerveux spinaux. Or, dans ces
conditions, les inouvemuits respiratoires du diaphragme (‘t du thorax
cessent (udiéreuont et la pression artérielle présente une ehuLe pro¬
fonde. Les ('(mires respiratoires (;t vaso-mot(mrs sotd, doue situés en
amont (h; r(mdroit refroidi.
L’est donc dans le bullx; qu’il faut localiser le primuïn movens d'esmou-
V((ment,s res])iratoir(îs, ainsi ([ue celui du tonus vasculaire.
2) Centres hnlbaires des jonctions de nutrition.
Les eentr(!S céiaibraux (his fonctions de nutrition sont d’aulant plus
dillic.lhes à pr('eiser ([u’ils soid moins accessibles.
\ussi les moins mol connus ])Ourrai(mt-ils êtr(; les rortiraux.
Les travaux pour (‘tablir Ibexistenee, 1(( sièg(! el, l’aelion de ees centres
corticaux des fonctions de nulrilion sont mullijdes.
Ils ont été bi(m résumés [lar S(;ury (I) et (irassel (2).
.Je iKi rap[)(dle ({ue ([uebpie.s-un." d’ mtr(! (Uix.
b]n 187.’), Boebefontaine ( t Lé])ine ont démontré ([ue la faradisation de
l’é 'orce eéi'ébrale el, en 'particulier du gyrus sigmoïde fait séeré! er les
glandes salivaires.
Ln 1876, liulenburg el Lamb.is Irouvent dans la r(’'gion un Iriee de l’é-
(•ore(( (■ér(‘brale des ceidres tbermi(pies (tlieiino-frénaieiirs), ])robablemcnt
dislincts des aires motrices elles-mêmes, dont l’exeilalion produil l'by-
potberuiie el la destrii 'lion l’hypeitbeimie.
Lu 1882, Bokay mordre aussi l’influenee de l’éeoi'ce céi'ébi'ab; sur la
l'égidation lbeimi(|ue,
Beeblerew (it .Mislawski (1886-88) m (tient en évidence les fond ions vaso-
m')l riees d’une pari i(! considérable de la surface des hémisjibèi'es du chien ;
ra('('(’'léi'alion notable du pouls jrar exeilal ion de l’aire moli'iee de l’éccice ;
lu. 'ord l'ad ion de la V(rssie par e.xcil al ion d’une jiarl ie du segment aidérieur
et ])ostéri(nu' du gyrus sigmoïde ; un «'crdi'e cortical de la salivation en
dehors (1(! la zon ' jn d rice.
Oit (1888) ('om])ren(l la région p('ri-rolan(li([U(' el la j'égion p('ri-syl-
vienne dans les eeidres (b; vaso-censi ri 'lion (d de vaso-dilatation,
l’our Openebowski (188',)) (( ,'ba([ue bémisi)lièi'e 'érébial possède un
e(!ntr(; cortical du nerf dilatateur du cardia au voisinag(! du suleus eru-
eiatus ».
Beehterew d Mislawski signalent l’acli)/) du gyi'us sigmoïde et de la
deuxième cireonvolut ion adjacente sur la muscidal ure inle.stinale et l’ae-
I ivilé.gast)'i(jue. Ils localisent le ('enlT(i sécrétoire deslaimes dans les par-
I ies int(‘rnes dos cireonvolid ions anléri(;ure (d posléiieuro du gyrus sig¬
moïde.
(1) ,I. SooiiY. I.c sysl,(''iiu‘ cci'VHiix cciili'iiI.SIi'iintme cl, fonctions. T. 1 1, ]8<.)9, p. 1185.
(2) (.InAssoT. Ti'idli) èl-dncnlaii' • de l’Jiysiopalliologic cliniipic. 'I', 111, p. 1009.
ÉLÉMENTS SYMPATHIQUES DE L'ENCÉPHALIQUE
215
SherringLon (1892), excitant chez le singe la partie postérieure du lobule
paraeentral, provoque des contractions du sphincter anal.
Spencer (1891), après Unverricht (1888), étudie les centres corticaux
d<! la respiration ; Gustave Mann ceux de la défécation et de la miction ;
Trapesnikow ceux de la déglutition ; Stephen Paget ceux de la faim et
de la soif ; Ossipow ceux du gros intestin ; Sollier et Delagenière celui de
l’ostemaç ; Pussep ’elui do l’érection et de l’éjaculation ;Griboiédoff celui
de la sueur dans la partie supérieure du gyius aiïtecrucialus, et Be':'bte-
rew enfin (1) ceux des sé-rétions : salivaires dans le gynis suprasylvicn
antérieur ; gastriques près du gyruspræcruciatus ; pancréatiques et biliaires
dans ce même gyrus.
Il est donc démontré que l’écorce joue un grand rôle dans l’activité des
appareils normalement soitstraits à la volonté et les physiologistes ont
complèt(‘ra(mt abandonné l’ancienne dichotomie du système nerveux :
système cérébro-spinal pour les actes conscients et volontaires et sys¬
tème sympathique pour les phénomènes inconscients et involontaires.
En somme,- comme le dit Mcrat.(2), aucun organe n’échappe à l’in¬
fluence cérébrale.
On peut donc appeler, avec Grasset, les fonctions de nutrition des fonc¬
tions psy<'ho-splanchniques ; car, si l’aciion psychicpie et même corticale
n’est pas constamment nécessaire, elle y est eflicace.il suffit de rappeler
les ladations étroites entre le chagrin (d l’amaigrissement. A l’état normal
qui est triste maigrit, et cm palhologie on sait qu(! ramaigiisscment^ est
SOU' eut l(î premier signe de la mélancolie.
G('tapparcilnei-veux (3), psycho-splanchnique, ressemble à I ms les au très
appareils nerveux, en ce qu(!:]‘> il est comme tous 1 os appareils nerveux,
centripéf.o-centrifuge, sensitivo-moteur ; 2” appareil moteur, il est, c(/mme
■ lous hîs a])pareils moteurs, toujours constitué pareil) double sysfème
de nerfs antagonistes.
Gette synf hèse met en évidence le rôle du cortex dans les fonctirns de
nul rition. Ce rôle est. fréquent, mais non constant. Beaucoup de mécanismes
sympal biques me paraissent, ne pas atteindre le cortex. Entre les centres
hulbairtîs, f[ui représ ml ent déjà une grande condensation le plus souvent
automatiqueetles centres corticaux, il faut placer les noyaux centraux et
diverses formations cérébrales, (pii ont (fié avec plus ou moins de vraisem¬
blance considérées comme jouant, un rôhî dans la régulation nei veuse des
fonctions de nutrition, jiarccque leurs lésions (mtraînaient des troubles de
ces fonctions. G’(!st ainsi, par exemple, (pie la région infundibulaire, le
tuber cinereum, contiendrait des voies importantes sympathiques (fi
smsil.ives. .Je renvoie sur ce point à la découverte par J. Camus et
S. Roussy des polyurie, glycosurie, adiposité infundibulaircs.
C’est ainsi (|u’on a voulu voir un ceiilnî tlu'rmiipie dans le corps strié.
(1) nKciîTi^nKW. Archii). fur. Annl. ii. Phijxwl., 1902.
(2) Momat. Pliysiol. Fim-lions d’innerval., p. 495.
(3) Ghasskt. Physioialhol., III, p. 1012.
216
LA I GNEL-LA VASTINE
opinion qu’a réfutée avec talent Jcan-P’élix Guyon dans sa thèse (1). En
eiïet, c</lnme je l’ai dit ailleurs (2), « do ce qu’une lésion de tel poini
produit t(d trouble d’une fonction, ce n’est pas une raison sullisanlc peur
y localiser cette fonction ».
A plus forte raison est-il dangereux de se servir d’un critère théra-
p(Hitique dans les raisonnements. Ainsi Marincsco (3), admettant le rôle
de l’altération du glohus j)allidus et du locus niger dans l’hypertonie
parkinsonienne, se demande s’il faut y voir l’intervention du système
parasympathique. « L’influence favorable de la scopolamine et de
l’atropine et l’action aggravante de la physostigmine, de la pilocarpine
et d(; la vèratrine, substanees qui entretiennent le tonus, pourrait nous
conduire à l’opinion que le glohus pallidusct la sulrstance noire sont d(‘s
centres parasympathiques. » C’est possible, mais ce n’est pas démontré.
Il faut donc être d’une extrême prudence dans les inductions à tirtu'
des expériences ou des observations de lésions ou d’irritations corticahs
relatives aux centres corticaux régulateurs des fonctions de nutrition.
Quoi qu’il en soit, ces notions permettent de passer de la physiologie
à la psychologie et de comprendre les interactions étroites et réciproques
des fonctions végétatives sur les psychiques et des fonctions psychiques
sur les végétatives. Plus parllculièrement, les rapports des passsions
avec, la vie organique ont été envisagées depuis l’antiquité par do nombreux
philosophes. Pour m’ ,‘n tenir aux biologistes, je rappelle que Bichat, comm<i
les anciens, lo('alisaiL les passions dans his organes. Il écrivait : « Tout ce
([ui est relatif aux passions apj)artient à la vie organique » ; et comme il
isolait les deux vi(îs organique et animale, il explique « comment les pas¬
sions modifient les actes de la vie animale, quoirju’elles aient leur siège
dans la vie organi(Hie ».
(1) Guyon. De l’hypcrtlicririic centrale const’ciitive aux li'sionsderaxo
cérébro-spinal, en par.iculier (lu cerveau. Thiise, 1893.
(2) Gii.iikht liAi.i.oT et I.aionhi.-Lavastini:, in. Tr. de. méd. cl de thérapculiquc, de
Gii.mkmt-Tuoinot. T. XX.XI, p. 245.
(3) Maiunusco. St. de A'iiinl., G juillet 1922. R. N., |i. 1017.
III
CONTRIBUTION A L’ÉTUDE DES LÉSIONS
TRAUMATIQUES DE L’HYPOPHYSE,
VOLUMINEUX KYSTE HÉMORRAGIQUE DE CETTE
GLANDE, CONSÉCUTIF A UNE CONTUSION DU
CRANE
L. REVERCHON, G. DELATER et G. WORMS
(du Val-de-Gràce)
Si les constatations anatomiques qui vont suivre, pas plus que tant d’au¬
tres, n’apportent de certitude sur la localisation précise du syndrome
infundibulo-hypophysaire, du moins l’histoire clinique, confrontée avec les
lésions, offre-t-elle de sérieuses présomptions en faveur du silence des
lésions hypophysaires tant que celles-ci restent limitées à cet organe.
Ensemble elles montrent en tout cas la part importante, directe ou in¬
directe, qui revient aux désordres de l’hypophyse dans l’éclosion dos
accidents.
Elles mettent aussi et surtout en évidence le rôle que peut jouer le
traumatisme dans les altérations de cet organe. ^
Les lésions hypophysaires et parahypophysaires d’origine traumatique
doivent avoir dorénavant leur place parmi les complications des contusions
du crâne ou des fractures de la base. Aucun traitéclassique, à notre connais¬
sance, ne les signale, et l’ouvrage si documenté de Duret (l),qui cependant
consacre un petit chapitre aux fractures des apophyses clinoïdes posté¬
rieures, ne les mcnti&nne pas.
Nous ne connaissons que trois observations de lésion t raumatique de
l’hypophyse accompagnées de vérification anatomique ; l’une, déjà an¬
cienne d.i Frank (2), les deux autres, plus récentes, de Graham (3), Mara-
nion et Pintos (4).
Dans ces trois cas, la polyurie suivit la pénétration d’une balle dans la
selle turcique.
Nous-mêmes (5) avons rapporté en 1921 un cas de diabète insipide con-
(1) Duhut. Trnuma'ismps ex Il^o-c6^^^' rniix, 1921.
(2) I''nANr;K ciU^ par Camus ol Hoiissy. I.n Presse médicale. 8 juillol 1914.
(3) Ghaiiam ciUi par Mnraiion.
(4) Mamanon ol 1‘iNTOs. Noavclle Icnnaqraphie de la Salpétrière, 1916-1917, p. 185.
(5) nr.vnHciiON, WoHMs Pt Hout>uiEn.L('‘sii)ns Iraumaliqiies de, 'hypophyse Pt para¬
lysies multiples des nerfs crâniens. Presse Médicale, n» 75 du 17 septembre 1921.
218
HtiVHlWUON, 0. DELATEH ET C. WOltMS
s('cuLif à uno fracture de l’élage moyen de la base du crâne ; l’hypopliysc
était r(‘duit<! à un pelit moignon, sclérmix oi'i l’examen histologicpn^ ne
permit pas d<! retrouver la moindiMï trace de tissu glandulair(^ ; un cal
sphénoïdal volumimuix compi-imait le i)lanclier du d'’ ventricule, ; en
même temps, il existail des paralysies multiples des nerfs cianieiis.
lin parcourant la littérature, on relève un C(îrtain nombre de cas de
diabète insipid<‘ d’origine traumatirpie, s’accompagnant parfois d’bé-
mianopsio bitemporale ou de dystropbic^ adijxuise (obscrvalions d(‘ Lance-
reaux) (1), Tuilier (2), Wieden (3), PercLLi (4), Ibulslob (5), I.ambert (6),
B(!br (7), Bollack(8), l’agni('z (9). Mais, à toutes ces observations, manque
le contrôle anatomi([ue.
I )(îs conslatations comme celles ([ue nous avons pu faii’<! sont doiu; l'ar es
(d, nous paraissent oITiir un grand intérêt.
Ohxi'rvuliiin clinifiiii'. — I.e serfrciil H..., 27 ans, sur ((iii ne pè.se anenne lare jiaLlajIo-
('itiue, a (Hé violemment conliisionné le 15 janvier 1915 par l'éclaUnnenl d'on olms (pii
l’a enterré dans sa tranchée. Perte de connaissance immédiate, (pii se prolonge '18 heures.
A son réveil, il éprouve une iiéphalée profonde, (jiii s’atténue pr()(,'ressivement, mais
réapparaît de temiis à antre, sons forme de paroxysmes. An début de 1910, les maux
de t(‘te devieiment plus viidents ; ils prédominent à ftaiiche dans la réj'ion sonreilièro
et tenrpo-occipitale.
Puis apparaissent des troubles de la vue, caractérisés par une diminution de l’acuité
visiiidle. Toutefois, lin ()|ditalmo!opiste consulté en mai 1910 ne constale encore aiiciinc
altération des pupilles.
I.’amblyopie s’accroit, et un nouvel examen décèle eiioctidjre 1910 une hémianopsie
bitemporale typiipie :
V. O. (1. ■ 2/10
V. O. I). . 8/10
et lin début d’atrophie optique bilatérale.
.\ ce moment, près de deiixans après le traumatisme, le mahuje, jeune homme très
sportif et viooiire.iisi'ment constitué, sent, dit-il, « ses muscles se transformer en ffraisse ».
.Son pinds augmente, son caractère se modifie. Lui (pii aimait beaucoup autrefois la
danse et les femmes, perd peu à peu tout entrain, tout appétit sexind, an point de (le\e-
nir totalement friffide, recheridiant une existence calme et paisible.
Sa moustache et sa barbe cessent de croître, les poils endeviennent lins, soyeux et
s’atrophient comme il’ailleiirs ceux de l’aine et du pubis.
l'hi 1920, le malade est firas, dodu, d’aspect poupin; il paraît beaiiconp jilus jeune
ipi’il ne devrait être à son l’iffe, par suite de l’absence de barbe et de monstaclie, rem¬
placés par lin lin duvet ipi’ü ne rase (in’nne fois par semaine ; ses sourcils sont nor¬
maux, son tissu cellulaire est uniformément inliltré d’une f;raisso dans laquelle les
massi's musculaires simiblenl fondues. Les mains sont épaisses, les doif’ts boudinés ; bi
tète est fçrosse et les bosses frontales sont déveloiipées.
(1) L.cnciîreaux. Tli'si! (/’m/no/r/îiou.
(2) Tor-i'imi. Err. de rhir., Ixh'i, p. 827.
(.’t) WICDKN. Dissert. inmiijimitc . Halle, 1885.
(I) l’uiiuTTi. Ann. il’nrniisiitiiii'.
(0) Hi'.iisi.on. .\rrh. (l'nphUü. 1905.
((’,) Lamiiciit. 7'/lè.ve de. Mnnlpellier. 1908.
(7) lînnn. Cité par liidlack. .\nn. d’oridisliqiie. .lanvier 1920.
8) lioi.r.ACK. Ilémianopsio bitemporale par traumatisme de cnerw. Ann.d'nculisliqiic.
.Janvier 1920.
(9) Paunii'./,. Pirs.w médinde, 1918
ÉTUDE DES LÉSIONS TRAUMATIQUES
‘219
Les organes génitaux sont atrophiés ; )a verge est peu développée, le scrotum ratatiné,
les testicules sont diminués de volume.
Le volume total des urines oscille, pour 24 heures, entre 1800 et 2.000 centimètres
cubes. Il existe donc une légère polyurie. Un peu de sucre (2 gr.) apparaît en février 1923.
L’atrophie de la papille optique droite est totale à gauche. V. O. G. = 0. A droite, la
papille est presque aussi complètement décolorée ; toutefois la moitié nasale du champ
visuel tlroit est conservée; pas de dyschromatopsie. V. O. D. = 1/10. Léger strabisme
interne à gauche par parésie du M. O. E. Wassermann négatif.
L’examen radiologique (llirtz) montre un élargissement manifeste de la selle lurcique,
intéressant surtout la partie iiostérieure de la loge ; les apophyses clinoïdes postérieures
semblent refoulées en arrière.
Fig. 1. — En suivant la base ilu crâne, on voit, en arrière de l’orbite et au-dessus de l’échancrure
claire du maxillaire inférieur, l’énorme fosse qui représente la selle turcique. Ses apoph. cli¬
noïdes antérieures sont tendues horizontalement au-dessus d’un prolongement antérieur de la
fosse turcique ; scs apoph. postérieures se détachent nettement, longues et droites, dressées
presque verticalement.
La paroi jiostéricurc du sinus s])hémjï lal apparaît r(‘i)oussée en avant, et i)his épaisse
que normalement, comme condensée.
Le malade a été soumis iiendant 18 mois à un traitement par les rayons X, utilisant
2 portes d’entré(', tantôt frontales, tantôt temporales {5 unités — Il en chaque point).
Les symptômes oculaires se soni, stabilisés, les signes de localisation infundibulo-
230
liEVEBCHON, G. DEI.ATEB ET G. WORMS
hypophysaires se soiil ameml^-s ; la moustache et les poils de l’aisselle ont un peu
repoussé, l’inliltration "raisseuse a diminué. Les crises de céphalée ont été (pieUpie peu
améliorées.
La glycosurie, toujours légère, s’est montrée par intermittence.
Cette apparence d’arrft et même de régression des Irouhles se maintient Jusqu’en
Janvier 1923. A ce moment, le malade est pris à nouveau de maux de tête atroces ; la
céphalée survient par paroxysmes violents, quelquefois accompagnés de vomissements.
Une ponction lombaire retire 30 centimètres euhes de li([uide clait, s’écoulant en Jet,
0(1 l’examen cytologique et chimique ne révèle aucun élément anormal. Celte ponction
est suivie, 3 heures après, d’une élévation rapide de la température qui atteint 41“.
Le maladie est dyspnéique, angoissé, et son élatdonne des inquiétudes. Toutefois son
pouls e,st régulier, hal à 120 et ne paraît pas correspondre au degré d’hyperthermie.
Cette vive réaction ne dun- que 3G heures. Il se produit dans la suite une accalmie de
la céphalé(‘. Elle n’est que de courte durée.
Le traitement rrentgenlhérapique, repris suivant des séances plus rapprochées et
avec une intensité d’irradiation plus forte, paraît sans action aucune sur les phéno¬
mènes d’hypertension intracrânienne. La céphaléedevienteonstanle. Le peu de vision
qui persistait dans l’hémi-champ visuel droit diminue encore. V. O. D. = 1/50.
Une nouvelle ponction lombaire (début de février 1923) donne issueàdu liquide clair,
hypertendu ; elle est suivie, comme la première, d’une réaction thermique extrêmement
vive (40“6) et n’entraîne qu’une amélioration passagère.
Le malade réclame lui-même une intervention pour mettre fin è ses douleurs.
En pesant attentivement les indications opératoires, nous envisageons soit une trépa¬
nation décompressive au niveau de la voûte du crâne, soit une action directe mr la
selle turcique.
Sur ces entrefaites, M. le Professeur Segura (de Buenos-Aires), dont on sait la grande
expérience de la chirurgie du sinus sphénoïdal et de l’hypophyse, est appelé à visiter
le malade.
L’ouverture de la loge hypophysaire lui apparaît comme le traitement de choix.
Nous croyons donner le maximum de chances de guérison à notre malade en priant
le Professeur Segura de l’opérer lui-même, suivant la méthode dont il est l’auteur :
accès de la région hypophysaire par voie transscplable.
L’intervention est faite le 18 mars 1923sous anesthésie locale. Elle est parfaitement
condiule, et se passe sans aucun incident : après trépanation de la paroi postérieure du
sinus sphénoïdal, une ponction de la loge do l’hypophyse ramène un peu de liquid(ï
sanguinolent. La loge est ouverte sur une étendue de 1 cm. environ; il s’en dégage 7 à
8 centimètres cubes de ce même liquide. Unepetite curette, prudemment introduitedans
la cavité, en ramène (pielqiies débris de tissu d’apparence fibreuse. Tamponnement des
fosses nasales (pu est retiré 24 heures après.
Aucune altération de l’état général Jusqu’au lendemain à midi. A ce mom(‘nt, la
tempéralur(( atteint ra|iidemenl 40® sans que se manifeste aucun signe do réaction
méningée, ni Kernig, ni raideur de la nuque. A peine une vague céphalée. «
Nous assistons Jusqu’à la lin du troisième Jourà desalternalives d’apyrexie complète
et d’élévation de température à 41“ et 4I“8.
Le malade m(uirt dans le coma, le 4"' Jour, sans avoir présenté de sympt(ïmes, même
esquissés, de seidicénue ou de méningite.
CtmsUilalionH (inaliimiqueit. — Aussitôt après avoir relevé les lobes frontaux, on tombe
sur une tumeur, occupant toute la région de la selle turcique, sur les flancs de laquelle
se voient les deux nerfs opticiues, d’as|)ecl grisâtre, adhérents, entourés de vaisseaux
congestionnés. On énuclée doucement la tumeur de sa loge et on découvre sur sa face
antérieure l’ouverture correspondant au siège de la trépanation. Il s’en dégage un
li(piide séro-sanguin ; on com|dèle l’ahlation du cerveau et du cervelet de l’enveloppe
crânienne. On ne parvient à déceler aucune trace de processus infectieux méningé :
ni pus, ni sérosité, ni hyperémie.
ÉTUDE DES LÉSIONS TRAUMATIQUES
221
Selle lurciqiie. — Scs dimensions, con.sidérabicment agrandies, ont 4 fois les
dimensions normales: 3 cm. dans le sens antéro-supÉrieur et 4 cm. dans le sens trans¬
versal. Il n’y a pas trace d’ostéite ni d’infiltration dure-mérienne.On aperçoit au 1/3
antérieur du |)lancher sur la ligne médiane l’orificede trépanation, de 7 à8 millimètres
de largeur, d’un dessin régulier. L’épaisseur du plancher de la selle (paroi postérieure
du sinus sphénoïdal) est forte de 3 mm. au moins.
Kg. 2. — En arrière du sillon interliomisphériquc et assez loin en avant de la protubérance, repose
sur l’extrémité antérieure des pédoncules cérébraux une grosse tumeur ronde dont la convexité
porte une petite boule nettement saillante.Cette tumeur a été énucl ée de la fo.sse quireprésente
la selle turcique, elle, se trouve replacée dans les rapports qu’elle avait avec le cerveau,maisa été
réclinée en avant, de sorte que sa face postérieure est devenue inférieure.
Encéphale. — La tumeur forme une masse rougeâtre molle, des dimensions et de la
forme, d’un gros ouif de pigeon, allongé d’avant en arriére, â gros bout itostérieur.
Sa face inférieure, qui correspond au ])laucher de la selle turcique, lisse en avant,
porte en arrière un mamelon gros comme un pois q\ii se trouve â peu de chose près à
l’aplomb do la face postérieure. Lelle-ci est irrégulière et tomenteuse, elle porte des
débris conjonctifs et des vaisseaux.
Les faces latérales, assez lisses, sonteroisées dans leur partie postérieure par les
nerfs optirpies atrophiés, ipi’on reconnaît avec peine.
La face supérieure est appuyée sur une dépression, creusée en avant des péiloncules
cérébraux et dos tubercules mamillaires, (d aiifond de laquelle on aperçoitle sillon qui
sépare les deux couches optiques, dette dépression est encore apparente sur la face anté¬
rieure des deux lobes frontaux au niveau de l’espace ))erforé antérieur, surtout du côté
gauche. De ce côté d’ailleurs, la substance nerveuse i)rés(mte une coloration jaune-ocre
par imprégnation hématifpic due au contact delà tumeur, qui est un kyste hémorragi([ue.
Comme nous le, verrons.
L. UEVEHCUON, G. DELATEH ET G. WOHMS
2->2
L(i chiasma (>t scs dciix Ijraiiclics postérieures ne sont pas restés en place, bandelettes
résistantes jirotégeant en (piebpie sorte le tubercinereum; on ne retrouvepasccdernicr;
lotroisième ventriculene paraît plusavoirdo plancher. Ue fait, la tumeur hypophysaire
n’a plus de connexion nerveuse avec la base du cerveau ; elle ne lui est adhérente que,
par des tractus pie-mériens. Sur sa face supérieure renversée on retrouve, rejeté sur
la gauche, le chiasma très aplati et aminci, diflicilemeut reconnaissable, et les ban¬
delettes optiques, [dus minces encore, (pu se sont rompues d’avec leur.boul central.
Ce (pii reste du chiasma est plus rapproché du gros bout postérieur de Tovoide kys-
tiipie ; la tumeur est donc surtout développée en avant.
— Sur une coupe antéro-postérieure, la grosse, tumeur et la petite en
mamelon, qui la prolonge en bas et en arrière, sont creusées de deux cavités ; de la
plus grande sort un liquide visipicux et roux, hémorragique ; la petite, dans le mame¬
lon, est vide. Elles sont unies par une môme coipie libreuse très dense, ([ui tend une
cloison entre elles. Cependant, elles sont histologiipiement très différentes : on peut
retrouver dans les parois du grand kyste des débris du lobe antérieur glandulaire de
l’hypophyse, dans celles du mamelon, les restes du lobe postérieur lu'rveux.
En idïet, les faisceaux de l’enveloppe sont dissociés au niveau du grand kyste par des
traînées ou des îlots de quelques cellules arrondies, indépendantes, égales entre clh’s,
plus grosses que des leucocytes, dont le noyau est volumineux et (bmt le jirotoplasma
est uniformément coloré en rose par l’hémotéine-éosine, ou en lilas parleGiernsa. Ces
îlots sont souvent disimpiés, mais leurs contours sont toujours nettement délimités,
ni' montrant aucune infiltration diffuse des zones conjonctives voisines ; ce ne sont pas
des nodules inflammatoires, mais des restes de travées glandulaires, sectionnées et
isolées par des trousseaux fibreux ; on retrouve d’ailleurs ces mômes cellules sur le bord
de la cavité centrale, éparpillées au milieu d’hématies et retenues encore par (jiu Iqiies
tractus librineux : elles montrent que le liquide hémorragique (pii remplissait le kyste
avait pris naissance à l’intérieur du globe glandulaire, comme les îlots de la caiisule mon¬
trent l’ancienneté du processus : empruntés en effet à la périphérie de ce lobe, ilsenont
été isolés par un processus de sclérose qui les a pénétrés et sectionnés.
Ce mamelon qui fait saillie sur la face inférieure du grand kyste est lui aussi vaciiolisé,
mais, par une lumière très petite, (fisposée en accent circonflexe, à sommet inférieur,
coilTant de ses doux branches une masse i|ui se trouve attenante à la cloison de sépara¬
tion entre les deux caviti's. .Nous avons trouvé ce dernier vide ipiand nous l'avons ouvert ;
pourtant, on voit encore de nombreuses hématies sur ses bords et il ne fait aucun doute
([lie ce kyste contenait aussi du sang. La preuve en est encore dans une inliltration cho-
lestéatomateuse assez abondante qui fait, contre la cloison de séparation, plusieurs
luiurrridets d’un tissu inyxoïde, très [laiivre en noyaux et dissocié par de nombreuses
tentes losangiqiies ; accompagnant les coiqis étrangers d’acides gras, on [leiit voir plu¬
sieurs [dasmodes miiltiniieléées.
Entre ces boiirridets et la cloison libreuse qui sépare les deux kystes, dans le mame¬
lon [lar conséquent, est encore une petite masse triangulaire d’un tissu lâche, que
[larcoiirt un réseau de traînées collagènes, llbrillaires, inégalement épaisses dans le
carrelage (lu(|ii(d ligiirent de grosses cellules distendues et en voie de dégénérescence
granuleuse : le Giemsa y révèle une poussière baso[ibile. Dans les régions les [dus
claires, on reconnaît aussi d’une part de rares celluies triangulaires ou étoilées, au
[irotoplasma fortement éosinofdiile et granuleux, dont les arborisations paraissent
comme ratatinées, d’autre part, ((uidqiies cellules plus trapues, dont le noyau est petit,
dont le protoplasma est bourré de débris hémal i([iies et de [dgments ferrugineux : ce
sont les restes des celliib’s névrogliqiies (d des cidliiles à grains méluni(|ues de la por¬
tion postérieure derhyiio|diyse;(dles sont atrophi(|ues et leur as|)ect s’harmonise avec
le [irocessus de dégénérescence granuleuse et d’Iiyperidasie collagène (pie nous avons
Il est [lossilde de reconstruire l’tiisloire anatomo-clinicjuc de cette liimeur : une
hémorragie s’est [irodiiite dans le lobe anlérieiir, glandulaire. Longteiiqis silencieuse,
elle s’est [leu à peu enkystée, puis brus(|uemenl s'est agrandie dans la direction la
ÉTUDE DES LÉSIONS THAUMATIQUES
22.i
moins rosistanlo, eu haut, vers la région r)|ilo-pé(lonciilaire, où le di]jl)ragnio (le
l’hypophyse s’esl laissé forcer. Des symptômes tle compression optique sont apparus
rt plus tard seulement des symptômes adiposo-génitaux et diabétiques.
kysle a donc eu vraisemblablement une première étape haute, au-dessus du lobe
nerveux, comprimant le ebiasma, s’étendant beaucoupen avant de celui-ci, un peu en
arrière aux déitens du tidjcr cinereum, repoussant en arrière puis en bas latige pituitaire.
En même temps, les parois de la selle turcique se laissaient (icarter jumi à peu et la
tumeur s’abaissait, pesant sur le lol« nerveux qid se trouvait au-dessous d’elle ; la
lige pituitaire a été écrasée et prise dans la paroi postérieure du kysle ; la mince 1 jme du
tuber cinenuim tirailléi', distendue, s’est probablement rompue sur le rebord osléo-
fibreux tendu entre les apophyses clinoïdes iiostérieures. On comprend comment le
lobe nerveux s’esl trouvé à la face inférieure, du kysle glandidaire, et, parce que nous,
avons vu le ebiasma englobé dans une réaction libreuse, repoussé en aèant, parce que
nous avons trouvé les bandelettes opliriues aplaties, distendues, fragilisées, on com¬
prend comment celles-ci se sont rompues à l’autopsie, siq)i)rimanl les dernières con¬
nexions nerveuses de la tumeur hypophysaire avec le cerveau, ne laissant subsister (pie
les connexions pie-mériennes et vasculaires.
Nous avons également étudié l’histologie des iesliculrs atrophiques de ce malade. Ils
présentent à la place du parenchyme de rares tubes vermiformes très étroits, épar¬
pillés dans un tissu conjonctif abondant, bourrés de petites ci Unies rondes et toutes
égales. I.e tissu conjonctif montre un double système librillaire : des anneaux disposés
autour des anciens tubes séminaux et (pii semblent provenirdu syncytium hy|)erplasié,
débarrassé de ses cellules séminales ; une trame reliant ceux-ci et qui représente l’ancien
squelette normal. Ce sont les premiers qui sont le plus riches en collagène, miis la
seconde en fibres élasti(pies : ces dernières doublent surtout les anneaux sur leur bord
externe. On ne trouve pas trace de cellules interstitielles. Quant aux cellules séminales,
chassées de leur syncytium, elles sont groupées au centre des anneaux conjonctifs for‘
niant un cylindre de petites cellules rondes, assez égales entre elles.
Ee processus (le sclérose a gagné le reste du leslis et l’épidydime dont les tubes sont
plus espacés que de coutume, dont les épithéliums sonl aplatis et comme atrophiques.
(lOMMKNTAIIUîS.
Un premier poiivl î\ souligner est l’origine I raumaliq^e (le la tumeur.
Le malade appelait l’attenlion sur un elioc eraiii('n anttuieiir. Il avait
(ît(‘ enseveli dans une tranelu'e ([ueUpies mois avani l’apparition des pre-
mi(>rs troubles. I.a maic'rialiti’ du traumalisme (‘lait nettement établie
par les [licees du dossier. Ajirès une phase de conlusion avec perle de con¬
naissance, les phénomènes s’étaient apaisés. Il .le subsistait qu’un peu de
e(‘i)halée intermiltenti', puis les signes oculaires s’étaient accusés et au
bout d’un an seulement, des rnanifi'stal ions nettes d’hypertension intra¬
crânienne él aient apparues.
Nous avions (h'jà présumé, du vivant du malade, le défve.loppemcnt
d’une néoformalion hypophysaire à la suite de ce traumatisme, mais
nous n’avions pu en préciser la nal me.
Les constatations nécropsiques sont venues conlirmer le bien fondé
de cette interprétation et apporter cette précision.
11 sembl(‘ raisonnable d’admettre ([ue, sous l’influence du ehoc,rhypo-
pliyse a été disloquée par un foyer hémorragi(iue. Comme toutes les glan¬
des vasculaires sanguines, l’hypophyse est très riche en vaisseaux et, par
suite, très ajftc à la production de siilïtisions hémorragiques. L’héma¬
tome hypophysaire vraisemblablement limité n’a, au début, causé
224
BEVEnCIION, G. DELATER ET G. WORMS
aucune espèce de Irouble apj)arcnL. A parL un peu de céphalée interiniL-
LenLe, 1(! sujet n’a ricui présenté d’anormal dans la première année qui
suivit le traumalisme.
Ce n’est ([ue plus d’un an après, lorsque le foyer d’altrition hypophy¬
saire, au lieu d ; se cicatriser simplement, subit la Iransformation kys¬
tique, qu’apparurent les phénomènes de compression (hémianopsi 3, atro¬
phie opti(juc), j)uis d’hypertension inlracranienne, puis les symptômes
adiposo-génitaux.
Le. mécanisnui de C(vLLe transformai ion kyslicjue nous semble assez com¬
parable à celui qui préside au développement des kystes du pancréas à la
suite des contusions de l’abdomen. Le sang (ixtravasé au sein du paren¬
chyme glandulaire joue h; rôle de corps étranger et sollicite une transsu¬
dation séreuse qui augmente progressivement le volume de la tumeur.
Letl.e évolution kyslicjue s’o[)pos(! àl’alrophie scléreuse de l’hypophyse,
<[ue nous avons vu se réaliser clu'z un blessé de la base du crâne dont nous
avons rapporté l’observation ; dans ce dernier cas, l’hypo})hyse écrasée par
une lésion d<3S apophyses clinoïdes postérieures, comme un n(‘rf reposant
sur une gouLlière osseuse, avait subi une Iransformation fibreuse
totale.
Uru! seconde réfhcxion s’imj)ose :
Les constatations anatomiques faites dans notre cas m; p<'rmeltent d’at¬
tribuer aux lésions ihî l’hypophyse aucune pari, dans les symjjlônuîs dia¬
bétiques et adiposo-génitaux. .\i l’une ni l’autre des deux portions de
c(!t orgaru! ne s<unblent [)ouvoir être incriminées dans la genèse; des acci-
(h;nts, puisque ceux-ci n’ont pas été constatés tant que la tumeur kys-
liqu ; n’a pas eu un développement sufllsant pour comprini(;r et altérer,
après le chiasma, l’iidundibulum.
Bien avant ces accidents et depuis le traumatisme, les deux lobes ont
été sans doute profondément altérés ; une hémorragie ét<;ndu(; a proba-
bhnnent dissocié h; i)arenchyme glandulaire, puisque nous n’en avons plus
retrouvé (pi’une ])oussiér(; éj)arpilh'(; dans la coque libr(;us(;. La portion
ii(;rveus(; a dû étr<; alleiiile en même tem})s, puis({ue l’exanum nous a
permis d’y r(;trouver la trace d’un(; vacuf)lisat ion hérnorragiepu; ancienne
ayant’ provo(pié un certain degré d’infill ration cholestéotomaleuse et de
la sclérose;. Le])(;ndant c(;s altérations sont restées longtemps .silencieus(;s :
c’est un fait sur loipu;! ni>us d(;vions insister.
Bette observation prouve, enfin, (ju’une altération de rhy])ophysc assez
profonde pour correspondre à la disparition pour ainsi dire lotah; de l’or¬
gane, fut longtiemps comjeatible avec la vi(;.r.esih;uxconslatalions feraient
[icnsm ([lu; l’hypophyse ne joue; pas un rôh; indispen.sablc à l’existence.
I.,’ol)S(;rval ion actuidle montre encore' <iuels elange;rs entenirenl , élans les
e'as eh; ce geuire;, l’acle; e'hirurgiced h' ]ilus justilié et h; mieux coneluit.
On ne; pe)uvait ienaginer une ei])ération inie'ux aelaptée à la lésion que
ÉTUDE DES LÉSIONS TRAUMATIQUES
225
celle qui consista, après trépanation du sinus sphénoïdal, à ouvrir et drainer
le kyste de l’hypophyse, en position déclive et dans sa zone la plus faci¬
lement accessible.
Nous pouvions espérer, non seulement mettre fin aux douleurs, mais
enrayer les lésions déjà très avancées des nerfs optiques et surtout l’évo¬
lution des troubles adiposo-génitaux.
Les accidents rapidement mortels, qui suivirent l’opération et qui se
caractérisèrent surtout par une hyperthermie considérable, ressemblent
tout à tait à ceux qui suivent les interventions dirigées contre les tumeurs
cérébrales. f
La simple trépanation décompressive est dangereuse. C’est là une notion
depuis longtemps classique.
Une fois sur six en moyenne, disent Broca et Français (rapport sur le
traitement chirurgical des tumeurs cérébrales, octobre 1912), la tempéra¬
ture s’élève brusquement entre 40 et 41° et l’opéré meurt dans le coma en
24 ou 48 heures.
Souques et de Martel, qui ont étudié ces accidents, les attribuent au
changement brusque de tension et à des troubles bulbaires.
Etant données les réactions vives qu’entraînaient chez notre malade,
de simples ponctions lombaires, nous avons l’impression qu’une trépana¬
tion en un point quelconque de la voûte crânienne aurait eu le même résul¬
tat fatal que l’ouverture de la selle turcique.
Conclusions. — L’intérêt de cette observation est :
1“ Dans le long silence de lésions importantes de l’bypophyse ;
2o Dans une longue survie, malgré une suppression pour ainsi dire com¬
plète de cet organe ;
3® Dans l’origine traumatique des lésions. ^
Il est à penser que les lésions de l’hypophyse sont fréquentes dans les
traumatismes du crâne, mais passent inaperçues. Certains syndromes
infundibulo-hypophysaires doivent, plus souvent qu’on ne pense, re¬
connaître une origine traumatique. Malheureusement, les lésions de
l’hypophyse restent sHencieuses tant qu’elles ne retentissent pas sur la
région optopédonculaire voisine.
REVUE NEUIIOLOGIQUB. —
15
IV
LA MÉNINGITE CÉRÉBRO-SPINALE COMME ÉTAT
TARDIF DE SEPTICÉMIE MÉNINGOCOCCIQUE
Théophile SIMCHOWICZ (1)
(Service des maladies nerveuses du Df Flatau ù Varsovie)
La (léiioiniiiaLion du la inùtiingiLe cérébro-spinalt! l'pidéitiiquo, à ollu
soulu, jtrouvo déjà <[iio lus cliiiicit'iis onLttaiu coiiipte surt.oul, des symptô¬
mes iriériingés. Même si parfois dans le labhtaii de la méningite cérébro-
spinale épidémique on observait des symptômes sepLici’aniqnes, tels que
rcxanÜième multiple, ou biem l’allection des articulations, du cœur ou
d’autres organes, on les considérerait comme unt! complication de la
imaiingite. cérébro-sjtinale (’'jiidémi([ue.
Le n’t^sL <[m! dans ('«‘s (bu'nières ann(''es (jm! l(‘s cberclieiirs ([ui se sont
le plus ajtpiiqués à l’étmbî ibs ct.'tLe <[uesl ion, Dopler, (Inihev et atil res, ont
ac([uis la certitude (juit la méningite n’est qu’une d(!S manifestations, une
des conqilications d ; l’infection im’mingococcitpie générale.
Les observations bacl ériologitjiuîs (T clini([ues nous ftbiigent tous les
jours davantagt! à acce[)ter par rapport à la méningite cérébros[)inab' épi-
démiqut! ce nouveau point d(i vue.
L(! micrococcus de la méningite cérébrospinab; fut découvert ])ar lt>(-
rhselhaiirn, (ui 1887 ; cependant, on ignora longtemps ([ii’elle est la j)ürte
<l’invasion dans bis ménitig(‘s du virus en (piesi ion. L(! n’esi (pi’au comimni-
ceimmt du xx'’ siècle ([lUï les rechercluiS bactériologi([U(^s d'Alhrcclil (d,
Glion, d(ï Linij('lslieiin, (lôpjH'rl et l'immc ont établi qui^ le dij)loco(pn!
tnéningoeocci([ue S(! Io(udise surtout, dans la cavité naso-[)baryngienne,
oii il dét.ei-mine soit des lésions cat.arrbales ])lus ou moins graves, soit, ne
jn-ovoqm; point de sym()tômes, ni subjectifs, ni obj<adifs.
(loppcrl, sur 787 malades at.leints de méningit(! céia’dirospinale, constata
dans 182 cas des méningoco({U(‘s dans la cavité naso-pbaryngienne; plus
la [)ériod(! de la méiungile dans laquelle ot) exanunait le mucus (i<‘ la ca¬
vité naso-pbaryngienm^ (’dait jirécoce, plus souveid ou y trouvait des
im'‘uitigoco{[u(;s. D’ordiiiairi', api èsô jours de maladie, on n’y en constate
di'jà plus. Ou en a couslalé d(‘ iiuMiie (diez des individus sains, mais exclu¬
sivement chez ceux (pii ont fnbpieuté les malades alteiuts de imuiiiigite.
(I) D'iipi'és In riiile à la SaciiHé ni:iirnli)({iiiiio ilc Varsavic.
LA MÉNINGITE CÉRÉBRO-SPINALE
Weslenhdfer, se basant sur ses recherches anatomo-pathologiques, en déduit
égalennmt que la porte d’invasion du virus est la cavité naso-pharyngienne
et que le premier symptôme de la méningite est la pharyngite catarrhale
ou purulente. Les recherches de Lhi;/e/s/?ej;n, et Kirchner montrent
que le virus méningococci<iue se transporte d’un individu à l’autre pendant
la toux et réterniKunent et que la pc'rsonne infectée peut demeurer in¬
tacte ou bien ne contracter ([u’unc faible pharyngite, tout en infectant
plusieurs autres peisonnes.
Donc, pour l’entourage, ces portcursdegermessont bien plus dangereux
que les malades mêmes atteints de méningite, chez qui les coccus dispa¬
raissent successivement dans la cavité naso-pharyngienne. Ceci expliquera
peut-être le fait qiuq dans les casernes td. hîs mines, où les hommes vivent
dans une grande promiscuité, les épidémi(;s de méningite céréhrosjiinale
son! très fréquentes, tandis qu’à l’hôpital, où les malades an i vent déjà
avec des symptômes nets de méningite céréhrospinalc, les cas d’infection
ne s’observent presque jamais, quoique les malades de cette catégorie
pour la plupart ne soient pas isolés mais placés dans les salles communes.
De la cav'té naso-pharyngienne les diplocoques, par conlinuilé, peu¬
vent envahir la trachée, les bronches, h;s poumons, l’oreille moyenne, le
sinus sphénoïdal, l’autre d’I lighmor(!, les cellules ethmoïdaL'S ; par le
canal noso-lacrymal, ils [jcuvent pénéirer dans l’œil et y déterminer une
conjonctivite spécifique, et même l’evulcéralion de la cornée (un tel cas
trailé par le sérum anliméningococeiquc fut présenté pai’ Sainloii el Bos-
qiiel). On a longtemps suppo.sé que les diplocoques pénélrai('nt aussi par
continuité dans les méninges céréhrospinales à travers la lame criblée de
l’os ethrnoïde et ensuite par les gaines lym])hatiques le long des nerfs
crâniens. Pourtant cette supposition (sst p(!U plausible, tout d’abord en
considération du fait que le courant diï la lymphe ne * ' dirige pas d(' la
cavité naso-pharyngienne vers la crânienne, mais dans le sens fjpposé.
Les observations baetériologi([ues el cliniques réccnles semblent té¬
moigner que his diplocoques do la cavité naso-pharyngienne j)énè(rent
«lirectenumt d’abord dans la circulation du sang et ensuite seulemenl.
dans les méninges cérébrospinahîs. Osler, Cocher el Lemaire, Aehard, Len-
hariz ont constaté, dans une série de cas de, méningite cérébrospinale avec
symptômes septicémiques et sans <uix, des méningoeoques dans le sang.
Lepcmdant plusieurs auteurs ont émis l’opinion tjue his symplômes sep¬
ticémiques dans ces cas soid, secondaires, d’autant plus qu’ils se décla-
raiimt h; plus souvent non point au début de la méningite cérébrospinale,
mais dans son cours ulLéricmr.
Dansccis dermhirs timips, on a obs(n vé des cas, toujours plus fr('([uents, qui
pianivent ineontestabhîuieid, (puî les diplocoques méningoeoeeiciues pénè-
I l'ent d(! la cavité naso-pharyngieniu? dans le sang, en laissant d(( côte les
méninges. On a rapporté deseasnond)reuxd(' septicémie ïiiéningococcique
sans syitq)tômes méningés, et, une série de cas où la méningit<‘ eérébrospi-
nalc s’était déedaréa^ après une. .septicémie prolongée en qualité d’une de
ses nondjreuses complications.
rnÉOPUlLE SIMCIIOWICZ
Ld pinunior cas s(‘])lic('inie rnériingococciciue pure compliquée par
l’endocardiLc el cxompte de symptômes méningés a été ])ublié par Warfield
el Warker. La s(!cond(î observation analogue fut rapportée par -S'c/io//mü//e/'.
Liehermeisler a égalemetd. publié un cas de septicémie rnéningococcique
sans symptômi^s méningés avec, li([uide céphalo-racbidien stérile et cul-
tunîs décelant l(!s méningoco([ucs dans le aang. Markowirz a décrit un cas
d(! septicémie méningococcique diagnosti((uée longtemps comme typbus
exantliémati([ue. Clievrel d Boiirdinière ont obs(;rvé (die/ un malade l’é-
rytbème noueux sous forme de lièvre intermittente ; Id'xamen du sang fit
établir la sepi icidnii^ méningococcique. Des cas jiandls ont été encore
rapportés pir Morpiinjo (d Ferrio, Faroij (d Man '-‘t d’aulres.
Parfois l’ensemencement ne parvient pas à décider des méningocoques
dans le sang, mais c’est alors la réaction agglulinante qui contribue à
dépister la cause réidle de l’alTectiou. Netler, en IbOl), a publié une obser-
vaiion très Intéressanl e. La sœur d’une de ses malades alïcctée de ménin¬
gite cérébrospinale a contraclé subitement une forte lièvi-e, accompagnée
de purpura hémorragiijue, d’éry thème polymorphe, d’hémorragies
intestinales. Point de symptômes méningés ; la ponction lombaire a donné
un liquide clair et stérile ; la culture du sang a été également négative ;
cependant la réaction agglutinante à la dilution de 1 : 400 était positive.
La malade traifée pa.' le sérum antirnéningfjcoccique a guéri. Il est hors
de doute (pie des cas paiidis soni assez fréijuents, mais ils demeurent non
diagnostiqués, puis([uc le plus souvent l’absence des symptômes méningés
riuid le diagnoslic exact impo.ssibl". Maintenanl, je passe aux cas où la
siqiticémie méning()(a)cci([ue dure depuis longtemps, pj’ésente des compli¬
cations diverses et n’i'st (liagnosti({U(.W; (pic lorsipie la méningite cérébro-
spinale s(i déclare, (ui ([ualité de com])lication el, d’ordinaire comme épi¬
sode dernier de la maladie. Des cas pareils ont été publiés par Salomon,
Loizdear <d Monziol, Madini el Ilohde, (Kllinfier, P. L. Marie, Canlieri
Neller, Serr el Brdle, Folard.
Vu la rareté des observai ions discuti’a s et leur imporlanco pour l’éta¬
blissement de la jiorle d’invasion du virus dans les méninges cérébro-
spinales, j’ai cru bon de rapporter mes propres consf alalions dans 1 cas
analogues. En comparant mes 4 observations, j’ai pu constater ([uc le
tableau cliniifue y est assi^z typique.
D’ordinaire, l’alTection débute par une fièvre irrégulière avec chulcs
fréquentes de la température et sueurs. Sous ce rapport, la maladie rap¬
pelle la fièvre paludéenne. Dans 3 cas l’affection débuta par un mal de
gorge ; dans le (piatrième, par un coryza aigu. Dans tous les 4 cas, l’exan-
tlième a[)p'jrut assez lôt. Dans 1 !S cas 1 et 4, la méningite — en dehors des
symptômes cutanés — représentait la seule complication de la septicémie
(I) De cC' 1 cas, j’en ai (ibservô 3 à nzczyca vK()iiv('rnem(>iit de Wil.ebsk) dans Ic.s
lujpilanx' inililain's russes ('I 1(3 (pialrii'inK', à Varsovie, d’aliord on cliontiMe, privée, et
ensiiito dans le service du Dr. I''latau à l’li(')pilal « O.ysle ». .le remercie sincèrement M. le
Dr. I•'latan de m’avoir offert ce cas, et Mme l3ou-I‘nisak de m’avoir aidé à en prendre
l’oliservation: j’e.vpriine ma reconnaissance [irofonde (le M. le Dr Pierre Makowski
pour l’e.v'amen l)actériologi(iue des 3 [irernier cas.
LA MÉNINGITE CÉRÉBRO-SPINALE
229
méningococcique ; clans le 2® cas, il y a eu d’abord rarthritc et l’endocar¬
dite raéningococciques et seulement ensuite les symptômes méninges
se sont produits ; dans le 3® cas, aux signes septicémiques se sont joints
d’abord des symptômes d’endoeardite ; ensuite une parotide unilatérale
se manifesta, et ee n’est que vers la fin, comme troisième complication de
la septicémie méningococcique, que l’on a constaté la méningite. Les
signes méningés ont apparu chez le 1®'' et le 2® malades dans la 6®
semaine de leur, maladie, chez le 3®, dans la .b® , et chez le 4® dans la 10®.
On observe le plus souvent les complications suivantes de la septicé¬
mie méningococcique : l’otite moyenne, la polyarthrite ; plus rarement,
l’endocardite, l’épididymite, l’iritis et la cyclite (iVe/Zer, Cazamfan). Dansle
cas de Monziol el Loizeleur, il s’est formé, entre autres, un épanchement
dans la plèvre contenant des méningocoques. Le malade guérit après des
injections sous-cutanées et intrapleurales de sérum. Parfois, dans les pou¬
mons se forment aussi de petits foyers inflammatoires méningococciques
( Gruher). Cliiari et Gruber ont observé sur le fond d’une septicémie ménin¬
gococcique l’hépatisation rouge d’un lobe pulmonaire entier, él/îon trouva
«les méningocoques dans un foyer du muscle cardiaque. Sainlon el Mail
ont publié un cas do septicémie méningococcique dans lequel, sur la plante
•lu pied du malade, se forma un abcès contenant des méningocoques. Pick
a observé une spermatocystite purulente ménincococeique. Dansla biblio¬
graphie, j’ai rencontré une fois seulement une mention sur la parotidite
méningococcique, et mon troisième cas est sous ce rapport très rare.
Dans mes cas, ainsi que dans ceux de la bibliographie, le tableau
clinique alïectait le type aigu avec recrudescences passagères. 11 est fort
intéressant que le pronostic dans ces cassoit relativement bon. Sur 4 cas
3 de mes malades ont guéri ; le quatrième succomba par suite d’hydro¬
céphalie et de cachexie; cependant l’examen posfmor/em révéla que même
dans ce cas la méningite était achevée. J’ai observé l««s 3 premiers cas en
Russie, dans les hôpitaux militaires; à défaut de sérum, je n’ai pratiqué
que la ponction lombaire, et pourtant 2 malades ont guéri ; chez le troi¬
sième la méningite est passée, mais ensuite se déclara une hydrocéphalie.
En me basant sur ces 3 cas de septicémie méningococcique avec ménin¬
gite consécutive, observés auparavant, j’avais présumé que l’évolution
clinique serait aussi bénigne dans le quatrième, ce qui arriva en réalité.
Dans la plupart des observations analogues, connues dans la biblio¬
graphie, le tableau cliniqucfutégalementbénin, et, engénéral, il aboutissait
à la guérison, même sans traitement spécifique.
Mais quelle explication trouvera-t-on pour le fait que la septicé¬
mie méningococcique, compliquée de méningite cérébrospinalc méningo-
eoccique, donne un pronostic meilleur et un taux bien plus élevé de gué¬
risons qu’il ne s’en produit dans la méningite épidémique usuelle ?
D’ordinaire le méningocoque, après avoir pénétré dans la circulation
du sang de la cavité naso-pharyngienne, par suite de son afiinité pro¬
noncée pour les méninges, envahit celles-ci rapidement et déter¬
mine des symptômes méningés. Dans les cas qui viennent d’être pré-
230
TIIÉOPIIILE SIMCIIOWICZ
sciii'és on so Liouvc on prosoncc, soit rriino alliuilé pour les méninges et
sinuiUanémenl d’une virulence des méningocoques nettoment diminuée,
soit d’une résistance d(!S méninges contre le virus plus grande ([Uc chez
l’individu normal. En plus, les métiingocoques, circulant dans h; sang plus
longtemps, ont pu — bien j)lus facilement (pie dans les méninges —
y former des anticorps, ([ui à leur tour alïaihlissent la virulence du virus.
.Je crois que c’est ainsi ((ue l’on peut expliipier l’évolulion bénignes de la
maladie dans la septicémie méningococcique subaiguë avec méidngite
(•((usécutivM'.
En im^ basani sur mes d observai ions [lersonrndles jirécil.écs et sur les
données bibliographiques, j’ariàve aux conclusions suivantes :
Le diplocoque méningococciqm; se localise de préférence dans la ca-'
vité l aso-phary/igienne, oii il peul demeurer jilusieurs semaines et for-
imu' une sourcil d’infeelion jiour l’entourage ; dans d(‘s conditions favo¬
rables, les diploeocpies de la cavité naso-pharyngienne [lénètrent dans la
eireiilation du sang et de là ils envahissent d’ordinaire Irès vite les irn-nin-
ges en y déterminant la méningite classique. Dans des cas très rares, les
diplocoques, passés de la cavité naso-iiharyngienne dans le toirent
sanguin, y circulimt longtemps et tantôt n’aHcignent pas les méninges,
constituant alors le tableau clinique de la septicémie méningococcique,
tantôt., après une série de métasl ases diverses (peau, articulations, cœur,
[larotide et autres), ils s’insinueni dans les méninges, en y déterminant
le lableau eliniejue de la nnuiirigite eér(’‘bidsj)inale. lardive après une
période prodromique jiredongée sous forme de sejiticérnie méningococcique.
Le lableau elinicfue de la seqil icéniii; méningococcique subaiguë qui vient
d’être présentée ('st d’ordinaire tiénin et jxiur la jdupart des cas mène :i
la guérison ; sous ce rapport, la septicémie méningococcique diiïèn^
foneièiM'inenl de (ois cas de méningite où les symptômes septicémiques ne
sont ])as primaires, mais secondaires, et dans lesquels le pronostic est le
plus sf.u.vent défavorable.
lilHI.IOdlt.MMIII';.
S.M.dMo.v. l'elier .MeniM;<i)U()kUi‘tisr|)Li('Ainie. lierl. Klin. Wiicli, 1902. LinniîiiMCisTnn.
Ueber Menini'iikokkeiiscpsis. Mntuh-, nied. Wneh, 1908. .X|.;TTnri. Si'plici'Tnie mënin-
f'DCKCc.icpii' sans iiMniiiiffil.e. KIIicar.i(,é du sc’-rum anliméiiini'ucncciqne, Arch. de
Méileeine. 1909. (OicviiKi, rl, l!ocnniNii'au:. .SefilnaOnie ni('‘ii(Hifî(i(:i'i((ne à caractère de
lièvre ildermiUeMle. Sur. niéd. ile.f hôi)il(iii.e. 1910. I.oi/.iicnuu et Mcjnzioi.s. .Septicémie
méninj'oc(icci(ine avec erytlième nosneux. Ilull. de .suc. med. de.s hupilnii.e, 1910.
KNoi-.ei.'Ki,MACiii:u. Hpidemisclie zerehrospinal Meidiiititis. Krans. ii. liriifisch,
linndbnrh der Inlrldiun.slcnmlilieilen, 1913. Nktthu. Kièvre intermittente par septi-
Céniii’ mèninj.î(iei)ia.'i(pie. .Sue. inéd. des hûp.. 1917. l’.-L. Mamik. IJenx cas de septicémie
proioiiffèe avec èpisniie mèninftè tardif. Suc. méd. de.s hûp. 1917. Hiiicttiî. 1,’infcctinn
iin'ninf'ne.nce.iipK^ à ferme de lièvre intermittente. Thèse de I.i/un, 1918. finiinnn,
Ueher die .Meninipditdclien iind ilie .Menini/ulndehenerlirfinhimi/en. Ilerlin, 1918. DocTiai.
1 ddi/nuslie el trnilemenl de In mènini/ite rérèhru-spinnie l’aris, 1918. l,|.:Minnnn et
I.ANitié.Kii'i.. l'arid.idile, erctu-épididymite el Ihyrnïdile an cenrs d'une septicémie
ménimi-ée à fiirine inlermitteiile. (Suc. méd. des hôpilaii.r. 1919.) iJoeTi.'.ii. L'infectiun
méninijucurciipte . l’aris, 1921.
Y
ENCÉPHALITE FAVIQUE ET TRICOPHYTIQUE
PAH
C. I. URECHIA et C. TATARU
de Cluj (Roumanie)
L’Achorion Schoeulcini, d(5 même que les Tricophytons, sont des para¬
sites qui se développent ù peu près exclusivement sur la peau. Il n’y a que
Kaposi qui ait trouvé dans un cas les ascomycètes faviques intéressant k
tube digestif. En ce qui concerne l’expérimentation, à part rinocuilation
dans la peau qui est dilïicile à réussir, les tentatives d’inoculation aux ani¬
maux n’ont fourni que des résultats incertains. Sabrazès aurait réussi à
Fiï. 1. — Granulome lavique dos monirsos ([ui Fi". 2. — Tubercule favique ; centre clair constitué
liéi.è re danslasubstiiree itrise (niicro] hul). d'épithélioïdes, péiiphérie eonsiiti ée de e( llules
plasmatiques ; vaisseau infiltré (mierophot).
prodtiire une pseudo-ltiberculose en injectant une culture sporuléc d’A-
cliorion dans le péritoine du cobaye (nodules dans le péritoine et le
poumon). Eu raison de l’origine ectodermique commune de la peau et
•lu sy.stème nerveux, nous avons fait des injections sous-durales avec des
émulsions (dans du sérum physiologique) de cultures d’Achorion et de
Tricophyton endotbrix. Nous avons inoculé deux lapins avec rAchorion
et trois avec le Tricophyton. Après quarante jours, nous avons sacrifié les
C. I. URECniA ET C. \TATAnU
animaux. Los cerveaux qui ne présentaient aucune lésion macroscopique
ont été fixés dans l’alcool et formol. L’examen microseopicpie, du cerveau
d(î ces dcu.x infections ne présentant que de trop petites dilTérenccs, nous
allons donner une description d’ensemble.
Les Ttiéninges sont ladativement peu intéressées. Les infiltrations ne
se lamcontnsnt qiuî ranunent et ont une disposition ])lus ou moins nodu-
lair(! ou im petits îlots. Ces granulomes végétaux ont souvent un aspect
coni(pie, se disy)osant au niveau de la pénétration dets vaisseaux per¬
pendiculaires dans l’écorce. Les spores sont asst;/, nombnmses dans les
Fig. 3. — Tubercule favi(|uo .sou.s-éi)cndyinaire ; [ Fig. 4. — Tubercule tricliophytique eonstilué
vaisseaux infiltrés (microphot). de cellules épithélioïdes (microphot).
macroplnages des régions libres, de même que de celles infiltrées ; elles
s(! Irouvent aussi libresdansles méninges. Dans les régions infiltrées, les
lymphocytes sont rartîs ; les cellules j)lasmatiques sont fréqiumtes ei, parmi
celles-ci on inmcontre des cellules vacuolaires et des cellules afyj)iques
dans lcs<jue!l(^s le lialo périnucléaire n’existe pas et oii le noyau n’a jtas
l’aspect caractéristique. Les cellules muriformes sont toute» fait rares. L(!S
macrophages sont quebyuefois nombreux et i)rés(mtent des aspects diffé¬
rents et a.s.sez souvent des altérations. Quelques-unes de ces cellules ont
un aspect réticulé et pâle et un gros noyau. Nous n’avons pas renconlré
d(»s cellules géantes. Les mast-ccllules sont rares. Nous n’avons trouvé
aucun rapport entra» le nombre des spores et la prédominance, d(!S macro¬
pliages ou des pla.smatiques. Les vaisseaux des méninges sont le plus
souv(»nt infiltrés avec des plasmatocytes ou de rares lympbocytes.
Dans le cerveau proprement dit, on rencontre des tubercules faviques
ou tricopliytiques, qui sont peu nombreux en général et qui sont situés
dans la siib itance grise, la substance blanche ou le cervelet. Par endroit
on trouve des vaisseaux infiltrés ou des nodules périvasculaires. Quelque¬
fois enfin, on peut surprendre le processus incipient de la formation nodu-
ENCÉPHALITE EAVJQUE ET TlilCOPIl YT IQUE 233
laire. Dans l’intervalle de ces pseudo-tubercules, la substance nerveuse
n’est que peu altérée.
Les Lubercules incipients sont formés ])ar des vaisseaux infiUrés par
Fig. 5. — Tubercule des plexus choroïdiens ; vaisseau inliltié (dessin).
des 1 ymphocy tes et des plasmatocy les, avec épi Lhélioïdes cl plasmatocy tes
libres dans letissu situé enl re cos vaisseaux. Les lubercules constitués peu¬
vent présentcn-desaspeclsunpeudiflerents. On rencontre des nodulcscons-
titués à p(m près exclusivement de cellules épithélioïdes et de très rares
cellules plasmatiques. On rencontre des nodules on les plasmatocyl es pré¬
dominent. Enfin on rencontre aussi des nodules avec une partie centrale
234
C. /. UHliCHIA ET a. TATAHU
pàl(' ol imo couronne périphérique de coloration plus intense. La partie
e.entrale est constit née (1(! celluhîs éjiithélioïdes avec des gros noyaux pâles
(d un protoplasina al)ondanl ; dans hî protoplasttie de ces cellules se
r(;nc(>ntrenL des spores ou des vacuoles. Vers la i)ériphérie d(! C(!tle zone, on
peut rencontrer tout à fait rarement des polynucléaires à granulations
Fi|.'. G. — C.’llulc.s Ki'aiilos de ti.b 'ic.ulc lei'cùilciit (dcfsiii)
éosinophiles. La p(‘riphérie de ces tuhercuhîs, comme nous venons de le
dire, est constituée par un amas de (-(dlules pla.'-mat i((ues présentant les
im'tncs caractères <pi<' celhs des méninges. Dans tous ces tubereuhis
faviqufis ou tricophylLpies on reneont r<‘ d(?s [ihrohlastes proliférés et
hy[)ertrophi(!S (^t un tissu conjonelif ahomlant constituant une charpenle
pour le tissu de néoformal ion.
Le 1 issu conjonctif et les fihrohlast(;s paraiss(ud plus développés dans
les nodules oi'i les cellules é[>il hélioïdes i»r<‘domin(ml. Dans l’intérieur de
ENCI':PIIALITH FAVIQUE ET TRICOPIIYTIQUE
235
COS lubcrciilos, les cellules nerveuses ne se Irouveni que très rarement et
quand tilles s’y trouvent, elles sont le plus souvent loul à fait altérées. En
ce qui concerne les spores, elles se relrouvenl à peu près toujours dans des
quantités variables. Aut our de ces lubcrcules,nous trouvons une réaction
progressive dri la part de la névroglie, qui a l’air de cbcrtdier à encapsub r
ce tissu étranger d’une cotjue névroglique où les cellules cl b's fibres sont
proliférées et bypertropbié's. Les vaisseaux qui sont silués auloiu de ces
néoformations présentent des infiltrations plus ou moins intenses avec des
cellub-s plasmatiques. Quebfuefois, l'in filtrat ion se continue jusqu’au
tubercule voisin ; quc'lqucfois on rencontre des vaisseaux infilirés dans des
régions librc's de I ubercules, et probablement s’agit-il dans ces cas d(^
tubercules sous-jacents à not re coupe. Nous devons cependant remarquer
ipi’aulfiur (bï quelcfues tubercubîs constitués surtout de cellules épil bé-
lioïdes, les inlilt, rations périvasculaires peuvent manquer. Dans l’adven-
tice d('s vaiss('aux on peut troiiv('r des spores. Nous avons enfin renconlié
quelques vaisseau.x, où la prolifération desendothéliuins et de l’adventice
était si intense que la (lin'érencialion 7'a])pellüit rendartéritc sypbili-
tique des p('l,its vaisseaux du cerveau (de NissI et Alzlndmcr), de même
que l’endart érit e |)r(diféral ive de l’intoxication expérimentale .ivcc le
j)lomb (Bonligli), la 1 oxine dysi'idéricpie (l..otniar) et b' manganèse (Lewy).
A part, les tubercules déjà décrit s, on ])eul renconln'r des tubercules
sit.nés sur le I rajel d’un vaisseau, des tubercules pour ainsi dire vasculo-
sessiles ayatd: tous les caraclères des ju'écédents.
Une altération loul à fait rare est celle des plexus eboroïdiens. Nous
V('nons de rencontrer dans quelques pièces des infiltrations périvascu-
[C. I. URECIIIA ET C. TATAIW
23 G
lairo.s (inormes cL (l(is lubercules. Dans ces tubercules, on distingue une
partie centrale constituée en majorité do cellules épithélioïdes et géantes
laudis (pi’à la périphérie prédoitiinent surtout les cellules plasmatiques.
I.es ciillules (ipithélioïdes ont quebfuefois le contour si peu délimité qu’elles
(iiit l’aspect symplasique. Les cellules géantes sont relativement nombreu-
s(is, avec d(is noyaux situés au centre ou à la périphérie de la cellule ; biur
Tl". 8. — ■ïab-irculo inci.iicnt (dessin).
lu’otoidasme peut contenir des sj)ores ou des vacuoles. Les spores sont du
reste très nornbniuscis dans ces nodules. L’épendyme pn'isentii aussi qucl-
([ues inliltrations. Du inuicoritni enlin d(is cellubis plasmati(iues libres dans
le tissu.
l)’aj)rès ces faits, on doit conclmai que l’inoculation sous-duralo
constitue la meilleure voie, en ce qui concerne l’ Achorion et le Tricopbyton.
L’inoculation sous-durale produit chez le lapin une méningo-eiicéphalitc
[)seudo-tubercul(mse.
VI
UN CAS DE DISSOCIATION THERMO-ANALGɬ
SIQUE AU COURS D’UNE NÉVRITE PAR COM¬
PRESSION CICATRICIELLE
MM. A. HAYEM et P. MIZON
(de Lille)
Un ca.s de Herzen (1), les expériences de Biern8cki(2)snrlenerf cubital,
ont montré qu’à la suite de la compression d’un tronc nerveux, la sensi¬
bilité thermique pouvait disparaître on même temps que subsistaient les
autres modes de la sensibilité.
Barker (3) a fait connaître un cas de compression du plexus brachial
ayant entraîné des phénomènes analogues.
J. -B. Charcot (4) a signalé un étranglement cicatriciel du nerf cubital
ayant causé une dissociation syringomyélique parfaite — c’est-à-dire
où seule subsistait la sensibilité au toucher.
Ingelrans (5) a rappelé les observations de Vergoly (6), traitant do la
dissociation thermo-analgésique, au cours des névrites diabétiques. Ber¬
ger (7), puis KorsakolT (8) ont communiqué des obseA^alions de névrites
alcooliques accompagnées de phénomènes du même genre. On en a observé
égaleimmt, dans certains cas d(^ lèpre nerveuse (Cbaulïard, Babinsky (9),
Jacoby (10), Ro.senback (11), etc.).
Avant d’aller plus loin, rappelons que Babinski a distingué un type
de dissociation syringomyélique parfaite, où seul le tact est conservé à
l’exclusion de toutes les autres sensibilités, et un type imparfait où les
sensations lactib's et doulourcuises sont plus ou moins modifiées. Si l’ob¬
servation sus-mentionnée de Charcot peut rentrer dans le premier groupe,
presque toutes les autres appartiennent au deuxième.
(I) ItEnzKN ciù‘ par Werlhcimer iii L’Anim; psnclwhf/iiiiie. tome XIII.
2) BmnNACKi cité par Werllioimer {lue. cil.).
3) Bahker cilÎ! |)ar Worlheimer {lue. cil.).
4) .I.-B. CiiAiicoT. /{(/I/cIiri yociété (le Biulugie, 1892.
5) Inoklhans. Ciazctle dcn Ilôpilaii.r, mars I9()ü.
(i) Veiuielv. Gazelle Hebdunuulairc, aofll 1893.
7) BEUGiai. Wier.cr Midi. Wo'lien., 1872.
8 Koiisokoi-1- cité par Hollii in Arch. de nciirtd. (n» 48).
9) Badinski. .Soc. méd. des Ilûpilaux, 1891.
I 10) Jac.oiiy. Journal of nervuns and menliü discases, l. Xl\', 1889.
(II) Hosenback. Neiirolog. Cenlralblalt, 1884.
.1. IIAYEM ET 1>. MIZON
à fc inoiiKMil une lij/i)crcslli<>si(’ llicn)ni]iic ;ur la
1^1. il(! sou iurla(;ari)icu; cL, ]icu après, nous ([uillo
s l’iiiipossihiliiè (lo coulrôl<'r le fait cL
èvolulioii.
CONGRÈS DES ALIÉNISTES ET NEUROLOGISTES
de France et des pays de langue française
XXVII'' Session. - BES.iAÇON. — 2 7 Aoûl
La XXVII® s(îssii>n du ('.oiifirès d(!S Aliénistes et Neurologistes de Franee
et des pays do langue l'raiiçaise s’est tenue à Besançon, du 2 au 7 août
l'J23.
Président ; 1\1. Henri Lolin, inédeein en chef du service de l’admission
de l’Asile cliniijue (Sainti^-Aniu^), secrétaire général de la Société médico-
psychologiijiK^.
Vire-Présidenl : .M.de Massary, méihu in des hôpitaux de Paris, ancien
Président de la Société de Neurologie de Paris.
Secrétaire générât: .M. A. Santenoise, nuMlcein chel' de l’asile de Saint-
Ylio (Jura).
La séanei! d’ouvertures a lieu hs jeudi 2 août, au théâtre municipal, sous
la présidence de .M. Haeou, préh t du Douhs, (uitouré (hss représentants
des Ministères de rilygièiu', de la Guerris et de la Marines, des autorités
locsahss <st des délégués des pays étrangers (üelgiipu', Dandnark, Luxein-
hourg, Suiss(', etc.). 4
.Vjtrès les allocutions d’usage, M. Ihsnri Lolin, jirésident du Liuigrès, a
in-ononeé le discours inaugural.
11 a pris ])our thème un sujet qius son érudition, sa longue (sxj)crienee et
sa connaissaneis approl'ondie des malades mentau.x lui ont permis dis trai¬
ter avec unis originalité de vues qui lui l'ait grand honneur. On regrette dis
ne pouvoir en citer ici que quelques passages ; du moins feront-ils entrevoir
la [lortée philosophique, et aussi jiratique, des idées hrillamiuent dévelojipées
jiar M. Henri Lolin.
Qnelk ii clé l’éLuiliilinn de.'i idées sur lu fulic uu cours du siècle deriiier ?
■lis veux dans une vue d’eiiseinlde élndier comnienl, à nn efl'oil de synlhèsc où
l'inipoid.ance sociale iln prolilème él ail an pi'eiiiiir plan, a snceédC nn liesoin d’analyse,
ipu lonl en dissociant les syiniitùnies olisirvés, n'en a |ias inodil'ié sensildeineiU, l’as]iecl
gi'snécal, lias pins ipi'il n'a remédié anx ciniséipiences ipu penveni en résnltcr pour la
collectivité.
bans les sciences pins exactes que ne l'est la médecine, on assisie en frénéral an plié-
nomeno inverse. L’analyse précèle lonjonrs la synilièse.
Mais ici il l'allait aller an pins pressé ; à la suite de la rénovai ion sociale apportée par
la Uèvolntion franeaise, le sort miséralde fait anx malades dn cerveau ne pimvail
210
coxani'is du dksançon
iriaiiqucr (rinLér('SS( r an plus haut point les esprits g^nfreux. Il fallait les protéger, les
assister et au besoin les rendre inoffensil's !
. . .C’est alors (pi'on vit s’épanouir cette floraison étonnante (le savants, d’Iioinmes
(le bien. Ions unis par 1(( même esprit de solidarité linmaine, par le même désir de
soulager la souffrance. Nnibi part cette floraison ne fut plus ricins rpi’en l'rance
sons la forte impulsion de Oiind, d’Escpiirol, amis de Cabanis.
A mesure (pie se groupaient lesélémimts d’étude, les formes des désordres de l’esprit
se iirécisaii'ut et leur elassilication s'im[iosait. l’arallèlernent à la recherche scienlifi(iue
se dressait un iirobléme d’ordre éminemment social, l’assistance de l’individu, la |iro-
tection de la collectivité et souvent aussi du malade lui-même. Il fut résolu par l’adoii-
tion de la loi de IH.'IH, bietd.ùt copiée dans la plupart des pays étrangers et ([ui restera,
(((loi (pi’on fasse, une des lois les plus bienfaisant( s, h s mieux adaptées à leur objel
(pi’un l'ailement ait jamais votées.
I/elîort de nos prédécesseurs avait abouti à des résultats positifs au double poini
(II' vue scion tifi(pie et social. Alors se ma infestèrent deux tendances (pii se sont [lerpé tuées
Jus((u’à nos jours. D’une part, sous l’influence de lu découverte des lésions de la Jiara-
lysie générale, et revenant ainsi à des idées anciennes que confirmait la nouvelle décou¬
verte, on s’efforipi de rapporter à des désordres anatomo-patholognines les différent,
symptémes observés chez les aliénés, d’autre part on voulut partir d’une psychologis
soi-disant normale pour apprécier les troubles du jugement et de la raison constatée
chez les malades. Ces deux tendances persistent encore (d, s’augmentent depuis ces
dernières années d’nne troisième hypothèse, à savoir le trouble des fonctions biolo-
gi([nes, condition de l’altération de l’intelligence et cause réelle des troubles mentaux.
t)u(' devons-nous [lenser de ces orientations diverses Y
Des imimmses progrès (pie les recherehes anal omo-pathologiipies ont [lermis à la
neurologie de réaliser devaient forcément inciter les chercheurs à appliipier les mêmes
méthodes à la pathologie mentale, et cela d’autani plus ((ue l’une des formes les plus
fréquentes de raliéiialion est constituée par le syndrome paralytique.
Mais en didiors de la l’aralysie générale, des malformulions anatomiques cong'éjyii-
lales du cerveau c,h(>z les idiots, les arriérés, certains épiliqitiipies, dans la démence pré¬
coce ou les (h'générescences, dues au ramollissement où à la démence organique, dans
les délires aigus, dans toutes les alTecI ions enun mot ayant comimdiase natundle une
altération des élémimts constitutifs du cerveau, les recherches anatoiiio-pathologiques
ont donné |ii‘u de résultats et (i priori ne pouvaient en donner de très importants.
En (dfet, la grande mass(! des psychoses échappe aux investigations analorno-patho-
logi(]U(-s telles (pi’elles dérivent de la méthode employée en Neurologie, pour celle
excellente raison (pje la lésion anatomo-hislol()gi(iue est absente. De là, l’obligation de
limiter les recherches à un petit groupe d’alTections, de là cette multiplicité de travaux
sur un s(Mil objet, la paralysie générale, dont on pourrait dire que pendant trois quarts
de siècle (dh> a absorbé, au point de vm- anatomu-palh()logi(pie,lu jiresque totalité de
l’activité scienli Ihpie des aliénistes et celle des neurologistes jusrpi’à la venue de
Duchenne (de lloulogne), de Dharcol, de V’ulpian, (de., etc.
Mais en môme temps, l’Ecole (;iini(pie brillait de tout son éclat, .lusqu’en 1900, on
s’est astreint à classer les troubles de l’inlelligence dans (l((s cadres précis, à ei déli-
miler les analogies et les différences, à en dégager des types qui, pour être abstraits,
c,(jmm(( le sont ceux de toutes les maladies, — suivant le mot fameux, il n’y a pas de
maladies, il n’y a ((ne des malades, — n’en réimndent pas moins à une exigence de
l’esprit pour s(( gidder dans la confusion des manifestations morbides.
A cet égard, Magnan a joué un rèle (Ui t(nil premier ordre, après Esquirol, Morel
CONGUÈS DE BESANÇON 241
P.FalrotjDaillargcr, Calmpil,avoc JuIck FalrcL, Lasègue, Ritli, Christian, poiii ne parler
<pie (les disparus.
C’est ainsi qu’au prix d’efforts répétés, on a pu constituer une synthèse des maladies
de l’esprit, synthèse qui, en dépit de toutes les critiques, a bien sa valeur.
Plus tard, s’appliquant surtout à la recherche de la genèse des délires, on a pensé que
les désordres biologiques et en particulier les troubles des glandes à sf'crétion interne
pouvaient servir à la déceler. Ici, malgré l’importance attribuée à la maladie deliasedow,
au myxodème, an crétinisme, il faut bien avouer que les résullals n’ont ](as répondu à
l’attente et cela non seidement dans le domaine de la psychiatrie, mais aussi sur le
ternun purement neundogique, où ils ne sullisent pas ù expliquer tous les .symptômes
observés.
Kniin, nous a.ssi.ston,s actuellement à l’épanouissement d’une nouvelle méthode de
r((ch((rchcs biologiques qui porte sur la presque totalité des humeurs. Ici encore, ou
comprend fort bien qu’on puisse obtenir des résultats d’une précision relative lorscpi’il
s’agit de phénomènes physiologiques déjà connus dans leur ensemble (circidation,
digestion, etc., etc.) ou de lésions certaines (paralysies générale). Je dis d’une précision
relative, car, encore une fois, il est impossible d’assimiler complètement un phénomène
vivant à une expérience do laboratoire.
Mais que dire lorsqu’il s’agit d’un troidde de la pensée, d’une psychose pure en rapport
étroit avec une disposition constitutionnelle héréditairement acquise ? ]>eut-on ratta¬
cher l’attaque épileptique à un choc hémoclasique comme on a voulu le faire il n’y a pas
bien longtemps ? Comment dès lors exiiliquer que chez certains épileptiques à crises
fréquentes, on voit ces crises disparaître complètement p('ndant un temps assez prolongé
Iiour ensuite se reproduire avec plus de fréquence et plus de violence qu’auparavant ?
N’y a-t-il pas eu de choc hémoclasique pendant cette luîriode intercalaire ? Comment
le soutenir ?
l’our toutes les expériences de laboratoire, il faut toujours revenir au Maître de la
méthode expérimentale, à Cl. Bernard qui, soit dit on passant, médecin lui-même, se
méfiait des médecins. « Il eut toujours au plus haut degré, dit Paul Bert, ce double
sentiment, que la physiologie sera la base nécessaire d’une m6(^ccinc sûre d’clle-niême
et que la i)hysiologie actuelle est encore bien éloignée de fournir quehpie certitude
pratique. Ses propres découvertes, il en sentait toute l’importance comme fondement
de l’édillce médical, mais il ne partageait pas les illusions de ceux qui, avec, un empres¬
sement dont il a bien souvent souri, les transportaient dans le domaine des ai)i)lica-
tions cliniques ou thérapeutiques. »
. . .Vouloir attribuer q des lésions cérébrales, à des modifications biologiques ou à
dos troubles p.sychologiques toutes les altérations de l’esprit, c’est pour mid faire anivre
vaine, partir d’une idée jiréconçue et s’efforcer sans raison d’y rattacher les faits
ob.servés.
Si nous connaissons les phénomènes provoqués par l’excitation de l’écorce, nous
ignorons tout ou à peu près de la morpludogie normale du cerveau dans ses rapports
avec l’intelligence. C’est donc la base même qui nous fait défaut.
C’est pourquoi, à mon avis, les recherchesde laboratoire, les observations physiolo¬
giques et biologiques ne. peuvent nous mener bien loin dans l’étude des maladies men¬
tales. On constate des faits, de menus faits,etcesconstatationssont elles-mêmes contre¬
dites par d’autres expérimentateurs. Mais la constatation de ces faits est iiar elle-même
impuissante, en l’absence d’un lien commun ipii les rattache entre eux, à nous l'xplicpu'r
pourquoi une certaine catégorie d’individus délire alors que d’autres individussoumis
aux mêmes influences ne présenteront aucun trouble mental. Nous sommes en présence
très probablement des malformations morphologiques del’ensemble du cerveau, que
REVUe NEUROLOUIQUE. — T.
242
CONGUÈS DE liBEANÇON
nous if;iu)vons jusqu’ù prèsonl cl- qui cnlralnent une vuln(’',ralulil6 phis grande, une sensi-
l)ilil-i’' plii.s aiguë à rëagir sous une influence dëLerminfie. Lorscpi’on voit,, inalgrë l’in¬
fluence prùpundranLe de lu civili.salion, d(! lï'dueai.ion, du milieu, sur la formation des
idées el do l’intelligence, la facilité avec laquelle le cerveau n^vient à des iitqiressions
|)rcmières, fi desconceid ions eid'antines, à la suite du troiilileapporlétlans son équililuc
par un événement tel que la guerre- ou à lu suite de la gêiue des fondions instinctives
élémentaires elui à lu famine ou à une catastreqilie imprévue, on ne s’étonne pas, sans
(pi’il soit liesoin de recourir à des explications l)iologi(|ues, ipre îles cerveaux liérédilai-
rement prédisposés ou di's cerveaux alTaililis délirent spoidanément sous l’influence
Dans un très beau livre : L’/ù"o/(//ion i/c /’cri/imisnic d la Maladie, Klippel s’exprime
ainsi ; « I.’oi'ganisme,en réagissant contre les causes accidentelles et |iutbologi(pies, peut
ac(|uérii' des propriétés nouvelles, en entrant en conflit avec eus causes, ipii tendent à
l’altérer, et en s’adaptant aux cenditions imposées àce momentparles modilicalions du
milieu normal. Une fois ipie ces réactions nouvelles ont été acipnses, elles peuveni,
survivre aux causes qui les ont provoquées el deviennent alors des manifestations liabi-
luclles et des modes de défense contre les influences de tonte sorte. Kn persistant
elle/, l’individu, elles peuvent être transmises inir liérédité. «
A l’heure actuelle, nous voyons se manifester de nouveau une tendance à introduire
les méthodes d’analyse psyclioUgiipie dans l’étude des maladies mentales.
.le dis :de nouveau, car au cours ilu siècle dernier, cette application de la psychologie
a été faite à maintes reprises, et il faut bien l’avouer, toujours sans succès.
. . . l’our moi, c’est une erreur de jienser (|ue la psychologie peut retirer des informa¬
tions précises à l’étude des aliénés. La psychologie normale nous est inconnue, pour cette
e.xcelicnte raison que nous ne savons pas au juste ce que peut être l’intelligence nor¬
male. Charcot avait coutume de dire : « L’homme normal, qii’est-cc ipie cela ? S’il
existait, ce serait un monstre. » A plus forte raison, il parait impossible, aujiointde vue
|)sychologi(pie de tirer un enseignement profitable d’un esprit en délire.
. . .Lorsqu’on nous [larle de courant de conscience, d’élan vital, d’auto-conduction,
on nous ramène insensiblement, sous les dehors d’un spiritualisme matérialiste, aux
archées de Van llelmont, à l’animisme de Stahl, au vitalisme de l’Ecole d(! Montpellier,
qui plaçait, comme le dit encore Claude liernard, les phénomènes de la vie sons la dépen-
danc(! d’un principe particulier, d’une puissance spéciale, quel que soit le nom qu’on
lui donne, d’Ame, d’archée, de psyché, de médiateur i)lasti(|ue, d’esprit recteur, de
force vitale, ou de propriétés vitales.
Est-ce A dire qin^ « l’esprit se ramène A des atomesde corps simples ^suivant le mot dr-
h'ouillée? Ce serait i-nfantin. Mais, comme le dit A. liegnard, il existera toujours des
personnes croyant A l’éternité du inonde et A la réalité de la substance A la fois étendue
et pensée, matière cl force, corps et mouvement.
Examinons maintenant le rôle qu’on veut faire jouer aux instincts dans l’évolution
des maladies mentales. N’est-il lias aventureux de penser qm- le réveil d’un instinct
endormi, que la sollicitation de cet instinct, que lu fait de l’avoir contrarié puisse
avoir sur l’état mental futur d’un sujet des conséquences si graves qu’elles jiourronl le
modiller railicalemenl et entraîner chez l’individu les réactions morbides les plus di¬
verses ?
El si l’on pousse les choses A l’extrême, si l'on altribin^ au seul instinct sexuel ce rôle
pré|)ondérant dans la vie des êtres, ne doit-on [las encourir le reproche d’exclusivisme
et vicier par IA même toute la doctrine '}
Que l’instinct sexuel ail sur le psychisme une très grande influence, qui le nie ? Mais
CONGRÈS DE BESANÇON
243
csl-il le seul à l'cxorccr et son action ne se combine-t-elle pas avec celles d’autres ten¬
dances tout aussi instinctives ? Les faits si curieux de sexualisme observés pendant la
guerre, dans les endroits que Français et Allemands se reprenaient à tour de rôle, faits
qui rapjiellent sous une forme plus brutale le cas de l’Abbesse de Jouarre, analysô et
idéalisé l)ar Renan, ces faits peuvent-ils être rapportés à une déviation pure et simple
de l’instinct sexuel ? N’y a-t-il pas là plutôt un ret<mr à l’état primitif, sous la menace
incessante de la mort ?
Ij’instinct de nutrition ne produirait-il pas des résultats analogues ? Il est infiniment
probable ([ue si nous connaissions les réactions individuelles provoquées par la famine
russe, nous trouverions des preuves à l’appui de ce ((ue lunis avançons. De même pour
l’instinct <l(! cons('rvation.
En médecine mentale, ainsi que dans tonies les autres brandies de la médecine,
l’étude directe, l’examen clinique demeure la base de toute observation utile. Le reste,
examens biologiques, tests psychologiques, n’est qu’accessoire, non pas (lue j'en mécon¬
naisse l’utilité et parfois même l'indispensable nécessité dans certains cas déterminés.
Mais dans l’immense majorité des formes mentales, on ne saurait prétendre à expliquer
b's troubles qui alTectent l’intelligence par des recberclies mécaniques ou des considé¬
ration physico-chimiques dont tro|i d’ineounues peuvent vicii'r le résultat.
l’onvons-nous allirmer ipie telle modification biologiipie soit la cause du trouble
mental ?
« Au fond, c’est le contraire, dit Klippel, ce sont les désordres nerveux ipii ont pour
conséquence des modifications Immorales définies, lorsque celles-ci jieuvent être cons¬
tatées ici. 11 est beaucoup plus facile de comprendre les tempéraments émotifs par des
réactions qui se font sentir en l’absence des causes qui les ont jadis provoquées, et qui
rentrent dans le caractère normal de l’individu. Cela, en admettant un retentissement
secondaii'e sur les divers organes et en particulier sur les glande.s à sécrétion interne,
dans le cas où les émotions sont brus([ues, ou prolongés pendant longtemps.
« Le tempérament ipii, dans la sphère morale, répond à la fatigue, est distinct, dans
ses traits dominants, du tempérament émotif, bien ipie ceux-ci. s’établissent en grande
partie sur ie mode d’affectivité.
« Les douleurs, les paresthésies, la lassitude, le doute, le dépit, le pessimisme, la mi¬
santhropie, l’impuissance à résister et le dégoût des choses et de la vie, en sont les
caractères spécilhpu^s. Ce sont des états émotifs, c’est entendu, mais ce sont ceux de la
Voilà pourquoi tous les grands observateurs des aliénés ont fait presque exclusive¬
ment de la clini(iue,(l’Esquirol à Kraepelin, en jiassant par Guislain,Raillarger, Criésin-
ger, h’alret, Magnan. S’ils ont tenté d’approfondir le domaine anatomo-pathologique,
ils SC sont éloignés de la p.sychologic pure.
On reproche souvent aux aliénistes l’incertitude de leurs données, l’insullisance de
leur classiflsation, l’impossibilité où ils se trouvent de déterminer la cause, de fixer
l’évolution de telle ou telle forme de maladie mentale, la tendance à dissimuler leur
ignorance en employant une dénomination vague, telle que paranoïa, démence précoce,
etc.
Ce reproche est le tait d’esprits simplistes qui veulent trouver >ine cause à tous les
phénomènes qu’ils observent. L’incertitude qu’on reproche aux aliénistes se retrouve
à tous las degrés de la pathologie, dès que l’alTection devient exceptionnellement grave,
dès qu’elle se complique ou lors([u’ello atteint l’ensemble de l’organi.smc. Là aussi on
désigne sous des dénominations vagues (choc hérnoclasicpie, syndrome plnriglandulain',
parkinsonisme, syndrome |)seudo-bulbaire, syndrome hypoiihysaire), les phénomènes
observés.
24 4
CONGliÈS DE BESANÇON
•J’irai môma i)lus loin, je prAlends que la pallioloRie nienLaie dans ses formes les plus
oommiiiies est mie science plus exacte au iioinl de vue clinique que les autres manifes¬
tations de la patliüloffie interne. Il nous est arrivCi à tous, cliniciens dfjà lilancliis par
l’âf'c, de prévoir non seulement les réactions motrices, mais les réactions intellectuelles
des malades qui venaient se soumettre à notre examen, et d’annoncer ces réactions
|isyclii(iues aux malades eux-mêmes, à leur qrande stupéfaction.
Ce sont là des résultats auxquels ne peuvent conduire les examens de laboratoire ou
la méthode mécanique du psycholop'ue le plus averti. Il ne s’affit fdus d(‘ réactions
cliimi([ues l'U vase clos, dans des conditions forcément diflerentes de la réacl.ion dans
les tissus, il ne s’agit pas non plus du fonctionnemeut pliysiido^dipie du système nerveux
s|iécialisé, il s’afjit de la matière vivante dans ce qu’idle produit de plus élevé, la pensée.
Vouloir faire de cette fonction une chose sinr miilcria, indé|iendante de l’individu el
du milieu dans lequel il évolue, c’est à mon sens faire aaivre vaine.
.. .l’our bien connaître les aliénés, il faut les avoir lonf'temps observés dans leurs
diverses manifestations sans jamais perdre de vue les liens multiples (pd les unissent
entre elles, les faits ipii les ont provoipiées, le milieu dans leqind elles ont évolué, les
causes morales qui ont contribué à les faire éclon', les influences héréditaires qui ont
facilité cette éclosion.
Kn réalité, Valiéné est bien nommé. C’(‘st un élranger à la collectivité, il vit dans un
monde spécial qu’il a conqiosé suivant s(^s désirs. C’est un être à jiart, vivant d'une vi(^
propre, (pu possèd(( dans la vie ordinaire ses réactions particulières, ses joies et ses
peines, où l’individualisme est plus rnaiapjé (pi’ailleurs et pismd la forme de l’éf'oïsme
si souvent rei)roclu>à ce (fenre d(( malad(‘s et (pu les pousse à tout rattacher à leur propre
pers([nne.
...Si nous ne connaissons pas la m()rplioIogi(! normale du cerveau, nous savons
('.(qamdant que les tares intellectuelles sc transmettent plus facilement encore ([ue les
tares idiysi(iu((s des a.scendants aux descendants. Il en rés(dt(! que dans les vieilles civili¬
sations (la race juive nous le démontre surabondamment) l’hérédité jouera un réle
prépondérant dans l’éclosion (l((s troubles mentaux. Depuis (piehpies années, on tendait
de plus en plus à néglig((r le réle de l’hérédité, entraîné (pi’on était ((ar le souci (l(( décou¬
vrir d(!s causes [dus proches et des (ixplications filus tangibles. C’est cependant là le
fond de la ([luîstion, car de l’hérédité déiiend le tempérament et les anomalies du carac¬
tère. .Sous ce rapport, on paraît revenir à des idées filus justes. C’est ce que font actuel¬
lement certains élèves de Uleuler. Il me sera permis toutefois d’exprimer un regret,
c’est qu’on ait inventé un terme nouveau, la caracléroluyie, fioiir désigner un fait connu
de tous. Nous n’avions pas besoin de ce barbarisme.
« La dilTérenciation, dit Klififiel, est actuellement le fait de l'hérédité, après avoir été
ac([uise au cours de longues séries fihylogénétiques.
« l.’hérédité pathologique fiourrait être définie : la continuité de la matière vivante
modifiée chez les ascendants l>ar des agents pathogènes. »
De m(1me (fii’il est absurde de voir des fous fiartout, de même il est ridicule de vouloir
assimiler le génie à la f(die. A. Itegnard, dans un ouvrage des plus documentés et des
plus intéressants, a fait justice, sous ce rapfiort, des données fantiusistes de Lombroso,
l'eut-ou dire (fue l'ascal et Auguste Comte étaient des aliénés, et Dumas n’a-t-il fias
raison lors(fu’il alllrme (fiie si « A. Comte a été un grand philosofihe, c’est grâce à sa
raison, à sa volonté, et malgré qu’il ait été tou » ? Ne sait-on pas d’autre fiart que dans
les formes intermittentes de la folie on trouve des gens supérieurement intelligents ?
N’est-ce fias abuser (fiie (i’aller chercher dans l'hérédité mentale morbide, dans la
folie d’une sœur ou d’uno mère, l’explication du génie d’un père ou d’un llls.Uubliunt
CONGRÈS DE BESANÇON
245
l’influence de la mère et surtout celle des ascendants des deux conjoints, on s’étonne de
voir parfois des hommes supérieurs avec des enfants plus ou moins intelligents. Mais
comme le dit très bien Klippcl ; « Tout ce qui relève de l’éducation dans l’état moral est
sans hérédité. »
Je disais au début de ce discours que la tendance actuelle en clinique mentale était
de dissocier les symptômes, de pousser aussi loin que possible l’analyse des troubles
observés et des diverses manifestations psychiques ou motrices qui viennent se greffer
sur eux. Itien de mieux, à mon avis, mais je ne pense pas qu’ici non plus nous ayons
innové et que nous devions assister à un bouleversement général de la psychiatrie.
... De plus, s’il est bon de créer des théories plus ou moins ingénieuses, on nedoit pas
oul)Iier que la médecine mentale — comme toute la médecine — comporte un objet
immédiat. Paitlo minora canamus. Lorsque nous nous trouvons en présence d’unma'ade
et des parents de ce malade, la première question qui se pose est de savoir ce qu’il a,
comment il évoluera, s’il y a lieu ou non de l’interner, et dans cette deuxième alterna¬
tive, s’il restera longtemps interné, si en somme il guérira.
Ici pas de recherches do laboratoire, pas de jisychologie qui compte, seul l’examen
clinique entre en jeu. C’est pourquoi la clinique, sous ses apparences modestes, restera
toujours la science maîtresse.
Contrairement à certaines idées courantes et tout misonéisme mis à part, on ne s’im¬
provise pas médecin aliéniste, on apprend à le devenir. 11 faut pour cola de longues
années de pratique.
On n’est plus tenté de considérer comme des no\ivea\ités des manifestations devenues
banales à force d’avoir été observées. Et au point de vue du pronostic on devient d’une
extrême prudence. Interrogez là-de.s.sus ceux de nos collègues qui ont derrière eux 20
ou 25 ans d’(!xercico. On se mélie des imi)ressions, des ])rédiclions basées sur tel ou tel
signe fugace, sur telle ou telle apparence trom|)euse, comme le sont trop souvent les
manifestations do la pensée humaine, môme chez des gens sains d’esprit.
. . .On a fait grand bruit de la séparation de la Neurologie et de la Psychiatrie,
hrauehes parallèles d’un môme, système, ai-je dit aillmirs^ et qui ne sHuraient se ren¬
contrer. Mais dans certaines éventualités, elles aboutissent à un terrain commun,
lorsqu’il s’agit parexcmple des troubles de l’émotion, de l’obsession, des syndromes épi¬
sodiques, <le ce qu’on est convenu d’appeler la psychasthénie.
... Il nous reste les i)sychoses, les délires. C’est certainement la partie la plus vaste
de. notre domaine. Nous demandons qu’on veuille bien nous la laisser, car nous sommes
les seuls à l’avoir e;)cph)rée, les seuls à en connaître l’étendue et les aspects inliniment
Variés. Que nous empruntions, et nous n’y man{|uerons pas, les renseignements fournis
par les moyens mécaniques, les données que nous offi'e le laboratoire et la recherche
hiologi(pie ou psycholognpie, rien de mieux. Mais c’est nous qui restons juges de l’oppor¬
tunité de leur emidoi. Nous irons ainsi d’un pas sûr vers la vérité, sans risquer de nous
égarer en chemin.
Eiilln, la médecine mentale comporte un rôle social qu’on ne saurait négliger sous
pe.iue, de s’exposer à des surprises désagréables et à de graves dangers. Le psychisme,
étant à la base môme de la connaissance, embrasse touteslesfurmesdel’activitéhumainc.
C’est ce ipie Diipré appelait l’inlerpsychologie, c’est ce qu’on désigne actuellement
sous le nom d’ilygiène mentale.
Au début du dix-neuvième siècle, l’aliénation mentale constituait un problème social
dont la solution s’imposait de faipni impérieuse. A l’époipie actuelle, nous retrouvonsle
môme iiroblème social et il se présente à nous idus complexe, dans des conditions diffé¬
rentes.
246
CONGRÈS DE BESANÇON
Nous voyons ainsi sc rojoincle les anneaux fl’unc chaîne continue réunis par une agrafe
commune, l’étude de l’assistance duc à tous les malades de rcs])rit. ..
Mais combien d’efforts il nous reste encore à faire 1 Le progrès avance lentement,
nous le savons, mais nous savons aussi qu’il n’est pas de limites fi la connaissance hu¬
maine. Et puisqu’il cotte époque du tricentenaire, il est de mode de citer Pascal, je
terminerai en rapportant une de scs pensées :
Il Les sciences ont doux extrémités qui se touchent : La première est la pure ignorance
naturelle où se trouvent tous les hommes en naissant. L’autre extrémité est celle où
arrivent les grandes Ames, ipii ayant parcouru tout ce que les hommes peuvent savoir,
trouvent qu’ils ne savent rien et sc rencontrent en cette mGme ignorance d’où ils étaient
partis. Mais c’est une ignorance savante, qui sc connaît. »
Au cours de la session, ont eu lieu :unc conférence avec projections sur
Besançon et la Branche-Bomté par M. Gazier, conservateur de la Bililio-
Llicijuc de la ville.
Des visites de la ville, de la citadelle et d(^s musées, sous la direction de
■M. Gellard, arc, liitecte. Une très belle réception à l’IIôtcl de Ville offerte
|)ar la jMuiiicijialité de Besançon.
Une visite à l’asile d’aliénés de Saint-Ylie (.Jura). Un déjeuner à Dole
offert jiar l’.Asile et présidé par I\l. Guillemaut, prébA du .Jura.
Une visite de l^i ville de Dôbs, de l’Iiltablissi’ment des Bains Salins de
Besançon La .Mouillère, suivie d’une ré<;(!ption.
Une E.xcursion en automobile dans les montagnes du Doubs.
Le site admirable t l’i s’étale la ville de Besançon, bî pittoresque du Jura,
les traditions lios]iitalicr(‘s des Gomtois, les vestiges d’un glorieux passé,
la pioximité' di' ta Suisse (jui avait facilité la venue en grand noltdire (b^s
])sycliiatrcs de c(' ])ays, la fiib'lité des c(ird’rèr>s belges, toutes c.es causes
alliées oïd, contribué au succès de cette session.
Et l’on n’a jias manipié de ra|)peler ipi’elle se tenait dans le pays de
l'asteur, dans la ville (pii a vu naître Victor Hugo, et aussi l’un des fibis
ardents et jiliis regrettés adeptes de ce Gongrès, Brissaud, ipii fut, avec
Bégis, le [irincipal jiromoteur de l’union des Aliénistiis et Neurologistes
de b'rance et cb^s pays de langue française.
L’Assiunblée générale du Gongrès s’est tenu le samedi 1 août à 1 1 b. 1/2,
dans la garnie salle de la bacultè des Lettnïs de Bcîsançon, sous la jiiatsi-
denc.e de M. I buiri Golin, jirésident du Gongrès.
■M. B(mé Gliar|)(uiLipr, secrétaire! permamuit, a (!Xj>os(! la situation finan-
cièri! et morale du Gongrès (pii est de plus en ])bis pros|)èr(!.
M. Henri Golin, président, a rafipelé (pi’une tentative avait été faite ré¬
cemment dans !(! but de faire modifier le titre et l’organisation du Gongrès .
L('S membres du (buigrès ont ét(! invités à donner leur avis à cc sujet.
Tous se sont jirononcés pour le maintien du Gongrès des Aliénistes et
N(!urologistcs dcbranci! et des ]iays de langui'française avec l’organisation
a(!tu(!lle ; ils se sont élevés contre l’idéi! d’une sèiiaration des Aliénistes et
des Neurologistes, (pii n’est ni légitime, ni justifiée, ni même jiossible, et
CONGRÈS DE BESANÇON
247
serait contraire à l’intérêt de la science en général et du Congrès en parti¬
culier. Aucun orateur ne s’est prononcé en sens inverse.
M. Sollier, qui avait été l’un des protagonistes à la session de La Rochelle
(1893) de la fusion des Aliénistes et des Neurologistes dans le Congrès,
a proposé de voter la décision suivante :
Les rnédexins aliénistes et nenrologisles de France el des pays de langue
française réunis dans leur XX VIF Congrès d Besançon, convaincus de la
nécessité de leur union, lanl au point de vue scientifique que moral, el regrel-
ianl la campagne entreprise en vue de rompre celle union, décident de main¬
tenir leurs Congrès dans les mêmes condilions qu' auparavant.
Le vote a eu lieu par appel nominal.
A l’unanimité, cette décision a été adoptée.
L’Assemblée générale a voté ensuite h l’unanimité l’organisation de la
prochaine session.
Celle-ci aura lieu, au début d’août 1924, à Bruxelles.
Président français : M. de Massary, médecin des hôpitaux de Paris, se¬
crétaire général de la Société médicale des Hôpitaux de Paris, ancien
présidetit de la Société de Neurologie de Paris.
Président belge : M. Glorieux, inspecteur général des asiles et des colo¬
nies d’aliénés de Belgiijue.
Vice-Président : M. Anglade, médecin directeur de l’asile du Chàteau-
Pi(um (Bordeaux).
Secrétaire général : M. Auguste Ley, de Bruxelles.
L(!S ([uestions suivantes feront l’objet de rapports :
Ier Rapport (P.sychiatrie). Une des formes de l’enfance anormale: ladébi-
lilé menlale. Rapporteur :M1V[ Simon (de Paris) et Vermeylen (de Gheel).
2e Rapport (Neurologie). Comment étudier leslrj^ubles du langage. Rap-
[lortcur : M. Froment, professeur agrégé à Lyon.
3® Rapport (Assistance). L' adaptation du malade mental à son milieu,
spécialement dans V assistance familiale. Rapporteur : M.SANo(dc Gheel).
L’A.sscmhlée générale du Congrès a également voté, à runanimité, l’or¬
ganisation de la Cession suivante (XXIX“ session).
Celle-ci se tiendra à Paris, îi la fin de mai 1925.
Président : M. Anglade, médecin en chef de l’asile de Chàteau-Picon
' (Bordeaux.)
Secrétaire général : M. Dupain, médecin chef des asiles de la Seine.
Les (piestions suivantes feront l’objet de rapports :
Ier Rapport (Psyc.hiatri(^). La guérison tardive des maladies menlales.
Rap[)orteur : M. Jean Robert, médecin (lin^tcur de l’Asile d’Auch.
2e Rapport (Neurologie). Les encéphalopathies familiales infanliles.
Ra])port(îur : M. O. Crouzon, médecin des hôpitaux de Paris.
3® Rapport (Médecine légale psychiatrique). La médecine légale civile
des étais d’ affaiblissement inlellecluel. Rapporteur: .M. Briand, médecin-
chef des asiles de la Seine.
248
CONGIiÈS DE BESANÇON
RAPPORTS
1. — NEUROLOGIE
Troubles Nerveux et Circulatoires causés par les Côtes Cervicales
par M. André-Thomas (de Paris) (résum6).
EiiiliryolegKjneiiient les côtes cervicales existent chez l’iioinme ; elles deviennent
une an())nali(! (piand par rôgression elles se dorsalisent, (juand elles reprennent plus
ou moins les caractères de la côte vraie, de la côte dorsale.
L’apophyse transverse normale des vertèbres cervicales peut être dêcomi)osée en
deux parties; l’une, postérieure, est l’apophyse, transverse proprement dite; l’autre,
antérieure, (ist le chef capitulaire (tête et col) d’une côte complétée par des nodules
cartilagimmx en direction distale. L’assimilation de, la lame ventrale, de l’aiiophyse
transverse à une côte est facile pour la 1“ cervicale ; (die se fait moins aisément avec
les G», 5", 4». L’((st d’ailleurs la V» côte cervical(( (pii a persisté le plus lüngtemi)S dans
l’i’ivolution phil(»génétitiuc ; c’est aussi celle dont la clinique observe le plus souvent
la dorsalisation.
Les rapports de la 7“ côte c((rvicalc avec le jilcxus brachial et l’arti’iiu^ sous-clavière,
la surélévation et la tension de l’un et de l’autre, la compression et l’irritation par un
contact trop intime ex|iliquent l’apparition des accidents, à ceci près que l’anomalie
est congénitale et que les accidents nerveux sont tardifs. La côte cervicale est donc la
prédisposition à des accidents qu’une, occasion provo(piera.
Tout((sb(S côtes cervicales ne sont pas également prédisposai! tesanx Irmibh^s vasculo-
uerveux ; les symptômes localisés dans le domaine de la 7“ racine ne, dépendent pas de
la longueur de la côte ; si les troubles vasculaires ne peuvent guère être produits (pie
par une côte cervicale assez longue pour rencontrer en avant l’artère sous-clavière, on
a vu de longue,s côtes cervicales ne pas déterminer do troubles nerveux ; ceux-ci sont
cependant fréquents, ([ue la côte cervicale soit longue ou brève ; et même une apophyse
transver’se. anormalement développée les produit facilement. En plus de lu longueur de
la côte accessoire, sa direction, sa forme, sa courbure, sa hauteur, la tension des liga¬
ments ont une influence sur la détermination des accidents.
La côte, cervi(!ale n’atteint son complet dév(doppement (pi’assez tard, vers 25 ans.
Mais la clinique attribmi à ce fait beaucoup moins d’importance (pi’aiix facteurs méca-
ui(pi((s dans la provocation et l’accentuation des symptômes. La mobilisation des
bras, les mouvements respiratoires, le port des jioids lourds, les tractions sur le membre,
les efforts en général sont aceusés d’avoir causé l’ap|iarition des douleurs, (l(( les renou¬
veler, (ht les exacerber. Toute profession (pii favorise l’intervention de ces divers fac¬
teurs joue un rôle important. Ce n’est pas toujours un effort répété, mais souvent un
mouvenuuit brus(|ue qui déclenche lu série des accidents ; traumatismes, fractures
p(!UV(uit agir de même ; maladies infectieuses, intoxications ont parfois joué un rôle
déterminant ; la syphilis a été incriminée.
Les accidents nerveux se localisent dans le plexus brachial, dans le plexus cervical,
dans ht système sympathi(pie. Les (liV(trs symptômes moteurs, sensitifs, circulatoiiats
ne, S(tgroup(!nt pas sous une forme unitpie ; le syndrome des côt(ts cervicales comporte
des variati(»ns.
Les troubles subjectifs de la sonsibilité sont les plus habituels et les plus précoces.
CONGBÈS DE BESANÇON
249
et ils peuvent pendant une longue période exister seuls. Ce sont rarement des douleurs
lancinantes ou fulgurantes, et d’ordinaire des picotements, fourmillements, engourdis¬
sements, brûlures, ces paresthésies désagréables devenant jiarfois exaspérantes. Leur
siège est variable de malade à malade, mais fixe pour le même sujet. Occupant en général
le plexus brachial, elles peuvent s’irradier dans le plexus cervical et parfois s’y localiser.
Elles sont à la fois superficielles et profondes. Leur réapparition ou leur exagération à
l’occasion de certains mouvements ou de certaines attitudes qui tiraillent le plexus
brachial sur la côte accessoire sont assez caractéristiques ; les efforts pendant le travail,
les attitudes au cours du sommeil déterminent de tels paroxysmes. La douleur est encore
exacerbée par les mouvements respiratoires, surtout par l’inspiration forcée chez la
femme dont la respiration est de type costal supérieur.
Les troubles objectifs de la sensibilité manquent assez souvent. L’hyperesthésie est
plus rare que l’anesthésie et très rarement on lui voit atteindre un haut degré d’acuité ;
clic occupe un teiritoire radiculaire, notamment le bord interne de l’avant-bras et de
la main
L anesthésie aussi est ordinairement de type radiculaire, et elle siège beaucoup plus
souvent dans le territoire de la 8' racine, que dans des bandes plus externes du bras.
La sensibilité superficielle, est davantage atteinte que la profonde ; la disse dation syrin-
gomyélique n’appartient pas au syndrome ; jjartois les troubles de la sensibilité objec¬
tive affectent la disposition segmentaire.
L’affaiblissement et la disparition dos réflexes du membre supérieur ont été signalés.
Los troubles de la motilité occupent exclusivement le domaine du plexus brachial
et ils sont d’ordres assez divers ; à côté de la paralysie et de l’atrophie localisées dans
un territoire radiculaire, il convient de faire jilace à un certain nombre de désordres
pins ou moins diffus, non systématisés; telles sont les impotences diffuses, les impo¬
tences par gêne, circulatoire permanente, les impotences d’origine douloureuse.
Les troubles systématisés de la motilité, de même que les troubles de la sensibilité
subjective, affectent certaines racines avec une réelle électivité : les deux dernières
cervicales et la première dorsale. Dans la grande majorité des cas, la paralysie et l’atro¬
phie sont associées et prédominent dans les petits muscles de la main.
Oncl ([uesoitle type revêtu ])ar la paralysie, elle jieul prendre d’cmblee tous les
muscles on les envahir progressivement, ou respecter certains muscles alors (pie d’autres
innervés par la même racine sont envahis ; on observe des paralysies partielles, coinnio
celle, ipii se localise strictement à l’éminence thénar ; le degré de paralysie et d’atrophie
est variable pour chaque muscle.
Les contractions fibrillaires manquent comme dans toutes les jiaralysies périphé¬
riques. Les réactions électriques .sont modifiées, depuis la simple diminution de
l’excitabilité jusipi’à la réaction do dégénérescence partielle ou totale.
Il est à remarquer (pie dans les cas de paralysie localisée les malades viennent con¬
sulter non pour une impotence globale, mais pour l’inqiossibililé d’accomplir un acte
isolé, souvent iirofcssionnel : coudre, écrire, dactylographier, jouer du piano. Même
dans les cas où les malades n’accusent qu’un état d’inqiotence ou de fatigue géiU’rale
il est ordinairement facile de dépister un début de paralysie radiculaire en exidorant
la force et la résistance des différents muscles.
Les troubles de la motilité ne se superposent )ias nécessairement aux troubles de la
sensibilité. Les divers syndromes sensitivo-moteiirs ipie l’on observe s’associent de
iliverses manières à des troubles circulatoires (pii .sont soit sous la dépendance des
lésions iicrvenses, les racines ayant lU’ijà re^;.u leur continginit de fibres sympathiipies
au niveau de la conqircssion, soit sous la dépendance de la compression des vaisseaux
et des fibres sympathiques qui les accompagnent.
250
CONGRÈS DE BESANÇON
Gos troubles circulatoires, d’origine compressive vasculaire et d’origine sympathique
dans une proportion souvent malaisée à définir, consistent en ; f)âlciir, refroidissement,
cyanose do la main, affaiblissement du poul radial, diminution de la jircssion, cxccp-
lionnellenle.nl gangrène.
Il n’est pas douteux que la compression de l’artère sous-clavière ne joue nn rôie im¬
portant dans la patliogénic îles troubles circulatoires, mais on ne saurait lui réserverun
1 ôle exclusif, pour le motif qu’elle est enlacée par un réseau de libres sympathiques venues
du ganglion cervical inférieur. On sera en droit d’admettre ijiie Icstroublescirculatoires
ne reconnaissent pas une origine vasculaire mécanique lorsqu’on réussit à obtenir des
pouls égaux et symétri(|Ues, des pressions égales, des oscillations au Pachon de môme
amplitude quand les deux membres suiiérieurs sont ramenés à la môme température
et se trouvent placés dans les mômes conditions physiques. Le sym|iathique sera aussi
plus volontiers incriminé quand la main est rouge et chaude, et quand il existe simul¬
tanément un syndrome sym[iathique cervical (enophtalmie, myosis, asymétrie Iher-
niiipie et circulatoire de la face).
Scoliose dans 15 % des cas de côtes cervicales.
Le diagnostic doit viser à éliminer l’atrophie musculaire progressive, la syringo-
myélie, la compression des racines, les radiculites, les pachyméidngiles, les signes pré¬
monitoires du tabes. 11 reposera sur les divers symptômes cliniipies énumérés ci-dessus ;
acropareslhésies, anesthésies, p.aralysies, atrophies, troubles circulatoires ; il ne sera
réellement établi que ))ar la radiographie qui fournil la iircuve décisive.
Les accidents vasculo-nerveux ne .sont lias fatalement définitifs et progressifs ; ils
peuvent évoluer spontanément vers l’amélioration ou la guérison ; il ne faut pas se
lii'der d’intervenir et le traitement médical est à envisager. Il s’appli(|Uera à réaliser
toutes les conditions ipii iliiuiniienl la compression ; le malaile sera mis au repos, il
évitera tonte fatigue, tout exercice prolongé, tout mouvement brusipie . Hepos, écharpe
analgésiques, chaleur, galvanisation, radioLliérapie ont leurs indications.
Mais ce ne, sont à Vrai dire que palliatifs ne pouvant convenir aux gens pour qui le,
travail est une nécessité. Le chirurgien alors doit ôlre appelé, ainsi (|ue. d’ôilleurs dans
tous les cas où la radiographie ayant confirmé la présence, d’une côte cervicale, lathéra,
peuti(|ue médicale n’a amélioré en rien des douleurs obsédantes et une impotence pro-
L’opération est difficile, mais elle guérit ou procure des amélioi ations considérables,
soit immédiatement, soit le plus souvent après une alleiiLe plus ou moins prolongée.
Discussion.
M. Lakinul-Lavastink (de l'aris). -- Il y a lieu d’insister sur la fréipienee des
côtes cervicales sans aucune manifestation clinique. Dans un cas fort curieux L. Lai-
gnel-Lavastiiie a noté les symptômes ilonloureux du côté gauche alors que la radio¬
graphie localisait à droite la côte supplémentaire.
Il faut aussi rapiieler (pie la scoliose [leut ôtre l’origine, de symptômes vasculo-
nerveux semblables à ceux que déterminent les côtes cervicales ; c’est là une réelle,
difficulté pour le iliagnoslic clini(|Ue.
.\r. Henri Hoonn (île Marseille). M. Hoger a observé 5 cas de côtes cervicales ayanl
eliaeun des caractères particuliers. Dans le premier cas, des cramiies ap|airaissaient
dans le bras quand le malade laçait ses souliers. La radiographie révéla une double
côte cervicale, plus développée du côté malade. Les synqitômes disparurent sponta¬
nément. Dans le second cas nn torticolis spusmodi(|ue apparut chez un |)orteur de côte
CONGÜÈS DE BESANÇON
251
cervicale après un accident. Dans le troisième cas, qui concerne une mélancolique an¬
xieuse ayant également un torticolis spasmodique, celui-ci disparut après trois injec¬
tions locales do novocaïno.
M. FnoMiîNT (do Lyon) a vu le trouble do la motilité limité au court adducteur du
pouce. La paralysie do ce iiotit mu.sclo est difficile à déceler et, si on ne la cherche pas
attentivement, elle passe inaiierçue. Du reste, la technique de l’examen fonctionnel de
la main est encore beaucoup trop rudimentaire ; il faudrait analyser et connaître
toute la physiologie de la préliension, le mécanisme de tous les actes i)rofcssionnels,
si nombreux et si variés.
M. CiiARPENTiiin (do Paris) ra|)porlo l’observation d’une côte cervicale doulou¬
reuse qui fut opérée il y a un an : aujourd’hui la malade souffre tout autant.
M. de Massauy (de Paris). — On constate chez une dame souffrant de troubles
parestliésiques du bras une déformation de la clavicule et la radiographie révèle, une
côte supplémentaire. Or, ces tro>ibles cliniques sont apparus à un ûgc avancé. No
pourrait-on les attribuer à une ostéite de Paget localisée à l’apophyse transvorse,
semblable à celle de la clavicule ?
MM. LÉni et PÉnoN (de Paris) apportent diverses photographies de côtes cer¬
vicales ayant déterminé des troubles clinicpies variés: atrophie du membre sut)érieur,
avec abolition du réflexe olécrûnien, atrophie périscapulaire doukuireiise, griffe
cubitale, atrophie du type Aran-Dueheune, atro])hie des éminences thénar et hyjio-
tlténar, paralysie radiale, etc.
M. CouHiioN (de Stephansfeld) tait observer que ce rajiport^ qui paraît à première
vue exclusivement neurologique, offre cepenilant un intérêt pratique ])Our les psy¬
chiatres, vu (|U’il leur apprend à ne pas appeler faussement céuestopathie, ledème psy-
cho-névropathi(|ue, etc., des troubles dus à la présence de côtes cervicales.
M. CnouzON (de Paris) niontre (pie, ihqiuis les travaux entrepris en 1913 .sous la
‘lirectioii do M. le Professeur Pierre Marie, la (piestion des côtes cervicales a évolué
notablement. Si, au point de vue cliniipie, les résultatsde se^ observations se rappro¬
chent sensiblement du rapport (h: M. André-Thomas, M. Crou/.on apporte une notion
■louveile dans ses conclusions radiologicpies et anatomo-pathologicpies.
M. Croiizon a pu étudier par lui-mème à la Salpêtrière 70 malades ; tous ont été
examinés radiologiquement et 45 d’entre eux ont pu être l’objet d’observation prolon-
Kée. La première partie de la communication de M. Crouzon porte sur la description
clinique ; elle concorde «ivec les conclusions de M. André-Thomas relatives à l’âge, aux
Lrouhles subjectifs de la sensibilité, aux troubles moteurs, etc.
Les troubles sympathiipies ont été observés dans 8 cas et portent surtout sur les
pupilles : deux lois il y avait un syndrome de Claude Dernard-llorner. 11 n’a jamais
été observé de syndrome syringomyélique vrai.
I-a seconde partie, démontre (|ue sur les 70 cas observés, il s’agissait 50 fois, c’est-à-dire
'l fois sur 5, non pas d’une côte supplémentaire, mais d’une apoidiysc transversc cervi¬
cale, très développée.
fàdte distinction entre les côtes cervicales et les apophyses hypertrophiées n’était
pas faite autrefois.
M. Crouzon fait une démonstration évidente de cette différenciation dans une (|uai an-
faine de projections : en effet, il montre tout d’abord 14 cas de côtes cervicales vraies.
Mans ciini cas, on voit une côte cervicale développée et en même temps une apophyse.
Cervicale hypertrophiée. Dans un cas, il y a côte cervicale avec développement normal
‘le l’apophyse. Dans 8 cas, il y a ajiophyse développée et côte cervicale amorcée. Dans
252
CONGIIÈS DE BESANÇON
tous 1(!S autres cas, ily avait seulement hypertrophie de l’apophyse. M.Crouzon montre
11 cas où une intervention cliirurgicale a pu être faite et a confirmé cette notion d’hy-
perlropiiie de l’ai)ophyse transverse. La plupart des interventions ont été faites et
publiées par Lenormant et Sénèque et leurs constatations ont été analogues à celles
d’autres auteurs : Fouillond-Buyet, Honcy, Necl, etc.
Ainsi donc, il s’agit, dans la majorité dos cas attribués autrefois aux eûtes
cervicales, d’hypertrophie d’aiiopiiyses transverscs cervicales dont la forme |)eut être
varialjle, en dent, en crochet, ou quelquefois dont le dévelo[ipomcnt peut se faire uni¬
formément en masse.
Cette hypertrophie comprime les racines (7® et surtout 8®) soit par coincement, soit
par soulèvement, soit jjar engainement.
Enfin il existe quelquefois, chez les vieillards, associée ù l’hypertrophie de l’ajiophyse
transv(Tse cervicale, une spondylite cervicale (jui amène un tassement cervical et qui
détermine le rapprocliement de l’afiopliyse transverse do la 7® cervicale de rapofihyse
transvers(! de la l®dorsale. Ainsi donc peut s’expli(iuer l’apparition tardive, àl’ûge mûr
ou dans la vi(ulless(!, de troubles subjectifs en rapport avec une malformation osseuse
congénitah^ (]ui était restée latente pendant de nond)reuscs années.
Celt(î notion de l’apophys(^ transv(^rse cervicale liypertrophiée, raii|irochée de la
notion d(^ la côte cervicale, montre donc qu’il y a, dans nombre de cas, une modifi¬
cation de la 7® vertèbnî cervicale qui tend à lui donntir l’apiiarencc d’une vertèbre
dorsah! : il justifie donc l’appellation donnée à ce syndrome anatomo-clinique de
dormlimliim de la 7® vertèbre cervicale.
M .Vnduù-Tiiomas. Itapporlenr. — Dans la série des clichés radiographiques (|ue
.\I. (Irou/.oii vient de projeter, l’Iiypertrophie de l’afiopliyse transverso ■ — rpiej’ai
d’ailleurs signalée dans mon l'apport et dont on trouverait sans doute de nombreux
exemples dans la littérature des côtes cervicales - occupe avec une |iroportion
im|ire,ssiounante une jilace plus importante que la côte cervicale proprement dite,
complètement dégagée de l’apophyse Iransverse; mais je ne pense pas qu’il faille
traioT une ligne de démarcation aussi tranchée enire les deux malformations
osseuses. D’ailleurs M. Crouzon n’établit aucune distinction entre les accidents
nerveux produits par une Côte vraie et ceux produits par rhyiiertroiihie d’une apo-
[iliyse trausverse.
.l’ai rappidé, au début de mon rapport, les raisons pour lesquelles la lame, antérieure,
de l'apopliyse Iransverse ib^ la 7® vertèbre cervicale doit être considérée comme une
portion de côte qui est restée .soudée avec l'apopliyse transverse ]iro]irement dite.
I.orsque l'iiypertropliie porte sur la lame antérieure, on peut tléjà y voir une tendance
à la dorsalisation de la côte cervicale (apophyse costiforme).
I )ans le cas où sur la radiographie on constate la présence d’une apopliyse transverse
hypertropliiée et d’un corps costal plus ou moins long, il serait utile, de, préciser les
rapports respectifs de cette apophyse et du corps de la côte. Y a-t-il articulation entre
elles? La côte s’articule-t-elle d’autre |iart avec la colonne vertébrab!? L’byperlroiihie
porte-t-elle S(udement sur la lame antérieiirt^ ou sur la lame poslérietiri^ ou siirlesdeiix?
Et il n’est pas impossible que dans certains cas une racine puisse êtrecoincée entre une
apopliyse trausverse hypertrophiée et la -1® côte tlioraeiipie, comme dans le. cas pré¬
senté par M. (Irouzou à la Société de Niuirologii^ (juillet 11)211) ;cette, éventualité rentre
dans le mécanisme général de la compression ipii a été signalée dans le rapport. C(îpen-
ilant il ne faudrait pas abuser de cetteinterprétalion, sous prétexter rpu^ sur des épreuves
radiographicpies prises le malade couclié, h^s rayons i)éuétrant sagittalement (U'S clichés
de .\1. Crouzon sont |)ris de eetle manière), ilexisUMin semblantde juxtaposition ou de
croisement entre l’apophyse transverse hypertrophiée et la^côte thoracique, mais cela
CONGRÈS DE BESANÇON
253
n’Cfit pas une démonstration. Il serait intéressant decompléter l’examen radiographique
par des éi)rcuves prises en position oblique, sous divers angles.
L’apparition tardive des accidents causés jiar les C(")tes cervicales ou les apophyses
costiformes ne me. paraît jias devoir être toujours ex]iliquée par des lésions de spondy¬
lite et le tassement des corps vertébraux qu’elles entraîneraient. Toutef()is, comme le
suppose M. de Massary et comme je l’ai laissé entendre, les |iou.ssées d’ostéite, d’ostéo-
Périostite peuvent d(ivenir la cause occasionnellede l’ajiparition des accidents vascu-
lonerveux.
iJans les observations rapportées par M. Léri et Péron,on retrouve le caractère |)ar-
cellairc de la distribution de la iiaralysie et de l’atrO])hie sur lequel j’ai insisté. Lorsque
les symptômes sont distribués dans le domaine des racines su|iérieures du jilexus
brachial, il faut examiner avec soin les apo]ihyses transverses des 5® et G® vertèbres.
nsend)le que sur l’un des clichés préscmlés par M. l’éron, il existe une petite anomalie
a ce niveau qui a besoin d’être jirécisée.
L’absence de toute anomalie constatée par M. Laignel-Lavastine sur le cliché de
son malade ne permet jias d’exclure l’existence d’une bandelette fibreuse qui
com]irimerait les racines. La douleur serait mieux exiiliquée par cette hypothèse
que par la scoliose. La scoliose elle-même pourrait être secondaire. S’il n’existe
aucun signe de tésion centrale, et si la scoliose ne peut être expliquée par aucune ano¬
malie de la colonne vertébrale, on serait peut-être autorisé à tenter une opération
oxj)loratrice.
L’apparition des accidents nerveux immédiatement à la suite d’une crise rhumatis-
mal(‘ signalée |)ar M. Froment est particidiérement intéressante et vient souligner l’in¬
fluence. des maladies infectieuses. Avec M. Froment je reconnais qu’il n’est i)as toujours
facile de dissocier la paralysie et l’atrophie des muscles opposant et court add\icteurs
tlu pouce. Il n’est i)as prouvé que le torticolis observépar M. Roger chez son malade,
doive être mis sur h^ compte de la côte cervicale, mais le traumatisme, relevé dans les
antécédents [lout être la cause des accidents produits habituellement par la côte sup¬
plémentaire.
Plusieurs cas d’insuccès opératoire ont été apjiortés, comfme dans l’observation de
M. Gharpenti(^r. Peut-être des interventions ne sont-elles pas assez complètes ? Il
faut procéder à un examen minutieux (b^ la région avant de refermer la jilaie.
M. Gourbon a fait remarquer, avec raison, qu’au chapitre du diagnostic il cfd, été
utih^ de, mentionner les troubles sensitifs, anesthésiques, qu’accusent un certain nondu'e
de névropsycho|)athes.
IL— PSYCHIATRIE
La Psychoanalyse,
par M. A. IlnsNAnn (de Bordeaux) (résumé).
Si l’on s’en tient à l’examen des éléments vérifiables de la tloctrine psychoanalytique,
celle-ci peut être appréciée aux points de viieé tiologiqiie, méthodologique, thérapeu¬
tique. et doctrinal.
Au jioint de vue étiologique, la Psychoanalyse à le mérite de jiréciser, à l’origine des
psychonévroses, l’importance souvent méconnue dans l’enseignement classique du
facteur sexuel et de la cause affective (([U’elle confoml d’ailleur.s à tort l’un avec l’autre).
Mais ces agents étiologiques sont loin d’être constants ni surtout spécifiques.
Au |)oint de vue méthodologique, elle utilise des techniques ingéaiieuscsmaisincer-
254
CONGRÈS DE BESANÇON
tainos, non parce que celles-ci ne sont pas encore assez perfecLionnôes mais parce qu’elles
coirtporUuil dans leur principe même une certaine (pianlitê de. causes d’erreur (en ce
qui conceriu^ en particulier la symludique pansexuelle,). Elle révèle des complexes dont
la nature cliui(pie m^ suffit pas à différencier 1(^ i)atlioloffique du normal. Elle aboutit
souv(Uit a déceler des faits affectifs émanés directement de la vie orKani(pie, et qu’idle
m^ parvient à rattacher à iiiu^ cause morale réidle fpi’eii vertu d’un mirap'e de la cons¬
cience du sujet. Aussi, malf'ré son utilité, (die ne peut être qu’un moyen d’((xploration
complénnuitaire, ni constamment nécessaire, ni aucunement suffisant au diaf'uostie,.
Au point d(( vue l.liérapeuti(pi(( l’effet curatif ré(d de, C(d.te luétliode, dans les cas
choisis 011 (die est iiossihle, et indiipiée, est d’ordre non aiialyticpie et conc(qitu(d, mais
affectif. Considérée, telle (pi’(dle est appli(piée chez les psychopathes à Zurich par le
i’rofesseiir Bleiiler sons une forme modérée et vraiment scientifi(pie, (die ne diffère pas
nolahleineiit des méthodes psycliothéra|ii(pies traditionmdles visant à réV(dller l’in¬
térêt (In malade à la réalité.
Au point de vue doctrinal, la l’sychoanalyse est un systènu! séduisant mais dont
l’ampleur dépasse assez aiidiudeusemeiit les inductions de, l’expérience psycludofiiipie.
I,es principes de C(d.te doctrine, à la fois naïve (d, ('éiiiale, sont soit iiidémontraldes,
soit inspirés, conformément à des t;énéralisal,ioiis hâtivd's, d’un esprit téléolof;i(pie i(ui
dénature iniitilemeiit les faits.
11 faut surtout retenir de la l'syclioanalyse (pi’elhi nous découvre de vastes horizons
sur la voie de l’exploration psycliolofjiipie ; il faut insister sur l’intérêt considérahie
(pie |irésente, même lors(|n’(dle est erronée, son étude du contenu siihjectif et personiud
de la Névrose et de la Psychose.
Névrose et Psychose ont sonveiil une de leurs princiiiales racines dans l’expérience
psyclioloffiiiiie iiidividindle, dans la hiof'raphie intime (affective mais non striclement
sexuelle) du malade. Cette racine affective de la maladie, tidle ([lie larévèlela Psycho-
f'eiii'se, peut dans la limite des conditions étiolof'i(|nes orj'iiniipies (toujours primitives
et plus ou moins |iré(lominautes), ahsorher à elle seule, une [lartie de la causalité de l’état
fisye,lu([ne inorhide, de l’accident iieuropsycho|)athii[ue notamment, 'l'oiite méthode
consistant à la mettre en lumière et à s’en servir comme fil conducteur de l’influence
|isychothéra|n(|ue [leiit être hienfaisante.
C’est [lar là ([lie la Psychoanalyse, (léharrassée de ses erreurs terminolof'iipies, de ses
outrances doctrinales id, de ses artifices symholi(|nes de recherche séméiidogique se
rattache à la Psychiatrie dont idle est tributaire, (d, à la Psycliolof'ie cliniipie, science
malheureusement tro|i iiéf,di['é,e dans nos [iroï’rammes universitaires. C’est [iiir là que
cette doctrine niétiiode, encore maladroite mais très [lerfectible, a des droits incon-
testahles à notre sym|iatlue scientifique et française.
Discussion.
M. SciiNYnnn (de Berne). — La doctrine de la [isychoanalyso, débarrassée de ses ou-
trance.s, mérite d’êire conservée ; elle se rattache légitimement à la psychiatrie et à la
[isychologie clinique. Quant à sa méthode thérapeutique, elle ne saurait être considérée
comme la seule valable et il convient de laisser toute sa [lart à la [isycholhérapie inté¬
grale.
M, BovrîN (de Lausanne). — On ne saurait trop protester contre l’é|uttiète de vision¬
naire a|ipli([uée à Freud; celui-ci est un es|irit [larfaitement pondéré et scientifique.
Erreur aussi de répéter que le Freudisme est exclusivement sexuel ; son initiateur
admet, à côté des causes sexuelles, le rôle de la [irédisposition. Quant au refoulement
à la symbolique du rêve, ce sont des réalités et non dos fantaisies.
CONGnÈS DE BESANÇON
255
M. (le Saussure (do Genève). — A côté de la sexualité, qui se traduit par Libido,
Freud reconnaît le r()l(! de l’égocentrisme. Si le symbolisme des rêves est souvent décon
Certant, c’est précisément que toute' expression symboliepU' est irrationnelle par son
niécanisme même.
M. IlAiiTUNnEno (do Paris) nie l’exactitude des théories freudiennes, aussi bien pour
l’étiologie S((xuelle (hes psychonévroses que leour l’analyse des rf'ves, l’étude des asso¬
ciations, le mécanisme du refoulement et la th('rapeuti(|Ue ]isychoanalyti(iue ; il
insist(( sur 'es dangeT s de leur infiltration dans le grand ]iublic et souhaite que les
niilieux scienLifi(iues frarn^ais les combattent vigoureusement.
M. CourinoN (de Ste|>hansfe.ld) explifpie le succès de la psychoanalyse, dans les pays
anglo-saxons, par le fait (pie chez les peuides protestants le h’reudisme est favorisé par
le mystiVe dont la morale envelopiio les aiqiétits sexuels,
M. WiMMun (de Copenhague) insiste sur le rôle de la ]irédispositiou psychogène dans
l’étiologie des troubles neiiro-psychiipieS ; c’est leur contenu (jui est déterminé |)ar les
traumatismes psychi(pies.
M, Liîy (de nruxellcs). — La psychoanalyse ]ieut être une bonne méthode thérapeu¬
tique si on la débarrasBO de ses exagérations. Mais elle n’a jias d’efficacité curative
s|>éciale ; (die agit, comme les autres psychothéra|iies, surtout parce ([u’on s’occuiie
•les malades.
Le n refuge dans la maladie »,que h’reud a mis en valeur, est certainement un méca-
nisnuî fré(pient des désordres psychiques.
C’est un danger que de laisser répandre les doctrines freudiennes dans le grand pu¬
blic ; elles doivent rester dans le domaine médical.
M. HéipoND (de Lausanne) reconnaît ce danger mais proclame par contre la valeur
thérapeutique de la psychoanalyse apiili(piée selon les idées du Professeur Bleuler. Il
faut connaître, sans s’y rallier, le pansexualisme de Freud. Dans la schizoïdirénie on
parvient, grâce à la jisychoanalyse, â conqire.ndre la psychogenèse des troubles men¬
taux, I(( symbolisme archaïque, les né(dogismes ; par là on acquiert les moyens d’a-
Fréger le séjour des malades à l’asile. ^
M. Lépine (de Lyon) a inauguré dès 1913 un enseignement sur la psychoanalyse.
U ne faut donc pas dire (pie la résistance, française au freudisme a iiour motif l’igon-
rancc de cette doctrine. Au reste, bien maniée, la psychoanaly.se est su.sceptible de
fournir un diagnostic des informations iirécicuses.
M. Minkowski (de l’aris) explique pourquoi il faut séparer le freudisme, et l’école
do Zurich. Freud est parti de l’analyse des névro.ses, Bleuler de l’étude de la démence
Précoce. Ce dernier so rapproche de plus en plus de l’école française classi(pie par l’im-
Portance qu’il attribue à la notion de la constitution.
M.LoGnE(do Paris) reproche aux freudistes de se contenter d’approximations et do
ne pas [loursuivre, comme l’esprit français, la certitude cartésienne.
Au |)oint de vue pratique, le freudisme est un danger social iiarce que la psychoana¬
lyse, en révélant au malade des motifs sexuels de désharmonie conjugale, risque de
détruire les ménages. Sa technique est incertaine et iiérilleuse.
M. P'noMENT (de Lyon) montre les inconvénients de la jisychoanalyse chez les hysté¬
riques. On no guérit pas, Freud l’avoue, le temjiérament hystéri(iue. Alors que vaut la
méthode contre l’accident qui cède si bien à une attitude de fermeté ? De même, chez
les obsédés et les anxieux, la bonne conduite consiste non jias à concentrer leur attention
sur leurs idées, mais au contraire à la dériver et à la distraire. C’est donc une méthode
250
CONOnÈS DE lŒSANÇON
claugcrfiuso oL M. Fromi'iil dcmando aux psyclioanalystcs présents s’ils consentiraiont
à soumettre leur temme ou l(uir fille à une cure psyelioanalytique dont les rÈsullats
serraient publiés ?
M. (luAUTEU (ibï llâle) |ieuse (pie cliez beaucoup de névropatlies il n’y a pas de rc-
fouleiueut. Nous ne refoulons (pie (piand nous u’avous pas trouvé de consolaliou pijur
une situation désagréable. 11 est important néanmoins de faire la psycboanalyse du ma¬
lade, pour diîcouvrir la cause psycbicpie de la maladie et connaître la vie. intime du
sujet, afin de le soumettre à une éducation morale judicieuse.
M. Angladh (de llordeaux) déclare (pie, de tous temps, la psychiatrie framjaise a
fait l’analyse psycliolof'i(pie des maladi'S et recberebé leur contenu mental. Elle conti¬
nuera, mais sans s’éj'arer dans les voies libidineuses du iianse.xualisme.
M. Elouhnoy (de (lenéve) montre les difficultés prati(iues de la psyclioanalyso dans
les pays 0(1 (die n’est pas encore vulgarisée. En Aiitriclie, en Allemagne, le malade
rpii va chez le freiidiste sait ce (pi’il va entendre. Il n’en est jias de même à (leiu'ive,
et il est souvent bien difficile de décider le [latient à se soumettre aune cure de
plusieurs mois.
III. — MÉDECINE LÉGALE
La Criminalité des Toxicomanes.
par M. Paul-Maurice Legrain (de Villejuif) (résumé).
Tous les poisons de l’intelligence sontune source abondante d’actes redoutables pour
la vie privée et pour la vie piibliipie, par annihilation du pouvoir supérieur de contrôle,
par liliération de l’autoniatisnie et par conséciuent [lar affaiblissement jirogressif de la
réflectivité consciente et logi(|ue dite volontaire.
Grèce à ce processus universel la criminalité toxi(iue [iréscnte un asficct uniforme,
tpiel (pie soit le toxiijue causal envisagé.
Le idiénoméne psychologiiiue dominant est la stupéfaction. Le phénonn'me utile est
le néant de la volonté. Gette déchéance est loin d’être irrémédiable, mais elh( n’est iioint
sujette spontanément à amélioration et elle conditionne essentiellement la récidive
criminelle.
Socialement, la toxicomanie, psychose collective, a des consécpiences d’une extrême
gravité, h'iicteiir d’une proportion énorme de crimes et dedélits, ollenécessite d’autant
plus l’attention soutenue des pouvoirs publics ipie le milieu social, étant l’auxiliaire le
jdiis habituel de la jiassion morbide, encourt de ce fait une lourde re.siionsabilité.
Or la criminalité toxique est une calamité publique dont on peut facilement se rendre
maître.
Au point de vue répressif et thérafieutique, aucune raison n’existe de traiter les
toxicomanies et les toxicomanes autreinenl que l’alcoomanie et les alcoomancs.
Les mêmes mesures de répression et d’ordre public atteindront uniformément tous
les stujiéfiés parce qu’ils font courir les mêmes dangers. La loi sur l’ivresse publique
n’a visé jusqu’ici que l’alcool ; elle doit s’étendre à tous les stupéfiants.
Mais une mesure de répression d’ordre défensif en même temps que d’ordre préventif
s’impose après un certain nombre de récidives : c’est l’internement sans autre limite
de temps que celle, imiiosée par les nécessités de la cure dans des établissements ajipro-
priés ou dans des maisons de santé approuvées pour cet objet.
Cet internement s’impose tout naturellement [lour les intoxiqués délinquants et
criminels ayant liénéficié d’un non-lieu.
L’autorité judiciaire prononcera dans tous les cas l’in terne ment et libérera les patients
après avis motivé des médecins traitants.
CONGnÈS DE BESANÇON
257
La prophylaxie criminollo et le souci ilc l’ordre public ou privé doivent autoriser les
victimes ordinaires des intoxiqués à requérir rinternement de ces malades, comme il
advie.nt en certains pays.
Gomme corollaire, la déchéance paternelle doit découler d’une pareille mesure et
tant que le malade n’a jioint donné des pi'euves certaines de sa guérison.
Discussion.
M. LAir.Nni.-LAVASTiNR (de Paris). — llfautétablirlesdistinctionsentre les toxicoma¬
nies ; aucune comparaison n’est jiossible entre une femme morphinomane et un ivrogne.
La morphinomanie est une conséquence du déséquilibre antérieur, et elle peut activer
une criminalité latente dans la constitution du sujet. En ce qui concerne les toxicomanies
des aviateurs, ne furent contagionnés qne les casse-cou du début, représentant une
minorité.
M. Bing (de Bille) rapporte que Kraepelin a fait é Bâle une conférence dans laquelle
il déclarait que l’alcoolisme île l’arriére avait été une des causes de l’effondrement de
l’Allemagne.
M.Sollier (de Paris) déclare qu’il est impossible.de généraliser l’action des divers
loxiipies qui ne se rcssembhmt jias et d’assimih'r les différents toxicomanes. L’alcool,
la cocaïne, l’éther sont des excitants ; la morphine, l’héroïne, l’opium sont des .stu¬
péfiants, ne jiroduisant pas l’ébriété.
Il faut distinguer les réactions criminelles de l’ivresse, violences, meurtres, etc., et les
délits produits jiar l’intoxication chronique, dus à la déchéance morale, à l’aboulie, etc.
Naturellement, la prédisposition joue un rôle important. Au jioint de vue de la répres¬
sion, qui doit être énergique, il faudrait étendre à l’alcool les lois sur les toxiques cl aux
toxiques les lois sur l’alcool.
M. Calmbls (de Paris) vient affirmer l’intérêt du Conseil général de la Seine pour
l’étude psychiatrique de la criminalité toxique.
M. Minkowski (de Paris) regrette que la répression n’allcigne que les petits inter¬
médiaires et ne punisse ni les fabricants, ni les grands intermédiaires de poisons. 11
faudrait une convention internationale établie par la SociéW des Nations, qui s’en est
d’ailleurs déjà occupée.
M. Adam (de Rouffach) , é propos des toxicomanies dans l’armée, n’a jamais vu d’avia¬
teurs intoxiqués ni de soldats attaquant en état d’ivresse.
M. Raynaud (d’Orléans) a dû renoncer aux cures libres, car dés que les sujets
Sont désintoxiqués, ils sortent et recommencent. L’internuement est nécessaire.
M. Briand (de Paris) a souvent déploré [lendanl la guerre que les toxicomanes soient
hosiiitalisés comme malades et mis à l’abri du danger et môme réformés et retraités.
La toxicomanie en temps de guerre devrait être considérée comme une mutilation
Volontaire, justiciable des tribunaux militaires. Dans l’armée devrait être imposée la
désintoxication obligatoire.
M. Ronsel espère que la répression de la toxicomanie sera améliorée soit par une lé¬
gislation spéciale, soit par les modifications de la loi de 1838.
M. d’IIoLLANDER (do Louvain) a recherché dans les prisons la criminalité respec-
live de l’alcool et de la cocaïne. Sur 250 criminels, il n’a trouvé que 5 cocaïno¬
manes, le poison n’étant d’ailleurs pour rien dans leur délit.
Par contre, 50 % des détenus étaient alcooliques et 13,75 % des délits avaient été
accomplis en état d’ivresse. Donc, le danger do l’alcool domine le iiroblèmo cl la crimi¬
nalité toxique se résume pratiquement dans l’alcool.
REVUE NEUHOLOQIQUE. — T.
17
CONGUÈS DE BESANÇON
2hH
M.Lf.y (do nrux(dlcs) annonce, tin |iroj('t de loi belge selon laquelle, l’atilenr d’un d61il
commis sous l’influence d’un toxique iioiirra Cire soumis à \ine cure obligatoire remida-
(jant la peine.
M. LogRE (de Paris) divise les toxiques en deux groupes : les slnpCfiants, dont b^
ty|ic i^st l’opium, (|ni provo(pient des dClits surtout an moment <lu s(^vrage ; les
excitants, surtout la cocaïne, gCnCratrice de rCactions violentt^s, d’impulsions. A l’in-
l'irmeri(! du IJCpôt, on m^ voit giièia^ (jiU! des alcooliques ; les autres toxicomanes
•sont très rares.
M. linissdT (de lioiiffaeli) constate (|Ue, l’alcoolisme angmentï’ en llante-Alsaeï'
parce (pu^ la rCpta^ssion (^sl moins fortes actindlemenl (prau tïunps <le la domination
allemande.
M. l•'()ilH(;)lJlîs (de Pierrefeii) n’a jamais vu dans son asile un seul opiomam*.
i\I. lli'.eoNi) (de Lausanne) déplore l’écliec de la loi priqiosée en.Snissï^ sur l’extensi<in
du monop(de de l’aleo(d, (|Ui efd, permis de lutter jdus ae.tivement coidre l’idcoïdisine,
mais (pli a été fortïnaent combattui' i)ar les industriels intéressés.
i\l. lîi'uiAGiJP. (de Paris) n’a pas vu d’aviateurs toxicomanes.
M. (iiiAPTiîU (de Hàle) demande la création de cliniipies criminologirpies pour loxico-
mam^s. Les déliiKpiants ne seraient pas punis, mais de.vraienl preiidn^ l’engagement
de s’abstenir de tout toxicpie, d’alcool et même de vin. Le méilecin doit donner l’eveiiqde
de l’abslini'iice totale. Kraepelin, dans sa conférenccMleliûle, contrairement à ce que
dit M. lîing, avait déclaré que pendant la guerre l’alcoolisme avait complètement dis¬
paru à l’intérieur de l’Allemagne.
M. Micnni. pens(^ qu’on n’envisage pas assez si l’état anormal ayant déterminé l(^
délit n’a pas été provocpié par la faute ou la volonté du sujet.
i\r. LiiGiiAiN reconnaît tpio la symptomatologie propre à chaque, toxique n’est pas
niable : mais elle ne change rien au résultat final, <pii (îsl l’intoxication de l’écorce céré¬
brale. L(^ substratum mental est de premièiu^ inqiorlanci^ ; en fait, si les toxiques n’exis¬
taient pas, nue fouh^ de débiles mentaux resteraient accommodés aux exigences so¬
ciales. Enfin, il faut considérer comme une hérésie scicntifiqiK! le fait de dire (pie plus un
alcooliifue boit, plus il devient responsable, puisqu’il sait le mal (pi’il se fait : c’est mé¬
connaître l’action progri'ssive du poison .sur la volonté.
VdiU ; Le rapporteur signale que le problème des asiles iiour intoxiqués est soumis
an Eonsidl supérieur de l’Assistance publique à la diligence ménu’ de M. le Mini.stre de
l’Assistance et de l’Ilygiène publique.
La (puistion viendra devant la 4' section du Conseil en octobre prochain ; le rafqior-
teiir est précisément chargé de son élude.
11 considérerait comme un excellent appui pour ses conclusions que le Congrès de
llesaiiçon adoptiJl le vœu suivant, qui serait transmis au Ministre compétent i
Le Congrès,
Apr ès avoir en t(uidu et discuté un rapport sur la Criminalité des toxicomanes, exprime
le vœu (pie les pouvoirs publics fassent diligeiici^ pour (pie des services spécialisés ou des
maisons de traitement pour la cure des intoxirpiés par voie d’internement soient orga¬
nisés dans le plus bref délai et qu’une législation spéciale, annexe ou non de la loi géné¬
rale .sur les aliénés, dispose que les intoxiqués pourront être retenus dans ces services
par l’autorité judiciaire, autant qu’il sera jugé nécessaire |iour assurer leur guérison.
{Adopté à l'unanimité.)
CONGBÈS DE BESANÇON
?59
COMMUNICATIONS DIVERSES
I.~ NEUROLOGIE
Constatations expérimentales sur l’activité de l’Onde afférente Sensitive au
niveau médullaire, par M. UnuNscnwEiLi-.n (di- Lausanne).
Présenlalion clos courtes rcîcueillies avec clos moelles de cliieiis à l’aide de l’éleclro-
cardiofîraphe.
En reliant par deux électrodes impolarisables de d’Arsonval le secteur caudal d’une
'noelle, sectionnée à un idectro-cardiof'raplie, l’auteur a (diteiiu desoscillal ions dcnit les
formes présentent des caractères différents, selon les divers modes d'excitations péri-
Phérifpies(pi(n'lres, frottement, brûlui'eset mouvements passifs praticpiés aux membres
ii'férieurs).
Les formes respectives des oscillations ont pmi-déleiir caractère projire dans les diffé-
fonts faisceaux médullaires.
Il s’agit donc d’une expression pliysiologique exiiérimentale d’une activité de l’onde
offére.nte sensitive, propre à l’étage médullaire, cpii montre que los impressions que la
Woclle conduit subissent une jiremière différenciation de qualité bien avant d’arriver
aux centres réce|itonrs cérébraux.
Synpra,xie symétrique : réapparition à l’état pathologique des Mouvements
bilatéraux, par M. d’IIorxANi)t:n (de Louvain).
Observation d’une femme âgée de 50 ans chez cpii les actes commandés pour un
membre s’exécutent tous symétriquement de l’autre côté : lever le bras, tendre le
poing, loucher le nez, frajiper sur la table, etc. Ce phénomène, irrésistible, s’opère
d’une manière réflexe.
Ecttc simultanéité bilatérale des mouvements est la persistance d’un phénomène
uormal chez l’enfant ; il est étouffé [lar l’éducation chez l’adtille, mais i)eul réai)paraîlre
rtatis des conditions [lathologiques.
f^^^épanation décompressive et Ponction ventriculaire, par MM. .J.-A. BAnnf; et
P. Moiun (de Strasbourg)?
Dans le luit d’étudier les effets de la lré|ianalion déconqiressive, MM. Barré et Morin
®ut mesuré la [iression avant, pendant et après l’intervention, avec l’aiqiareil de Claude.
Dans 7 cas, ils ont constaté que la pression baisse beaucoup jiendant le perçage des
•'l'ous et i'i peine quand on enlève le volet de tréiianation. Enfin, dans presque tous les
la pression restait au-dessus de son chiffre normal à la fin de l’intervention.
Ces faits semblent établir que la trépanation dite déconqiressive est dans beaucoup
‘•e cas insuffisante et qu’elle donne souvent une sécurité tronqieuse. Si cette trépanation
fuit disparaître la céphalée, c’est qu’elle amortit les crises de surtension en permettant
à la dure-mère déjouer le rôle de soupape de sûreté.
La ponction ventriculaire, suivie de drainage momentané, a une action beaucoup
plus réelle et durable. Elle ne fait pas du malade un infirme.
Les auteurs pensent que, dans un grand nombre de cas, il y aurait intérêt, soit à
'"umplacor la trépanation décompriissivc par la ponction ventriculaire, soit à associer
CCS deux opérations.
Quelques troubles du Mouvement chez les « Sympathiques moteurs », par
MM. .I.-A. Bahhé; et L. CitusuM (de Strasbourg).
Considérant que les épreuves idiarmacodynamiques sont souvent trompeuses et que
200
CONOnÈ.H DU BESANÇON
la classificai.ion schématique basée sur le réflexe oculo-cardiaqueesldifficilomenl accep¬
table, h’s auteursont poursuivi i)ar la méthode clinique l’étude des sujets atteints de
troubles symiiathiques.
Ils distinguent, parmi ces sujets, les psychiques, les sensitifs, les vaso-moteurs et les
moteurs. Chez ces derniers, ils ont fréquemment observé que le plissement volontaire du
front est difficile, faibh^ ou mal soutenu ; que dans l’occlusion volontaire des yeux, il
y a simple abaissement des paupières supérieures ('t relèvement des sourcils, c’est-à-dire
un ensemble de mouvements tout différent de la combinaison motrice normale ; que
l’ouverture de la bouclie est faible et incomiilète. Enfin, la force de fermeture d(‘ la main
reste très faibh' malgré la contraction souvent très vive de tous les muscles du membre et
un effort généralisé considérable.
Ces troubles moteurs indlipient que chez certains « sympatliiqinss » l’adaiitation des
contractions imur l’effort utile est mauvaises ; l’influx nerveux se. disperse et passe dans
les antagonistes comme dans les agonistes. I.(‘S tests moteurs indiqués peuvent consti¬
tuer une bas(' objectiV(î dans l’étude des « sympatlioses » motrices. Le trouble de la
physiologie normale du mouvement qu’ils traduisent est sans doute la base réelle des
paralysies de beaucoup d’hystériques non simulateurs.
Recherches sur le Dermographisme, i)ar M. Schwartz (de Râle).
M. Schwartz, au moyen de divers ap[)areils qu’il a imaginés, distingue deux formes
de dermographisme : le dermographisme iiériphérique, obtenu avec unesurfac(^ moi sse
et dû à une réaction locale des capillaires; le dermographisme douloureux rouge, obtenu
avec une pointe, qui est une réaction médullaire. Quatre éléments sont à observer i
temps de latence, durée delà réaction, intensité, largeur de la bonde rouge. Ces élé¬
ments se retrouvent dissociés dans diverses affections et peuvent avoir une valeur dio
gnostiqui'.
Cyanose et Œdème de la main, par M. Ledoux (de Besançon).
Ces sym|itômes sont survenus sans aucun motif plausibh^ chez le malade. Le travail
taisait céder l’œdème, mais non la cyanose. Différence de circulation, mais non de sen¬
sibilité. Quatorze jours après une sympathectomie, on constate une amélioration con¬
sidérable et la disfiarition presque complète de la cyanose et de l’oedème.
Un cas de Lipodystrophie progressive, [lar M. IlAnxF.NBF.no (de Paris).
Observation d’une jeune fille de 19 ans chez qui progressivement toute la graisse a
disparu dans la partie supérieure du coiqis, tandis que les fesses et les cuisses augmen¬
taient de. volume i c’est là le tyjie de la li|iodystrophic jirogressive.
L’intérêt de ce cas c’est qu’il existait simultanément un goitre exophtalmique com-
jilet, avec hypertrophie thyroïdienne, exophtalmie, tachycardie ù 1 12, tremblement.
Un traitement a amélioré les symptômes basedowiens et augmenté le poids do la
malade de 2 kilogr. Mais l’engraissement jiaraît avoir porté seulement sur la jiartie
inférieure du coriis.
Dorsalisation de la 7" vertèbre cervicale ayant déterminé des manilestations
cliniques tardives, jiar MM. CnouzoN et L. Girot (de Paris).
Observation d’une femme de 53 ans ayant manifesté depuis quatre mois d’abord des
fourmillements, puis des douleurs dans les deux membres supérieurs; [mis s’est ins¬
tallé, peu à |ieu, un état parétiipie des mains et des poignets, avec attitude légère¬
ment en flexion des doigts et début de contracture.
CONGRÈS DE BESANÇON
261
Cette malade, qui ne souffre d’aucun trouble sensitif objectif, présente à la radio¬
graphie une véritable dorsalisation do la 7® vertèbre cervicale, avec grosses apo¬
physes costiformes et côte surnuméraire à gauche. Ce cas paraît justiciable d’une in¬
tervention cliirurgicalc.
Un traitement des Myoclonies douloureuses dans la Maladie de Parkinson,
par M. Gommés (de Paris).
M. Gommés a observé des crises de douleur, et, les suivant immédiatement, des dé¬
charges myocloniqucs dans le membre inférieur (à forme de mouvements de pédale) ;
Ces phénomènes poiivaient être enrayés par des injections de cocaïne et antipyrine en
dilution dans 10 cmc. de solution saline isotonique pratiquées dans la région du nerf
tibial postérieur. Procédé do répérage de. ce nerf, qui doit se faire en projection cu¬
tanée et en profondeur ; le prendre à la jonction de ses tiers supérieur et moyen.
Paralysie du Moteur Oculaire externe après Injections épidurales, par
M. Gommés (de Paris).
Observation sans autre cas analogue encore publié d’injections épidurales de stovaïnc
faites selon technique habituelle, 3 à 5, 0 jours d’intervalle, ayant été suivies d’une
paralysie temporaire de 15 jours de durée du nerf de la VI® paire.
Femme de 35 ans, soignée auparavant sans succès pour une algie hypocondriaque
de la région coccygicnne. Wassermann négatif. Guérison. Mais apparition du trouble
oculaire 2jours après la 3« injection.
Il y a sans doute eu diffusion du liquide le long des troncs nerveux sacrés.
A ce propos, l’auteur donne une nouvelle explication des parjdysies du VI consécutives
aux anesthésies rachidiennes ; la diffusion dans le liquide céphalo-rachidien et l’ascen¬
sion par les trous de Magendie et de Luschka jusqu’aux eminenlia ieres très superficiel¬
lement placées et venant les lécher en quchiuc sorte, d’une substance suffisamment
diffusible et volatile [lour pouvoir parcourir tout ce trajet. Ce serait ici un amino-alcool
(amino-carbinol) base de la molécule stovaïne (de môme que l’amino-pcntanol dans la
hiolécule novocaïne), mais absent de la molécule cocaïne, (^ui dérive d’un groupement
fonctionnel différent.
II. — PSYCHIATRIE
Freud, le Freudisme et les Freudiens, par M. Laigneu-Lavastine (de Paris),
Freud a le mérite d’avoir constitué une méthode pour sonder l’inconscient ; cette
’héthode rend des s(;rvices considérables pour l’analyse des psycho-nùvroiiathies.
Malheureusement, dans l’application qu’il en fait, PYeud manque, d’esprit critique ; il
accepte les racontars, les observations en l’air, et il tombe dans l’outrance de son idée
Primitive.
Le Freudisme est une, doctrine métaphysique re])osant sur l’exagération de la libido
dans la mentalité humaine. On se. demande pourquoi cette doctrine si en faveur dans
*cs pays anglo-saxons trouve do la résistance dans les pays latins. C’est que l’esprit
latin, plus précis, plus réaliste, est hostile au mysticisme ; c’est aussi parce (pic la
‘■eligion catholique, prédominante, offre par la confession un exutoire aux pensées
•halsairies. Go sont surtout les défectuosités du Freudisme, sensualité effrénée et
Flysticisme, qui ont assuré son succès.
Il convient d’ailleurs de distinguer les Freudiens, disciples din'cts et scientifiques de
l'reud, des Freudistes qui sont les jiropagateurs incompétents d’une métaphysique
262
CONGRÈS DE BESANÇON
oxccssivo : pour la plupart non médecins, littérateurs, instituteurs, masseurs, etc., ils
sont dangereux, et leur influence sur le grand public doit ôtre combattue.
L’histoire et le rôle psychologique du complexe d’Œdipe d’après les récents
enseignements de Freud, par M.-A. Husnard (do Bordeaux).
Dans son récent livre Das Ich und das Es, Freud enseigne que le petit enfant choisit
d’aboril l’objet de son amour (Election) ; puis quand il doit y renoncer, il s’en console
en s’identifiant psycliitpiement avec lui (Identification) ; il se rend maître ainsi de ses
tendances inconscientes orientées de façon narcistique en les ilésexiialisant.
La |ilns importante de ces hUuitifications est l’Identification avec le |itre, (u'igine
du sur-moi, du moi idéal, lequed n’est que le caractère paternel transi)Osé dans un plan
supérieur sous l’aspect d’une conscience morale plus ou moins tyrannique. Le rapport
mammaire du noiirrisson avec sa mère détermine une Election en faveur de celle-ci;
l’amour pour la mère devenant ensuite plus fortement sexuel, le père apiiai ait comme
un obstacle et 1’ « Œdipus complex » sc constitue, i)our se détruire ultérieurement quand
la prédilection [lour lanière ilis[iaraît. Alors il sc produit soit une identification avec
la mère (cas normal de la fille), soit une identification renforcéi^ avec le père (cas normal
pour le garçon qui se virilise). C’est à ce stade de la « phase œiliphuine » du dévidoiipo-
ment ([Ue s’orientent de façon décisive les tendances; et l’on observe chez, les névro¬
pathes toutes les combinaisons decesqualrc composantes affectives, Amou. et Haine
tendance masculine et tendance féminine, tout individu étant à l’origine plus ou moins
bisexué psychiquement.
Or cette psychologie n’ex|)li(|Uc rien, fisychiotriquement parlant. L’enfant qui doit
ilevenir névi'opathe manifeste déjà son déséquilibre affectif par des aiititudes se.xuelles
contraires à son sexe ou par uin^ intensité anormale de ses amours ou haines panuitales.
Freud nous indii[ue les racines de la névrose là où nous ne saurions que voir ses pre¬
mières conséquences.
Qu’est-ce qu’une Psychonévrose ? par M. Sciinyuhu (de Berne).
M. .Sehnyder s’efforce île définir les psychonévroses par des caractères positifs, ce
qui contraste avec les caractères purenieid, négatifs atlribuésaux névroses sine nudcriti
de l’ancreiine n édecine ; pour cela il a recours au principe de la hiérarchie des fonctions
établi par Pierre .lanet et il propose de tenir coniple, avant tout, du « idveau » où se
situe l’atteinte des fonctions nerveuses. I.es |)sychonévroses sont à considérer comme
des troubles de ces fonctions supérieures du système nerveux qui règlent la conduite
do riioiume dans la vie et permettent son adaptation aux eonditions toujours en voie
de chaugeuieiit du milieu présent. Les psyehonévroses sont des réactions anormales
de l’individu aux conditions actuelles de milieu, réactions conslituaiil la personnalité
Elles présentent des symptômes psycliiques et des symptémes somatiipuis, ces
derniers dépendant de causes psychiques (troubles psychogènes) ou d’excitations sensi-
tivo-sensorielles.
L’auteur établit une distinction entre les psychonévroses proprement dites (états de
durée, à évidution) et les troubles psyeliouerveux (fugaces, accidentels).
Il u’y a pas lieu de conserver, à côté du terme d(\ psychonévrose, celui de névrose
pour désigner les formes nosidogiques pour lesquelles on emploiera toujours davantage
les déuoiiunations d’endocrino|iathie, de sympathicopathie, etc.
Bette conception des psyehonévroses sert également à distinguer les |isychonévroses
des psychoses ipii constituent une altération des fonctions |isychologiques plus an¬
ciennes, plus fixées.
CONGRÈS DE BESANÇON
263
Délire d’interprétation, ou Psychose Hallucinatoire à évolution rémittente
chronique ou délire des Dégénérés, par MM. M. Biussot et M. Jukascheck
(de Houtfach).
Observation d’un homme de 38 ans, atteint de troubles mentaux depuis une dizaine
d’années. Do 1919 jiisqu’au début de 1923, la psychose a évoluécomme un délire d’inter¬
prétation absolument typique. A cette période, a fait suite brusquement une phase
hallucinatoire, très intense au commencement, qtii a duré six mois.
A l’heure actuelle (aoiU 1923), les tro\ibles sensoriels ont complètement disparu,
la malade n’interprète ))resque plus et semble s’acheminer vers un ])rocessus de gué¬
rison, avec conscience relative de son état morbide antérieur.
Les auteurs insistent, à i)roi>os de ce cas, sur les difficultés du diagnostic entre, le
ilélire d’interprétation, la psychose hallucinatoire chronique et le délire des dégénérés.
Considérations sur les Obsessions-impulsions inémotives, par MM. llAviAnr,
VuLLiBN et Nayrac (de Lille).
Los auteurs analysent les manifestations de deux malades de la clinirpic psychiatrique
•Je Lille, qui présentent, combinées à des symplôim-s atténués de. psychose périodique,
des obsessions-impulsions inémolives, reliquats d’obsessions scrupuleuses fortement
affectives à l’origine. Chez le second s\ijet, on note, à côté des obsessions anciennes
inémotives, de nouvelles obsessions accompagnées, bien qu’à un faible degré, d’un état
affectif.
Pour les auteurs, ces observations concernant des obsédés primitivement émotifs
at secondairement inémotifs no constituent pas un argument contre la théorie d’une
arigine émotive de l’obsession. Ces malades sont à cet égard à opposer aux obsédés
primitivement inémotifs et secondairement émotifs dont jiarlait récemment Arnaud
à la Société médico-psychologique.
Enfiti, pour expliquer la disparition de l’émotivité, les auteurs invoquent un triple
biôcanismc : la chronicité, facteur important de cristallisation psychologique ; la dislo¬
cation schizophréni(|ue de. la personnalité, par le complexe obsessif ; l’association à
l’état obsessif d’un état hypomaniatpie supprimant la UU.t^' pénible contre l’obsession.
Ces trois facteurs réunis expliquent la constitution de ces « psychopathies-habitudes».
Actes Subconscients de nature indéterminée, par M. .1. Froment (de Lyon).
Il s’agit d’une foilimc de 41 ans qui, à la suite d’une encéphalite épidémique, accom¬
plit de. tem|)s en temps des actes étranges, sans utilité ou même destructeurs, avec l’im-
pressioii de rêver. Ce n’est ni de l’épilepsie ni de l’hystérie. Serait-ce une forme parti¬
culière de somnambulisme? On ne saurait actuellement imser un diagnostic ; l’évolu-
lioii décidera.
De l’étiologie des Constitutions en Psychiatrie. A propos d’un cas de troubles
limités au Caractère à la suite d’une Encéphalite épidémique, pur
Mm. Couruon et IIauer (de Stephansfe.ld).
Les auteurs ont vu une transformation radicale du caractère s’opérer chez une jeune
Illlc à la suite <l’unc encéphalite épidémi(iue ; auparavant calme, d’humeur égale et
lahorieiise, elle devint turbulente, instable, es|dègle.
Le mot « constitutionnel », employé en psychiatrie, prête à discussion. On l’oppese
généralement à « acquis » pour désigner les troubles mentaux de. cause « endogène » cpii
ent toujours existé (Ui germe chez le sujet et l’on dit ]irécisément que le caractère est
fonction de lu constitution. Dans le cas particulier, les troubles ai)parus étant nette-
261
CONGHÈS DE EESANÇON
nient contraires à toutes leS dispositions constatées jusque-là chez la malade doivent
être considérés comme acquis.
En réalité, les termes « constitutionnel » et « acquis » ne devraient pas être mis en
opposition, car toutes les maladies dépendent d’une cause exogène qui a Irajipé le
sujet ou scs ascendants ; le mot « constitutionnel » no devrait plus être synonyme
d’héréditaire ou d’inné.
C’est d’ailleurs ce qu’admettent implicitement les auteurs qui parlent de constitu¬
tions acquises. Les constitutions sont des coefficients réactionnels caractéristiques du
sujet, en ratijiort avec un suhslratum organique encore, inconnu et cpii peut avoir été
apporté à la naissance ou, au contraire, avf ir été déterminé par des causes diverses à
une époque quelconque de, la vie.
De la Période Médico-légale dans l’Encéphalite léthargique, par MM. E. Adam
et B. Fret (de Bouffach).
Les auteurs rapportent plusieurs cas d’encéiilmlite ayant amené une modification
complète de la manière d’être des malades qui présentent des réactions sociales anor¬
males. L’un d’eux fut poursuivi deux fois dans la même année, une fois pour attentat
aux mœurs, une fois pour coups et blessures sur un témoin ayant déposé contre lui
dans la ju-omière affaire.
Cesréactions, engénèral d’oriire sexuel, déjà souvent signalées, sont cependant encore
méconnues de beaucoup de médecins et des magistrats qui ne se rendent pas compte
qu’ils ont affaire à des malades dont l’affectivité et la volonté sont i)rofondémcnt
émoussées et souvent annihilées. M. Briand, dès 1921, signalait à l’Acarfémic de Mé¬
decine l’existence de cette « période médico-légale » de l’encéphalite léthargique. Les
auteurs demandent que l’attention des magistrats instructeurs soit attirée sur la
nécessité de faire examiner systématicpiement les sujets couiiables d’attentats aux
mœurs, surtout si l’on relève dans leurs antécédents l’e,xistenc(^ <l’une affection encé-
phalitique quelquefois qualifiée [)ar l’entourage de simidement gripiiale.
Fonctionnement d’un service de Triage Neuro-psychiatrique à la Salpêtrière
pendant un semestre, par M. O. Crouzon (de Paris).
M. Crouzon communique b^s résultats du triage, ncuro-[isychiatriqu(^, fait à la Salpê¬
trière, pendant le premier semestre de l’année 1923. Ce triage, s’est exercé sur les caté-
gori(!sde, malades suivants : 1“ Malades agités venus des services hospitaliers de la
Sal|)ôlrière ; 20 Malades agités venus des divisions de vieillards de la Salpêtrière ; 3" Ma¬
lades atteints d<^ troubles mentaux recueillis pour la i)lupart aux cons\iltations de la
Salpôtrièn; et mis en observation jusqu’à guérison, dans les cas «le troubles passagers
(psychose infectieuse, etc.), ou mis en observation j us(pi’à leur iiiterncnumt à la Salpê¬
trière ou à l’Asile clini(pie ; d" Malades atbùnts de troubbis psychiipieS ou névroi)a
thiques hospitalisés temporairement pour complément d’i^xamen clinique et ponc¬
tion lombaire ; 5“ Malades attefn-ts de petits syndromes mentaux (dépression,
anxiété, obsession), et traités jusqu’à leur guérison ou leur envoi au service de pro-
Iihylaxic ou d’hygiène mentale.
Le nombr(! total îles malades traités a été de 101 (cent soixante et un), 105 femmes
et 50 hommes, le mouvement du service des hommes ayant été [dus actif que celui du
service des femmes, étant donné cpie le nombre des lits de femmes est quatre fois jilus
cousiilérable que le, nombre de lits des lioiumes, et les hommes étant entrés le plus
souvent pour un séjour do courte durée et pour examen clinique et ponction lombaire.
Le nombre total des entrées oscille, en général, entre 25 et 30 |iar mois, et la durée du
séjour a été pour la grande majorité des malades inférieure à un mois.
CONGRÈS DE BESANÇON
265
Le mouvement du service, la durée du séjour, la qualité des malades traités montrent
qu’il ne s’agit pas lé d’un service ouvert pour psychopathes à la manière de ceux qui sont
réclamés par les psycliiatrcs, mais qu’il s’agit bien d'un triage hosiiitalier do neuro¬
psychiatrie, comme il est souhaitable d’en voir perfectionner ou créer dans les grands
hûpitaux de Paris.
Le Fonctionnement du service de Prophylaxie mentale, |>ar M. Galmuls (con¬
seiller général de la Seine).
M. Calmels rend compte du fonctionnement du service créé par le Conseil général
de la Seine à l’Asile Sainte-Anne sous la direction de. M. Touh use, et fournit des dé¬
tails sur son mécanisme au point de vue organisation, consultations, laboratoires,
distribution do médicaments, visite à domicile, hosi)italisalion. Du 15 juin 1922 au 30
juin 1923, le service a donné 5.237 cons\dtations l’sycluatriqucs à 2.872 malades sur
lesquels 532 turent internés, dont 138 d’office.
Ges chiffres montrent l’utilité de l’œuvre qui doit être encouragée.
ANALYSES
NEUROLOGIE
ÉTUDES SPÉCIALES
EPILEPSIE
Sur un Trouble Humoral passager précédant la Crise d 'Epilepsie. Variation
do l’Urée sanguine, par II. IJufouh ot G. Selmblaignb. üiill. et Mém, de la Soc.
méd. des Hôpitaux de Paris, au 3G, n“ 2, p. 58, IG jaiivior 1920.
.Malaili! à crises ran!s, tiocturncs, précéilécsili! [u'ixlroiuosapparaissautdans lajournéc.
Los autours ont mis on éviiliuico, au momout (l(!S signos promoiiitoiros, iinn augrnenta-
Uoii U()Lal)lc (lu tau.x ilo rur(!(! sauguiiu! ot la dimiiuition rapiilo, après la crise. Oc
ce taux qui ro.viont à la iioriaalo. E. F.
Hcj.ias (Nerio). Nouvelle palluu/énie. de l’Epilepsie : Inhibilion cnrlicalc. (Rev. di
Crimin., Fsiqu. y Med. legal, Buenos-Aires, 11“ 4G, p. 437, juillet-août 1921).
liBMANN. Conlribulion à la palhugénic de l’Epilepsie (Vircliow’s Arcli. f. path. Anal,
n. Fliys., oct. 1920). — L’épilepsie, sous n’importe quelle forme, n’est que le symp¬
tôme d’une lésion du système nerveux central.
Waiii) (./. Francis). La scnsibilisalion aux Prolcincs cause possible d'Epilepsie et
de Cancer (New-York med. J. a. Med. Record., n" 10, p. 592, 17 mai 1922). E. F.
Contribution à l’étude de l’étiologie de l’Epilepsie dite essentielle. Rôle de
la Syphilis et des autres facteurs étiologiqued, par ,S. GBOnoopouLos, Thèse
de Li/on, 1918 (112 p.).
l’our ((UC .se développe l’û|)il('.psie, il faut qu’il y ait prédisposition, par une tare
liénSditain! ((ui ((st souvent syphilitiqu((.
La syphilis ac(iuis(! peut cau.scu' l’épilepsie sous toul((s .ses formes, soit durant la
période S((condairo, grôco à dos altérations loxi(pios du système nerveux, soit durant
la péri()d(! tertiaire, grâce à des formations gommeuses ou d’autres lésions liistopatlio-
L’épilepsi(! tardive est très fréquemment (presque dans la moitié des cas), duc
à la syphilis.
Dans un grand nondin; d(( cas, il (!sl impossilde, |iar les moyens d’cxploralioii cli-
ni(iu(( usiads d’étahlir l’origine syphilili(|ue de. l’épil((psi((.
La réaction d(! Wassermann (!st loin d’avoir une vahoir ahsohu! ; néanmoins, elle
méril(! d’Ctre recherché(;, car elle constitue une présomption do plus en faveur de la
syphilis ou de l’hérôdo-syphilis quand elle est positive. E. F.
Gouiibau. a propos de l’Epilepsie (Bull, de la Soc. de Méd. de. l’aris, 11“ 15, p. 473,
Kl nov. 1922). — L’épilepsie est d’origine sy|)hilili(pie dans un grand nombre de cas ;
alors h! IraiKunenl spécifique peut l’atténuer ou lu guérir ; l’épreuve thérapculi(|ue
doit être faite dans tous les cas.
Lun nnoB ( E.). Le Domaine de la Siiphilis cl la Hèaclion de ftordel-Wassermann. Nature
st/phililiijue de TEpilepsie « essenliclle » (Presse méd., 11“ 95, p. 949, 3Ü nov. 1921). —
L’éidlepsio n’est pas une maladie, mais une affection localisée, un syndrome qui est
fréquemment d’origine ( t do nature syphilili(pies ; ce syndrome est dû parfois ù l’in-
ANALYSES
fection acquise, mais beaucoup plus souvent à l’infection héréditaire, que la séro-
réaction soit ou non positive.
Leredde. a propos de l’Epilepsie (Bull, de la Soc. de Médecine de Paris, n” 1,
p. 35, 12 janvier 1923). — La syphilis est la cause habituelle do l’épilepsie dite essen¬
tielle, l’épilepsie est justiciable du traitement antisyphilitique.
Leroy (B.). Syphilis héréditaire et Epilepsie (Soc. Méd., PsychoL, 31 janv. 1921.
Annales Méd.-Psychol., n“ 2, p. 149; février 1921). — Grand’mère syphilitique ; mère
tabétique, jeune femme atteinte d’épilepsie atypique ; guérison par le novarsénobcnzol.
Cette observation appelle l’attention sur les reliquats do la syphilis héréditaire à la
3° génération.
Marie (A.). Epilepsie et Syphilis (Bull, do la Soc. de Méd. de Paris, n” 2, p. 43,
27janv. 1923). E. F.
Une conception nouvelle de l’Epilepsie, par P. IIartenberg. Presse méd.,n“66,
p. 665, 8 novembre 1919.
L’auteur met en relief les insuffisances de la tliéorie classique de l’épilcpsic, qui
CO fait une névrose éminemmont convulsive. De quelque côté qu’on se tourne, aussi
bien dans le mécanisme dos accidents aigus, que dans les particularités iiUcriiaroxys-
tiques, dans les conditions thérapeutiques comme dans les résultats expérimentaux,
la conception classique, qui no voit dans répil(q)sie que les phénomènes convulsifs,
prétend (ixpliquer tout le mal par une irritation corticale et fait appel à une hyiioLhèse
spasmophiliquc, se trouve en défaut.
P. Ilartenberg voit les clioses do façon toute différente et même opposée; d’après
lui ce n’(çst pas d’irritation cérébrale, mais d’inliiliition (jii’il s’agit dans l’éjiilepsie.
Il conçoit comme il suit le mécanisme intime des accidents comitiau.x.
Tous ces accidents sont dus à une inliibitioii des centres corticaux, jisychiqucs.
Sensitifs et moteurs, à une sorte de dérobement du cerveau supérieur. Cette inlubition
I>araît d’ailleurs le jiroduit d’une excitation réflexe, ayant son jioint de départ, |>ar-
fois révélé par l’aura, soit dans le cerveau lui-mènie, soit dans l’organisme coriiorcl.
S* Cette inhibition est brève, c’est rabs(uice avi'c la perte i^e connaissance et l’amnésie,
interruption passagère de la vie mentale, simple éclipse de conscience. Si cette inhi¬
bition se prolonge, il survient, en plus, la perte du tonus musculaire et de l’équilibre.
Si, enfin, cette inhibition est plus durable et plus profonde encore, c’est le déclenche-
nieut des convulsions, par suspension de l’action frénatrice du cerveau et décharge
des Centres moteur^ sous-corticaux et médullaires. La crise entière n’est, en somme,
9iie le déroulement d’un processus d’inhibition cérébrale où s’additionnent successi¬
vement absence, vertige et convulsions. Inversement, ces petits accide.nts ne sont que
les premiers temps d’une crise interrompue. Les uns et les autres débutent de meme,
par les mômes signes [)rémonitoires, jiar la même aura. Et il est impossible en pratiiiue,
quand un accident s’annonce, de prévoir jusqu’où iront sa gravité et sa violence.
Les équivalents seraient dus à des inhibitions partielles, produisant tantôt des ancs-
Ibésies, tantôt des jiaralysies, tantôt des convulsions localisées.
Quant aux actes automatiijues, aux é|dsode.s délirants, ils s’expliipient par la mise
“ù jeu (les automatismes inférieurs libérés par rinhibition corticah^ : tel serait le
'nécauisuRï lUis hidlucinid,mns de la vue et de l’ouïe, des gestes inconscients, des
f^igues, des délires somnambuliques, etc.
En délhiitive, l’épilepsie, consistant essentiellement en une, abolition jiaroxystique
des fonctions supéri(uires du cerveau, repré.sent(( un troubh( par arrêt et non par ((xci-
lation, un trouble psychique et non un trouble moteur. Le qui la caractérise clini-
268
ANAL YSES
(juomont, n’ost pas le spasme, c’est l’inconscience. Elle est, en essence, non une
convulsion, mais un coma.
D’où cette conclusion, d’allure paradoxale, que l’épilepsie n’est pas, en réalité, une
maladie convulsivante. E. F.
A propos de la Séméiologie réflexe de l’Epilepsie, Paroxysme convulsif, Ré¬
flexe d’adduction du pied, phénomène des orteils, par M. Olivier et G. Aymês.
Presse médicale, 8 juillet 1918, n“ 38, p. 349.
Il s’agit d’un comitial, cher, lequel les auteurs obtenaient constamment, au cours
des attaques convulsives généralisées, le signe. d(- Ilabinski à droite, et h gauche le
réflexe d’adduction du pied. L’absence du Babinski ù gauche s’explicjuu (blessure
du sciatique [loplité externe et paralysie des extens(!urs) par l’interru[)tion de la voie
motrice du réflexe ; la présimee du réflex(! d’adduction du pied s’explique par la
diffusion de l’excitation à un centre médullaire voisin du centre du premier réflexe
et à la transmission de l’effet mot(uir par la voie centriguge restée ouviirto (centre du
jambier postérieur, sciatique poplité interiU!, muscle jambier postérieur). E. F.
Le Vertige voltaïque chez les Epileptiques, par F.Bonola. Pivisla de Palologia
nervnsa e mentale, vol. 27, n» 9, p. 427-435, 13 octobre 1917.
Les épileptiques à aura vertigineuse sont particulièrement sensibles au vertige
voltaïque ; ils on éprouvent une sensation identique ù leur aura. F. Deleni.
Les Psycholeptiques, par Laignel-Lavastine. Progrès méd., n» 29, p. 315, 17
juillet 1920.
Le. teriiK! désigne les sujets qui ont des attaqiKïs psychiques, les individus qui pré¬
sentent d(!s modillcations de hoir tension psychologique.
Cette ieçon fuit ressortir, au point de vue théoriilue, la valeur synthétique de. la
notion (P. Janet) de la tension psychologique où sont inclus les deux facteurs, de
niveau et d’élan de consciiuice. Au point de vue [u'atiqm;, elle démontre la nécessité
d’appliquer à la psyclùatrie les reclierclies d(! la biologie courante. E. F.
Gontribption au Diagnostic dos Etats Epileptiques. La Tachycardie rési-
duelle consécutive à la Cessation de la Compression Oculaire dans la re¬
cherche manométrique du Réflexe Oculo-cardiaque, par J. Roubinovitch et
J.-A. CiiAVANY. liiill. Acad, de Méd., t. 85, n» 23, p. 687, 7 juin 1921.
La n^clKU'che du réflexe oculo-cardiaipie, idh^otuée à l’aide de l’oculo-com[iresseur
elle/, les (Uifants épileptiipu^s, donne des résultats variables. Mais le fait saillant sur
h^quid l(‘s auteurs attinuit l’attention est le suivant : conlraire.ment à ce qui se passe
chez l’iridiviilu sain ou non épile.pticpie dont le pouls nivient à la normale dès qu’on
a cessé la compression oculaire, on constatii, chez l’épiieptique avéré, dans 50 cas
sur 80, donc dans la proportion de 62,5 %, le phénomène de la tachycardie résiduelle,
(|ui a, vu sa grande fré(pi(!nee, presque la vahuir d’un stigmate.
Ce phénomène prédominant de l:i tachycardie résiduelle |u'és(uite donc un gros
intérêt à un (foublct point de vue ; D'aboril comme un nouvel élément d(! diagnostic
diffénuitiel des états épileptiqmw av(!C les syndromes pithiaticpies ; alors que l’épilep¬
tique après la compression oculairi! fait sa tachycardie résiduelle, le pitliiatiquc,
durant l’application de l’oculo-compresseur ou immédiatement afiri'is, déclenche
une cris<! typiifiu! ipii fixe le diagnostic ; en outre, la courlx! de son pouls est normale.
Toutefois, chez I ’épihqitirpie, il est a.s.sez fréipient de constater des cri.ses dans la
demi-journée qui suit la prise do réfle.xo oculo-cardia<iue.
269
ANALYSES
La tacliycardie résiduelle se noie aussi chez les malades préscnlant, non pas des
crises comitiales nelles, mais seulement des équivalents, tels que la migraine ophtal¬
mique, les vertiges, et aussi dans des cas d’épilelisie Ih'avais-jacksoniemuî.
En lin, cornnie moyen de contrôle thérapeutique, la tachycardie résiduelle l)eul
fournir de précieuses indications. E. E.
Epilepsie de la Ménopause, par .1. Sanchis Ranus. Arrh. de Nrurobiologia, t. 1,
n" 2, p. 272, septendJre 1920.
Parmi les innombrables variétés d’épile|)tiques so distinguent des femmes demeu¬
rées normales, ou pnisipie, jusqu’à l’âge critiqiu!, et qui devi(‘nnent alors des convul-
siv(^s. A vrai dire, il s’agit de taré(^s héréilitainis, jiréseiilant des stigmates l)hysiques
et psychiques de dégénération et (h-s anomalies (hi caractère ; mais tout cela ne portait
qu’un préjudice insignifiant à leur vie sociale. Vient la méiuqiause avec tout son cor¬
tège de symptônu's physiques et psychitiues ; les féminins en queslioTi en sont profon¬
dément influencées et elles se mettent à avoir des accès typiques du grand mal sacré.
L’auteur a observé qiadques-unes (h^ ces malades ; il donne 3 observations qui lui
fournissent l’occasion de relever quelques particularités symptomatiques de l’épilepsie
de la, ménopause, dont le déclenchement lui paraît bien en rapport avec la crise endo-
criniiuine du retour d’âge et avec les altérations du métabolisme qui s’ensuivent.
h’. Ueleni.
Amaurose consécutive à de violentes Convulsions, par Enic Pritchard . Proceedings
0/ lhe Iluyal Siicielij of Medicine, t. 11, n“ 3, Section fur Vie siiidij uf Diseasc in Chil-
dren, p. H, 23 novembre 1917.
Enfant devenu amaurotique après une série d’accès convulsifs ; dans la suite la
vue sc rétablit jieu à peu comme s’il s’était agi d’un épuisement des centres de la
vision. Thoma.
L’Hyposthénie du Facial droit chez les Epileptiques, par Luigi Roncoroni.
Policlinico {sezione prnlica), an 27, n» 1, p. 3, 5 janvier 1920.
Hyposthénie veut dire ici nioindn^ énergie ; dans lè^ mécanisme de la motilité
'*u visage, le facial inférieur des éiiileptiques n’agit pas avec la même vigueur des
Jeux côtés, le droit étant plus faibhu Cette asymétrie dans les synergies est très appa¬
rente dans l’actif d’ouvrir les lèvres mâchoires serrées (montrer les dents). L’Iiyposllié-
nie du facial droit se constate dans 30 % des cas d’épilepsie idiopatiiique, qu’il s’agisse
Je la forme convulÿivanlo ou de petit mal ; elle est plus marquée au voisinage des
accès. L). Deleni.
1^8 l’Epilepsie larvée, par H. Benon. Progrès médical, n° 44, p. 435, 1®' novembre
1919.
Considérations â propos d’un cas médico-légal de vol commis sous l’impulsion
épileptique. L’auteur fait remarquer la rareté des faits d’épilepsie larvée et il insiste
sur la nécessité de les bien caractériser médicalement, l’expertise étant souvent déli¬
cate. E. E.
L’Epilepsie chez les Enfants et chez les Jeunes gens, par Santé de Sanctis. yfiaisfa
ilaliana di Neiiropalolugia, Psichialria ed Elellrolerapia, vol. 11, fasc. 5 et G,
p. 132-154 et 161-185, mai et juin 1918.
Craiid travail d’ensemble. L’auteur étudie les formes communes et les formes rares
270
ANAL YSES
il(i lYïpillipsM! cIk'/. les jounos, on discntaiil riinportance qiio prend la dalc du début
d(! révolutinn ilo la inaladh' sur bi pronostic à tirer d’un traitoincnt réj,'ulior.
F. Deleni.
L'Epilepsie n'est pas héréditaire, par 1*. llAniENBEnG. Société tic Médecine de
l'ttriK, 9 jauvior 1920.
Tous les inédocins ayant une pralirpio do l’é[iilopsio un pou étonduo roconnaissont
(pi'ollo n’ost pas lioioditairo ; b-s vieux préjiif'és conc(U'naut répilopsio doivent être
abolis ; C(^ (pi’il faut, c’(^st traiter et ffuérir i('S malades.
M. I.aignel-Lavastine. L’épibq)sie n’est i)as une maladie, mais un syndrome dé-
peiidanl. d(î l'acLeiirs multiples ; un symirome n’est |)as liéréditaire. F. F.
Agobta (AIdo). La Paraépilepsic (Pensiero ined., n" 14, p. 317, 9 avril 1921).
Bouttieu (Henri) et Hodhiguez (Bclarmino) t,Eliides sur les varialions du taux de
l’Urée, dans l’Epilepsie) (Annales de Méd., t. 8, n” &, 1920). — Dans la périodeimmédia-
temont consécutive à la crise d’épilepsie vulgaire, B. et R. n’ont observé ni rétention
iiréique ni rétention a/.otéo notables ; aussi ne pensent-ils pas qu’on puisse faire do
cette recherche, ainsi qu’on l’a proposé récemment, uti procédé de diagnostic entre les
diverses crises nerveuse.s d’origine variée. Par contre, au cours do l’état de mal épi¬
leptique, il existe souvent un certain degré d’azotémie, mais ce degré est faible, et il
semble non i)as la cause des accidents, mais bien plutôt une con.-.équence des perlurba-
tions très considérables que les crises subintrantes et les modifications du régime ali¬
mentaire font subir ù l’organisme dos grands épileptiques.
Clark (L. Picrce). L’cnlralnemenl sociulotjique des Epitepliques {New-York med.J.,
p. 851, 15 juin 1921). — 11 faut ilonner aux colonies ou communautés d’é|)ileptiquos
la forme de clubs pour éviter les rigi<lités et sévérités de l’école et pour multiplier les
relations avec le dehors.
Divnv. Cnnlribulion à l’élude de la Pression Artérielle dans l’Epilepsie el les Etals
Psychonévrosiques (J. de Neurologie, n“ 4, p. Cl, avril 1921). — 1“ La tension artérielle
des épileptiques, dans les périodes interiiaroxystiques, se cantonne on général dans les
limites normales. Les crises de petit mal no semblent pas la modifier d’une façon
notable ; 2“ On no note pas d’hypotension ilans les états psychonévrosiques, môme
dans les formes où l’asthénie est très accentuée ; 3" Dans un tiers dos cas environ,
la tension artérielle est normale dans les étals psychonévrosiques ;les deuxtiors res¬
tants fourniss(mt des chiffres de [jression supérieurs ô la normale. Un certain nombre
«lecos cas se caractérisent par une hypertension notable ; 4“ L’hypertension modérée
semble pouvoir être conditionnée, dans beaucoup (io cas, par l’état nerveux lui-mômo.
L’hypertension forte relèverait, comme les troubles nerveux d’ailleurs, do facteurs
dyscrasiques, sans doute variables suivant les cas (néphrite latente, artério-sclé-
roso, etc.).
flARTENBEna (P.). Le Liquide Céphalo-rachidien chez les Epilepliques (J. de Méd.
do Paris, ns 14, 20 juillet 1920). — L’étude du liquide céphalo-rachidien n’apprend rien
ni sur la nature, ni sur le mécanisme intime de l’épilcpsio. Dos propriétés physiques
normales, une pression incertaine, une absence d’albumine et de lymphocytose, une
toxicité sans valeur pathogéniquo, voilà tout ce qu’on trouve. L’épilepsie idiopathique
ne paraît duo à aucune lésion active et en évolution dos contres nerveux et des mé¬
ninges.
Hartenberg (P.). La Microsphyymie chez les Epilepliques (Bull, do la Soc. de Méd.
de Paris, n” 5, p. 144, 10 mars 1922). — Les épileptiques ont une petitesse anormale
du pouls qui semble due au rétrécissement de leurs artères.
ANAL YSES
271
Marfan (A. -B.). Les Convulsions dans la première Enfance (Presse méd., n“ 64,
P. 633, 10 août 1921).
Pagniez (Ph.). De la nature de l'Epilepsie dite essenlielle, d’après quelques travaux
récents (Prosso m6d., noôO, p. 582, 23 juillet 1921). — Intéressante mise au point d’après
Une série do travaux concourant à rapiiorter l’épilepsie à des conditions organiques.
Pagniez (Pli.) et do LÉonAnDv. Des conditions de production de la crise hémoclasique
d’origine alimenlaire chez certains Epileptiques (Bull, et Mém. de la Soc. méd. des Hôpi¬
taux de Paris, t. 37, n» 7, p. 286, 27 fôvr. 1921). — Une ingestion de chocolat après le
repas détermine une crise hémoclasique suivie d’une crise d’épilepsie ; la bromura¬
tion n’ompôcho pas la crise hémoclasique, mais la convulsion épileptique no se produit
plus ; cotte dissociation de l’élément humoral de l’élément nerveux a permis de varier
les expériences. Do celles-ci résulte que chez le sujet la crise hémoclasique d’origine
tligestive peut être provoquée par la 'simple addition au repas d’aliments ternaires
en excès qui paraissent surtout agir en s’opposant à la digestion normale des pro¬
téines.
Patrick (Hugh T.) et Levy (David M. ). Le Diagnostic d’Epilepsie (J. of the Ame¬
rican med. Association, t. 79, n" 13, p. 1.009,23 sept. 1922). ■ — L’éiiilepsie est mal
tiélimilée ; cette maladie est polymorphe ; souvent le diagnostic doit être fait d’après
ue qui est dit et non d’après ce qu’on voit. D’où des dilIiculLés multiples. Relation de
cas intéressants, notamment do cas abusivement étiquetés épilepsie psychique.
Phillips (John). La relation entre la Migraine et l’Epilepsie, avec référence parti¬
culière sur les Troubles Cardio-vasculaires dans l’Epilepsie (J. of American med. Asso¬
ciation, t. 78, n" 25, p. 1.960, 24 juin 1922). — Los troubles cardio-vasculaires qui
•lôterminent l’aura, la céphalée, les symptômes ophtalmiques do l’accès de migraine
typique peuvent produire un type différent d’aura avec convulsion ; c’est une erreur
iPappolor ceci de l’épilepsie.
Reed (G.-A.-L.). Epilepsie symptôme de Plose viscérale (lowa State med. Soc. J.,
P- 344, 15 sept. 1921).
<
Rose (Félix) Ilyperexcilabililéc^rébrale familiale infantile et Epilepsie (La Médecine,
P- 359, févr. 1922). — Los convulsions cérébrales infantiles, non symptomatiques
il affections cérébrales graves, no font que traduire une sensibilité particulière de
t écorce aux toxines ; l’avenir dépend do la répétition et de la profondeur des intoxi¬
cations éventuelles, de l’état anatomique dans lequel elles laisseront cette écorce trop
sensible.
Scripture (E.-W.). La Parole Epileptique (J. do Psychologie normale et path.,
t- 18, no 8-9, p. 247, oct-nov. 1922). — Le graphique do la parole de l’épileptique no
présente pas les petites oscillations du tracé do la parole des gens normaux ; cette inflexi-
*^'*‘té de la parole épileptique manifeste on quelque sorte l’opposition inflexible de l’épi-
•optiquo contre son entourage. L’oreille peut être dressée ù découvrir l’inflexibilité
'épileptique ; dans un hôpital d’enfants, on reconnaît à leur parler qu’on est dans une
salle d’épileptiques ; un homme qui vient demander un certificat avec les inflexions
r'oi’males do la voix n’a pas les accès épileptiques qu’il allègue.
Toulouse (E.) et Marchand (L.). De l’Etat de Mal Epileptique (Presse méd.,
53, p. 565^ 5 juiiiej, 1922). — Mise au point de la question et exposé d’une méthode
personnelle do traitement, ù la fois préventive et curative, qui consiste essentiellement
proportionner les doses fractionnées de bromure au nombre des attaques.
ANAL YSLS
Tha{;y {Edward A.). Epilepsie au début, diagnoslie el iraiiemenl (Medical Record,
p. 410, 11 mars 1922).
WniGHT (James Thomas). L'Eugénique el l’Epilepsie (New-York mod. J. a. Med.
Record., t. IIG, n» G, p. 339, 22 sept. 1922).
YAWGEn (N. -S.) Une Epileptique el ses seize Enjanls (New-York med. J. a. Med.
Record, 1. 1 IG, n“ G, p. 334, 22 sept. 1922). — Tous les enfants, sauf trois qui paraissent
normaux, furent affligés d’anomalies et de maladies multiples. E. F.
Note sur la Bradypsychie Comitiale, par Maubice Ducosté. .Soc. méd.-psychoL,
29 mars 1920. Annales méd.-psyr.hol., p. 3GG, juillet-août 1920.
Les épilepticpies se caractérisent par la lenteur, sans altérations qualitatives, des
opérations psycldqites. Cette lenteur est générale, portant s\ir toutes les o[)érations
iutelleetiudles, et elle est liahituelh^, en dehors bien ent(!ndu des paroxysnu's, qui ne
font pas plus parti(! intégrante^ de la démence que les attaques et le délire. Percep¬
tions, conoeîptions et réactions, actes, gestes et paroles, tout «est d’une hmteur extrême
chez his épihqitiques. Il semble que les nessorts île l’intelligence et de la volonté ne
puissent Jouer sans avoir à surmonter d’énormes et continuels obstacles.
Ou peut tenir pour caractéristiques à la démence épilelitique, ce ralentissement
lisychique, « la bradypsychie » el l’amnésie. L’intelligence du comitial est beaucoup
moins frappée qu’il ne semble à première vue ; pendant longtemps ses défectuo¬
sités mentales sont fonction des seuls troubles de mémoire et de ce ralentissement
psychique.
L’attention, l’association des idées, le raisonnement, les sentiments affectifs sont
à peu près normaux. On en fera peut-être état pour refuser à l’association de l’amnésie
et de la bradypsychie le qualificatif de démence, mais le terme importe peu ; l’essentiel
est que les éiuleptiiiues Unissent par la démence iirofonde lorsqu’une fois se sont
constituées amnésie et bradypsychie ; ces symptômes ne régressent |ias et la démence
épileptique est délinitive, régulièrement progressive, sans rémittences.
E. K.
A propos de l’Epilepsie consciente et mnésique, par MAUnicE Ducosté. Soc.
Méd.-psychoL, 29 mars 1920. Annales méd.-psychoL, p. 372, juillet-août 1920.
L’auteur communique deux cas d’épilepsie i>sychique consciente et mnésique,
a|irès avoir mis au point la ipiestion. Dans un |)remier cas, il s’agit d’un jeune homme
qui, ajirès une crise rapide de contracture accompagnée d’angoisse, fait des fugues
d’un jour ; la conscience est en grande partie conservée au cours du premier comme du
second phénomène.
La seconde observation montre l’association, chez le môme sujet, de crises convul¬
sives, indubitablement comitiales, inconscientes et amnésiques, et de divers paro¬
xysmes psychiques parfaitement conscients el dont le souvenir demeure (larfail.
E. K.
Vago-aympathique et Anaphylaxie dans les Crises paroxystiques d’Anxiété,
de Manie et d’Epilepsie, par J. Tinel et D. Santenoise. Presse tnéd., n» 30, p.
321, 19 avril 1922.
L’étude des [laroxysmes anxieux, maniaques ou épileptiques permet de déceler,
au début de la crise ou dans les quelques heures qui la précèdent, l’existence d’un véri¬
table choc hémoclasique. Ces paroxysmes surviennent chez des sujets présentant
un étal de susceidibililé anaphylactique spéciale, que révèle l’étude de l’hémoclasio
ANALYSES
273
alimentaire. La susceptibilité anaphylactique correspond à un état spécial du tonus-
vago-sympathique, de même que le choc est en somme manifesté par un ensemble
de réactions du système organo-végétatif.
Les recherches de MM. Tinel et Santenoise semblent éclairer un peu l’interpréta¬
tion des manifestations paroxystiques. Elles montrent comment ces manifestations
se trouvent conditionnées dans leur expression par certains états d’équilibre anormal
des systèmes neuro-végétatifs ; c’est l’hypervagotonie qui semble correspondre h
cet état de susceptibilité spéciale. Elles expliquent comment un sujet peut, selon les
variations de son équilibni organo-végétatif, réagir |iar des accidents paroxystiques
à une cause d’intoxication probablement permanente. Elles esquissent l’interpréta¬
tion des variations périodiques, journalières ou horaires, fréquemment observées
dans les états maniaques ou anxieux. Elles permettent souvent de prévoir l’appari¬
tion ou la fin des crises, et parfois de retarder o\i d’atténuer leur manifestation. Elles
font comprendre, en somme, ces différents syndromes comme le résidtat de l’intri¬
cation complexe de troubles Immoraux de nature probablement anaphylactique et
d’un déséquilibre du système neuro-végétatif. E. F.
Une Epileptique Anxieuse, par Laignel-Lavastine et .^NDRÉ Gilles. Soc. méd.-
' P-iychol., 26 avril 1920, Annales méd.-psychol., p. 394, septembre-octobre 1920.
Observation détaillée et discussion minutieuso concernant une malade intéressante
par la complexité du tableau clinique qu’elfe présente et surtout par ce fait qu’à
l’analyse des sym|)tômes il apparaît que ceux-ci relèvent de causes pathogéniques
diverses. Il y a chevauchement d’accidents psychiques et d’accès convulsifs sur un
fond permanent de grande émotivité s’exacerbant fréquemment en paroxysmes
anxieux. Lorsqu’on remonte à la pathogénie de ces [ihénomènes. on constate qu’ils
expriment trois séries de troubles différents. U’abord des accidents de la série hyperénio-
f'W ; la malade, est une émotive constitutionnelle ; cet état morbide est très accusé
®t ses manifestations forment le fond psychologique du cas et souvent aboutissent à
*fes Crises dramatiques d’anxiété. Puis, l’on trouve des accidents do la série comitiale
*ïui éclosent à l’occasion de ces paroxysmes anxieux. Enfin l’on constate dans l’obésité,
dans la ménopau.se d’uni- part, dans le strabisme et le nygtasmus d’autre part, des
troubles rattachables à une série endocrine et neurologique. L’étude de ceux-ci échappe
®h partie aux recherches du fait môme de la symptomatologie émotionnelle : lorsqu’on
''eut tenter qui-lque épri-uvc de contrôle, il suffit de l’apiiréhension do manœuvres
aussi inoffensives que le Barany ou la simple mesure de la tension artérielle au
fachon pour détermijier chez la malade une crise d’angoisses à réactions intenses.
Ce cas de troubles psychiques, sensoriels et convulsifs semble donc devoir être
déllni en fonction de l’anxiété. On ne saurait cependant afiirmer qu’il s’agit là
't anxiété paro.ryslique hallucinatoire et comiulsiiie ; il faut se garder d’être tro|i exclusif,
®h présence de ce voisinage troublant do l’anxiété et de l’épilepsie. « Il y a des rap¬
ports de coexistence et des analogies de nature entre les états anxieux et les états
épileptiques; ils semblent se développer sur un même terrain mental. Ce sont des
Phénomènes i le dérivation motrice ou émotionnelle à l’occasion d’un abaissement de
io tension psychologique ; les états anxieux peuvent constituer de véritables équi-
''oients psychiques de l’épilepsie ».
i^ans le cas particulier, la crise émolirc anxieuse esl-etle le primum movens ? L’an-
Soisse suffit-elle, à jetm- la malade dans le délire sensoriel et moteur? Ou bien n’est-
^le que l’aura, Vauertissemenl affeclil du malaise profondqui va délerminerccs accidents‘1
onxiété m- fait-elle (|ue traduire, au même titre que les autres symptômes, mais avec
One priorité due à la sensibilité même du sujet tenant à sa constitution morbide, le
nbuholouiquh. — T.
18
274
ANAL YSBS
proci'ssusi (l’inloxicalinii, d’iinaphylaxio, nu (rirrilaluon dont, peut rolnvnr l’affec-
l.inii ?
I,a malad(! cuL des e.nnvulsinns dans sa (ireinièni enfanci^ ; on pouiTail siipposer
(pi’ell('S fiii-eiit rexpression e.linkpin d’une aLI,idnle infecUeiisc^ enc(’'plialo-in('uiing(’;e
ayant, taissc^ connue siajaette une setérose (t’un ptiiiiL fpadcoiupie du syslèin ■ C(’iri'4jclI(Uix.
Ainsi s’expiiquerait. le nyslaijinus, oliservé dès six semaines, (d réapparaissant, lors des
parnxysuKw eoiivulsil's. Ainsi s’explicpieraieiU de même les allarpies éj)ilC|il,iques,
l’épilepsie élani, considérée comme un syndrome, paroxysl iipie à siihslralum lésionnel,
souvenl cicatriciel, de localisation infectieuse méiiingo-cortieale.
(Jiiaut à l’anxiété, elle s’expliquerait d’mie part en fonction <le l’Iiyperémotivité
eonstitui iopnelle du sujet (constilid.ion dans hupudle d’ailleurs la cause des convul¬
sions a peut-être joué uii rôle) et, d’autri’ part, en fonction des modifications Immorales
(exoloxicpii's coni iiifreiites, auto-toxi({ues eiidocrinieiities, ou colloïdoclasi(pies à r(^-
cli(U'(dier) rpii sont avec l’opine orfranique la cause habituelle des crises épihqitiqmis
(d. qui jouent de même un rôle dans le détertiiinisme de heaiicoupd’états anxieux tels
que ceux (ju’on observe (die/ les mélancnl iipies (d, les confus, I>es vai’iations quanti¬
tatives dans le temps de ce facteur humoral expliqueraient la coïncidence dans les
périodes de crises, des manifestations anxieuses, confusionmdies et épihqitiques.
(Jiioi (pi’il en soit, la physionomie de ce cas a .semblé assez, particulière pour Cdre
soumise à la Société, d’autant plus ([ue si dix ans d’observation ont pu en préciserle
tableau cliuiipie ; sa complexité diasmostique ne laisse pas de susciter des prolih’unes
intéressants, E. 1’.
A propos d’un cas remarquable de Fureur Epileptique, par IIectoii CAiiniLHo,
Archivoü Hriixilfinis de Ni'iirialri/i n J^sijrliiiilrid, an I, faso. H, p. 2G8-‘279, juillcd-
septembre 1919.
Considérations eliuii(ues id, médie.o-léfjales sur un individu qui présente des crises
de fureur erimimdle ; idles étaient impulsives, inconscientes, id suivies d’amnésie.
Autopsie du sujet. f. Dhluni.
Maiitimoii (E.). Con.sr/rnrr pnriielle d Amnésir rrlardée, dans les « Absences » Epi-
lepliqiies (.Soc. méd.-psyctiol., 28 nov. 1921. Ann. méd.-psycliol., n" 5, p. 439, déc. 1921).
— Obseivation d’amnésie nd.ardfie fiusant siute aux alisences épileptiques ; il y a con-
si'rvidion temporaire du souvenir de l’alisence ; puis au lioul d’une lieiire , elle est
délinitivmneiil oulilii’ie.
Nauiiasciium {('•.). Délire Curnitial purlietlenient riinésiqiie, Aulonudisine, Troubles
de la Mêrnidre et Eabulalion, Irailemenl par le (iardénal (Uull. de la Soc. clin, de Méd.
Mentale, t. Ib, n» 3, p. 81, mars 1922). — Il s’ai,dt d’un épileptirpie cliez (pii un délire
basé sur des interprétations a été considéré comme une manifestation comitiale et
traité en conséijiieuce par le f'ardénal. Les crises convulsives ont conqilètement cessé
depuis le traitement (d, le délire est en voie de disparition ; mais à l’occasion d’absences
plus ou moins prohmifées le nudaile exécute des actes automatiques inconscients ou
tient des propos délirants dont le souvenir est partiellement conservé. Dans ce cas le
(iardénal a eu une action lieureuse à la fois sur les grandes crises convulsives et sur les
troubles délirants de nature épileptiipie ; [lar contre, l(‘s vertiges suivis d’automatisme
ont augmenté de fréiiuence.
l.ivuT (l.ouis). lirûlares yraues de la lace snruennes au cours d’une Epilepsie conscienle
ri mnésii/ue (Soc. de l*sychiatrie de l’aris, 20 oct. 1921. .1. de l>syehologi(‘, n" il), [i. 871,
déc. 1921). — Dbservation démonstrative d’épilepsie consciente, mnésiipie, convul¬
sive (d. amirthriiiue ; les caractères (d, im^me la gravité d’accidmits survenus au cours
des crises écartent absolument le pithiatisme ou l’hyperémotivité.
Clark (L. P.). Conscience pendant railaqne d’Epilepsie (Boston mod. and si
P. 494, 27 oct. 1921). E. P.
iirg. J.,
Sommeil en faction en présence de l’ennemi. Crises de Narcolepsie. Leur
Equivalence Epileptique, i)ar C. IIeuykr. Société de Psychiatrie de Paris, 1(1 oc¬
tobre 1919. L'Encéphale, p. 402, déconibro 1919.
L’auteur a obs(irvt'! un soldat atteint de crises de sommeil irrésistibles dont cer¬
taines se sont produites en des circonstances telles que le sujet fut l’objet d’une incul¬
pation devant le conseil de guerre pour soinnadl en faction en présence de l’ennemi.
Les crises se sont reproduites à l’hôpital. Les antécédents épileptiques avérés du
sujet, les autres signes qu’il iu'és(mte doivent faire considérer S(‘S crises iiarcelep-
tiques comme des équivalents épileptiques dont elles ont tous les caractères d’impul¬
sion irrésistible, d’automatisme, d’incon.science ('t d’amnésie.
Feindel.
Guedes (Luis). Psi/ihiatrie médito-iégaie. Aspect mêdico-tégal de l’Epilepsie (Arch.
Rio-Grandenses de Méd., n" b-tl, p. 229, déc. 1920). — ■ Expertise concernant un épi¬
leptique assassin do sa femme et do .sa bollo-sreiir ; considérations sur les réactions
anti sociales dos épileptiques. E. F.
Traitement efficace de l’Epilepsie, par IIowellT. Pershino (de Denver), .Journal
of ihe. American medical Association, vol. ü9, no 11, ji. 8G9, 15 soidombre 1917.
L’auteur montre que, pour être vraiment utile, le traitement de l’épilei)sie doit
®trc strictement individmd. Li‘ régime surtout doit être stirveillé. Cliaipie épileptique
doit recevoir sa dose do bromure, qui raréfie ses attaques, sans l’intoxiquer, ne plus,
suivant les cas et suivant b'S moments, la digitale, l’opium, l’extrait thyroïdien, le
aillerai, (d.c., peuvent être indiiiués. Dix ob.servations de sujets en cours de traite-
oient et n’ayant plus d’attaques d(q)uis une ou plusieurs années.
Thoma.
Traitement des Epileptiques, par L. I’ierce Cla^ïk (de New-York). .Journal
of lhe American medical Association, 9févri(‘r 1918, |). 357.
Le grand mal ne se déclare ()U(i bi(m des années après (ju’il existe du petit mal ou
d autres troubles mininu's, de. natun^ épilepti((ne, ([u’il iniporte de savoir reconnailre.
L’épi|(!psi(‘ est curable, <dle l’est surtout par un traiteimuit très précoce.
Mac Gready (E. Boswortii). Traitement des Manifestations Epileptiques chez les
^’^fanls du point de une de la hase constitutionnelle (Medical Hecorï', p. 258, 22 août
1921).
Mathieu (René). Quelques recherches sur Tiitilisalion thérapeutique de l'JIyposulfilc
de Soude dans les Œdèmes aigus circonscrits de Quinclcc, l’Epilepsie ci la Chorée (Bull,
et Mém. Soc. méd. dos Hôpitaux do Paris, t. 37, n“27, p. 1.223, 4 août 1921). — Compte
•■ondu des premières expériences d’utilisation de l’byposuKite do soude dans quelques
nffections nerveuses ; observations.
Roasenda {(}.). l’our le Irailemenl de l’Epilepsie et d’autres syndromes nerveux (Pen-
®lero med., t. 11, n” (!, p. 110, 11 fév. 1922). — Le traitement combiné bore bromure
laminai belladone offre des avantages.
Rouuinovitch (J.) et Lauzirr (J.). Contribution à l’élude comparée des divers iraile-
actuels de l’Epilepsie (Soc. méd.-psycbol., 31 janv. 1921. Annales méd.-psychoL,
ANAL YSES
n“ 2, p. 142, février 1921). — Exposé comparatif des résultats obtenus avec le
bromure, le tartratc, le luminal et le dialacétine ; l’action du luminal (pardénal) est très
intéressante.
SouzA Lofes (Henato de). Le problème Ihérapeiiluine de l'Epilepsie (Brazil-M(Kl.,
t. 36, 11“ 12 et n“ 13, p. 141 et 151, 25 mars et l'' avril 1922). — Considérations sur la
nature de l’épilepsie dite essentielle, sur les moyens de réduire les causes d’excitation
de l’écorce, et sur les meilleurs antiépileptiques.
Tinel (,J.). Nouvelles conceplions cl nouveaux Irailcmenls de l’Epilepsie (La Méde¬
cine, p. 366, fév. 1922).
Toulouse (E.) et Marchand (L.). Traitement de l’Elal de. Mal Epileplique (Soc.
méd.-psychol., 24 avril 1922. Ann. méd. psychol., p. 436, mai 1922). — Le traitement
bromuré à doses croissantes et la ponction lombaire donnent d’i^xcellents résultats ;
observations.
Weciisler (l.-S.). Le Traitemenl de TEpilepsic, d’après 58 observalions (Medical
Record, p. 714, 22 oct. 1921).
Lkheude. Epilepsie et Irailement spécifique {liuW. dv \a SoG. dv MM. dv. Paris, n“ 14,
p. 449, 28 oct. 1922). — Présentation d’une enfant de 12 ans, tille de syphilitiques,
restée guérie 15 mois de son épilepsie après le novarsénobenzol, et guérie de sa récidive
par la reprise du traitement.
Page (Maurice). Traitement de l’Epilepsie essentielle parles injections inlra-veineuses
d’ Arsénobenzènes [Presse méd., n“ 72, p. 777, 9 sept. 1922). — Trois malades, au B.-W.
négatif dans le sang et dans le liquide céphalo-rachidien, et qui présentaient chacune
plusieurs crises d’épilepsie par jour, ont reçu, en l’espace de 20 mois é 2 ans 1 /2, de 8
è 12 séries d’injecti(»ns intraveineuses <ie novarsénobenzol. Plus de crises depuis U mois,
deux ans, huit ans. Les choses se sont passées comme si le microbe inconnu de l’épi¬
lepsie était détruit par le traitement arsénobenzolique sunisamnient continué.
Page (Maurice). Traitement de TEpilepsie essentielle par V Arsénobenzol (Bull, de la
.Soc. de Méd. d(( Paris, n“ 16, p. 514, 25 nov. 1922). - Les injections d’arsénobenzol,
intraveineuses ou non, employées avec persévérance, guérissent l’épilepsie non syphi-
liti(|ue ; cinq cas de Page, avec d’autres, tendent à le démontrer.
lluNT (E.dward Livingston). /-cv c//c/.s délétères du Traitemenl Hromuré dans les Mala¬
dies du Sij.’itcme Nerveux (Medical Record, n“ 3, p. 103, 16 juillet 1921). — L’emploi
Iirolongé des bromures peut donner lieu à des symptôimw physiipies et mentaux
importants, aggraver l’irritabilité et la détérioration psychiques (i(‘s épilepii(pies,
produire des phénomènes d’intoxication, masquer les syinptérucs d’une maladie
nnudale. lacs maladies circulatoires et artérielles, ou d’origim^ traumatii|ue,sont par¬
ticulièrement su.sceptibles aux bromures ; les alcooliques et les aliénés sont fâcheu¬
sement influencés [lar leur usage.
OARuè.RE, (tiGNOux ct Bariiier. Traitements de TEpilepsic par les Tartrales Horico-
alcalines (Soc. méd. des Hôpitaux de Lyon, 7 juin 1921).
Grassi (G. B,). Le Tartrale liorico-polassique dans le Traitemenl de. TEpilepsie de
TEnfanre (Pensiero med., p. 725, 6 août 1921). — Résultats excellents, rapidement
obtenus ; le bore n’a aucun des inconvénients des bromures.
Lumière ( Auguste). Tar/rH/cs borico-pidassique. el borica-sodique (Soc. de Thé-
rapeldi(^^R^ 8 juin 1921). E. p.
ANALYSES
277
Epileptique traité par le Luminal. Mort rapide. Tumeur cérébrale 1 atente,
par Queucy ot J. Sizaret, Soc. méd.-psych., 29 novembre 1920. Annales méd.-psy-
chol., p. 5G3, novembre-décembre 1920.
Il s’agissait d’une épilo|)sie tardive mais « essentielle », sans autre syndrome
capable d’attirer l’attention ; sans céphalée, sans troubles visuels subjectifs, sans vomis¬
sements, sans apparence jacksonieniie, etc. On ne saurait afrirmer l’absence de symp¬
tômes qu’aucun indice n’invitait à chercher : hémianopsie, anosmie, stase papillaire
commençante, hypertension du liquide céphalo-rachidien, etc. La malade déclinait
depuis qmdqucs semaines ; ses crises sont fréquentes et elle présente une dépres¬
sion physique et psychique suffisante pour la faire rester au lit, indifférente et presque
muette. Elle reçoit alors 0,40 de luminal en deux jours et on constate aussitôt : pas¬
sage de la dépre.ssion à la torpeur, puis au coma, crises plus fréquentes et mort qua¬
rante-huit heures après la dernière prise du luminal. L’autopsie révèle une tumeur
cérébrale insoupçonnée. E. F.
Un Traitement efficace de l’Epilepsie. La Phényléthylmalonylurée ou Luminal,
par Gaston Maillard. Soc. de Psychial., 17 juin 1920, Encéphale, p. 455, juillet 1920.
Les doses eflicaces de phényléthylmalonylurée sont assez variables suivant les
individus, et il faut suivre h^ traitement de très jirès, surtout pendant les premières
semaiiKïs. La ilose quotidienne sera donnée, en deux fois, le matin id le soir, avec un
liquide chaml, sous forme, de cachets ou de comprimés. On donnera d’ordinaire pour
commencer 20 centigrammes par jour pour un adulte. Il peut être nécessaire de don¬
ner 30 et môme 40 centigrammes pendant quelque temps. Des doses plus élevées
pourraient ôtre dangereuses si le malade n’était pas revu très fréquemment.
L’action de la phényléthylmalonylurée sur les accès est des plus nettes. Dès le len-
flemain, accès et vertiges cessent de se produire, et ne se reproduisent plus que de
ioin en loin, ou môme disparaissent complètement. Il serait possible, à la longue,
^e diminuer la dose de phényléthylmalonylurée, (jui pourrait être donnée alors à la
quantité minime de 10 à 5 cmitigrammes par jour, sans qi^ les accès se reproduisent.
Le luminal agit admirablement sur les troubles psychiques aigus des épilejitiques.
Les troubles psycliiques Unissent par disparaître, comme les accès (;t les vertiges,
sous l’influence de lu continuation du traitement.
Quant à l’état psychique habituel, il est merveilleusement influencé par la phényl-
éthylmalonylurée. Chez presque tous les malades, il y a eu une amélioration mani-
leste, marchant de fiair avec la cessation des accès et des vertiges ; chez certains,
c'est une transformation complète.
L u’y a pas. jusqu’à l’état psychique qui ne particiiie à l’amélioralion. Les malades
Lroinurés, jiour la plupart, ont un mauvais état gastro-intestinal, la langue suburrale,
•Je la constipation, de la diminution de l’appétit, le teint jaunâtre, de la bouffissure
•les traits, de l’acné. Tout cela change, les malaeles prennent un état physique tout à
fait satisfaisant, la languie netti! ; ils ont meilleur appétit, ils augmentent de poids ;
iis n’ont [ihis d’acné. Toutefois lu phényléthylmalonylurée peut parfois, mais rare¬
ment, provmpnu' des éruptions.
Le tels résultats autorisent les plus grands espoirs. Et c’est pourquoi il faut que
•e traitenuuit de l’épihqisie par la pliénylétliyhnalonylurée soit connu. 11 faut qu’il
**nit essayé en grand. Et si cidte médication tient les promesses qu’elle parait devoir
'lonner dès maintenant, il est à souhaiter (jii’on puisse l’appliquer sans retard au
Idus grand nombril d’épileptiques. Qm^ l’on peiisi; que, d’après certaines statistiques,
ii y aurait environ cent mille épileptiques, rien qu’mi France ! E. F.
278
ANAL YSES
De l'emploi du Luminal dans l'Epilepsie, par Rai'fügeau. .Soc. méd.-pnijchul.,
21 nov'ciiibrc. 1919. Annales mcU.-psijclinl., L. 12, ii» 2, [i. 111, mars-avril 1920.
I.’aiilr.ur a IraiLc par le luminal (Uiviruii 70 ùpilc'pli<pii‘S ou liysU'-ro-i^pilopUqurs.
Il rrsull(î dos obsorvalions (pu! : 1" le luminal, om|iluyd malin (d, soir, à la doso de
0 f,'!'. 05 à 0 qr. 15, suivanl ràf;(r (d la force du snjid, arrèlo presque toujours et irnmé-
dialennmt les crises conviibsives ; mais le traitement ne doit pas ôln; interrompu sous
p(nne d(‘ voir les crises se reproduire au bout de ([uelques jours ; ce. n’i'st donc pas un
mddicamenl curatif, mais suspensif. 'rout(d'ois, lors([u’un comitial a pris 0 ffr. 20
jiar (ixenqile île luminal par jour, pendant quel((ui'S mois, on peut diminuer la dose de
moitié et quelipjefois même davantaf'e, sans voir cesser ramélioralioii. 2“ Le luminal
se montre d’autant plus eflicace que les crises sont plus francliemeiit épilepli([ues ;
ses effets sont un peu moins constants dans l’épilepsie larvée et l’bystéro-épilepsie,
mais alors on se trouve bien de l’associer au.\ bromures. .'1“ Le luminal, pris à la dose
de 0 qr. 10 à 0 f^r. 20 par jour, ne paraît exercer aucune influence fâcheuse sur l’es¬
tomac, le cceur, les reins. Lu même temps que les crises ilisparaissent, le moral du sujet
se transforme favorablement, il devient pins fçai, moins irritable, se livre au travail
avec plus de facilité, se sent plus d’assurance ; il lui semble eu un mot qn’il revient à
la vie. De tous les traitements qui, jusqu’à ci‘ jour, ont été préconisés dans l’épilepsie,
le luminal parait obtenir le plus promptement la sensation des crises convulsives. Si
on le compare aux bromures, le luminal leur est bien supéri(Mir, en ce s(!ns qu’il ne
diminue pas la mémoin!, (pi’il n’intoxiqm^ pas et ([ue s(« efforts soid, plus [u'ompts
et plus constants. 1" L<‘ luminal n’est pas S(!Ulem(nit un auli-épilepli(piu puissant,
c’est aussi un bon sédatif et un excellent hypnotique, à nue dose moins fort(! ([ue le
véronal. Il s’emploi(ï avec succès ilans ctutains cas d’aifitation, dans les obsessions,
dans les cures d(‘ démorphinisation, cbe/. les alcooliques, les déments précoces, etc. ;
et les malades, au rév(nl, lU' se plaifçncnt d ’aucun malaise. E. h'.
Action du Gardénal sur les Manifestations Leucocytaires de l’Hémoclasie
digestive chez des Epileptiques, par D. Santknoish id, .1. Tinül. Soc. de. liio-
loijie, 12 nüvend)re 1921.
L(!S auteurs signalent l’action intéressant(^ du gardénal sur les réactions leuco¬
cytaires du choc bémoclasicpu! <ligestif. Clii'/. des épilepti(iU(^H (pii |iréseîitaienl une
leucopénie digestive Iriw caractéris(-e, ils ont observé la sup[)ression de celle leuco¬
pénie sous l’action du gardi’nial administré pendant ([ludipies jours. La suspension
du traitemiuit fait immédiatement réapparaître la leiiciqiénie du choc alimentaire.
Il y a parallélisme entre cette action suspensive du gardénal et les modifications
(pi’il semble déterminer sur l’intensité et le sens du réflexe oculo-cardiaipic. Sous
l’action du médicament, le ralentissement habituel du rythme cardiaipie obtenu par
compression oculaire s’atténue, disparait ou s’inverse, fiarallélement à l’atténuation,
la suppression ou l’inversion des réactions leucocytaires.
Il semble [lar conséiliient (pie, pour se manifester par la leucopénie, le choc alimen¬
taire exige un état particulier du système nerveux organo-végétatif. La transforma¬
tion des réactions vagoloniiiues, obtenue, par exemple, sous l’influence du gardé¬
nal, empêche la manifestation leucocytaire du choc. E. h’.
CiiiîiNissi'; (L.). La valeur de la Phényléllujlmalunijlurée dans le trailcmenl de l’Epi¬
lepsie (l’ressi! inéd., n» 4, p. 42, 14 jativ. 1922).
Uunois (S.). Enjlhradermie martelle conséridive à l emploi de l'hf.ni/lélhylmalonyluréc
(Soc. de Thérapeulicjiie, 8 mars 1922). — Cas mortel en 12 jours. Los doses proscrites
étaient do 50 centig. ; l’éruption pariil à la 8“ dose (pii fut la dernière ab.sorbée.
ANAL YSES
279
Ducosté (Maurice). Noie préliminaire sur le Luminai dans le Irailement de l’Epi¬
lepsie [Soc. m6d.-psycho1., 31 ruai 1920. Annales méd.-psycliol., p. 434, sept.-oct.
1920).
Ducosté (Maurice). Noie complémenlaire sur le Irailemenl de l’Epilepsie par la Phé-
nijléllunmuionuluree (soc. m6d.-psycliol., 27 juin 1921. Ann. méd.-psychol., n» 2, p. 146,
juillet 1921). — Le gardùnal est très actif sur l’élément convulsif du mal comitial,
mais il frappe trop tort ; d’où la nécessité de.s correctifs, belladone et caféine.
GniNKER (Julius). Nouvelles expériences avec le Phénobarhilal [Luminai) dans l’Epi¬
lepsie (J. of tlie American ined. Association, t. 79, n» 10, p. 788, 2 sept. 1922). — Les
meilleurs résultats sont obtenus dans le grand mal et dans le petit mal avec accès
convulsifs ; les troubles psychiques post-épileptiques sont favorablement influencés ;
le luminai employé avec succès dans des troubles nerveux d’origine inconnue (certains
cas de somnambulisme ou d’accès spasmodique) dévoile leur nature épileptique.
Mahchand (L.). Elal de Mal Epileplique mortel au cours d’un Irailemenl pur le Gar-
dénal. (Soc. méd.-psychol., 29 déc. 1921. Annales méd.-psychol., p. 39, janv. 1922). —
Cette observation montre : 1“ que chez certains épileptiques le traitement par le gar-
dénal n’est pas supéri(uir au traitement bromuré ; 2“ que l’état de mal peut éclater
au cours d’un traitement par le gardénal ; 3° que ce traitement peut avoir d’abord
pour résultat de grouper les crises en série. Le fait rapporté est d’ailleurs exceptionnel,
car les bons effets du gardénal sont universellement appréciés.
Mine (J.). Noie sur le Irailemenl de l'Epilepsie par le Gardénal (Presse méd., n» 52,
p. 557, 1«' juilhd 1922). — L’interruption brusque de la cure de gardénal ne provoque
l’état do mal que chez certains épileptiques tpii semblent présenter une idiosyncrasie
apéciale. En cas d’administration discontinue chez cos sujets particuliers, le palier
do descente no iloit pas être de 0 gr. 30 à 0 gr. 10, mais moins lirutal, de 2 centigr. en
2eentigr. tous les deux jours pour éviter l’état de mal. La suspension du gardénal ne
provoipie une recrudescence dos crises que chez certains épileptiipies qu’il faut dépister ;
elle laisse d'autres malades « indifférents ».
MuneiiY (E.-D.). Le Luminai dans le Irailemenl de liEpilepsic (Wisconsin med.
J- p. 20, 11“ 10, ]). 519, mars 1922).
Phillips (John). Un cas d’Empoisonnemenl par le Luminai (Phénohurbilal) 'J. of
tlie American inod. Association, c. 78, n“ 10, p. 1199, '22 avril 1922).
ViANNA (Ulysse). Trailemenl de l’Epilepsie par le Luminai (Soc. Brésilienne de Nou-
‘■"'ogie, 6 juin 1921).
WiiiiEit (IL). Le Luminai dans l’Epilepsie (Therapeutischo Halbmonatshcfte,
1”' août 1921).
WiiNijEu (Louis) et Sampson (D.-G.). Le Irailemenl de l’Epilepsie avec référence
spéciale à l’emploi de Luminai (New-York med. J. a. Med. Ri^cord, t. 116, n“ 6, p. 336,
22 sept. 1922).
Douheiiio (Joaqiiin). Trailemenl de l’Epilepsie par le Venin de Cobra (Arch. Bra-
**ileiros do Neuriatria e Psychiatria, t. 3, fasc. 1-2, p. 71, 1921).
Maiiciianu (L.). Influenee de TOvariolomie dans l’Epilepsie (Soc.-méd.-psychoL,
28 juin 1920. Annales méd.-psychol., p. 451, sept.-oct. 1920). — Observations de doux
•^'Pileptiipies ayant subi l’ablation des ovaires ; l’effet de l’ovariotomie sur l’épilepsie
•'t les tioubles mentaux paroxysliipies fut nettement fâcheux. L’auteur availdéjâ vu
"ne épilepsie apparaître après une ovariotomie. D’autre part il avait constaté chez des
foiniiies épilepliiiues, une amélioration par la thérapeutique ovarienne.
ANAL Y SES
Sandov. Traitement des Cnnvulsinns Epileptiques par Vextirpalion d’une Surrénale
(Zcnlrbl. f. Chirurgie, n" 25, p. 881, 1921).
Steinthal. L’ablation d'une Surrénale comme traitement de l’Epilepsie essentielle
(Zontrbl. f. Chirurgie, ii» 25, p. 878, 1921). H. F.
Epilepsie et Folie Maniaque dépressive (E. unil iiuiiiiscli-dcprcssive Irrescin) par
Khisch (Greifswaid). Ahtiandlunr/en aus der Ncuroloqie, Pselujehialrie): IC 18. (Ber¬
lin Karger, 1922).
Le problème des rapports d(; l’èpilepsie et des psychoses périodiques reste actuol-
lonieut insoluble. K. donne une série d’observations allant des simples variations de
riiunie.ur ii la psychose inaniaipie dépressive lypicpie clar/. les épileptiques. 11 reconnait
(pie si le trouble d(( la consci(uieo manque, il peut être impossible de rattacher à l’épi¬
lepsie le complexus symptomatique aff((Ctif. Les états alfectifs de courte durée
peuvent, quoiipie d’une faf^on bien incertaine, ctn; suspectés d’épilepsie. On pourra
[amctier dans le même sens quand on note l’absence de fuite, des idées bien marquée
et de phénomènes de dépersonnalisation (?)
Le diagnsotic reste souvent impossible à poser catégoriqueimmt, schématiquement.
K. fait jouer un rôle important pour le diagnostic à l’héréditésiniilaire dont la notion
[leut aid(u- au diagnostic. K. admet ()ue les 2 cercles héréditaires (ErbKreiz) de l’cipi-
lepsie et (h( la psychose maniaque dépressive n’ont pas grande tendance à devenir
cosécants. Les signes de démence sont en faveur de, l’épilc|(sio ; mais h; complexus
symptomaticjue maniaque dépressif peut présenUu- des formes si frustes qu’il faut
forfois hésiter à la sous-estimer au point de vue diagnosli(pi(^
K. donm( moins d’importance à la notion du earadére épileptique, et il regarde
r((xcitabililé ((n de.hors des (lériodes (laroxysmales comme n’étant en aucune façjon
un trait spécificpui de l’épileptique. Et (piand c(da serait, ajoute-t-il, comment le
distinguer d’un hypomaniaque légèrement excité ?
K. discute les théories des actions etidocrim^s (ju’il a peu d(! t(mdanc(( à admettre
complètement. Il termine en observant (pi(( le cerveau, comme les autres organes, n'a
à sa disfuisition qn’un nomhr(( limité de moye.ns de réaction.
Bibliographie allemamhi très abondante sur la question. Absence, à peu près
totale de littérature fraipjaise. Ubservations nombreuses. Travail intéressant.
M. T.
L’Epilepsie et la guerre (Epilepsie und Krieg) par Heiizig (Vi(ume, .St(dnhof)
Jahrbücher /Ur Psychiatrie und Ne.uriduyie, t. Il, f. 1, 1921 (15 p.).
181 entrées à l’asile de Steinhof au cours (h( la guerre. L’((Xaiuen en démontre que
la guerre n’a e,u aucune influence réelle sur l’('!closion d(( la maladie. M. T
Un cas de Chorée familiale très améliorée parle traitement antisyphilitique,
par Pagliano et Ayitniisoa. Comité méd. des Eouches-du- /ihàne, d décembre 1921.
Marseille Méd., p. 78-79, 1922.
Ghorée chronique héréditaire type Muntington, avec B. W. sanguin positif, dont
les mouvements ont diminué d’intensité après 4 injections de Gyllg (d 0,15 d(! novar-
sènobenzol. A noter 21 grossesses h^rminées par accouchement prématuré ou mort de
l’enfant en quelques semaines.
M. H. Roger croit plutôt à une chorée chez une syphilitiiiuc qu’à une- chorée d'origine
syidiilitique.
ANALYSES
281
M. Gaston se demande si l’amélioration récente ne serait pas due plus à l’interrup¬
tion de la dernière grossesse qu’au traitement antisyphiliüque.
H. Rogeh.
La Thérapeutique étiologique de la Névrose par KCglue (Gmunden). Jahr-
bucher fur Psychiatrie u. Neur., t. 40, f. 2 et 3, p. 298, 1920.
Généralités, complément de l’ouvrage de l’auteur « Système de la névrose » qui a
été analysé dans la /?. N. précédemment. M. T.
Les Devoirs du Médecin dans les Ecoles auxiliaires et les Etablissements de
redressement. (Die arztliche Aufgaben in den Hilfschulen und Filrsro-
geerzieliungsanstalten, parle ZiNGEnLÉ{Graz), Jahrbucherfür Psychiatrie ti. Neur.,
t. 40, f. 2 et 3, p. 266, 1920.
Ces établissements doivent être sous une surveillance médicale. Exposé de la question
M. T.
Contribution à la Psychologie do la Névrose traumatique, par H. Meier-Muller
(de Zurich). Archives Suisses de Neurol, et de Psychiatrie, t. 10, fasc. 1, 1922.
Histoire de deux eas de névrose traumatique. Meier y trouve la eonfiriration de ses
idées sur cette airection si discutée. Pour lui, la névrose traumatique ne se distingue
que par l’objet de sa convoitise des autres névroses connues (névroses d’angoisse,
phobie, obsessions, cte.). Elle implique un conflit violent, une insulte grave à l’instinct;
fion pas seulement une cupidité excessive et déplacée. Toute névrose, quelle qu’elle
soit, jiBut affecter la forme de la névrose traumatique quand le patient a subi jadis
nn dommage pliysique accidentel auquel il peut plus ou moins raisonnablement reporter
l’origine de ses troubles présents et de son déséquilibre. Dès qu’il peut être question
d’un dédomn agement pécuniaire, la névrose revêtira la forme « appétitive, revendi¬
cative».
Nageli (auteur d’un livre connu sur les névroses de convoitise; Begebrungsneurosen) a
donc tort de croire que le souverain remède consiste en une li(|uidation unique et défi¬
nitive fiar l’octroi d’un capital. Il y a mieux à faire (pie celf#. Meiera vu plus d un assuré,
nanti d’un capital l’indemnisant des dommages subis, poursuivre sa névrose sous une
autre forme et consulter à scs frais, et loyalement, le médecin.
Il propose de traiter les névrosés traumatiques tout comme d’autres victimes de la
névrose.
La psychanalyse ferait d’un grand secours. W. üoven.
Sur la Psychothérapie, par Alph. Maeder (do Zurich). Archives Suisses de
Neural, et de Psychiatrie, t. 10, fasc. 1, 1922.
Réflexions d’un psychanalyste très export en son art, sur les états d’Ame successifs
d’un malade soumis à l’influence d’une cure par lu méthode de Freud.
W. Boven.
Quelques remarques sur deux cas d’Hystérie masculine, par C.-.!. Parhon.
Huit, e.l Mém. de la Suc. de Neural., Psychialr., Psychal. cl Endacriualcyic de .Jassy,
1.4,11“ 1-2, 1922.
Deux cas dont les Iroiibles caractérisés surtout par des mouvemeiUs de trépidation
"U du tre.mblemeiit pendant les mouvements, sont a|iparus à la suite de traiiinas
psychiques. L’auteur insiste sur le caractère grossier et sans rythme véritable des
oscillations, ce qui différencie ce tremblement hystérique des vrais tremblements.
282
ANAL Y SES
Il ailiniil, la CDticcpliori ilc Raliiiiski coJuairiiatU la rôle de la suffsestion. Des faetoiirs
toxi(nies ou autüloxi((ues interviennent, éf,'aleinent dans la (Genèse de l’Iiystérie.
C.-J. l'AIUION.
PSYCHIATRIE
ÉTUDES GÉNÉRALES
PSYCHOLOGIE
Recherches Psycho-Physiologiques sur les conditions des Troubles des Per¬
ceptions, par IIiiiNZ ScniiüTTKNnAcn, /.rilsch. fur die (/es. Neurol, u. Psijeh., l. 78,
1922.
L’auteur ne s'occupe (pie des lialliieinalions de l’ouïe et de la vue et reclierelie le
temps de n'iaction aux excitations o|itiques et acoustiques. La valeur moyenne de
ces temps de réaction et leurs rapports les uns par rap|)ort aux aulres, dans les con¬
ditions pliysiologitpies, sont bien connues ; ces temps sont formés de composantes
simples : 1" l’intervalle de temps pour la réception de l’excitation dans l’organe sen¬
soriel péripliériipie, 2“ le temps de transfert de l’excitation au centre cortical .senso¬
riel ; 3“ l’intervalle de temps entre l’excitation sensorio-corticale et le transfert au
territoire cortico-rnoteur ; 4“ le temps d’excitation de l’écorce motrice ; 5" le temps de
trajet do la corticalité au muscle exécuteur ’l'oute modification du temps de réaction
ne peut .se [uoduire ipie [lar un cliangement de la conductibilité probablement sur le
trajet entre l’éicorce sensorielle et l’écorce motrice.
L’auteur se s.u’t dans ses reclierches du neiironeusimètre de Lxner (pi’il a bïgèroment
modilié : c’est une lamelle d’acier fixe à une extrémité ; le bout libre tendu et brus-
ipiemei t ridàclié donne 100 vibrations à ia seconde ; il porte une pointe ipii de.ssine
un tracé sur un verre fumé ; le mouvement est réglé par un bouton, ce qui pernad une
mesure exacte des tenqis de réaction.
Les conclusions auxquelles aboutissent les recherches comparées cher, les sujets
sains ét les malades atteints d’hallucinations auditives et visuelles sont qu’il e.xiste
d’importantes modi lications des temps de réaction cher les hallucinés de la vue ou
de l’oiiie. Les modi lications consistent (iaiis ie retard ou l’inversion des rapports
physiologiipies du temps des réactions acoiistiipies (d optiques. Il n’y a sOrement [las
modilicatious |iriiuitives de l’excitabilité du i erf périphériiiue pas plus que d’alté¬
ration lie la conductibilité centripète de l’excitation, ni d’atteinte des cei très cortico-
iiloteiirs ou de la conductibilité centrifuge de l’excitation. S’il y a une modi lication,
elle existe dans l’intervalle de temps nécessaire à l’excitai ion des territoires corti¬
caux sensoriels et au transferl de cette excitation aux centres moteurs. L’auteur tire
eiilin de ses observations celte conclusion que la diminution de l’excitabilité sensorio-
corticale vis-à-vis des excitations venues de l’extérieur et l’exaltation de la récepli-
.vité des mêmes centres pour les excitations endogènes soni une condition de lu
genèse des hallucinations. E. Gulma.
SÉMIOLOGIE
Contribution expérimentale à l’origine des Illusions, jiar T. Lai-inski Confé
rence fuite un ■2“ (UuKjrks des .4liénisle.i Polonuis ù Pusen, 17 mai 1921.
Les présentes recherches ont été id'feclm'îes sur un nomhre important de malades,
12 cas aigus et 58 chroniques ; ces sujets étaient pour lu plupart très désorientés, faisant
■ ANALYSES
2S3
aux (|U(isUous dus réponsos vagues ou sans aucun rapport avec ce qu’on leur deman¬
dait, voyant tout autre chose que les objets qu’on leur montrait; en un mot, leur
esprit vaguait en dehors de la réalité, absorbé par le souvenir des temps passés ou par
l’activité dus idées délirantes.
Il n’est possible ([ue de signaler ici, en passant, l’intérêt des diverses observations.
Pour ce (pu concerne la méthode d’investigation, elle a consisté à montrer à chaque
nialade des imag(!s simples ou plus conifdiquées, objets ou de petites scènes, suivant
son état mental ; il avait plusieurs minutes pour examiner les prenuères de la série
de ciini, (pielques secondes seulement pour regard(;r la suivante, et en étudiant les
deux d(M'niéres il devait compter. Puis on lui demandait d’expliquer ou de repro¬
duire le d((ssin.
Certains malades n’avai(mt rien vu et rien compris, prenant l’image d’unc! ancre
pour un homme, d’un poisson pour un arbre. Plus intéressante était la description
des scènes pur d’autres malad(!s; au lieu de la réalité, figurée, ils décrivaient l’image
qui siégeait en bmr esprit et absorbait leurs pcnscies ; ils n’avaient |ias vu le dessin,
niais une illusion susceptible d’ailleurs de se mouvoir et de se modilier sous l’in¬
fluence des idées délirantes.
Le procédé permet en quebpie sorte de compter le nombre! des illusions d’après
le nombre des objcîts du dessin transformés par l’esprit du malade! ; les déments pré¬
coces (!t les maniaepies dépi'essifs ont semblé avoir le plus grand nombre d’illusions.
1. a diminution de l’attention réalisée ]iar l’action de! compter pendant qu’on i(!garde
l’iniage diminue! lee nombre des illusions. Par contre, un eexamen plus rapiele! du dessin
sugineuite seuisibleuneuiL le! nombre des illusions.
L(!s illusions sont en somme! une! création iiersemnelle qui dépend quebpie peu du
inomb! (!xléri(!ur. Il n’est aucun critère sutlisant pour différencier les illusions des
liallncinations ; d’uboi'd parce ejn’ll est impossible de discerner dans un cas parti¬
culier l’agent extérieur ayant donné naissance au phénomène ; ensuite! parce epie les
conditions d’apparition des illusions et des baliucinations sont les mêmes ; enfin
sourds et aveugles succombeuit aux mêmes illusions que voyants et entendants.
Il ressort de ce! travail : 1“ que les illusions apparaissent après une fausse obser-
''iition, on bien après un examen superficiel ou bâtit ; elles sont créées par l’esprit
occupé el’anti'e chose que de la réalité ; 2“ les illusions sont un mode d’expression des
“lées epn absorbent on tourmentent l’individu ; 3“ il n’y a pas de différence esseii-
l'elle entre les illusions et les hallucinations. A.
Obsessions et Psychoses {Ziixmus mirxleUimgeniind Psyclwne), \iiir A Pi i.ci5 (Vienne).
•Jahrhüchcr /. Psjichiiilric ii. Neur. T. 41, f. 2-3, p. 122. 1922 (3 obs., 25 p j-Uiblio-
b'rapbie fran(;.aise et allemande!).
Hevne bien docnmentéMi et mise au point de la question toujours discutée du passage
l’obsession au délire. 3 obseu-valions, 2 obsessions symptomatieiues d’une schizo-
Plirénie, la 3“ edjsession surajoutée à un délire systématisé. P. jirend nettement posi¬
tion dans ses cemciusions.
L La neurose! obseessive (Zwun!iÿV(>r.flellunijsnmrim') dt'. Kroepelin comme entilé
oiorbide!, doit être! absolument distinguée des idées obsédantes symptomatiques tau
sens de Pf(!rs(lorf).
2. Une! transformation de! la névrose obsessive en Paraiioia ou en Schizophre'nie
Paranoiefi. ne se produit donc pas, non plus epi’en une! déirience secondaire.
3. Une combinaison fortuite de la mWrose obsessive! avec la Paranoïa ou la Schizo-
Plirénie paranoïde! est si extrômeuuent rare epie pratiepiememt la possibilité ne peut
S'iêre en être envisagée au point de vue pronostic.
284
ANAL Y SES
4. Une analyse bien faite des syinplotnes datis nn cas concret devra tonjonrs rendre
posilile de ilficider s’il s’a(fit d’une névrose, ol)sossive vraie ou d’idé(‘S obsédantes
symptoniati((ues d’une l’aranoïa ou d’une Soldzo[dirénie ; l’hérédité d’un de, ces pro¬
cessus psychotitpies doit entrer en liffiie, de coinpbi dans l(! diagnostic. I,es idées
obsédantes ne jouent d’ailleurs aucun rôh' particulier dans la olinicpie ih; la Ihiranora
ou de la Schizophrénie.
5. Plus fia’upieniment chez les obsédés, peuvent être observés de f'raves états inélan-
coliijues (Psychos(ss d’anifoisse, etc.,) ; (d particuliérement dans his cas évoluant sous
la forme périodiipie on récidivante. Ut même dans ces cas, hîs idées obsédantes ne
doivent pas être, conshlérées comme maladies sui fienerix, mais comme nn d(!S symptê-
mes de la mélancolie périodiipm. (jes états |isychoti([ue,s sont d’un (ironostic favo-
rabh^, comme tout accès de folie maniaipie ilépressive, et n’ont aucune tendance à lu
démence ni à la chronicité. .M. ’i’.
La question de l’Alcool dans le projet de Code pénal allemand et autrichien
Uie Alkuholfrof<e...) par Uiîrsciimann (Vimine) Jahrhücher /. P.sijchiutrie u. Ncur.
T. 41. [■'. -i-S, p. 147 (20 p.), 1922.
L’article 274 est ainsi coni;u ; ’< Quieon({U(^ tombe sons h^ coup de la loi étant en
état d’ivresse .sera puni de fl mois de prison au [dus ou d’une amemh! d(î .3.000 marks
au plus, s’il a commis un acte [loiir le([nel il iuï |M!ut être [luni parce qu’il était irres¬
ponsable du fait d(! son état d’ivresse.
Si le délimjuant a déjà été condamné pour ivres.se, délirante {sinnlmt) ou [lour délits
en état d’ivresse, la peine de [irison |)eut être portée à 2 ans
Dans les cas peu praves la [leine [leiit n’être [jas a|i|ili([uée.
Article 19 ; « Quand nn alcooli((ne est condamné [mur un délit commis en état
d’ivresse, on pour ivressi; délirante, h; tribunal oribniiu' son [ilacement dans un asile
[mur buvmirs, au cas où cette décision est désirable [mur l’habituer à une vit! réglée
et ordonnée. »
La sortie n’a lieu i(u’après avis du tribunal (droit autrichien), de la [tolice (droit
alhtmand).
U. discute, ces dis|msilions et arrive à la conclusion tpie tout est illusoire aussi
louj'tenqts qu’on ne se décidera [las à l’intt'rdiction de, l’alcool, à l’tîxetnpie îles Etats,
Unis. M. T.
Le paragraphe de l’Irresponsabilité dans le projet du nouveau Code pénal
allemand (Der Unzurechnnnqsfilhifj:keits[)aragra[ih im nenen ileutschen .Straf
gesetzentwurf), par IIhhsciimann (Vienne). .J <thrbiu;lier /. Pxijchiiilrif. u Neiir.
T. 41, f. ‘2-3. [>. 109 (12 p.), 1922.
U. résume ses idées ilans la rédaclion i[u’il [tropose pour l’article du code pénal :
N’est [tas punissable.
1“ Qelui chez ([ui la notion de i’illéqalité de son acte au momeiil de l’acte, était
affaiblie au [loint d’e.vclure sa res|mnsabilité, [lar suite il’iin état nientid morbiile,
d’un trouble île la conscience, de surdi-mutité ou encore [lar siute d’nn violent état
émotionnel sortant du .sentiment humain ordinaire (o/i.v i/em i/ewOhnIicJien Mens-
chmi/rfnlit eiinUtnilmrn G<’mül.shi‘Wi’i/iin!i) ;
2" Uidni qui au moment de l’acte malgré la notion île l’illégalité de son acte, était
hors d’état d’agir conformément à cette notion, [larce que sa conduite {lliindcin),
était influencée [lar une des causes énoncées au [laragraphe [irécédent dans une mesure
excluant la responsabilité.
Les brèves formules du code fraui;ais valent mieux. M. T.
ANALYSES
285
Sur la question do la Cécité volontaire (Zur Fragp (1er Sellblendung-), par Heinz
Hartmann (Vienne). jM/irfc(idirr /(ir Psi/c/ii'alr/r ii. Neiir.T. 41, f. 2-3, p. 170,1922
(20 p.).
Un homme de 31 ans, poursuivi pour vol, se cri'vc les yeux dans sa prison IVJis en
observation à l’asile, on apprend qu’il est un obsécU- sexuel à appétit sexuel exagéré
pédérast((. 11 motive .son acte par la conviction rpi’il avaitde faire ainsi disparaître son
appétence |iour les peliles filles.
H. se lanc(( dans des interi>rétations et considérations psycho-analyti((ues, des
évocations de symbolisme, id.c. Quand il est si simple d’ex[diquer cet acte du pré¬
venu par le désir d’avoir à tout prix la liberté, afin de pouvoir continuer à se livrer à
ses excès génitaux, résidtat qu’il obtint puisqu’il fut remis en liberté.
M.T.
Un cas de Perversion sexuelle. (Ein Pall von abnormen Gesehleststriob), par Licn-
TENSTERN. Vcreiii f. Psycli. u. N. (Vienne). J ahrhücher f. Pscyhialrie u. Neurologie,
T. 41, 1. 2 et 3, p. 240, 1922.
Sadique de 44 ans guéri fiar la castration double. Le testicule de la castration fut
imfilanté avec succès à un eunuclioïde. M.T.
Réforme de l’Assistance des Aliénés (Heformder Irrenfur.sorge), par Bf.rze (Slein-
bof, \'ienne). Verein für Psychiiilric iirul Neurologie, 14 ((ctobri! 1919. Julirbtlcher
fiir Psye.hioirie iiml Neurologie, T. 41, t. 1 et 3, p. 197, 234, 239 (3n'p.), 1922.
liapport général où .sont passées eu revue toutes les questions d’ordre adminis¬
tratif, financi(‘r. judiciain*. professionnel et montrant (pu( le service d(‘s aliénés se
'lébat dansdes difficultés insurmontables oii les revendications des infirnders ne sont
pas faites pour faciliter l’amélioration du sort des malades, d’autant que l’on
comptera avec la journée de 8 heures 2(1.00(1 infirmiers pour 120.000 malades. A ce
point de vue, la France et rAutriche n’ont rien à s’envier. M. T.
Examen clinique d’un « Petit Mental», fiar (1. Aymùs (de Marseille). Sud méd.,
I7‘29-1738. 15 mai 1921.
Man particidièrcine.nt détaillé cl mcthodiqinî concernant l’examen do ces mala-
•'es, si fréipu'nts, ([ui ne sont fias des « aliénés »,mais q\d, anormaux constitutionnels,
on atbdnts de troubles psychiques plus ou moins accentués au cours d’étals fébriles de
lésions viscérales fin endocriidt'iines, viennent assez fréquemment, spontanément ou
accompagnés par leur fandlle, au cabinet du médecin praticien.
Après l’ins|M(Ction (démarche, le.nue) et l’interrogatoire, portant sur les antécé-
'lents familiaux ou personnels, sur l’histoire de la maladie, avec étude du langage et
'lu trouble des act((s, l’aideur conseille de pass(U’ d’abord à l’examen somatique, en
particulier celui du système m-rveux, qui doit ('Ire poussé à fond : une exploration dé-
1-aillée découvrira souvent un sul stratum anatomique à des manifestations qui parais-
(>('Ut dépendre d’une psychopathie (essentielle.
^'(îxamen psychiqiU! propneiiRUit dit comprend l’inventaire rapi(l(‘ des fonctions
Inlelhectuelhes, troubles d’idéation (i(h'-es morbid(‘s, mémoire et attention), des jier
Copiions, de l’émotivité et de l’athectivité, de la c(mscienc(e et (he la personnalité, puis
1 étude du fond mental : claez hes jeunes infirmités jisychiques d’évolution (étals de
'léficience, d(‘générés inféri(uirs, — étals de dévialions, df-génén'S supérieurs), dyshar-
nioni(( et constitutions pathologiques, pipialisme, neurasthénie), — chez les gens plus
âgés, infirmités psychiques d’involulions, déchéance et démences. H. R.
280
AN AI. ySE.S
Contribution à l’étude do la Mimique dos Schizophréniques, par E. IIrrman.
.Soc. des Sciences rnéd. de Cracnine, 1918.
E’aiiU'ur a éUiilié la miiiiHpia ilo soliizoïilin'inirpips al d’aiitras malades psychifpios
répaadaiil. à d(es excitants fjiistalifs tels que : cldorliydrate de quinine, acide cilii(pie,
sii'()|) de sucre. Il pliotaf'rapliiaille jeudes muscles faciaux. Saconclusion eslla suivante :
l)ea\icoup de scluzopliréniques réagissent par : 1 “ la [xiramimie, c’esL-.à-dire une mimicpie
contraire à celle qu’il faudrait attendre ou ; 2" par \ liii/mniiinie. ci’st-a-dire mimique
pas assez intense ou eufin ; .'1“ jiar Vnmimie, c’est-à-dire manque de mimiipie. La
pariimimie. est déterminée [lar différentes causes, entre autres par les stéréolypsies, les
persévérations mimiques et l’autisme. I.'nminiie peut être atoniqiie ou liyperstliéniqiie
(dans la stupeur catatoniqiie). Elii^ peut durer longtemps ou n’étre que passagère à
cause de l’impossibilité que trouve l’excitation de pénétrer dans la conscience du malade
dominé par l’autisme. X.'lnipnmimie. est causée par les états catatoniqiie.s ou par la
débilité mentale. La dÿ.sm/mie.c’est-à-dire deux expressions simultanées et contraires,
est causée par l’existence de deux sentiments antagonistes ou par la lixatiou d’un
sentiini'Ut stable et l’intervention d’un autre passager et pas assez intense.
/.YI.U|.:nl.AST-ZANI).
Nouvelles Recherches Sérocryoscopiques chez les Aliénés, spécialement chez
les Épileptiques, par G. J. I'arhon et M"» Maiiih I’aiiuon (en roumain). .S/ji/o/i//,
n» 4, 1919.
Dans la [ilupart de“ cgs d’épil.qisie, on observe a[)rés les accès l’aboissemimt du
point cryoscopique, donc l’augmentation de la concentration moléculaire <lu sang.
Ensuite, on observe la tendance di' revenir au chiffre normal, mais cela n’ar¬
rive pas dans tous les cas. Le point cryoscopique fut trouvé abaissé ( - 0<>,()()), aussi
chez une jeune épiliqitiqiie à accès rares, mais avec équivalents psychiques (confusion
mentale agitée pendant plusieurs jours). L’examen fut pratiqué pendant la période
confiisive.
Le chiffre trouvé ((l.ôd) fut normal dans un cas d’épilep'^ie myocloi'iipie. L’examen
fut pratiqué à un long intervalle de temps dès l’accès épileptiipie.
Fort abaissement du point cryoscopiipie ( -0,(i5) dans un cas de démence sénile.
Dans un cas de manie chez une jeune femme, on trouva un abaissement peu mar((ué
( — 0,58). Dans un cas de mélancolie coléreuse, le point cryoscopi(iU(> futnormal ( — 0,51!)
A.
Recherches pondérales sur la Rate chez les Aliénés, parG.-.l. Paiiiion et
G. Zi-.JIIAVI- (en roumain). Spilaliil, n"' 10-11, 1919.
On obtient les moyennes suivantes selon les diagnostics. Alcoolisme, 25.'i,88gr. ; Epi¬
lepsie, 220,(il ; Pellagre, 191,94; D.''mence |)récoc(!, 175,20; Gonfusion mentale,
102,50; Paralysie gé.jérale, 159,25 ; Démence sénih% 100,92. A retenir l’atrophii^ de
l’organe dans la démence sénile et son poids élevé dans les psychoses toxi(pies (d,
clironi(pies (Epihqisie, Alcoolisme, Pellagn').
Si l’on tient compte du sexe, la succession décroissante des moyennes est la sui-
Poids moyen de la rate.
l[omm(“S. l’emmes.
Alcoolisme
Epikq.sie...
tfr.
285,71
242,00
Epilepsie
Pellagre. .
h'i’.
192,94
185,90
ANALYSES
287
Démence précoce . 210,83 Paralysie générale.
Pcllaffre . 193,33 Alcoolisme .
Confusion mentale . 173,75 Confusion mentale.
Paralysie générale . 159,98 Démence précoce .
Démence sénile . . .
Tous les cas de démence sénile où la rate fut l'xaminée coi
Le nombre total des examinés fut de 233.
des femmes.
A.
Délire chronique d’interprétation basé sur des assonances, par C.-.I. Pauhon
et S. STOCKEn (en roumain). Spilaliil, n"* 5-0, 1919.
Les associations par assonances servent de base au délire de ce malade. Une fille
de ce malade est atteinte de psycliose maniaque dépressive. A.
Sur un cas de Délire Amoureux, par M'"'' Cb. Rallie, niill. et Mém. de. la Soc.
de Neurol.. PKi/cInnlr., Pxijrlud. el l'indocrinolog. de. ./u.s.çy, t. 4, n™ 1-2, 1922.
Dbservation d’une délirante elironique dont le principal trouble psychique se
manifeste [lar l’amour pour différentes personnes, le plus souvent de baule position
social!’ (variables suivant le leni|)s) et dont la malade se croit aimée.
C.-.l. Pahhon.
OUVRAGES REÇUS
Fnonns, Lehrimrh de.s forperimmlellcn Psjjciiologie. Ilerder, édil., Fribourg
en Hrisgau, 1921.
I'Tiuno (Alberto), L'infliimza dclla falica .‘uilla funzionalila qaslrica e intes¬
tinale. Hainu7.7.ini (iioriude italiano di Méd. .Sociale, 1917.
L'hhno (Allierto), Il ricamhio, materiale nre/nnico deirencefalile epidemicq.
Accadetïiica Mcdico-fisica PTorcnl itta, 23 mars 1920. Speriniautale, janv.-
hvril 1920. ^
Fuuno (Alberto), .Sopra un casa di emaloma Iraiimalico sollodurale
délia rej/ione renlro-parielale.X\iviii[a critica di cliuica medica, 1920, no® 11-12.
l''uRNo (Alberto), Morbo di Addison, successione morbosa rnalarica. Poli-
elinico, se7.. prat., 1920.
Fuhno (Alberto), La punlura lombare per la diagnosi e la rura délie etnor-
’'ogie. méningée Iraumalielic. (iioriiale di Medicina I-'erroviaria, juin 1921.
Furno (Alberto), l.e. sindromi del corpo .slrialo poslnme aU’eneefalile epi-
demie,Q_ Ilivista Critica di Clinica Medica, 1921, n<”* 18, 19 et 20.
Furno (Alberto), .Studio di geneliea e di clinica sopra ringue easi di eunn-
coidismo erednfamiliare. Hivista di Patologia nervosa e mentale, 1921,
fnsc. 9-10.
Furno (Alberto), .Singlüozzo ed eneefalile epideinica. Ritorma medica,
1921, n» 4.
Rautjiiur, Ilé.sullals éloignés de. sept opérations de Werllieim. Hull. et M6m.
^e la Soc. de Chirurgie de Paris, 31 mai 1922.
RautiiiI'Ir, Deux grosse.s.ses exlra-ulérines à terme opérées quatorze à dix-
^^il mois après leur début. Hull. et Mém. de la Soc. de Chirurgie de Paris,
31 mai 1922.
HommLs, Les maladies menlales el ra.'tsislanee à domicile. Bull, de la Soc,
•Péd. des Bureaux de Bienl'aisance île Paris, déc. 1922, p. 101.
288
OUVftAGES REÇUS
Dki.gado (Honorio F.), El dibujo de Ion psicopalas. Academia nacional de
Med. de l.inna, 21 avril 1922.
Dhi.cado (Iloiiorio F.), Trealmenl of paresis by inoculalion willi malaria.
.1. of. nervous atid rneiilal Diseases, mai 1922, p. 376.
l)i;s()(ii's (V.), L'ipofi.ni nelle lesioni del cervello. Archives suisses de Neu-
roloi,de et de Psycliialrie, t. 1 1, fasc. 2, p. 244, 1922.
I )KS()(;i:s (\'.), L'ipofisi nelle lesioni del cervello di anitnali solloposli ad
ablazione delle yhiandole sessiiali. FMvisla di üiolof'ia, l. 5, fasc. 1, 1923.
D’IIoi.i.andku (l''ern.), Deu.r. nas d'anomalies morpholoyiqnes aux mains
el aux pieds. Main en pince de homard et ectrodaclylie. Hall, de la Soc. de
Mful. rnetilale de Helf'ifiue, déc. 1920.
O’ 1 loi.i.ANUUH (l''erii.), Conlribulion à l'élude analomo-expérimenlale de
la capsule exlerne et de la commissure anlérieure.WuWGi'm de l’Académie roy.
de Méd. de l{el}îi(pie, 1921, p. 21 l-2ir>.
D’Ilor.i.AN'Di'.u (l''erti.), Conlribulion analomo-expérimenlale à l'élude du
cinyulum cl des localisalions corlico-aérales. Hulleliii de l’Académie royale
de Méd. de Melffique, nov. 1921.
l)’l loi.i.ANiJHfi (Fern.), Sur les frontières neuro-psychialriques. Conlri¬
bulion à l'élude de la stupeur, la catalepsie, l'akinésie. Bullelin de la Soc.
de Méd. menlale de Beiffique. Discours présidentiel du 28 janv. 1922.
D’IIoi.landkh (l'’erri.), Kecherches anatomiques sur les couches optiques.
Les voies cortico-lhalamiques el les voies corlico-teclales. Arch. de Biologie de
Van Beneden, t. 32, |). 249-34.Ô, 1922.
lM(m;N. Diaynose der Simulation nervoser Symplomen.l'Thnn, édit.. Vienne,
l’,si>osi;i, (F..), Da capacidade de fixaçâo em normaes e alienados. 'l’iièse de
Professoral, 102 p., Pimento de Mello édit., Bio de .Janeiro, 1922.
l'’nniiAaiNi (B.), Le alluali conoscen e sulla bioloyia dell'infezione si/i-
lilica e la loro applicazione alla paloyenesi délia paralisi proyressiva. Bassegna
di Sludi Psicliialrici, I. 1 1, n«® 4-o, juillet-oct. 1922.
FiAMitiairi (A. M.), f.iquido cefalo-rachidiano ernorrayico in due casi
di emaloma dello spazio subdurale. Note e Biviste di Psichialria, 1922,0° 2.
PaKiiaiio (Arrigo), l.e richerche sull'azolo del sanyue in medicina yenerale
ed in psichialra. Bivisla Palologia nervosa e mentale, 1920, fasc. .9-6.
I''iii(iiau() (Arrigo), Richerche sull'azolo non coayulabile del sanyue in
alcune nudaltie menlali. Bivisla di Patologia nervosa e menlale, nov. et déc.
1 92 1 .
Fnnaaiio (Arrigo), Su la distonia lerdicolare proyressiva. Atti del V Con-
gresso délia Sociela llaliana di Neiirologia, 19 oclohre 1921, Bivista di
Palologia nervosa e menlale, jan\’.-aofit 1922.
Faioiauo (Arrigo), Su le alrofie cerebellari dell'adulto. Atti del V Bongresso
délia Sociela llaliana di Neurologia, 19 octobre 1921, Bivista di Patologia
nervosa e menlale, janv. -aofil 1922.
Fiiionnio (Aaanio), Crisi di opislolono quale sinloma postencephalilico
in un bambino. Alli del V Bongresso délia Societa italiana di Neurologia,
19 oclohre 1921. Bivisla di l’atologia nervosa e mentale, janv. -aofil 1922.
Fniiinaio {Annioo), Sifilide nervo.sa e lipomalosi cervicale simelrica. Atti
del V Bongresso délia Societa llaliana di Neurologia, 19 octohre 1921. Bivista
di Patologia nervosa e mentale, janv. -août 1922.
h’iinmaio (Aiimoo), Su l'islopaloloyia delta mioclonoepilessia. Note e
Bivisie di Psichialria, 1922, n° 2.
Le Gérant : J. CAROUJAT.
Tome II. N° 4
Octobre 1923
REVUE NEUROLOGIQUE
MÉMOIRES ORIGINAUX
NEUROLOGIE
I
ROLE D’INTÉGRATION JOUÉ PAR LA MOELLE
DANS LA DÉTERMINATION DES ATTITUDES
DU TRONC ET DES MEMBRES
WAI.TEU M. KRAUS *
(de New-York)
I. — Introduction.
On a fait beaucoup do teuLatives pour forinulor uno explication adé-
quoLe des diverses sortes d’aUiludes jialliologiipics. ür, si quelque théorie
parvenait, à êt re suHisammeTil, conqilèle, cll(! devrrfil s’appliquer tout, aussi
^Jien aux at I il.udcs uorniales ([u’aux divi
rs('s at tiLintcs pal ludogiipies aux¬
quelles elle s’adresse spécialement, telles que syuilrome parkinsoiden,
'iiplégies, hémiplégies, paraiilégies, rigidité décérébrée, épilepsie, maladie
‘le Wilson, pseudo-sclérose, etc. 11 serait dès lors possible de tormuler à
l’‘^gard de ces atWtudes normales et pathologiques certaines règles qui non
soubmienl, favoriseraient le groujiemeid d’affections très proches parentes,
^ais pourraient aussi montrer le. chemin à la thérapeutique.
En réalité, beaucoup de théories ontprétcmduexpliiiuer, d’un même coiq),
troubles du tonus, de la force! volontaire et de l’attitude. Or, ces trois
‘éléments sont des entités ptiysiologiques toui à fait distinctes et ([ue l’on
•l'dt consiilérer séparén.ent ; chacune, d’ailleuis, jiié.^enle déjà par clle-
‘Uêino sulUsamment de dillicultés et les tentatives pour les encadrer dans
’iuc théorie globale n’ont abouti à rien.
P. Marie et l-’oix (1), Walshe (2), Babinski (d), Biddoch (4) et beaucou|.
. * I iun f'i'rally iadrIiUsl Lo iiiy Iriciid Ur. Aiiffiisle 'l'oiirnny for Iho carc willi wliic.li
lias Lrauslalod tliis paper from tlie original Kiiglish. - \\ . M. K.
BBVUK NKUllOLOÜIQUE. — T. II 19
290
WALT EK M. K EAU S
d’aul rcs ont. apporta îles conl ril)ulions cliniquos fondamonlalcs indiquant
([U(! nombre d’attil.udes sont délerminées par la moelle] une partie de cet
article .s’appuiera sur ces faits qui lui consLitue.nt uiui base importante. On
a laanicoup insisté sur ce que d(\ telles activités postui ales rédlexes se ren-
e.ontrent dans diverses alïedions nerveuses ; mais, commt: nous le montre¬
rons, à cel, éq.'id, l’analyse peut être poussée encore plus loin.
Les diverses llHanies de la contracl lire hémiplégique, ainsi que l’établit
Dejorine (5), no sont pas satisfaisantes. « En résumé, dit-il, presque toutes
les théories sur la eoniraeture ne s’appliquent qu’à un certain nombre de
faits, et sont on contradiction avec d’autres » (p. 525) ; et plus loin : « Avaid,
de jiouvoir expliquer clairement, un jihénomène pathologique l.cl que la
eoniraeture, il serait, nécessaire d’être mieux renseigné sur la physiologie
normale de la moelle. » C’est d cela, préciscmenl, que le présent article vou¬
drait apporter quelque éclaircissemeni.
Par ailleurs, il n’a pas été fait de tentative fructueuse pour formuler
une conception de l’intégration du mouvement, en s’ajipuyant sur les arrnn-
qeinenls' musculaires qui ont leur origine dans reuchaînement , l’intégra¬
tion, par les segments spinaux, de niécani.smes neuro-musculaires {intégra¬
tion voulant dire ici le processus d’unificat.ion des activités d’un certain
nombre de neurones pour un but plus compliqué que celui qui peut être
at.teint pai' l’un quelconque de ces neurones seul ; mécanisme neuro-mus¬
culaire com[)reiinnt le neurone moteur {léripbérique et le muscle qu’il
innerve). Toute la série spinale des niécani.smes neuro-musculaires est
réunie d’une manière ou d’une autre jiar les libres endogenes de la
moelle.
« Nous ne tenons pas compte dans nos raisonnements », écrivait encore
Dejerine (p. 551)), « que di's faisceaux exogènes de la moelle, sans accorder
la moindre part, à la substance grise et, aux fibres endogènes ». Or, puisque
l’intégration des fibres endogènes est presque la plus ancienne, au point
de yue pliolygénétique, du sy.stème nerveux, c’est elle qu’il faudrait la pre¬
mière clairement comprendre.
Deux facteurs au moins e.ntrent normalement, dans la production de
'.’al.l it.ude <lu t ronc et des memlires :
1° La délerminalion des posit ions des diverses parties du tronc et, des
memliri's au moyen de muscles anl agoiiisl.es cont rôlés de manière récipro-
([ue. Par détermination, j’eiit.emls ce processus qui contrôle les muscles
de telle manière qu’il oblige le tronc ou l’un des membres à assumer une
cert.aine posil.ioii dans l’espace, indépendamment du caractère des sti-
miili ([ui mettent en activité ces muscles. Les fibres spinales endogenes,
en enchaînant les neurones moteurs périphériques, jouent la majeure part
ilans cett.e déti'iminat ion des at titudes, (’.omine exemples de post.ures
ainsi déterminées, l’on peut, citer l’attitude. d’o|)ist,hot,onos et les positions
des janilies dans la paraplégie en flexion et en extension.
2° téaclivalion des neurones qui déterminent l’attitude. Cel te acliva-
• Arranurmriiln » |ial,l,i‘riis ». (Voir Slierritiglon (ü), p. 313, ligne 19.)
ROLE D'INTÉGRATION JOUÉ PAR LA MOELLE
291
tion est produite par les impulsions affcrenles qui enlrcnl. dans la moelle
en suivani les racines postérieures et par des impulsions d’origine supra-
spinale.
Le préseid. I.ravail a pour but d(i décrire ces activités inlégralives de la
nioclle (pii dtHennine.nl l’attitude ; V aclivalion de ces neurones spinau.v n’y
sera pas euvisagiuî en elle-même.
Nous nous proposons donc d(! poser les assises de l’intégration en
définissant les intégrations ([ui se produisent dans la moelles épinièri',
c’est-à-dire les activilAs des fibnis spinales endogènes et l’influence qu’elles
exorciînt en harmonisant les divers élémiuits neuro-musculaires pour la
délenninalitin des diversiîs attitudes. Cela r<mdra en mêlini li'miis possible
de comprendre plus clairement que jusqu’à présent les facteurs qui sus¬
citent bis attitudes dues à des affections des formations supraspinales.
Les manifestations de beaucoup de ces alïections d’origine supraspinale
diipmident de formules d’arrangements imposées par un enebaînement
défini des groupes cellulaires d((s cornes antérieures par les libres spinales
endogènes.
Cet article aura donc comme portée juatique de décrire et en même
femps de. classer les plus importants des arrangements posturaux nor-
tnaux (!t anormaux qui sont produits par les intégral ions de la moidle, ce
fini perimittra d’établir, du point de vue de la pliysi(dogie pal hologi([ue,
nn lien entre beaucoup d’affections de la molilité.
®La description de ces intégrations sera précédée de quebjues mots sur
l’intégration en général et sur ce qu’on entend par groupennuds dorsaux
et Ventraux du mécanisnn; neuro-musculaire.
11. — Notions puki.iminairks.
Les activités intégratives du système nerveux sont maintenant bien
ennnue.s grâce, en particulier, aux travaux (bi Sherringicn (6), qui ont mis
'ni évidence des réflexes spinaux, tels (juc le « stepping reflcx » (p. 211),
lo « scratcb reflex » ( p. 10) et 1’ (( exlensor thrust » ( p. 10 et 60), et la
position de la tête, du tronc et des membres dans certains états de décérc'-
hration*. L’application à la clinique de ces données oc physiologie expé¬
rimentale a suscité de nombreuses publications, entre autres celles qui
ooncernent les réflexes de défense, le « flexion reflex » et les attitudes de
" decerebrate rigidity ».
Pourtant, malgré cette abondance de documents, l’on ne trouve pas
•io description du mod(î de groupement anatomique des muscles ainsi mis
'■•i activité par ces intégrations.
Un(( cerlniue
“ 'léci’irôbrô ». Evidiunniei
«»S8i y aviiMlaKe à
'O'belo, la réf('M'eiu;e. à uni
'jomessiis (lu niveau des
duiro les (Utitudes carai
rigidily ».
(( par ra|iidieal,i(in l.rop Kéiu'Tale du lerme
eau avee le plus de précision possible. Dans cel.
jionUipu' voudra dire uiie déc6r((bral.ion jusl(!
Uddeau fçénéral connu comnu' « decerebrate
WALTEn M. KliAUS
2'.I2
rVuir son oxprcssion molricc, l’arl ivilc' du sysLàino n(‘r\<>,ux osL Irons-
mis(! aux nerfs i)(h’iy)héri([ues cl , par suil.e, aux muse.lc^s. Dr, l’un ii’a (snvi-
safj;i' la descripLiuu (l(;s adivilés do ces inuscdiis <|iie d’un point de vue phij-
siolor/iqiie, c’esL-à-dire en latd ([ii’elles S(! Iiaduiseni ])ar d(!S muiiveimuds
((ds ({Lie flexion, exlensiun, el.e,., au lieu d(' eluu'clier à élablir des gj'oujuîs
<'iahry(d(>giques <'l aiiol (iini(pies d(i ni'rfs el de muscles ; b's arrangejtieid s
spitiaiix de moi.vi inenl.s coordonnés soni, dès bu's (îxprimés en fermes pby-
si<dogi([ues cl. non nior]diologi([ues. Mn somme, ioul(^ l’imjiorl ance a éfc
donnée aux groupes île mouvements ef non aux groupes de museles.
Fi". I. — • IjOs (livisiciiis d’un nnrf .spinal tlinracKinn t.ypiquo (d’aiuFs « llnman Anatoniy »
par fî. A. Pici'snl).
Dlir, l)ranijlin dnrsals ; VHr, branclio vnntraln ; I/lir, brandio laléralo ; AHr, lirarclio anlé-
rienre, ; l’it, raninn postiirionrc ; AU, racine anlérieuie,'; l’D, divisiiin jiosléric nre ; AI)
division antérieure.
fin 11)21 (7), j’ai ]iréseidi‘ une brève esrpiisse de ce ([in^ je (oinsidérais
comme la conceplion neuro-miiseulaire du mmivemenl. (’adis: eonc(q)lion
élaif basiM' sui’ en faif (pie la museulal ure du I roue esf, du point, do vue
einbryologi([ue, divisible en deux grands groupes, l’un dorsal ef l’aufre
veni ro-laféral, el. sur eef autre fait que la museulal. ure des membres, se
(léveloppanf à parlir de la masse veuf ro-laf ('‘.raie siis-ineul ionnée, esf pa-
reillemenf divisible en groupes veniral ef dorsal. Ainsi, la muse.nlafnre
des membres, foui comme celle du frone, se divise de manière à produire
d(‘s agonisles ef des ani agonisi es. Des nolions, que l’on peuf aisèmeid
frouver dans des Irailès d’anal onde tels que ceux de Diiain (8), Dunnin-
gharr (9),]{raus ( 10) el ,jus([u’à un eerlain jioini , dans l’arl iebule l^’lafau (11 )
du liandbueli de l.ewandovvsky, indi([uenl ([ue les museles .sonf divisibles
en groiqx'S doid le plan de rlivage esf dèferminè non pas pur leurs mouve¬
ments, mais par leurs positions analomigues primitives. J’ai diseufè par
rajiporf à eel I e idée les arrangemeni s jiosi maux de la ma relie normale (12),
du syndrome i>arkinsonien (b'i), de la paraidègie en flexion ef en exfension
nOLE D'INTÉGRATION JOUÉ PAR LA MOELLE
293
et de certains états doccrébrés (14). Dans le présent exposé, je me bor¬
nerai à dccrircï bss intégrations spinales d’ati il lubîs en général et leurs arran¬
gements n(;uro-miise,nlaires.
Donc, si r<in divise ainsi les nerfs et. muscles du tronc et des membres
chez l’homme en group(îs dt)rsal et veniral (voir ligures 1, 2, 3, 4), on-
constate (pie, le plus sou\(;nl,rael.ion d’un musc.le doniu'. correspond bien
à l’action qu’on S(irait en droit d’en al, tendit! en se basant sur l’origine
embryologique; mais il n’en (ist pas toujours ainsi.
2. — L’innervation de, s maasc.s rau.sculairc.a ventrale et dor.aale )irimitivcs dn membre (d’ai)rès
« Analoiny of tlie pcripheral Norve.s » par PAtterson).
V = Ventral ; D = Dorsal ; V-L = Vontro-latéral ; LIMB IIUD = Bourgeon du membre.
I-'’<!xomplc le plus simph; de eiitte eorrasspondanec entre l’origine et la
fenetion est fourni par la musculature axiale du cou, du dos et de la paroi
abdominale.. Les muscles s’y divisiuil en group(îs rlorsal et vimtro-laté-
; la physiologie révèle immédial ement qiuï hï groupe dorsal produit
I exLuision et 1(( groujie V(‘.nl ro-lal éral la fbexion. Lesmouvenn'nts latéraux
et rotatoires produits jiai' ces groujxis de muscles soni dus à ra(4 ivil é jiré-
l’cmh’rante d((s moili(‘s droite ou gaindie d((s groupes dorsal (4 viudral.
blans les membres, h^s muscles proviennent de granchis « masses pré-
•^■^usculaires h (pii donnent naissance à des gi-oupes dont l’innervation
^st respectivement vcuil raie et dorsale (\ j ir Fig. 2, 3 cl 4). Or, 1’ e.xamcn des
”'B;lionH (les muscles révéle (pi’il n’existe pas loujours une exacte corrc.s-
P'Bidance enlio' la fone.lion réelle (4 c,(4le (fu’( n al I (unirait d’ajirés le classe-
*^(Uit d’origine. Autrement dit, les museb^s (pii so dévelopiienl du côté
* orsal du membre n’oni jias toujouis (U^s foindions dorsales, I elles (jiu'
cxtensiojq ni les muscles (pii se dév(4(qipent du côté veniral des foinylions
291
WALTER M. KRAUS
veiilrahis, telles que la flexion. Il est impoH anl, à cet égard, de ne pas ou-
lilii'i- ([lie le versanf antérieur du memlTe inférieur est, du point de vue
phylogénéti([ue, sa face [lostérieure.
Voici les iniull.iur.s exeXnfiles de ce défaut de correspondance. Sur le
.versant antérieur de la cuisse, les muscles psoas-iliaque et couturier,
étant d’origine dorsale, on devrait s’altendre, de par l’analogie avec les
muscles a.xiaux, à ce qu’ils aient une fonction d’extension ; or, c’est en
I'Mk. II. — Plan du plnxiis hraidiial (d'aprn.s " Anatoiny », jiar Gray.)
Km noir, dorsal ; en lilane, veiiUal; (ni liacliurcs, eonibiiui.
réalil é une fonction de flexion. A la main, les interosseux dorsaux élendent
et inelleni, en alxluetion les jdialanges I crminales, ([uoiiiue, à l’exception
de l’alidiicleur du cin([uiènie doigt, tous les autres muscles innervés par
le cubil.al et de jnêine grou[)e aient une. fonction de flexion ou d’adduction.
Si l’on jmursuiL un tel examen critiipie, on trouve, jmur les muscles
du jarret, ({ue, landis qu’ils flécliis.seni au genou, ils élendent à la hanche,
ce ([ui est eerles une coJubinaison curieuse. Pour les mouvements au cou¬
de-pied, on trouve (jue les gasl ro-enéniiens, bien ({ue situés postéi'ieureinent
à la jambe et bien ([iie dérivant de ce ({ui en est en réalité le efrlé veidral,
ont une fonction dorsale, l’exlension. Pourtant, ils oïd aussi une fonc¬
tion veni raie, la flexion, <|uand ils agissent, an genou. 1 )e plus, ces mu.scles
sont innervés [»ar un nerf venh'al ([ni innerve aussi les fléchisseurs des
orteils cl les fléchiseurs inti'insè([ues du [lied ; d’où une confusion faite
ROLE D' INT II CHAT ION JOUÉ PAR LA MOELLE
Ü95
pour élormer. EL pourt ant si, au lieu des mouveineuls actuels des muscles,
nous considérons leur groupement embryologique oL leur innervation, nous
trouvons que l-ouLes c(is dillicultés disparaissent.
On peut donc voir, d’après ce qui précède, que la seule description des
mouvements des muscles n’indique pas de façon jirécise la relation
de cett(i aelivité [)bysiologiqu(! avec b^ coxdrôlc iiilégralif desmuscles par
le systèmx! nerveux central. Celte arlivilé inlégralive doit être rappovlée
<Rix groupes de nerfs el de muscles plutôt qu’aux groupes de mouvemenh
proprement dits.
fifî. 4. — Plan dos |iloxus lombaire, sucré et coccygirn (d’après « Anatomy », )iar Gray).
Mômes indications que pour la P’ig. 3.
En ce qui concerne l’action intégrative du système ncrveu.x, rappelons
^’iprès Slierrington (6) les points essentiels.
" E’arc réflex(! (!st l’imiLé do mécanisme du système nerveux, si l’un con¬
sidère ce systènnî dans sa fonction intégrative. L’unité de réaction dans
^ intégration nerreuse. est le réflexe, [tarée ([uc I ont réfb'xc' (tsi une réaction
'd qu’il n’y a pas d’aciion mu'veuse sons réflexe qui soit un acte complet
‘1 intégration. La syidlièse nerveuse d’un individu qui serait, sans elle
pure agrégation d’organes commensaux, se résout elle-même en coor-
'^inatiori par action réflexe. Mais quoique l’unité de réaction dans l’inté-
WALT En M. KH AU S
f'raLif'ii srit un rcfloxe, loul, infhixn n’csi, pas iina iinilâ de; réaction, pnis-
(pic cf^rlaiiis rcflcxcs sont composés de l'éflcxcs plus simples. La coordi¬
nation, i)ar ccnsé(picnl, est, en partie la composition des rélL'Xcs » (p. 7).
« Par l’inlcgi'at ion loogil udina!<^ de cou/'/c.s séi ies de scirments adjoints
deviennent, par un certain caraelènt combinées enscmidc, iJe manière è
ds indi¬
viduels conslilnani, le membre foimeiil à l’égard du membre un groupe!
fonctionnel de solidaiilé (elle que leurs réaelions dans l(! membre sont, à
Lunil aires .)(p.3d4).
i s’étendent, au dedfi d(!S limil,es d’un tel groupesont,
d’autre! piU'L, e'emveuableOnciL apjeedés « réflexes Inngs ». l'it c’eisl, dans l’in-
l e'gral ion ele série's leengeies, e.u ele sériées emi iére'mem’l ele .se^gmeml s lees unes
ave'c le's aul re‘S. que', mis à jiarl, les jebéneeme'me's psyebiepie's, lee syst émiee ne'r-
ve'ux se'mbbî al I einelre son aeoné el’ae'bèveeme'nt, » (j). 344).
ee La feuie'l ieen int égral ive' ebi syst ème' ne'rve'ux se' voit, i'i la peerfecl iein
élans la .soudure eb's mélamen-ess en l’unil é d’un indiviebi animal » (p. 314).
Ainsi, l’on ])e'ed eliree quee l’intégration à l’irbérieiir eb' la nieee'lle! épinière'
e'.emsisl ei eue reuie'balne'uie'nl , élans une' veiie <iei élans une' aul re' I eue jeuirs bie'ii
eléfinie!, el’un ceu lain nombre! de! se'gmeuds. Primil ive'me'id , e'll<! cnebaîne'
s meel e'urs péripbérie[ue's eel le'U' s eergane's I eu minaux, lees musclées,
résullante scnleinenl, les mouoemeiils de ers miisries. Par e'ee pro-
le'liaine'ineud , la pre'uve: eesi eelaire'ine'nt elonne'eequ’il e'xist.ee à l’in-
la moe'lle! elees arrange'me'nl s elive'rs elee neeiireeiu'S.
Peiier bie'ii elélinir les eliversees inl égraliems, il e'sl, néeee'ssaii'e! eb' partir
elees jdus simples. Aeissi e'eensidére'rons-nous e'ii pre'mie'r eeeellees eb- l’axe.
III. — lNTi'ce;u,VTiONS nuiMAiniîs,
A) /nlétiriilions nxinles. — Lomine! il ii été élit, e;
élu troue! e'sl elivisibb' en greeeijee's ebu'sal e'I, ve'idi'iil. Un autre' jibui ele! e'Ii-
vage' lee'rpeuielie'eiliiire' au ])re!e'e:eb'nl bi elivise! e'ii medliés elreiile' e'I gauche!
(voir la re'iire'se'idaliem seuls forme' ele! eliagramme', lig. (i).
Dans lii muse'ulal lire! elorsab', les se'gmeiil s sue'e'e'ssifs ebiive'iil êl ri' réunis
bd lire' ve'idridi'. Puise[ue', ainsi ejue' e'e'bl seu'a elémoniré plus leiiii, cees elelix
groiipeîs pi'uve'id iigir e-omiiie! aul ageiniste'S l’un vi.s-i’i-vis elee l’autre!, ils
eb.ivent être eoeerebmne's .se'juuV'me'ut e'i eee'l e'ITel. Aoiis seunmes eiinsi con-
eliiils ;i elélinir ebuix aedivilés inl égral ive's, l’une! axiabe-elorsabi-unilu-
lérab' (Aa. lig. 0) e'I l’aiilr.- axiab'-ve'nl rabe-unilal érab' (Ali, lig. 0) ; une
série! ele! cbae[Ue! e'xisi.ani élu e'i'')lé elroil, e'I élu e'edlé gaui'lu!.
L’existcue i' eb' l’eipisl lieel emees e'I eb' l'i'nqireesl luit emeis sullil à inilie)ue'r
eiiie la 1
nol.E D’iNTi':GrtAriON joui': pab la moelle
297
êLn! (iiichaînéos fiiscmblo à travers la ligne niébiaiie. Il doit doue exist(îr
une iiiLégi'atiou doi'salc bilatérale (üa, fig. 6) <d. une iiiLégi'aLioii vuulrale,
bilatérale (Bb, lig. G).
D’auLro part,, dans les ïnouveJnenLs latéraux (tu troue, e.e (pii so voit
(i. - C. ,li(,«ou,in.(. .■(T,TS(.,(I,(( ((.((' S(;cl,i0.;
J (voir lo texte).
partienliéreJnent. ebe/, les animaux a (pialn* jiall
il y a une aetion eone.erlée de la moitié droite (te I
d Venliÿle aussi bien de la moitié gauebe d'e I
d venLralo (Ac, üg. G, iiiLégraLion axiale dorso-v
usL aussi très apparent chez l’homme dans les m(
et. elle/. l(‘s rejililes,
museulal lire dorsale
, museulal lire dorsale
traie unilatérale), delà
du eou et les
29S
WALT EH M. KH AU S
nioiivcîjnciils IuLcraux «lu tronc. Donc, dans c<!rl aines circonstances, le
sijslhne nerveux Inlègre raclivilé de lu inusrulnlure des deux rnoiliés du Ironc
el iloil en aeliver chaque itwilié eornnie. une seule masse musculaire.
ToiiLel'ois, aucune d(is inl,égraLion.s (jiie nous venons de décrire ne sullil,
à amener dans le Ironc, des mouv(‘m(;nLs concerLés. Pour obLe.nir cela, il
est, nécessaire d’avoir uiu! innerunlion réciproque, c’csl-é-dire d’avoir un
cei lain degré d(! coni racLion d’un groupe agonisie el, un C(!rlain degré de
r<dâc,tiemenl, simultané d’un groupe ant, agonisie, G’esI, ainsi qu’une cer-
l aine aelivil é intégrative du système n(TV(;ux simultan(im(ïnt. ffu-a se con¬
tracter la musculatunî dorsale et se relâcher la musculature ventrale (Bc,
tig. 6, réaction opisthotonique) et que, par contre, la mêm<! iid^égration
(lie, fig. 6) fera se contracter la musculature ventrahi et se relâcher la mu.s-
c,ulatur<! dorsahi (réaclion emprosi hotoniipuî). Cette activité a été aj)pelée
intégration dorso-ventrale hilatérale.
.4 ])ropos des mouvements d(! latéralité du tronc, il a été établi ei-
dessus (juc si la musculature dorsale et ventrale dc! la moitié droit(! s<!
contractait, c,elle de la moitié gauche S(î relâchait. Il y a donc tun;
c.i'rtaine activité intégrative du système nervmix (jui normahumuit
coordonne les mouvemtuits de ccîtte sorte. C(dt(‘ activité lient être
appelée intégration dextio-sinistrale hilatérale (Bd, tig. 6).
Sur ces bases esseiitiellemeid, simpl<;s,on pourra consiruire la conciqi-
tion et la classification des intégrations du système nerveux qui déter¬
minent les attitudes,
B. — Inlégralions appendiculaires. — Tout comme il existe dans la
musculature axiale un plan de clivage, tant au poitd, de vue anatomique
que du point de vue physiologiqiu', ([ui ])ermet la description d’inlégra-
tions simples, on jieut en trouver un dans la musculature jqipendiculairc.
Toutefois, il n’esi pas lout à fait aussi sinqile de déci'ire c.es itd.égrations,
])ar ce fait ([ue la musculature des membres n’est elle-même pas aussi
sini|de que celle de l’axe. C’est ce (lu’illustre le pi'ocessus de la marche.
Dans un autre article (2), j’ai rnis en (‘vidence ce fail (jue lesmouviunents
du meïnbre inférieur dans la marche normale piuiveiiL se résoudre en quatre
P' (In mouvement veidi-al à la hanche, analogue à celui d’une nageoin! ;
2" Un mouvement dorsal à la hanche, analogue â celui d’une nageoire ;
L’élément d(‘ « flexion i-eflex » ;
•l<’ L’élément de « support ».
Les deux ])remièi'(‘s rejii'é.seul eut les mouvements des ïnemhrr'S d’un
v.irl.ébré avec des ajijiendices à une seule charnière, à savoir des nageoires.
Ouand, dans le cours de l’évolution des vertéhi'és, les poissons se déveloji-
pèreid, en animaux lerresli-es, amphibies, et ac([uii'eid, des a])pendices à
Irois charnières, des mouvenienis jilus complexes (b^viniaud, nécessair<;s.
L’apprmdice à trois (diarnièiais n’a jras sculeinentà être blorpié (Uie.xtension
pour agir coid r(^ la pesantrmr, mais aussi à êl n; retiré du sol. Aussi les ani¬
maux lerriïsti-es déveloj)])érenl -ils une inlégralion plus complirpiée du
syslème nerveux pour coidi'ôler cela. Les positions d(^ ces dmix rlernièi'cs
liOLE D’INTliGItATlON JOUÉ PAIt LA MOELLE
phases, qui sont opposées en se correspondant, représentent ces deux nou¬
veaux élémeids de la marche, celui de flexion réflexe et celui d’appui. Ce
sont eux qui sont rendus manifestes d’une façon anoi male par le processus
de décérébration protuhérantielleexpérimentale chez les animaux et, chez
l’homnnijdans des conditions analogues et dans beaucoup d’autres inala-
di(ïs.
J(! ne donnerai pas ici une descriplioii détaillée des muscles actuels im-
pli{{ués dans ces diverses phasi's <le la marclu! normale. On trouvera la
liste des muscles des troisième et (luatricme phases dans la ligure 5 et le
tableau 1 . En reproduisant des passages de mon précédent article, je mon-
Fiî<. 5. — ■ Figure montrant les muscles actuolli mont observés par l’analyse expérimentale comme
engagés à so contracter dans les phases (le Ilexion (A) et d’extension (B) de la marche réllcxe
du chat reproduit solon’Sherrington, ( Brain vol. 3:!, 1910^^(15).
A B
A. Tildalis anticus,
H. Biceps iemoris posterior.
l'I. Extensor hrevis digilorum.
F. Tensor lascira iemoris brevis.
(i. Cfracilis.
E. Extensor longns digitorum.
M. Glutens minimus.
P. PcroncuB longns.
U. Rectus femoris.
H. Sartoriuslateralis.
K’. Sartorius medialis.
'1'. SomitendinosUB.
0. Quadratus iemoris.
1. Crureus.
2. Vasti.
3. Adductor minor
4. Adductor major (4 jjart).
5. Semimembranosus.
G. Biceps iemoris i)ostcrior.
7. Gastroenemius.
8. Solens.
9. Flexor longus digitorum.
trerai ([uc, dans lu (h^scription des intégral ions ([ui conlin>lcnl le. membre,
ctsiles ([ui coid r('')l(!nt hns mouvemenis liés primilifs et homogènes à l’arli-
cubition ju'oximale (épaule et hanche chez l’hoinine) doiv('nt (être envi¬
sagées séjiarément.
lui jiosilion de posliire contre la jiesanleur (anligravity poslure), tidle
fluo l’a délinie Sherringti n, est désignée comme extension, lundis queréh'!-
iiient de « flexion reflcx » est désignée comme flexion. 11 semble donc évi-
WALT EU M. KBAUS
itoui iriNTiiGitArjoN JOUI': paii la moelle
301
el dorsales des artirulalions de l'épaule el de la lianrlie, produisant dos moii-
vomiuiLs pari'ils à ceux d(^s deux preinièri^s pliases de la niarcdu^, doivoni
être coordonnées dans leur acl ivilé (ini égral ions Al), ventrale unilalc-
l'ale, et Aa, dorsal , unilatérale, lig. 7). I.)e la même manière, suivant l()
plan axial, il y aune intéf^ralion Ac (dorso-veni raie unilatérale, lig. 7)
fini coordonne Al) et Aa ; elle agit noianalemenl i)ar iinieruaiion réciproque.
Naturellement, il existe deux iulégralionsde odti' sorte «lu «■«''«lé droit cl
deux du ctOl é gaïudie du corps.
Dans l’étude du mécanisme musculaire impliqué dans les réflexes spi¬
naux, Sherrington (6), s’occupani (pp. 161-167) des réflexes unilai.craux,
a mont)!! que des mouvem<'nts surviennent sur i’un ou l’autre côté du
corps. lei ces réflexes sorti considérés pour aulanl qu’ils conlrôlenl les mus¬
cles proximaux agissant à l’épaule el à la hanche ; l’activité complète aux
trois articulations sera discutée dans le prochain cliapiire qui trailc des
intégrations appendiculaires secondaires. 11 a été montré que les membres
antérieur et postérieur droits sont coordonnés dans h'urs mouvements par
des réflexes spinaux longs. 11 s’<msuit qu’il se produit un emdialnement des
intégrations Ac (Ad, fig. 7) de manière à faire agir à l’i'pmde et à la hanche
les membres antérieur et postéri«'ur d’une mauièi'C coordonnée. C’est ce
fpie l’on peut appeler intégral ion appendiculaire dorso-ventrale unila¬
térale. Sherrington a également momré que les deux membres antérieurs
aussi bien que les deux membres ])ostérieurs peuvent être stimulés à une
réacti«)n simultanée. Il apparaîtrait donc «[u’il y a d«‘ux activités intégra¬
tives séparées du même type (jui assurent la corrélai ion d<‘ la musculature
des membres sur les deux côtés du corps. Dans certains cas, la corrélation
est ainsi établie que les mêmes mouvements se produisent sur les côtés
«Iroit et gaïudie (.saut et bondissemeni — lapins et kangourous), 1 andis que
dans d’autres cas, la corrélation «'st tidle quelles mouvements ««pposés
se produisent sur les côtés droit et gam be (voir Sherrington (6), p. 162
et suiv.). L<:s variations dans ces réflexes produits expérimentalement sont
considérables non seulemeid, chez un mênu' animal, mais chez des animaux
dilîérents. Ces fait s contribuent à mettre en évidence l’exist ence de réflexes
l*ilatéraux et leur relation avec des stimuli sensoriels divers aussi bi(M\
tiu’avec des usages dilîérents, selon les animaux, des pattes anlérieures el
postérieures. Les réflexes appendiculaires bilai érauxrappcdlenl le n)cm«' type
de réflexes axiaux bilal éraux cont rôlés pai’ l’intégral ion axiale dexlro-sinis-
•rale bilatérale. Les iiilégrations axiah-s dé[)endent des fibres spinales
endogènes «pii élablisscmt la corrélation mitre les colonnes mésiales des
cellules des cimes antérieuri's qui activent les muscles axiaux, tandis
que les inlégral-ions concernant h>s membres antérieurs et post érieurs dé¬
pendent d’une corrélai ion similaire des eoloniu's lal éralcs de cellules des
cornes antérieures, qui, comme l’on .sait, activent les inu.seh's qui pro¬
duisent les mouvemenis des membres antérieurs et postérii'urs.
Dri pourrait désigner les arrangemeid s de neurones qui produisent ces
céflexes bilaléri'u.x des muscles proximaux d.is membres antérieui- id. j)os-
térieur comme intégrations appendiculaires bilatérales primaires.
302
WALTER M. KRAUS
L<i simpld fait qiio Ich qiiatro moriihnis agisser't à runissoii dans le pro¬
cessus de la marche indique (pi’il (existe une intégralion des mouvemeids
à l’épaule (d: à la hanche des paires d<i memhnîs droite et pmuche, même cluiz
un animal sinnal (Bd intéf'ration appendiculaire dorso-veni raie bilaté¬
rale), L’aclication de ces mouvements de manière à rendiai la marclu; Jior-
mab; possible n’est j)as enlièreimmt spinale. La détermination d(!S atli-
I udes vues dans ces mouV(un(uits (îst (uitièiaunent spinahc Lomme je le
moid rerai -n y insistant dans le prochain chay>itre, Bd ét ablit lu corréla¬
tion du caintrôle (voir lif'. 7) de Ba, Bb et. (h' Ad à la fois ilu côté droit (d,
du côté gauclnq c,’<^st-à-dire Bc, ce ([ni assure donc indinici (mcni. le con-
trôhî des quatre intégrations Ac (<1 )rso-V(mt,ra!e unilatérale) gouvernant
chaque nnunbre.Bd nqnésent.e donc un cont.rôh' int égrat if d(‘s syst èmes
coordinaLiurs unilat éral long, liilal.éral court (d, unilatéral h)cal.
IV. — Intéguations SKCONüAinns.
Bans deux notes précédentes, j’ai déjà montré que si lesphases de fhexion
(d. d’extension de la marche, telles que les a décrites Sherrington, const i-
tuai(uit uiK! réa(dion homogène d’un point do vue physiologique, il
n’en est pas ainsi du [xiint de vue neuro-musculair(>.. J ai insisté sur c(^
fait (lue le « flexion l'cflex » consiste en une alt.ernancc de mouvements,
<lorsal à la hanche, vent ral au genou (d, dorsal au cou-de-pied et. au-dessous,
tandis que la phase d’i^xtcnsion c<msisle (ui l’opposé. Ci; ([ui suit, sera (ui
part.ie emprunt é à nien (hîrnier art icle avec. Rabiner (14) (p. 217).
Dans un travail inl.itulé « le mécanisme réflex»; île la marche », Shcri'i ig¬
lou (Ib) a indiqué les muscles actuels impli([ués dans la phase d’ext ension
ou d’ani igravité du « reflex siepping » id. dans la phase de flexion. La li¬
gure 5 représente ces résull ats. Dans le tableau mis en dessous (Tableau I),
l’on l.rouvera d’abord le classement des mêmes muscles que dans les listes
A el B de la figure se rapportant, au chat en groupes dorsal et vent ral ; puis
le classenieni, en vue de l’ul ilisalion ful.iire, des muscles correspondants
de l’homme qui ont pu être examinés avec certitude.
D’après cida, l’on voit aisément qu’il y a une alternance définie rie
cont rôle aux trois grandes art iculai iens : hanche, genoux el. cou-de-pied.
Cette alternance, dans la marche normale, est représenl ée siir la figure 8
]iar les lignes suivant respectivement V D V ou DVD.
Certains muscles ont deux fonctions (5) (2). Par exemple, le gastro-
cnernius (ventral) est extenseur au cou-de-pied et fléchisseur au gern u ; le
liiccps femoris (vent, ral) est extenseur à la hanche et fléchisseur au genou.
Or,dans 1’ « extension reflex » V D V, le gusl.rocnemiiis étend au cou-de-
pied tandis que le biceps femoris étend à la hanche. Cela confirme tout à
fait la fornude V D V. Dans la jihase de flexion D V D, le gastroenemius
et le biceps femoris sont tous deux fléchisseurs au genou. Cela aussi con-
lirme la foiniule. La même explicat ion de la relalion enl.re l’action et l’o¬
rigine analomi([ue des muscles à double action peut, être appliquée à
d’autres muscles.
nom D’iNTi'onArioN joui': par la moelle 303
Tarlkau I. — Les muscles de la fig. 5 arrangés en groupes
ventral et dorsal.
Nota. — Dans les deux parties du talileau, le Groupe I comprend les nuisclos airis-
sanl ù la hanche, le Groupe II les muscles agissmil au genou et le Groupe Ili\vii
muscles agissant au cou-de-pied.
El. -= l'iexioi
; E:rl. Extension
1 ; Ail. Addiictiori
A.
B.
GUOIIPl-,
VUNTIIM.
1 iOMSAL
N'kntmai,
Domsai.
1
I. l'soas.
.M. Oluteiis mini-
n. Beetus femoris.
S. Sartorius lato-
ralis.
S'. Sartorius me-
0. Quadratus fe-
3. Adductor minor.
'1. Adductor major
(1 part).
5. Seniimenibrano-
(i. Biceps femoris
posterior.
II.
li. Iliceps femoris
Ci. Gracilis.
'r.Semitendinosiis.
1. CrniM'us.
2. A asti.
ni.
A. Tibia'is anticus.
L. Extcnsorlongus
digitoriim.
l’.l’eroneiislongus.
E. Extensor digi-
iorutn brevis.
7. Ciastrocncmius.
8. Sobuis.
9. Elexor longus
digitorum.
LKS MI SCLES COUHESPON 1 lAN'l'S CHEZ L’HOMME ‘
1
l’ectiiuMis (El. et
Ad. l’anche).
Iliopsoas (El.
hanche).
Tensor fascia- fe-
mons( El. hanche).
Sartorius ( El. han¬
che).
Pectineus (El. ("t
Add. hanche).
Adductors (Ad.
hanche).
Semiiuembranosus
{E«t. hanche).
Semit endinosus
(Ext. hanche),
Biceps f(!moris
(Ext. hanche).
II.
(iraeilis (El. et Ad.
gempi).
Semitendinosus
(El. genou).
Seminemliran((sus
(E'I, genou).
Biceps r(unoris (El.
genou).
(Juadriceps fe¬
moris (E,xt.
genou).
iii.
Tibialis aniieus
(El. eou-de-pi(Ml).
Extensor digito-
rum longus (El.
cou-de-pied).
Exlauisor longus
hallucis (El. cou¬
de-pied).
(*'Ext.'(à>iMh'-pi(Ml'j.
Soleus (Ext. cou¬
de-pied).
Ti b i al i s posticus
(Ext. et Add.
cou-de-pied).
No sont indi([ués qm^ les muscles dont l’exaimm a (Hé possible.
30-1
WM/rUli M. K HA us
El maiivU'Tinnl il est bien n-cotuui ([ii’iiiu' iiil <‘gral ion assure à la fois
la y)osl,iir<ï de « flexion r(‘fli>x » cl (■(!lliMl’a|)j)\ii, I roisièrru! et (fual rièiin^ phases
(le la nuirelie |■■ifl(!xe. A jironos des muscles im])lif[ués dans ce processus,
Slierriuglon (6) ('cril, (p. 1%)_; ;( Si l’oji examiiKi l’acle réfbixe de la marche,
c.omuK' on peul le fair(' sur un animal spinal el- sur un animal déccia’ihia!
(e.hal.), ou fronve ([ne cel a(d(( c( nsisle (m (h'ux plias((S ; dans une fdiasc —
phas(' de fl((xiori - le pied esl, soulève; l(’‘g(';remenl du sol, el le membre
Fifî. a. — Koiidtions iiU r^riU ives a|i|i('ti(lic,uliün'ti floeîondîiiios ()(> la na ('Ile. ('(jiiti âlr dr Iniilc la
iti(i8(;ulatiiro apiioiidiculairc. Les loU.roH d(isi((noiit, 1(! (î()iit,i(“d(' iiilY'ciat if, liai- Ich l'ibrrH HidiailcB
(aidojji'iina, des ccllalfis dos (airnos aritéricuros iicl.ivatil, los muscles (voir lo loxlo).
esl, lanc(j em avanl par flexion d»; la hancln; accompagm'c de fl<;xion au
genou (il. au c,ou-(l(!-pie(l, de lelle sorl (! ([U(! hi pieid jieul. frol.l eir ](i sol dans
son avance. Dans cel U- phase;, l.ous his muschis fl(kluss(;urs du meiiuhre;
seud. (ixeilés à se ceml racl,(;r, el, tous s(;s musc,l(;s (;xlens(;urs soni inliihe's
jiar iidiibilie n re'fle.xe. L’aulre phase — phase; (i’exl.eiiision — esl, celle;
dans la(]U(;lle; le pied e';! ani, <;n c.oni aci av(;c, le; sol, h; meemhre est (ifeindu au
genou (‘I, au c.eni-de-piod el em|)(';c,h(; de; jelieir sous le jioids du corjes par
les exLeinseurs de; ces joinlures ; cL à la hanche, los oxLeuscurs uLilisanl,
ROLE D’INTÉGRATION JOUÉ PAR LA MOELLE
305
le poinL d’appui du piod comme un fulcrum pour le soulèvement par le
membre, poussent le corps en avant. Dans cette phase, tous les extenseurs
du membre sont en contraction active et les fléchisseurs =ont inhibé':^ de
façon réflexe. La distribution du tonus chez; l’animal décérébré dans la
musculature du membre se tait exactement à ces muscles qui sont en
contraction active dans la phase d’extensicn de la marche, à ces musles
et non aux autres. »
L’examen de la figure 8 et la cemparaison avec la figure 7 montreront
un groupe similaire d’intégrations. Aa Linilatérale D V D) est celle qui
met en activité les muscles produisant la posilion de « flexion reflex »,
tandis que Ab (unilatérale V D V) met en activité les muscles p;odui-
sant la position de posture d’appui. Ac coordonne Aa et Ab, tandis que
Ad coordonne les membres d’un même côté, f.a coordinal ion de paires
de membres antérieur et postérieur est assurée aussi, comme cela a été
pour les intégrations appei'diculaires primaires (chapitre ni). Bd (bila¬
térale V D V — DVD) coordonne, au moyen de Ba, Bb et Bc les quatre
membres et représente indirectement le contrôle des quatre intégrations
Ac ( les unilatérales V D V — DVD) contrôlant chaque membre, tout
comme dans le contrôle appendiculaire primaire les ipiatre inlégralions
dorso-ventraies unilatérales Ac sont unifiées par Bd.
Bd représente un contrôle intégratif d(!S systèmes coordinateurs uni¬
latéral long, bilatéral court et unilatéral local décrits ci-dessus. Quand
les intégrations DVD ou V D V sont toutes aelives dans les quatre mem¬
bres, l’animal, pe ur aut ant ipie l’on regarde ses appendices, est en posilion
de « decerebrate rigidily ».
Les positions D V D et les positions V D V ont à la fois été désignées
comme celles de la posture décérébréc, selon le récent travail de Bazett.
et P(inlield (18) qui ont montré que dans la préparation décérébréc ebrn-
'dqiie. se présentent à la fois ces arrangement cornispondants (d, anta¬
gonistes.
Uiui liste complète des intégrations décrites ici est donnée dans le ta-
ld(!au II, de manière à permettre au lecteur de les récapituler rajùdement.
Les dillicultés rencontrées dans la ])réparalion d’une nomenclature et
d’une classification telle que celle-ci sont grandes et sous plus d’un rap¬
port cela ne doit être considéré (jiie comme un essai.
V. — La I’reuvk ouk ces i.ntéguations sont spinales.
Les intégrations <pii détmaninent les postures que nous venons de dé¬
crire sont spinabis. C’est dire que les neurones qui mettent l’axe dans les
positions d’opisthotonos et d’emprostliolonos (lig. G) et les aiipendiccs
dons celles de « flexion refl.'x » et de ])osture d’anl igravit é pimdant la
marche (lig. 8) et les neurones ipii délcrminenl les positions de l’-axi! et des
membri's dans les états de décérébration protubérant ielle typique ont
leur résidence ilans la rnoelb'. .bs préfè.-e toutefois jiarbu- décos positions
coinriKî les positions ou postures spinales produites par décéréb^’ol ion
20
LOGIQUE,
WALTER M. KltAUS
Taulkau II. — FoncLion.s inLi'‘gral ivcs axiales et appendiculaires
de la moelle (létenninaiiL la posLure.
AXIAI.I'JS
l'HI.MAIItES
A. Unilatérales :
H. mialrredrs :
b. VeirUrali'.
c. Dursej-vx'iilrale.
a. Eeirsale.
c. l)oi's<i-ve;iilral('.
il. De.\'l,i'e)-sirii.sl,falt'.
AI>nENlJICUI.AIHE.S PlilMAlHE.S
A. Unilatérales :
H. Ililalrrales :
a. Deirsalc.
b. Ve'.nl.rali;.
r. Dorse-venlrale.
d. IJorsn-vemlralei (meirilire' anle'-
rieteir e'.l pü.sltrie'.iir).
fl. De'xlrei-sirn.slrale; (iricnilire'seinltr.).
b. iJeexlro-sini.slrale; (niemlircs peisteer.).
c. Dexl ret-sinisl i-ale' p.eeeis lee^; membres!.
d. Eeirsei-vetrilrale (leiiis les membres).
API'ENDICÜLAIHES SEGONDAIIîES
A. U nilulérules :
li. liilidérule.s :
(/. V. ]J. V.
b. 1). V. IJ.
e-. V. 1). V. — 1). V. 1).
(/. V. U. V. — I). V. 1). fiiiemhi'i;
.aiilôi'ieiii' ul po.sUii'ieeir).
a. Dexirei-siiiisirale; (meml)res anle'a'.).
b. IJexlro-siiiisU'iile (membres p(ist,e''.r.).
e. I)exl,re)-si!iisl rale (leilis le's membi'cs).
d. V. I). V. - . 1). V. IJ. (lems les
membres).
poiiLiffue Lypi([uc. Nous u’avoiis pas à nous occuper des nfmroncs qui les
activemt, mais seulerncnl, des neurones spinaux (mdogènes qui les déter¬
minent.
Si le cerveau d’un animal tel qu’un chat est enlevé jusqu’au niveau des
colliculi antérieurs, il en résulte; la combinaison d’apislhotonos et de pos¬
ture d’antigravité dos membres (intégrations axiale dorso-vcntrale bila¬
térale et appendiculaire bilatérale sccondair(; V ü V — D V D). Si h; cer¬
veau est enh;vé jusqu’au niveau d’un point « en arrière du bord poslé-
ri(;ur de la [irolubéranco », même résultat.
Slicrringl/m (15), d’autn; part, a écrit (p. 4) : « Quand cbez un chienla
moelle est sectionnée dans la région Ihoracique, l(!s membre.s posl-érieurs
ne peuveni tout d’abord se tenir debout ; mais après un int(;rvallo de se¬
maines ou de mois, ils manifest(;nt ce pouvoii’. (i’<;st que, av(;c l(;s pieds
arriére sur le sol, le lonus réflexe de rext(;nsion du membre sullit à porter
le poids dt;s membres et de l’arriére.-train qui repose dessus. L’attitude;
ainsi manifestée; atteint indubitablement jusqu’é la station debout qui
SC maintient que:lquefois pe;ndant ([ue;Iquos minutes. »
De plus, le;s me)uve;ments de maredie réfle;xe; eent été preeeluits e'xpéri-
mentale;me;nt che;z ele;s anima u.x ceemrne; jehénoméne’S jeurennemt spinaux.
rilie;rri tiglon (16) écrit aussi (p. f)):# La re;e:be;re be e;xpérimentale concer-
naid, le; cemipetsant postural ou statique' delà marche, cemsielérée; cemime un
acte'; puretrneint réflexe;, arrive' eleme; ei un résidtat eléüni. Elle; trouve; un
réflexe; postural toniepie', capeible; d’e'xécuter V iisiislaliis après ablatiem
ROLE D'INTÉGRATION JOUÉ PAR LA MOELLE
.'07
do la totalité du cervoau antérieur et d’une partie du cerveau moyen. Kt
olletrouve qu’un residiiwn decel nsustatus réflexeesîobienablemême comme
un réflexe purement spinal *.
« Si l’on se tourne maintenant vers l’autre composant de la marche — le
composant kinétique — responsable des mouvements de la marche et
que l’on cherche comme sa base une réaction purement réflexe, l’on peut
encore prendre comme champ d’étude le membre postérieur, spécialement
puisque les faits qui en proviennent sont immédiatement applicables si
la progression bipède de l’homme. Les membres postérieurs du chien,
quand la période du shockcslpaasée, aprèstransaciionspinaleihoracique*,
montrent un mouvement rythmique, dont la ressemblance avec celui de
la marche a été notée par ses premiers investigateurs, Goltz et Freusberg. «
Chez l’homme spinal, les mêmes mouvements peuvent se voir, comme
l’ont observé Lhcrmitte (17) et Riddoch (4). Des mouvements de flexion
sont très communs dans de tels cas, des mouvements d’extension très
rares. Le préseni travail étant consacré à la détermination des attitudes
bien plutôt qu'à leur activation, jen’ai[)as besoin dediscuterlaquestiondu
stimulus nécessaire, tonique ou phasique, à la production de ces attitudes.
Je me borne à mettre en lumière que, chez un animal ou un homme dont
le cerveau est séparé de la me. die, les fibres endogènes, quand elles sont
stimulées d’une façon adéquate, sont capables de coordonner les muscles
Jes membres et du troncdemaniéreàproduircuntableau postural défini.
Dans le prochain chapitre, l’on trouvera un bref exposé do quelques-unes
'les alfections dans lesquelles apparaissent c(is arrangements posturaux,
semblables à ceux dus à la décérébration politique expérimentale, à la
d'icapitation et à la section spinale plus basse. Cela signifie que, dans ces
eenditions, l’impulsion qui cause les arrangements posturaux vient rencon-
^''cr des neurones spinaux ayant un arrangerneni^défini ; que la moelle non
seulement transmet des impulsions mais aussi les combine d’une manière
d-éfinie.
L’essentiel de ce qui a été dit concernant la moelle peut être bien résumé
P8r ce que Sherrington (6) a établi en parlant du névraxe (p. 313) : « Ce
n est pas seulement un lieu de rencontre où les voies afférentes opèrent
leur conjonction avec les efférentes, mais c’est, en vmrlu de ses propriétés
physiologiques, un organe de renforcements et d’interférences réflexes et
Je phases réfractaires et de changements d’arrangements coniu'clifs ; c’est-
îi-dire, en bref, un organe de coordination dans lequel à partir d’un con¬
cours d’excitations multiples, il résulte des actes ordonnés, des réactions
adaptées aux besoins de l’organisme et que ces réactions se produisent en
arrangements [patlerns) marqués par l’absence de confusion et procèdent
•^0 séquences parcûllement exemples de confusion. «
Dans la plupart des cas, les impulsions descendantes libérées aclivenl
sirnplemenl des arrangemenls spinaux. Le plus bel exemple en est la pos-
lure spinale de l’état décérébré, itroduite expérimentalement et réalisée
Mis en ilnliqiic pni
WA LT Eli M. KliAUS
par une socLion cl»; la région niésericéphaliqiie (colliculi antérieurs), dont
les élénnnils subsislent jusqu’à ce que les segments qui contiennent les
neui'om^s p('‘ripliériqu(>s inmu'vantles muscles nécessaires soient détruits,
pourvu qu’un lemps sullisant se soit écoulé pour permettre au sliock de
disparaître, C.ela ne, doit pas être compiis à tort cf)mme indiquant que la
rigidité d(; l’état décéréhré « subsiste jusqu’à ce que les segments qui con-
ti(muent les mmrones périphériques innervant les muscles nécessaires
soiimt détruits n. line très récente opinion sur ce point est donnée dans la
conclusion l d(' l’article (b; Ba/.ett et I^(mtield (18, p. 260) en ces termes :
(I lia rigidité décérébn’aî est probablement sous la dépendance de quel([uc
Cfîiitre ou arc réfbcxc! situé (mviron au niveau du noyau d(î Deiters. Aucun
(bî nos (îxamens bisi ologi(iues n’a montré de lésion à ce noyau ni au fais-
c<!au spino-cérébelleux veid.ral de (iowers, et la rigidité n’a pas disparu
après section sagittale et médiane de la [)rol,ubérance et de la
moelle. »
dette conclusion indir[UR le siège, d'origine des impulsions qui sont néces¬
saires pour rendriî manif(^ste la posture de rigidité décérébréc. Mais cela
m^ met i)as en (■vid(mc,(‘ la diflérence cpii existe entre l’activation et la
détermination de cette postuiac ba rigidité décérébrée est, un état, produit
([uaml certaines parti(‘s du système nervemx sont dét, mites ; elbî comprend
un tabb^au postural bien d(Tmi, un état d’hypert omis, en même temps
que d’aiilres éléments tels que de la glycosurie transitoire et la perte du
(and réile de la I emp<'‘ral lire (Ba/.elt et fbmiield). Bn d’autres lermes, plu¬
sieurs sgslèmes pli!!siologi(pies sont, aflàadés par l’ablation de larges parts
du cervi'aii. ( lependant, riiyjierl omis est néca'ssaire à cette post ure i^t (iiiaiid
la snirce de celui-ci est enlevée soit par une section dans la partie infé¬
rieure de la protubérance ou par une section des racines postérieures, la
jostiire disparaît.
Les neurones spinau.x déterminant, l’altitude n’ont jias été détruits,
mais sinilenient la source de rimpulsion nclii’anle. On doit donc distinguer
ri’dat de rigidilé décérébrià' de ce ([ui n’est, qu’un (’'lémeiit de cet état,
à savoir les jiosl.iires ou jiosilions spinales, ('.es jiosilions sont déterminées
par les libres sjiinales endogènes ([ni ètaiilisseni la corrélation entre les
cellules des cornes antérieiiri'S de la mo(dle, tandis ([U(! I,i rigidilé décéré-
bri'c re([nierl des facteurs additionnels et, activants. Des positions identi-
(jiies à celles produites [lar la (lé(o'>r(’d)ral ion peuvent, survenir dans les
jiréjiaral ions décapitées et, ce ([ui est l’analogue bumain, chez l’homme
spinal., delà n’est pas inattendu, puis([ue les neurones ([iii déterminent
cos p(,silions r(’‘sident à l’intérieur de la moelle.
Il n’a ét(‘ jiarlé jus([u’ici ([lie de certaines p isl lires ou jiositions siirqdes,
telles ([lie celles d ’iqiistliol onos et d’emproslliotonos, de « fbvxion reflex »
et de [iliase (ra[q)ui dans la marche réflexe, 'l’oiilefois il se [irodiiil, encore,
d'aulres [losl lires, I elles (jiie 1’ « erect [loslure » chez riiomine et ([uel([ues
aiiimau.x et celh' du bras dans la eoni racl lire hémi[)légi([ue. La posilion
du bras conl ractiiré dans rh('nii[»h'gie classiipie, dans la [laralysie pseudo¬
bulbaire classi([ue et dans le syndrome [larkinsonien classi([ue, due dans
IWLE D'INTÉGRATION JOUÉ PAR LA MOELLE
309
toutes ces affections à la prédominanced’actiondes muscles ventraux (13)
ne peut pa^ être attribuée seideinenl à une activation des intégrations
appendiculaires spinales que nous avons discutées.
VI. — Les intégrations évidentes chez l’homme a l’état normal et
PATHOLOGIQUE.
A. Iiilégralions axiales. ■ — L’intégration axiale la plus simple qui
agisse par innervation réciproque est l’intégration dorso-ventrale unila-
l’ale Ac (fig. 6) ; je n’ai pas vu cette intégration en activité chez riiommc.
L’intégration Bc, dorso-ventrale bilatérale (fig. 6), se trouve en acti^ité
dans d(ïs conditions diverses. Quand elle exerce une act ion -|- sur la muscu¬
lature dorsale et une action — sur la musculature ventrale, elle se mani¬
feste comme opistliolonos, dû à des causes diverses. Ainsi, les diverses
alïections qui produisent des conditions analogues à l’état décérébré pro-
tubérantiel bilatéral rendent-elles cette intégration manifeste. La réaction
se produit en ernprostbotonos dans le syndrome parkinsonien et. la para¬
lysie psimdo-bulbaire. La production des déficits posturaux dans ces deux
états est-elle duc à une libération de col In intégration spinale seule ou à
l’activation additionnelle d’une autre intégration ayant rapport avec
1’ « «irect jiüsturc », cela est à discuter.
L’intégration Bd, dextro-sinist.rale bilatérale (fig. 6), se trouve en acti¬
vité dans les types asymétriques unilatéraux des maladies ci-dessus
'nentioniiées. On en trouvera l’illustrât ion dansrarlicle de Wilson (19),
dans celui quej’ai écrit avec Babiner (14) et dans mon article sur le syn-
(Iroiruî [larkinsonicn (13).
B. lulégraiions appendiculaires primaires. — Tout comme l’intégration
axiale dorso-ventrale. Ac (fig. 6) est la plus sinip^ de celles qui agissent par
innervation réciproque, c’est l’intégral ion dorso-ventrale unilat érale Ac
(fig. 7) en ce qui concerne les appendices. Dans l’analyse de la marche nor-
inale, l’intégration Bd, dorso-ventrale bilatérale, s’csttroiivée être en acti¬
vité dans certains stades, notamment quand les membres inférieurs
assument des positions comme des bidons en miroir (mouvements pareils
ceux 'les nageoires se manifestant à la hanche et qui se font de manièn;
correspondante mi sens opposé). En général, cependant, on peut élablir
9110 les intégrations appendiculaires primaires, avec cetli^ dernière excep-
fian, n’apparaissent pas sous une forme siinjile chez rhonime, mais sont
dissimulées par l’apparence des intégrat ions secondaires.
B. fntégralions appendiculaires secondaires. — A l’exception de ro|)is-
fhotdnos (d, de l’emprosthoLonos, des réactions axiales qui sont manife.s-
fées par les intégrations dorso-vimtrales bilatérales et des réactions par-
fhdles de ce caractère qui sont manifestées par les intégrations axjales
dextro-.sinistralos liilalérales, ce sont celles qui sont désignées comme se¬
condaires {lour les aiipendices qui sont his plus intéressantes. Dans l’im-
Possibilité de donner toutes les références aux articles qui ont trait aux dé
ficits posturaux vus danslos divcrsesaffcctions, je ne feraimention d’aucun.
WALTER M. KRAUS
Dans les inouvciiKînls associés de certaines maladies, les intégraLions
Ac, V D V — DVD (fig. 8), sont, souvent, vues être très actives.
Dans la marche normale, l’intégration Db (lig. 8) se trouve être activée,
pour autant ([ik; hïs membres intérieurs sont, en ([uestion. Delà peut être
illustré j)ar va'. fai t ([U(^ si le membre d’un côté esta son maximum de « flexion
reflex», celui de l’autre côté est dans uru; phase maxima d’appui (12).
L’activation de Bb (fig. 8) s(! voit très tréciuemment dans des postures
pathologi(^ul^s des nnuribrcis inférieurs. Dans la paraplégie en extension,
hi membre! est <!n jeost ure! dc! « danseur de ballet », de station debout et
d’appui avec inversion et exteuision au cou-de-pied, tandisqueidansla para¬
plégie (!n fhixion, il y a une ee.xagération évidente de la troisième phase de
la marche, l’éléimuit de « fhixion reflex ».
On trouve la post ure pathologique d(! la paraplégi(! en extension activée
dans beaucoup d’affections, parmi lesquelles sont : his blessures de la
moelle, la dystoniamuseulorum, la scléros(! en plaipuis, certaines formes de
maladies d(! Little, la maladie (hi Wilson, la phase tonique de l’épilepsie ;
unilatérahunent dans l’hémi])légie et de façon transitoire dans certaines
foruKis d(! chorée.
La postur(! pathologiqu(! dc la paraj)légie (ui flo,xion est activée dans
beaucoup de maladies, mais particulièrement quand la moelle est 2)resque
complètement ou complètement sectionnée.
Il est assez (curieux ([u’clle apparaisse aussi comme un résultat d’alîec-
tion corticale. J’en ai vu trois (!xemples, dont un confirmé 2)ar l’autopsie.
D’autre part, la prise plus ou moins permaruu'te et unilatérale d’un(! pos¬
ture de la jambe (sn extension se trouve être diu! à une affection corticale.
Ces cas forment, certainenuint un groupe, intéressant pour une étude h
poursuivre. La mênu! obscu vation s’applique au rôle du cortex dans l’ac¬
tivation de positions hautement comj)liquées et dissociées en réponse à
la volonté.
Cet article étant en premier lieu consacré h la description des fonctions
intégratives de la moelle, c’est-à-dire à la détermination des att itudes par
la inoelh!, je ne puis donner en dél.ail une longue discussion du lôle joué
l)ar les div(!rs(!s particularités du système ikuwcux dans l’aclivalion d(! ces
intégrations. J’ai simpleimuit cherché à indiquer ({lU!, quand on considèr(!
les muscles impliqués dans la production des déficits posturaux d’une
grande variété d’alïections, on voit tout de suite qu’il existe des formules
musculaires idfuitiqiuis ou presque identiques, dont la position des membres
inféri(!urs en extension ou en fhîxion fournit les meilleurs exem2)les. Mais
les discussions concernant la part précise jouée dans l’activai.ion desarran¬
gements spinaux par le mécanisme cérébello-labyrinthique, la substance
grise du tronc cérébral, y compris le noyau rouge, les ganglions sous-tha-
larniques, le striatum et certaiiuîs parti(!s du cortex, de la part jouée par
les impulsions statiques ou kinéticjues <!t des mécanismes produisant
la position du Iwas préhensible et de 1’ « erect posture » sont trop compli¬
quées pour cet exposé déjà long.
La description des intégrations spinales que nous avons donnée cons-
nOLE D’IMTÉGRATION JOUÉ PAR LA MOELLE
311
tituo une base anatomo-pliysiologiquc sur laquelle on peut construire
une conception ordonnée du contrôle de la posture. Le rôle joué par la
moelKs a été décrit en détail. Les postures produites par la musculature
axiale et appendiculaire sont décrites séparément. Les muscles axiaux
sont contrôlés par les colonnes mésiales de cellules des cornes antérieures.
Les muscles appendiculaires sont contrôlés par les colonnes latérales de
cellules des cornes antérieures. Les fibres endogènes contrôlent ces cellules
pour produire les attitudes stéréotypées que l'on sait.
Les neurones qui déterminent les arrnngemenls spinaux ne sont pas
les mêmes que ceux cpiiont affaire avec les impulsions toniques (statiques)
où phasiques (kinétitjues) qui les act ivent. Ils doivent êlre séparés et clai¬
rement définis, non seulement tels qu’ils apparaissent chez l’homme, mais
aussi comme ils ont apparu dans le processus d’évolution.
BIBLIOGRAPHIE
1. M.vrie, Pierre et Foix, Ch. Les réflexes d’automatisme médullaire et le phéno¬
mène des raccourcisseurs. Rcu. Neur., vol. XXIII, pp. G57-G76, 1912.
2. Walsiib, F. M. R. The physiological Significance of Iho reflox Phonomena in
spastic Paralysis of the lower Limbs. Rrain, vol. 37, pp. 2G9-33G, 1914-L5.
3. Bauinski, .1. Réflexcsdedéfense.JSroin, voL45, part.2, pp. 149-184, October 1922.
4. Riddocii, George. The reflex Fonctions of the complclely divided Spinal Gord
in Man, compared with those associatoil with less severe Lésions. Rrain, vol. 40, pp.
2G5-402, November 1917.
5. Dejerine J. Sémiologie des Affections du Système nerveux, MassonetC», 1914.
G. SiiEitniNGTON, Charles. The Intégrative Action of the Nervous System, Yale
V nwersiiij Press , lliW .
7. Kraus, Walter M. A Principle, hitherto undescribed, of the Physiology of Move-
menl and Posture. The primitive Spinal Intégration of Movement in Vertebrates. Arch.
0/ Ncuralogy and Psycliialry, vol. 7, III, p. 381, 1921.
8. Quain. Auatomy, vol. 3, part. 2, p. 120, 1909.
9. Cunningham. Tiixtbook of Anatomy, p. 743, 1018.
10. Braus, Hermann. Anatomie des Menschon, vol. 1, Berlin, 1921.
1 1. 1''LATAU,EDWAnn. InLewandowsky, H and biichder Neurologie, v. l,ll,p.059otsuiv.
12. Kraus, Walter M. The Différence between a Muscular and a Neuromuscular
Interprétation of Walking. Arch. of. Neurology and Psyehialry, vol. 9, pp. 184-207.
t’ebruary, 1923.
13. Kraus, Walter M. An Interprétation of the Posture of Parkinsonian Syndromes
in Termsof Iho'Neuromuscular Mechaiiism.iVciü-TorA: State Journal nf Mcdicinc,\o\.‘i'i.
LX, p. 399, Sept. 1922.
14. Kraus, Walter M. and Hauiner, A. M. On the Production of Neuromuscular
l'atterns by Relcase of Spinal Intégrations after Décérébration. Juurn. of Neurology
und Psyclwpalhnlogy , vol. 3, XI, p. 209, 1922.
15. Siierrington, Charles. Rcmarks on the Reflex Mechaiiism of the Step. Rrain,
''al. 33, part. 1, pp. 1-25, 1910.
10. Siierrington, Charles. Postural Activity of Muscle and Nerve. Rrain, vol. 38,
P- 196, 1915.
17. Lhermitte .1. La Section totale de la Moidlc dorsale. .Maloine, Paris, 1919.
18. Bazett, h. g., and Peniteld, W. C. A Study of the Siierrington Decerebrale
Animal in the Chrouic as well as the Acute Condition. Rrain, vol 45, part. 2, pp. 185-
265, 1922.
19. Wilson, S. A. K. On Decerebrate Rigidity in Man and the Occurrence of Tonie
P'ts. Rrain, vol, 43, part. 3, pp. 220-268, 1920.
ÉTUDES DE CYTOARCHITECTONIE
MÉDULLAIRE
MM Ivan liEIITHAND et Luclo Van BOGAERT
Travail du La))oratoirc de la Clinique des Maladies Nerveuses de la Salpêtrière
(Service du Professeur Pii;nuK-MAHiE)
{Suite et fin)
CKLLULICS AUKUUANTK.S (üUTLYING CliLLs)
JJnjà ’roi([uaio Beisso avait r(‘mar((uc rexislcnce de eellules radicu-
laii'(‘s dans U's faisceaux blancs de la moelle. Après lui, Pick, Scliieflerde-
ckc)' li'S r(d rouvaicnl cliez riionimc.
► (laskell signale ([Uc clicz l'alligalor, coni rairclucnl à ce (|u’on obs(>rve
(■liez riiomnie, ces cellules jieuvcid. êlrc entraînées très loin de leur point
d’origine.
Sberrington leur consacre une longue noie et cberche à dégager leur
valeur fonel ionnelle et leur fréipience cbez riioiuiue, l’Ane e1. le cliien.
11 les classe en trois groupes jirincijiaux ;
1'^ Les cellules issues de la corne motrice ; elles clicmiinint dans le
cordon antérieur le long des formations n'iticailées ipii joignent le bord
inleine d’une corne à la corne ojiposée. (les foimations réticulées
fournies ])ar les prolongements celIulaires,aiM'ai(mtun('valeurcomniissurale.
Elles sont surtout abondantes aux renflements corvical e1, lombo-sacré.
2" Deux variétés de c, (‘Mules aberrantes s(ï retrouvent dans les cordons
laléraux. Les unes petiles, fusiformes (d, jiAles,f,r(‘s nombreuses, acau-oebées
dans r('‘cbeveau réticulaire ([ui déborde la corne latérale; les aulres du
tyjie radiculaire, [dus grosses ci. [ilus rares. Hherrington n’allirme rien sur
leur signilicalion.
IL’ Dans les cordons [losiérieurs et yiarticuliéremeid dans le segment
posléro-externe de la zone radiculaii’e se retrouvent des cellules ovales à
gros noyaux resselnblanl aux él(''menls de la ('(donne de C.larke. Elles se
rencontreraient, surtout de Ld à Du.
Le i(''de (l(^s (-(dlules aberrant(!S (le)neure donc inconnu. Leur struclure
eyl (dogi(|uc n’a [las fait, r(d)iel (l’(''tudes sjiéciales. Sans nous occujier de
leurs fonctions ou de leur lilial ion, nous décrirons leur 1 ojiograjdiic, leur
(buisité cl leur as|)cct morfdi(dogi([ue.
ÉTUDES DE CYTOARCHITECTONIE MÉDULLAIRE 313
1“ Dans la moelle n» 2, on trouve en S5 deux cellules ovales dans un
prolongement réticulaire allant du tiers postérieur du bord interne de la
corne antérieure vers la commissure grise.
En L3 et L4, nombreuses cellules émigrées dans les cordons antérieurs.
En Ll,3 ou 4 cellules rondes dans les fdjres radiculaires, les plus internes
de la racine postérieure.
2° Dans la moelle n» 3, à la hauteur de C2, deux petites cellules fusi¬
formes dans les formations réticulées, provenant apparemment des cel-
— Cellules aberrantes fc. a.) du cordon antérieur ayant pour origine le groupe interne et
montrant le début de leur migration dans les faisceaux blancs. (G. 11.)
Iules les plus postérieures du groupe iutei ue. En SI , 3 cellules polyédri(|ues
parmi les flbr(isde laraciiu' postérieure, longeant lebord intm-rie delà corne.
3° Dans la itioidb^ 11° 6 en r,7, 2 cellules dans les formations réticulaires
allant, du bord iut,<‘rne de la corne antérieure vers les commissures.
D(‘ ces (;oilsta1ations, il résulte qu’on retrouve aisément les 3 classes de
oellules envisagées par Sberrington. Elles nous paraissent, plus fréquentes
dans les nioelb's jeunes de 1 à 3 ans, ])lus ran-s ebez le nourrisson, exeep-
tionnelbis clu^z l’adulte.
Ees eellubis aberrantes du cordon anic.rieur rappelbiut les éléments les
plus proebes du groupe interne, et sembh-id, entraînées dans les faisceaux
blancs au hasard des jirolongements rét iculaires. On peut leur accorder
sans p(‘ine avec, Sberrington un rôle coinmissural,puis(pie Dick('les a mon-
l'ï'é epui le groiqx! inüîrne dont, (dles dérivent, contient une majorité de ces
cellules.
Ees cellules des cordons Udcranx ont une imlividualité moins nette. Les
Peti1,(‘s nous paraisseid conslit iuu’ la ])oiissièr(' cellulaire issue du centre et
fie la base de la cormi antérieure, vers l’anghï rentrant latéral, dans le
3I(
IVAN BEFtTliAND ET LUDO VAN DOGAEIÎT
foutragiî rétic.ulainî l(!ri(lu 1(! long du bord oxüirno de la corne postérieure.
Ces crdlules sont rangées par .Jacobson parmi les cellules sympathiques sur
lesquelles nous reviendrons ultérieurement. Les celluhîs plus grosses et
moins nombreuses décrites par .Sherrington nous paraissent des éléments
isolés dvi groupe sympathique de la corne latérale ou de ses formations
homologues.
Les celhdes aherrantes de la corne postérieure sorrt ])lus rares. Sherrington
y attache une valeur partie, uliére, du fait qu’elles sont ptirdues dans les
libres les plus intern(!s des racines postérieures. Ces fibres sont his seules
Pi!?. 22. — Cellule aberrante du cordon postérieur.
att(dguant la colonne de Clarke sans pa.ss(!r dans la subsiance gélatin(iU.se
d(! Rolamlo. Myéliuisées très jirécoc.eiinud , elles seraient plus épaisstis
que toutcis les autres fibres (hi la rae.ine postérieure.
ün peut admettre ([ue ces cellules ])rovienn(!nt de la colonne de C.larke,
mais on trouve maiides fois des élémerd.s de ce type dans la corne posté-
ri((ur<; (d, hi long du bord exi.erne (hi c(itte (iorne.
En rtisumé, his cfilluhis alxirrantes, obs(irvées surtout dans his mo(illes
j(iunes, sont des formations exciiptionruilhis. Elles s’éloigtuitd. peu d(i biurs
group(is d’origine et dans l’état actuel de nos connais.sances, aucune fonc¬
tion n(i peut leur (Uni attribuée.
Le groupe de lu colonne lalérnle el les groupes dils^sgmpalhiques.
UiKi coupe quelcomiuii de morille raontr(i, à (icôl.é d(is grosses (icllules mo¬
trices multipolaires, l’existericie d’un groupe de cellules moyennes, très
(ioinhiiisé dans his dorsahis, occupant la (iorne latérale, et de nombreux
îlots d(! (Oillules ])his petil.es i’i localisation variable.
ÉTUDES DE CYTOARCHITECTONIE MÉDULLAIRE
315
Le groupe de la corne latérale, à certains niveaux, est si distinctement
constitué qu’il n’a pu manquer de fixer très tôt l’attention.
Stilling, le premier, le décrit, et détermine son extension en hauteur.
Clarke le désigne sous le nom d’ inlermédio-laléral Iracl et en décrit
le type cellulaire. Frappé de la ressemblance de ce groupe avec la substance
gélatineuse de Rolando, il le poursuit jusque dans le bulbe, bien au delà
des limites indiquées par vStilling.
N. Sym¬
pathique
latéral
N. Sym¬
pathique
médial
Rg. 23. — Schéma ligurant l’extension en hauteur, et l’importance des noyaux dite « sympathiques »
pour différents auteurs.
Waldeyc.r, se basant sur l’aspect fusiforme de c,es cellules et leur étroite
agglutination, émet l’idée d’un fonction différente de la motricité dévolue
aux groupes multipolaires.
Hollis (1888) décrit dans la moelle dorsale deux amas secondaires
dans le groupe intermédio-latéral.
Sherrington met en doute certaines constatations de Waldeyer et
notamment l’iiomologie alfirmée par celui-ci entre le groupe latéral et les
cellules rencontrées dans les formations réticulaires de la moelle lombo-
sacrée moyenne.
Le travail le plus considérable consacré à ces cellules est sans contredit
JVAN nERTHAiW ET LUDO VAN BOGAEltT
3iG
<;elui de Bruc<‘. Bel auteur eonsidere trois colonnes sympatli ques superpo-
sé(îs, dont la moyenne étendiu! aux se}];ments cervical inferieur dorsal et
lombaire supérieur fait l’objet de son mémoire. Il répartit les cellules en un
grou])(! apical, occupant l’extrémité même d(^ la corn(i latérale et un groupe
rétic, ulair(! en arrièr(! du précédent ; les grouj)ements seraient variables
d’un côté à l’aut re (ït selon le niveau considéré. La succession des groupes
cellulaires dans le sens vertical const.ituerait une traînée moniliforme de
signification probablement métamériipu;.
Onuf et. Mulbu- signalent, dans la moelle sa<'rée, au-dessous d<i S2, des
group(!S c(‘llulaires n’ayant ])as le tyjx^ radiculaire, mais se rapprochant
du group(! latéral, Onuf décrit, à c,ôt(î d<\ c(dlules incontcîstableitHuit motri¬
ces, t.outeuiH' série d’éléments d’un type cellulain! dilTérent, qu’il divise en
deux gramb's (dasses :
1“ Des celluli's isolées, volumineuses (d situées irrégulièrement à la
bas(; de la corne postérieuiMï ;
2” Un ensembb; compact, de cellules, qu’il afipcdle colonne végétative (d,
(ju’il divis(! en deux groupements secondaires, un groupeïiumt latéral,
lui-même composé d’un amas dorsal et, v(ud,ral, (d, un grovipement central.
Nos s(diéuias mont,r(‘nt (puî !<■ groupe laténd n’(esl, aut re chose que le
tract us int(!rniédio-latéralis de Ularke, et le groiqx- central l’ensemble décrit
j)ar Uollins comme groupe sympathique paracent ral.
■lacobson envisage l.rois groupes indépendants, deux noyaux sympa-
thi(pi(‘s laléi'aux su|térieur (d, inférieur (d un noyau médian.
L(! sc héma <pu^ nous annexons ici nous abslicmdra de c.omiiKîntcT
rextcuision t.opograjihicpuc accordé*! par les divcu's autciurs au.x noyaux
décrits.
l’crsomudlement , nous nous sommes d’abord att achés à l’étude t.opo-
graphique (hîs ccd Iules sympathiquc3S Xnoyennccs et grossc!S des groupes
latéraux, cd médians de .lacobson.
1" Leurs limites. — Hcîlon .lac!obson, Ic! groupe synqiathicpie latéral supé-
idc!ur,aut rc'incuit dit Ic! groiqcc! clc! la cornc! latérale, apjcaraît, irréguliércuncctd,
clans les eoujiccs inférieurccs du S” sccgjucud, c!ervical. Il s’individualise! chis
lc!s prc‘mièrc!S coupC!S cIc! 1)1.
André- Thomas sc‘ rallie! au.x donnéces eh‘ .laccebson : ce la c-olonnc! sym-
palhi*(ue laléralc! s’élend depuis la moitié inféricuirc! dc! U8 juscpie L3. Llle
occ'ii])*’ dans la sidislanccc! grisc! imc! zone (|ui *!sl, iidcu-lnédiairc! *!rd,rc! la
corne aidérieurci *!t la ecornc' |)osl érieure, Eli*! *!st, reeprésentée par les celluhis
c[ui occiqccint la corn*! latéral*'. »
.8ur cpialre moelh's, nous fivons r*‘*!h*!rché l’apparition du groupement.
Dès l*!s [iremièrc's eou])*!S dc! U8, on voit *1*! teemps il ;uil,r*! ap[iara1tre dans
la subslanc,*' blanche', h la limil*' *1*' la corne latérale, un*! cellule! globuleus*!
o*'*!upaid, T*!mi)lac*'m*'nl, du fulur groupe! latéral. Mais avatd, l*!s pr*'mièr*!S
c'oupes dc! Dl, on ne pc'ul r*'*'ll*'m*'nt parh'r d’un amas cellulaire!. Dans la
mo*!ll*! n» G me'm*', il faid. eh'se'e'ndre jusepTaux eh'rniére's coup*!S dc! 1)1
jeoiir voir uti noyau individualisé.
La limite! inféric'ur*' c'st pour .lacobson et André-Thomas dans la moelle
ÉTUDES DE CYTOARCHITECTONIE MÉDULLAIRE
317
coccygieniic. Ou peut se rallier entièrement à ces constatations : dès le
tiers inférieur do L5, les cellules latérales se dispersent, mais elles persis¬
tent à ce même emplacement, et isolées jusque dans le filum terminal.
2o To[)ograi)hie. — A. Dans le renfleinenl cervical. — L’absence du groupe
latéral individualisé jusque; dans bîs parties inférieures de C8, nous permet
d’être bref sur leur disposition dans le renflement cervical.
B. Dans la moelle dorsale. — - 11 n’en est pas ainsi dans la moelle dorsale,
surtout inférieure, où le groupe sympathique latéral atteint son plus
grand développement. Nous avons étudié ce groupe dans toute l’étendue de
la moelle 4 <;t 6.
Dès le premier segment dorsal, on voit un groupe parfois Irès nettement
individualisé, situé en arrière et en dedans de l’extrémité arrondie de
Rff. 24. — Topographie du groupe de la colonne latérale aux diverses hauteurs de la moelle dor¬
sale (Moelle n“ 3).
l’angle antéro-<;xtern(; de la corne antérieure. Lertains caractères cyto-
logiqu(;s p(;im(;tt(;ni, de dilTérencier ces cellules des éléments radiculaires
immédiatement voisins. I^es cellules de la corne latérale sont homogènes,
vésiculeuses, à noyaux nets.Limrs prolongements sont ])lus visibles et leur
ensembb' fornn; un amas très net .
Malgré ces caractères (pii perm(;lt(;ni de b's (lilïénmeier d(‘s élénnints
moteurs, la variabilité du tyjx; ('(dlulaire homogène est, frappante.
Les cellubis du groupe; latéral varient en nombre non seulement de
eoujie en coupi;, mais aussi d’un c(")té à l’autri;.
L(; gronpe latéral glisse; ensuite; insensibk'ment vers l’extrémité de;
l’angle; latéral dont les prolongements rétiemlés s’e.llilo(;h(;nt dans les
faisceaux blancs. Au hasard d(;s eoiqies, on voit, le groiqie lassé, fragmenté,
scindé en deux amas, dont l’iin peut demeurer sur le; versant postérieur
de l’angle; à ranci(;n emplacement du groupe primitif et l’autre s’en séparer
on avant le long du bord antérieur de la corne.
Le; groupe laléral peut aussi se; dissoudre entièrem(;nt dans la subsl ance
réticulée, s(;s éléments isolés sont alors disséminés sans ordre dans les
oordoris latéraux.
Dans l’ensemble; (;n D2,le groupe' est plus dilïus ([u’e'u DI (;t c’est proba-
Idi'ïneerit cette dilïusion epii permet à .lacobson d’y décrire trois
amas s(;con(laires, l’un (;n avant, l’autre en arrière; e't, le troisième, au
somm(;t même; de la corne lat érale'.
318
IVAN HEUTItAND ET LUDO VAN ItOGAERT
Peu à peu, flans les dorsales moyennes, les cellules diminuent en nombre,
mais se condensent au sffininet de l’angle latéral, à l’endroit même où naît
le bouquet réticulaire. Cet aspec.t persiste; jusqu’ù la partie inférieure de
DIO.
Si le groupe ])araî1. plus condensé, sa topographie est toujours aussi
capric.ieusfï. On le rencontre, depuis b; versant antérieur du promonl.oire
latéral, jusqu’au fond d(; l’anse ouverte (;n dehors à l’union de la corne
antérieure et jfostérieurf;.
Tandis que dans la graruh; majorité des coupes, le groupe latéral est
situé à la limitf! de la substancf; grise, dans certaines il représente une traî¬
née dirigée vers le centre de la corne, suivant une ligne qui joint la corne
latérale au canal ép(;ndymaire.
Fig, 25. — Lo groupe Bympathùiuo de la corne latérale aux diverses hauteurs du reidlement lombo-
sacré (Moelle no-i).
Dans les coupes inférieures de 1)11, le groupf! se renforce, il occupfi le
somiruît d(i l’angb; latéral, mais déborde bientôt sur son versant dorsal,
(d, s’étale dans b; fond de l’angle rentraid. latéral (;t dans les formations
rél.iculées tendues à trav<;rs cet angle. Sa vabuir numérifpjc a augmenté,
mais dans l’Iiomogénéilé apiiarente des c.fdlules ({ui le c.onstitue, on peut
-reconnaîtrfi à certains endroits avec cerl.itude (b;s cfdiules du type; moteur.
C. Dans le renflemenl loinho-sarré. — Le groupe latéral subirait uiu! inUir-
rujition de la moili(‘ inférieure de I.d jusfpi’au début (b; S2, niveau où
ai>i)araît un nouveau groiqx-, b; noyau syüqfatbifjue latéral inférieur.
Dans I.l les cfîllules demeurent cm nombn! et en disposition, ce qu’elbvs
étaifuit en D12. üifuitôt ('.(‘pendant, elles se raréfifurt surtout à l’extrémité
iqiicab; de la c.oriK! latérale.
Gfd.tf; raréfaction n’est pas progrfissive : à côté de coupes où elbîs font
absolument défaut, on rfuicord.rf! en L2 des préparations où l’imporl.anc.e
nuïni'u'iquf; du grfuipf! latéral est sensiblement égal à ce qu’fdle était en D12.
Il semble qu(; b;s amas cfdlulaires deviennent de plus en plus distants dans
b; sens vertical, 'l’outfdois, dans b;s coupes inférifiures d(i L2 et en Ld,
la raréfaction (;st indéniabb;, et bientôt tout groupement de (îollubis
moy<um(!S a disparu. Çà etbi, deïne.ure à r(anplac(un(3nt de la formation
abseide une c.ellule (rndain; isobbeCet a.spect persiste jusqu’en S3 où, ])(uià
peu, biS cellules moyfumes (d grosses r(!parais.s(;nt et se ndorjnent en a: ias.
Le groupe est rétabli en S4 et occu[)e le fond de l’angb; latéral. Son grou-
ÉTUDES DE CYTOAIîCHITECTONIE MÉDULLAIRE
319
pettKint, est eepcnclant loin d’être aussi net qu’il l’était dans les dorsales
inférieures. Une partie des cellules émigre dans le réticulum qui borde en
dehors la eorncî postérieure. Dans la partie inférieure de S5, le groupe est
encore plus dispersé^ ses éléments sont moins abondants, et la moelle
coccygienne ne contient plus que des cellules erratiques.
Quelle individualité devons-nous accorder au noyau sympathique laté¬
ral inférieur ? Selon nous, ce noyau n’est que le irrolongement du groupe
latéral de la moelle dorso-lombaire supérieure, dont le déplacement en
arrière est conditionné par l’épaississemerd, de l’angle antéro-externe de la
Rg. 26. — Moelle n" 1. S3. Les éléments sympathiques soa^ dillus. Les reliquats des groupes
moteurs s’en distinguent aisément.
eornc! antérieure, au niveau du renflement bjnibo-sacré. Parler d’une
interruption du noyau est cxcr-ssif et inexact. 11 n’y ai)asintcrruption, mais
raréfaction des c.ellules latérales, dans b^s segments lornbo-sacrés moyens.
En dehors du grouptunent. latéral, .Jacobson et André-Thomas déc.ri-
'vent un (jroupe médian inférieur débutant dans la [jartie supérieure du
"1“ segment lombaire et se fusionnant avec le noyau sympathique latéral
de la mo lie sacrée et coccygienne.
Ce groupe! médian consiste pour Jacobson en cellules d’abord isolées,
puis groupé(!s en petits amas dans l’angle interne! elee la enerne ard.érieure, de
grosseur et de: Leipeegrapbie: variables. Après avoir diminué numériquement
'‘•1 Ht ; e|l(!s augmeeuLeraieiiL de! nouveau eni S2 en se: elisséininant le long
du bore! anLéro-inte!rne) de la corne:. Ce: groupe se fragmenterait ensuite
•in petits amas éeelieleumés de la commissure grise à l’angle antéro-externe
de la corne.
320
IVANDERTRAND ET LUDO VAN BOGAERT
Peu à peu, l’ciisemblc des cellules se groupei'ait, dans l’angle externe et
en arrière de lui à hauteur du 3® segment sacré ; enfin en S4 ces cellules
fiuiss(uit par se fusionner avec, le groupenumt latéral.
Nous n’avons pu obsiuver c.ett(! migration, il existe sans conteste en L4
(b^s éléments cellulaires, ayant quel([U(; analogie! avec ceux du groupe latéral ;
mais un examen attentif permcit déjà de les retrouver en Ll. Nous avons
c.onst af é également en S3, ,S4, .S5, reîxistence de petits noyaux isolés de topo¬
graphie plus vai iabb; ([ue ne l’indiepui .Jacobson. Ils se reil.rouvent non seule-
nuud, au bord inlei-n<! et antérienir, mais même à l’angle form*! par l’union
de la commissure! au borel itd.eerne!, et jusque! veirs le eeentre de la corne.
Ce' 11. Raeli-
culaireg
cellules ty¬
piques
sympa¬
thiques
petites eell.
sympa-
tliieiues
Fig. 27. — Groupe sympathieiue elc la colonne latérale en D2 (Moelle n“ 6). Il coraprcnel plusieurs
types cellulaires (coloration ele Nissl).
la! eléplae’.e'mi'id. eb' eeees gre)upe!S le! bmg élu borel antérieur jus<iu’à l’angle
exle-rtie', eei'i ils se! lee-relraieuit élans la e'.olonne symieatbiepie latérale, n’a
pu être! obseervé jiar meus, lün S5, on iremvei eut avant de! l’e'mplae'.e'ment
du groupe! latéral que'b[ue'S cellub'S iseelée's, mais elb's se! présenteent e:omme
une' fragmeudation inceuistante! eb' eeee greiiqee!. Un seeul greeupe! de! eiellules
eevalcs paraît asseez slrieel ejneud, leie'alise: eet eeeenstant peuir être! séparé eb!S
aulre's amas sympatbique's. C’eest ce'lui que! (inuf a isolé et eléneemmé
grenqee' X, eb: ])ar sa feuie-| ion e’‘nigmal iepie'.
Ouant aux aulre!S ce'lbde's, elile-s symped liiepies, e!lles seud, elispersejes
ÉTUDES DE CYTOAIiCniTECTONlE MÉDULLAIBE
321
dans toute réteiiduc do la corne, et la seule indication topographique qu’on
pourra déduire de leur aspect, c’est qu’elles sont plus nombreuses dans la
moitié latérale ou médiale de la corne antérieure, celles situécis au bord
antéri(uir pouvant appartenir à l’une ou à l’autre série.
L’él ude des noyaux dits sympat hiques montre clairement qu’à côté des
cellules typiques, on retrouve une quantité non négligciable de cellules du
type radiculaires et de petites celluhss pâles et fusiformes dont nous allons
parler bientôt.
Les cellules Lypicjiuss ont à peu près la moitié de la taille des éléments
moteuirs. Elles sont- roiubss ou ovales, groupées e.n amas, se succédant ('U
cbapebst, ou dispesrséess. Dans les segments supérieurs de la moell(',onles
voit, souvent s(s disposer radiairement dans bis prolongements réticu¬
laires.
Dans les segments inférieurs de la moelle, elles s’étalent le long du bord
posléro-externe de la corne et. leur délimitation à l’égard des groupes
moteurs ('st impossible. L’est surtout à ce niveau (jue l’on retrouve dans les
grotqxîs typiques de vraies celbdes du type radiculaire.
Des cellules de la colonne d(‘ Llarke viennerd se perdre dans le groupe
latéral^ pour peu ((ue le groupe de Llai-ke soit volumineux ou déplacé vers
le centre do la subst ance grise.
Le type d(is c,(dlules dites sympat.biques est donc, très variable (d. il ne
faut acc.(q)t.(U- (pi’avec réserve les (b^scriptions fonctionnelles tendant à
reconnaître à ces groopi's une autonomies Pe.ul-être des toebniques
cytologicpies plus fines, pernud-treud -elles d’individualiser avec certitude
cees élélmuds ; mais actindlement la mét hodee au bbui de Unna, que tous
les anatomistes (d. nous-mêmes avons employée, est souvent insuffisante'
dans e'.eîs étudees ele cyLoarcbit.eed onie; médullaire.
Lcit peliles cellnled siimpalhiqueA. — La elc.se'ript iem que nous venons de
doTineu' a traif. uniepu'meud aux e'.edlub's meiyeiÿnes et grosses. Nous avons
fait allusion ele'qà à ele ped il eis e'.i'llubes iutime'inent. int rique-es à ce'.lles-là.
•Jaceibseui les a eibseervéees, mais nee élit rien ebe leuir fetnctieui ni ele leur
erigine.
Distine'.t.es eb' la ne'îvroglie, ce seint. ele petits élémeuits colorables au bleu
flei Unna, ceintenant eles blocs de Nissl très grêles ou bien, à protoplasme
e'hargé erunee substance t.igroïde pemssiéreuse. Elb's eud des prolongeunents
mult iples et fins. Elles prennent parfois un aspeed allemgé, en fuseau, juseiu’à
devenir filiformees em flageellées. Le; noyau est jiâlee, meiins visibbe ([uei dans
l<îs c.eillules ovales typiques, mais à nuedéobi neil.
Elles sont essaimées de la substance blanche, à la limite ele la sidestance
grise dans lees preebengeuneents réfieudaires, surtout à l’angle rend raid latéral.
On les tremvee grenquies en leiurbilleuis au cœur nu'mee eb; la ceirne e-t. ele la
''•oinmissure; grise. Ce;s amas seuil, eb; eleiiisilé variable;, b;ur raréfae'tieen auleeur
de's gre)upe;s meile'urs et du greiupe Llarke enleeure' e'eux-e;i d’un halo idair
contrastant ave;c le feuiel bb;uàtre e;t greeuu ele; la ceirne;. Cette image; est
surtout, netf e; élans b;s coupes pe;u dillerencieies.
Certaines traînées ce;llulaire,s neuis eud itaru jdus fréquentes : on voit.
IVAN nKHrUANl) HT lAJDO VAN nOOAliUT
soTivciii tin floi (1(1 p(*l,iL(‘s (Killvilds (Idsrcndni (Id l’angld inldrnd dL de la
suhsl aiidd gris(‘ commissurali' vers Id fond do l’angld rcrd ranl lai ('rai, et de
là s’(icoiddr Id long du hoed (ixleino do la doriid lal(’Tald.
Les itdlilds cdllulds sympalfiiqiids nous onl j.aiu plus abondant, ds dans
les modllds jduncs ; pcul.-ÔLi-d (•(qicndanl dsl,-dd la cardü' dd la iK'ivroglie
cl dus lilu'illds dans ces niodllcs ((ui dsl, causd dd ddl ld a|)])ai'dnl,d donddnsa-
lapcdinidi'd ddi-vicald ,jus([n’au lilurn I dDuinald. On ne sait rien sur Idur eyfo-
logid ni sur leurs fond ions.
Kl) /'(''.s'/z/nd, la dliaîne syjtipal hi(iud lal iirale osl une succdssion disconl iiiue
de pd ils amas (•(dlulaires d se raréfid pari idiilii'-rdïiidnl, dans la nuxdld
L’dxisldncd d’une rliaîne symiial liiipid mi’diab' individualisf'c esf peu
probable, 'l'out le long dn Ixud iid erne de la corne mol rire dans la imxdld
Imnlio-sacréd iiib'i-ieure, on observe des cdlulds irr(‘guli(’irds ([U(‘ leur forme
dxl(‘ridur(' rap|)r(xdid des (‘l(‘mdnls du groupe lab'ral. ('.es amas soni inli-
riimeid moins denses d moins eonslatds ([ue ceux du groujxi exferne.
La consI il ul ion des formai ions difes symjial bi(pn‘s paraît I n'is b(■l('‘-
rogfine.
Nous avons pnxx’xb' dans la moelle rd 1 à l’('lu(le en scirie d’un fragment,
allant, de 1 If. à 1)10.
Nous avons pral i(pi(‘ des coupes verl ico-froni aies dord nous reproduisons
4 dessins ; les deux jiremiers inl(‘ressenl la corne anl(‘rieure, ils doimeid.
la JiKUne image (pie cidle (pie iioiis avons (dismvi'e mi la mixille id 1
Le Iroisiimu' inti’u-esse la ('(donne sympal liiipie d le (pialriiîme la c(domie
de Clarke.
ÉTUDES DE CYTOAnCHITECTONIE MÉDULLAIRE
323
III. — La théorie morphologique.
L’anatomio comparée et l’embryologie ont évolué pendant longtemps,
indépendantes et isolées d(îs autres sciences médicales. Depuis vingt
ans, les neurologistes ont appris à utiliser dans l’interprétation des lésions
du névraxe les données laborieusement acquises par ces sciences connexes.
Dans l’étude des noyaux gris centraux, Ramsay Ilunt établit une
distinction (ud.re le paléo et le néo-striatum, non seulement au point de vue
embryologique (d morphologique, mais également dans le domaine de leur
pathologi(!. Bolk, d(i son côté, a individualisé le néo et le paléo-cérébellum
dans des études de pure anatomie (-emparée. MM. le Professeur Pierre
Marie, Poix (d Alajouanine ont signalé dans un récent mémoire la confir¬
mation que la jihysio-patliologie de l’atrophie cérébelleuse sénile apporte
au schéma établi par Bolk sur des bases uniquisment morphologiques.
Ces données de l’anatomie comparée ont permis de dissocier dans l’en¬
céphale des lésions dont l’architectonie seule ne suffirait pas à déterminer
l’individualité, et d’élargir ainsi nos connaissances sur le rôle fonctionnel
de (;es territoires.
Les acquisitions d(î l’anatomii! comparée et de l’embryologie de la moelle
et des nerfs spinaux sont demeurées presque étrangères à l’évolution de
l’histo-pathologie médullaire. C’est à peiiu- si la disposition symétrique
des nerfs rachidiens avait évoqué l’existence d’une segmentation nn’da-
mérique.
Pendant d(( longues années, des elïorts, nés de côtés très différents, ont
amoncelé des matfniaux; travaux diss(^minés, presque inconnus, appor¬
tant (ffiacun leur parcelle précieuse mais inféconde. Ce n’est que très tard,
plus de trente années après b^ début d(! ces recherches, que Bikeles réunit
ces ac([uisilions éparses, et formula sa c<)nc(q)t^on morphologique sur les
localisations médullairi^s. Elle demeure encan- ignorée des classiques et
Winkh-r hî prcqnier la déf(uid officàdlem(!id , dirions-nous, dans son Traité
d’ Anatomie du Système nerveux, paru en 1918.
Il nous est impossibb; d’apprécier les épreuves auxquelles ont été
soumis b(s idées et les faits dont dcîvait naître cette conception, sans suivre
Pas à pas les progrès qui lui permirent d’éclore.
On débuta par l’étude des nerfs spinaux et de leurs plexus. Ce sont les
physiologistes, les premi(îrs qui abordèrent cette quest ion, par des recher¬
ches portant uniquement sur l’innervation spinale des muscles et de la
peau. Une pnimicre période uniquement descriptive comprend la majorité
des physiologistes qui s’occupèrent des territoires nerveux, avant 1880.
Ils déterminèrent pour chaque lanf le domain(! cutanéo-musculaire qu’il
fournit, et mirent en évid(mce c(! fait que chaque musch-, commi' chaque
f-erritoire cutané, était desservi par des filets m-rveux provenant de plu¬
sieurs racin((S spinales. En un mot , muscle et peau avaii-nt une innervation
poly-spinale.
Une second(i période, celle-ci plus vraimeid. physiologique, allait voires
IVAIS ISKnrnAND et ludo van eogaeet
:i24
poster la ({iKistioii (l(i savoir si co domaines cuiaiKio-ïniisculairo iniuirvé par
iiti nerf, avail iiihî siffiiifical.ioti foM( l,ionn(ill(‘ ou silriplepieiil moiphologicpKî.
L’eriseïnl)l<' muscle, [)eau, (lesH(‘rvi i)ar un ruu-f, réjion<lail-il ou non à une
fond ion ? (lelU* (puisl ion prévoyait déjà le prol)lémi^ <les localisai ions fonc-
liotundles. Klle fui (reml>lé<d’of)j(d (1(î r(udi(U'chesel dedis(Uissionsnombr<!U-
bdudiant l(‘s luufs mohuirs, Muller fui frappé des grandes variations
individu(‘ll(^s. (leei déjà l’indisiuisait eord-i’c^ la valeur (il roil epienl. fonel-ion-
nelle d((s n(‘rfs,et ])eu à peu il eoïK’ut (pi<( l’innervai ion d(!S meml)r(‘s n’élail
pas basée sur un ])rineip(! fond ionrud, mais bi<‘n sur un lu'ineipe anatomi-
cpie, la mélanu'rie.
Kronetdx'rfï eon[irm(( à la fois la variabilité (d b( eara(d,ér(( fioly-spinal de
rintuu’val ion j)éripbérif[ue. Il eût bi(‘ntôt (ui S(diroeder, Vaiubu' Kolk des
(•oidradicdenrscatéfîoriipu'seoiuduant, fanssemeni d’ailleurs, à un rappori
foiu tionmd entre le mu'f s])inal (d. son lerriloir((.
Mais e(d énoncé erroné coid.enait un(( qm^stion dont l’étude fit fair((
un f^rand i)as à la j)bysiolof;i(( nerveuse: y a-t-il un ra])port ((rdre 1((S do¬
maines sensitif (d moleur d’un mêm(( inud spinal ? De loiiffues re(dier(dies
fui'ent eidrejn uses pai' Eckbard,par la méthode des excdtal ions, par Hayer,
au moyen d(( la m(Vtbod(( d(( déf^(‘néreseenc(( dont l(;s résultats furcud. mds.
L((S mus(d((s innervés j)ar un imîme nerf spinal sont juxtaposés bout à boni,
la même ra(dne sensilive innerve b( territoire culané corresjiondant au
mus(de iniKU'vé jiar ses libres motrices. Cej)endanl, si dilîéreides luudnes
assurent rinnerval ion d’un mêm(( domaiiu^ cidané, il y a < bevauebement
des tuuuuloires sensitifs. Ils coiuduaietd. à uiu' disjiosition segmeidaiiu' d((
l’innervai ion ])érij)béri([ue. (à^s luudieiudu^s demeurèrent longtemps mé'-
conniies (d sans influence appn’udable sur les cone((])l ions de réj)0(jue.
SIuuu ington (uitrepril sur le Marariis JUk’sus d(;s re(di(U(du(S exi)érimen-
lales sur la délimitai ion des territoires sensitifs i)érii)liéri(pies. Cette étude
confirmait ce (pii avait ('dé rapporté jiour 1((S nerfs molunirs et déf(‘n(lai1
lu signilical ion anatomiipie (1(( la distribution des nerfs sjiinau.x. La 1o})o-
grapliie des ra( unes sensitives n’avaient rien (l(‘ foin tionmd.
(( Allbougb in a pl((xus ea(di mirve alîords coid ribul ion to many dilTe-
reid nerves Irunks in llie jde.xus, tlie (uitaneous coid ribution of tbe root
is compose(l nol of |)al(di(!s wi(di are disjoined Ibat I Ikî distribution of Ibe
entiiuî root forlns omi coidiniKuis li(d(l. » Il r((construisit le domaine s((g-
nnudaiiu' en pbdne ignorance d((s travaux (b; Bolk (d s(!SS(diémassonterd iè-
remeid. siqx'rjiosabbîs à ceux (bîs morphologistes, l 'révoyait-il la concep¬
tion morpbologi({ue dont rédilication allait ((xig(U' tant d’années encore?
Nous inscrivons sim]demetd la phras(( ([u’écrivait en fin de c(! mémoire le
grand jdiysiologiste anglais: « lui situai ion des (udlides n(‘rv('uses, (d- non
c(dle des fibr((s,délermine la seginenlal ion des nerfs sensitifs.... (1(( même
d’ailleurs la segmentation motric(ï (‘sl déterïnim’M! j)ai’ les tiuudtoires des
(■(udres. Il
l’endani ([ue la physiologie aboutissail aux comdusions ju-écédentes,
anatomisles (d Jtiorphologisles apjiortaieid de nouv(dles coid ribut ions.
IVAN HEUrnANI) ET LUDO VAN JiüOAETtT
]':rui>h:s du cytoahch itectdn ie mUdullaihe
327
Nous iKî suivrons ^las ici l’ordre lnsl()ri([uo do leurs re(di(!r(dicH ; eeite
Itiaiiière laiss(‘rait trop d’inconnu cl, compliquerait l’exposé. L’inte,llifj;ene,e
d(!S déeouv(u't(îs di^ l*at(U'son et d(ïs déductions de Bolk n’est possible
([u’après avoir j)réci.sé la nolioii du myotoimu
Hap])elons brièvi-menl, la c-onsi itui ion de ra])])ar<dl neuro-musculaire.
Heidacons-notis à c,(d:te é])o({ue d(^ notr(‘ évolulion où le lub(^ médullaire
(!st représ(udé par une feide sasillale. De part et d’autre (b^ ce tube se
sue,c,èd(!nt les somites mésoblasti([ues.
L(ïs ('(dlules éjjitbéliales (b; la partie «'entrale du lube médullain« déta-
(duud bientôt (jiu'bpies prolonfi;('m('nts proto])lasmi(pies contre la face
inliu'iu^ di«s ébauches musculaires ou ])laqu<'S myotomiales. Ces prolongc-
inetd s s’étii'(ud. et acquièrent une structure fibrillain'. Puis, le long de ces
conb^s t«uidu<«s du tub(« inniral aux parois internes des myotomes,s«« glissent
d’autres éléimuds aplatis «pii b«s ('ugainent de toute part, ce sont les futures
cellules Scbwanni([ues. La corde sera la racine motrice.
La voût(« neurabi s’esi, renflée en luu' crête ganglionnaire dont se détache,
lui regard de la pari i«î caudal<! de chaque myotonie, un prolongement eellu-
lair<î. Ci^ bourge«»n épilhélial s’infdtre <‘ntr<' l’extrémité dorsab« du somite
et la fac(« lali'rale du tube médullainu 11 e.on.stilue l’ébauche du ganglion
s«uisil if. son jx'dicule, c.’est la racine ve.ntrab' ; (die s’unit bienliôt à l’ébauehe
motrice ('Il un lu'rf mixte. La voûte neurale fournit encore d’autri's masses
ccllulair('s cpii si'ront plus tard la grarub' majorité des éb'menls sympa-
(,hi«[U('s.
('.('pendant l’ébauche musculaire s’('st accriK' par son bord ventral
jus(iu’à j(dn(lr(' le myotome ojiposé, fermani d’un aniu'au mésenchymateux
la cavilé ca('lomi([ue. Son bord dorsal se joint au myotome opposé en un
pont bridani, en arrifin' l’ébauche médullaire.
<( L«'s membres sont au début des tubercub's^ipiblasl i([U('s en forme de
cônes, où s’engage une traînée de mési'iichymi' de jilus en ]dus épaisse,
ébauche du S(piebd,te (d. du tissu conjonctif. Bi('ntôt de la pla«iue myoto-
niiale part un bourgeon musculair(' (jui à l’entréi' des tuber('.ules se divise
en un segment ventral et dorsal ([ui se tendron!, ('hacun sur la face corres-
liondante de l’ébaïu'lie méseiK'hymateiise » (Brachet). I.es ébaiK'bes ner¬
veuses subissent les miîmes transformations qui' les ébauches myotomiales
qu’('lb'S suivent li(b'd('m('nt dans b'ur migration.
Les pla([ues myotomiales, avec leurs ébauches n('rv('uses, vont s’allonger
(d, se fusionner pour aboutir aux ]ilexus n('rv('ux ra(li('ulaires ('t à la mus('u-
lature complexe des nn'mbres. Dans le thorax, les bandes cutanéo-muscu-
laires subsistetd, avec leur innervation md t('ment métamérique. Mais dans
les m('mbres et la t(Ue, on r(drouve mal la constitution primitivi'.
Lha([ue ébauebe nerveuse comin'('nd un rameau dorsal ])our les musides
lal.éro-dorsaux (d la ]ieau «'orresjiondani (', un rami'au V('nlral, un rameau
commuiiiipiant. Seules les brain'hes V(‘nl raies form('nt des plexus, les
troncs nerveu.x nés de (U's iilexus.lout comme les myid.omes nés de la
Jnusculature laléro-ventrale primilivi', s(' birur({U('nt ('u branches dorso-
ventrales, s’unissant aux divisions muscidairi's ventro-dorsales adjacentes.
/V'.l.V BEKTHAND ET LUDO K.ljV JIOCAEET
3«.S
Pal.(a’S()]i a aboi'dâla (jiK^sUoii »ai aiial-ainistr ; aux I cu ini's (rime ('■l iifle sur
les jilexus des jnembnis eliez l’bomme (d, les auijnaux, il aboul iL aux eoiiclu-
sioiis suivantes :
J O Les iutI's ju ijuil jfs entrant dans la eampositien des jilexus se divisent
en nei'fs dorsaux et ventraux. Les rnul's verdraux s’anastomosent aux
veid.raux, les dorsaux, aux dorsaux.
2*' Lluu[ue nerf primitif entrant dans la eomiiosition du plexus est réijui-
valent du nerf intereoslal liml (uitier. Les divisions dorso-vent.i'ales de ce
nerf sont homolofj;ues aux brandies anl(!rieui-es et latiirales des nerfs
intereostaux. Les nerfs dorsaux et ventraux inni'rvent des territoires
musculaires, dorsaux et ventraux.
3“ Les muscles des melubnes peuvent luYisenter une double innervat ion
(peetiné-biceps-braebial anti'irieur). Cette particularité se rencontre sur¬
tout à la racine des membres. Elle indique une fusion des myotomes dorso-
ventraux.
4“ La coudie musculaire est jilus étendue à la face ventrale que dorsale
du membre ; aussi les nerfs ventraux sont-ils plus nombreux. Ce sont des
dissections soigneuses après macération des plexus, qui constituèrent les
bases du travail de Paterson. Ces résultats répondent iioint ])ar point à
l’embryologie.
B(dk s’était proposé d’étudier la difl'érenciation segmentaire des membres
d’aiucs leur musiailature et le s([uelette. Lui aussi est parti des jilexus. lia
non seulement dissocié les troncs nerveux jioly-sjiiriaux en les recojnposant,
mais a déterminé le trajet suivi jiai- les libres émises jiar clnuiue nerf
sjiinal. Il a suivi pas à jias la migration des cordons nei'veUx, vrais fils
d’y\riane dans le dédale des ébauches myotomiales.
'Très cojnjde.xe dans la t ête où une dilïérenciation préeiice et profonde a
intriiiué les él(■ments primordiaux, la recherche des myotomes fut plus
aisi’ie dans le tronc et les Jnemhres où la disposition segmentaire subsiste
plus ou moins. De s(‘s recherches, mermes simull anéïnent chez l’hoUime
et le singe, il conclut :
P> L’étude des niu’fs venti’aux et dorsaux jierïnel, de d('‘lerminer non
seulement l’origine dorsale ou ventrale des myololnes entrant dans la
comitosHion d’un muside, mais les segments primitifs (sojniles) auxipiels
ils ont. ajqiarlenu.
2“ I.’innervation périphéri(pie n’est pas fonct ionnelle ; il n’y a aucun
rajqiort cuire mi'damérie et fonction.
Il a riu-onstruit enlièrement la série des myoloïnes et élablit, leurs déri¬
vés. Ses résultats concordent rcmai((uablement avec ceux de Paterson
et, d(( Sherrington. Tous attirent l’attention sur ce fait ([ue ; la division en
nerfs dor.saux et ventraux est, jieu nette, aux limites supérieures et infé¬
rieures des plexus.
Nous avons reconstruit, coid'ormémeid. aux données de Bolk et de
PatfU'son, le schéma des jde.xus brachial et lombo-sacré, les divisant en
branches dorso-ventrales et placaid, en regard des muscles les Jnyotomes
auxquels ils se rapportent.
ÉTUDliS DH CYTOAHCniTHCTONlH MÊDULLAIHE
329
L’oLudc des plexus était restée strictement dans le domaine anatomique.
Bikcles eut le mérite d’appliquer ces notions à l’étude des groupements
cellulaires d(!S cornes antérieures, et s’elïorce,de 1905 à 1910, de résoudre le
problème des localisations médullaires. Chaque déduction fut soumise par
lui à une expérimentation soigneuse.
Tant que la diJTércnciation des myotonies restait peu marquée comme
dans le tronc, la (uirnc antérieure montrait une répartition de ces groupes
radiculainis, l'idativement aisée à connaître. Le dévebqipement des
midnbres apporlait une dilTérencdation considérable et une int-riquation
dont b^ jilexus était le témoin. Les cornes antérieures ne pouvaient pas
rester étrangères à cette complexité, et l’étude des renflements médullaires
montrait qu’il en était ainsi.
Fig. 29. — Localisation dos noyaux radiculaires du grand pectoral et grand dorsal (Marinesco):
leur situation respective confinno les propositions do Bikcles.
Avec la mélLode de la chromolyse de NissI, Bikcles a repris l’étude des
noyaux correspondant aux principaux innfs du plexus brachial (1902),
S(ïs nudieri lies conlirment celles de Marinesco^ Parlion et Goldstein, mais
inlirmenl, celles de Knape. Dans un second travail, il éludie le [ilexus
loïnlio-sacré. En 1904, il publie ses liremières constatations d’ensemble, sur
la répartition des cellules motrices dans les cornes antérieures au niveau des
plexus :
1° Le groupe médio-ventral (antéro-interne de Van Gchucliten et Maid-
iie.sco) contient, à côté de gros éléments commissuraux, la majorité des
c.ellules motrices de la musculature vertébrale et fournit les rami'aux
dorsaux iiostérieiirs.
Gettc proposition, d’accord avec les constatai ions de Kaiser,Van Geliuch-
ten, Marinesco, et leurs élèves, ne souleva pas d’objections. En 190.5, ce
même groupe était l’objet de nouvelles rcchendies de Bikcles ; sectionnant
sur des ebiens ces l'ameaux dorsaux postérieurs, il observait que le nombre
de cellules intactes était aussi considérable du côté opposé que du côté
iqiéré. En outre, le nombre de cellules lésées était inférieur à celui des
cellules demeurées intactes. Bikcles <'Oiicluait (pie le groupe médio-ventral,
jiartielleinent moteur, (lontenait un certain nombre de cellules commissu-
rales.
2° Toutes les autres cellules de la corne appartiennent au rameau anté-
33» 71 -l.V ftlilITItA.M) ET LIJDO VA.\ liOdAEIIT
ri(^ur (^1, iiiu(‘rv(Mil un scfjïiii'ni railiairc (dans le .s<uis di^.s axialliiuis do Shor-
riiif^lun) d(^ la Jiuisculal ui'<^ d(‘K lnoinbros, (■(; .soffiiioiil, coiiüniaiit à la fois
dos ïnus( l(^s dorsaux o.l voidraux.
(i) Dans un mônio idau frnnl.al, li^s ( (dlnb^s (ïxl.oriuîs iim<uv(Md, b^s déri¬
ves dorsaux du luyoloiuo, l(;s irdoriu^s itiiKU'Vcuii les sofrjmuds vend raux.
h) Dans un juôjrio jilaii i)ara.saKil lal, l(‘s (udlulos anüd'ioiiiass iiiiioiV(!iit les
di'u'ivos ])roxijriaux dos itiyolauuos (o])aul(! (d bras), 1(î,s |)ostori(uirs inner-
V(ud, los d(‘riv(‘s les ])lus dislaux (main, ])i(Ml).
lui ))r(uiv(ï oxpôriinoid.abï do (U‘.s |)roj»osil ions a ol.é donnée ])ar Bikoles
dans uiK^ oxi)érionoo (■b'f'aido : après am])u1-al.ion ebo/, le obion du f^i'and
dorsal droil (myolonio dorsal) (d, dos [)o(d-oraux fraindu^s (myolomos V(ui-
lraux),los lif,niros do (diromolyso ïuonlrai<‘id, la situai ion lai(u-alo du f;rouj)o
du fîrand dorsal, la situai ion médiab^ du orou|)o dos poi'l oraux, l iie oxj)é-
rioiKUi idoidiipn^ pour lo norf <'rural (noif dorsal) et l’obl uraUuir (nerf
V(!id,ral) alioulissail à uno véud Moal ion analo^nio.
(a‘poudaid oos oxpi'rionoos imiiosaiont uno r-ostri(d ion : ([iiand los oïdlub^s
doslini'os aux |irol(ui<;o)riotd s vontral (d- dorsal d’uti my(domo, lu' s(»iit pas
tou jours si i'i( toJuoid dans uti môjui’ plan frontal, los collulos ilostinéos au.x
norfs vonirau.x s(ud un pou jiliis posi éi’i(uiros, o(dlos (b^s norfs dorsau.x un
p(ui |)lus ant(M'iouros.
1,0 (lolTiaitK^ ('(dlulairo dos norfs médian (d, cubital (norfs void-rau.x)
s'élond on arriéro du o;roupo du luuf radial (ind' dorsal).
lOn ré'sumé, dans Ir //ro/z/jo mohair drs conies (ifdé.rieiiri’s, les ntusrles
jwo.vinxiiir s(nd en (wanl, les ilisinii.e en iirrière ; les iniisries venlraux corres-
ponilenl à des iirdiipes niédio-poslérienrs, les niusries dorsdiix à des ijroiipcs
laléro-anlérieiirs.
Sidon I5ik(d(:s, bï pi in(d|)o dos looalisatizuis doit êl lo morjztiolof'izjmî. La
n'■partilion dos ébain bos musoulairos dans !<■ bourfîoon [irimitif, on Inyoto-
inos void raux id dorsainx, iiroximauxid disi aux, nous fai I saisi rio méoanismo
ilo juxtaposil ion dos collulos dans lo sons froni al id. saftitlal. Il n’y a pas do
localisai ion norvouso,sop;monl airoou fonci ioniudlo ;los (iroujioscolbdairi'sori-
î^ino d’iino racino ri'fîissont uno I l ainéo jnyol omialo oom|ilélo,dorso-votd ralo.
La tbéoiio jnoipbolofiiipio fait comprondro rorifj;ino do la eonrepliiin
seipneidaire. l’ronons comme oxomplo la di'd (‘rmination d’un noyau sof^mon-
tairo do la jandio, toi ([uo Van ( lolunditon l’a décril : Ses études d’ajiiputa-
I ion l’ont aJuoné à lo siluor dans lo p;i-oup(‘ posI éro-latéral, (d. à on faire un
oroupomoni uniipio. La musoulatiiro do la jambe s’i'st foijriéo aux (b’'[ions
do myolomos (lorsaux Ll. SI, S2 id mémo Sd. Los oollub's ijui oori’os-
pondont so I roiivoronl , les unes on dehors (myotomos dorsaux), los auti'os
on dedans. Los jtiusi les sont distnnx vis-à-vis do la raidno du xnoïrdiro ;
leurs noyaux soroni donc o|(nip(’'s d'aiirès Hikidos dans la partie posiérieiire
do la oorno. II est aisé do voir ipio cidlo dis|iosition royiroduil oxaidoinont
colle dos sidii'unas do Van Loliin Idon. Li-s yyi'ouyios oorn‘S|)ondant au yiiod
soroni, jiarco ipio yilus distaux, silui’is jilus on arriéro dans ootto oorno,
aussi Van (bduicidon los placo-l-il dans lo noyau lyu’il apyiidlo post-
poslé'io-latéral.
ÉTUDES DE CYTOARCH ETECTOÏS lE MÉDULLAIRE
331
Même lo ('.hovauclicmenL des groupes que décrit Van (lehuchlen est
aisémenl, (explicable par les forïnules de Bikeles. En effet-, les myolnjnes
dorsaux a])i)artiennent à des segments plus élevés que les ventraux, et ils
sont antérieurs à ceux-ci. Ce fait permet d’expliquer rol)liquité des colonnes
cellulaires, en bas et en arrière. L’existenc-e d’une; colonne du pied, en arri(;re
(b; la teuminaison de la colonne de la jambe;, comjdète le clie'vauchement.
Nous pouvons appliepier la même analyse à la Ihéarie, iminrulaire.
Suivant Bik(;l(;s, pour établir les leecalisations et des adducteurs, il sulTira
de; nous rappeder epie ejuadriceps et adducteur sont des muscles anléro-
iid, ornes, la; ((uadriceeps né des myotomes dorsaux aura donc une; repré-
sentat.ion laleu'ale;, b;s adducteurs dérivés des myotomes ventraux auront
un noyau médial. L’examen rapide des schémas de Marinesco .sulîit
à prouver la c.oncoi'dance des faits.
Examinons de; même les lo(;alisati()ns de la théorie nerveuse, par exemple
colle du sciat-ieiue; poplité interne et externe. Le sciatique poplité externe
n(;rf dorsal né des segments L4, Lb, SI, le; sciatique; poplité interne, nerf
ventral né de; Lb, St, S2, S3, sont tous deux distaux. Leurs centres seront
tous deux postéri(;urs : le poplité externe, en dehors ; b' leojdité inte;rn(;,en
dedans. L’étude du schéma de Marinesco (l',)()4) véritie c-elte hypothèse.
Nous V(;nons de montrer comm(;nt, les faits apportés jear les ditîérentes
écoles dériveent (b;s lois générale;s epie Bikeles a eui le mérite de dégager.
Nous aibnis maint(;naid confronter aveee; la conception moriebologieiue les
faits expérimi;ntaux incompatibles av(;c les anciennes théories, véritable
rapiil morlum de;s tiavau.x de; localisation.
1“ Kna])p (;t Beuieeef objeeci ai(;nt à Marineesco la fusion intime des noyaux
du me'dian ci du cubital, l’abseence; de délimitation nette entre les masses
'■.(‘Ihdaires dont dépendent h;s n(;rfs péinpliéfiepies, faits inconqeal ibles
ave;;; les concojitions n(;i'veuse e;t foncl ionnelle.
Or, ( iibital (;t médian sont tous deeux nerfs veeidraeix, issus du même
segment C6 à C9 ; il n’y a donc, rieen d’anormal à ce; epie h;urs amas e;(;llu-
laires soi(;rd, très intiineemeent mélangés.
2" Deneef apporte, cont re la t héorie se'gmeidaire, ce fait que; la muscula¬
ture; eh; la cuisse; (;st innervée par deux colonnes distinctes et que, par con-
séepient, h; noyau seginenlaire de la cuisse n’est pas uniepie.
Or, la muscvdature; de la cuisse; est constit uée; par un groujee musculaire,
dorsal innervé ])ar le crural (;t un groupe ventral, innervé jiar l’obturateur
(;t le sciatique ; tous deux nés des segments L2 à Lb ; il est logiepie que;
ces (h;ux gi'oupes aient, des centres cellulaires séjearés.
3" Van (h;huchten objeeete à Marinesco epie h; sciatiepie pojililé externe
n’a epi’un noyau occiq)aid, T.,4, Lb e;!, S 1, e;! epie ceejeendanl il a des fone.l.ions
multiph;s. Le; fait cont, redit d’ailleurs la t héorie; segment aire elle-memie, puis-
epie; h; sciai iqu(;j>oplité externe nerf à noyau uni([iie inn(;rv(; deux segments.
Avec la (;once,ption ïnorphologique, cette obj(;ction tombe (relh;-m(mie :
h; sc.iatique; ])opli1,é (;xtern(; représente; uniepu'iiient, des myotomes dor¬
saux, iidjermédiaires ot distaux.
332
/r.l.V Hi:itTltA.\l) ET LIJUO r.l.V noGAEUT
4» Mariruisco apporLo coiiuikï arguiuontcatiLn! la théorie sc^^'ineiitaire ce
l'ait ([LK! le radial et h; inLi.se,iilo-(aitané ikî sont pas iritricpiés comme le
croit Van Gelnicht(m, mais conserv(!nt une certaine indépendance, le
radial étant, lif^nré en avant et en (hdiors du muscido-eiitaiié.
Nous c,om[)renons aiséimmt c(!tte disposition ; le radial c.orrespondant
aux myotonies ilorsaux ('.5, G8 proximaux, son noyau sera antéro-latéral.
Le musc.ulo-cutané issu des myol ornes ventraux Œ C3 aura un noyau
médio-postérieur vis-à-vis du premier.
ijo M. et Parhon ont établi chez le chien que le sterno-cléido-masto'i-
dien est rejirésenlé par deux ^cnupes, un f(roupi^ eentral interne pour les
faisceaux stiirnaux, un f^roupe posiéro-externe iiour les faisceaux clavicu¬
laires. ('.liez l’homme, Parhon et Nadédjé avaient dissocié le groupe du
sterno-cléido-mastoïdien en deux noyaux secondaires à hauteur de Cl,
Fig. 30. — Noyaux dissociés du stcruo-oléido-mastoïdien (M. et M""' Parhon.)
C2, l’un posléro-extm’iie, l’autre antéro-interne. L’existence de deux co¬
lonnes jiour ce muscle s’oppose à la comaqition musculaire ainsi qu’à la
conception onc.tionmdle.
L’anatomie desc.riptive et l'omparée a dissocié ce muscle en faisceaux
slerno-masloïdien et occipital, cléido-maslo'idien et occipital. Mor-
plndogiqueme.nt, les élémmits proximaux sont les faisceaux sternaux, les
élémmd.s dislaux sont les faisceaux (davic.ulaires, dérivant tous des
myotonies vmitraux Cl C2. Cida exjilique avec les lois de Bikeles l’exis-
lenc.e d’un noyau inédio-poslérieurglohal, où sur certaines coupes se recon¬
naît parfois la dualité musculaire amdeiine.
Si la conceiition moriihologique des localisations dans la moelle admet
une intrication complexe des éléments c.ellulaires, du fait de leur évolu¬
tion emhryologiipie et phylogéniqm^, (die dfigage toutefois des règles topo-
graplii(|ues ipii conlirnunit (d. syntliétisent les données fragnumtaires
ac(|uis(!s par les théories antérieures. I^lle s’accoiah; complètement avec
nos constatations p(U'Sonn(dles de. t(q)ographie ladlulaire jiure. Aux con-
(dusioiis de la deuxièiiuî [lartie (h; cv. travail nous insistions sur la varia¬
bilité et la complexité des amas c(dlulaires (d. sur l’ahsenc.e de noyaux et
de colonnes individualisées.
ÉTUDES^ DE CYTOARCH ITEcrON I E MÉDULLAlIiE
333
AnatorniquciTKint (■,(ip<m(lant nous signalons aussi iin(‘ topographie
d’ensemble permoUant de sitm^r les masses gris(‘s suivant certains axes
do repère. Gett(ï disposition topographicpie, nous montrions (pi’elh' n’avait
rien de constant, ({u’elh^ constituait ])lutôt un cadre d’insertion groujiant
des amas cellulaires d’importance et d(ï situation variables.
Cette ap[)aront(‘ anarchie anatomi(|ue de centr(»s d’un(‘ aussi haute
vahîiir fonctionnelh( n’a rien pour nous étonner si l’on admet (pu' les
masses cellulaires ne r(q)résentent pas des unités fonctioiundles, si^gimm-
taires ou nervcuises, mais qu’elles ont. une signi tication purement nior-
phologiqm^ lié(q c.omnu' celhi des plexus (d des musch's, à in nu'damérie
de nol,r(( strnctur(i organifjue
uibliograpmie
T. Rf.isso. — Dc'l inidollo spinale, Gcnova, 1873.
niKia.KS. — • Die scusiljelc onil iiii)l,()i'iscli(' Seginciillncnlisalion for ilie wiclil ipsl en
Ncrvcn des l'iexns Braebialis. Zeihrhriil /. Nervenlmlk, lOOÇ, XXlll, )>. ‘315.
For Kenlniss dor retrograden Yerandei'oiiïen nach Dorelischneide xonbo'cr oiul
liinlenin Worzeln. Ihid., 1910, p. 181.
Zur Localisai, ion in Hookenmark. Iliiil., 1905, ]i. ‘307.
Beilrafîc zur Localisation in Hnckcmnark. Neurol. /.rnlrollilaU, 1903, p. 380.
U(dier Localisation. Ti/nodn. 7.ck, 1900, 1. Lvvow.
— - - r.nz. Lek. Warszawd, 1905, XX\'.
Boi.k. — Beitrasc zur .Afl'enanatoinic. Mor}dt<do(j. Jarliiirli.. XIX.
IJie Seomcntaldifl'erenzicruni' dos in('nschli(dien Humpl'os nnd seinor F..\tromiton.
Morpholoe/. .Iiirh., X1X-.XX\-XXVI-XXX1 1 1 ,
BiiA(:ui';'r. Kinbryolof'io dos vertébrés, 19‘3‘3.
BiiissAiih et lÎAUi'.ii. ■ liecborcbcs sur les localisations inolricos spinales, dourn.
dene.nrol., 1903.
Briuers. — A topoftrapibcal atlas of tlic spinal cord. Ed inb\irj;b, 1901.
A contribution to localisidion of nndor nucloi in lb(<spiual cord. .S'eo//. Mrd. a. Surg,
dourn., L\, n» 0.
Bistribution of tbo C(dl.s in I bo inlerniodial Iracl of Ibo s[iinal cord. Trenittucl. of llie
tto.'/. Soc. of Edinih., 1900.
Ci.AiiKn. — l'’nrtbor rosoarebos on tbo };roy inatlor of tbo spinal cnnl.
Trnnsurt. of llic Hog. Soc. oj London. 1859. \’oL 119.
rji;Ni;ui'. — ^ Los localisations inotricos médullaires eboz le ebion et le lapin. Le
Néoruxe, 1900, vol. 11.
biiMusco et I’ammon. -- llecborclies sur les loe.alisal ions spinales des muscb's du
Péiiné et du roclurn. dourn. de ncurid., 1905, p. 01.
Knaph. — lleber dio Veramb'runfreii in Buckeumark naeb llesi'ction einifîer spina-
Icn Norven der xorderer Extreinitat. Zicglcr.s Hcilriigii, 1901.
Kuhnstamm. --- Zur Anatomie des pbronikuskorn. Forl.\tlirillc drr Mcdii in, 1893.
Marincsco. -- Contribution à l'étude di's localisations des miyanx moteurs dans
In moelle épiiuèro. Ecv. Neurol., 1898, |). 103.
Bo rorijfine réelle du nerf pbrénicpio. Semuine inéilir.. 1893,
Untersucbuiifîcn nober Localisation. Neur(d. Xenlruld., 1901.
tes locali.sal ions médullaires ebez le e.bien et ebez riiomme. Semaine médic., 1904.
OiNtJi.-. — On tbo arraiifiement and fuuetiou of tbe cell p^roups in tbo sae.ral repdon
of tbe spinal cord. dourn. of ncrii. and ment, disra.se.^i, 1899, vol. X.XVl.
Baiiiion et M Baiuion. — Nouvelles ree.berebes sur les localisations spinales,
d- (le neural. , 1903.
IVA.\ HERTKAA’l) HT I.VDO VAN nOGAKHT
III
LES RÉFLEXES DE DÉFENSE
ET LEUR IRRADIATION
MM. J. FHOMHNT et M. BI' RNHEIM (de Lyon).
(Communicalion faite à la Société de Neurologie le 7 Juin 1923}
L’irradialion des rofloxrs de défense n’a pas. jusqn’iei, fail l’olqel d’une
élude spéeiale on (oui an moins (die n’a ])as élé envisapme dans Imdes s(>s
modalités. AyanI eu l’occasion d’observer al I enl iveineni qu(d(pies cas
part ieidiéiMuneid typicpies d'irradial ion des réflex(‘s de défense, il nous a
paru inléressaid de c.onsiiJîuer ici (pud(pies-unes des r('maniues ((ue nous
avons fai les (d, des réfb^.xions (pi'ils sufjjfïéreni .
I.es faits que nous ladiendrons eoneeruent 13 ol)S('rvat ions doid 9 i)er-
soniudles. A e('s 9 observations p((rsonn(dl(>s, il faut joiudn' e(dl(‘s de Claude
•d l-ejars (1 ), de (i. Hiddo(di (it E. Farpmhar Buz/.ard (2), (b' A. Radoviei (3).
Ces observations s<‘ ré](arl iss('nt ainsi ([u’il suit : 4 observai ions d’béinor-
ragie cérébrab' av('e inondai ion veni rieulaire, 1 observai ion de lésions
cérébrales bilatérales, 1 observation d’Iiénufrragie méningée, 4 obser¬
vations de méningite ou d’emaqdialile, 3 observations de b'sions nu‘-
tl'dlaires.
Dans la pliqiart de ces faits, on eonstala, non seidenieni l’irradiation
•lu réf|ex(‘ de défense de l’im d<!s mendna's snj(érieur ou inférieur au mem-
Ime o])posé (rrradiaiion transversale), mais (meon^ l’irradiation (b- l’un
des membres inférieurs aux membres supérieurs (irradiai ion longitudi¬
nale).
Nous ue jnmvons songer ici à ridai er dans tous bmrs détails les pbéno-
miînes observi'-s. l'ne pandlle deseriid ion, lu-ur être exaide, serait longue
et fastidieuse. Nous nous bornerons donc, à résumer dans quelques sché¬
mas les jdiénomènes const at és, en y joignant de brefs renseignements sur
.ACOK et l,|•..rAns. Méairinrile si
Lielle Iniilée par la (■raiiiecliiir
t I/'i'A //!;/).' i/'r 'plris,
(‘-i) (-1. UiDDoiai et ro. l’AiiiaiiiAii liez/.Aiiii. Itel'le
330
./. FnOMENT ET M. BEHNIIEIM
les obs(‘rval,i(»ns au.\([U('llcs ils se rapporleiil . l’oiir Ions les délails nous
l'eiivei'i'oiis le lecleiir à la lhès(! de nolr<! élève Yelileli (d) où ('(is observa¬
tions onl èlé ])ubli(‘i^s in e.ilens(i.
Desrri plinn cliniiine. — Pf)ur ee r[ui eoncaïriuï les lésions rcré.bralcs, c’est
dans l(‘s cas d’Inhnorrnijie rnrhrale avec inondalion nenlririilnire (jne l’irra¬
diation (b‘s réflexifs il(? défense nous a jiarn la plus inar([né(ï ; elb^ (^st à y»en
près eonslantin
Idans un (-as d’hèniorrafçi»! cèrébralt! avec inondalion vetd fienlaire où
les rèfl(^X(^s de di’‘fense n’ètaitnit jjas exagérés aux d inenilu'es (d n’irra-
diaiind. pas, l’antojjsic! montra ([lie l’inondai ion ventrienlaire n’élait que
parlie.lle et resjieetait complètement l’un des bèmisjihères.
Les faits observés sont assez, variables d’un cas à l’antre, 'ranti'')! l’ex¬
citation [)orlé(' sur l’nn des membres y reste cantonnée, tant(''it elle dilTnse,
soit au.x 1 membres, soit seulement à 2 ou 2 d’entre en.x. D’une manière
générale, l'irradiation longitudinale paraît se produire plus vidontiers du
membre inférieur au membre sujiéricur i[uc du membre supérieur au mem¬
bre infériimr ; l’irradiai ion observée [»ar excitation du membre supérieur
restant le [ilus souvent une irradiation transversale (pii, d’un membre
supérieur, se borne à gagner l’autre. Quand l’irradiation [larlie du membre
inférieur n’atleint ([ue l’un des membres siqiérieurs, il paraîl pr(‘S([ue tou¬
jours s’agir du membre croisé.
Dans un cas, nous avons pu ruiter avec [irécision le temps nécessaire fi
la transmission de l’excil al ion ; il fallait d secondes au réflexe de défense
[larl i du membre inférieur [lour al teindre le riu'inbre supériimr.
A ces ((uel([ues r('mar((ues, on [leut joindre la suivanti' que nous [irésen-
tons d’ailleurs, faute d’un [dus grand nombre de faits, sous toute léserve.
Le membre supérieur vim’s le([uel convergent toutes les excitai ions, sur
([uel([ue membre ([u’elles soient [lortées, est en général celui ([iii correspond
à l'bémispliére célébrai dans le([uel s’est produit l’hémorragie id. dans le-
([ind la ca[)siile interne et les noyaux gris centraux ont été conqdètenient
di'd ruits (voir fig. I et 11). f.’oliseivation IIT jiaraît, il est vrai, en contra¬
diction avec les 2 précédente.s, mais elle n’aunulepas les constalal ions faites
dans ces 2 aulres cas ; ici, en elTel, un nouveau facteur intervenait [lour
conqdiijiier le pliénoniène que nous (‘tudions. Lin [dus de l’bémoiragie ([ni
avait détruil le noyau lenticulaire, une [lartie de la capsule interne, à
gain li(', et envahi les venlricules dans l’autre liémis[)bère, on trouvait au
niveau de la r(‘gion [lariétab' ascendante droite un foyer li(''jnorragi([nc
sou.s-eortical [dus ancien.
L’irradiation transversale (d, longitudinale élait aussi accusée dans un
cas de Irsians réré.hraks Inlalrrales avec foyer liéniorragi([iie double qui,
dans l’un (d l’autre bémis[tbère, élait situé au niveau ou au voisinage des
noyaux gris cenirau.x. I.e côté V('rs le([U(d converg('aient tonies les exci-
(I) Yi'.i.itc.ii. Il•l•ll(lilll ion de-; ri'“rlex(‘s de (l('di>iise. Khide !iniil(im(i-cliiii(|iie cl. sigiii-
fiea(,i(>ii |diysi(d((ni([ile. 7'/ii'.sr itf. /.(/en, i!)‘3.3.
LES REFLEXES DE DÉFENSE
337
Figj 1| — Irradiation des réflexes de défense et Inondation ventriculaire.
Résumé de l’observation clinique : Coma complet avec stertor, sans contractures. Abolition do tous
les réllexos tendineux. Exagération des réflexes de défense aux 4 mcmbre.s dans les 24 heures
qui ont suivi l'installation du coma. Irradiation des réflexes de défense variable suivant le membre
excité. Toutes les excitations, sur quelque membre qu’elles portent, irradient au membre supé¬
rieur droit.
Résumé de l’autopsie : Hémorragie cérébrale détruisant complètement les noyaux gris centraux
et la capsule interne à gauche (zone marquée par des hachures). A droite les ventricules sont
simplement gorgés do sang.
Ces schémas ci-joints représentent 2 coupes de Pitres portant, l’une sur l’hémisphère gauche au
niveau do Fa , l’autre sur l’hémisphère droit au niveau de Pa.
revue NEUnOLOOIQÜSt — T. II.
22
338
FROMEiMT ET M. nEENHEIM
(allons était celui qui correspondait à la lésion la plus récauitc et la plus
bass(! (foyer hémorragique de la région sous-optique et du pédoncule
cérébral (fig. IV).
Il semble bien qu’il faille, pour cpi’il y ait irradiation des réflexes de dé¬
fense, que les lésions siègeul, au voisinage des noyaux gris centraux. Elle
faisait, en cITet, totalement défaut dans unautre cas delésions bilatérales
constituées par 2 ramollissf'iticnts corticaux siégeant, l’un au niveau de
la scissure calcariue droite, l’autre au niveau de la région rolandique gau¬
che. Il convi(înt d(! raj)pele,r à cet égard ([u’.'Majouanine (1), étudiant les
jiaraplégies en flexion d’origine cérébrale av(?c e.vagératiou de l’automa¬
tisme iriédullaire, insiste sur l’importance des lésions encéi)haliques bila-
lérales intéressant les 2 voies pyramidales et sur l’atteinte des noyaux
gris centraux.
Dans tous les faits que nous venons de passer en revue, il ne paraît pas
possible d’interpréter autrement que nous l’avons envisagé, c’est-à-dire
par uiKî irradiation des réflexes de défense, les mouvements et les conlrac-
( ions observées. Dette irra<liation était provoquées par toutes les manœu¬
vres classiques par lesquislles on nust en évidence l’exagération des ré¬
flexes de défense, c’est-à-dire pour le membre inféiieur par les manœuvres
de Babinski, de B. Marie et Foix, de Schaeffer, de Gordon, d’Oppenheim.
De 1out(ss ces manœuvres, c’est habituellement celle de P. Maiie et Foix
([ui, lors([u’(slle est soutenue, provoque les phénomènes d’irradiation les
plus marqués. Li's iriouvements consi atés au niveau du membre excité
ont exactement bss caractères du réflexe des défense : au niveau du membre
inféri<uir, le « flexion reflex », au niveau du membre supérieur, les contrac¬
tions (^t les mouvements décrits par (’daud : sous le nom d’hyperkinésie
réfli'xe. tjuant au.x mouvements et aux contractions constatés au niveau
des autres membres, ils affectent, eux aussi, les caractères du réflexe de
<léfe,nse. C’est ainsi (ju’au tnembre inférieur oi)posé, onobserve un « crossed
exiension reflex », au membre supérieur des mouvements i^t des contrac-
(ions un ])eu variables dans leur forme mais s’apjiarentant manifestement
avec c<mx provoqués par les manœuvres destinées à déceler l’byper-
kinésie réflexe. Tout e inl.erprétal ion (jui t.endrait à rejid.er ces mouve-
rnent.s (st ces contractions irradié(^s du cadre (b;, s réflexes de défense nous
parait donc bien dilTicileimmt soutenable. 11 resterait d’ailleurs à indiquer
sur quoi l’on se base; pour les en dilîérencier et les en distinguer.
Bien différents des cas précédents est celui ([ui est brièvement relaté
<lans la figure V. Il s’agissait d’un cas de granulic méningée avec état de
rigidité maintenant les membres inférieurs en extension et les membres
suj»érieurs dans un état intermédiaire entre la flexion et l’extension. Les
réflexes tendineux n’étaient pas exagérés. Tous les procédés habitmdle-
lucnt utilisés dans la recherche du réflexe de défense, en quelque point
( I ) Th. At.ajooanine. Sur un type ilo paraplégie en flexion avec exagération de l’un-
tornali.sine médullaire. Thèse de Paris, 1923.
LES RÉFLEXES DE DÉFENSE
Fig. 2. — Irradiation des réflexes de défenses et Inondation ventriculaire.
Résumé de l'observation clinique : Coma avec déviation conjuguée de la tête et des yeux à gauche.
Signe de Babinski à droite. Réflexes tendineux égaux et symétriques, sans exagération mani¬
feste. Hyporkinésie réflexe du membre supérieur droit sans exagération manifeste des réflexes
do défense aux autres membres, mais toutes les excitations portées sur ceux-ci irradient au
membre supérieur droit.
Résumé de Vautopsie : Hémorragie cérébrale détruisant -es noyaux gris centraux et la capsule in¬
terne, à gauche. A droite, les ventricules sont simplement gorgés de sang.
Les schémas ci-joints représentent 2 coupes de Pitres portant, l’une sur l’hémisphère gauche au
niveau do Fa. l’autre sur l’hémisphère droit au niveau do Pa.
340
J. FROMENT ET M. BERNHEIM
que portât rcxcilation (face et cou exceptés), avaient pour effet de téta¬
niser les 4 nieinbres en extension. Seule, la manœuvre de P. Marie et Foix
s’en distinguait en provoquant le singulier complexus suivant : le membre
directement excité prenait l’attitude du « flexion reflex» tandis que les
3 aut res membres se tétanisaient- en extension.
Il ne faut pas parb'r ici d’irradiation du réfb^xc^ de défense, mais bien
du réflexe d’extension ou a postural reflex » d«^s autmirs anglais. D’ailleurs,
1(^ malade présentait en debors de tf)ute excitation un état constant bien
({Lie modéré de rigidité d(!S 4 membres avec extension plus ou moins
marquée qui faisait songer à la rigidité du décérébré.
Pour en revenir aux cas d’irradiation des réfbixes de défense propre¬
ment dits, il convient d’insister à nouveau sur un fait qui a fra{){)é la plu¬
part d(!s aut.eurs ([ui se sont occujiés de la question de l’irradiation des
réflexes de défense, à savoir la tendance qu’ont ces réflexes à s’irradier aux
muscles lisses (vessie et intestin), au diaphragme, aux muscles du tronc.
Le réflexe de défense peut encore, du membre sujiérieur, se propager au
muscle sterno-cléido-mastoïdien, ainsi que l’un do nous l’a constaté et
enregistré par la méthode graphique avec Loison (1). Dans ce cas
(encéphalite hémorragique), il y avait synchronisme et parallélisme des
contiactions du sterno-cléido-mastoïdien et du biceps. La recherche do
riiyperkinésie réflexe à gauche, accentuait notablement la déviation con-
juginie de la tête ({ui s’était produite du côté droit.
On peut, encore obserV(U-, en clini{{ue, l’irradiation longitudinale et
t ransversale des réfle.X(!s de déf(ms(; dans 1((S lésions médullaires. Elle a été
étudiée (b; manière très i)récis(; j)ar Hiddoeb et Fargubar Buzzard. En
pareil cas, il s’agit de lésions médullaires bautesqui, dans une. obs(;rval ion,
ont pu être localisées au niveau de F® et. de L’ (pré.s(tnce d’un éclat, d’obus
déc(dé |tar les rayons X), L’irradiat ion n’est alors observée ({u’après la
disparition d(( la périod(( de choc médullaire, c’(ist-à-dire beaucoup plus
tardivcirnent que lorsqu’il s’agit d(! lésions cérébrales. Elle n’a été notée
([ue 3 ans ai)rès le I rauma dans les faits auj<({uels nous venons de faire
allusion tandis ([in; dans les lésions cérébrahis, (dh^ (;st. contemporaine do
Fiel, us. Nous (bîvons ajout(U' que l’irradiation (bîs réfl(!X((s d(( défense aux
muschîs du t ronc, sur la({uelle nous avons déjà at t iré l’a1.t(U)l ion à propos
des lésions cérébrales, a été notée d’urne façon |)arl ienlièreimuit. nette dans
les observations de (L Hiddoeb (d E. Fargubar Buzzard concernant, des
cas de bh^ssures de la mo(!ll(! c(u-vicale j)ar })rojectiles de guerre. Recher-
c.bait-on le réflexe d(‘ d(“fens(! au membre supérieur, le malade étant,
debout, on constatait, en mênu' temps ([ue l’extension et l’adduction des
(1) J. l''noMn.M' et, .M"" I.iHsü.N. I.(!s réfle.ves de d(jteiise e.l, leurs caraclfu'os inyogra-
|ihi([ues. (Réiimun Nviiriiluijiiiue inlcriwliuiuilc. unnuelk, juin 1923.)
LES RÉFLEXES DE DÉFENSE
341
Fi?. 3. — Irrailialion des réflexes de défense el double foyer hémorragique avec inon¬
dation venlriculaire.
^sumé de l'observation clinique : Coma sans contractures, survenu chez un malade ayant pré¬
senté antériouromont une monoparésio corticale gauche parcellaire avec crises d’épilepsie jackso-
nienne. Bélloxes tendineux symétriques sans exagération manilcste. Les réflexes de défense
Sont exagérés aux 4 membres, les excitations portées sur l’un des membres supérieurs irradient
a l’autre. Les excitations portées sur les membres inférieurs irradient au bras opposé et en plus
lorsqu’ollos sont portées à gauche, au membre supérieur homo-latéral,
^esumi de l’autopsie : Hémorragie cérébrale détruisant le noyau lenticulaire et la partie supérieure
de la capsule interne gauche. A droite, ventricule gorgé de sang et foyer hémorragique sous-cor-
j tioal ancien siégeant au niveau do Pa.
^68 schémas ci-joints représentent 2 coupes do Piters i)ortant, l'i.nc sur l’hémisphéro gauche au
niveau do Fa, l’autre sur l’hémisphère droit au niveau de Pa.
342
J. FROMENT ET M. BERNHEIM
2 bras, un mouvement de rotation de la partie supérieure du tronc qui se
tournait en bloc du côté excité ; le malade était plié en avant par la con¬
traction des muscles abdominaux.
Il n’y a pas eu, jusqu’à présent, du moins à notre connaissance, de cas
de sections médullaires dans lesquels le phénomène de l’irradiation des
réflexes de défense des membres inférieurs aux membres supérieurs ait été
noté ; seule l’irradiation transversale a été mentionnée et étudiée par
Lliermitte (1), Ilead et Hiddoeb (2).
Significalion physiologique. — Pour mieux comprendre le sens, la signi-
lication des phénomènes que nous venons d’indiquer, il convient d’abord
de lescompar(!r à ceux qui ont été notés avec beaucoup de précision par
Goltz, Sherrington et Philipson, chez l’animal privé du contrôle des cen¬
tres et des noyaux cérébraux et méscncéphaliques. Le phénomène de l’ir¬
radiation paraît chez l’homme beaucoup pluscornplexe et beaucoup plus
variable que chez l’animal. On ne retrouve plus ici l’opposition entre l'atti¬
tude prise par l’un des membres postérieurs et l’attitude inverse réalisée
par le membre antérieur du même côté. Par contre, comme chez l’animal,
l’excitation de l’un des membres postérieurs détermine un « flexion reflex »
du côté excité et généralement, mais non toujours, un « crossed extension
reflex » au membre postérieur opposé. Considère-t-on l’attitude prise par
les divers membres, force est bien de reconnaîl.re que si, chez l’animal, elle
reproduit assez fidèlement celle que l’on observe pendant la marche, telle
que peut la fixer par exemple un cliché photographique instantané, chez
l’homme on ne trouve rien de pareil. t)n est fort embarrassé, membres
intérieurs mis à part, pour schématiser cetcnsemble de mouvements confus,
cette gesticulation singulière qui ne ressemble à rien et qui ne rappelle
rien.
Par contre, les conditions que requiert chez l’homme et chez l’animal
le phénomène de l’irradiation des réflexes de défense sont à peu près les
mêmes. Il faut, semble-t-il, que l’âction de contrôle exercée par les centres
nerveux, cérébraux et rnésencéphaliques soit, au moins partiellement,
supprimée.
L’étude myographi(jue faite par l’un de nous, en collaboration avec
IVGî® Loison (3), a souligné toutes les différences qui séparent le mouvement
réalisé par le réflexe de déf(!nse du mouvement coordonné. Il y a notam¬
ment, ainsi que nous l’avons montré, contraction paradoxale et simultanée
des antagonistes. A ces faits, il faut joindre, dans l’interprétation du
réflexe de défense, les caractères singulièrementconfus de leur irradiation,
entraînant des contraclions dilTuses, des gesticulations, dont la plupart
ne peuvent être assimilées à aucun acte adapté, à aucun mouvement bien
déterminé.
Certes, le mouvement inverse réalisé par les 2 membres inférieurs raji-
(1) LniaiMiTTr:. La section totale de la moelle dorsale, 1919.
(2) IIhao i'X Hiddocii. The aiitornatic Bladder, excessiv(! Swealiiif,' and somo other,
Heîlex conditions in (Iross Injuries of th(! Spinal Lord. Rrain, 1917.
(3) J. Imu)mi;nt et M"" Loison. Y a-t-il, dans le réflexe de défense, inhibition du
(,'roupo iniisculuirc antagoniste ? Réuni. Neurol. Iiitern. anntielle, juin 1923.
J
LES Réflexes de défense
343
Fig. 4. — Irradiation des réflexes de défense et lésions cérébrales bilatérales.
Résumé de l'observation clinique-. Hémiplégie gauche avec légère contracture et exagération des ré-
Ilexcs tendineux au membre supérieur. Signe de Babinski bilatéral.
Exagération des réflexes de défense aux 4 membres avec irradiation du membre inférieur au
membre supérieur et du membre supérieur au membre inférieur. Toutes les excitations, sur quel-
que membre qu’elles portent, irradient vers le côté gauche.
Résumé de l'autopsie : A gauche, petit foyer hémorragique intéressant le pôle antérieur du noyau
lenticulaire, le pôle inférieur de la couche optique et sectionnant la capsule interne. A droite,
second foyer hémorragique plus récent que le précédent intéressant la zone sous-optique et la
partie supérieure du pédoncule cérébral.
Ees schémas ci-joints représentent des coupes de Pitres qui portent, à gauche au niveau de Fa ,
à droite au niveau de Pa.
344
.7. FROMENT ET M. BERNHEIM
pelle, bien que d’assez loin, pour peu que l’on tienne compte des détails,
l’attitude de ces membres dans la marche, mais il s’accompagne, dans
les cas d’irradiation, d(! cordractions diffuses att(!ignant les membres
supérieurs, la vessie, l’intestin, les muscles du tronc et de l’abdomen, le
sterno-cléido-mastoïdien, contractions qu’il est bien difficile de négliger
dans l’interprétation du phénomène. On m^ peut pas, à proprement par¬
ler, assimiler le réflexe de défense d(! l’homme, au réflexe acide de la gre¬
nouille, ni au « mark I ipie reflex » ou « sbipping reflex » de l’animal spinal
ou décapité. Tout ce ([tie l’on peut dire, nous .s<imble-t-il, si l’on tient compte
des particularités observées, c’est que b^s réflexes de défense expriment
chez rhomuKi la mise en jeu, sitnnllanée, désordonnée el, pourrail-on dire,
chaoliqne d’une série de mécanismes élémenlaires répondant à l’activité
médullaire libérée, mais sans doute aussi exr.ilée el viciée.
Fig. .5. — RifUxf. (V extension avec rigidité décérébrée el méningite tuberculeuse.
.Résumé de l'observation clinique : Coma, avec rigidité des membres, en extension pour les mem¬
bres inférieurs, en demi-extension pour les membres supérieurs. Pas d’exagération manifeste
des réflexes tendineux, 4 heures après le début de l’installation du coma, toute excitation por¬
tant sur les membres ou sur le tronc tétanise les 4 membres on extension. La manœuvre do P.
Marie et Foix provo(|ue un « flexion reflex » au membre excité et tétanise les 3 autres membres
en extension. Les excitations portées sur le cou et la face sont inefficaces.
Résumé deV autopsie : Nombreuses granulations méningées, surtout nettes au niveau do la convexité
des hémisphères.
Pas d’hydrocéphalie notable.
Pas d’altérations macroscopiques au niveau des méninges médullaires.
(kvILc activité iriédullairc, qucl’oii retrouve dans toute la série animale,
décroît en importance à me.sure que l’on s’élève dans cette série. Elle est
b(‘aucoup mieux réglée, beaucoup plus intelligente chez la grenouille
qui, alors même qu’elle est décapitée, peut encore se frotter, se gratter,
sauter et nager. Chez le chien et h; chat décapités, on retrouve encore un
automal isrne qui rappelle de très près celui de la marche. Chez l’homme,
il n’y a plus que des mécanismes rudimentaires.
L’attitude opposée prise par les membres intérieurs traduit la mise en
jeu de l’un de, ces mécanismes médullaires que les centres supérieurs
retrouvent et utilis(‘nt sans doute, en y apportant toute modification et
LES RÉFLEXES DE DÉFENSE
345
toute correction voulue, pour réaliser l’automatisme de la marche. Mais,
cette action élémentaire diffère singulièrement de l’automatisme de la
marche dont elle n’est, à vrai dire, qu’une bien piteuse caricature.
Encore une fois, il s’agit bien d’automatisme médullaire, mais de l’au¬
tomatisme de centres intérieurs, déchus par un esclavage millénaire et
où ne subsistent que des restes d’activité assez informes qui, livrés à eux-
niêmes sans être groupés, disciplinés et, pourrait-on dire, encadrés n’ont
pas, pour la plupart, de signification bien précise.
Si toutefois l’on veut, malgré lout, y attacher un sens et chercher dans
l’activité animale un terme de comparaison, d’une valeur toute relative
d’ailleurs, nous croyons plus exact de rapprocher ces singuliers mouve¬
ments d’un acte de défense confus et élémentaire, que d’un acte aussi
complexe, d’une coordination aussi parfaite, que la marche.
IV
GIGANTISME ACROMÉGALIQUE
AVEC SYNDROME ADIPOSO-GÉNITAL
H. SCHAEFFER et DENOYELLE
Les recherches expériinenlales récentes de Camus et Roussy, exposées
et résumées dans leur rapport de la réunion neurologique annuelle de
1922, ont à juste titre attiré à nouveau l’attention sur la pathogénie des
syndromes dits hypophysaires. En essayant d’établir une discrimination
entre le rôle respectif joué par les centres de la région infundibulaire et
l’hypoi)hys(! elle-même, ces auteurs ont r(îndu un service émimuit à la
clinique qui réunissait obligatoirement dans un même cadre étiologique,
des syndromes paraissant relever d’une même cause, et dont l’observation
présente est un exemple :
OitsuKVATiON. — Anlccédcnls héréditaircn el collaléraiix. — i’èrc mort à 05 ans, mère
-morte à 81 ans; tous deux étaient plutôt petits, en tout cas de taille au-dessous de la
moyenne.
Le malade est le dixième d’une lamille de 11 enfants; ses frères et sfj'urs étaient au
contraire grands en général, mais beaucoup moins que lui.
Antécédi l j ds. — Le malade ne se rappelle [las avoir eu <le maladie grave,
soit dans son enfance, soit fi l’âge adidte, et eut toujours une bonne santé.
Il a présenté une évolution pubérable tardive et incomplète. C’est à l’âge de dix-sept
ans seulement qu’apparurent les caractères sexuels secondaires : [)résence de poils aux
pubis et aux aisselles, transformation de la voix, (pii resta longtemjis grêle, développe¬
ment de la verge et des testicules, qui, au dire du malade lui-même, furent toujours
plutôt petits, et n’atteignirent jamais le volume de ceux d’un adulte normal ; jamais le
malade n’eut de moustache ni de barbe. C’est au moment de la puberté qu’il grandit
beaucoup et très rapidement. Le malade raconte ([u’à cet âge, étant resté trois mois
absent de chez ses parents jiendant les vacances, sa mère ne le reconnut plus à son
retour, tellement il était cliangé. 11 atteint ainsi rapidement sa taille normale qui était
de I m. 1)1, avant l’âge de 20 ans, date aprc'ss lacpielle il ne grandit plus.
Etant jeune, le malade dit avoir eu des rapports sexuels normaux, jusqu’à l’âge de
;î5 ans environ ; il n’en eut plus jamais après 40 ans. Ils semblent d’ailleurs avoir tou¬
jours été assez éloignés, et le malade n’eut à coup sûr jamais d’appétence bien vive à
ce sujet. Célibataire, il n’a jamais eu d’enfants.
Très maigre étant jeune, puisque, malgré sa haute taille, il ne pesait que 72 kg., il
commenija à engraisser vers l’âge de 35 ans, en même tenqis qu’il constata l’atrophie
GIGANTISME ACROMÊGAL IQU E
317
progressive de ses organes génitaux. Cette involution sexuelle se fit en l’espace de quel¬
ques années, et depuis, le malade n’a jamais rien observé de particulier dans son état,
si ce n’est que depuis peu de temps il se voûte de plus en plus. Signalons toutefois qu’à
l’âge de 48 ans, il eut une fracture du col du fémur gauche qui a laissé persister un rac¬
courcissement de plusieurs centimètres du membre intérieur ; et qu’il a été opéré il y
a 3 ans d’une tumeur vésicale. Notons enfin que, depuis le mois de janvier dernier, c’est--
à-dire depuis plus de six mois, le malade souffre de douleurs lombaires très vives, s’ir¬
radiant en ceinture et plus rarement dans les membres intérieurs. Calmées parle repos
et l’immobilisation du rachis, réveillées par le moindre mouvement de ce dernier, la
vigilance des muscles du tronc à ce niveau démontre nettement leur origine
funiculaire.
Elal actuel le 25 juillet 1922. Agé de 65 ans, le malade se présente fatigué, déprimé,
abattu. Un peu courbé en avant, la tête dans les épaules, du fait d’une cypho-scoliose
qui s’est constituée depuis quelques années, le malade a perdu de sa taille, et ne mesure
plus actuellement que 1 m. 83. Cet affaissement du tronc ne tait que mieux ressortir
le dévelopiiemcnt exagéré des membres supérieurs et intérieurs à la fois, et dont quel¬
ques chiffres donneront une idée plus précise que toute description. Le membre inté¬
rieur, de l’extrémité sujjérieure du grand trochanter au sol, mesure 107 cm. L’enver¬
gure des membres supérieurs est de 204 cm. Ces derniers sont très longs, relativement
plus que les inférieurs. La tête paraît au contraire plutôt petite, elle mesure 57 cm. de
circonférence. Los arcades orbitaires ne sont pas saillantes, toutefois le front paraît
bas. Le menton n’est pas saillant, et d’ailleurs la distance du sommet de la tête au
menton, qui est de 27 cm., est celle d’un sujet normal. Pas de macroglossie, nez assez
lin, oreilles peut-être un jieu grandes. Mais ce qui frappe surtout dans la physionomie
c’est l’absenee totale de barbe et de moustache, contrastant avec la grande richesse
de la chevelure qui lui donne un aspect féminin. De plus, la peau de la face est blafarde
et finement plissée, ridée, a.spect que l’on ne constate en aucun autre point du corps.
Le rachis présente une cypho-scoliose assez marquée à convexité droite de la région
dorsale sujiérieure, sans lordose lombaire compensatrice notable. Le thorax paraît cer¬
tainement augmenté dans son diamètre antéro-postérieur ; la circonférence à la hau¬
teur du sein en mesure 112 cm.
Les mains sont normales et paraissent même fines et allongées ; le malade insiste sur
ce fait qu’elles n’ont jamais changé depuis l’âge de 20 ans. Il n’en est pas de même dos
pieds, qui sont de dimension démesurée, à la fois largKs et longs, et dont la croissance
a été tardive. A 20 ans le malade chaussait du 41, à 25 ans du 43, à 30 ans du 44, à
40 ans du 47 ; depuis longtemps il ne trouve plus de chaussure à son [lied.
Actuellement le malade présente )in certain degré d’adiposité, qui n’est pas très
considérable, d’ailleurs (il ])èse 103 kilog.), mais intéressante par sa répartition élec¬
tive en certains points. Absente à la face, qui est plutôt maigre, ainsi qu’aux membres
supérieurs, elle, prédomine à la ])artie antérieure du thorax où elle détermine un cer¬
tain degré de gynécomastie, au niveau du pubis, des fesses, et de la partie supérieure
des cuisses, au niveau de la paroi abdominale épaisse, flasque et tombante.
Les organes génitaux sont atrojihiés ; les ti-sticules, gros comme des haricots et mous,
flottent ('ans des bourses presque vides ; la verge est comparable à celle d’un enfant
impubère. Il existe quelques i)oils au pubis et aux aisselles, mais peu abondants. La voix
est normale.
L’examen viscéral ne décèle rien de particulier. Le cœur paraît normal, la tension
de 19-9 au Pachon. Les autres appareils sont normaux. Les urines, en quantité nor¬
male, ne contiennent ni sucre ni albumine. Le malade n’a jamais présenté de polyurie.
Tous les réflexes tendineux et cutanés sont normaux, même les réflexes crémaslériens.
I-e malade a encore une très bonne vue, et à son âge lit .sans verres. 11 ne présente pas
d’hémianopsie. Jamais il n’a eu de céphalée persistante, ni aucun signe d’hypertension
intracrânienne. C'est un homme intelligent ayant exercé une profession libérale, possé¬
dant une eertaine cidture, en aucune façon alîaibli, sim|)lement un peu déprimé en
raison des coiqrs réi)étés du sort <pn l’ont trap](é depuis quelques années.
La radiographie du crâne, que nous devons à l’obligeancedu D' Delherm, montre à la
34H
II. SCHAEFFER ET DENOYELLE
fois nno augmontalion liaNs nolablo d’épaissour dos os du cràno ; un di'îvoloppomonl très
oxaf^oro dos sinus frontaux ; uno augmonlalion frappanto, dos ilimonsions do la selle
lurciipu' dans lo sons vertical et surtout dans le sons antf^ro-postf^riour. Do plus, les apo-
pliysos clinoïdos antfu'iouros ot postfu-iouros qui la limitent sont altfu'f'os ; augmontécs
lie voliirno. ot plus transparontos à la fois, ollos |)araissont soullloos. Pondant son séjour
à l’Iiôpilal, où lo niahulo était entré pour sa.lumbartlirio, nousavons ou le loisir d’essayer
dos éju'ouvos glandulaires. I,’injocti(Jii d’liy|)o|)liyso (lol)O |iostériour Choay), n’a pas
donné do réadtat a[)préeial)lo. L’injection d’un inilligrammo d’adrénaline a déterminé
au contraire uno liy|iortonsion avec tachycardie passagères, otglyo.osurio très marquée,
ayant débuté moins do doux heures après l’injection, ot attoignaid,35 gr. 90 [lar litre
I l heures a|jrès.
lino ponction londjairo faiti' sur la domaïuh! du malade iiKjiitra un liquide céphalo-
rachidiiui normal, sans jiloiocytoso ni albuminoso.
Jo‘ malade, peu do temps après sa sortie do. l’hépital, a été victime d’un acciilont,
qui no nous a i)as lais.sé lo tonq>s di- réunir les documents radiographi([ues ot icono-
gra|ihi(pu‘s, imiisponsabjos pour compléter l’observation.
L’observai ion ([ue nous rapporlons est indiscui.abb’int’ul, un fait de
gigantisme infantile, ultérieiireme.nl acronu’igalisc, avec syndrome adiposo-
génital fruste. Géant , notre malail(! le fut en ce sei's (ju’il dépassait sensi¬
blement par sa taille (1 m. 91), tous bis membnîs de sa famille (it certaine¬
ment la majorité de c(uix de sa race, parla dysbarmoru(î ordre le dévelop-
penuml d(îs mmnbres et, celui du t ronc. Il I ; fut (mcore par cet, infantilis¬
me ]>arli(d ([ue I raduisireid, (diez lui l’évolution pubérab^ tardive, bnde et
incomplèle ; rabsence des cai'acl èiu^s s(‘Xuels s<;condairc..., Iels([ue, l’inexis¬
tence de barbie (v d(‘ imnislacdie, (b; [loils aux aisselles ; le liévrdoppement
iucf)mi)let des organes sexuels. L’hypothèse de gigantisiru! (mnuchoïde ne
nous sembb' pas ])ouvoir êl re (mvisagée dans le cas présruit , cet bmnme
ayant eu jiendard un certain nombre d’années une, activité génitale res¬
treint e, sembb^-t -il, mais incoid (!st abb^, et sa taille d(‘passait la moyenne
d(^ celle des castrés. Sort commun de presriiui tous bis géairts qui ont
eu'uiKî survi(‘ assez longue, c(! géant infantile devint plus tard acromégale
et la trausil ion de l’un à l’aul re sr; fil le,nl,e, insidiruisri (^t i)rogr(‘ssivo. L’aug-
mental ion de volume des ])i(uls S(dnt>b! en avoir été la j)r(dnièr(; manifes-
lalion ; la cypbo-scoliose survint jrius lard ; les cai’aclèiuîsr-adiologirjiies du
ciàne, signab’s dans l’rdrserval ion tu; laissent en tout, cas aucun doute sur
son e.xistence. Nous désirons insister (lavant agr^ sur b;s doubmrs verté¬
brales ([lie présenta ce malade, doubmi’s passagèr(;s et t ransitoires dans la
région c(n-vico-dorsab‘ (pu accompagnèrmit l’établissement de la c.ypho-
scoliose ; douleurs lombair((s jdus réc(!ntes, particuliérement, vives, (jui
ont débuté (ui janvier 1922, ont tenu le malade plusieurs mois au lit,
et iK! lui ont guère laissé de répit, jus([u’à sa fin accidenirdbe Saint on ((t
State, dans la Revue neuroliKjiqiie de 1999, avabnit avec raison insisté sur
les formes douloureuses de rac,rom((gali(L rruml ionnées bri('!V(nnent, déjà par
Souza-Leite dans sa thèse. G(!s algies bî plus souv(!nt i)araiss(!nt lùdever
(■((lume dans notre, cas (b; funiculites, dont rhypei-jjlasie du tissu osseux
(d, les (b’dormal ions vertébrabcs nous sembbmt, sullisamimmt (expliquer
la fré(pienc(; dans C('Lte alï(;cLi(ui. la; fait avait été merveilleusement
GIGANTISME ACROMÉGALIQUE
34»
rnis en lumière, voici bien longtemps, par Duchesncau, qui, en invoquant
« le rôle du trou de conjugaison, ainsi que la tuméfaction hyperplasique,
et l’adipose cloisonnée du tissu fibreux qui sert de périoste aux vertèbres »,
avait, à propos de l’acromcgalie, défini la cause et le mécanisme des mani¬
festations algiques de toutes les lumbarthries, dont l’étude a été si com¬
plètement reprise récemment par Sicard et scs élèves.
A ce syndrome d’acromégalo-gigantisme, s’associèrent , veu-s la quaran¬
taine, des troubles adiposo-génitaux, caractérisés parratropbie progres¬
sive des organes génitaux, la disparition de tout désir sexuel, et le déve¬
loppement d’une adipose qui, si elle n’a jamais été très accentuée, frappait
néanmoins par sa localisation élective autour de la ceinture pelvienne, au
niveau de la paroi abdominale et des soins, accentuant l’aspect féminin
du malade. Cette adiposité contrastait avec la maigreur relative des
membres supérieurs, et surtout de la face, dont la peau glabre et blafarde,
finement plisséc et ridée, était absolument comparable à celle de certains
malades représentés par Cushing, dans son livre si merveilleusement
illustré, sujets présentant des états de dyspituitarisme liés au développe¬
ment d’adénomes chromophobes, qui ne s’accompagnent pas habituelle¬
ment d’acromégalie.
Sans être une exception, l’association des troubles de l’ostéogénèse au
syndrome adiposo-génital n’est pourtantpas très fréquente, et Grabaud,
dans sa thèse inspirée par Launois (Th. de Paris, 1910), en rapporte une
dizaine d’observations, presque toutes étrangères d’ailleurs. Aussi le
fait nous paraissait-il digne d’être signalé.
L’observation présente, par l’augmentation considérable de vcjlume
de la selle turcique, qui ne suppos<' pas forcément d’ailleurs une byi)er-
plasie parallèle de l’hypophyse, milite tout demême en faveur de l’hypo¬
thèse, admise ]iar la majorité des auteurs actuellement, que le gigantis¬
me et l’acromégalie sont liés au développement d’uue tumeur du l(d>e
antérieur de la glande pituitaire. Mais ce symlrome est-il lié à un état
d’hyper, d’hypo ou de dyspituitarisme ; ici l’on m; s’(mtend plus. Sans
compter que les obsi'rvations, rares il est vrai, mais incontestables, semble-
t-il, d’acromégalie sans lésions hypophysaires (Sotti et Sartcschi, Olin-
to Domenici), de même que les faits, aussi exceptionnels d’ailleurs, d’ab¬
sence complète de glande pituitaire à l’autopsie de sujets n’ayant jamais
présenté de dystrophie osseuse préalable, comme nous avons eu l’occa¬
sion d’en observer une récemment, sont singulièrement t roublants. Lais¬
sant de côte ces exceptions, il nous semble qu’à côté de l’hypophyse l’on
ne saurait trop tenir compte dans le syndrome qui nous intéresse du
rôle joué par les glandes génitales et la thyroïde, dont les troubles fonc¬
tionnels pendant la vie, de même que les lésions constatées à l’autopsie,
montrent toute l’importauce. Notre observation vient à l’appui de cette
hypothèse.
Quant à l’association relativement exceptionnelle de l’acrornégalo-
gigantisme et de la dystrophie adiposo-génitale, (die ne nous paraît pas,
ainsi qu’à Froment, militer sérieusement contre l’origine nerveuse de cette
350
H. SCHAEFFER ET DENOYELLE
dernière. L’apparition du syndrome adiposo-génital consécutivement aux
troubles de la croissance et de l’ostéogénèse, et en quelque sorte en dehors
d’eux, nous paraît au contraire cadrer fort bien avec la compression des
centres neuro-végétatifs de la région infundibulo-tubérienne par le dévelop¬
pement progressif du néoplasme hypophysaire. Abstraction faite d’ailleurs
de tous autres arguments, les faits expérimentaux de Camus et Roussy,
de P. Bailey et Breminer, semblent actuellement vraiment concluants
ÉTATS VAGOTONIQUES GRIPPAUX
PAR
M. AUSTREGESILO
de Rio de Janeiro)
L’influenza est une infection dont les toxines ont une préférence notable
pour le système nerveux. Les auteurs anciens et modernes relatent ce fait
facilement vérifiable par tous les praticiens, car la grippe fait corps avec
la civilisation.
Althaus écrit que ïinjluenza is always a Iriie nervoiis fever, puisque les
grippo-toxines se fixent dans les diflerentes parties du système nerveux.
Les études de Revilliod, de Simon, de Kirn, de Savage, signalent les alté¬
rations nerveuses, au cours de rinfection, produites par le bacille de Pfeifer.
Les modifications physico-pathologiques endocriniques, sympathiques et
du système autonome dans les maladies infectieuses ont été très étudiées
depuis quelques années. Ces modifications n’étaient pas passées inaperçues
des anciens cliniciens, car l’esprit d’observation toujours en éveil les avait
déjà notées. Les troubles respiratoires, du rythme cardiaque, de la sécré¬
tion sud( raie, les phénomènes vaso-moteurs, les hémorragies et conges¬
tions, l’anesthésie grippale, les états surrénaux, basedowiens, hépati¬
ques, etc., avaient été n marqués par les médeeiÿs.
L’orientation contemporaine physio-pathologique eoncernant les sécré¬
tions internes, le rôle du sympathique et du système autonome, dans les
maladies déjà citées ont contribué à ce que de nouvelles recherches soient
faites dans cette partie de la médecine. Nous pourrions citer bien des tra¬
vaux sur ce sujet, mais il nous sulfit de savoir que cette maladie produit
un affaiblissement général avec altération manifeste de l’appareil vaso¬
moteur.
Au Brésil, le prof. Couto apublié un mémoire, aujourd’hui classique, au
sujet du rôle important que le pneumo-gastrique a toujours joué dans la
symptomatologie grippale.
Dans le travail que nous faisons,ilest difficile de préciser ce qu’est l’al¬
tération du sympathique et du nerf vague ou mieux du système autonome,
mais nous pouvons affirmer que la grippe est une infection avec, électivité
pathogénique biotoxique pour le système autonome.
La vagotonie est le nouveau syndrome qui apparaît dans c-otte infection.
Mon ex-int((rne, le Matous de Lemos, a décrit avec, raison l’instabilité
sympathique et vagetonique, car les réactions pharmacodynamiques sont
352
M. AUSTBEGESILO
si acccnLuéos dans corLains étais infoc.tianx que les vagoLoniques d’aujour¬
d’hui seront sympathicotoniques demain, quand ils nc^ le sont pas simul-
tanémenl:.
Les diversesépreuvespharmaeologiqueseteliniques faites dans mon ser¬
vice hospitali(!r sont relatées dans la thèse du U'' I.emos. Mon ex-interne,
h' Dr Monlevade, dans sa thèse et dans des publications faites au Brasil-
Medico, a décrit le syndrome vagoionicpie (ui général, et en particulier
l’état vagotonique dans cerlaines maladi(is, surtout dans la tuberculose
puhnonaire (d les affeidions n(!rveus<!s. l,e Dr ]). Duqins, dans son étude
« ad venia dorendi», a conlrihuè à faire entrer dans notre littérature médi¬
cale ses ohs<!rvations personnelhis r(!lal,ivement aux li avaux sympathie.o-
toniques (d. vagotoniques. la; Dr Silva h'rola a souteuiu uiui thèse sur le
même sujet (d, le D' Larjnago a exploré l)rillamm(!jd h; même thème en
ohsl étriqué.
Les travaux brésiliens et étrangers n’ont néanmoins pas en vue spécia¬
lement la grijipe dont les loxines marqinud uikï grande prédilection pour
le système autonome, ainsi (pie je l’ai constamment observé et déjà mention-
néplus haut. Nous connaissons depuis les re(duuThes de Langley, Eppinger
et Hess, les réaclions cliniques propres du sysièmc autonome dont les
applicalions ont été seulement dernièrement mises en lumière.
La vagotonie, et son opposé ou équivalent, la sympathicotonie, démon¬
trées par la pharmacodynamie, sont entrées progressivement dans les
j[iréoceupalions habitindles des cliniciens. Néanmoitis, avant d’apprécier le
syndrome vagotonique, disons quehpjes mots des propriétés pharma-
codynanticfues du système autonome et de.s symptômes vagotoniques.
L’adri’maliru! e.xerce uruï influemuï sur h; système symi>athique sem-
blabh^ à (;ellc produile, par la faradisation. La pilocarpin(i agit sur le sys¬
tème aut(»nom(ï tm l’(!xcitant : au (;ontrair(i, l’atropine itdiibe l’action sym-
jiathique (d la cluline aidivi' l’autonome.
Le tableau ci-dessous monire les observations s(don Mayer, Gottlieb
Lppinger et Hess ; l(!s sign(!s vag )toni(jues (d. sympathicotoniques sont
d’acc(»rd av(;c h's observai ions médicament(mse.,.
IJiliil.iiUon (le la piiidlle . r. Excil,, do synip. Parai, du nerf vague.
U((lri'!Cisse.inenl de lu p((pille . Parai, du synip. ExciL. du nerf vague.
lOdàcliemenl de la vessie . Excil,, du synip. l’aral. du nerf vague.
(àmlrael ion de la vessie . Parai, du synip. Excil. du nerf vague.
Dilalatiun du cardia . Excil. du synip. Parai, du nerf vague.
Dilalaliun de l’esluniac . Excil. du synip. Parai, du nerf vague.
(àinlraeliun de Pesluniac . Parai, du syni[i. Excil. du nerf vague.
Acci'dfiraliun du punis . Excil. du synip. Parai . du nerf vague.
Haleiilissemenl du punis . Parai, du synip. Excil. du nerf vague.
(llycusiirie . Excil. du synip. Parai, du nerf vague.
.Miaissernenl de la glycosurie . Parai, du syinp. Excil. du nerf vague.
DiniiniiUun du IICl . Excil. du synip. Parai, du nerf vague.
Augineiilaliun du HCl . Parai, du synip. Excil. du nerf vague.
Au Brésil Henri Diiquc, Malciis de Lemos, Frôl a, Lar., le |)rof. Cleinen-
ÉTATS VAGOTONIQUES GRIPPAUX
353
tino Traga et scs élèves, confirmèrenL dans leurs successives recherches
cliniques l’approximaLivc vérité phannaco-dynamique des réactions
établies par les expérimentateurs étrangers.
L(îs auteurs modernes tendent à aclmetti e comme nouveau syndrome cli¬
nique, la vagotonie el les étais vagoloniques. Ces états peuvent appartenir
à l’ensemble des infections ou intoxications ou bien constituer une espèce
de diathèse de l’état général congénital.
Nous allons parler succinctement du concept du nouveau syndrome.
Depuis les recherches d’Eppinger et Hess, Cheinisse, Frôhlich, Sulzer,
Fclren, Thorling et bien d’autres ont traité c>ette question.
.\nalysons en premier lieu la vagotonie constitutionnelle. Le faciès
du vagotonique rappelle un peu celui du bascdovvien ou de l’ancien scro¬
fuleux. Les perturbations fonclionnelles du système nerveux et de l’appa¬
reil digestif amènent les malades ({ui, règle générale, sont des jeunes gens
des deux sexes, à consulter un médecin. Ils ont V habitas neiirosiis, c’est-
à-dire qu’ils montrent de l’irritation, ils sont instables et dénoncent des
phénomènes vaso-moteurs, ont facilement les mains froides, la figure
change de cruleur pour n’importe quelle émotion légère. Le corps pré¬
sente des tâches rougesoudel’urticaire. Les mains sont larges, les doigts
cHilés, couverts de sueur, ou humides et cyanotiques. Il y a des sueurs
faciles ([uelquefois fétides qui se produisent de préférence dans le dos, la
face,- les pieds et les mains.
Les vagotonique.; sont des malades de la nutrition et dont la constitu¬
tion est faible. Ils ont les lèvres épaisses, le nez épaté, ou gras, les ganglions
cervicaux fréquemment augmentés. On peut trouvor chez des individus
les signes de persistance de thymus.
Sur la figure, la peau du dos, on découvre del’acnéou des cicatrices. On
trouve des pellicules ou de la séborrhéeou encore la calvitie précoce. Le
tégu lient cutané présente la [jerspiralio insensil^iis. La myujtie gêne les
vagotoniques avec un léger sirabisme. Le signe de Oraide, c’est-à-dire le
maiKjue de mouvement des paupières et du golbe oculaire, aélé remarqué
chez les vagotoniques. De là, les aspects basiidowoïdes. La sécrétion
abondante des glandes salivaires oblige ces malades à une déglutition fré¬
quente, ils sont donc aussi aérophages.
La langue est épaisse, large, scrotale ou géographique, la voûte du
palais large et étendue, les amygdales volumineuses. Les vagotoniques
sont adénoïdiens ou en possèdent le fades. Les amygdales sent, comme nous
l’avons déjà dit, volumineuses, saillantes, avec prédisposition à s’infecter, les
•cryptes montrent l’existcncedescalculs,deconcrétionstétides. Lepharynx
est rugueux, granuleux, semblableàceluidesarthritiques, c’est-à-dire ver-
eaeil et catharreux. Les enfants, de par les végétaLions adénoïdes, respirent
par la bouche et ont généralement le nez bouché uni ou bihtérahunent. Les
polypes j)Oussentcommunément sur la muquiuise nasah^ des vagotoniques.
fous les phénomènes nerveux pneumogastriques décrits dans le gosier
des malades et donnés par von Noorden comme névrose hijslérique du vague
ne sont que des phénomènes vagotoniques.
revue neurologique. — T. II.
23
354
M. AUSTItHGESILO
Oïl l'cmarqiu; chuz ces malades la respiralimi soupiranlo, incomplèle,
iusullisarile, suivie de longue pause, accornjiagnée de douleur (rélr islerale)
non intensive. Le diajiliragme est mobile, ses limites sont instables, oscil¬
lantes, ce (]ui peut se vidi à l’aide des rayons X.
11 y a éréthisme fréquent du cœur, ee qui se remarque par rinspeclioii
de la région ])éricordiaqir‘. Les bruits du cœur sont nets, vibrants, |)réci-
jiités. Il y a byperphonèse du tonpulmonaire avec un facile dédouldement
ilu 2“ bruit. La fréquence du jiouls est variable, 60 et même moins par
minute, contrastant avec l’asiiect éréLlii([ue du malade. (Ju remarque des
crises de tachycardie pendant hssquelles les malades se sentent beaucoup
mieux que dans l’état de bradycardiijue. Des décharges extra-systoliques
peuvent survenir selon mon observation c.linique. (te qui frappe imnic-
diatement, c’est l’instabilité numérique du rythme cardiaque provoquée
par un elToi t plus ou moins violeid. comm i le changement do la position
assise pour la position di^bouL, et qui devient ou tachycardiaque ou bra-
dycardiaque.
L(!s anomalies numériques du rythme respiratoire et les sensations de
j'cspiration dillicile marchent de pjir avec les m idificalions fonctionnelles
de l’apjiaieil circulatoire.
Les arythmies cardiaques et respiratoires apparaissent après un elïort,
un repas copieux, de légères intoxications par la fumée ou par l’alcool,
ou seulement même quand les vagotoniques absorbent une grande (juan-
lité de liipiidc. La radiographie rnontn^ habituellement un rétrécissement
de l’aorte acc.onqiagné d’anémie numérique cl ((ualilal ivedu I y]»^ chloro-
anémique. L(;s ptoses internes, népluiqilosi^, hépaloptose, enléroptose,
amyo.sthénie. ga.Ktriijue, entrent dans la réunion des symptômes vagoto¬
niques.
L’aiqiareil digeslif est très tomdié dans ce syndrome idy.spepsie solaire,
aéropbagie, (roubles <le la sécrétion, appétit irrégulier, tantôt très bon,
tantôt mauvais, l.endance à la constipation interrompue jiar des crises de
diarrhée ipii sont du type de la colopathie muco-membraneuse.
La pollakiiirii^ seule ou accompagnée de polyurie est fréipiente. Les
urines sont oxaliques, facilement troubles, ceci est dù aux phosphates
basiques. Le grand dépôt de [ihosphate est consécutif à la grande acidité,
la jihosjihaturie est vérifiée quand en trouve aussi la grande acidité du
su(î gastrique.
Les vagotoniques montrent dans la sphère de la sensibilité une grande
excitation de l’appareil génital, pollution faciale, éjaculation précoce,
c’est-à-dire hîs mêmes modifications qui existent dans la débililé nerveuse
que j’ai décritiu
Les réflexes rotuliens sont exagérés, quehpiefois lephénomènedeSchvos-
tek c.xiste ; les réflexes créma.stérien, abdominal, plantaire et planti-crural
sont vifs. On remarque des l.remblements constants des paupières, de la
langue et des doigts. Les accès vaso-moteurs congestifs et la cyanose des
exl i cmilés, le dermographisme, sont présents comme il est dit plus haut,
(les symptômes ne sont pas accentués, ils comportent des réactions légères
ÉTATS VAGOTONIQUES GRIPPAUX
355
qui passent souvent inaperçues des jnalades, mais elles indiquent la dévia,
tion du système autonome. Si nous poursuivions nos recherches cliniques,
nous pourrions trouver le tonisme du nerf vague sans grande diiïieulté.
On trouve facilement le réflexe d’Aschner. Ce phénomène est le suivant,
la pression sur le glob(î oculaire arrête et fait disparaître le pouls. La com¬
pression du nerf vague à l’endroit du cou produit un retard dans les pul¬
sations. L’instillation d’atropine dans les yeux produit une forte mydriase
avec trouble de l’accommodation, quand au contraire l’instillation d’adré¬
naline déteimine un spasme dans les mus< les ciliaires. 11 y a dans la for-
niule chimique du suc. gastrique, de l’hyperacidité chlorhydriqiuy comme
nous l’avons déjà vu. Les éliminations alvines sont peu abondantes, non
aqueuses, avec l’aspect des constipés spasmodiques. 11 y aspasme du côlon
et du sphincter anal.
Les éo.sino])hiles prédominent dans le sang. Dans la preuve pliai maco-
dynamique, l’injection hypodermique d(' 1 centigr. de pilocarpine provo¬
que chez les vagotoniques une sudation et une salivation abondantes ;
d’aulre part, l’injection de l milligr. d’adrénaline ne provoque ni glycc-
suric ni albuminurie. Ces réactions appartiennent à la prédisposition ou
au tempérament vagotonique.
C’est en se basant sur les études pbarniac.odynamiques que Gottlieb,
EppingiT et Hess ont décrit la constitution vagotonique. Par l’usage
d’adrénaline, atropine et policarjiiiu', on Irouve les points d’agression de
oes médicaments dans l’organisme puisqu’ils font connaître la sympathi¬
cotonie et l’autonomotonic. Quand, par e.xemple, l’adrénaline agit forte¬
ment, il existe une augmentation du tonus sympathique ; quand la piio-
carpine exin-ce une aidion piononcée, c’est le système autonome qui a le
tonus éhîvé.
Noorden a appelé l’attention sur !<^ fail que certains hystériques pré¬
sentent généralement des symptômes dans h* dojfnaiiu' pneumogastrique.
Sien que nous sachions que l(!s faits vagotoniques n’ont rien de commun
avec l’hystérie, selon l’idée de Babinski que j’adopte, il reste néanmoins
ciue l’observation de .Noordim a servi à isider les phénomènes qui se pas¬
saient dans les nerfs et qui jirenatent une certaine physionomie dans l’état
morbide de l’aiuaennc hystérie.
Ces symptômes sont : les irrégularités du rythme cardiaque, les indi¬
gestions, les vomissements faciles après ingestion d’une quantité médiocre
d’aliments.
L’hypoesthésie ou anesthésie de la gorge, du pharynx, du larynx et de
•a trachée prises autrefois comme étant des stigmates de l’hystérie sont
aujourd’hui des symptômes vagotoniques, fréquents chez les névropa-
t'hes. C’était le vagiis neurosis hystérique.
Zulzer a complété le tableau cliniqüe on admettant h; vogiis neurosis
^''adijcardiaque avec distension aiguë et subite du poumon (asthme,
cedème pulmonaire) et perturbations intestinales. Cid auteur a prêté peu
d importance aux troubles décrits |)lus havd, mais il appuyait sur les bons
effets de l’usage de l’atropine.
350
M. AUSrnEGESILO
Rosenbach a inclus dans la névrose du nerf vague la tacdiycardie pa¬
roxystique et l’étal bradycardiaque d’origine nerveuse dénommés névrose
dii/eslive réflexe.
La tachycardie paroxystique est fréquente chez les vagotonjques de
plus de 40 ans. J’ai (ni l’occasion de la rencontrer chez un enfant de ô ans
dont le père souffrait de la même névrose cardiaque.
Hiicemmenl, dans uni; de mes observations d’influenza, j’ai trouvé la
tachycardie paroxystique symptomatique.
Dans l’accès de parésie du nerf vague, on observe aussi l’iqipression de
la gorge, l’angoisse ; la face et les extrémités pâles et froides ; une sensa¬
tion de malaise et des sueurs froides. Dans les crises plus forl((S,les malades
sont pris de tremblements des mains et spasme de la gb/tte. Les auteurs
modernes commi! Weekenback, Vacpiez, remarquent des décharges extra-
systübis dans ci; slalus neiirosus cardiaciis. La digitale qui, pour la majorité
des cardiothérapeutes, agit sur Lïs extrémités du pinminogastrique se
montre impuissante à dominer la crise de tachycardie paroxystique. Ce
(jui est la preuve de la parésie du mjrf vague.
Dans la névrose bradycardiaque, on remarque^ en plus du retard du
pouls, des nausées, vomissements, sueurs froides, strangurie, désir d’é¬
vacuer, gonflement de l’abdomen, sécheresse de la bouche, dysphonie ou
(mrouement. Des crises anginoïdes, troubles du rythme respiratoire, avec
accès dyspnéiques intenses, .spasme de la glotte, re.spiratien de Cheyne-
Stock((S, complètent ou accompagnent le symptôme caractéristique qu’est
la bradycardie'.
La névrose réflexe digeslive est {u'ovoquéo par les perturbations ali¬
mentaires antériemreis, his dyspnécis, intoxications nutritivees, de sorte que
l’ingestion de ceu’Iains aliments produit un retard réflexe du pouls, dos
arythmies du type extra-systolique, des angoisses ; des crises anginoïdes,
des palpitations et troubles du rythme respiratoire. côté de ces pertur¬
bations, Rosenbah a obsf rvé chez des hommes et des femnnes de plus de
40 ans rhyp(!rémi(! périodique (h^s pau])ières supérieures (4 aussi le nez
bouclii! après la dig((slion, la rougeur (h; la fac(i, dimmidion du clignote-
mi;nt des paupières et un certain j)rurit au bord des narines.
L(;ven, décrivant l’asthme dyspepsique, a augmenté la probabilitéde l’exis¬
tence de la névrose réflexe digestive, évidente manifestation vagotonique.
Ro.scnbach a noté quel a conjonctivite réflexe digestive a résisté à tout
IraiUïment local, antiseptique, cédant â p(dne aux installations faibles de
cocaïne qui sont le meilhuir traitement de ce symptôme. C’est un véritable
asthme conjonctival. Gowers a décrit des signes morbides comme des
attaques de crises du pneumogastri([ue. Les états angineux, malaise gas-
tri([ue, dyspiuh', cryesi lu'sie, asphyxie (ui synC'Dpe d ;is extrémités, font
partie d(ï cet ensemble. Ces accès p(!UV(ud. durerde 10 à 30 minutes. Dans
rinl(U'valle, les malades se plaignent (h; dyspepsie, d’anon'.xie et de; consti¬
pation.
L(!S symplômes expérimentaux du mut vague sont intéressants : ainsi
utK! i)ression sur le nerf {)eut provo(jU((r des crises semblables à celles
ÉTATS VAGOTONIQUES GRIPPAUX
357
éprouvées par le malade spontanément. Arrivé à ce paroxysme surviennent
éventuellement : la strangurie, l’énurésis, la torpeur générale, les sueurs
froides, les larmes faciles. Il y a chez ces malades décrits par Gowers une
véritable augmentation du tonus autonome puisqu’une excitation quel¬
conque naturelle ou provoquée par le médecin se fait sentir immédiate¬
ment dans le domaine du pneumogastrique. Comme l’ont fait remarquer
les auteurs, la prédisposition vagotonique n’est pas l’expression exclusive
du tonus augmenté du nerf vagiuq mais aussiuncexaltation vagotrc pique.
Pour confirmer la peusé(! d(ïs observateurs, il sultit de rappeler que la pilo-
carpim; et l’atropine agissent fortement et que l’adrénaline n’a aucune
actionpour ra[)()arition ou la diminution des symptômes. Dans cette idée,
Hess et E])pinger citent plusieurs observations dans lesquelles l’hyper-
tonie vagale. et vagotropique sont démontrées par les épremves pharmaco¬
dynamiques.
L’arythmie cardiaque d’origine respiratoire, le pouls paradoxal sans lé¬
sion cardiaque sont du domaine de la vagotonie.
La bradycardie et certaines arythmies cardiaques sont des signes vago-
to niques.
Le pouls irrégulier respiratoire {puisas iiregnlarisrespiralorius) est posi¬
tivement d’origine pneumogastrique puisqu’expérimentalcment le rythme
cesse chez h(s animaux dès que les deux nerfs vagues sont sectionnés.
Quand les arythmies du type bradycardiaque sont modifiées par l’atropi¬
ne, il y a un faux blocage, puisque c’est l’hypertonie du nerf vague qui est
en scène ; l’atropine, selon Vaquez, peut modifier d’autres types d’aryth¬
mies, ce qui veut dire que de semblables effets sont des suites de la vagotonie.
Mutalis miiiandis, la pilocarpine augmente l’état arythmique ou bra-
dycardiaque, ce qui vient encore prouver la prédominance du pneumogas¬
trique ou vagotropisme dans les symptômes en question.
Mackensie appelle l’attention sur Varyllimie candiaque du lype infaniile
nu dysrythmie avec fréquence du pouls et pouls irrégulier respiratoire et
*ïui pour lui est liée exclusivement au côté diastolique de l’action
cardiaque.
Le cardiopathologistc anglais a observé cette espèce d’arythmie infantile
chez des individus jeunes en convalescence do maladies fébriles, et on
peut l’englober dans la vagotonie.
Dans la prédisposition vagotonique, beaucoup de sujets, de par l’exci¬
tation de la peau ou des muqueuses, surtout quand elles sont innervées
par les blets sensitifs du trijumeau, présentent facilement des symptômes
autonomiques comme la bardycardie maxima par l’irritation de la mu¬
queuse nasale.
Kaufmann a décrit un spasme intermittent de l’œsophage ; Lœwi a
signalé que ce symptôme était influencé par l’atropine et qu’il y avait
fl’autres signes d’excitation du nerf vague dans diverses particis de l’orga-
iiisme : bradycardie, salivation, certaines perturbations du domaine du
nerf pelvique. Tous ces symptômessesontaméliorésetapaisésavecrusage
fie l’atropine, ils sont donc vagoloniques. Ona remarqué comme possible
358
M. AUSTIiEGESILO
la courte durée de l’action do l’atropine sur la pupille des vagotoniquîs.
L’hypcrlonie du système autonome crânien est accusée par la durée de
la paralysie du muscle ciliaire par le moyen de l’atropine. L’épreuve est dé¬
licate et n’a pas encore reçu l’approbation des auteurs modernes.
L’asthme bronchique constitue un symptôme de vagotonie. L’asthme est
un spasme des muscles bronchiques etNoorden a été le premier à appeler
l’attention sur la cure des crises d’asthme par le moyen de l’adrénaline.
On sait aussi que la mobilité et la sécrétion de l’estomac sont sous le do¬
maine du pneumogastrique. L’influence psychiqiU! sur la sécrétion gas-
tri({un et l’usage de l’atropine qui améliore l’hyperacidité v(!ntriculaire
expliquent que les hyp<îrchlorhydriques sont fréquemment des vagoLo-
niques. Eppeinger et Hess conlirment leurs conjectures par des examens
itératifs du suc gastrique. Les auteurs en c.oncluent que dans les cas admis
par Nüorden comme névrose du nerf vague,, il y a une énorme activité auto¬
nomique par les moyens vagotoniques pendant quele sympathique reste
sans changement. G. Lian a décrit l’asthme comme un syndrome vagotoni-
que dont le traitement de choix est la belladone.
L’éosincphilie qui est fréquente dans l’asthme pciut être attribuée à la
vagotonie, car déjà Ncusser avait appelé l’attention sur le fait que, chez
le lapin et aussi chez l’homme, l’emploi de la pilocarpinc fait augmenter
le nombre des éosinophiles dans le sang ;de la même manière l’adrénaline
fait diminuer l’éosinophilie physiologique du lapin.
Le.s (djservateurs ont trouvé chez des sujets vagotoniques l’éosinophilie
sanguine, sans qu’aucum; cause puiss(i <!X])liquer le fait ; les auteurs incli¬
nant à inclure dans le cadre des vag( toniques les malad:;.) qui présentent
l’éosinophilia d’origine intestinale non causée par des parasites ; chez ces
mêmes malades, en plus de réosinophilie il y a constipation, retard dupouls,
salivation ; prédisposition à la sudation, surtout chez h s sujets
jeunes.
' Malgré le douta existant chez lesphysiologi.stesc()na(;rnantl’innervation
intestinale, et bien ([ue les médicaments vagotropiques tels que la bella¬
done agis.sent dans le sens oj)j)f sé (diminuant hîs diarrhées, modiliant
la constipation), les auteurs assurent que la constipation spasmodique est
un phénomène vagotonique. Quand l’atrr.pine n’atténue pas la constipa¬
tion, c’est parce (juc; c’est un médicament vagotrojiique et que par consé-
(luent elle aggrave aussi les autres symptômes vagotoniques d<ï l’organisme.
Il convient endo telles circonstances de savoir comment se comportent les
organes régis par le nerf sacré, c’est-à-dire la vessie et les sphinc-ters anal et
vésical. Pour l’état de la vessie, on peut employer la méthode de Frankl-
Ilochwartz et Zukerkandl : introdu tien d’une c<!rtain(U{uantité de liquidtu
Pour l(i sphincter anal il sullit de la palpation. La sécrétion sudorale se
rattache aussi à la vagotonie, la prcuv(! en est que la pilocarpinc agit en
augmentant la fonction des glandes sudoripares. Le dermographisme peut
aussi êtio! interprété comme un phénomène vagotonique, il y a des personnes
qui, avec 0,01 centigr. de pilocarpinc, présentent une forte rubéfaction
généralisée à cause de la vaso-dilatation j)ériphériquc.
ÉTATS VAGOTONIQÜES GRIPPAUX
359
Les jeunes gens sont plus susceptibles de présenter les symptômes vago-
toniques que les adultes ou les vieillards ; chez ces derniers la sympathi¬
cotonie est plus facile à démontrer.
Dans l’état thymo-lymphatique il y a prédominance des états ou symp¬
tômes vagotoni([ucs.
La relation intime des glandes à sécrétioninterneetdu système sympa¬
thique et autonome a été démontrée dernièrement par Falta, Rudinger, Pen¬
de, Biedl. Castellino, Fonseca, Widal, Ahrami, Ai Gennes, et bien d’autres.
Dans la maladie de Basedow, bien qu’il y ait prédominance de syîupa-
thieotonic, il y a malgré tout divers symptômes qui app u-ticnnent au
régime de la vagotonie. Nous avons en vue l’exoplitalmie, l’épiphora, le
phénomène de Graeffe, l’arrêt du globe oculaire, qui s’expliquent comme
signes vagotoniques. La tac.hycardie qui est dans ce syndrome un symp¬
tôme bathmo ou chronotropique peut être expliquée par la paralysie
du nerf vague ou par l’excitation du sympathique. Il est difficile de ré¬
soudre la question, mais je crois que ce serait plutôt de la sympathi¬
cotonie. La sensation de chaleur avec rubéfaction générale et les sueurs
sont des symptômes vagotoniques.
Les altérations du rythme respiratoire signahh's par Ilofbauer dans la
maladie de Basedow doivent être comptées comme vagotoniques, bien que
les autours ne soient pas d’accord sur leur véritable interprétation.
Les crises do diarrhée sans alimentation dans la maladie de Basedow
sont la conséquence de l’augmentation du péristaltisme et comme corol¬
laire, vagotoniques. Le même raisonnement est applicable aux vomis¬
sements répétés et incoercibles accompagnés ou non de salivation intense,
laqu(!llc est évidemment vagotonique.
En résumé, les sueurs, la diariiuMi, les arythmies respiratoires dans la
maladie de Bas<;dow et (uîrtains signes oculaires doivent être considérés
comme des troubles vagotoniques, puisque les nyiladcs s’améliorent avec
l’usage de l’atropine. Tout ceci indique que ceux qui pemsent que le goitre
exophtalmique ou la maladie de Basedow sont exclusivement l’expression
d î la sympathicotonie son!, dans l’iirrcur. 11 n’est pas niable que le sympa¬
thique, est fortement excité par les hormones d’origine thyroïde, mais les
phénomènes proyenant de l'augmentation du tonus du système autonome
n ^ sont pas moins importants.
Dans la publication que j’ai faite sur la débililé nerveuse qui est le
terrain où se développent les syndromes nerveux les plus fréquents, j’ai
tait r<!marquer que, les pliéiidmèmis vagotoniques et sympathico-toniques
y sont très fréquents avec prédominance, de ceux qui sont dépendants du
système autonome.
11 n’y a presque pas de névrose ou psychonévrose dansb'squellcs on ne
trouve pas les phénomènes vagotoniques, et l’heureuse paraphrase du
Dr Monlevade est très exacte : « La vagotonie cbeïnine dans l’ombrc' des
névroses. »
Les auteurs distinguent la vag( tonie syndn nT" clinique et la prédis¬
position ou diathèse vagotoniqiu'.
360
M. AUSTIiEOIiSILO
Quand apparaissent certaines infections comme la tuberculose ou la
grippe dans lesquelles la vagotonie est constante nous voyons, ou que la
toxi-infcction augmente le Slalus vagolonicus, ou qu’elle crée un syndrome
e.omplet même si les sujcds n’y sont absolument pas prédisposés. Dans la
gri])pe, d’après ce que nous avons vu, la vagotonie est un syndrome cons¬
tant qui apparaît dès le comm(!neement, suit l’infection et eonlinue pen¬
dant la c.onvaleseenceidans certains cas (die s(! pr< long(^ durant une longue
j)ériode comme si après la vibration sonore une corde conlinuait à vibrer
süurd(!m(!id , frémissant sans cesse.
Comme je l’ai dit au début, l’iidduiui/.a (isl i)eut-être de touttis les infec¬
tions aiguës celle qui montre le jdus d(î sympathie pour le système ner-
V(iux (umtral et périphérique ; le système aid.oiiom(! est si spiic.ialement
al,ta([uè ([u’il n’esi, j)as rar(‘ ([ue l,out<! la j)hysi(d(,gie |)athologi(pn! de ce
système ])uissc êtiai prise comme témoin dans la gripp(! de forme grav; ou
légère; on dirait <jue tous les appartdls «d système de roi’ganisme peuvent
être attaqués, nous procurant tous les i)hénomènes vagoLoruques qui pré-
domin(!nt dans le i-adre cliniciuc des infections.
Im toux convulsive, sèche, agaçante, amène c.hez r<!nfant la pseudo-
coqueluche gripi)ale ; quelquefois c’est la laryngde striduleiise.
L’asthme peut être provoqué par l’ird'Iuenza.
Déjà le Pr üliido de Oliveira, de Porto Alegre, avait écrit dans la
Semaine Médicale f{U£ rélèm(!nt asthmatique surgit fréquemment comme
élèîmud. gri])pal chez hîs enfants.
La dyspné(ï, les arythmies rccspiraloii'es, la l,achypné(‘ (Althaus), (de.
se manilestent comme symplAmes pneumogastriques dans la grij)pe. Les
moditications d(‘ ra[)j)ar(dl (drcidatoir^ sont la bradycardi(‘, les palpita¬
tions, les anginoïdes, la j)r jstration.
Lu ayant r((cours à nuss étiuh^s cliniques (d. lu spil alières, j’ai mis à jtart
qu(dques obs(U'vations où l’influenza paraît accompagnée par la vagotonie
comme l’ombre accompagne la lumière.
Lu 1'“ observation, lun^ des [ilns intéressantes, est (adle d’une l'ernnie mariée depuis
5 ans ayant eu 2 enfants (ît une fausse eoue.lie. IJeux moisaprés fa^tte dernière, cll(( est
pris(( d’influenza avec tout le, cort('!se classioin^; ses enfants, son mari e,t sa domestitpie
ont tous ét(! atteints de la mèm(( maladie. App(dé àlui donner mes soins, j’ai constaté
qiu^ la liùvia^ était accompafçnée de sueurs abondantes. N(^ me. rajipelant |)as au [(remicr
moimmt que les sueurs pouvaient venir d(( la fçripia'. j’aicraint ce syndrome sudoral.
L’(^xamen du sanjf n’a révélé aucun hématozoaire. .l’ai appelé (Ui considtation notre
savant (d, ref're.tté collèRUeCandido de Andriubuiour qu’il voie sidansl’appareil utéro-
ovarien on trouverait la cause des sueurséxagérées;r(^xamen aété négatif. I.es pbéno-
mimes pliaryngo-laryuf'o-broncbiques étaient prés('nts mais légers. Eu relisant divers
ünvrag(!.s, j’y ai retrouvé que la forme sudorale (U^ la grippe était admise par (piehiucs
auteurs (îtr(qeté(( par d’autres, fef/c/n cnnslancedc larcacliondcsijUuuUssiidoriparesdans
riiifliienzd. L’atropiii(( en premier lieu et ensuite la teintun^ de belladone (pii sont médi¬
caments classiques ont dissipé les symptômes si incommodes qui tourmentaient la ma¬
lade déjà nerveuse par elb'-mfime. La maladie dura une (piinzaine, de jours, mais la
moit(mr constante de la pisau continua à incomm(Mler la malade pendant la convales-
conc(î et même idus longtemps.
Lu sueur grippale est un phénomène classiciuc ;mais chezcelLe malade
ÉTATS VAGOrONIQUES GRIPPAUX 3C1
elle avait atteint des proportions extraordinaires ; l’atropine guérit ce
sy nptômc.
Ce n’est qu’après des années, on relisant des travaux relatifs à la vago¬
tonie, que j’ai pu faire la liaison de ce symptôme avec l’excès de tonus du
système autonome ; l’atropine en tant que médicament atonovagal
en a fait la preuve presque mathémaliquement ; nous rappelons que la
pilocarpine qui est vagoLropique agit en facilitant la sudation Ci la sali¬
vation.
.J’ai vu le symptôme d’abondance de salivation chez une enfant de 4
ou 5 ans, fébrile avec signes de laryngite grippale. Elle avait commencé
par cracher fréquconmcmt c;t ensuite je remar([uai ejue la salive coulait de
la bouche de la petite malade. l’ensant à ({uelque stomatite au pharyn¬
gite ou encore à lasalivation réflexe due à la carie d’une dent ou duc à une
dent près de percer, j’ai examiné la bouche de l’enfant et n’y ai rien trouvé
d’anormal, cixcepté la rougeur habituelle de la gorge dans l’infection gri-
pale. I.OS autres petits frères étaient aussi atteints de rhume et de bron¬
chite. Associant tout de suite les idées, j’ai vu ciuc j’avais affaire à un
phénomène annex; de la grippe. Le réflexe d’Achner n’était pas net.
L’hypersécrétion salivaire dans l’influenza,dit le Prof. Couto,cst cpiel-
([uefois extrême et par cela même fatigue le malade parce qu’elle l’oblige
à des contraclions c,on.slantes des muscles des lèvres pour expulser la
salive, ou à rester la bouche mi-ouverte pour rendre plus facile son éc ou¬
lement; elle produit une sensation do tension dans la zone des glandes,
embarrasse la parole, et gêne le sommeil par les accès de toux et de suffo¬
cation qu’cîlle provecjue.
La description clinique du renommé praticien est exactement celle de
ma petite malade; il m; me reste plus qu’à ajouter que l’oreiller et les draps
étaient trempés par l’abondance de la salive. J’ai d’abord pensé que c’é¬
tait une inflammation des parotides, mais il ne s’était rien passé de ce côté
et le phénomène fut purement grippal.
Nous savons que nihil sub sole noviirn, néanmoins nous pouvons affi¬
lier ce symptôme grippal à la vagotonie déjà entrevue et aujourd’hui
acceptée en conséquence des études pharmacodynamiques si bien éta¬
blies par Mayer et Gottlieb. Autrefois, ce symptôme était considéré comme
une irritation du nerf vague, aujourd’hui c’est une augment ation du tonus
du système autonom(^, ce qui en synthèse est presque pareil.
La salivation moyenne, l’écœurement avec c.ra(diat,s « la bouche pleine
d’eau » dans l’influenza sont des manifestations que j’ai vérifiées maintes
fois ainsi que presque tous les (diniciens.
Une des manifestations vagotoniques les plus connues de la grippe est
l’asthme, ou bronchite spasmodique. J’en ai souvent rencont ré de ce type,
et j’ai constaté une épidémie asthmatique grippale dans une familhu Le
fait a déjà été signalé chez l’enfant , comme je l’ai dit par le P''01into de
Oliveira.
I.,e Pr Fernandes Figueira confirme la fréquence du syndrome vagotc-
nique en question.
362
M. AUSTREGESILO
Ch(!7, l’adultOjil est vulgaire. Le P*" CouLo dit:» L’influcnza peut se dis¬
simuler .sous un accès d’asthme et même s’absorbcu' vt se fondia; en lui au
])oint de passer inaperçu mém(! à l’examen attentif ».
Dans son excelhml ^ monographie, le Prof, de Clinitpie Médicale de notre
F’acultè (m enregistre 5 cas. .J’ai noté bien des observations, mais la plus
inléressante du type ordinaire est eelhi du père et do ses 5 enfants pris
d’accès asthmati(jues tantôt <'onstants tantôt intermittents ({ui suivai<!nt.
la courbe de la grippe ;antèri((urem(!nt au 'un des membres d(; e.ette famille
n’avait souffert d’asthme. Let ex(miple ilèmontr(! l’électivité vagotro-
pique des loxiruis grij)pal(!S.
Je vais relater ici un autre cas très intéressant, digne de retenir l’atten-
tion (st r(dativement récent, dans leqind l’adrénaline a agi presque comme
spéeilique;j’ai dû néanraoins susptmdre la m(!di<'ation à cause des phéno¬
mènes d’into.xication qui apparurent, <di ‘z le malade.
A. 1'’., 32 ans, mariti, commorgant portugais dcincuranl à Nit('roi,est venume con¬
sulter à cause de malaise, gi'méral, oppression et fièvre ; l’ayant examiné, j’ai reconnu
le cortège de la gripjie : fièvre 38,6, catarrhe pharyngo-laryngo-trachèal et légère
oppression. .Je lui ai fait prendre : quinine, salophènc, poudre de Dover et en môme temps
j’ai conseillé des injections journalières do raétarsinatc de .soude. Trois jours après il
revenait parce que l’oppression avait augmenté. Cotte fois j’ai noté : dyspnée, pouls
relativement peu fréquent, 72 pulsations à la minute avec 38,2 de fièvre, et symptôme
franc d’asthme. Il y avait quelquefois des extra-systoles. Catarrhe lingual, les urines
étaient rouges sans glucose ni alhuminepe malade se plaignait aussi de constipation,
•l’ai prescrit di's injections d’adrénaline tous les deux jours. Cette médicamentation a
soulagé le mulad(! d(! l’asthénie, de l’asthme, (d il a nwsenti une amélioration générale,
.le n’ai pas pu continuer les injections d’adrénaline |)arce ([U(^ chaque injection provo¬
quait des tremhlem(mts ; ces trembhmimts n’ont cependant commencé qu’à la 5“ in¬
jection. L’infection grippale passée, l’asthme disparu, je n’ai pas fait d’épreuve, vagoto-
niqiu', car c’était un malade de ma clientèle privée et demeurant à Niteroi, de sorte qu’il
aurait été dillicilc; d’apprécier les .suites pharmaco-dynamiques. Néanmoins le cas a été
tellement .schématique dans son aspect clinique que nous pouvons dire <iu’il a presque
prjs la forme expérimentale.
Ce a’iisL pas d’aujourd’hui (jim l’asllimc bst, aifi iljué à r(!xciLation du
piusumogasiriqu idaris l’um; ({uolcomjim de ses modal i t és soit, idiiqjathique,
soit, sym|)tomai,i<{ue. L((s études modernes relatives à la vagotonie sont,
venues eonlirmer les vinss des expérimentateurs et elinieiens classiques,
c’est-à-dire qu(; l’asthme est un<! névrose du mu’f vagu(!, une espèce d’ur¬
ticaire bronchi((u(!. Jj(!s mod(U'nes vues de l’école du L*' Widal sur ce sujet
s’harmonisent parfail.ement avec les doctrines sur la vagotonie.
Il y a peu de temps, j’ai soigné un malade, politicien en vin-, chez qui la grippe a
amené dos états vagotoniques sérieu.x. Le premier symptôme fut Tanginoïde, douleurs
thoraciques q\ii suivaient le degré de la fièvre et ilel’état général infectieux. Pas de pleu¬
résie ('liez ce malade. Outre ce syndrome, le cœur battait, malgré la fièvre, 00,64 fois à
la minute avec une température de 3H-.Ô, 38-9 ; à côté de la lenteur relative du pouls il
existait un état nauséeux, de l’angoisse, malaise él)igastri(iue, de façon à me donner de,
sérieuses in(|uiétudes pour mon client. Héflexe d’Acliner très net. Chose intéres.santi!, à
mesure et eu proporl.iou de ce (pie la gripfie dimiuuiiit, tous les pliéuomènes alarmants
décroissaient, angiiioïdes, angoisse épigastriqueet |iouls retardé. Avec la convalescence,
ÉTATS VAGOTONIQUES GRIPPAUX 363
les phénomènes vagoloniqucs dispanirenl ; de la grippe il resta l’asthénie nerveuse habi¬
tuelle et les sueurs nocturnes déjà signalées. Ce malade est du type robuste mais nerveux.
Rolalivenient à la question du pouls lent grippal, nous sommes déjà
documentes par les faits eliniques eoncrets comme les crises d’anginoïde,
angoisses nauséeuses ou accompagnées de malaise indéfini ; il n’y a pas besoin
do citer des (ixt'mples, il suffit d(! se rai)p(der les noms de Sanson, Couto,
Saint-Clair Tliomspon, Gaillard, Muchard, Duflot q.
Word disait que le pouls lent grippal était presque pathognomonique,
Burnay-Yeo, Iluchard, Teissier, Guttmann et combien d’autres pensent
de même et ent écrit sur l’appareil circulatoire dans la grippe. Huchard a
appelé l’attention sur ce que des cas diagnostiqués myocardite grippale ne
seraient rien de plus que des altérations vagales de, l’influenza et non de
l’inflammation du myocarde proprement dit.
Je résume l’observation du prof. Couto qui est intéressante. J. 37 ans, atteint
d’intluenza avec dos phénomènes gastro-intestinaux, coliques, vomissements, fièvre
et catarrhe bronchique. Battements cardiaques rares avec intermittence, et claudica¬
tions constantes le jour de l’entrée à l’hôpital. Le S" Jour, il n’y avait plus que : brady¬
cardie, 50 pulsations, le 3'' jour et les suivants cicur fréquent, 90 pulsations à la minute
qui coïncidaient avec la température normale.
A Rio, il y a bien longtemps, j’ai soigné une enfant de, 10 ans malade d’influenza. Ses
3 frères étaient aussi atteints. Chez la fillette, les phénomènes se montrèrent beaucoup
plus accentués et insolites : forte fièvre 39-4, 39-8, laryngite, rhinite et plaques rougeâ¬
tres tantôt en forme soit d’urticaire monstre, soit du type scarlatinoïde, tantôt comme
simple dermographisme. Dans ce ca.s,ap[>arut la forme cutanée de la grippe déjà signa¬
lée par les auteurs étrangers et nationaux. J’ai d’abord ])ensé à la scarlatine, mais tout
maïupiait pour cette infection. Chez cette entant, tous les symptômes vagotoniques
se révélèrent du côté de la peau.
Chez deux jeunes filles soignées par moi, j’ai noté après la grippe l’état basedowoïde
avec symptômes vagotoniques accentués comme diarrhée, dysurie, tremblements,
sueurs iirofiises, aiigmeiitatioii de la fente palpébrale, amaigrissement et . nervosité.
Au bout d’un mois pour l’une et de deux pour l'autre, «'s sym|)tômes basedowoïdes
vagotoniques di.sparurcnt en même temps que l’état général s’améliorait.
J’ai vu en 20 ans do. pratique bien dos cas de diarrhée grippale, pertur¬
bations urinaires, vomissements, œdème cutané circonscrit, etc., etc.
Los phénomènes succinctement ont toujours été liés à l’bypertonus du
pneumogastrique ou du système autonome.
Los phénomènes sympathn-.otaniques ont été quelquefois mêlés aux
phénomènes vagotoniques chez les malades que j’ai observés, la présence
absolument isolée d’un quelconque do ces états est impossible et l’obser¬
vation de mon ex-interne, M. Mateus de Semos, relativement à l’insta¬
bilité vago-sympathique rentre bien dans n’imperte quel état infectieux.
Néanmoins dans l’influenza, la vagotonie prédomine toujours.
Du mémoire de M. llenrique Duque, je ne prendrai qu’une observation
d’intluenza, de polynévrite post-grippale dans laquelle les preuves expé¬
rimentales ont été décrites, c’est la suivanle :
P. S. ,28 ans. Au cours de la grippe thoracique surgissontdesphéiiomèucsdu côté des
aerfs périphériques : paresthésies des membres pelviques, douleurs spontanées et àla
364
Af. AUSTBEGESILO
pression, parésie, réflexes patellaires flimimiés, pouls 64 passant à 78 dans la station
assise, et s’élevant de quelques battements pendant la toux et rétornuernent, polyné¬
vrite ffrippalc. Médicarnentation : adrénaline 0,01, légère palpilalio cordis, pas do gly¬
cosurie, diurèse peu augmentée.
l’ilocarpine 0,001. Elévation du pouls à 84. Mydriase par collyre d’atropine avec
dui éo de 3 joui-s.
Bien qu’il s’agisse de polynévrite eansécutive à la grippe, il existe des
signes vago(.oni([U(^s joeu prononeés dans les preuves pharmaeodynami-
(pies.
Il y avait lieu de prévoir l’imporlnnce de la vagotonie dans la grippe
par le simple raisonnement, puisque; les syïnplôm(;s d’irritation du pneu-
moga.strique dans l’irifluenza étaient déjà admis par les auteui-s classiques.
L’adrénaline et l’alropine devicnnerd les médieamentfe de ehoix de la
grippe.
VI
HYPOTONIE BRACHIALE
ET HYPERTROPHIE MAMMAIRE
G. CALLIGARIS
Docent libre de Neuropathologie à TUniversilé de Rome.
Dans ces derniers temps, Babonneix, Brisard et Blum ont présenté à
la Société de Neurologie un cas intéressant d’hémiplégie infantile (1).
Il s’agissait d’une jeune fdle de 18 ans, atteinte depuis son enfanct^ d’hé¬
miplégie, qui, outre les symptômes classiques (paralysies, arrêt de déve¬
loppement et hypertrophie des membres), révélait, dans le côté affecté,
deux particularités essentielles ; une hgpolonie des doigts de la main, asso¬
ciée à une hypertonie dans l’articulation du pouls, et aussi une hypertrophie
de la glande mammaire.
Aujourd’hui, je ne puis laisser tomber dans l’oubli un nouveau cas, qui
vient de se présenter à mon observation, et qui est comparable à celui
ilécrit plus haut, non paspour laformemorbide fondamentale (hémiplégie
infantile), mais pour le syndrome spécial constitué d’hypotoni(; d’un
membre supérieur, associé à une hypertrophie de la glande mammaire du
côté correspondant.
OiisenvATioN. — G. E., IG ans.
Le père mourut de pneumonie, mais la mère, ainsi qu’une sœur de 21 ans et une autre
de 19 ans, qui vivent encore, ont toujours joui d’une bonne santé.
La malade, née è terme, à l’âge de cinq ans, a eu la coqueluche et ensuite la rougeole.
Environ six mois après cotte dernière infection, elle fut vaccinée, et il semble que ses
malaises actuels datent précisément de cette èpoque-là. En effet, d’ai)rès ce, ipic dit
la mère, quelques jours après, l’entant, qui n’avait pas encore six ans, se plaignait déjà
de douleurs vagues dans le membre supérieur droit, et à la môme époque on constata
chez elle deux petits défauts qui n’existaient pas auparavant, c’est-à-dire un léger
bégayement et une facilité insolite de rire.
Ces phénomènes, pendant ces dernières dix années, restèrent immuables, etla jeune
llllcse soumit à idiisieurs traitements, çà et là, pour faire cesser, mais sans résultat, la
'loiileur de son bras droit, qui a ôté quali liée comme une «névralgie», une « bracliialgic »,
une « myalgie rhumatismale », etc.
(1) Babonnhix, BnisAUD et Blum. S>ir un cas d’hémiplégie infantile. Société de
Neurologie de Paris, séance du G juillet 19‘v2. Voir Ueuue jSearologique, 1922, n“ 7,
P. 932.
G. CALLlGAiaS
Il YPOTOMli HliACHIALE
3G7
L’oxamen du membre inférieur correspondaiiL, qui n’a jamais attiré l’attention de la
malade, nous fait voir que tous les mouvements sont complets et ne révèle aucun phéno¬
mène dyskinéLiqu(% dysloniq\ic. ou dystrophique, ni troubles sensitifs, thermiques ou
vaso-moteurs d’aucune espèce. Sa force musculaiiv' est valide.
On n’observe rien d’anormal dans la colonne vertébrale et pas même dans le thorax,
excepté l’hypertrophie de la mamelle droite, qui a un volume double de la franche
(voir Fig. 1) et ([ui descend do 4 cm. plus en bas que celte dernière. Elle est agrandie
Fig. 1
à la base autant que vers le sommet et montre quelques lacis veineux sous-cutanés, son
aréole est plus étendue (pie l’opposée, mais la consistance de la masse glandulaire n’a
pas augmenté.
Les réllexes tendineux inférieurs sont présents, normaux et égaux des deux côtés.
Des supérieurs, ceux du cubitus et du bicefis ne présentent iioinl de différences consi¬
dérables, pendant (fue ceux du fiouls (radial et cubital) se firésentcnt un peu atténués
ù droite, c’est-à-dire du côté hyfiotonupie.
Les réflexes cutanés et muqueux .sont tous visibles, égaux à droite et a gauche. 11
n’existe aucun signe de, fierlurbalion fiyramidale.
0. CAUJGARIS
30'^ (
Les éiji'oiivos ilii chalnnilkmnnl rl, les riaclions pUimulrice/i no montront pas do diffé-
roncos ovidonlos onLro los doux côLds, mais la raie blanche disparaît dans le inombro
siiporionr droit avant do disparaîtiai dans lo fîaucho.
IjOs sphinclcrs sont normaux, la (Icambnlaünn s’accomplil rdgidièromimt.
Scnxihililé. — Outra los sonsatioiis doulourousos montionnoos ci-dossus au bras droit,
la malade! so plaint raroinont ilo parostliosios sous formo d(! « poau morte » à la joue du
mémo côté. Los troncs nerveux ne sont pas douloureux à la pression, et rexamen des
diverses sensibilités supi'rlicii'lles et profoniles n’a montré aucun trouble au membre!
attidrit, au visage, au tronc et au membre inférieur de la moitié droite du corps.
L’c.rfimcii psiichniuc révèle seidement une tendance à réagir d’une! manière exagérée
i'i toute's les semsations, agréables ou désagréables.
Rjrilahililé musculaire mécaniijue nurmale.
ExcilabiUlé. musculaire électrifiue. Il n’existe pas île troubles dignes d’ôtre notés, si
ce n’est une légère hypoexcitabilité aie muscle biceps, le jdus atteint par le procès
atropbirpie. Aucune trace de la réaction myodystonique de SOderbergh.
Onjaucs iulernes sairts, urine normale. La réaction de Wassermann, pratiquée, l’année
dernière dans une maison de santé, où la malade avait été accueillie pour guérir son
algie brachiale, a été négative.
En nisurné, il s’agit d’uno jeune fille saine, sans précédents héréditaires
ou personnels, sans stigmates d’hérédo-.syphilis, laquelle, à l’âge de 6 ans,
peu de jours après avoir subi la vaccination au membre supérieur gauche,
commença â se jilaindre de douleurs vagues au membre opposé droit,
avec des irradiations épisodiques à l’héini-visage correspondant, d’un
léger bégayement périodique et d’uiu! envie de rire exagérée. A ces trou¬
bles, ([ui sont restés invariables pendant dix ans, d’autres s’ajoutèrent (ou
funuit remarqués) seulement plus tard du même côté, c’est-à-dire des per¬
turbations sécrétoires (hy[)erhydrose palmaire ou axillaire), vaso-motrices
(pàhnir d(! la main et de l’hémi-visagc), thermiques (main plus chaude) et
trophiques (diminution de volume des muscles du bras et croissance
minime des poils de l’avant-bras). Enfin, cette dernière année, deux nou¬
veaux phénomènes attirèrent l’attention de la jeune lille, c’est-à-dire de
très faibles désordres involontaires de mouvement au membre supérieur
droil , et aussi une augm(!ntal ion progressive de volume de la mamelle
corre.spondante.
Outre les troubles décrits plus haut, l’examen objectif a montré une
chose importante : une hypotonie considérable du membre supérimir
att(!iiit.
11 n’y a pas de doute que dans ce cas il s’agit d’un trouble organi([ue,
d’origine centrale. Le soupçon d’une affection périphérique, radiculaire
ou spinale, et encore moins fonctionnelle n’est pas possible et n’est pas
discutable. Il y a ici une lésion centrale, croisée, c’est-à-dire à l’égard de
l’hémisphère gauche. Quand même nous ne pourrions aller au delà et
fixer le diagnos(! topique, ce syndrorru! clini({uepeu commun, représenté
par hypotonie d’un membr(! supérieur uni à hypertrophie de la glande
mammaire du même côté, sm-ait, il nous siunble, assez imiiortant pour
mériter l’étud*: du neuropathologue. Mais nous pouvons aller un peu
plus avant et nous rapprocher d<! la lésion, sans ])r(;tendre cependant en
pr(!ciser le siège.
HYPOTONIE BRACHIALE
Les enseignements qui nous viennent du passé sont vraiment rares,
mais cependant non pas sans signification. Le fait que des cas semblables,
comme nous le dirons, furent observés dans l’hémiplégie cérébrale infan¬
tile, pourrait en attendant nous diriger, bien que vaguement, vers une
lésion corticale ou nucléo-capsulaire. Et voici la première question: est-ce
qu’il existe, chez notre malade, des éléments valables pour faire admettre,
ou bien pour exclure la lésion corticale au-dessus, ou la lésion centro-hémis-
phérique au-dessous ? La localisation régionale (brachiale) pourrait indi¬
quer la possibilité d’une lésion corticale, mais le facial inférieur n’est pas
atteint et les troubles objectifs de la sensibilité manquent, il n’existe pas
de signes de la série pyramidale, et cette dernière donnée négative nous
conduit d’un coup en dehors de la voie cortico-spinale du mouvement,
même dans l’étage sous-cortical, où nous sommes descendus et où nous
nous arrêtons.
L’hypotonie manifeste du membre nous oriente en effet vers les centres
et les voies de conduction de ce système moteur extra-pyramidal qui com¬
prend les mécanismes du tonus, et auquel aujourd’hui, de toutes parts,
tendent les recherches des neurologues.
Sans dire que dans certains cas de pseudo-sclérose, comme l’a rappelé
dernièrement Bostroem (1), on trouva l’hypo et non l’hypertonie, en ce
qui concerne l’hypotonie dans l’hémiplégie des adultes, d’origine orga¬
nique et cérébrale, nous connaissons déjà depuis longtemps, même sans
avoir une vision pathogénéticjue bien claire, les « hémiplégies flasques »
comme nous connaissons les hémiplégies douloureuses.
Nous savons également que, dans les paralysies cérébrales infantiles,
au lieu de phénomènes communs spasmo-paralytiques, on peut parfois
découvrir une hypotonie, ou une atonie musculaire généralisée, ou bien
localisée (Foerster). L’atonie dans l’hémiplégie infantile a été étudiée par
Long (2) alors que, dans la même forme morbide, une association de
phénomènes atoniques et hypertoniques était constatée par Babinski.
André Thomas et .Jumentié (3) observèrent au contraire un malade dont
l'hémiplégie, qui était d’abord spastique, devint plus tard flasque, et
Souques trouva, ^dans l’hémiplégie infantile, l’aréflexie tendineuse (4).
Lernièreimmt Bahonneix (5), en étudiant les troubles du tonus musculaire
dans les micéphalopathies infantiles, après l’hypertonie d’origine pyra-
■nidale et les rigores de nature striée (rigidité de type décérébré), a aussi
observé, quoique rarement, des formes hypo ou atoniques. Vedel et Gi¬
raud, dans deux cas de syndrome de torsion spasmodique du membre
supérieur, notèrent également l’association, dans le même membre, d’hyper
et d’hypotonie (6).
Aujourd’hui n’est pas invraiscmblablerhypothèse (pie, danslescas sus-
(1) UosTRoiîM. Dcr AmyosLalisclio Sympatomenkomplcx. Spiitipcr, Berlin, 1922.
(2) lietme. Neiirnliifiiqiii’, 1910, p. 97.
(3) Société de Neurologie de Paris, 3 avril 1913.
(4) Revue Neurologique, 7 octubre 1915.
a) Journal de médecine de I^aris, n» 10, 1922. Annules de Médecine, jiiilb'l 1922.
(6) Revue Neurologique, n» 4, J923 .
BEVUE NEUHOLOGIQUE. — T. II. I
24
370
G. CALLIGARIS
dils, pareils états liyiadoniques aient eu une origine striée ou exlra-pyra-
niidale, ce mot pris dans son acception la plus large.
Ainsi dans l’encéphalite épidémique, bien qu’en cette maladie soit beau¬
coup plus fréqucnt<! cette hypertonie de nature extra-pyramidale qui donne
son cacluit aux communs syndromes parkinsoniens, on a constaté l’hy¬
potonie inuscAilaire dilîuse à une moitié du corps, ou plutôt à localisa' ion
égionah', avec limitation, par exfunple, à unemainou à un pied, hypotonie
étudiée par riarbo, (À ])articulièrement par Ahraharnson (1) ; Stern (2), dans
sa d(u’niére monographie, a dédié un chapitre à part à cette question, l'n
malaile d’A(;hard (3) pouvait porter le genou au contact du menton
comme les tabcti([U(is, et par contre, chez un autre malade, l’hypototiie
remplaça rhyp(;rtonie pf)stencéphalitiqu(‘. Dans certains cas, comme rnoi-
ihêitK! je l’ai eonslaté', (hss états hypertoniques sont dilTéremment mêlés ,
avec lies états hyfiotoniijues, association que nous avons vue plusieurs
[ois, pendant la guerre, dans certains syndromes physiopathiques du type
Babinski-Froment. L’hypotonie, au lieu de l’hypertonie musculaire, fui
dernièrement constatée aussi par Wimmer (4) dans un cas, non pur, de
syndrome du coiqis strié, 'trois aulres petilssymptômes, mentionnés dans
cette brève histoire eliniipie, c’est-à-dire les faibles phénomènes hyper-
kinétiques du membre supérieur droit, le bégayement périodique et la
tendance au rire incoercible, concourent également à nous conduire vers
le eoiqis stri(’‘,(pii de ce système représente, comme on le sait, la station
{u ineijiale. Disons la même ehosiï pour les troubles vaso-moteurs (pâleur
de la peau), séerélcurs (hyperhydrose), et thermiques (main jilus chaude),
constat és dans le membre sujiérieur atteint . Desrecherches expérimentales
et des observations cliniques, ces dernières enrichies par l’encéphalite
éjiidémique, ont conlirmé désormais l’existence, dans les ganglions iqilo-
slriés, de centres i[ui jirésideid à toutes ces fonctions, et depuis plusieuis
années attribuées au iiucieiis lenliciilaris par Mingazzini (.ô), avec l’appui
de ([uelques auteurs et malgré l’opposition de plusieurs autres.
Mais il y a encore une autre considération à faire. La brachialgie, qui
conslü.ue le trouble le ]ilus important dont se jilaint la malade (et qui ne
mampiait jioini, iiidez bien, pas même dans le dernier cas rapporté ]»ai'
Babonneix, Brisard et Blum), ci'tle brachialgie, disons-nous, jiar sa nature,
jiar ses e.xacerbal ions])aro.xysli(pies, spécialement en di'qiendance di^ causes
émotives (pareillement à ce ipii arrive dans les causalgies, comme l’a déjà
obseivé Boussy), jiar ses irradiations non correspondantes à des lerii-
toires d’innerval ion jiérijihériipie, par les jiaresthésies sjn’ciales (sensal ions
depeau moi-tedansl’hémi-faee corresjiondante) qui ([uel([uefois la substi-
tui'nt, et. sui’loutjiar sa ténacité rebidli’ à lousiesi.railementsanalgédques
fl) ,\itnAii.\.MSoN. Mdto • ilisUirliiiiiccs in IcUiiirKii; l'iieephiililis. Arrii. uf ih'iii'ijI. a.
[)si/rhiiilr.. Il" I. I!I‘2I.
(2) Sthiin. Dir Kpiilemisclie Knccphiililis. Sfiriiiffer, Jti-i'lin, 1022, s. 27.
(3) Acmami). l.’KneépInililc lél Inri'iipii'. l'iiri.s, Haillii'rc, l‘J2l.
(4) Viiii- Gi'riii: Ai'iirnluiiiiiiic , n'» 9-10, 1!)2I.
f5) Minoazzini. .Siillii sint ilolle lesioni ilel niielei) leiilionlare. Itivisln s/ie-
l'iiiu'iitiik ili Fciiidlriii. -X.W'II, 1-2 ; vol. XXVILI. fasc.2-3, 1901-2.
HYPOTONIE BRACHIALE
371
(cela dure depuis dix ans), est certainementd’origine centraleet appartient
aux formes douloureuses, déjà connues depuis longtemps (Anton, Edinger,
Goldschcidcr, etc.), qui sont par nous généralement mises en rapport avec
une lésion thalarnique.
Aujourd’hui que les intimes connexions et l’étroit commerce fonctionnel
entre le thalamus et le corps strié sont mieux connus, on parle toutefois,
à juste raison selon moi, aussi d’algie strio-thalamique(Sicard),ou strio-
hypothalamique (Souques), par altération des fibres qui réunissent h‘
thalamus au corps strié et à la région subihalamica. Depuis longtemps
Mingazzini avait signalé des troubles sensitifs dans certaines lésions du
putamen, et des constatations analogues furent faites par d’autres neuro¬
logues (OstankolT,Bechterew, Giannuli,Biancone, Ross, Ormerod, etc.) (1),
Nous pensons en effet que ces troubles subjectifs spéciaux de la sensi¬
bilité peuvent être quobjuefois, dans de pareils tableaux cliniques, d’ori¬
gine extra-thalamique bien que para-thalamique (lésions du corps strié, de
la région sous-optique, etc.). Leur fréquence, non seulement dans les syn-
dromësparkinsonicns de l’encéphalite épidémique, mais aussi dans la ma¬
ladie classique de Parkinson, spécialement au commencement, nous con¬
firme dans une telleconviction. Dans les cas observés par Vedel et Giraud,
qui sans doute révèlent l’intervention des noyaux centraux, les spasmes
toniques subintrants étaient « très douloureux ».
Un autre phénomène, qui fut rappelé à propos do l’examen psychique
de notre malade, nous conduitégalcrnent vers les grands noyaux centraux
ou vers leurs dépendances voisines. Nous voulons parler de cette
insolite facilité que montre la jeune fille de réagir de manière exces¬
sive à chaque excitation agréable ou désagréable (sur-réaction de
llead), phénomène qui est ici à peine remarquable mais non douteux, et
que présentement je suis en train d’observer ave#; intérêt, car il est très
évident chez un jeune homme de 20 ans qui présente un syndrome tba-
lamique poslencépbalitique.
Et passons au.x troubles trophicfues, que délibérément nous désirons
considérer en dernier lieu dans cette courte discussion. Laissant de côté
l’agénésie pilaire, de l’avant-bras droit, après avoir seulement rappelé que,
dans un cas d’encéphalite épidémique, dans un Institut Neurologique de
New-York, fut observée rbyj)ertricbose des bras et du visage, deux phéno¬
mènes restent ici à considérer, dans la moitié droite du corps, c’est-à-dire
l’hypotrophie musculaire du bras, et une chose bien plus importante pour
nous, l’hypertrophie, qui depuis un an a pris un caractère progressif, de la
glande mammaire.
La pathogénèse de ces deux symptômes est obscure. Nous savons, par
exemple, ([ue certains cas rares d’hémiplégie par lésions cérébrales
chez les adultes sont caractérisés par une rapide et considérable atrophie
musculaire, mais l’exacte interprétation physiopathologique de ce trouble
(1) Voir Higiiutti. Sulla sinlomaloloffia dclle iesioni del nucleo lenlicolare. AUi de
IV« Cimijreÿgu delta Socielà Hcdiana di Nearulogia (1914).
372
G. CALLIGARIS
trophique jusqu’à présent nous est inconnue. Il est vrai que dans les afl'tc-
tions du système moteur extra-pyramidal généralement l’amyotrophie
manque, comme nous l’avons pu constater en étudiant les syndromes myo-
toniques de l’encéphalite épidémique. Nous ne devons pas oublier d’ailleurs
que, sans connaître les causes de ces différences, quelquefois, par exemple
dans la myoclonie, l’atrophie des muscles affectés fut observée par Stadler
et l’hypertropie fut constatée par Hunt. Higier, dansun casde hemi-para-
lysis agilans juvenilis post-léthargique, trouvade l’atrophie musculaire et
osseuse dans le côté tremblant, comme dernièrement Fiore remarqua
l’hypotrophie des membres dansun cas de hemi-chorea de Sydenham; et
moi aussi, chez le jeune homme dont je viens de parler, porteur d’une
lésion thalamiquc postencéphaliiique, j’ai vu une hypotrophie globale
du membre supérieur gauche.
Nous ne savons pas dire pour quelles raisons (en relation avec la marche
de la maladie, avec sa nature, avec des localisations spéciales, avec des
combinaisons particulières, etc.), certains troubles moteurs extrapyra¬
midaux quelquefois sont accompagnés par l’hypotrophie musculaire et
quelquefois non. Il est cependant établi que, dans le cas de cette jeune
fdle, l’atrophie musculaire du bras droit (faute d’examen radioscopique
on ne connaît pas l’état de l’humérus, qui probablement présente des phé¬
nomènes de raréfaction) a été produite par une lésion qui se trouve au
dehors du système moteur myodynamique.
Mingazzini a soutenu depuis longtemps que le noyau lenticulaire, et
plus précisément le pulamen, est une station d’origiiu! ou de passage de
fibres trophiques, et d’autres observateurs ont relaté des cas, toutefois
pas tous purs, car dans certains il s’agissait en réalité de lésions nucléo-
capsulaires, qui confirment cetteconception(Bcchtercw,Giannuli, Homen,
Dejerine, Jakob, .Monakovv, Kirchoff, Righetti, etc.). Nous rappelons en
outre que l’endurcissement ou la desquamation de la peau se présenta
([uèlquefois dans la maladie de Parkinson (Frankel, Naumann, Reuling,
Weber, Lamarche, etc.), et que. deux cas de fracture spontanée, dans cette
maladie, fureul, publiés par .\Ionghal,coriunccelledu fémur, dans lamaladie
deWiIson,futobservéeparEconomo(l ). Babontuuxe.t Peignaux(2) chezune
maladeavecsyndroincpallidalj)o.stencéphali tique, notèrent tout, récemment
des troubles trophiques as.sez évidents (atrophie globale des muscles des
membres, menaces fl’escarre sacrée, modifications des [ihalanges unguéa¬
les des doigts, kératose des facer dorsale et latérales des deux pieds, etc.).
Aujourd’hui nivient en discussion, comme on sait, aussi l’importante
([uestion concernant leséventuels rapports existant (udreles maladies du
corps strié et le rhumatisme chronique défoiinant (.Sicard, Lhermitte),
et d(u-nièrement Souques, dans un traité(3), comme Foerster (4) dans un
(1) Cil. par Mai.l. La (I6|^6n6r('scence liepalü-lciitieulairc. Masson, Parts, 1921.
(2) Iteime Neunilnijiiiue., ii» 4, 1923.
(3) .Skfku’.nt, Hiiiadcau, Dumas, Haiionnuix. Traité de, Palhulogic médicale,
.\earoli)(/ic, tome II, pajçi^ 413.
(4) PoKRBTun. /.iir Analyse, untl Pnlliopliysioloffie (1er sltiflrer liowe(ÇuiigslOrungen
/eitschr. /. d. ijes. iXcuroloyie und Psijchiatrlc II. 1-2, 1921, llg. 9-10, 11-12.
HYPOTONIE BRACHIALE
373
travail magistral, ont reproduit, dans certaines images, des mains de
parkinsoniens, comparables par leurs difformités à celles propres de l’ar¬
thrite chronique, comme ilavaitété notépar plusieurs neurologues (l’asso¬
ciation rhumatismale-parkinsonienne avaitété déjà observée parBrissaud).
Aussi Uelahet (1), qui récemment a également attiré notre attention sur
la non rare association des deux formes morbides, cite deux cas qui lui
appartiennent ; il reconnaît un rapport entre les deux syndromes, et ad¬
met qu’un trouble trophique par maladie cérébrale (lésion du globus
pallidus ?) produit l’affection articulaire.
Rares, mais non sans importance, sont à ce propos les contributions
apportées, aussi en ces dernières années, par l’encéphalite épidémique. En
ce qui concerne les troubles trophiques localisés, on connaît, par exemple,
les cas de Petren, qui, chez un malade, vit se produire une néofor¬
mation osseuse dans le fémur et dans l’humérus, analogue à celles obser¬
vées par M™® Dejerine chez certains sujets paraplégiques. Zingerle de
Graz (2), chez une parkinsonienne, a par contre noté un processus ar¬
thritique dans l’épaule gauche (Schriimfung des Gelenkskapsel) ; et
moi-même, dans deux cas de syndromes dystoniques postencéphalitiques,
j’ai noté des phénomènes d’arthrite sèche dans quelques articulations
hypotoniques des membres, qui donnaient un bruit crépitant caractéris¬
tique dans les mouvements passifs, bruit perçu par le malade lui-même
dans les mouvements actifs. La consistance coriace de la peau aussi, dans
l’encéphalite épidémique, tut constatée par Sarbo et par quelques autres
observateurs.
Les cas d’obésité postencéphalitique, devenus de plus en plus fréquents,
se mettent généralement en rapport, comme on sait, avec des lésions hypo¬
physaires, mais aujourd’hui on a la tendance d’attribuer à la région basi¬
laire du cerveau, ou région optopédonculaire, 1^ plus grande partie des
symptômes (polyurie, glycosurie, adipose, etc.) jadis rattachés à l’hypo¬
physe. Il s’agirait donc, non de syndromes hypophysaires, mais infun-
dibulo-tubcriens (3).
Sans parler de la grave émaciation, qui se présente non rarement dans l’en¬
céphalite épidémique, qui ne cède pas à l’hyperiiutrition, et qui doit avoir
aussi une genèse extra-hypophysaire, on ne peut pas en effet ignorer que
quelquefois l’adipose, en cette maladie, a montré une localisation en
prévalence régionale (Bertolani), en nous rappelant à l’esprit le type Der-
cum;on ne peut ignorer que dans la littérature furent plusieurs foisenre-
gistrés, indépendamment de l’encéphalite léthargique, des cas de lipoma¬
tose segmentaire d’obscure origine cérébrale ou spinale, et enfin qu’un
chat de Probst engraissa notablement après des lésions expérimentales du
(1) IJelaiict. Des relations île la inalailie île Parkinson avec le rhumatisme chro¬
nique. Arch. de méd. cl pliurm. nnu., n» G, 1921.
(2) Zingeulk. Beitraq ziir Kenntnis (les extrapyramiilalen Symptomkompklexes-
Jnurn /Or Psuclwloi/ie und Neurologie, Bd 27, pas,'!' 174.
(3) Voir Camus et Roussy. Les syndromes hypophysaires. Sociélé de Neurologie de
Pans, 2-3- juin 1922. i i
874
G. CALLIGAEIS
llialainus ; que ReichardL, cité par Buscaino (1), observa des cas d’adipo¬
sité pathologique du fait de tumeurs voisines des noyaux gris de la base,
et aussi que Valobra, me semble-t-il, a noté quelques phénomènes compa¬
rables dans son étude sur les tumeurs du mésencépbale.
Il est donc naturel de penser qu’avec toute probalité des interdépen-
•lances intimes existent entre l’hypophyse et les centres hypothalamiques
régulateurs de la nutrition et (}U(“,commelesupposeBerlolani(2),des con¬
séquences égales peuvent dériver de la lésion primitive de c(!tto glande-là
ou de ces C(uitres n(!rveux, ou même de l’interruption de leurs fibres de
communication. Des mécanismes spéciaux doivent gouv(Tner, outre la
production', la localisation aussi d’une dystrophie; ({uelconque, comme
ils commandent celle d’une dyskinésie, d’une dystonie, etc.
Et nous voici parvenus, par logique déduction des choses, à prendre en
considération aussi l’hypertrophie de la glande mammaire, qui constitue
le symptôme caractéristique de notre cas clinique. Les observations ana¬
logues, jusqu’ici connues, sont très rares et les auteurs susdits, qui en ont
rapporté à la Société de Neurologie un exemple très démonstratif, rappel¬
lent seulement deux cas, l’un de Lannois et l’autre de Lehlais.
Kécernment Greig (3), après avoir rapporté l’histoire d’une jeune fille
de 14 ans, laquelle présenta une rapide et. progressive augmentation de
volume des mammelles qui avaient atteint des dimensions énormes, a
considéré telle forme morhidi; comme une entité spéciale, qu’il appelle
hupcrlrophie. mammaire de la puberté. Or, puisiju’il s’agit d’une malade
aff(;ctée (h; diplégii; infantile (il aurait été inl ér(;ssant di; connaître les
résultats de l’examen neurologique) nous nous demandons si, par hasard,
ciitte observation entre aussi dans le nombre de celles rapportées par les
susdits auteurs français, lesquelles sont comparables à la nôtre.
Puis(pie dans la région hypothalamique il y aurait des centres végétatifs
(Karplus, Kreidl, Schrottenhach), aujourd’hui quelques auteurs admettent
(jue,par (;xempl(;,non seulement les altérations hépatiques peuvent se ré¬
percuter sur les fonctions nerveuses et mentales, maisqu’aussi ces premières,
inversemeid, dans (;ertains cas, au lieu d’être primitiv(;s, peuvent être
secondaires par rapport aux alTectionsd’un centre autonome hépatique,
situé dans le cerveau intermédiairt;, centre qui refléterait au-dessous de
lui sa p(‘rturhation dans l’organe spécifique, à travers le système nerveux
végétatif (4).
Quüiqm; Bosf roern (5) ne sernhh'pas disposé à accepter une semblable
hypothèse, nous sommes d’avis qu’une telle influ(;nce réciproque et pré¬
établie entre un organe de notre corps et un centre fonct ionnel végétatif
(1) HuscAiNo. Biologia dctla vila .moliua. Zanic hclli, Hdlet'iia, p. 132.
(2) liiiUTdLANi. Siiiilniitii' ndipixd-ipi.lisaria Cdiiscciiliva ad cncdralilc epideinica.
1'' Gnnijrr.i.'Di ilclla Sdcii'tà lUilinuii ili Ncurulugid. l’irciizc, 10-21 dcldbre 1021.
(3) lùlinharg med. Joiirn. Avril 1022.
(4) Voir UonNiiKiM. UrrOclisicdd i(,oinff der Beziohurif,' (-[izwiwdien (bdiii ii und I>(dKT.
Zeiischr. fur die ges. .'Veurol. u. /'.si/c/i., 10. 1020. Vdir l.nYsiai. Die Dalleder Leber bel
Deisles-dud .Nerveukraiiklieilen. XJ] Jalire v.r. amwliir.g des Gesdrchajl Deulsihir.
Nervenârlze in Halle. 13 u. 14 délabré 1022.
(5) Bostiiohm. lac. cil., pat^e 121.
HYPOTONIE brachiale
375
correspondant de notre cerveau ne peut pas ne pas exister. La clinique a été
plus d’une fois maîtresse de là physiologie, et a prévu ce que cette dernière
science n’avait pas encore pu voir dans ses cabinets d’étude et démontrer
dans ses laboratoires. Qui sait combien de fois la maladie pulmonaire, ou
gastrique, ou intestinale, ou héinatique, ou de la nutrilion, etc., que nous
regardons comme une entité primitive, est au contraire secondaire par
rapport à une occulte perturbation, que nous ne savons ni soupçonner ni
imaginer, des représentations motrices, réflexes, sensitives, vasomotrices,
trophiques, etc., de cet organe, ou d’un seul élément de sa constellation
cérébrale.
11 y a, par exemple, des observations qui tendraient aujourd’hui
à faire admettre que dans le diabète l’éliminination du sucre est réglée par
le (jlobus pallidiis. Des lésions histologiques localisées dans cette forma¬
tion auiai(mt été trouvées chez ciuelqucs-uns de ces malades morts en état
de coma (Hoel et Lewy, Dresel) ; et Hall cite, dans une des notes de sa
monographie, les études de Brusch, qui aurait pu produire une glycosurie,
non seulement avec la classique pisqûre deCl.Bernard,mais aussi moyen¬
nant une lésion expérimentale dudit noyau. Pour ce qui concerne en effet
la glycosurie d’origine expérimentale, sont connus les deux cas de Lher-
mitte, concernant des soldats blessés dans la guerre, et nous savons aussi
que Senator (1) avait déjà observé comment la piqûre du corps strié chez
les lapins (piqûre de Sachs-Aronsohn) produisait de l’hyperglycémie.
Bailey et Brcmer (2), avec des expériences sur les chiens, provoquèrent,
par la piqûre de la région para-infundibulaire de l’hypothalamus, la
polyurie, la cachexie hypophysoprive, l’atrophie génitale et l’adiposité,
l’intégrité de l’hypophyse étant histologiquement vérifiée.
Si de f, elles recherches ont confirmation, on devra naturellement
considérer sous un nouveau point de vue la glycosurie, et aussi l’hyper¬
glycémie et l’hyperglycosie dans le li([uide cé;çhalo-rachidicr, qui quel¬
quefois se présentent dans certaines maladies extra-pyramidales (pseudo¬
sclérose du type Westphal-Sf rumpell et du type Wilson, parkinsonisme
de l’encéphalite léthargicpie), appelant d’autre côté en jugement aussi
la glycosurie émotionnelle, l’ictère émotionnel, etc.
•Maintenant, si on croit que, comme Budge (186.5) l’avait déjà entrevu,
danslarégionopto-striée,dansla régionhypothalamique, et dans le planche j
du 3e ventricule aient leur siège des mécanismes nerveux destinés à
régler la thermogénèse, la vasomotion, la nutrilion et le trophisme en
général, l’hypothèse que tous les organes de notre corps, non exclus ceux
glandulaires, puissent avoir leur représentation fonctionnelle dans ce
grand centre dilïus de coordination pour toute la vie végétative ne
devrait pas paraître invraisemblable.
L’atrophie musculaire d’un bras (dans une obs(u vat ion de Lannois,il
y avait par contre l’hypertrophie musculaire (d osseuse) avec l’hyper-
(1) Cil. HlIS.-AINO.
(2) Arch. O/, inkriuil. me<J., déc. ]'j21.
376
G. CALLIGARIS
trophie glandulaire d’une maminclle ne nous semblent pas, pour cela, des
phénomènes inconcevables à la suite d’une lésion bien qu’ignorée et au¬
jourd’hui mal localisable i nlravilam, dans \e territoire des noyaux centraux
ou dans les étages de dessous qui en sont dépendants.
Peut-être n’est-elle pas infondée même l’hypothèse que certains cas
analogues, qu’aujourd’hui nous mettons vagucîment en rapport avec une
trophonévrose du système sympathique {Ilemi-alrophia faciei, Ilemihy-
perlrophia loliiis corporis, etc.), peuvent quelquefois avoir une semblable
pathogénèse centrale.
L’association d’un trouble dans le mécanisme de la régulation tonique
(hypotonie du membre supérieur) avec une perturbation trophique de la
glande mammaire correspondante (hypertrophie), association constatée
dans les rares cas susdits et certainement pas occasionnelle, reste toutefois
le fait fondamental qui confère son empreinte caractéristique au syn¬
drome. Babonneix, Brisard et Blum, après avoir avisé que pré.sentc-
ment il serait téméraire de vouloir préciser sa pathogénèse, ont admis,
avec de prudentes réserves, que dans leurs cas les phénomènes dysto-
niques sont dus à la lésion striée, et plus précisément pallidale, attribuant
vaguement l’hypertrophie du sein à une lésion encéphalique croisée.
Non seulement nous ne nous sentons pas présentement à même d’être en¬
core plus précis en localisant la lésion qui commande le cadre clinique
analogue chez notr(‘ malad<!, mais nous voudrions même vaguer dans une
circonférence plus étendue (strio-thalamo-hypothalamique), pour com¬
prendre avec une plus grande probabilité le point lésé qui donne en même
temps l’hypotonie brachiale et l’hypertrophie mammaire. Nous n’avons
toutefois pas mèim; la certitude que ce point focal existe en réalité, parce
qu’il pourrait se faire que ces troubles associés, plutôt qu’avec un fait de
localisation anatomique limitée, soienten rapport avec lanature ou avec
le degré spécial d’une lésion bien plus diffuse. C’ést pour cela que nous
ne savons pas dire pourquoi ce spécicl syndrome (hypotonie brachiale
et hypertrophie mammaire) ne sesoitpar exemple réalisé pas même une fois
d’après ce que nous savons des cas si nombreux de dystonie postencé-
phalitique. Un développement pathologique des glandes mammaires se
serait probablement produit dans le cas de Stern (1) (lésion encéphali-
tique épyphisaire ou para-épyphisaire), si on avail eu affaire à une jeune
fille et non pas à un garçon de douze ans. Il est plus vraisemblable de
soupçonner, chez notre malade, nn rapport indirect avec d’obscurs phéno¬
mènes de répercussion, avec d’intimes processus irritatifs ou dégénérjtifs
plus ou moins diffus, au lieu d’un rapport direct avec une localisation
initiale et spécifique. Gela serait aussi justifié, nous semble-t-il, par la
tardive apparition de rhyi)ertropbie mammaire commencée, comme on a
dit, depuis un an seulement, c’est-à-dire neuf ans après la maladie. Des
constatations semblables, regardant des symptômes qui paraissent tardi-
(1) .Stehn. Uber l'ubei'las praeeex bei i!pi(l(unisclier Enccrilialilis, Med. KUnik, 27,
1922.
HYPOTONIE BRACHIALE
377
vement dans les affections des noyaux opto-slriés, ne manquent pas. On
sait, par exemple, que dans leslésions duthalamus optique la douleurpeul.
se produire beaucoup de temps après le commencement^ du mal (13 mois
après l’accident, dans un cas de P. Marie et de Bouttier). La palilalie aussi,
selon notre observation, est par exemple un symptôme généralement tar¬
dif dans les troubles moteurs de typa strio-pallidal de l’encéphalite épi¬
démique, et on peut dire de meme de l’adipose. Tous ces faits comportent
naturellement des questions physiologiques d’une importance fondamentale
dont la solution excède encore aujourd’hui nos connaissances. Quant à
l’étiologie de la forme morbide chez cette malade, nous restons également
incertains. La mère assure, comme nous avons dit, que la jeune fille tomba
malade quelques jours après la vaccination, la petite avait alors six ans,
et quelques mois avant, notez-le bien, elle avait souffert de la rougeole.
Notre incertitude sur l’élément étiogénétique n’a du reste pas une grande
valeur, soit qu’il s’agisse d’une affection d’origine toxique ou d’une mala¬
die postinfectieuse, parce que nous savons qu’une cause comme l’au¬
tre peuvent également entrer en jeu pour affecter le tissu nerveux.
Quelle que soit la cause et quel que soit le siège de la lésion, ce tableau
clinique est par lui-même suffisamment important, nous semble-t-il,
pour attirer l’attention des neurologues qui pourront, dorénavant, faire
attention aux nouveaux cas qui pourraient se présenter à leur observa¬
tion, et mieux étudier les rapports physiopathologiques et éventuelle¬
ment les bases anatomo-pathologiques de cet étrange syndrome : hypo¬
tonie brachiale et hypertrophie mammaire.
ANALYSES
NEUROLOGIE
ÉTUDES GÉNÉRALES
BIBLIOGRAPHIE
Recherches anatomo-cliniques sur les Névromes d’amputation douloureux
Nouvelles contributions à l’étude de la Régénération Nerveuse et du Neuro¬
tropisme (Travail de laboraloiri- Je rcclicrclK'S f)atliolügi(Hias. L. C. C. Maudslcy
llusi)ilal), parO.MAniNESCo. P/iiVosop/iicaZ Iransacl u/ ihe Jloijal Socidij oj Lundun,
«('■ries H, vol. 209, pp. 229-304.
Travail très minutieux, très intéressant, très suggestif et ricliement illustré
(30 ligures). Ai)rès un aperçu historique sur la question, l’auteur passe à ses propres
recherclies macro et micro.scopiques sur les névromes d’amiuilation douloureux. 11
ilécrit dans ees formations six zones, savoir : 1“ la zone de l’extrémité du nerf, zone ger¬
minative, de multi|dication initiale id fie transformation lilirillaire ; 2“ la zone
des faisceaux div(‘rgents et des faisceaux désorientés ; 3» la zone plexiforme ; 4“ la
trabéculaire ; .0» la zone terminale du névronie et 0» la zone de neurotisation des
tissus environnants.
l-e lecteur trouvera dans l'original les détails concernant la structure de ces diffé-
férentes zones, sur les altérations vasculaires, les |)liénomènes cliniques qid accom¬
pagnent les neuromes douloureux dont nous parlons.
Disons seubunent ici que l’analyse histologique de ces productions conduit l’au¬
teur à la conclusion qu’il s’agit plutôt de phénomènes de surrégénération compensa¬
trice (pie de véritaldes tumeurs. En effet, il n’a pas décelé le glycogène ni dans le
syncytium de Schwann ni dans les libres régénérées, donc celte substance manque
dans les éléments spécifiques du névrome. Le glycogène peut, par contre, être, observé
dans des cellules plac(';es à l’intérieur des faisceaux nerveux. D’une façon [dutôt
exceplionmdle,on peut observer du glycogène dans les c(dlules conjonctives et miiscu-
iaires des vaisseaux du névrome.
Due autre notion inqiorlanle, à retenir, c’est la présence du fer dans les noyaux
syncytiids et son absence dans les anciensou les nouveaux cylindraxes. Même absence
se constate en ce (|Ui concerne les oxydes (pi’on rencontre en abondance dans les cel¬
lules du syncytium ainsi <pie dans les cellules endothéliales. L’auteur passeensuile en
revue nos connaissances concernant le neurotropisme, le chimiotropisme, la théorie
de l’odogenèse et le syiicy tiid.iuqiisiue. L’auteur fait intervenir dans les phénomènes
régéuératifs des nerfs d’un côté l’impulsion trophi(pie [larlie, de la cidiule d’origine,
d’autre part, les interactions des néo fibrilles et des cidlules syncytiales. Il existe des
corrélations (Uilre la nature d’une fibre et le milieu où elle finit. Lv, cytotropisme est
pour l’auteur l’expression des phénomènes des tensions de, surface et des différences
des polentiids éleclri<pies et ehinurpies. Les modifications de lu tension superficielle
ANALYSES
379
conditionnant les phénomènes régénératifs sont à leur tour en rapport avec des phé¬
nomènes d’oxydation et on doit retenir à ce propos la présence des oxydases dans
les ncuromes d’amputation. Ces phénomènes catalytiques en général interviennent
dans la régénérescence nerveuse. G.-J. Pauiion.
Anatomie comparée du Système Nerveux des Vertébrés et de l’Homme, par
C. U. Ariens Kappers (Die vergleichende Anatomie des Nervensystems der
Wirbeltiere und des Menchen). Harlem De Erven, F. Bohn, 1920-1921.
Le livre de Kappers, com|iosé de deux volumes, comprenant 1.370 liages et illustré
par 646 ligures en noir et 10 planches en couleur, est une vaste synthèse de nos con¬
naissances actuelles sur le système nerveux central, étudié dans toute la série animale.
Il représente, en outre, l’expression des recherches originales de Kappers et de ses
élèves.
Ce livre monumental nous permet de saisir l’évolution de l’image vivante du neurone
et de l’arrangement des systèmes de neurones, considérés à travers les âges. D'ail¬
leurs, cette notion d’évolution et de relation entre la morphologie et la fonction est
l’idée conductrice de l’auteur, grâce à laquelle l’anatomie statique devient une science
dynarrique.
M. Drooglevcr Fortuyn s’est chargé, sur la demande d’Ariens Kappers lui-même,
de donner une revue générale sur le système nerveux des invertébrés, domaine dans
lequel il a acquis une notoriété incontestable.
Le premier volume est constitué |iar six chaiiitres, dont le premier est consacré
à la morphologie des éléments nerveux. Kappers passe ensuite en revue la structure
intime des celiules nerveuses, de leurs prolongements et de leurs terminaisons en dé¬
crivant successivement le centrosome, la substance chromatophile, les neuro fibrilles,
les mitochondries, etc. Il étudie les relation entre les éléments nerveux et pense que
môme, dans le système nerveux des vertébrés, il y a un neuropile.
il est regrettable que l’auteur parle des coriiuscules de Nissl comme de quelque chose
de préformé, tandis que nos recherches et celles de Mott ont montré qu’ils sont des
produits de précipitation et que, d’autre part, la structure colloïdale, c’est-à-dire la
matière vivante du neurone, est passée sous silence.
Pour mieux comprendre l’idée conductrice de Kappers, le premier cliajiitrc débute
par l’étude des cellules sensorielles qui subissent l’action des trojiismes, étude qui pré¬
pare, le lecteur pour la théorie de Kappers sur la neurobiotaxie .
L’auteur fait certaines réserves sur l’application de la théorie du neurone, qui ne
serait pas applicable aux invertébrés pour lesquels ils faudrait acceiiter la théorie du
ncuropilc, telle qu’elle a été imaginée par Bcthe et riar Apathy. Dans la description
des centres nerveux, Drooglcver Fortuyn suit l’ordre de la classification zoologiquc,
des coelcutérés à l’amphioxus, puis il donne une description anatomique comparée do
la moelle épinière, aussi complète que possible, dans toute la série des vertébrés i il
est impossible de suivre l’auteur dans cette descriiition (ii' chapitre). Itaiipelons
<îue, chez l’amphioxus, les racines antérieures et postérieures sont séparées dans
^eur parcours périphérique et que les racines antérieures sont exclusivement somato-
motrices, tandis que les racines postérieures contiennent à la fois des libres sensitives,
somatiques et viscérales ainsi que des fibres viscéro-rnotrices. Les cellules d’origine
des fibres sensitives sont bipolaires et siègent, en partie, dans la portion intramé¬
dullaire des racines, sans constituer un ganglion.
Les chapitres suivants (ni, iv et v) sont consacrés à l’anatomie comparée du
Lulbe, région d’émigration des noyaux, sous la dépendance des phénomènes de neu-
•■obiotaxie.
380
ANALYSES
Nous devons à Kappcrs les plus beaux exemples de déplacements des groupes cel¬
lulaires dans la philogénie, déplacements dus à l’influence de certaines voies d’où par¬
tent les excitations qui conditionnent leur fonction. Les noyaux du bulbe et du cer¬
veau se prêtent admirablement à cette analyse. Chez les poissons, les batraciens,
dépourvus d’une langue musculaire, les racines qui correspondent au noyau de l’hypo¬
glosse innervent les muscles du tronc et reçoivent une influence réflexe des racines
postérieures, de sorte que les cellules d’origine de ces racines occupent la même posi¬
tion que les cellules motrices radiculaires, comme si elles n’étaient autre chose qu’un
prolongement de la moelle cervicale. Mais, à mesure que la langue devient musculaire
et joue un rôle, une fonction buccale, le noyau de l’hypoglosse se déplace en arrière,
prenant une position fronto-dorsale, subissant ainsi l’influence du centre gustatif
(h^s nerfs Vil, IX et X® paires. Le spinal se déplace en sens inverse à mesure que ies
muscles innervés par lui, à l’origine purement respiratoires, interviennent d’une
manière plus active dans les mouvements des membres supérieurs, il devient alors
plutôt ventro-latéral, il s’allonge dans le sons descendant et offre une ])ürtion bulbaire
et une autre spinale. Chez les vertébrés inférieùrs, le pneumogastrique a un noyae
moteur dorsal, chez les oiseaux il apparaît une portion ventrale dans la direction du
l’hypoglosse et, chez les mammifères, il consiste en deuxnoyaux importants i le noyau
dorsal, ou des muscles lisses et en relation directe avec la racine sensitive, et le noyau
ventral ou ambigu, formé des cellules destinées aux muscles du larynx, qui émigre en
avant à la recherche de la voie descendante du trijumeau, d’où partent les sensations
correspondantes.
Gomme on le voit, Kappers confirme l’opinion que j’ai émise pour la première fois
lors(iue j’ai désigné le noyau dorsal du nom do musculo-lisse et le noyau ambigu du
nom de musculo-strié. Le noyau du moteur oculaire externe, qui affecte scs relations
avec les voies visuelles réflexes, prend une [)Osition dorsale jiour se mettre en contact
avec le faisceau longitudinal postérieur, tandis que chez les téléostéens où ce fais-
cmiu longitudinal postérieur est notablement restreint et le faisceau tecto-bulbairc a
gagné en importance, le noyau de l’abducens se dirige vers ce faisceau et occupe par
conséquent une [)osition ventrale. Des pareils déplacements, mais pas si considérables
arrivent aux noyaux du trijumeau, du pathétique, du moteur oculaire commun, etc.
Le sixième chapitre s’occupe des centres coordinateurs du bulbe et du cerveau,
'moyen (noyau réticulaire, olive inférieure).
L(! second volume commence par un chapitre consacré au cervelet. L’auteur y
décrit av(!C de grands détails la structure histologique de ce centre dans toute la série
des vertébrés. I,a description de l’évolution phylogénétique est faite d’après les tra¬
vaux de Bolk, Ingwar, Bradley, etc. Un chapitre spécial est consacré aux localisations
fonctionnelles du cervelet où l’on trouve les données expérimentales fournies par
V. Rinjberk, Vincenzoni, Bothmann, Thomas et Durupt, Barany, etc. En se basant
sur les recherches des auteurs précédents, et surtout sur celles de Ingwar, Ariens
Kappers considère le cervelet comme un organe de synergie, dont les fonctions se
rapportent à la gravitation, ù l’inertie du corps dans les différentes positions. Il
s’agirait donc d’un centre principal du système i)roprio-réccptif, dans le sens de
Sherrington. Les excitations [lartant des muscles et de l’appareil vestibulaire sont
conduites par les voies spino et vestibulo-cérébelleuses.
Dans le viii® chapitre, l’auteur décrit l’anatomii? comparée du cerveau moyen
et intermédiain!, dont il ne donne pas la description |)arce qu’il les considère comme
des centres réunis intimement [)ar des voies sensitives secondaires. Il ajoute également
que le métathalamus, pondant la phylogénèse, se dévelüp|)e au dépens du cerveau
intermédiaire.
Le cerveau moy<;n constitue, d’après Kappers, un centre de corrélation d’exci-
ANALYSES
381
tâtions primitives, vitales, parmi lesquelles il faut compter les excitations de la tête
et des autres parties du corps et les excitations vestibulaires, de même qu’une partie
des excitations optiques, nécessaires pour la régulation de l’équilibre du corps, le cer¬
veau intermédiaire sera destiné à la projection des excitations capables de renseigner
l’animal sur son milieu, vers le cerveau antérieur.
Le cerveau moyen subit des transformations dans la série animale, entre autres
l’augmentation de volume du noyau rouge chez les mammifères. Le développement
du pied du pédoncule, caractéristique pour les mammifères, est en rapport avec l’évo¬
lution de l’écorce, c’est-à-dire avec les voies cortico-bulbairc et cortico-spinalcs..
Ensuite l’auteur note la régression du tubercule quadrijumeau antérieur jiar rappoi t
au tectum opticum des animaux inférieurs. L’étude de l’anatomie du cerveau inter¬
médiaire amène l’auteur à conclure que, au commencement seulement, ces régions
(épithalamus, surtout le ganglion habcnulae, hypothalamus, infundibulum) qui re¬
çoivent des excitations gustatives, se développent, et après la corrélation avec d’autres
excitations importantes pour la vie. Il s’agit d’excitations de transport vers les centres
moteurs du bulbe. Le développement de l’épiphyse offre un intérêt particulier,
car, chez les reptiles, il constitue la formation désignée du nom d’œil pariétal. A mesure
qu’on monte dans la série animale, la couche optique augmente. Ce phénomène est
dû à l’apparition des voies qui lient le corps strié à l’écorce du cerveau. Chez les mam¬
mifères, la partie dorsale du thalamus constitue un organe qui sert à la projection des
sensations épicritiques, opinion qui est en rapport avec les données cliniques et expé¬
rimentales.
Le neuvième chapitre est consacré au cerveau olfactif et au corps strié ; Kaiipers
admet une juxtaposition fonctionnelle entre le néostriatum (putamen, noyau caudé)
et le, néopallium proprement dit. En effet, l’épistriatum primaire (globus pallidus}
des ganoldes et des téléostéens a une juxtaposition fonctionnelle avec le paléocortex.
L’é[)istriatum secondaire (archistriatum) des reptiles et des mammifères présente
les mêmes rapports avec le paléo-cortex (hippocampe) recevant, comme celui-ci,
des fibres tertiaires olfactives. En se basant sur les données de l’anatomie comparée
et de la clinique, Kappers arrive à la conclusion que le striatum exerce, une influence
sur l’innervation tonique, spécialement des mouvements associés de la mimique
émotive at automatique mais que le striatum exerce aussi^iinc influence, sympathique
(température, innervation de la vessie, fonction du foie). Comme Uejerinc et Wilson,
Kappers n’admet pas des fibres directes entre le néostriatum et le néo))allium, mais
11 ne peut pas nier l’existence des collatérales .parties de fibres corticofugales qu’on
Peut suivre, dans le corps strié, ainsi que cela a été prouvé par les^ expériences de
Minkowski. ,
Le dernier chaiiitre s’occupe du néopallium chez les mammifères et chez l’homme.
L’auteur décrit tout d’abord la macroscopie du cerveau antérieur, sa forme générale,
la formation des sillons et des circonvolutions, au point de vue iiliylogénétique.
L’auteur étudie successivement le développement des scissures à la face interne du
néopallium dans la frontale, la pariétale ascendante et dans les circonvolutions fron¬
tales, puis il passe à l’évolution des sillons dans l’insula, les circonvolutions de Hcschl
®t les circonvolutions temporales, en envisageant, enfin, la question dans les lobes
pariétal et occipital. La i)liylogénèsc de la scisurc de Rolando des sillons latéraux et
ontrepariélaux, est analysée, d’une façon minutieuse. La structure interne du néo))allium,
^'èjà esquissée chez les reptiles, atteint, chez les mammifères, une puissance considé¬
rable (Je développement. Tout d’abord, il ap|iaraît la structure à trois couches : la
couche tangentielle, la couche granuleuse et la couche des pyramides, iiour arriver
au type à six couches, admis par Brodmann et par la plupart des auteurs qui se sont
383
ANALYSES
(iccupés de la ([in'slioii. Eu Su basant sv»r le déveluppi'nieul des' couches du cerveau
et sur les recherches expérimentales, l’auteur admet que h^s couches super ticielles,
à savoir l'" à IV', reçoivent les excitations des réfedons sous-corticales, la II' etlalV'
couches joueut un rôle dans l’association intracorticale, tandis qui^ les couches infra-
('ranulaires, c’est-à-dire la \'' et la VI« constituent l'origine des lllires de projection
et des libres comuiissurales. Kappers est d’avis qu’on ne doitenq)loyerqu’avecr6s(‘r-
ve les constatation scyto-arcidtectoniques pour établir la fonction d’une région donnée.
l.e livre de Kappers finit par un chapitre spécial (addenda et corrigenda) dans
lequel l'auteur s'occupe des ipieslions nouvelles <pii concernent la neurobiotaxie.
Il y a dans ce livre, par-ci, pai-là, qu(d(pies petites lacunes relatives à différentes
questions du système nerveux central, mais nous pensons (pie, depuis l’apparition du
livre de Hamon y Eajal, aucun IraUé d’histologie du système nerveux central n’égale
cidui de Kappers, par l’étendue des connaissances, fiar la riciiesse des documents,
par l’enchaînement des faits, ipii permettent de suivre le développi'inent du système
nerveux central dans l’espace et dans le temps. C’est un livre remarquable, que tout
s|)éoialiste doit consulter pour être au courant de nos connaissances actuelles en
matière de topographie et de structure du système nerveux, mais aussi pour chercher
et trouver des suggestions servant à l’orientation de ses reclnrches dans diverses
directions. (;. Maiiinesco.
Evolution et Etat actuel de l’Assistance aux Aliénés dans l’Etat de Rio de
Janeiro. L’Asile-colonie de 'Vargem Alegre (1872-1922), par Waldemar de
Ai.miîioa, brochure in-8“ de 55 pages avec photos, Ty[i. do J. Commercio, Rio de
.Janeiro, l'J22.
Rapport historiipie et statistiipie de plus haut intérêt. Il contribue à faire ressortir
l’évolution rapide de tout le Brésil et de l’état de Rio en iiarticulier. Cette évolution
économiipie et sociale se complète de préoccupations scientifiques et d’assistance.
D’ofi celte réorganisation tout à fait moderne et bien comprise d’un asile colonie
dans hnpud peuvent passer près d’un millier de malades par an (nombreuses
photographies). F. Dkluni.
-La Connaissance supra-Normale, par E. Osty, 1 vol. in-8, de la Liililiothèque. de
Plùliixditliie, fUinlempiiriiinc (Librairie Félix Alcan). Paris, 1923.
Dans ce livre, l’auteur de « Lucidité et intuition » et du « .Sens de la vie humaine »
a condensé les résultats de dou/e années d’étude expérimmitale sur l’étrange faculté
(pi’onl certaines personnes de prendre connaissance de la réalité, êtres et choses, en
des conditions où leurs sens et leur raison n’en pourraient absolument rien connaître.
lieux parties du livre exposiuit, en des faits typiipies, la nature et la diversité de
la production de celte faculté. Une troisième partie la montre dans son activité
fonclionmdle. Enfin, dans une quatrième partie, l’auteur recherche les sources inappa
renies où (die puise ses informations.
L’auteur, résolu à ne jias dévier sur ce terrain neuf et très difficile, se garde de
toute exidication. 11 reste au contact des faits. .Son but, dil-il, a été, selon l’expres¬
sion de tdaude Bernard, de » /dire purlcr la Nulure » et de n’y rien ajouter.
R.
L’Année Psychologique, 22' Année (1920-1921), publiée par lliixiu PiÉnoN, 1 vol.
in-8'’ de (lOH p., F. Alcan, édit., Paris, 19’22.
La 2’2' aniu’-e rend com.'ite des travaux psychologi(|ues de deux années; la pérlo-
ANAL YSES
383
ilicil.i; habitiipllf sera roprisp av(^c le volume procliain. On trouvera clans la bibliogra-
libie (le nombreuses recherches suscitées par la guerre, notamment au point de vue
des aptitudes à l’aviation, de la sélection militaire, de la jisycholhéraide. La tendance
Croissante à l’objectivation se manifeste dans de nombreux essais de psychologie
scieiitificpie. Les travaux d’apjdication, les recherches de psychotechnique prennent
une ain|il(!Ur de jour en jour accrue.
Les im’unoires originaux du présent volume valent d’être signalés, Les sensa-,
tions visuelles élémentaires autour de la taclie aveugle (KouCaidt). — Hecherches ex|ié-
rimentales sur le com|)Orlement des divers((S araignées (Habaud). — Sur l’analyse
du temps de reclierche sensorielle (Piéron). — Les réactions motrices dans les crises
dues à l’émolion (Wallon). ■ - .\ la recherche d’une sensation tactihv luire (Philippe).
— l'onctions mentales de l’enfant à l’âge scolaire (Abranison). — Mode de fonc-
tionnoment économique du cerveau (Indierl)
Par le nombre comme par la {[ualilé des ouvrages qu’elle présente ou analyse, la
22” année s’affirme indispensable à tous ceux qu’intéressent à un titre quelconque
les progrès de la psychologie. E. 1’.
OUVRAGES REÇUS
(luitHiTi (Fcriiuiido), Ueijimen alimenlicio de los alienados. Scïinana mcc^ica,
n« 2.
(ionHiTi (Fernando), Delirio alucinalorio cineinalico. Semana médica,
iy2:3, n» 3.
(ioitnrn (Fernando), Keyimen alimenlicio de los alienados. IV® Congrès
m6d. de rAinériijiie latine, l.a Havane, 19-26 nov. 1922. Semana rnéd., 1923,
(ionnrn (Fernando), Delirio allucinalorio cinemq^ico.\l« Gpngrés méd. de
rAinérique laline, l.a Havane, 19-26 nov. 1922, Semana rnéd., 1923, n® 3.
(lui’szKCKA (M"*® A.), Sur le mécanisme de certaines idées délirantes de
Ijersécution. Bull, de l’Académie polonaise des Sc. méd., l. 2, 1922, fasc. 2.
Hauticnbehu (Paul), La microsphygmie chez les épilepliques. Soc. de
Métlecine de Paris, 1(1 mars 1922.
Hahtiîni3HH(i (Paul), Comment il faut concevoir la crise d’épilepsie. Hevue
de 'l'eclmirjue imidicale, 1922.
Hautunuuiu; (Paul), Les accidents épilepliques par inhibitions cérébrales
incomplètes ou partielles. Presse méd. 23, décembre 1922.
H I UN Eli. Droit malrimonial des aliénés el des névropalhes. Marcus et Weber,
édit., Bonn, 1921.
l.NuisdNiEuos (.José), Parla union lalino amcricana. Rosso, impr., Buenos-
Aires, 1922.
l.NSAHATo (I..), L'alcoolismo cronico. Soc. edit. libraria, .Milan, 1922.
.Janet (Pierre), The. relation oj lhe, neuroses lo lhe psychoses. Delivered at
llie Célébration of the one buudredtb Anniversary ol' Bloomingdale Hos¬
pital, may 26, 1921.
.Janet (Pierre), A case of sle.ep lasliny live years, wilh loss of sensc of realily.
Archives of Neurology and Psychiatry, nov. 1921, p. 467.
.Ianet (Pierre), A case oj psychasthénie delirium. American Journal of
psychiatry, janv. 1922.
ANALYSES
.')84
JusTER (E.), Le fadeur sympathique de la crise nitriloide, crise vagotonique.
Bull, de la Soc. fr. de Dermatologie et de syphiligraphie, 6 avril 1922, p. 168.
Lafora (Gonzalo R.), Corea y aletosis experimental, nota preliminar. Con-
greso di Oporto, session du 29 juin 1921.
Lafora (Gonzalo R.), Esludio psicologico del cubismo y expressionismo.
Archives de Neurobiologia, Madrid, 7 juin 1922.
Levi (Luisa), Sugli emispasmi facciali di origine nervosa periferi. Penserio
med., n» 37, 16 sept. 1922.
Lévy (M'^e Gabrielle), Contribution à V étude des manifestations tardives
de l'encéphalite épidémique ; formes prolongées et reprises tardives. Syndrome
excilo-moleur. Syndrome parkinsonien. Forme respiratoire. Forme insomni-
que et hypomaniaque de l'enfant. Thèse de Paris, Vigot édit., 1922.
Lévy (Georges), Juster et Lafont, Troubles endocriniens et crises nitri-
toïdes. Annales des Maladies vénériennes, fév. 1923.
Lévy-Franckel, Cottenot et Juster, Résultats obtenus dans les pelades
rebelles par la radiothérapie et la galvanolhérapie de la région thyroïdienne.
Bull, (le la Soc. fr. de Dermatologie et de Syphiligraphie, 9 nov. 1922.
Lévy-Franckel et Juster, La syphilis du grand sympathique. Annales
des Maladies vénériennes, janv. 1923.
Lévy-Franckel et Juster, Le syndrome endocrinio-sympalhique de la
pelade. Presse méd., 4 oct. 1922.
Lévy-Franckel et Juster, Vitiligo avec troubles nerveux sensitifs et
sympathiques ; l'origine sympathique du vitiligo. Bull, de la Soc. fr. de Der¬
matologie et de Syphiligraphie, 9 nov. 1922.
JjISi (L. de), GU effetli delta sezione sperimenlale de midollo spinale sut
lesticolo. Arch. gen. di Neurologia, Psychiat. e Psychoanalisi, 1922, n» 3.
LutJARo (Ernesto), L'association des idées dans les rêves, Scientia, oct.
1921.
Lucjaro (Ernesto), Correlazione nervosa e correlazione amorale. Libro en
honor. de D. Santiago Rarnon y Gajal. .Madrid, 1922.
Lucjaro (Ernesto), Per la cura e la profllassi dell'endemia gozzo-crelinica.
Brochure de ITnstitut italien d’IIygiène, Rome, 1922.
Lugaro (Ernesto), Contre le vitalisme. Scientia, déc. 1922.
I.UGARO (Ernesto), Les humeurs et le caradère. Scientia, avril 1923.
Luzzatto (A. M.) e Rietti (F.), Ricerche sulla deviazione del cornple-
menlo nelV encefahlc letargica. Giornale di Clinica med., 1920, n^ 10.
Luzzatto (A. M.)e Rietti (F.), Conlribulo ail analomia palotogico delV
encefalile letargica. Sperimenlale, janvier-juin 1921.
Luzzatto (A. .M.i e Rietti (F.j, Conlribulo allô sludio délia sinlomalologia
dclV encefalile letargica. Giornale di Clinica med., 1922, n“ 1.
•Maranon (G.), Problemas actuales de la dodrina de. las secreciones inlernas.
I n vol. in-S” de 26.j jiages, Ruiz herm. édit., .Madrid, 1922.
.Marinesco (G.), Rauüvici A. et Rascanu V^, Contribution à la phy¬
siologie des réflexes d’ automatisme médullaire chez l'homme. J. de Physiologie
el de Path. gén., 1922, p. 226.
.Moniz (Egas), A vida sexual. Quinta ediçâo. Un vol. de 576 p.. Ventura
Abrantes édil., Lisijonne, 1923.
Pahiion (C. 1.) et M™® Briese, .Sur la localisation motrice spinale de la
fambe et du pied chez l'homme. Arch. gen. di Neurologia, Psichiatria e Psi-
coanalisi, 1922, fasc. 1 et 2.
Le Gérant ; J. GAHOUJAT
Poitiers. — Société française d’imprimerie.
Tome II. N“ 5
Novembre 1923
REVUE NEUROLOGIQUE
MÉMOIRES ORIGINAUX
NEUROLOGIE
I
RECHERCHES SUR LE MÉTABOLISME DU FER
DANS LES CENTRES NERVEUX
G. MARINESCO et ST. DRAGANESCO
(de Bucarest)
I. — Dilîérents auteurs en Amérique, enFrancc, en Allemagne et en Ita¬
lie se sont occupés de la présence du fer dans les centres nerveux, mais les
résultats obtenus ont varié suivant le point de vue duquel les auteurs
ont étudié la question.
Claude et Loyez (1) ont analysé les réactions qui se produisent dans le
tissu nerveux autour d’un foyer hémorragique ^ui évolue vers la cicatri¬
sation. C’est ainsi qu’ils décrivent : une réaction leucocytaire, 2“ une
réaction conjonctive et vasculaire et 3° une réaction névroglique qui est
la plus importante, car c’est la réaction du tissu nerveux. En ce qui con¬
cerne l’évolution des pigments sanguins, ces auteurs décrivent : (a) la for¬
mation du piginemt noir (hémomélaninc) qui exista dans les hémorragies
récentes où sa présence peut être constatée dans les cellules nerveuses;
b) l’apparition du jiigment ferrugineux donnant la réaction du fer et qui
peut être décelé dans certaines cellules nerveuses, autour des éléments
névrogliques, dans la gaine lymphatique des vaisseaux; c) la formation
de pigment jaune brillant (hématoïdine) à l’intérieur du caillot, peu après
la formation du ])igment ferrugineux.
Pierre Marie, Trétiakofî et Stum])fer(2) décrivent dans un cas de myxœ-
(1) Claude et Loyez. Eludes des pigments sanguins et (ies modifications du tissu
nerveux dans les foyers d’fiCmorrhagio cérébrale. Arch. de méd. exp., 1912, p. 518.
(2) PiEitaÉ Mauie, TnfiTi.vKOFF et Stumpfeu. Etude anatoinopathologique des
Centres nerveux dans un cas de rnvxœtème congénital avec crétinisme. L'Idiicéplialc ,
1920. . . •
BfiVUE NEUHOLOGIQUE. — T. II. 25
380
G. MAI{L\'ESCO ET ST. DliAGANESCO
dème une lésion vasculaire dans le cervelet et le noyau lenticulaire consis¬
tant en une forte infiltration des vaisseaux et surtout des capillaires par
une substance amorphe, colorée en noir-violet par l’hématéine. Il s’agi-
l'ait donc, d’après cette coloration, de fer ou do chaux. Or, la réaction de
herls a montré aux auteurs que c’était presque exclusivement des compo-
posés ferriques, car tout ou presque tout ce dépôt s’est coloré en bleu par
cfstte méthode. Après séjour des coupes dans une solution concentrée d’a¬
cide oxalique, elles n’étaient plus ou àpeine colorablespar l’hématoxyline.
Ainsi, la proportion de composés calciques qui auraient pu se trouver dans
c(!S granulations serait certainement très faible. Ensuite ces auteurs, en se
basant sur les communications que l’un de nous a faites à la Société do
Neurologie et sur les travaux de Spitzer et de Jacques Loeb, de Dastre,
de Floresco, de Tonberg et de Marinesco (1), expliquent la précipitation
des composés ferriques faute do leur utilisation. Ils se demandent encore
si c<îs lésions sont constantes ou bien si elles sont exceptionnelles dans le
myxœdème, et si ces lésions n’expliquent pas les phénomènes cérébelleux
observés dans cette maladie.
En Italie, Biondi (2) a constaté la présence de substances ferrugineuses
dans le noyau caudé et la substance noire. En 1915 un autre auteur italien.
Guizzetti (3), a établi que certains centres du système nerveux de l’homme,
traités par le fcrrocyanure de potassium et l’acide chlorhydrique ou bien
par le sulfun; d’arnmoniurn, offrent à l’œil nu la réaction du fer. Ces centres
sont : 1) le globus pallidus, 2) la substance noire, 3) le noyau rougc! et 4) le
noyau dentelé. Il a pu constater bî rnènu! fait chez les animaux domestiques.
Le même auteur a vu que la réaction est en rapport avec l’évolution du
sujet, étant négative chez le fœtus et chez le nouveau-né, et devenant
positive dans les premiers mois de la vie extra-utérine, d’abord dans le
globus pallidus ; ensuite elle apparaît dans la substance noire vers le
neuvième mois ;])lus tard la réaction se produit dans le noyau rouge et
ensuite dans le noyau dentelé.
L(! problème ])o.sé par Guizz(!tti a été repris et dév(!loi)pé par Lubascb,
Landau, Spatz, Lolîey (4) et Millier qui se sont servis non seulement de
eoup(,‘s macroscopiqu(!s, mais ont pratiqué aussi des sections microsco¬
piques et ont confirmé, dans ce qu’elles ont d’essentiel, les données cons¬
tatées j)ar Guizz(!tli.
Spatz (5) admet à juste, raison (jue le fer tissulaire qu’il a observé dans
(1) G. Maiunksco. KUiiles hisUiloKiqi
llinl., sùaiicc (lu 22 mars 1919. — G. Mai
éiliteur, Paris, 1909.
'2) liioNDi G. Siilla presiir/.a di suslan/.c avonta le ro
nei conli'i iiervosi ilegli amrnalali di meule. /Oe. i/a/. (/c r
/(7(/p., p.4.‘i9, 191-1.
(3) Giii/./.UTTi P. Principali resullali delP applicazioiie prossolana a fresco delO;
rea/.ioiii isluchimichc dell ferru swl sislema nervoso cenlrale dol’ immo c di alcuiii
inamml.’eri doinestici. Itiu. di paiol. nerv, e ment., ii" 2, 1915.
(1) 1.(jfi'I:y. Uiitersiirli. ülier das V()sk(imm(!ti fellhalliger Kôrpcr ii. Pignicrile.
Anh. f. Piycliiiitr. ii. Nervcnliranlcli, 10, 1918.
(5) .Si’AT'/.. II. Uber den Kisentiocliweis in Gehirn. Ztilsc/ir. /. d. ges NcuiOl., 1922,
RECHERCHES SUR LE MÉTABOLISME DU FER
387
ies centres des voies exLrapyramidales diffère de celui de la rate, du foie
et des autres organes héniatopoïétiques qui est en relation avec la des¬
truction de l’hémoglobine et la formation de nouveaux globules rouges.
Ce fer est seulement l’indice u’un processus de métabolisme inconnu. Il
admet, en outre, qu’il faut séparer également le fer décrit dans le globus
pallidus, la substance noire, etc., fer de désintégration, du fer fonctionnel
qui n’est visible que sur les pièces fraîches traitées par la réaction do bleu
de Berlin ou le sulfure d’ammonium. Le fer granulaire existe dans les cel¬
lules névrogliques, dans les c.ellules nerveuses, et aussi dans les
cellules des parois vasculaires. Dans ce dernir cas, il apparaît comme
dos amas grossiers. Ces granules de fer ne sont pas préformés,
mais ils font leur apparition à l’intérieur d’une vacuole. Cet auteur
considère les granulations ferrugineuses comme l’expression d’un
processus qui n’a pas lieu dans les cellules mortes ou gravement
lésées. Sous le nom de pseudo-calcium Spatz désigne certaines formations
de nature albuminoïde ou lipoïde qui jouissent de la propriété de se colo¬
rer d’une façon intense par l’hématoxyline, qui parfois s’imprègr ent avec
des sels de chaux et donnent une réaction intense du fer. Peut-être il
s’agit là d’une phénomène post-mortel. A ce point de vue il y a lieu de
distinguer : 1° une calcification des cellules nerveuses, comme dans les
plaies de guerre du crâne ; 2° des pseudoconcrétions calcaires qui se dépo¬
sent surtout dans la gaine moyenne des artères qui subissent une espèce
de dégénérescence colloïde. Cette imprégnation a lieu surtout dans les
vaisseaux du globus pallidus ; 3° la formation de concrétions autour des
capillaires n’ayant pas d’affinité pour l’hématoxyline et donnant la réaction
du fer et qui se trouvent dans le putamen. Les groupes de formations
pscudocalcaires ne contiennent pas de calcium dans la majorité des cas
et le fait qu'ils existent presque exclusivement ^ans les noyaux de la base
indique un chimisme spécial de ces centres. Ppatz n’a trouvé le fer que
dans les régions qui constituent les centres des voies extra-pyramidales.
Ensuite les recherches de Spatz, de Müller (1) et celles de Lubarsch (2)
olîrent un intérêt spécial au point de vue du métabolisme du for, car ils
ont émis des théories nouvelles pour expliquer son origine et sa signifi¬
cation. A ce point de vue, les investigations de Hpatz méritent l’attention
non seulement par leur multiplicité, mais aussi parce qu’il propose une
liypothèsc ingénieuse, suivant laquelle les centres qui olîrent une réaction
intense du fer sont ceux qui président à la régulation du tonus. De plus,
cet auteur a insisté sur le fait que le fer des centres nerveux ne provient
pas de l’hémoglobine.
Ces auteurs ne connaissent pas l(;s reeherebes de Mackenzie (3), de
(1) Mulliîu M. Uher ]iliysii)logisclii‘.s \'()rl<oiniri(‘ii von Eiscii in Zcnlralncrvcn zst.
Aciischr. f. il. lien, nciirol.. ii" 5. ]<)22.
njen ucslandl. il'Onlih piilhid. Oe.i. lena,
(‘isi'iiliiiUigcn Pigiucnls in Gchrn nnd
Arcli. /. Rsijchiiilr . ii. NiVL'cnkranUh.,
388
MAIilSESCO ET ST. DRAGANESCO
Scott (1), (leMarincsco(2), qui ont dcmontré que le fer est une constanle
des cellules du système nerveux. D’ailleurs nous allons revenir sur
cette question.
II. — Nous avons repris les reclierclies de ces auteurs en étudiant le
système nerveux des sujets normaux et de quelques cas de lésions du
.système nerveux (encéphalite épidémique, paralysie pseudobulbaire,
myxœdème, anémie grave et cinq cas de paralysicgénéraloprogressive).
Nous avons pu, d’une manière générale, confirmer la topographie de la
répartition du fer, telle qu’elle a été vue par Guizzetti, Spatz, Müller, etc.
Il existe, en effet, certains centres nerveux qui alTectent uneprédilection
pour la réaction du fer ; on y trouve des granules, des coipuscules,voire
Fijf. 1. — Doux cellules (lu ganglion cervical suiicrieur traitf) par la méthode de Péris au bleu de
Uerlin. La cellule A offre un urand nombre do granulations, les unes grosses les autres petites,
colorées en vert par cotte méthode ; le centre do la oollulo on est dépourvu. Dans la cellule B, les
granulations sont beaucoup moins nombreuses et siègent surtout à la périphérie et dans le i(roto-
plasmc des cellules satellites.
même d(!s conglomérats de fer. Ges centres sont ; le globus pallidus, la
substance noire, c’est-à-dire les cellules situées dans la zone réticulée, ou
même dans la substance de Soemmering qui présentent cette réaction,
car l(!s cellul(!s à mélanim^ n’en conliennt'nt pas. Le noyau rouge et le noyau
(bmtelé donneni, égalemeni- la réaction. La quantité et l’aspect des granules
de t(;r, contenus dans ces régions, varient d’un cas à l’autre. Le fer, constaté
par l((s métbotbîs utilisées par les auteurs précédents, n’est pas une cons¬
tante cellulaire. La réaclion peut se produire, à l’état normal, non seule¬
ment dans le globus j)allidus, maisimcore dans le striatum. Nous avons
trouvé la réaction du fei' mênu^ dans les ganglions du sympathique
cervical (fig. I ). L(!s proec'sstis pathologiques et la sénilité modifient d’une
(1) ScoTT h'. II. Slrnrniice iiiicro-cliernislry and (loveloppemeiil of nerve colis. Trans.
uj Canml. I nsi Unie, vol. \'I, J8'JU.
(2) .M.vmincsco. Loco cil.
nECHERCHES SUR LE MÉTABOLISME DU FER
389
façon considérable la teneur en fer des centres mentionnés parce cpie,
d’une part, il est augmenté et, d’autre part, il y a des modifications mémo
dans la forme sous laquelle se présente cel le substance. Comme Guizzetti
et Spatz,nous avons également fait usage de la réaction macioscopiquc
au sulfure d’ammonium suivant le procédé indiqué par Guizzetti et nous
avons pu confirmer les résultats de ce dernier auteur et de Spatz, c’est-à-
<lire qu’on obt ient tout d’abord une réaction très intense et rapide dans
le globus pallidus et le locus niger et ensuite une réaction un peu plus fai¬
ble, mais assez intense, dans le putamen, l’avant-mur et le noyau dentelé
du cervelet. Dans la couche optique, dans la substance grise de l’insula et
du cervelet la réaction est tardive et de faible intensité. La substance blan¬
che du cervelet, de la capsule interne et de la capsule externe n’offrent pas
de réaction positive.
Nous allons donner un résumé de nos constatations histologique faites
dans certains cas pathologiques :
Dans un cas de paralysie pseudo-bulbaire cbez un sujet âgé de 50 ans il y avait des
lésions typiques, lacunaires du putamen. Dans le noyau caudé, dans la région antérieure
du thalamus et tout près du foyer lacunaire, nous trouvons une augmentation des gra
nidations de ter dans les cellules névrogliques qui se trouvent autour des neurones au
voisinage des vaisseaux, ou bien entre les fibres nerveuses. Dans les petites cellules
névrogliques il y a surtout des granulations très fines, denses, concentrées autour du
noyau et dans les prolongements. C’est grâce à ce phénomène que nous pouvons suivre
le Irajet de ces derniers. Dans les cellules névrogliques hypertrophiées, il y a des gra¬
nules [dus grosses qui s’accumulent parfois au niveau de la bifurcation des prolonge¬
ments, leur donnant ainsi un aspect moniliforme. La quantité de fer qui existe dans
quelques cellules nerveuses est plus grande qu’à l’état normal. Les granulations exis¬
tent non seulement autour du noyau, mais peuvent être disséminées dans tout le cyto-
plasma. Il est à noter que ces granulations sont plus régulières que celles contenues dans
les cellules névrogliques. Nous retrouvons ensuite des granulations colorées en bleu dans
les cellules endothéliales et dans le pédoncule ; elles existent principalement dans les
cellules névrogliques qui siègent entre les cellules dq^ la substance noire. Comme il
est bien établi par S))atz, Millier, Lnbarsch, les cellules à mélanine ne contiennent pas
de fer dans leur protoplasma, mais on en trouve quelques granulations à l’intérieur du
noyau. Au niveau du noyau dentelé il y a une réaction visible à l’cnil nu, qui dépend
presipie exclusivement de la présence des granulations dans les cellules névrogliques
situées soit autour des cellules nerveuses, soit à une certaine distance de celles-ci.
Chez un malade âgé de 55 ans, qui a présenté iiendant sa vie des troubles mentaux
et pseudobulbaires, nous avons trouvé, à l’autopsie, un foyer hémorragique dans la
couche optique, détruisant le segment postérieur de la capsule interne et descendant
dans le pédoncule du même côté. Le foyer s’étendait également dans la partie interne
du globus pallidus et dans le segment iiostérieur du noyau caudé. Le sang avait pénétré
dans le ventricule. Dans le lobe occipital gauche il y a un foyer ancien en voie de
cicatrisation, dans la protubérance une petite lacune. Artério-sclérose du tronc basi¬
laire et des artères cérébrales. Par la méthode au sulfure d’ammonium, on obtient
quelques résultats intéressants. Tout d’almrd, dans le pédoncule nous constatons, entre
les filets radiculaires du moteur oculaire commun, des dilatations considérables des
capillaires allant parfois jusqu’à leur rupture. 11 y a infiltration decertains vaisseaux,
dans laquelle on voit des fibroblastes chargés do granulations ferrugineuses. Dans le
parenchyme il y a, à ce niveau, en dehors de cristaux d’héinatoïdine, des granules
ferrugineux dans les cellules névrogliques périvasculaires ou interstitielles, une infil¬
tration considérable des cellules périvasculaires et surtout des macrophages. Los cel¬
lules nerveuses siégeant à ce niveau présentent un nombre plus ou moins considérable
G. MAKIMESCO ET ST. DEAGANESCO
39f>
ilo graïuilalidiis fcrnif'inciiscs ci)nc( iilTr'i's siirlinil autour du noyau. Dans la substance
noire jtroju'emonl dite, beaucoup de cellules nerveuses sont cbargées de f^ranulations
verdâtres dans leurs corps et leurs |irolonf'ements. Les cellules à mélanine ne con¬
tiennent pas, d’habitude, de fer. Dans la substance noire comme dans la substance réti¬
culé!' on aperçoit îles tfrosses boules dont roriffine n’est jias facile à préciser (boules
terminales, cellules nerveuses atrophiées ?) et ipii se colorent en vert [lar la réaction
du fer. Parfois, (luand elles ont un noyau, il s’agit probablement de macroiihages bourrés
di' granulations ferrugineuses.
Sur certaines coupes du globus iialliilus et du putamen nous avons trouvé des hénmr-
ragies microscopiipies, disséminées, situées au voisinage des petits vaisseaux à parois
inliltrées |iar des lymphocytes. Presque toutes les cellules nerveuses du globus jialli-
dus du voisinage de ces foyers hémorragi([ues contiennent des granulations de fer (lig. 2),
lantùt en |)etite quantité et tantôt en grande quantilé, mais les cellules nerveuses sié-
Fig. 2. — Cinq csllules du globus pallidus d’un sujet mort par suite de |iaralysio pscudo-bulbaiie.
Les enllules ont été prises à une certaine distance, dn foyer qui se trouvait dans leglobus pallidus,
et elles pré.sentent des granulations ferrug!neusc.s autour du noyau, tandis que la région pignienb'e
(id, p^) en est dépourvue.
géant dans le foyer, surtout celles ([ui soiit profondément altérées, ne contiennent pas
de fer. Dans les nombreux cas de globus pallidus ([ue nous avons examinés chez des
sujets normaux, nous n’avons jamais rencontré nnsi grand nombre de cellules nerveuses
oITrant la réaction du fer comme dans le cas actui'l ([ui pose l’origine exogène ilu fer
des cidiules nervi'uses. Les cellules ni'rveuscs du voisinage du foyer hémorragique se
colorent en vi'rt dilTiis, où la réaction se présente sous forme de granulations. Dans
les foyers inflammatoires comme dans les foyers hémorragi([ues il y a beaucoup de
macro|)hages riches en hémosidérine.
Dans le. foyer de ramollissement ilu jiôle occiiiital, il n’y apas de fer dans les cellules
nerveuses, mais les cellules névrogliques hypertrophiées et proliférées, de même que les
macrophages, sont bourrées de granulations ferrugineuses. Au voisinage du foyer de
ramollissement les cellules satellites de l’écorce offri'ntune infiltration ferricpie tantôt
partielb', tantôt complète. On peut suivre alors les prolongementset leursramifications
sur une grande étendue, grâce à la présence des granulations fi'rrugineuses. La réaction
ilufer existedans les cellules névrogliques de touli' tlimeni-ion et le nombre des gra¬
nulations est tellement grand, parfois, ((u’on ne p('nt |)as b-s inilividualiser. Malgré
l’i'xistence du fer dans les ci'llules névroglii[ues on n’en trouve pas dans les cellules
nerveuses dégénérées ni dans celles (fui ont leur structure jilus ou moins conservée.
Nous ailons ajouter (piebpies mots sur les constatations r(ue nous avons faites dans
un cas d’encéphalite épidémi([ue. Il s’agissait d’unsujet, âgé de l(i ans,(|ui est mort h-
20" Jour de sa maladie avec lièvre très élevée. Dans le globus pallidus de ce malade
nous avons trouvé ilans la paroi, ou peut-être à l'intérieur des capillain's,dcs corpuscules
liECHERCIIES SUR LE MÉTABOLISME DU FER
391
ovoïdes isolés ou réunis en groupes donnant la réaction de Péris (flg. 3). En dehors de
ces globules, on voit des espèces de concrétions constituées par un nombre plus ou moins
considérable de boules et constituant des amas irréguliers de forme et variables dans
leur volume. Ces concrétions siègent soit au niveau de la bifurcation des capillaires,
soit sontlibres dans le parenchyme nerveux. Mais, la plupart du temps, elles se trouvent
en rapportavcc la paroi des capillaires. Al’intéricur de certaines cellulesnerveuses,il y
a quelques granulations ferrugineuses. C’est surtout la périphérie des globules qui
donne la réaction du fer tandis que la partie centraleprend l’éosine ou l’érythrosine.
Le nombre dos globules et des concrétions que nousvenons dedécrirc est considérable.
Fig. 3. — Il y a dans les paroi.s et on dehors des capillaires des globules do volume inégal donnant
la réaction du fer (C, C’, C”). En C’” on voit des globes à structure concentrique présentant
égalem-int la réaction du lcr. C N, cellule nerveuse contenant dans le protoplasma et dans le
voisinage du noyau dos granulations do for (Encéphalite épidémique).
Elles se trouvent toujours en dehors do la lumière des vaisseaux. Et, parfois, on a l’im¬
pression, CO qui n’est peut-être qu’une simple apparence, que les petits globules se trou¬
vent à l’intérieur des capillaires. Los globules comme les concrétions so colorent éga¬
lement par la thioninc (flg. 4), comme par l’hématoxyline, mais il no s’agit pas là de
calcium, parce qu’elles ne donnent pas les réactions caractéristiques de ce dernier.
L’examen du système nerveux d’un cas de myxœdème congénital nous a donné des
résultats qui concordent assez bien avec les constatations de Pierre Marie, Trétiakoff
et Stumpter.
Dans le locus nigei il y a une infiltration de ter dans les cellules de.s parois vasculaires
et dans les cellules névrogliquos périvasodaires, non seulement dans le corps de la cel¬
lule névrogliqne, mais aussi dans les prolongements. Les granulations de fer occupent
tantôt un segment de cellule névrogliqne, tantôt une région plus considérable. Los macro-
392
G. MARiyESCO ET ST. DRAGANESCO
pliiifïcs siUuis dans la paroi des vaisseaux conlieimenl un grand nombre, de granulations
réunies parfois en des espèces de Idocs. L’inliltralion est surtout visilde dans la région
lie la substance réticulée. Dans le globus pallidus l’inliltration des vaisseaux par le fer
est considérable et ne se limite pas au réseau capillaire. Klie intéresse les vaisseaux qui
possèdent une tunique musculairi’ et on constate que ce sont les libres museuiaires
longitudinales ou transversales qui contiennent des granulations de fer (lig 5). Cette
localisation donne aux vaisseaux un aspect tout à fait caractéristi([ue, car la gaine
Fig. 4.' — Même cas que dans la figure iirécédente. Coupe, du globus iiallidua montrant un réseau
de capillaires dont la lumière est remplie de corpuscules arrondis, de volume inégal (C, C, C”)
et ifui n’offrent pa.s les réactions du calcium {Encéphalite épidémique. Coloration à la thioninc).
interne et celle externe restent incolores [lar les métiiodes qui niettint en évidence le
fer. Il y a en outre du fer dans les cidliiles névrogliipies interstitiidles et satelliti s. Nous
avons dit que d’habitude le fer se dépose dans la tunique moyenne, mais jiarfoisil existe
aussi dans la tuni<(ue externe. Dans les parois de (pielques vaisseaux on voit îles globes
énormes d’aspect concentrique qui prennent la réaction du fer (llg. 0). Les coi'pus-
cnleset les boiilesconcentriques ne sont pas constitués exclusivement par du ter, car
la tliionine comme l’Iiématoxyline montrent une (piantité énorme de pareilles forma¬
tions dans les parois des petits vaisseaux et même à l’intérieur des caidllaires qui sont
parfois oblitérés [lar ces corpuscules. Les parois des veinules et des arlérioles sont par¬
semées par des formations disposées en chaînes, en amas. Il existe des cor|inscul(>s
jiareils à la surface des cellules du ghdjiis pallidus.
.Nous avons pensé, vu les réactions tinctoriales de ces concrétions, fpi’il s’agirait de
calcium dans les pièces de myxeodème et d’encéplialite. Mais les réactions microclii-
nECIIEnCIIES SiUIi le métabolisme du fer
iniques ont démontré qun celle opinion n’est pas jusliliée. En effet, tout d’abord, l’exa¬
men au microscope do coupes non colorées nous montre que ces formations pseudo-
calcaires ont une teinte foncée, mais l’acide sulfurique en solution de 3 % ne donne pas
naissance aux cristaux do gyiisi' caractérisant la iirésence du calcium. D’autre part, la
méthode de Kossa, tpii a une grande valeur pour mettre'en évidence le calcium, est
néijative. Ensuite, en traitant les sections de myxœdème par l'acide oxaliipie concen-
Iré, nous constatons que ces formations pseudo-calcaires n’ont pas perdu leur colora-
hililé pour l’hématoxyline, ce qui démontre qu’ellesne contienni'ntpas de calcium, lan-
Pii?. 5. — Coupe transversale d’un petit vaisseau dont les fibres musculaires sont incrustées de fer.
A droite on voit dos globules offrant la réaction du 1er.
dis que la réaction du fer pratiipiée à l’aide de la méthode de l’erls donne des résultats
négatifs.
Nous avons étudié la topographie des granulations de fer dans le corps strié chez un
sujet dgé de 73 ans, et voici tout d’abord ce que nous avons trouvé dans les vaisseaux.
La topographie des granulations se présente différemment, suivant qu’il s’agit de vais¬
seaux ayant une gaine musculaire ou bien de capillaires. Dans les premiers, le fer
inlillro la gaine moyenne, c’est-à-dire les libres musculaires de celle-ci, dans lesquelles
on aperçoit un grand nombre de granules ou de granulations, ipd sont parfois si denses
qu’on ne peut pas les analyser individuellement. La gaine externe et l’intima n’ont
pas de for. Dans les précapillaires et les capillaires, les granules de fer se présentent
comme des conglomérats, dont la constitution complexe n’est pas toujours facile à pré¬
ciser. Parfois ces conglomérats contiennent des grosses boules et des amas de granu¬
lations ou (le vésicules ilonnaiit la réaction du fi^r. De la jiériphéric de ces amas il se
ilétachc des lllamentsplus ou moinslongs. Ces amasne siègent pasdans les cellules, mais
à la surface des petits vaisseaux ou au niveau des bifurcations. 11 y a des granules et des
301
G. MAnL\ESCO ET ST. DUAGANEHCO
boulos dans los oollidcs (■luloldiàliali's des capillaires, l’arl'ois on a l’impression qu’ils
siégeraient même à i’inlérienr des vaisseaux. li y a d('s amas, analogues à ceux dont
nous venons de parler dans le tissu nerveux, ayant des dimensions et un aspect dilTé-
rimls. fie qui caractérise ce cas, c’est la présence des grannialionsde fer dans les cellules
névrogli((ues périvasculaires. Il y a des nomhreuses cellules, dans le globus pallidiis,
(pii contiennent du fer, siégeant de [iréférence dans la région non pigmentée de la cel-
Inli' ; parfois il se trouve entre les gramilations du pigment. Ilest à remarquer, en nuire.
Fig. 0. — MyxflO lèm^ congénital, nuUule Agée do It ans. Dana le globus pallidus on voit autour
des capillaires ou des cellules nerveuses, des amas murifnrmes offrant la réaction du fer. Ën outre,
dissémimjs dans le parench.vme ou dans la paroi des capillaires, des globules de volume inégal.
(pie dans le globus pallidus il y a également des dépiMs de calcium qui, dans les petits
vaisseaux ayant une gaine mu.sculaire, ont la même toiiograpliie ((lie le fer. On (unit dire
que la [iliqiart des cellules névrogliqiies du globus (lallidus contiennent dos granules
de ter, mais leur quantité et leur distiositioh sont variables. Lorsqu’il s’agit de granules
(leii nombreux, on les voit autour de. la membrane du noyau. Dès qu’ils deviennent
plus nombreux, ils forment une couronne autour du noyau. Si la quantité aiigmenle
encore, alors ils occupent |ires([ue tout le cyloidasrna. D’une faipm générale il n’y a [las
de fer dans la région (lignienti’e, mais [larfois on (leiit rencontrer ([indrpies granulations
dans la masse du pigment. I.a densité des granules de fer varie. Parfois il s’agit d’une
(lis|iersion très line, d’autres fois les granules se ra| (irochant forment des petites cliaî-
nettes ou des amas, à la manière des sta|)hyb)e.o(|ues.(:e cas tend à (iroiiver que le fer
de désinti'gralion est augmenté dans les centres du tonus elle/, le vieillard.
Dans le lobe frontal d’un malade mort de (laralysie générale (irogressive, nous trou¬
vons la (irésenee du fer dans les éléments siiivanls : font d’abord, dans un assez grand
RECHERCHES SUR LE MÉTAROLISME DU FER
395
nombre tic cellules en bâtonnet disséminées ou au voisinage des cellules nerveuses,
des vaisseaux ou bien dans le parenchyme. La réaction existe surtout dans le corps cel¬
lulaire, et dans les prolongements principaux, les ramifications plus fines n’en contien¬
nent pas. La tpiantité de fer est variable, depuis l’imprégnation légère du corps cellu¬
laire jusqu’à la présence des granulations. Parfois c’est une coloration plutôt diffuse
tpie granulaire. En dehors de cellules en bâtonnet, on peut constater la réaction du fer
dans les cellulesnévrogliqucs.mais elleest plusrare.Lescellulesnévrogliqiies se trouvent
soit au voisinage des vaisseaux, soit au voisinage du corps cellulaire. Les cellules ner¬
veuses n’offrent pas kn réaction, maiscelle-ci est trèsmarquée dans la paroi des|ietits vais¬
seaux. Les grosses cellules (macrophages) qui contiennentdcsgraniilations et desgranules
sont parfois bourrées de corpuscules ferriques. Dans les cellules endothéliales la réac¬
tion est partielle, c’est-à-dire que toutes les cellules n’offrent pas la réaction. Enfin, on
retrouve la réaction du fer dans l’cxsudat cellulaire des vaisseaux atteints iiar le pro-
Fig. 7. — Elle montre un petit vaisseau dans la gaine duquel on voit, à droite, un amas de granu¬
lations très donsc, offrant la réaction du fer. Ce.s granulations existent aus.si dans la branche
(le division qu’on voit à gauche du vaisseau.
cossus inflammatoire. C’est surtout autour des petits vaisseaux qui présentent une réac¬
tion intense qu’on voit dos cellules en bâtonnet donnant la réaction du fer. Cette réac¬
tion existe dans les vaisseaux (lig. 7) où il n’y a pas de trace d’hémorragie. L’examen de
plusieurs cas d’écorce cérébrale des paralytiques généraux nous a permis de constater
les mêmes réactions du fer.
.Spatz pense que l’accumulation du pigment ferrugineux dans la substance grise de
l’écorce du cerveau est une lésion caractéristique de la paralysie générale progressive;
néanmoins l’auteur convient (pi’on jieut faire la même constatation dans la maladie
du sommeil (I).
Il est évident que l’opinion de .Spatz est exagérée, car nous avons trouvé, dans la paroi
des capillaires, une grande quantité de fer, dans un cas de ramollissement do la subs¬
tance blanche du pôle occipital. Dans ce cas on constate que, dans la substance blan-
(1) Spatz. Munch. med. Wochenschr., n” 38, 1922.
G. MAluynsCO et st. duaganesco
3 or,
clii', il y a ,los colliilas iiévr(>5'li([iios coiiLcnanl ilii for fîraniilairo ol parfois diffus, o’osl-
à-iliro i[uo lo cyLoplasiiia prend uno, toiiifo écarlalo et les Kranidalions ne sont visibles
cpi’à un très fort ifrossisseinenl,. Toujours dans ce cas on voil, des cellules névroglicpies,
de diverses dimensions, dont le eyloplasiua est bourré de ffranulalions de fer. Tout en
reconnaissant une certaine valeur à la présence du fer dans la paroi des vaisseaux, dans
la paralysie frénérale, il ne faut pas accorder une valeur spéciliriue à ce phénomène
Nous apportons à rajtpui de notre o|, inion le faitsinvant ((ui démontre (pi’il peut exister
du fer de, désintéRration dans les cellules de l’écorcecérébrale, endeborsrie. la paralysie
îré.nérale.
Fis?. 0. — Cinq cellules, moyennes et grosses pyramides do la frontale ascendante gauche dans un
cas do gliome du iiédoncule droit. Dans le cyloplasma dn cor])3 cellulaire, on voit un nombre
assez grand de granulations ferrugineuses tantôt disséminées tantôt concentrées autour du
noyau ou dans ta région sous-nucléaire.
Dans un cas de gliome du pédoncule (pu envahis.sait <'n même temps le tiers supérieur
de la protubérance et la couche opti(pie et oi'i les hémisphèia's du cerveau, surtout du
coté droit , étaient tuméliés, nous avons trouvé la présence <lu jiigment ferrugineux
sous forme de granules .à l’intérieur des cellules pyramidales de la 3" couche et <lans
les cellules de la 6” couche. Nous avons représenté dans la llg. 8 (pielques-unes de ces
cellules. Ci'tte constatation n’est jjas eu concordance avec les opinions de Lubarsch
et do Spatz, car elle montre (pie le fer peut e.xister dans d’autres centres que ci’ux (pii
e.onstituent l’origine des voies pyranddales et (pie les granules ne sont pas dus à la pré¬
sence de foyers hémorragi(pies.
•il- — riiir la j)rov(!iuuice (lu lcr ([iii exisU dans le système moteur
extrapyramidal il y a une diHereiicc^ d’ojdiiion entre Lubar.schid Sjiatz.
Le lu’omier p(mse (ju’il s’agit là d’iKÎmosicb’u’ine (pii sc localise dans les
r(‘gions où il y a des vaisseaux sanguins, à [larois minces, donnant ainsi
naissance à des troubles circulatoires et de variation dépression (pii faci-
BECUEnCIlES SUR LE MÉTABOLISME DU FER
397
liLont le passage des globules rouges des vaisseaux. Ainsi, pour Lubascli,
le for 1 rouvé dans les centres sous-nommes serait d’origine hematogène.
Par contre, Spatz admet qu’il s’agit d’un fer aulogène qui se distingue
essentiellement du pigment ferrugineux qu’on rencontre d’une manière
régulière dans la paroi des vaisseaux dans la paralysie générale. Ce pig¬
ment sanguin résult(u’ait de la désintégrai ion du sang et serait représenté
par l’hémosidérinc. Spatz n’admet pas non plus le mécanisme dont parle
Lubarsch, car le réseau vasculaire du globus pallidus et celui de la subs¬
tance noire sont grossiers et les régions riches en fer n’offrent pas du tout
des conditions identiques de circulation sanguine. D’ailleurs, la perméa¬
bilité des vaisseaux est plus grande pendant la première enfance et cepen¬
dant les centres ferrophiles en sont dépourvus. Dans la rate, le foie et la
substance médullair(^ des surrénales on rencontre, dans la paralysie géné¬
rale, des dépôts d’hémosidérinc.
Quelle est l’origine et quelle est la signification du fer qui siège de
préférence dans cerlains centres nerveux ; corps strié et surtout le globus
pallidus, la substance noire et le noyau dentelé? Pour comprendre la signi¬
fication de ce phénomène, il faut savoir que lesméthodes utilisées par tous
les auteurs précédents mettent surtout en évidence le fer de désintégra¬
tion, le fer moléculaire et non pas le fer actif, atomique. En effet, les re¬
cherches de l’un de nous ont montré que le fer est un élément consti¬
tutif du neurone que l’on retrouve dans les diverses phases de la vie, aussi
bien dans le noyau des cellules que dans le protoplasma, comme aussi
dans la myéline des fibres nerveuses. C’est une constante cellulaire, mais
sa quantité et sa topographie dépendent des rapports nucléo-protoplas-
miques. En enèt,dans les granules du cerveau, du cervelet et des autres
centres nerveux, il est t rès abondant et localisé presque exclusivement dans
la chromatine du noyau. A mesure que le cyloplasma se développe, que
la chromatine basi([ue du noyau diminue, le fer se trouve surtout autour
du nucléoh! et non pas dans le réseau acido])hil(‘ nucléaire, mais il aug¬
mente dans le cytoplasma. Dans les cellules dites somalochromes la quan¬
tité de fer (^st assez grande et sa topographie coïncide av.îc celle des cor-
puscuhïs chrowiatophiles. Les images obtenues par la méthode de Péris et
par celle de Nissl se superposent. Lorsque ces granulations colloïdales ne
SC précipitent plus pour former ce que l’on appelle les corpuscules de Nissl,
les images obtemues ressemblent, aux ditïérents types d(î chromatolyse.
C’est là encore une preuve que la mét hode de Péris et celle de Nissl don¬
nent des images concordantes. Ce fer ioni<[ue, absorbé par les granules de
j)rotéides, est. nu fin- fouet ionnel, il ne doit pas être confondu avec celui
trouvé dans les centres du tonus qui est un fer de désintégration et pro¬
vient prol)ablement, par le fait de l’usure fonctionnelle, du fer atomique.
Le fer de désintégration (pie nous avons trouvé dans les cellules ner¬
veuses du globus jiallidus, du pédoncule, de l’i-corci' cérébrale, etc., est
l’icxpression de cette usure fonctionnelle (d ])récisémenl nous le ndrou-
vons dans les cimtres dont l’origine est très anciemne. Mais nous n’avons
pas le droit d’alfirnn'r que tous ces granules ferrugineux que nous avons
398
G. MAlilNESCO ET ST. DEAGANESCO
vus dans les collulcs nerveuses sont Loujours de nature endogène, car il est
possible qu’ils proviennent également d’iiéinorrhagies, comme notre cas
de paralysi(î pseudo-bulbaire, dont nous avons j)arlé plus liant tendrait à
le prouver. C’est là une liyjiothèse qui mérite d’être confirmée.
Comme toutes les conslanles cellulaires, le fer subit des modifications
])endant l’évolution du sujet. C’est ainsi qu’on comprend pourquoi le fer
de dc-iintégration ne fait son ajiparition qu’à partird’une certaine époque et
pendant la vieilles.se il augmente dans les cellules des centres du tonus. On
pimt dire qu’à ce point de vue l’ontogénie est la répétition de la pliylo-
II
LES MYOCLONIES ET LES CORPS AMYLACÉS
DANS LES CELLULES NERVEUSES
(PRIORITÉ DE LEUR DÉCOUVERTE)
GONZALO R. LAFORA,
de riiist!tut Cajal (Madrid).
Nous avons décrit pour la première fois, en 1911, la formation de
corps amylacés dans le protoplasme des cellules nerveuses (1), dans deux
Notes sur un cas très curieux d’épilepsie myoclonique, étudié au point
de vue clinique par Glueck (2) et au point de vue anatomo-pathologique
par nous-même au laboratoire du Governmeni Hospital for the Insane
à Washington.
La publication de ce cas fort rare et de lésions particulières, non encore
décrites jusqu’alors, a été accueillie avec des doutes en Allemagne. Et
à ce sujet, Alzheimer, de Munich, el\o Senckenbergisches Pathologisches
Inslilul, de Francfort^ nous ont demandé des préparations microscopi¬
ques que nous nous sommes empressé de leur remettre.
Quelque temps après, Stürmer (3), un des disciples d’Alzheimer,
publiait un travail intitulé « Les corps amylacés du système nerveux
central », dans lequel il combattait la nature amylacée des corps que
nous avions décrits, et sans voir de nos préparations il en vint à écrire
la phrase suivante, pour le moins bien peu correcte à mon adresse : « Les
dessins de Lafrfra manquent de toute vraisemblance, môme dans le cas
où l’on devrait les considérer comme purement schématiques (4). »
Gomme nous ne sommes pas de ceux qui doutent des faits réels soi¬
gneusement observés, alors môme ([u’une autorité en la matière s’y oppo¬
serait, et que d’ailleurs nous ne croyons pas que tous les travaux alle-
(1) Lacoiia. Ueber (las Voi'kamnicn atnyloidcr K(ïi'pei’clicn im Iiiiici'n dev (langlu'ii*
zclIcMi. Virchow's Archir., 1911, t. CC.V.
(2) Lai-oha cl Gluicck. Hcilru^c ziir IlisUipal liolojîio der myckldiiisc.licn Epilepsie.
^eilschr. /. </. ges. Nciirul. n. Psycliitilrie, l'M I, t. N I, p. I.
(3) SruitMiiit. Die « C.oriiora amylac.ea » d((s /.enlralnerveiisysleiis. Ilislol. u. Instu-
Pulhdl. ArbeiUn, de Nissi, (-1 Ai.ziieimuii, 1913.
(4) En CO qui concerne le scliéinalisme, il esl curieux de faire iM'inarquer (pi(' Whst-
■’iiAi, disait aussi ; « Par la comparaison de la description et des dessins schémnliqnes d(î
hApoiiA avec nos préparations... » Nous dessinons, en copiant exactement la (■('■alité
dans sa |)ropre couleur, et luen que la r((produclion lilho^raidiique faite en Allemagne
hlisse (pieUpio pou ('i désirer, elle donne cependant une idée heaucoup plus C\a ’t ■ de la
réalité que ne le font les dessins du travail récent de Westpiial.
OONZALO H. LAFOIiA
'tüo
inaiids soionL bons, iriêmc; s’ils soni, appuyés sur une forte bibliographie,
nous avons publié un nouveau travail (1) sur rbisLocliimic de ces corps, on
insistant sur biur nature amylacée et en les différenciant des corps sem¬
blables découverts par Lowy (2) dans la paralysi(! agitante, corps dont
nous faisions l’étude liistochimique dans un autre travail spécial (3).
('.(îux-ci, accompagnés de nombreuses microphotographies, sonl,
paraît-il, inconnus dans les milieux scientifiques européens, et cela pro¬
bablement, parce qu’ils ont paru en espagnol dans les Trabajos del
Laboralnrio de Cajal car nous ne les voyons cités dans aucune des
études postérieures qui parlent de notre premier travail et de celui de
Stürrner, et que, d’autre part, ils n’ont donné non plus lieu à une recti¬
fication de ce d(irnier auteur aux mots de critique que nous lui adres¬
sions (d).
Le temps nous a donné raison, par le fait que d’autres investigateurs
ont confirmé notre description, et dans certains cas, comme celui de
Wcstphal, les corps amylacés existaient chezunmaladeprésentantun syn¬
drome épih^ptique-myoclonique entièrement semblable à celui décrit par
Glueck et nous-même. C’est pourquoi Wcstphal écrit dans son premier
travail :« De ce fait, il a été démontré, dans deux cas, qu’il se produit dans
les cellules nerveuses des inclusions deproduits que, dans l’étatactuel de
nos connaissances, nous ne saurions diflerencier des corps amylacés, et
([U(^ la critique do Stürrner des découvertes de Lafora, « comme man¬
quant de toute vraisemblance », ikï correspond pas à la réalité. »
Il a été publié postéricnireimuit plusieurs travaux par Bielschowsky,
Spi(!lmcyer, Wcstphal, Westphal-Sioli, l’ilotti (ît Weimann qui
(;onfirnient la nature amylacée (5) d(! ces corps, les trouvant dans des cas
d’athétose double, d’épilepsie rnyocloniquc!, de; polyclonie, d’encéphalite
épidémique et d’un syndrome confus de troubhis du langage avec atro-
l)hies miLsculaires dans les bras (cas de Spielrneyer).
Avec ce nouveau matériel pathologique il nous est loisible de faire une
récapitulation de la ([ueslion du f)oint (h; vue clinicpnq do l’anatomo-
])athologique et du toi»ograpbique. D’aufre i)art, nous nous voyons
poussé à c(!tte révision historiqu<î et analylicpu! d’cmsemble, par suite
de l’exposé erroné qu’a fait récemment Spielrneyer dans son excellent
ouvrage lUslopalholoçjie des ^ ervensijslems (6), au sujet de la succession
dans laquelle les cas ont été publiés.
(1) L.vi'Oua. Niicvas itivcsliffaciones sobre los ciierpos aiuilâceos dcl inlcrior de las
células iierviosas. Trabajos ilel Laburalurio de Cajal, 1913.
(2) Lkwy. I lislopaloloffio des l’aralysis agilans. Jlandb. d. Neurologie de Lewan-
DOVVSKV, vol. ni, page 921.
(3) Laidha. C.oiilriliMciàn a la hislopalologia de la paiîdlsis agilaiile. Trabajos del
I.aboralorio de Cajal, 1913.
(■I) Nous y disions dans un renvoi : « Nous pou\oMs nous tromper dans nos
appréciations, mais nous devons nous attendre à eo que l’on juge nos affirma¬
tions en examinant nos préparations et non en se fondant sur dos suppositions,
comme l’a fait Stuhmeii, en portant par là grand préjudice à la correction sctcn-
tilique hal iluelb^ entre inevsligaleurs. »
(b) Dans quebiues cas les réactions ont été iriconqdétes.
(li) .SriKLMEYiui. Hislupalltulogic des Ncreensyslems, t. 1, nerlin, 1922. Springer, p. 94.
LES MYOCLONIES ET LES CORPS AMYLACÉS
4U1
C’est ainsi qu’il dit : « A ce groupe d’altérations cellulaires correspond
aussi un type intéressant, mais rare, à savoir: ledépôt de grosses forma¬
tions qui sont semblables ou analogues aux corps amyloïdes et aux corps
amylacés. Ces formations ont été décrites par Biclschowsky, nous-
même, Lafora et Westphal. Il n’est pas encore clair (surlout par la
rareté de ces altérations) de déterminer dans quels genres de proce sus
apparaissent ces formations cellulaires spéciales ; il est curieux cepen¬
dant de faire remarquer que, tant dans le cas de Lafora que dans celui
de Westphal, il s’agissait d’une épilepsie myoclonique. «
L’ordre historique de Spielmeyer est inexact. Il arrive très fréquem¬
ment que, investigateurs des pays peu producteurs de science, nous
ayons à déplorer de telles inexactitudes qui nous enlèvent la priorité de
nos découvertes, au profit des compatriotes des auteurs de livres et de
travaux. Dans notre cas l’inexactitude est encore bien plus palpable,
puisque nos travaux ont été publiés en allemand et précisément dans la
même revue dirigée aujourd’hui par Spielïneyer. C’est avec un intérêt
sincère que nous avons lu dans le prologue du professeur Barker au livre
monumental Endocrinology and Melaholism (Appleton & Co, New-York,
1922), le paragraphe suivant ; « Nous avons évité de chercher à exagérer
les progrès de notre pays aux dépens des autres. Tout au contraire, nous
nous sommes efforcé de rendre justice aux investigateurs sur ces ques¬
tions qui appartiennent à toutes les nations du monde » (1), paroles qui
démontrent un noble respect pour l’œuvre de tous les investigateurs.
Nos deux premiersTravaux avaient paru en Allemagne en 1911, avant
aucun autre, et ils ont été combattus en Allemagne même.
Le travail de Bielschowsky (2) a été publié en 1912, et on peut y lire:
« Il n’y a jusqu’à présent dans la littérature qu’une observation sûre de
production de corps amyloïdes dans les cellules nerveuses. C’est celle
de Lafora et Glueck, laquelle provient d’uncas d’épilepsicmyoclonique.
L’espèce de maladie cellulaire coïncide dans tous les points essentiels
avec celle décrite par moi-même. » Il ajoute d’ailleurs : « Les observations
de Lafora et les miennes sont très importantes pour la question de l’ori¬
gine des corps amylacés en général, parce qu’elles démontrent d’une
manière irréfutable que ces corps peuvent se développer dans les par¬
les parenchymateuses du système nerveux. » Chez le malade de Biels¬
chowsky il s’agissait d’un cas d’athétose double, cliniquement étudié
par le Dr Barré, de Paris, et chez lequel M*"® Vogt trouva des altéra¬
tions {état marbré) dans le putamen du noyau lenticulaire. Biels¬
chowsky n’a trouvé qu’un foyer circonscrit de cellules nerveuses avec
des inclusions de corps amylacés, qui se limitait à la partie latérale du
Olobus pallidus du noyau lenticulaire, près de la lamina medullaris exlerna.
[1) No altempl lins been mode lu magnify lhe achievmenls o/ uur mon ceunlry ai tlie
ocepense of olhers. On lhe cunlrary, lhe effnrl lias been mode lu do jnslice In lhe workers
ni lhese fields amiiny ail lhe naliuns uf lhe niurld. (Prof. Barkeh.)
(2) Bielschowsky. Beilrago zor Histopalhologio (1er üanglicnzelle'. Zeilsch. fiir
Pinjchul. U. Neurol., t. XVIII, 1912.
REVUE XF.UKOLOÜIQUE. —
26
GOSXALO n. LAI’OUA
L(! travail do Sjiiidjnoyer (1) apparut aussi cri 1912, comme relation
d’uno communication adressée à l’Assemblée des Neurologistes de l’Aile-
magne du Sud, à Baden-Baden. 1 )ans leeas de Spielmeyer, les corps amy¬
lacés ne donnaient (jue ([uekjues réactions de la substance amylacée. On
trouva les (■(dlules nerveuses pourvues d’inclusions amylacées au travers
(le tout le système nerveux central, mais surtout dans l’écorce cérébrale.
Au jioint de vue clini(iue, on avait observé une démence progressive
accompagnée de troubles de langage et d’al.ropbie des bras.
Le travail d(( WesLjdial (2) ajiparut en 1919. 11 s’agissait d’un cas d’épi¬
lepsie myo(:loui([ue, I rès semblable au nôtre, chez lequel les cellules ner¬
veuses contenant des corps amylacés apparaissent également au travers
d(' tout le syslèm(( nerv((U.x c(udral, et dont lesréactions histochimicjues,.
de même ((ue dans notr(^ cas, correspondaient^ celledescorps amylacés.
Dans un nouveau travail de Westplial et Sioli (3), ces auteurs analy¬
sent d’uncî façon plus détaillée la distribution anatomique des lésions
e(dlulaires trouvées, en obsenvant que « le nombre des corps amylacés
dans les cndlules nerveuses du noyau denté est très grand, ainsi que celui
des granules glycogénoides. Ce champ, av((c celui du t lialamus et du noyau
roiige, sont ceux ([ui contienmnit le jjlus de corps amylacés intracellu¬
laires )•. C(!S auteurs trouvèrent en outre, dans la substance blanche du
cervelet, d((s altérations macroscopi({U(!s qu’ils ne s’expliquèrent point
au microscop(u II y avait de nombreux dépôts de myélines dans le champ
du noyau (hmlé. Il existait donc, dans ce cas une dilïusion des lésions
cellulaires, mais avec augmentation él((clive de celhî.s-ci dans les noyaux
gi is d(! la bas(! du cerv((au.
Les autres tr avaux sont postérieurs h ce dernirrr. C(dui de Pilotti (d)
appai-ut en 1922, (d, se rapporte à uiu; malade présmitant (hr mulliples
myoclonies dans I ons les muscles du corps, des parésies de ([uelques mus¬
cles oculaires, nystagmus, diplopie et altéialions vasornolricrrs, h; tout
suivi plus tard de paraparésie hypertonique, sans symptômes pyrami¬
daux et avec exagération des réflexes tendineux et, finahnnent, parésie
des muscles supérieurs avec atrophies musculaires et troubles dysartri-
qiKîs. Les myoclonies prrrsistôrcnt jusqu’à la fin, mais limitées mainte¬
nant aux nnsmbrris supérieurs. L’examen microscopique du système ner-
vrmx donna pour résultat : de l(‘g(:res altérations dans l’écorce cérébrale,
dégénéresc(mc(! d<(s cordons aid,éro-latéraux d(( la moelle, sauf des fais¬
ceaux pyramidaux (it des altérations dégénéralives du noyau d(mté dans
le ('(ïrvehit et de la substance! blanclui de ce d(!rni(!r. Enfin, dans les cellu¬
les de la corne antérieure et lat érale de la moelle, il révéla d(!s corps inl ra¬
il) SriiîLMKYiîn. Z((r l''i'ng(‘ (lcr s()f^((iian3('n .spczifisclKai Garigli(!nz.(‘llonerkrank(ni-
gcii. Ze.ilsch. f. a. r/e.s. Neurol, u. rsijc.hol., 1912. H(ifcral,(!n, p. 967.
(2) Wi;sTi>HAi.. Ueber c,i(;crii(r(,iff(! Einschlüssc in (l(!n GaiiKlicnzcllcn (c.orpora amy-
liicca) l)ci oincm l'alh! von Myoklotinscpilcpsie!. Arch. f. Psijciiol., 1919, t. L.X.
(9) Wkstpiiai. cl Sioi.r. Wcil('r(( MiUciIntig ül)cr (Icii diircli cig((iiarligc Einsclilüssc
in (l((ii Gioifflic.n/.clküi (c.orpora atnylacca ) ansgc7.(!ichnclcn l’all von Myoklunuscpilcpsic.
.Arrliir. f. l’mch. u. Nrrvimkrtmk, t. I.XIII, 1920.
(4) l’ii.orri. Snlla presen/.a (Ici c.orpi jalininci proLoplasmu (Icllc cclliilcnorvescdolnii-
dollo spinale in uncaso di (niliclonia. HivisUi sperimcnlulc di P'nnialria, vol. XLV, 1922>
LES MYOCLONIES ET LES COBPS AMYLACÉS
■1(3
cellulaires qui donnèrent les réactions histochimiques de la subsiancc
hyaline, à la manière des formations extraccllulaires décrites par Lewy
d’abord, et ensuite par nous-même dans la paralysie agitante, et aussi
des corps intracellulaires de la paralysie agitante, lesquels ne donnent
que quelques réactions de la substance byalino, ainsi que nous l’avons
démontré dans le travail spécial sur ces corps, et auquel nous avons fait
allusion ci-dessus.
Le travail de Weimann (ï) date également de l’année 1922, et se rap¬
porte à un malade mort d’encéphalite épidémique (léthargique), et chez
lequel on trouva des corps amylacés intracellulaires dans les cellules luu-
veuscs du noyau sensitif du trijumeau, et d’autres extracellulaires dans
les tubercules quadrigéminaux et dans la protubérance. C’est toujours
dans le corps des cellules nerveuses qu’ils apparaissaient, mais jamais
dans les prolongements de celles-ci.
Avant de passer à l’analyse de la question des corps amylacés intracel¬
lulaires, il convient que nous résumionsici l’histoire clinique et les décou¬
vertes histopathologiques du cas de Glueck et du nôtre.
Il s’agissait d’un garçon de dix-srpt ans, descendant d’alcooliques et d’^pilcpliquos.
Retard intellectuel à l’école. Ses premières attaques épileptiques remontaient à 1908.
En 1909 débutèrent les myoclonies dans les muscles oculaires et dans les lèvres, s’é¬
tendant ensuite aux muscles des membres et du tronc. Plustard, le malade commença
à remarquer une diminution de l’acuité visuelle, des douleurs poignantes dans les
yeux, des paresthésies dans le côté gauche du corps et do la langue. Vers la fin de
1909 il souffrit d’une pneumonie, des résultats de laquelle lui restèrent quelques pares¬
thésies (sensation de piqûres) de la moitié supérieure du corps et des troubles vaso¬
moteurs variables. La diminution de la vision continua à aller en croissant(il ne pouvait
déjà ni lire ni écrire), et do mémo la perte de mémoire et d’intelligence.
Ayant été admis en avril 1910 à la Maison de santé fédérale de Washington, on ob¬
serva chez lui : hypertonie générale, myoclonies constantes et généralisées, réflexes
tendineux exaltés, exagération de i’excitabilité mécanique des muscles, .surtout du
côté droit, double Babinsky, symiitôme jirononcé de Romberg, mouvements oculaires
normaux, pupilles à réaction normale, œdème papillaire double, propulsion des yeux,
vision très réduite, douleurs oculaires poignantes, diminution de l’ouïe, plus accentuée
du côté gauche, paresthésies du côté gauche du corps et de la langue. Dans l’ordre psy¬
chique : irritabilité, grande diminution de la mémoire et de l’attention, désorientation
et manque de conscience de la maladie psychique ; à la fin apparurent : démence, ver¬
bigération, pofsévération et écholalie. On observait par jour une ou plusieurs attaques
épileptiques. Wassermann négatif. Liquide céphalo-rachidien : huit cellules par mm. cube
et réactions des globulines négatives. Après une craniectomie décompressive la mala¬
die suivit son cours, et quelques semaines plus tard apparurent : grande sudorification
et troubles vaso-moteurs prononcés, dysphagie, émaciation avec hyposthénie, et enfin,
état épileptique myoclonique qui se termina par la mort.
Lors de l’autopsie on no trouva rien d’anormal dans le cerveau. On étudia au point
de vue histopathologique des fragments de l’écorce des divcrslobes du thalamus, des
tubercules quadrigéminaux, du bulbe et de la moelle, mais jiar un oubli regrettable on
no recueillit point de fragments des noyaux du cervelet (2). Les altérations trouvées
(1) WniMANN. Ueber das Vorkoinmen' « aniyloider .Substanzen » im Gehirn bei di‘r
Eneepbalitis epidomica. Monalschr. /. Psijch. u, Neurol., 1922.
(2) Dans nos premiers travaux nous n’avons pas cité ce qui a trait au cervelet que
nous crûmes oublié, mais plus tard nous avons pu étudier un seul fragment d’écorce
cérébelleuse dans laqu<‘lle les corps amylacés intracelbdaires n’apiiaraissent [loinl, et
l’on n’y observa qu’une certaine atrophie des cellules do Puskinje.
101
GOyZALO n. LAFOIÎA
(îoiisislèrciU on lu pr6s(‘iio(^ do corps amylacés dans les colhdos de l’écorco cérébrale cl
il(is noyaux (jris conlraux;ilsapparaissaicnt de préféroncedanslosdenxième et Iroisièinc
l'onches, et abondaient moins dans la couche dos cidlules polymoiplios(io l’écorce céré¬
brale ; mais où ils abondaient tout spécialement, c’était dans l’écorce visuelle. Les col
lides motrices de Botz, au contraire, m? présoidaieid, f[ue de légères chromatolyscs, et
jamais de, corps amylacé. Dans la région des tubiu'cules (piadrigéminax (pédoncide
cérébral), li‘ pont et li^ bulbe rachidien, on tr.)uva dilTusément les c<irps amylacés
intracellulaires. Ils apparais.-iaient dans les cellules des cornes latérales et postérieures
do la moi'lle éinniére, mais rarement dans les cellules do la corne antérieure.
Les corps amylacés intracelbdaires s(' coloraient en brun rougeiUre avec le Lugol,
en rougeâtre avec l’ioile et l’acide sulfuri(pie, en pourpre avec l’Iiématoxyline de lleide-
uliain, en bleu verdâtre avec la toluidine, en rouge avec la méthode de Hetz, en rou-
gi'âtre avec celle d’Unna-Bapenlu ini, en brunâtre avec la méthode de Ilauke pour la
névroglie, en roug(' violet avec le violet de méthyle, on vi'rdâtre avec le brun de liis-
marck, en rose avec le carmin alumineux, en vert avec la méthode do Hussell, en bleuâtre
avec le violet (ht gentiam^ et en brun avi^c les diva^rses méthodes à l’argent. Toutes ces
réad.ions ne laissent ahsolunauit aucun doute sur la nature amylacée de ces corps, étant
données nos connaissances actuelles sur riiistochimie (1).
Ces corps amylacés de diverses grandeurs apparaissaieiil au nombre
d’un ou plusieurs, logés dans le protoplasme des cellules nerveuses, soit
dans un corps, soit dans les prolongements protoplasmatiqucs, et en
déplaçant parfois le noyau de la cellule vers la périphérie.
Etant donnés les renseignements que nous possédons aujourd’hui rela¬
tivement à notre cas, et à ceux des autres auteurs, nous croyons conve¬
nable de considérer les ([uestions suivantes : a) formation d(îs corps amy¬
lacés intracellulaires ; b) distribution de cotte altération sur le système
nerveux ; c) relation entre la localisation des corps amylacés intracellu¬
laires et la symptomatologie.
Forinalion des corps amijlàcés dans les cellules nerveuses. — Bien que
Stürmer ait aflirmé: « que l’on n’a pas encore démontré, au point de vue
histologique, l’origine des corps amylacés, directement des cellules ner¬
veuses, cela n’étant non plus admissible », nous croyons que la vérifica¬
tion ([ue plusieurs investigateurs ont faite de not re découverte ne saurait
laisser aucun doute. L’unique criléiium que l’on puisse suivre pour qua¬
lifier de corps amylacés les concrétions intracellulaires en question, c’est
le critérium histochimique, et en le prenant pour base, spécialement
dans la réaction de l’iode, outre d’aulres réactions (méthode de Best,
hématoxyline, violet de méthyle, etc.), ces corps ont été ([ualifiés d’amp-
lacés par plusicurè investigateurs. Stürmer lui-même dit : « Nous possé¬
dons dans la réaction caractéristique de l’iode un moyen |)our la distinc¬
tion certaine des corps amylacés de ces autres corpuscules concentriques
semblables, comme, par exemple, les gouttes de myéline, et nous ne dési-
(1) Les réaclions employées par Westimial (loiiiièrenl pour résullat : avec la loliii-
(liiie, une coloration bleue de deux tons différents ; avec le van Gieson, couleur rose ;
avec le Biixschowsky, couleur brune ; avec le rouge écarlati', aucune coloration ;
avec l’hématoxyline, couleur bleue intense ; avec le carmin de Best, et avec le rouge
neutre, couleur rouge vif ; avec le violet de méthyle, la thioniiu! et le vert d’iode, les
(;orps s(! colorèrent comme tout le tissu ; avec le lugol, la partie centrale prit une cou¬
leur brun foncé, et la périphérique. Jaunâtre.
LES MYOCLONIES ET LES COUPS AMYLACÉS
gncrons nous-mêmc, sous le mot d’amylacés, que ceux qui donnent la
réaction de l’iode. »
Les corps amylacés se forment donc dans le protoplasme des cellules
nerveuses, soit comme produit métabolique, soit comme un processus
désintégratif. Westphal hésite entre admettre un processus désintégratif
pathologique ou un processus métabolique, mais il semble s’incliner à
cette diumière interprétation, pour la raison de ne pas observer dans ces
corps d’ultérieures transformations désintégrât ives, ni detranslation de
celles-ci vers les vaisseaux et la pie-mère, ni de réaction névroglique par
rapport à ces corps. . «
Ces corpuscules ne paraissent pas altérer profondément la vie de la
cellule nerveuse, car dans beaucoup de cellules on voit les autres éléments
s’y conserver, tels que les neurofibrilles et les corpuscules de Nissl. Cepen¬
dant, dans quclcfues-unes, ils semblent provoquer la mort de la cellule
ner\cuse, dont il ne vient à rester que le corps amylacé entouré d’un peu
de protoplasme. La névroglie n’agit pas d’une façon très active relative¬
ment à ces produits, car on n’observe que peu de manifestations de ncu-
ronophagie et de prolifération névroglique péricellulairc,mais il se mani¬
feste des cellules névrogliques chargées de petits corps amylacés dont la
formation s’est réalisée probablement hors des cellules nerveuses. Dans
notre cas, nous avons pu observer quelques cellules nerveuses presque
disparues, et ne laissant pour restes qu’un ou plusieurs corps amyla¬
cés sans être entourés de cellules névrogliques. Il est donc très probable
que les corps amylacés sont simplement des produits de troubles méta¬
boliques du système nerveux qui affectent certaines cellules nerveuses.
Tous les corps décrits ne présentèrent pas toujours les réactions carac¬
téristiques des corps amylacés. Ainsi, par exemple, dans ceux décrits par
Spielmeyer il manquait la réaction à la méthode de Best et au violet de
méthyle, ils ne se coloraient point avec la méthode de Nissl, ctilsét aient
fortement argentophiles. Dans ceux décrits par l’ilotti, les réactions cor¬
respondaient à celles de la substance hyaline.
Nous rappelons que dans la paralysie agitante, il aété décrit par Lewy (1)
il y a des années et ensuite par nous-même (2) des corps intracellu¬
laires de morjihologic très semblable à celle des amylacés, mais de réac¬
tions histochimiques quelque peu distinctes: Ces corps se présentent
aussi au nombre d’un ou plusieurs (12 dans une cellule observée par nous)
dans les cellules du thalamus, des noyaux moteurs oculaires, du pontet du
bulbe, et ne selaissent point colorer par l’iode, ni par le Lugolet l’acidesul-
furique, mais se colorent en violet foncé par l’hématoxyline, en rouge par
la méthode de Russel, en bleu par celle de Mann, en rose clair par le vio¬
let de crésyl, en violacé métachromaticpie par le bleu de toluidine, et
sont très argentophiles. Ils dilîèrcnt donc des corps amylacés et de ceux
(1) Lewy. Histopathologie dor Paralysis agitans. Lewandoirshu’x Uancihuch der
Ilenrolni/ie-, t. III.
(2) Lafoea. Contribuciôa a la histologia de la parAlisis agitante. Trahajos del Labn-
ratorio de Cnjul, 1913.
OOX/ALO. It. LAFUUA
lo;
<l<:crits i)ar Sj)iolmeyer, ainsi ([in- dn ceux purcirionl. liyalins décrils par
l’iloili (d, (U's lorinalious ainorphns allon^'àcs, à ri'aclinn (‘galcmcriL liya-
iitu! dans la paraiysi(i agil.anü', hors d<-s (;i“llul(;s iiaivousc-.s, décriU's par
la‘Wy (;i uous-inêrrio.
Idappelons aussi (pu; Wastplial et, Siuli ord, décrit dans leur cas d’('i>i-
lc])sic iriyoclonicjuc il(^ nnrubreux corps glycogenoïdos cxtraccllulaircs
colores par la incLliode de Best.
Du eouuaît eiKuiia! d’autres foruiaiious intracellulaires, outre les dépôLs
de graisse, et qui ont été décrites par divers auteurs. Htrâusslcr (1) décri-
vil, dans l(;s c(dlul(is inu-vcuises d’un e.as d’al,roplii(! céiébcdlcuse congéni-
labi de grosses forinations granuleus<ïs et sphcrulaires qui apparaissaient
<lans les prolong(uu(uils i)rotoplasniatiquos ou dans le corps cellulaire, et
donnaient la réaclion avec l’osiniurn. Nous (2) avons décrit, dans un cas
<le inaladi(! d’Alzheimer, quidejues formations intracellulaires grosses (it
lines, de natun! basio[)liilo-inétacbrornatique et (uiferrnées dans de gran-
d(!s vacuobîs du protoplasme des cellules n(^rv(!us(!s ; nous les avons dési-
gné((s sous le nom (b; « néc,rf)se )),eu égard à l’appanmee de, dégénérescence
grave et dé;sintégrative qu’(dles donnaient à la cellule nerveuse alTcclée,
df)nt le noyau (A bis prolongements protoplasinaliques disparaissaient
souv(mt. (àïtte même alt(’Ta1ion a été décrite d(!puis, et sans connaître
notiMî travail, par Hezza (3) dans les cellules nerveuses des noyaux bul¬
baires (de rby])oglosse et du nerf pneumogastrique) dans un cas de démence
])récoc,e, t erminé jiar mort, subil.e. Inès granules intravacuolaircs de Rezza
<lonnai(mt b‘s i'(‘actions d(!s graTiule.s fibrinoidcis ou du bleu de méthyle
d’Alzheim(>r.
h’inalement (baria (4) a trouvédans les cidlub^s nerveuses du noyau
<lorKal du nerf i)neumf)gastrique, d(‘s noyaux bulbaires et de la moelle
é])inière (diez des sénibis morts de divcu'ses maladies, des formations
qu’il considère, eomrne très semblables à celles décrites par Lewy dans
la paralysie agitante ; mais nous devons rappeler que ce dernier autf’ur
n’a pu les 1 rouveu- cIkîz six séniles qu’il étudia comparativ(!m(!nt h ses cas
<le ])aralysi(! agitanti'. Les corps intracellulaires vus par (baria avaient
<les réactions semblables mais non égales à celbis de la substance hya¬
line.
De cet exposé (bs découvertes variées, il s’(msuit indubitablement que,
dans les ce.llubis n(n-V(!Uses du système nerv(^ux central, il se forme dans
de cerl aines cf)nditions, d(!S masses sidiérulaires (quelquefois du type
des sphéro-cristaux) <[ui présentent des réactions hi.stocbimiques varia¬
bles, depuis celles de la substance hyaline jusqu’à celles de la substance
(I) Stuausslkh. Uebor cif'eiiiirlige Verniideriinfreii (Ier GuiiKlienzellcn und ilircFoii,-
'ül,/.c iiii /.(‘iilrnliu'rvensy.stiuii oiiir.s Fidles vun koiiL’enilulur Klcinhirnalropliie.
Armol. Zcnlra’hl., 1900.
{“Z) I.Ai'oiiA. Sobre oiia deffeneraciôn poco couocida d(( las cîibilas iiervosas. TrabajiS
</<■/ l.fiimnilorio de Cnjul, 19i:!.
(3) Huzza. AUera/.itini dello eellide gaii(j;liuri de] bidbo in un caso di demonza pré¬
coce cou morte improvisa. Hiinutii de jxdol. nerv. e. menUde, 1913.
(4) CiAOLiA. Sono i corpi di b’. II. Lewy, caralteristici dclla paralisi avilanlc ? liiv.
■V>er. d' Freninlria, vol. XI.I, 1915.
407
LE^i MYOCLONIES ET LES CORPS AMYLACÉS
■amylacée, en passant par toutes les gradations intermédiaires entre ces
deux substances.
(les formations apparaissent dans quelques cas au nombre d’une, exclu¬
sivement (cas de Spielïney(ïr), i.andis que dans les autres cas elles appa¬
raissaient en nombre multiple dans une même cellule nerveuse.
Dislribnlion de celle alléralion dans le syslèine nerveux cenlral. — Un autre
fait curieux (ît digne d’être pris en considération, c’est celui de la distri¬
bution de cette altération au travers du système nerveux cenlral. 'tandis
que dans notre cas, dans celui de Westpbal et dans celui de Spiclmeyer,
elle apparaissait dilîusément répandue dans le cerveau, les noyaux de la
base, le bulbe, la moelle, etc., dans d’autres cas, comme ceux de Biels-
chowsky, Pilottiot Weimann, elle se circonscrivait àdes régions détermi¬
nées du système nerveux. Ainsi, dans le cas de Bielscliowsky, l’altération
se bornait ù un territoire circonscrit au noyau lenticulaire (partie latérale
<lu çjlobus pallidns) ; dans celui de Pilotti, ellese circonscrivait aux cellules
de la corne antérieure et latérale de la moelle, abondant suitout dans les
segments sacrés ; et enfin, dans celui de Weimann on ne l’observait que
dans le noyau sensitif du trijumeau, outre d’autres corps amylacés extra-
cellulaires, dans les tubercules quadrigéminaux et la protubérance.
Même dans les cas où cette altération apparaissait distribuée avec nbi-
<tuit6 au travers de tout le système nerveux cenlral, on observait des
régions où elle apparaissait plus abondante. Dans notre cas c’était dans
l’écorce visuelle (calcarine), dans les couches II et III de l’écorce céré¬
brale, dans les thalamus et dans les noyaux du pédoncule cérébral (mo¬
teur oculaire commun, noyau rouge), alors qu’elle manquait dans les cel¬
lules motrices de Betz, et presque complètement da s les cellules motri¬
ces de la corne antérieure de la moelle (1). Dans le cas de Westpbal, l’al-
ti'-ration abondait dans le noyau denté du cervelel , dans le thalamus et
le noyau rouge, et faisait défaut dans les cellules de Purkinje, et de même
que dans notr(! cas, dans les cellules motrices d(î Betz et dans cfiDs des
cornes antérieures de la moelle.
En raison de cette limitation possible du processus cellulaire, Bicls-
chowsky croit qu’on doit le considérer comme un processus local, produit
par une altération nutritive progressive des cellules nerveuses, le tout
par suite d’altérations vasculaires. Il fonde son opinion sur le fait que
<lans son cas il y avait des altérations prononcées dans les parois des vais¬
seaux dans les noyaux gris de la base du cerveau, dans lesquels il se pré¬
sentait encore d’autres lésions locales {élat marbré) qui indiquaient un
trouble nutritif général de cette région.
Westpbal croit ([ue les granules glycogénoïdes extracellulaircs, de
même que les corps amylacés intracellulaires, doivent leur origine à un
même processus pathologique des tissus, mais il n’émet aucune opinion
relativement au mécani.srne de la formation locale de ces corps. Il consi -
(1) Nous ne coniinissoiis pus l’tiUl îles noyaux du cervelel, dans noire cas.
■108
GOXZALO li. LAFOItA
(lèrc ([lu! dans son cas il existe une altération élective dans les noyaux du
système nucléo-Legrnentaire semblable à une maladie systématique, el
il fait remar([uer qu’il y avait dans la substance! blanche du cervelet et
dans le cbam[) du noyau denté, d(‘s altérationsfocalesaveic désintégration
de la myéline, dont la nature n’a pu être! mise au clair par l’investigation
liisteeleegiepie-.
Dans neitrei premiieu- t ravail, nous avons suppeeséque ee le treuible! méta-
beilie[ue‘ qui preiehdl b' synelreenu! en epiestion, détermine la formation des
ceerjeusculees aitiylae'és, et e[ue eeeîux-ci, par l’irritation mécanique et le
tremble' femctie)nne!l auxefueils leuir jerésence en si grand neembre donne
lie!u élans le!s ceellules nerveuses, collaborent;» la production des attaques ».
Westqdial et Sieeli ne se rangent pas complèteernent à cette opinion, mais
seuleiment, ils aelme'tte'ut epui ce' « jeroceessus inconnu joue un reOle impor¬
tant dans la ]>àtbogénie' élu cas qui nous occupe », inclinant h accorder
une graneb' importance' physioi);»the»logiepie ;i la localisation élu processus
ceellulaire élans leur cas.
Detle' eliscussion nous mène ;i traiter de la troisième question que nous
nous somities jirojeosée.’^
Relalion entre la localisation des corps amylacés intracellulaires el la
symptomatologie. — En nous occupant de ce problème difficile, nous
élevons avoir présents eleux faits contradictoires, f> savoir : a) qu’il y a
ele!s e as comme eeeu.x ele Westjdial, de l’ilotti et le nôtre, où les corps
amylacés ajiparure'nt, dans des maladies qui présentèremt des contrac-
tiems myocloni([ues ; b) epie, élans el’autres cas, tels que ceux de Spiel-
ineyer, Weiimann ed Bieelschowsky, tout en trouvant des corps amylacés
ou liyalinsintracellulaire's, onn’a pu observereic syndromes myocloniqueis.
Ce pre'itiieer fait nous laisse voir (pie le syndrome myoclonique ne dépend
pas du trouble mélabolùpie général du syslème nerveux ipii cause la produc-
lion de corps amylacés ou pseudo-amylacés dans les cellules nerveuses.
Si nous considérons que les elivers cas euj eb's ceirps amylacés intrapro-
teiplasmatiqiu's aiijiaraissant élans les celluleis neu'veiuses, et qui ont été
e'dueliés jusqu’à jiréscnt, présentaieuit une localisation distincte de cette
lésiem, nous pourrons admeltre la possibilité de ce que le syndrome myoclo¬
nique dépende d'une localisalion déle.rminée de celle lésion.
l'Iusieurs faits se présentent à l’ajijmi ele cette théorie topographique,
à saveiir : 1° que' élans les cas ele; synelrome le plus seutiblable (épilepsie
mye>cle)nique! généralisée), comme celui de Westphal et le nôtre, la diffu¬
sion ele l’altératiem cellulaire était manifeste ; 2° epi’il y eut dans les
eleuix e'as ele! légèreîs eliffeireuiees syrnpLomatiepies epii seemblèrent corres-
pemelre! à îles aceeeuituatiems locales ele l’altération ; ainsi, par cxemitle,
l’amaurose ele neitre! cas paraît s’eexpliepier jear feexagération de la lésion
cellulaire! élans l’etcorce calcarine (optiquee) ; 3“, ejue élans l’un et l’autre
cas on trouva ele's alte'raliems preuieeiicées dans les noyaux de la base.
Si nems accejeteens ce critérium comme! bypeilhèse de travail, nems
remarquerons ejue dans le cas (!»■, West[)bal la leecalisatiem du processus
LES MYOCLONIES ET LES CORPS AMYLACÉS
400
s’acccnLuc dans les voies cérébello-rubro-t halamiques, et que cette décou¬
verte se confirme dans notre cas pour les part ies de cette voie dont nous
-avons fait l’étude (thalamus et noyau rouge, tubercules quadrigéminaux),
puisque, par un oubli regrettable, les noyaux du cervelet n’ont pas été
recueillis.
Dans le cas de Pilotti, les corps amylacés intracellulaires se trouvèrent
seuls dans les cellules de la corne antérieure et latérale de la moelle, fait
qui a induit l’auteur à croire comme « très probable que le trouble fonc¬
tionnel moteur (clonies) présenté cbez la malade, devait être lié d’uiu'
certaine manière avec les lésions décrites dans la cellule nerveuse des cor¬
nes antérieures de la moelle épinière «. Il dit aussi en passant que l’on
observa « des alt erations dégénératives du noyau denté », et il ajoute une
microphotograpbic d’une partie voisine du noyau denté, où l’on aper¬
çoit une dégénérescence myélinique des fdsrcs nerveuses avec d’abon¬
dantes cellules granulo-graisseuses, mais sans attribuer pour autant à
cette lésion aucune intervention physiopathologique dans le syndrome
myoclinique.
Nous ne connaissons pas, malheureusement, dans le cas de Spielmeyer,
la distribution exacte do cette altération cellulaire, car ni dans son t ra¬
vail de 1912, ni dans son récent ouyrage Hislopalliologie des Nervensys-
lems, il ne mentionne la localisation des lésions dans le cas qu’il a observé.
Westphal et Sioli analysent la question au point de vue des localisa¬
tions on considérant ciue « ies altérations particulières des noyaux gris,
depuis le noyau denté jusqu’au thalamus optique, sont dans notre cas les
fondements anatomiques probables delà myoclonie». Le complexe myo-
clonique a été observé quelquefois dans désaffections du cervelet, comme
dans le cas de paramyoclonie familiale multiple de Hânel-Bielschowsky,
b-quel présent e d’intenses altérations dans les cellules de Purkinje, et dans
les restantes de l’écorce cérébelleuse, c’est-à-dire dans les neurones céré-
bellofuges de première catégorie, tandis que les voies centripètes ou
fibres moussues et grimpantes se conservaient bien. On observait aussi
une altération des cellules et de la substance blanche environnante
dans le noyau denté, dans les deux Iraclus olivo-cerebellaris et dans
l’olive cérébelleuse. Bielschowsky appelle l’attention sur le caractère
syslémaiique do ces dégénérescences, alors que Westphal et Sioli font
remarquer que, tandis que dans le cas de Ilànel-Biclschowsky les cellules
et, les voies cérébelleuses les plus affectées étaient celles du segment cor-
tico-nucléaire, qui va de l’écorce cérébelleuse aux noyaux cérébelleux,
dans le cas de Westphal la plus grande altération se trouve dans le seg¬
ment nucléo-tegment al qui unil, les noyaux cérébelleux à ceux du tegment
(noyau rouge, etc.), le thalamus, el, il se produit une autre maladie systé¬
matique cérébelleuse.
Klien (1), qui a consacré une élude, à la relation des lésions cérébel-
(1) Klif.n. lîeil.raK /.nr an.ilomischen flninillago iind zur Physiopathologie (Ier
kontiniiicrlichen rhyllimischeii Krampl'e nae.h IlerilerUrankiingen des Kleinhirns nehsl
Remerkiingoii über einige h’ragcn der Kleinhiriifaseriing. Mmatschr. f. Psijchol, u.
Neiirnl., 1910, t. XI.V.
LEfi MYOCLO.MES ET LES CORPS AMYLACÉS
PLANCHE II
1. Eormalion hyaline cxira-ccllulairo de Le-wy dans la paralysie agitante. — 2. Cei
lulo'dn noyan moteur oculaire commun avec >in corps de Lewy dans la paralysie ag
ImUe _ 3 formation allongée de Lewy (extra-cellulaire) dans la paralysie agitant'
_ 4 '5 et G Corpuscules basiopliilo-métacliromatiqucs des cellules nerveuses cort
cales (nécrose) dans la maladie d’Alzheimer avec réaction névrogliquo péricellulairc
leusos avec les contracUoiis ryUimiques conliiuics, tout ou so fondant
sur trois cas propres, en cite d’autres publics par Sii.tin, Mingazini,
] fanmarberg, Scppilli et Witte dans lesquels on observa des coidrac-
GONZALO li. LAh'OHA
4ia
I ions myocloniqucs produites par des affections cérébelleuses. Pfeiffer (1)
a également décrit un cas d(! contractions myocloniqucs du voile du
palais et de la paroi pharyngé(î « chez un blessé au cervelet », les rai)por-
lant à d’autres hyperkinésies (chorée, athétose, tremblement).
D’après ce qui se dégage des récents travaux cliniques, anatomo-
patbologiques et physiologiques (Bonhoeffcir, Ilunt, Wilson, Vogt, Kleist,
ldiermitte,Treliakoff et d’autres), les syndromes caractérisés par des mou¬
vements anormaux sont produits par des lésions dans les voies strio-
rubro-cérébcllcuses, sans (ju’il y ait encore^ unanimité d’opinion rela¬
tivement au mécanism(! physiopathologique de ces divers mouve-
immts.
Plusieurs cliniciens (Thornalla, Cassircr et d’autres) ont aussi placé il
y a peu de temps le spasme detorsion et le torticolis spasmodique parmi
l('s affections dépendantes de lésions dans les voies strio-cérébclleuses
(syndronuïs extra pyramidaux). Cassircr (2) a décrit récemment deux
Icas de torticolis spasmodicfue observés pendant plusieurs années, dont
r’un des deux se compliqua plus tard par des spasmes toniques d’autres
légions musculaires, et il arriva à faire le diagnostic de dystonie muscu¬
laire progressive (ou spasme de torsion). L’étude histopathologique de
’un de ces cas démontra d’intenses lésions dans le putamen et le noyau
(uaudal, raison pour laquelle Cassirer se range de l’opinion de Babinski
et d(‘ Forster admettant que le torticolis spasmodique, dans quelques
cas, n’est pas d’origine psychogénétique, mais organique, par suite de
lésions dans le corps strié.
Nous ferons remarquer ici en passant que, dans la longue série d’ex¬
périences physiologiqu<!s (non encore publiées) que nous avons faites
sur des chats redativement à la production de syndromes hyperkiné-
si(pics par lésions dans les voies strio-rubro-cérébelleuscs, nous avons
observé dans beaucoup d’entre elles des contractions myocloniqucs
lyihmiqucs des membres, et dans d’autres, le torticolis spasmodique
dans une gradation presque insensible en comparai.son avec d’autres
cas de mouvenumts choréiques plus c,ompli([ués, spécialement dans les
lésions (jui affectemt les pédoncules cérébelleux supérieurs ou les noyaux
rouges.
D’après tous les faits qui précèdent, il semble pouvoir se déduire
eoinnuï j)robable f/ne le si/ndrome myoclonique se produit par suite d’alté¬
rations dans les voies cérébello-rubro-slriées ou eérébello-rubro-lhalamiques,
de même si celles-ci sont d’une nature ou d’une autre, et que les corps amij-
lacés intracellulaires ne délerminenl le syndrome myoclonique que lorsqu'ils
se localisenl dans ce système, et l’on peut observer des cas présentant des
(;orps aitiylacés abondants, ou pseudo-amylacés intracfdiulaires répan¬
dus dans lout le système nerveux (cas d(( Hpielmeyer) qui ne présenlcrit
(1) PruiFi'un. KonI iaiiierliche, kionische, rylhrnisclie Krütiipfe dos G.Tumonsogols
and <lcr Haclieiiwiuid l)ci cinom l•'ldl von Sclaissvcrlotzung d(^s Kloiiiluriis. Monatschr.
/. Psijch. II. Neurol., lOI!), t. XI, V.
(2) Cassihuii. ilidsinuskolkrainpf and Torsioiispasina
is. lilin. Woclteitschr., 1922.
LES MYOCLONIES ET LES CORPS AMYLACÉS
413
pas le syndrome myoclonique, par le fait qu’ils conservent peut-être
indemne le système strio-rubro-ccrébclleux.
Après avoir considéré tous ces faits, c<i qui est indubitable, c’est qu(^
les corps amylacés intracellulaires ne sont point le résultat de la fatigue
ou de répuis(!ment des cellules nerveuses par les contractions myoclo-
niques, puisqu’ils apparaissent dans des cas qui ne présentent point ces
contractions, et que dans d’autres on no saurait constater de syndromes
hyp(!rkinétiqu(îs.
D’autre part, ainsi que nous le faisions observer dans notre premier
travail, on ne les a jamais trouvés chez des animaux morts par suite de
fatigue expérimentale.
RÉSUMÉ
1) Notre description est aujourd’hui absolument confirmée sur le fait
qu’il peut se former à l’intérieur des cellules nerveuses, probablement
par suite de troubles métaboliques de leur protoplasme, des corps sphé-
rulaires dont les réactions histochimiques varient depuis celles de la
substance amylacée jusqu’à celles da la substance hyaline, et qu’il en
est quelques-unes do constitution chimique intermédiaire.
2) Que ces corps intraneuronaux amylacés peuvent apparaître diffu¬
sément au travers du système nerveux central, ou que l’altération peut
se limiter à une certaine région circonscrite.
3) Que le syndrome myoclonique observé dans quelques cas qui pré¬
sentèrent des corps amylacés intracellulaires, semble dépendre de la
localisation de ces lésions ou d’autres dans les voies strio-rubro-céré-
belleuses et thalamo-rubro-cérébelleuses ou vice versa.
4) Que les corps amylacés intracellulaires ne sont pas le produit de la
fatigue attribuable aux contractions myocloniques.
III
LA PATHOGÉNIE DES AFFECTIONS
NERVEUSES PARASYPHILITIQUES
ET LA DOCTRINE DU VIRUS NEUROTROPE
A. SÉZAHY,
Médecin des hôpitaux de Paris.
Dans un travail antérieur [lieviie neurologique, avril 1921, n» 4, p. 337),
nous avons étudié la pailiogénic des aiïections nerveustts dites parasyphilil i-
([ues. Nous avons contesté que l’hypothèse <rune variété de syphilis ncuro-
t.ropes soulevée par des cliniciens comme Morel-Lavallée, Nonne, défendue
ensuite par des biologistes comme MM. Levaditi et A. Marie, ffd. capable
d’e.xpli([uer aussi bien le lyjte hisloIogi([ue des lésions que leur évolution
(ît leur incurabilité [tar les traitements spécifi({ues.^
Pour nous, en effet, les caractères parliculiers du tabes et de la p u alysie
générale sont dus utiiquernent aux propriétés mêmes du lissu nerveux, qui,
malgré sa faible réceptivité pour le tréponème, ne particiite pas à l’immunité
générah^ de l’organisme syphilitique. Aussi le spirille, fixé dans le névraxo
dès la période s(;condair(‘, finit, après une longue période! d’adaptation, par
faire pr(!UV(! d’uru! vitalité plus ou moins active. 11 pullule! alors dans les
cetd ies nerveux et y provejque des réactions inflammal oirees. Celles-ci sont
atypique.'s, pare'o qu’edles échappemt au facteur humoral, e'.ause delà spée i-
ficité des lésions syphilitiques.
Ce travail a souhivé un ceutain nombre! de! criliepj(!s epie nous avons lues
avec intérêt,. Nous allons aujourel’bui examineu- le-s argument s qu’on nous
a eipposés, apprécier leur vohiur eit rappedeer, che!min faisant,, un certain
eieunbre! ele‘ faits nenive-aux ({ui mériteeni, el’ctrc pris e!n ceuisidérat ion dans
cette discussion.
.Si l’een en jugeait par les teu-ine's eleent se sont, servis MM. L(!vadili et
A. Marie' peeur exprimer leurs criliepie-s (1), l eet re! theieerie! serait facileuneud
réduite! à néittd . Ce's aute'urs,e!n effe!l, ajerès aveureliscul é elemx de! nos argu-
meuds, coneduemt de! la façem suivaide : « Ainsi, een ne saisit j»as penir ([uelles
(1) Annales de l'insliliil Pasteur, févrie!r l. XXXN'lt.
LA J>ATIIOni-:Mi; dus AL'L'nCTIOA'S NEIiVHUSES 415
raisons dos ohj actions aussi facih'iiK'iil rc'fidaides inoilcnt M. Sézaiy à rojetor,
coinino mal fondce, l’iiypolhèso du neurotropisme. » La IcK-lure de limr
mémoire nous a cependant convaincu d’une seule chose, c’est qu’ils n’onl
réfuté aucun de ces argumenls. C’est ce (pie nous voulons d’abord dé-
inoni rer.
lin ])remi(U' liim, avions-nous dit, le neurotropisme n’explique pas les
particularités des lésions histologiques de la paralysie générale id du
tahes. Mais, disent MM. Levaditi et A. Marie, « le neurotropisme nmd
compte de la localisation du giuine dans le parenchyme de l’encéphale,
parenchyme qui réagit autrenumt que les tissus mésodenriiques du névraxe.
La fixation de spirochète sur les centres nerveux est déterminée par les
propriétés innées, ou progressivimient acquises, du microbe, t andis que les
particularités des lésions parasyphilitiques sont sous la dépendance des
caractères réactionnels propres des neurones ». Or, l’hypothèse qui cons-
titiK! la partie capitale de la théorie de MM. Levaditi et A. Marie, le neuro¬
tropisme du virus, n’est nullement nécessaire pour expliquer les faits. En
efhit, dès la période secondaire de la syphilis, il c'xistc incontestablement
une septicémie! spirillaire. Les germes se répaitissent dans tous les organes
et leur elestinée y dépeind de l’accueil qu’ils y reçoivent . D’après nous, la
fréquence des manifestations nerveuses ele la syphilis dépend précisément
de ce fait, que, dans le tissu nerveux, les tréponèmes se trouvent à l’abri
d(!s anticorps humoraux ; ils ii’y sont donc pas détruits, comme dans la
plupart des autres viscères ; ils peuvent lentement s’adapter, puis pul¬
luler. L’hyjjolhèse du neurotropisme est donc parfaitement inutile pour
ex()liquer la fixation du spirille dans les centres nerveux.
La seconde rriti({ue de MM. Levaditi et. A. Mari(! n’est pas plus valable
qu(! la premier!!. Elle se rapporte à l’inenicacité du traitement spécifique.
« Le neuroi ropisme, disent-ils, explique les raisons pour les([uell(!s le spiro¬
chète, logé dans le névraxe, se jdace ainsi hors d(! l’aclion sté'rilisantc que
la médication antisyjdniiticpie exerce sur des parasites fixés partout ailleurs
qu(! dans 1(! cerveau. » Est-il logi((uc de dire que l’hypothèse du neurotro¬
pisme explique pourquoi le spirille est rebelle aux médications? Nous ne
le pensons pas. Bi ce traitement est inefficace, c’est sans doute, comme le
disent MM. L(-vadili et Marie eux-mêmes, parce que «l’encéphale éLbore
mal le médicament et met le parasite à l’abri des dérivés 1 réjionérnicides
résultant de la transformation lissulaire de ce médicament ». Ici encore,
la conception du neurotropisme apparaît comme une hypothèse inutile,
puisqu’elle n’intervient que pour expliquer la fixation du spirille dans
le tissu nerveux et que celle-ci, comme nous l’avons dit plus haut, se com¬
prend tout naturellement sans son intervention.
On voit donc combien MM. Levaditi et Marie ont tort, de considérer
nos objections comme « si facilimumt réfutables ». C’est qu’en effet, ils
ne conçoivent pas la j)ossibilité d’une fixation du tréponème sur Icscentrcs
nerveux sans invoquer le neurot.roi)ism(‘, tandis (pie cette fixation s’('x-
pli([ue aisénuuit sans qu’on doive admettre cette propriété hypothétique.
Bi CCS auteurs étaient logiques avec eux-mêmes, ils devraient, dans les
.1. SÉZAHY
IKi
i:as où la syi)hilis aUciiiL d’aiilrcs viscères, iuvocjiier rexisLeiice, de virus
lii'|)aLol.r<)j)(!s, osLéoLro])(‘s, ü(-])lirolroi)(!s, aorlico! ro/x's, cLc. El l'allinna-
t.iou (le ce dernier ixuKxud rerail cerlaiueiiieid ([uehjiu; o])posiliori : ou
eonnaît, eu elTd , la l'r(’'([ueuee di: l’associai ion de lésions aorli(jues avec le
I abcs (d la ])aralysie uéiu'rale. lnvo([U(M'aieid -ils un(( irdeci ion surajoutè’e ])ar
un virus aori icoLroix' ([id viviadl en s>jnbios(( fr(’([ueide av(jc bî virus
nelirolrope ?...
Après ces (baux premiers arfj;uineid s, M.\l. Levadili (d, Marie coid,(;slenL
([U(‘ les |(roi)ri('dès du lissu nerveii.v sullisenL, connue nous l’avons soutenu,
à (‘xplicpier les particularités des b'sions du tabes (d (b; la jiai'alysi(! gèiu’rale
(d, leur résistance aux Lraiteimud.s spécili([U((s. Nous avions conclu à ce
suj(!t : « Le lissu mirveiix ne participe jias, dès la j)ériode secondaire, à
rinununité ([ue vient d’ac([uérir rorfçanisnu! tout eidier. Aussi bîs lréj)0-
lu’iines (pii l’ont envahi s’y Irouvent à l’abri, ils piuivenL s’adajder, ])uis
])ulluler, déderniiner enfin des léûons ipii seront atyjiiques jmiscju’elles
('■(•liappent au facteur humoral ({ui ri'Rit les modalités classiques du ])r()-
eessus syiihilitique. » Qu’objectent MM. Levadili et Mario ? » (( l.a partie
vraiment originale de la tluiorie de M. Sè/ary, disent-ils, s’appuie sur
l’e-xistence d’anticorps spirillicides et aussi sur la place que semble
occuper le système nerveux dans le processus de l’immunité acquise. Or,
rien n’est moins prouvé que cette iiderverdion des ardicorps microbi-
cid('s dans la syphilis. Aucune expérience ne démoiitia; leur réalité... De
|)lus, il est certain aiduelleimmt que les substances (pii interviennent
dans la réaction de Bordet-Wassiu'inann n’ont aucun raïqioit avec ces
aniieorps ». Sur ce dernier jioint, tous les syjdiiligraphes sont d’accord.
Mais est-ce une raison jiour nier l’existence de ces aniieorps ? Oelle-ci
n’est-elle pas iirouvée par ce fait ([lie la réinoculal ion de virus à l’homme
devient impossible avant même la jiériode secondaire ? S’il n’y avait
[las d’anticorps, le chancre syj)hiliti([ue serait réinoculable au jiorteur en
série, tout comme le chancre mou. Nous nous étonnons de trouver cette
criliipie sous la plume de .M. Levaditi, ([ui a (icrit avec. M. Boché (1) :
'I Si l’on tient coirqite des analoffies entre la syidiilis et les autres sfiirilloses
humaines et animales, on doit considérer comme liés probable la fornia-
lion de ces anticoiqis au cours de la vérole, ainsi i[ue leur [irésence dans le
sérum des sy|diiliti(pies... Les aniicmrjis <[iii ajijiaraissent jieii de temps
avant le début de rimmunitéciitanée persistent, sans subirde niodifical ions
niar([uées, au cours de la maladie et mettent une ceitaine enirave à la
pullulation des tréponèmes. Tant ([ue ceux-ci resixmt sensibles à l’action
microbicide de ces anticorps, ils sont dans timpossibilité. de se rejiroduire
(t. de provoquer des accidents », (t.c.La [latholof'ie [générale de la syjihilis
nous semble absolument inexplicable si I on rejette l’icxistence de ces anii¬
eorps (t la cri1i([ue de .M.M. Levadili (t Marie, réfutée par un projire lexte
de .M. Levaditi, ne nous semble jias fondée.
Enfin, ces auteurs jiensent ([ue « i’allirmation d’a])rès hupielle le luivraxe
(1) I.iîVAoiTi (il Mocinï. Lu njphilis. Massuii. l'JOU. pages 101.102.
LA PATHOGÉNIE DES AFFECTIONS NEHVEUSES
417
ne participe pas à l’état réfractaire général, n’est vraie qu’en ce qui con¬
cerne l’immunité antitoxique » et ils rappellent que les ultravirus des ectoder-
moses neurotropes (herpès, encéphalite, neurovaccine) provoquent un étal
<rimmunité active du cerveau. Dansces alTections, ajoutent-ils « l’immuni-
nité de la cornée ou de la peau entraîne celle du cerveau. On ne voit pas
pourquoi il en serait dilîéremmcnt dans la syphilis ». A ceci, on peut répon¬
dre d’abord qu’on ne saurait comparer le tréponème à un ultra-virus et
([u’une comparaison n’est pas une raison. De plus, il nous semble inexact
d’allirrner que dans la syphilis l’immunité de la peau entraîne celle du
cerveau. La preuve en est que la peau des paralytiques généraux est ré¬
fractaire à toute inoculation de tréponèmes, tandis que leur cerveau héberge
c(!s mêmes parasites, dont il n’empêche même pas la pullulation.
Ayant ainsi réfuté les critiques de MM. Levaditi et A. Marie, nous
croyons intéressant de reprendre maintenant tous los arguments invmjués
par ces auteurs en faveur de leur doctrine et résumés par eux sous huit
chefs différents. Nous rappellerons qu’à h Itéunion neurologique de 1920,
M. Sicara (1) a déjà fait valoir une certaiïi nombie d’objections dont la
plupart, malgré la réponse de MM. Levaditi et A. .Marie (2), mérilent,à
notre sens, d’être maintenues. Nous y ajouterons ici un certain nombre
de launarques personnelles, qui complètent la réfutation entreprise par
M. Sicard.
1° Evolution clinique el analoino-patholoyique parliculière de lu maladie
de Bayle el du labes.
En discutant plus haut les objections faites à notre théorie par MM. Leva¬
diti et Marie, nous avons sullisamment insisté sur ce point que ces carac¬
tères évolutifs et histologiques s’e.\pliqu(>n1, aisément par les propriétés
du tissu nerveux, sans qu’on soit obligé d(^ recourir à leur hypothèse qui
rrous iraraîl, complètement inulile.
2° Contraste entre la léyèrelé des accidents primaires el secondaires d’une
pari, la yrauilé des manijeslalions neurolropes d’ autre imrl, chez les paralyli-
ques yénéranx.
Il est irrdéniahl<“, cornnre l’avait signalé h'ottrruer, corrrnre l’a conlirriré
M. A. Lolliri, que la syjrhilis ([ui aboutit au tabes et à la paralysie génér ale
est spuvrmt jiauvre on irranifestations cutanées et- qu’invorscrnrmt les
syphilis florides épargnent assez souvent l’axe cérébro-spinal. Mais cette
ri'gle générale soull're it’assez nontbreuses e.xceidions. D’abord, dès la
période secondair-e, l(;s syjihilis les plus florides se compliquent pres(|ue
loujour-s d’une forte réaction métdngée (|u<' vévèle la ])onction lornludre
(Itavaut, .Jeanselitte et. Lluîvallier). D’autre paît, toutes les .syjrliilis
ilisei-èles, ttiêitKî nott traitées, n’ahoul issenl ]ias au lalies ou à la paralyse
(1) Voir Uemic Ncnroliif/iiiw, l!l•20. ii" 7, p. (115.
(2) Presse, médicale, IÜ20, ii» GO, p. 04(3.
118
A. HÉZARY
fr(‘ii(‘ral(^ ; i)ar contre, des syfjhilis florides i)euvent se terminer par une
lésion nerveuse. En troisième lieu, la syphilis nerveuse n’est pas la seule
({ui succède à une infection discrète ; la syj)liilis do l’aorte obéit à la même
loi, nous venons d’en faire la r<‘mar(iue chez douze aortiques que nous
avons récemment e.xaminés.
En réalité, il est des syphilis plus volonli(MS viscérahis que cutanées,
tel est le fait indiscutable. Est-il nécessaire, pour l’expliquer, d’invoquer
un organotropisim; ? L’examen dos arguments suivants nous permettra
d(î discuter ce point.
3° liarelé de la paralysie générale el du tabes chez les habitants des pays
tropicaux, dont ta syphilis habituelle est grave. (Les auteuis ont voulu sans
doute dire floride el mutilante, car la syphilis européenne nous paraît au
total j)lus grave ([ue la syphilis exotique, si facil ment accessible au
I raiternent.)
Le fait, qui est indéniable, s’e.xplicpie d’abord par la nature du teirain
qu’olTr(!nt ces peuples non civilisés, dont le système nerveux n’est pas
surmené. Le <[ui h; prouve, c’est qu’on voit progressivement chez eux la
paralysie générale apparaître. Elle ne frappe d’ailleurs que les individus
qui se sont initiés à la civilisation mode^rne et ont adopté la façon de vivre
des Européens. La paralysie générale est devenue moins rare en Algérie
depuis une vingtaine d’années et, comme l’a rappelé M. A.-Marie lui-même,
elle est fréquente chez les Musulmans d’Egypte dont la civilisation se
rapproche de cfdle des Européens.
D’autre part , comme nous l’avons constaté avec M. Alibeit (1), des Euro-
pé<ms contaminés par le virus africain indigène, esseni iellement dermo-
trope, peuv(uit êtia; frappés d’uiuï alîcclion parasyphilit i([ue du nèvraxe.
Nous en avons observé deux e.xemples, aux([uels il faut ajouter le cas de
Hoasenda. On conviendra qu’ils contredisent absolument l’hypothèse du
neurotropisme.
11 serait injuste cependant de ne pas tenir compte d’un fait, c’est que le
t réponème, lorsqu’il s’adapte sur une agglomération humaine, y provoque
tout d’abord une syi)hilis floride, voire mutilante, riche en manifestations
non seulement cutanées mais encore osseuses. Ihiis, à la longue, ces loca¬
lisations dcvi(!nnent de moins en moins marquées, tandis que les lésions
viscérahîs, particulièrement nerveuses et aortiques, augmentent d’im¬
portance. Tel est hi cas (h; la sy})hilis européenne, (jui, « toute en dehors »
à répo([ue d(! François I«L se localise maintenant de plus en plus sur les
viscères. La syphilis exotique commence aujourd’hui une évolution analo¬
gue, puisque ses localisations viscérales, jadis exceptionnelles, y sont
maintenant f)lus fré([uentes. Ces modifications sont peut-être dues aux
[)ropriétés du terrain sur -lequel le virus a fait de nombnujx passages.
Une immunité héréditaiiv; relative pourrait rendre compte des modifica¬
tions du lableau clinicpn^ de la syphilis. On pourrait même invoquer un
(1) Sociélé médicale des llùpiluux de Paris, 19 mai 1922 (Uiillelin, n» 17, p. 810).
LA PATHOGÉNIE DES AFFECTIONS NERVEUSES 410
argument tiré d’une notion qui tend à s’implanter en médecine, celle
de l’immunité locale, et admettre qu’héréditairement les téguments
acquièrent une immunité relative vis-à-vis du tréponème.
Mais il est possible que les propriétés du virus lui-même jouent un rôle
dans cette transformat ion progressive de la syphilis. On peut supposer qu’en
laison même du nombre des passages qu’il a faits dans les organismes hu¬
mains, sous l’action des anticorps et des médicaments qui l’ont atteint, le
tréponème a acquis des propriétés biologiques nouvelles, ainsique le prou¬
vent les expériences de MM. Levaditi et Marie, Fournier et Schwartz sur
les virus chancreux.
Mais de là à conclure que le virus a une appélence neiirolrope, ou aortico-
irope, il IJ a un pas que nous nous refusons à franchir. Car cette appétence
n’est prouvée ni par les faits cliniques, ni par les expériences que nous
discuterons plus loin.
4° Conlamination à la même source.
Cet argument ne porte pas davantage. Les sujets contaminés par un
même partenaire, les conjoints syphilitiques, se trouvent dans des condi¬
tions sociales analogues, ont les mêmes réceptivités vis-à-vis du virus :
on ne s’étonnera donc pas qu’ils présentent des localisations analogues.
D’ailleurs les faits invoqués sont souvent peu démonstratifs. D’abord,
comme l’a fait remarquer M. Sicard, parce que « dans la plupart des obser¬
vations classiques, il n’est pas fait mention de l’avenir du sujet conta¬
minant. Nous ignorons si ce syphilitique, source de virus neurotrope, a été
atteint lui-même ultérieurement de neuropathie ». Ensuite, parce que la
fréquence des déterminations nerveuses dans nos pays doit inciter à la
plus grande prudence dans l’interprétation des cas : il peut s’agir de coïn¬
cidences, comme l’a écrit également M. Sicard.
5° Inefficacité du iraitement.
L’incurabilité nous semble un argument important à l’encontre de la
doctrine du neurotropisme. MM. Levaditi et A. Marie eux-mêmes ont
montré qu’inoculé au lapin, le virus des paralytiques généraux est tout
aussi sensible aux médications antisyphilitiques que le virus qu’ils consi¬
dèrent comme dermotrope. Des deux facteurs — germe et terrain — qui
peuvent expliquer la résistance au traitement, le premier se trouve ainsi
mis hors de cause. C’est au terrain seul qu’est due l’inelTicacité thérapeu¬
tique, comme le disent eux-mêmes MM, Levaditi et Marie, et nous ne
voyons pas pourquoi ils tirent de cette constatation un argument en faveur
de leur théorie.
6° et 7°. Propriétés biologiques du tréponème neurotrope. Difficulté que
renconlrenl les lenlalives de transmission de ce tréponème aux animaux d’ex¬
périence el évolution spéciale de l’infeclion chez ces animaux dans les rares
cas où les résullals ont élé positifs.
Le virus provenant de paralytiques généraux provoque en effet chez
le lapin des lésions dilTérentes de celles que cause le virus prélevé sur un
chancre : au lieu d’une orchite ou d’un chancre du scrotum, et après une
■120
.1. SÊ/AUY
incubation beaucoup plus longue, il détermine urn; papules recouverte de
squames, qui (’svoliie très lentement.
(te.s expériences, à nolns avis, rus prouvent pas que le virus ncrvesiix ail
des altinités tissulaires dilïérentes de ceslles du virus chancreux. Elles
montrent seulcnusnt que bsur virulence est diflerenles, ce qu’on peut expli-
([uer par bs long séjour ([u’a fait les virus dans les ceni res nerveux où, comme
l’a montré Noguebi, il rus trouve cjuecbss conditions d’existence précaires.
D(s ce ([u’un virus a une virubsncis atténuée, on rus saurait conclure ([u’il
est nisurotrope.
Di'S narticularités anab.guc s se r( trouvent die/. de nomlneux microbes,
sans qu’on puisse pour cela incriminer un organotrofiisine quelconque.
Alors que nous étions chef de laboratoire de notre rigrelté maître Dicu-
lafoy, nous avons, dans l’cxsudat d’une pleurésie chronique, isolé un
streptocoque e! un pneumobacille. Contrairement à la règle, le jirernier
de ces grrmes était incapable de provoquer l’érysipèle de l’oreille de
lapin; le seisond n’était pas mortel pour la souris. Nous n’aurions jamais
osé coruslure de ces propriétés anormales^ à un orgaïuAropisme quelconque
de ces microbes.
MM. Levaditi et Marie, .M.M. Fournier et Schwaitz ont trouvé dans des
chancres indurés des tréponèmes dont l’inoculation au lapin donnait des
lésions dissemblables : faudrait-il donc attribuer ces dilTérences à un orga¬
notropisme spécial des virus- ? Plaut et .Muizer ont ( onclu également de
leurs expériences sur le lajiin [Munrh. ined. Woch., 1922, 0° F', p. 496)
(jue le virus niuveux semble doué de proprb' tés biologiques particulières,
juais ils n’acceptent pas la doctrine du neiirolroiiisme de ce virus.
.\ ra[)pui de leur hyjiotlièse, .MM. Levaditi et A. .Vlarie invoquerd en¬
core leurs essais li’immunité croisée : les lafiins guéris de l’infection ])ar le
virus neurolrope et vaccinés contri* ce virus sont réciq)! ifs vis-à-vis du
germe diu'motrojie, et inversemerd. Cet a’rgumeni, est, encore très discu¬
table (1).
Car, ([lie les lapins inocules avec le virus nerveux soient sensibles
au virus cutané, cela ne saurait nous (’toruu'r. Feai'ce et Crown ont moniré
([u’un la|)in syjdiilil icpie [leut (“d re réinoculé, avec un sucef-s consLanI, (lar
un I ré[)onéme [dus virulerd. La siqierinfiad ion est possible (diez le lapin
(Fourniel' (ït .Schwartz) alors ([ii’elle est exce/il ionnelle chez riiomme.
0.1 ne saurait en eff(d, conclure du lapin à l’homme. ContrairemenI
aux résultats obtenus chez le la[)in, Krafl-Ebing (d. .M. Sicard ont (issayé
sans succès d’inociihu- des [iaralyli([ues gémaaiix avec un virus jirovenaiil
de chancres et même do lésions secondaires floi ides. ■
Enfin, les ex[)érienc(>s d’immunité croisée faites surdeslajdusimmiinisés
avec un virus culané ne sauraient (“dre considérées comme démons-
Iralives. Car, comme le fait remarquer .M. .Vliitermilcb (2), « d’une [larl, il
(1) Niais MC lairlcnms pas île lu e.aiise il'ei-i'eiir |ii'iiven!oi I, (le riiirecl iciii acciileiilelle
(lu lapin parle Trrp'ini’mri ciiiiiciili fl i\iu‘ .\I.\I. I.evailil,' el, A . Marie pin iiisseiil, avoir
(Wilée ilaiis leurs expériences.
{:) lliU.liii ilr ri, si lui Palur, .'iO ion I H2;i, ii» 12, p.lTO.
LA PATHOGÉNIE DES AFFECTIONS NERVEUSES 421
paraît diiïicile, sinon impossible, d’affirmer que b lapin soiimis au traite¬
ment chimiothérapique est définitivement guéri... ; d’autre part, il est
risqué d’admettre que les lapins guéris de la syphilis expérimentale jouis¬
sent d’une immunité durable vis-à-vis du germe qui a servi à l’inoculation,
car il est admis en général, au moins en ce qui concerne la syphilis humaine,
que l’immunité dans cette maladie ne dure qu’autant qu’il y a des germes
vivants dans l’organisme et qu’elle disparaît aussitôt la guérison définitive
établie ».
8° Morphologie parliciilière du tréponème neurotrope.
11 est pour nous hors de doute aue la constatation de formes atypiques
du Ircponèmc n’est pas un indice de l’affinité tissulaire du virus, quelle
qu’elle soit. Nous avons observé de ces formes dans les surrénales d’un
addisonien syphilitique, dans les parois d’une artère cérébrale ; M. Manou-
élian en a vu dans un anévrisme de l’aorte abdominale et beaucoup d’au¬
teurs en ont signalé dans les organes des héréclo-syphilitiques. Ces
modifications morphologiques tiennent sans doute à l’âge des lésions, au
traitement subi.
Elles ne sauraient témoigner d’un organotropisme.
Le « faisceau de présomptions et de preuves » accumulées par MM. Leva-
diti et A. Marie tend à prouver une seule chose, c’est que le tréponème des
paralytiques généraux a des propriétés biologiques différentes de celles de
certains tréponèmes prélevés sur des chancres. Il ne démontre pas son
neurotropisme, c’est-à-dire sor affinité particulière pour le tissu nerveux.
Les propriétés de ce virus paraissent être beaucoup plus le résultat que la
cause de la localisation du virus sur les centres nerveux.
La doctrine du virus neurotrope se heurte aussi à cette objection for¬
mulée par .M. Sicard ; « Si l’on suppose un germe syphilitique doué d’une
affinité à pou près exclusive pour le système nerveux, vraiment neuro¬
trope, il ne sera contagieux qu’à la période de chancre, puisque les acci¬
dents cutanés et muqueux seront, par définitionmcmc,l’extrêmeexception.
Un tel germe est donc destiné à disparaître, puisqu’il n’essaime au dehors
qu’exceptionnellemcnt. Or, les cas de syphilis nerveuse semblent au con¬
traire devenir plus fréquents que par le passé». MM. Levaditi et A. Marie
ont répondu queleslésions cutanées ne sont pas absentes, mais plus fugaces
ou moins graves et que la contagion peut se faire par le sang des paraly¬
tiques généraux. Mais, cette réponse n’est pas satisfaisante, car d’abord si
les lésions des téguments sont plus discrètes, la contagiosité sera moindre,
sans aucun doute. En second lieu, les tabétiques et les paialyfiques géné¬
raux sont bien rarement, et pour des raisons multiples, des agents de
transmission du tréponème.
D’autre part, la comparaison que ces auteurs ont voulu faire entre les
prétendues races de tréponèmes et les divers types de bacilles typhiques
et paratyphiques, diphtériques, dysentériques, etc., ne nous paraît pas un
423
.1. SÊZARY
argumeiiL valahh; pour déinoniror le neurotropisme du virus des paraly-
liques généraux, (lar ces derniers microbes diiïèrent, non par leur orga¬
notropisme, mais par leurs propriétés biologiques élément airt s. Ils ont
aussi comparé b; virus de la syi)bilis à celui de la lèpre : le bacille de Hansen
s(!rait en elTet, sidon les cas, du type neurotropc ou du type dcrmotropc.
Mais il n’est pas rare de voir coïncider chez un lépreux, en égale proportion,
bis symptômes cutanés et nerveux. Et d’ailleurs, la transformai ion d’une
lèpre tégurnentairc! floride en lèpre antonine, ou inverscmenl,, est d’obser¬
vation courante (Jeanselme).
Une erreur fondamentale se trouve peut-être à l’origine des expériences
de MM. Levaditi et A. Marie. Ces auteurs en clîet ont choisi, comme types
de virus dermoti ope, des tréponèmes prélevés sur des chancres. Or, parmi
ces (diancres, il en (!st certainement qui ont été (ou auraient été) le premier
signe d’une syphilis nerveuse et rjui devraient logiquement être consi¬
dérés comme neurotropes. Qui nous assure que le chancre sur lequel a
été prélevé leur virus dit derrnotrope n’est pas précisément à l’origine
d’une syphilis ncrvrnise ? L’av(mir des malades pourrait .seul préciser ce
point fondamental. Dans les observations de MM. Levaditi et Marie, il est
inconnu. Il en résulte que pour s’en tenir strictement aux données de
leurs expériences, ces auteurs ont simplement comparé un virus prove¬
nant d’un chancre avec un virus recueilli dans le cerveau. Rien no prouve
que b; premier ne soit neurotrope, comme le .second, et que bis dilTéren-
ces constaté(îs ne ti(mnent imi<ju(iment aux conditions d’existence du
tréponème dans deu.x tissus dis.scmhlabbs.
La doctrine du virus neurotropc est donc inulilc, puisque les faits sont
explicahbîs sans elle. D’autre part, elle n’est pas démontrée, car l’existence
(b; ])ro])riétés biologiques spéciales d’un germe ne prouve pas son alHnité
pour un tissu donné. On cornprrmd donc qu’elle n’ait été admise ni par des
syphiligrajrhes, comme M. Jeanselme ctM. RaVaut,ni par des neurologistes
comme M. Sicard.
Nous nous arrêterons moins longuement aux critiques formulées par
M. Marchand {Presse médicale, 1921, n° 70, p. 675). Pour cet auteur, en elîct,
l’incurabilité de la paralysie générale tient simplement à ce fait que le
tréponètiK^ n’est jras l’agent pathogène de cette affection. Pour expliquer la
présence du tréponème dans les lésions, M. Marchand rappelle que dans
certaines maladi(!s, des microbes facilement visibles au microscope peuvent
s(i trouver dans des lésions dues à des virus fdtrants. 11 croit donc que la
paralysie générale est due à un virus fdtrant.
Mais c(!tte théorie soulève; deux objections importantes. D’abord elb;
fait table rase des données cliniepies qui montnmt <[U(; la paralysie géné¬
rale ne se développe qm; chez d’anciens syphilitiques, et des réactions bio¬
logiques il U sang et du liquide céphalo-rachidien des malades. Ensuite elle
substitue à une notion indéniable la présence presque constante de tré-
])onéme dans les c(;ntres nerveux, une simple vue de l’esprit qui n’a pas
LA PATHOGÊNIE DES AFFECTIONS NERVEUSES 423
reçu le moindre début de confirmation. Aussi ne nous attarderons-nous
pas à la discuter.
Mais, dans son travail, M. Marchand conteste que, comme nous l’avons
soutenu, des tréponèmes puissent demeurer à l’état latent dans le cerveau
pendant des années sans déterminer aucun symptôme. On sait cependant
que beaucoup de lésions centrales, même en foyer, sont latenli's et ne se
révèlent par des signes cliniques que plusieurs années après leur début :
cela dépend de leur localisation et de leur importance.
Il prétend aussi que les auteurs qui font de la paralysie générale une
encéphalite parenchymateuse se trouvent « très embarrassés » pour
expliquer les lésions méningées. Pour nous, ainsi que M. Marchand aurait
pu le lire dans notre mémoire, l’existence d’une réaction méningée secon¬
daire à des lésions cérébrales ne nous semble pas plus dilTicile à expli¬
quer que celle de la plcurite dans les lésions pulmonaires ou de l’adéno¬
pathie dans le chancre syphilitique. Notre embarras n’est donc pas bien grand.
La localisation primitive du virus dans les centres nerveux, que nous
soutenons à l’encontre de la majorité des auteurs qui croient encore à
l’origine méningée du tabes et de la paralysie générale, a trouvé des confir¬
mations dans les recherches expérimentales portant sur d’autres affections
du névraxe. L’encéphalite vaccinale, comme l’ont montré MM. Levaditi
et Nicolau, s’accompagne d’une réaefion méningée secondaire. Dans
l’encéphalite épidémique dont on n’admet pas l’origine méningée, la leu-
cocytosc céphalo-rachidienne n’est pas rare et le virus lui-même se trouve
dans le liquide cérébro-spinal. Ces faits nouveaux ■'denmnt nettement à
l’appui de notre conception.
De ce travail, nous tirerons les conclusions suivantes :
1° L’hypothèse du virus neurotrope est imdile pour expliquer la patho¬
génie des affections nerveuses parasyphilitiques. De plus, elle soulève
les objections les plus graves. MM. Levaditi et A. Marie ont montré
seulement que le virus provenant du cerveau d’un paralytique général a
des propriétés biologiques dilïérentes de celles d’un virus prélevé sur un
chancre. Mais ils n’ont pas prouvé le neurotropisme de ce germe.
2° Les propriét és du tissu nerveux suffisent à expliquer les caractères
des lésions histologiques du tabes et de la paralysie générale, leur évolution,
leur incurabilité.
3° Si les tréponèmes isolés chez l’homme ne sont pas tous doués de
propriétés biologiques identiques, il n’est pas démontré quelcurs différences
tiennent à un organotropisme du virus. Elles semblent relever des conditions
d’existence antérieures du parasite dans les organismes ou les tissus où ils
ont vécu. Elles nous paraissent le résultat, et non la cause, de la locali¬
sation du virus sur les centres nerveux.
4° Le siège initial des lésions nerveuses parasyphilitiques semble bien
être parenchyçnateuv et méningé. La méningit e est le témoin, mais non la
cause, des lésions nerveuses.
IV
ACTION DE LA SCOPOLAMINE SUR LE CLONUS
ET LA RÉFLECTIVITÉ EN GÉNÉRAL DANS UN
CAS DE SYNDROME PARKINSONIEN POSTEN-
CÉPHALITIQUE PROLONGÉ
MAGALHAES LEMOS,
Professeur à la Faculté de Médecine de Porto,
Médecin-Directeur de l'Hôpital du Comte de Ferreira.
On sait, le désaccord qui règne entre les auteurs dans l’interprélation
de l’étal des réflexes tendineux dans le syndrome parkinsonien postencé-;
plialitique prolongé, de même que dans la paralysie agitante classique,
à laquell! M. Souques, entre autres, ridentifie. Ces réflexes seraient,
suivant les divers auteurs, normaux, diminués ou même abolis, « vifs » ou
exagérés.
l.e rtigretté prof. Brissaud, jtar exemple, parlant de la rigidité spasmo-
di<iue dans la paralysie agitante, dit :
« Nous n’avons pour apprécier cette dernière (la rigidité spasmodique)
qu’un critérium certain : l’exagération des réflexes tendineux. Or, sur ce
I)oint, les auteurs ne s’entendent guère. La raison en est dans l’impossibi¬
lité qu’il y a, non pas de rechercher le signe patellaire, mais de le provo¬
quer, à cause do la raideur même des membres. Sans avoir la prétention de
trancher la difficulté, je crois {)Ouvoir dire, pour ma part, que dans la majo-
rih'' des cas les réflexes sont exagérés et, même parfois Irès esrayérés. Le
elonus est plus rare et encore plus dilTicile à produire (1). »
.M. Souques, dans son r(!marquable Rapport sur his syndromes parkin-
soiii(!ns, s’exj)rim(! à ce sujet do la façon suivante :
« A mon avis, ils (les réflexcss tendineux) sont souvent vifs et forts, mais
je n’oserais pas his ([ualifier d’exagérés.
« S’il est vrai que la rigidité musculaire et la rétraction niusculo-tendi-
mnise peuvent gêner la production des réflexes et entraîner des causes
d’erreur, il importe de faire remarquer qu’on ne trouve jamais ni elonus
ni sigru! (h; Babinski, i)hénomènes qui accompagnent si souvent l’exagéra-
(1) E. Bkissauu. U'Soassur les miladies nerveuses, 1893-1894, p. 481.
ACTION DE LA SCOPOLAMINE SUR LE CLONUS
Lion des réflexes tendineux et la contracture des états véritablement, spa.s-
modiques. Ce n’est qu’exceptionnellement qu’on a observé l’extension
de l’orteil, et elle tenait à une lésion associée du faisceau pyramidal ». (1)
Pour M. Kinnier Wilson, cité par Hall, la dégénérescence progressive
lenticulaire et la paralysie agitante « ont de commun le tremblement
et l’hypertonie ainsi que l’absence de paralysies et d’anomalies des ré¬
flexes » (2).
Enfin, MM. Mendcl, Malaisé, Forster et Graffener pensent que l’abo¬
lition des réflexes tendineux des membres inférieurs, surtout des achil-
léens, est « un symptôme pas trop rare » dans la maladie de Parkin¬
son (3).
Ce que nous venons de dire montre qu’on n’est pas encore fixé sur l’état
des réflexes tendineux dans le syndrome parkinsonien postencéphalitique,
ft cause de la rigidité musculaire qui, immobilisant plus ou moins, suivant
leur degré, les segments des membres, empêche, parallèlement et dans la
même mesure, la production des mouvements réflexes, ainsi que l’exécu¬
tion des mouvements volontaires.
La rigidité musculaire !
Voilà, en définitive, l’obstacle, l’écueil à la détermination de l’état réel
des réflexes tendineux et l’origine du désaccord qui là-dessus règne entre
les auteurs. ■
Mais si la rigidité musculaire apporte une gêne à la production des
réflexes tendineux, comme nous venons de voir, elle empêche aussi la
production du clonus et des réflexes cutanés et constitue également un
obstacle à l’appréciation exacte de l’état réel de ces réflexes.
D’autre part, c’est à la normalité des réflexes que la raideur parkinso¬
nienne doit, à l’heure actuelle, son caraclère eArapyramidal le plus saisis-
sable.
Il y a donc le plus grand intérêt à bien préciser l’état des réflexes dans
le syndrome parkinsonien postencéphalitique, pour pouvoir dépister une
lésion adjacente, toujours possible, des fibres pyramidales de la capsule
interne, qui du même coup enlève à la raideur parkinsonienne sa pureté
caractéristique et complique le syndrome.
Eh bien, chez le malade dont nous allons nous occuper, un parkinsonien
postencéphalitique, la scopolaminc, atténuant la rigidité musculaire,
modifiait à tel point l’état des réflexes, spécialement le clonus, qu’elle a
permis d’afiirmer l’existence d’une lésion pyramidale associée au syn¬
drome parkinsonien et qui restait latente en dehors de l’action de celte
subsl ance.
Mais, disons tout de suite ce que nous avons observé : Avant la piqûre
pan (le eloniis. Apres la piqûre, clonus très intense.
(1) A. Souques. Revir Neurologique, 1921, p. 554.
(2) H. G. Hall. La (li'‘g,''n('>r,'scencc h.'-pato-lonticiilairo, p. 276.
(3) Cité par VEnTiiBiM Salomson. Maladie de Parkinson et Tabes. Revue Neurolo¬
gique, 1921, p. 684.
MA GALHAES LEMOS
m
Or, lo clonus, on lo sait, dopond non pas do la lésion striée, mais bien
de la lésion ailjacente des fibres pyramidales de la capsule interne.
('.'est ce fait intéressant, c’est cette action de la scojmlaminc comme
moyen précieux d’investigaf ion sémiolitpie que je désire bien mettre en
évidence, car je pense qu’elle n’a jamais été utilisée dans ce but par aucun
lies nombreux neurologistes ([ui jusqu’à présent se sont occupés du syn¬
drome i)arkiiisonieri, et i)ourtant elle peut, permettri! de i)réciscr la loca¬
lisation de la lésion et de faire la part de ce qui revient au corps strié et à
la voie pyramidale de la capsule interne dans le tableau clinique du syn¬
drome (1).
Alfred!» M. (l’A., .34 ans, marié, commerçant, sans antécédents sypliilitiqnes (2).
Vers la lin d’avril 1920, il fut pris d’encéplialite lélhargiipie qui s’est manifestée par
des céphalées, une qrande fail>lesse et desdoideiirs assezvives. Au bout d’une semaine, la
somnolence a fait son apiiarition et il s’alita pendant
ipiinze jours. Vers la môme épo([ue le sommeil naturel
était troublé, il ne dormait «pie très peu pendant la
nuit. Fièvre assez légère. Troubles oculaires.
Au cours dn mois de juin 1920, lorsque les phénomènes
lie la phase aiguë étaient presque disparus, la raideur fai¬
sait son a|)parition et bientôt dominait le tableau clinique.
Elle débuta par le cou et par la face, envahit vers le mois
d’août le bras droit et ensuite le corps tout entier. Dés
lors, l’état du malade s’est rapidement aggravé et le 19
décembre 1922, lorsqu’il s’estprésenté à maconsnltation,
il faisait peine à voir.
Voici, d’ailleurs, son état à cette date :
Attitude parkinsonienne typiipie et très accu.sée. Iligi-
dité très intense et prédominant dans les muscles des
joues, des lèvres, de la langue et masticateurs. Impossibi¬
lité d’ouvrir la bouche. Articulation des mots extrême¬
ment dillicile, il chuchote les paroles avec la bouche fer¬
mée, à voix pres([ue im[)erce[)tible. Déglutition dillicile et
mastication impossible, aussi il ne prend que du lait, des
purées et autres aliments mous.
Il ne peut pas s’tiabilh'r, ni manger seul, ni essuyer la
salive i|ni s’écoule en filet continu des lèvres, ni se moue ber,
ni se retourner dans son lit, ni se lever de su chaise.
Il marche penché en avant, soudé, et a une grande dilli-
culté à faire volte-face. Hétropulsion. Acathésie.
Héflexe rotulien apparemment affaibli à cause de l’hy-
pertonie ipii limite l’amplitude du mouvement, et la
jambe ne reprend qu’avec lenteur sa position primitive.
Héflexe achilléen vif et d’amplitude normale. l’as de clonus.
l’as de Babinski. Les réflexes tendineux des membres sujiérieurs semblent affaiblis,
liéflexes abdominaux et crémastériens abolis. Contraction paradoxale de Wcsiphal
très accusée, surtout à gauche.
( I) Au sujet de l’acl ion do la scopolamine sur la réflectivité, je connais se ileuieut CC
que M. Babinski dit dans sa Conférence faite le 91 mai 1922 à la .Société Hoyale de mé¬
decine de Londres, dans un passage relatif aux réflexes de défense pendant le sommeil
artillciel. Hcviie Ni'iirohjyique, 1922, j». IÜ(i9.
(2) Cette observation sera |iubliée en détail dans un travail [irochain sur «le syn¬
drome parkinsonien i)ostencé|)halo-léthargique. Evolution, pronostic et Iraiteinent des
cas prolongés».
ACTION DE LA SCOPOLAMINE SUR LE CLONUS
427
Je suis informé qu’on lui avaif fait sans résultat douze injections liypodermiques de
scopolaminc, mais sans dépasser la dose d’un demi-milligramme. Je fus d’avis qu’on
devait continuer l’application de cette substance et élever la dose. Ce qui a été fait.
Le G mai 1923, le malade revient à la considtation et je le soigne jusqu’au 16 juin.
Je constate que son état est sensiblement le même que celui que j’avais observé l’année
dernière et je lui fais une injection journalière de scopolaminc.
Le l"’ juin, sa raideur, déjà si intense, s’est encore exagérée depuis quatre jours au
point d’amener une immobilité générale presque complète. Il lui est presque impossi¬
ble de |)arler et parfois il n’arrive |)as à répondre aux questions. Affligé de sa situation
misérable, il a des crises de larmes.
Comme dans les jours précédents, le mala<lc a reçu aujourd’hui une injection do
0,00120, et voici ce que j’ai observé en l’examinant une heure après la piqûre.
Et j’arrive au fait que j’ai en vue.
.\ssis, à peine le malade ajjpuie-t-il la pointe des pieds sur le sol que je vois avec sur-
Iirisc SC déclancher une trépidation spinale qui se transmet à la tête, laquelle à son
tour accompagne en cadence l’agitation des pieds, faisant des mouvements de flexion
et d’extension. Cette trépidation est si intense que les battements des talons ébranlent
le pavé.
La flexion brusque du pied sur la jambe provoque, clic aussi, une trépidation qui
dure tant que le relèvement du pied persiste.
Enfin, la percussion du tendon achillécn produit toute une. série de secousses ryth¬
miques de flexion et d’extension du pied.
I^a constatation d’un semblable clonus, je le répète, fut pour moi, à
cause de son intensité extrême, une véritable surprise, j’allais dire un réel
étonnement, car, l’ayant rcchercbé maintes fois, je n’en avais pas trouvé
de trace.
Mais, j’ai hâte d’ajouter que la rechcrebe du clonus avait été toujours
faite avant celte poussée et avant l’injection. Et alors de deux choses l’une :
ou le clonus était très récent, postérieur à mes examens, et je ne pouvais
pas trouver un jihénomènc qui faisait défaut, ou bien il remontait à
l’époque de mes examens et la raideur ne m’avait pas permis de le provo¬
quer.
Dans cette hypothèse — et de jilus parce que c’était aussi la première
fois que j’examinais le malade après la piqûre, comme je viens de le dire —
j’étais tout naturellement amené ù penser à l’action de la scopolaminc
dans la produel ion du clonus.
Pour m’en assurer, le lendemain, j’ai examiné le malade avant et
après la piqûre et voici le fait intéressant que j’ai pu observer :
Avant la piqûre, pas de trace de clonus, mais 20 minutes après une injec¬
tion de 0,00120 (jr., en même temps qu’on voijail diminuer et presque dispa¬
raître la sialorrhée,en même temps que survenaient la sécheresse de la bouche,
l’allénualion de la raideur, une sensation de soulagement, etc., la trépidation
spinale apparaissait d’abord dans le côté droit et était légère, 5 minutes après
elle apparaissait dans le côté gauche, alleignail vile le maximum d’iidensilé,
s’atténuait ensuite et disparaissait complètement au bout c/e -1 d 5 heures,
de même que les autres effets de la scopolamine.
Cet examen, fait le 2 juin, a été répété journellement jusqu’au 16 du
même mois, et sauf dans les trois derniers jours, invariablement avec le
même résultat : pas de trace de clonus avant la piqûre, clonus très intense
428
MAGALUAES LEMOS
15 à 20 minules après, pendant 4 à 5 heures, apanl toujours le même début
par la jambe droite, la même évolution et à peu près la même durée.
Ce contraste dans l’état du clomis avant et après la piqûre, je ne saurais
trop insister là-dessus, était tout ce qu’on peut voir de plus frappant.
Dans les trois derniers jours de mon observation, comme d’ailleurs on
peut voir sur le film démonstratif de cette action de la scopolamine, que
j’ai l’honneur d’oiïrir à la Société de Neurologie, fait le 16 juin, on pouvait
parfois provo<iuer une ébauche d<! clonus avant la piqûre, ce qui tient à une
atténuation durable de la raideur, appréciable dans l’attitude du malade.
A son début, le clonus peut être provoqué par le procédé ordinaire,
flexion brusque du pied, ou, le malade étant assis, en prenant la jambe
convenablement fléchie (d en frappant le sol avec la pointe du pied; mais
lors([ue le clonus atteint toute son intensité, comme le Ier dans le
moment où je l’ai surpris, il sulïit que le malade appuie légèrement la
pointe du pied sur le sol pour le déclancher.
I.a percussion du tendon achilléen ne produit généralement qu’une seule
secousse.
Pas de danse de la rotule.
L’application de la bande d’Esrnarch n’a eu aucune action appréciable
sur le clonus
Voyons à présent l’action de la scopolamine sur la réflectivité en général
en l’étudiant avant et après la pi([ûre, comme nous venons de faire pour le
clonus. Disons d’a\ance que l’action de cette substance sur les autres ré¬
flexes n’est pas si frappante, tants’en faut, quesurleclonus du pied et que
l’appréciation exacte de l’état des réflexes tendineux et cutanés est, au
moins pour ([uclques-uns, extrêmement dilïicilc, presque impossible, à
cause de l’hypertonic qui les entrave et de la variabilité qu’ils présentent
d’un jour à l’autre et parfois au cours d’un même exairnui, ce qui tient très
vraisemblablement à la variabilité de l’hypertonic elle-même, mais ce
rapport n’est pas aisé à constater.
Le 2 juin, le malade étant assis, les jarnbes pendantes, on constate
que les pieds sont en étjuinisrru! très accusé avec léger degré d’adduction
et de rotation de la plante en dedans.
Mettons en regard l’état du clonus et des réflexes constaté ce jour-là
avant (d ai)rés la piqûre.
Avant la piqûre. Après la piqûre.
Clomis (lu pi(‘<l ; pas de trace. Clomis du pied : très intense.
Hisflexes tendineux des membres sup6- H(;flcxes tendineux des membres supé¬
rieurs : alîniblis, excepté le réflexe des rieurs ; à peu près dans le môme état,
radiaux (faiicbes ([ui [laralt exagéré.
Hétlexe rotulien : nul du c(jté droit et
presque nul du côté gauche.
Hétlexe rotulien : aiiqdc des deux côtés.
ACTION DE LA SCOPOLAMINE SUR LE CLONUS
429
Rétlcxc achillôeii : assez ample des
deux côtés.
rtétiexe plantaire ;
L’excitatinn plantaire drnite provofiue
l’extension de la jambe assez so\ivent
associée, à la fois ou séparément, à la
flexion du pi(‘d et des orteils. L’extension
de la jambe est pour ainsi dire constante
et très accusée, surtout si l’excitation
plantaire est un peu fort(^ l't ré|)étée. En
plus, elle se produit assez lentement, per¬
siste quelques secondes après l’excita¬
tion et ne disparaît qn’après beaucoup de
lenteur, . étant parfois entrecoupée de
petits arrêts qui immobilisent momenta¬
nément ta jambe dans son retour à la posi¬
tion primitive. La flexion du pied est
très rapide, de courte durée cl la flexion
des orteils moins rapide.
Excitation plantaire gauche :
Les mômes réactions, mais plus amples.
Le iiincemcnt de la peau du dos du
pied et de la partie inférieure de la jamlu^
ne produit généralement aucune réac¬
tion motrice, mais la pression énergique
des muscles du mollet est |)res(pu' toujours
suivie d’une petite extension du [tied.
Héfiexes abdominaux et créraastérien ;
complètement abolis.
Contraction paradoxale d(^ Westphal :
assez faible, plus du côté droit.
Réflexe acliilléen : plus ample qu’avant
la piqûre.
Réflexe plantaire :
Pied droit : à peu près comme avant
la piqûre.
Pied gauche : j’ai pu observer sucoes-
sivement : a — mouvement de défense
’ — triple flexion ; b — extension lente de
la jambe sur la cuisse et flexion rapide
du pied ; c — extension de la jambe et
flexion des orteils.
C<imme avant la piqûre.
Réflexes abdominaux i‘t crémastérien :
complètement abolis.
Contraction paradoxale de Westphal :
comme avant la piqûre.
.Mais, je. le réjièie, riiyjx itoiiie peut eiupcclii'r les mouvements réflexes
<le se produii’f^ mi limili^r 1( ur amj)liLu(le, d’ofi dérivent des erreurs possi-
1j1(^s : méeorm.oîl rci un réflexe (‘.vislant, eroiiv alTaibli un réfle.xe normal ou
même exagéré, ou eucorci croire normal un réflexe réellement e.vagéré.
tiomme liour l(i (donus, j’ai fait la reclierclie syslémaiique des réflex(‘s
lendiueux et eulanés Ions les jours, du 2 au 16 juin, avant et après la
piqûre. L’uniformilé d(^ réaction du elomis,! oujours (ou jiresque toujours)
absent avant la j)iqrd'(! (d, loiijoms Irès intense après, eoidrastail avec la
variabilité de (padipies léflexi's, examinés dans b^s mêmes conditions,
lin jilus, I midis ((iie l’appréciai ion exaide de l’étal du idonus élait I oujours
aisée et nette, la couslalal ion ju'éidse de l’état des réfb'xes lendini'u.x id
430
MAGALIIAES LEMOE
cutanés était parfois <;t pour qiielriucs-uus très délicate — dilTicilc et dou¬
teuse. Je n’insisterai donc pas, d’autant plus que mon principal but dans ce
travail est de mettre en évidence ce fait cai)iLal, c(dui qui m’a d’abord et
le plus frappé — bref, l’influence de la scopolarnine sur le clomis du
pi(>d, ([ui à lui seul constitue un signe décisif de lésion pyramidale.
La surréflectivité tendineuse n’a pas en l’espèce, i'i mon avis, la même
importance à cause de ,sa netteté en général discul able; sans l’appui que lui
donne bî clonus, le signe de Babinski ou le signe de la fbîxion réfbîxc du
pied, lorsque ces signes sont bien caractérisés, sa valeur semble souvent
douteuse comme critérium de lésion pyramidale.
Je crois pouvoir déduire de cette observation les conclusions suivantes :
I. Dans quelques cas de syndrome parkinsonien postencéphalitique,
la scopolarnine, atténuant 1? raideur, permet de provoquer un clonus du
pied jusqu’alors méconnu, met en évidence la .surréflectivité tendineuse
et décèle ainsi l’existence d’une lésion pyramidale, c[ui en dehors de son
action restait latente.
II. Il est donc nécessaire, pour être en mesure de pouvoir nier l’existence
d’un trouble pyramidal, lorsque l’hypertonie acquiert une grande inten¬
sité, de rechercher préalablement le clonus et de faire l’examen de la
réflectivité après une piqûre de scopolarnine.
III. Sans celle épreuve, l'exislence d'une lésion pyramidale, moins rare
peul-êlre qu’on le croil, peul passer inaperçue.
IV. Donc, outre son importance, d’ailleurs bien connue, comme agent
thérapeutique dans le syndrome parkinsonien postencéphalitique, la sco-
polarnine possède, aussi, une valeur incontestabb! comme moyen
d’invesligation clinique dans ta sémiologie des atteintes pyramidales,
parfois associées à ce syndrome.
V
ESSAIS D’INOCULATION SUR DES ANIMAUX
DU VIRUS DE LA SCLÉROSE EN PLAQUES
Vilhelm JENSEN et Georges E. SCHROEDER
Travail de l’Institut de Pathologie générale, Prof. Oleif Thomson,
et de la Clinique neurologique du Kommunehospital, Prof. A. Wimmer.
L’étiologie de la sclérose en plaques n’est pas encore très documentée,
on le sait, toutefois diverses publications, peu nombreuses encore, ont
indiqué la possibilité qu’il s’agisse d’une maladie infectieuse. Les études les
plus connues sont celles de Bullock (Lancet, 1913), Steiner et Kuhn (Med.
Klinik, 1917, et D. L. J. Nervhlk, vol. 59). Plus tard, Maiinesco (Revue
Neurologique, juin 1919) et Auguste Pettit (Compte rendu 1886, 1915,
1922) ont publié des cas qui militent dans le même sens.
Cependant, les investigations concluantes font encore défaut, et l’on a
cité un aussi grand, peut-être même un plus grand nombre de cas où les
efforts pour résoudre le problème sont restés infructueux. Tels Magnus en
Norvège (Norsk Magasin J. Lœgevidenskab, n^ 11, 1921) et Krabbe en
Danemark (Ugeskrifl f. Lœger, n» d5, 1918). Du reste Krabbe fait obser¬
ver lui-même que le maléricl qu’il a ]»u étudierétait défectueux. Ce n’étail
en effet quj des cas de vieille date qui présentaient une certaine exacer¬
bation au moment de l’inoculation. Néanmoins, ce serait montrer trop de
pessimisme que de se laisser arrêter par ces tentatives découra¬
geantes. En approfondissant la question, on se rendra compte qu’il ne
faut rien mojns que la coïncidence d’un grand nombre de conditions pour
que le résultat négatif d’une série d’expériences soit convaincant. Et
ces conditions, on les connaît à peine. Pour démontrer une des difficultés
je citerai un exemple choisi ailleurs. Dans la leucocytose expérimentale des
poules on compte, selon Ellermann, qu’un animal sur 9 ou 10 prend l’ino¬
culation. Combien de lapins et de cobayes devront être inoculés avant
qu’on en trouve un qui soit influencé par le virus sclérotique éventuel? De
1 elles réflexions nous ont encouragés à poursuivre, dans la clinique neuro¬
logique du Kommunehospital, des investigations sur cette maladie,
bien que nos recherches, à une exception près, aient eu un résultat négatif.
Nos essais ont porté sur le sang et le liquide rachidien de 7 malades,
dont la plupart étaient atteints depuis 2 ou 3 ans d’une sclérose en
133
.V. JHNSIiN ET E. SCIJliOEDElt
])Ia(iiies, (it qui prés(3uLaioiil uiu! uxaccrbaLioii aiguü. Tuus les cas cLaiciiL
caraclcrisés par un début leiiL
9 lapins et 25 cobayes ont servi aux expériences. Les injeclions ont été
laites i)ar les voies intrapérilonéale et iniracérébrale et dans la chambre
antérieure de l’oul. 10 cobayes funuit saciifiés, 6 ai)rès avoir été idongés
dans l’eau et ])lacés à la glacière. Par ce procédé, nous avons voulu créer
une moindre résistanc(', j)areille à c(dl(: eit,('(! ([uel([uel'ois dans ranamnése
des cas de sclérose en plaqiu's. 'I ons cc^s animaux j)résentérent un résul¬
tat négalif. ü sont encore en vie et seront examinés dans 6 mois.
L(is prélèveimmts fails (duiz nu seul mabub; oui, donné un résultat posilif.
Dans ce cas, on avait inoculé du li(piid(î raebidien jiar von; intracérébrale
à d lapins et 3 cobayes, la^s lapins n’offriiamt rien d’intéressani . Ln
cobaye mourut après 4 mois sans avoir ])résenté de symptômes morbides,
l’eu d(î temps après, le second fut sacrifié. Depuis (piebpie temps, il avait
une paralysie du 1 rain de derrière.
Le sujet chez qui levirusavaitéléprélevéétaitun homme de20 ans, en
I raitcunent au Kommunebosj)ital en 1920 et en 1922. La maladie, ayant
débuté lentement en 1918-19 avec troubles oculaires et parésies des membres
inférieurs, se dévelopi)a pcmdant b; séjour à l’liôj)ital coninu! une sclérose
en plaques tyj)ique, caractérisée par la triade classique. En 1918-19, on a
observé des troubles do la vue: éblouissenienl s et dimiiiulion (b; l’aeuilé
visuelle. En oulriî, tremblement inlent ionnel. l'bi 1919, j)arésie delà jambe
drfiite. En 1920, incontinence d’urine ai)rès évacuation.
Observation pimdaid le i)remier séjour à l’bôj)ital : Lenteur de la parole.
.\ystagmus t ypique. Réflexes tendineux vifs aux exi rémités sui)érieures,
Olonus des extrémités inb’u'ieures. Signe (bî liabiuski des deux côtés.
I lémipanisie ilroite. 'l’remblement inteni ionmd. At roj)bie du nei'f o])li([ue
gauche. Scotome central jiour les couleurs. Irritabilité audit ive légèrement
augmentée. La ponction loud)aire fit constater : cellules 1 /tl, globulines 1,
albumine 10. Réaction de Wassermann négative dans le sang et le li(piide
raebidien.
Pendant, la deriiièia^ hospitalisai ion, les symj)Lôim^ss’él aient encore aggra¬
vés. En 1922, le 13 janvier, on e.x(’“cuta une ponction lond)air(î suivie
d’inoculation à îles animaux. Le 10 fi'vrier, le malade fut alteiut d’an¬
gine, le 16 février de jmeumoiiie, le 21 février il mourut.
L’e.xamen histologique du cerveau (lE Neel) lit déceler les altérations
lypi([ues <[ui ap|)arlienneut à la scb'rose eu jilaques, sjiéeialemeut une
(b’'géii(U'escenee de la gaine médullaire. 1 )aus le cerveau, nous u’avoiis I rouvé
ni spirochètes ni d’aulres microbes. .Mais sur une coupe de la moelle allon¬
gée, nous avons fait une di'eouverte ([ui mi’u'ite une meut ion plus d(‘l aillée,
bien ipie nous ne |)uissious allirmer ipi’elleail un rapport avec les résultats
obtenus dans les expiuieuees sur des animau.x.
Sui’ le ])oiut eu ipieslioii, le canal raebidien f'Iait pi'es((ue euliérenieul
f.‘rmi‘. Il l'iail entouré dr cellules épeudymaii'es gioujii'es d'une manière
plus ou moins irri'gidiére. I tans les noyau.x de ([iielques-unes de ces ci Mules
— 10 on 15 sur eliaqiie coupe — ou a observé des libiilles noires, minces
ËSSAI D’INOCULATION DU VIRUS DE LA SCLÉROSE
433
et spiralées, toutes pareilles à des spirochètes, le plus souvent même poin¬
tues aux deux bouts (fig. 1 ; mieux figurées vers le centre du champ).
La forme caractéristique et l’existence de ces fibrilles dans les noyaux
cellulaires militent contre la supposition que nous ayons à faire à des fibril¬
les névrogliques. En outre, on n’a pas trouvé de fibrilles névrogliques noires
près de ce point. Nous n’avons retrouvé ces spirochètes supposés ni d’au-
tr(;s microbes dans aucune autre partie du tissu.
En vue du contrôle, on a étudié au microscope la moelle épinière de 3
Fig. 1.
malades atteints d’autres affections, et l’on n’a pas décelé de spiro¬
chètes. D’autre part, on a en même temps placé sous le microscope de
nouvelles coupes de la moelle épinière où l’on avait déjà constaté l’exis-
lence de ces microbes, et l’expérimentateur, qui ne savait rien de la prove¬
nance de cette préparation, en a de nouveau décelé.
Nous croyons avoir réellement à faire à des spirochètes, d’abord à
cause des ressemblances déjà mentionnées et puis parce que cette
interprétation du phénomène observé nous paraît la seule plausible. Il
n’est pas possible de les classer dans une espèce connue ; je puis dire seu-
cmerit que ce n’est pas le spirochète pâle. La réaction de Wassermann du
sang et du liquide rachidien a été négative et le malade n’a présenté
aucun symptôme ni clinique ni histologique dis syphilis de la moelle.
Nous avons dit plus haut que deux animaux moururent après avoir
été injectés avec du liquide cérébro-spinal de ce malade. Immédiatement
28
NEUROLOGIQUE. — T.
V. ./ENSEN ET E. ECHROEDEE
AM
après la mort, on a mis le sang d<' rcs animaux sur un milieu nutritif: il n’y a
pas eu (le culture. On a fait l’examen histologique de hiurs organes : à
part le système nerveux central, il n’y avait rien d’anormal. Quant au sy.s-
lème nerveux central, on a observé des altérations lepto-méningiennes et
des infittrations do cellules spliéritpuis dans le cerveau et dans la moelle
épinière. Au moyen de la m(‘thode de Marchi on a décelé, sur une coupe de
la moell(! allongé(!, une d(;générescencc d(! la gaine médullaire correspon-
daid. à peu j)rès au stratum griseuin central (voir flg. 2, la petite partie
liiigLiifornu! à gauche de la ligne centrale).
A rull.ramicroscope, on a pu voir, dans le liquide ventriculaire jirélevè
sur le C(!rv(!au du lapin, quehpies fibrilles légèiautumt courbées qui olTi aient
une certaine ressemblance avec des si)iro<di(;t(‘s frustcîs. (Cependant ces
fibrilles ressiunblaient, (d en gi'osseur et ])our la réfraction de la lumière, à
d’autr(!s ([ui étai(!nt sans nul doute des fibrilhis névrogliques. Nous rele¬
vons c(! fait i)arce qu’elles avaient une grande ress( mblance avec les cor¬
puscules qu(! Pellil dans sa dernière note désigm; coinnu; des spirochètes.
Nous doutons cej)endant que ce soiesnt vraimimt de ces microbes.
Mn ajipliipiant au cerveau et à la moelh; épinière des cobayes la colora-
tion d(( Levadili, nous avons également, trouvé des foi mat ions ressem¬
blant à des spiro(diètes sur les coupes où la mWroglie était teintée en noir,
mais nulhi jiarl, des spirochètes vrais.
En résumé ; Dans un cas typi([ue de sclérose en plaipies on a décelé
ESSAI D’INOCULATION DU VIRUS DE LA SCLÉROSE
435
des spirochètes sur des coupes de la inoelle épinière. Des animaux de labo¬
ratoire, injectés avec le liquide rachidien du malade en question, ont été
frappés de paralysies. Dans le cerveau et dans la moelle épinière de ces
animaux on a constaté la Icpto-méningitc et une infiltration de cellules
sphériques, et en outre une dégénérescence de la gaine médullaire qui n’est
pas due à une infiltration fortuite.
En d’autres termes, il ne manque qu’un anneau de la chaîne, laconstata-
tion de spirochètes dans le système nerveux cenlral des animaux — pour
que la démonstration soit complète. Même si cette lacune était remj)lie,
nous n’aurions pas la présomption de penser avoir résolu le problème de
l’étiologie de la sclérose en plaques; d’autant moins qu’il est fort probable
que toutes les alTections comprises sous h\ nom de sclérosi; en plaques ne
sont pas identiques et ne reconnaissent pas la même étiologie. Je rendrai
mieux notre idée (m disant que le hasard a placé sous nos yeux un cas de
cette alTcction où plusieurs circonstances semblent plaider en faveur d’une
origine infectieuse. Celte chance nous encouragera à renouveler nos recher¬
ches, et nous espérons qu’elle animera aussi d’autres chercheurs qui dési¬
rent jeter quelque lumière sur ce point obscur de la neurologie.
VI
LE SYMPTOME DE LA SYNCINESTHÉSIE
MOTORO-ACOUSTJQUE
DANS LA PARALYSIE FACIALE PÉRIPHÉRIQUE
D' W. STERLING (de Varsovie).
11 y a huit ans, j’ai ou l’occasion d’observer un symptôme, que je cons¬
tatais pour la première fois, chez une malade de 17 ans atteinte d’une para¬
lysie périphérique du nerf facial gauche. Au cours de la 4® semaine de
la maladie cette p(!rsonne commença à se plaindre, accusant un bourdon-
nein(mt pénible dans l’oreille gauche. Le symptôme était permanent et
dura pendant pliisicmrs mois de l’observation clinique. Le bourdonne¬
ment s’installait dans l’oreille instantanément après la clôture des pau¬
pières et disparaissait immédiatement après la décontraction des mus¬
cles palpébraux. Depuis ce temps-là j’ai eu l’occasion d’observer ce phé-
noiném! encore dans six cas de paralysie faciale périphérique, dont
l’analyse m’a pcuTtiis d’étudi(îr plus en détail sa séméiologie.
Mes obsfirvations concernent exclusivement des cas de paralysie
faciale périphérique d’une gravité moyenne ou extrême dont la durée
déi)assa ([uel([ues semaines et même ([uelques mois. Il résulte de ce
fait <[ue ce symptôme ne se manifeste i)as dans les cas les plus légers
av(H; une durée de 2-4 semaines. Lotnme sfîcond trait caractéristique d(^
c(! symptôme, il faut souligner le fait (ju’il ne s’installe jamais à la période
init iale de la maladie ; dans tous mes cas il ne se manifesta qu’au com-
meiKMUtUînt de la restitution motrice. Dans mes se[)t observations, il
s’installa le plus tôt au cours de la 4e et le plus tard au cours de la 9® se¬
maine de la maladie. La pré[)ondérante majorité de mes observations
concerne d(!S feunmes (6 sur7). Dans f-ous les cas observés, le symptôme s(î
caractérisait ])ar une ronstanre absolue et i:)ar rabs<‘nc<î des fluctuations
([uidcotupies dans son intensité ; dès (pi’il avait attiré l’attention du
malade, il aj)i)araissait d’une façon permanente a])rès chaque innervation
du côté homolatéral (b* la face avec un caractère et avec une intensité
d’absolue monotonie.
La loealisfilion de la sensation acousti(iue était diverse. Le plus soir
LE SYMPTOME DE LA SYNCINESTHÉSIE MOTORO-ACOUSTIQUE 137
vent elle était localisée par les malades dans l’oreille homolatérale, mais
parfois les malades affirmaient qu’ils entendaientle bourdonnement dis¬
tinctement dans la tête, ne pouvant toujours préciser exactement la
région, ou accusant le plus souvent la région soit rétromastoïdienne, soit
occipitale, soit temporale ; ou bien encore les malades affirmaient
tout simplement qu’ils entendaient le bourdonnement «dans la tête », sans
pouvoir préciserplus en détail la localisation. Enfin on observait des cas,
dans lesquelslaproje.ption du bourdonnements’installaita(/de/iorsdufr«/ic
et dans lesquels les malades affirmaient que la sensation acoustique par¬
vient à leur perception « comme de loin ». Contrairement au caractère
et à l’intensité de la sensation acoustique, qui se caractérisaient par une
constance presque absolue, la localisation du symptôme affectait des
fluctuations non seulement au cours de la maladie, mais aussi au cours
de l’examen des malades.
Le caractère de la sensation acoustique pouvait être précisé chez la plu¬
part des malades avec une exactitude presque parfaite. En général, le phé¬
nomène consistait en une sensation pénible, mais qui n’était jamais dou¬
loureuse. Dans quelques observations c’étaituneimpressionacoustiquetout
à fait indéterminée, « un bruit », pour lequel les malades ne pouvaient
trouver aucune analogie. Dans la plupart des cas les malades com¬
paraient avec facilité cette sensation aux autres connues : soit au « gron¬
dement », soit au « sifflement sourd », soit au « glissement d’une chaise
sur le parquet », soit au bruit du wagon, qui « passe sur les traverses
de fer ». Dans quelques cas même, on pouvait observer une différencia¬
tion des impressions acoustiques tellement fine, que les malades préci¬
saient différemment les perceptions acoustiques qui accompagnaient
l’innervation des diverses branches du nerf facial paralysé. Une de mes
malades, par exemple, précisait constamment ses sensations de telle
manière qu’elle éprouvait après la contraction de l’œil gauche l’impres¬
sion « comme de tonnerre éloigné », tandis que la contraction du mus¬
cle frontal gauche était accompagnée par une sensation du « grincement
du fer sur le verre» et la contraction des lèvres du côté gauche par l’im¬
pression du « battement d’un marteau sur le cuivre ». Toutes ces sensa¬
tions mentionnées et les énumérations des malades se caractérisai(mt
par une stéréotypie et par une constance absolue. L’intensité des per¬
ceptions acoustiques mentionnées dépendait du certain degré de la force
de la contraction musculaire volitionnelle, mais sans aucun parallélisme
rigoureux et le symptôme de la syncinesthésie motoro-acoustique pou¬
vait être décelé non seulement comme réaction aux mouvements exé¬
cutés avec effort, mais aussi après les contractions musculaires les plus
légères et même à l’intention seule du mouvement volontaire.
Dans toutes les observations on pouvait déceler un synchronisme exact
entre le temps du mouvement volontaire et le moment de la sensa¬
tion acoustique. En général, il existait aussi une congruence assez exacte
entre le moment de la décontraction musculaire et la disparition de la
sensation acoustique. Mais dans certains cas cette congruence n’était
43S
W. STERLING
pas tout à fait stricte, car on pouvait parfois observer la durée prolon¬
gée el, la persistance de la sensation acoustique, qui ne dépassait jamais
20-30 secondes.
11 faut ajouter que le phénomène décrit n’accompagne que la con¬
traction volontaire et même iinlenlion seule de la contraction du côté
paralysé de la fac(!, donc le plus souvent et le plus disi-incternent la
contraction des paupières. Au contraire, il ne pouvait être décelé
dans aucun cas observé comme réaction à l’excilalion dleclrifjue gal-
vani([ue ni faradique ni k la contraction réflexe dans aucun groupe
musculaire de la face. L’examen olologique ne pouvait constater dans
aucun des cas observés des lésions de l’oreille moyennenides symptômes
labyrinthiques ni diminution de l’acuité acoustique ni phénomènes de
l’hyperacousie. Dans tous les cas observés étaient apparents les phé-
nomén(;s syncinétiques, si caractéristiques pour la paralysie faciale,
mais dans aucun cas on ne pouvait constater des phénomènes secrétoires
syncinétiqu es.
La palhoyénie du phénomène décrit ne peut être établie qu’avec une
certaine vraisemblance. Il va sans dire qu’il doit être rangé dans la caté¬
gorie des phénomènes associés. Ces phénomènes, du domaine purement
mofeur, appartiennent au cours de la paralysie faciale périphérique aux
classiffues et accompagnent comme syncinésies presque toujours les for¬
mes j)lus graves de cette maladie. Beaucoup moins connus sont ces cas
rares, dans lesquels l’innervation volontaire de la musculature du côté
malade de la face provoque à la manière syncinétique non des phéno¬
mènes moteurs, mais des symptômes sécrétoires, qui peuvent être déter¬
minés par le nom de phénomènes syncinosécréloires. J’ai observé moi-
même des cas dans lesquels la contraction des lèvres ou la clôture de
l’œil provoquait la sécrétion des larmes ou la sudation limitée à la
région de l’os zygomatique ou de l’angle mandibulaire. Donc beaucoup
plus rares encore sont les observations cliniques dans lesquelles chaque
intention de mouvoir les muscles paralysés est accompagnée par le phé¬
nomène que je propose de déterminer par le nomdr, syncineslhésie, c’est-
à-dire par une impression sensitive ou sensorielle, associée régulièrement
avec le mouvement exécuté ou même pensé. Juste à cette catégorie des
phénomènes appartient par exemple la douleur dans la région du pro-
ces.sus mastoïdien pendant l’occlusion de l’œil malade, que j’ai observé
dans un cas, le goût métallique sur la langue pendant la contraction des
lèvres, observé par Engelen et surtout le phénomène décrit de la synci-
nesthésie moloro-acouslique.
Ouel est le mécanisme pathophysiologique de l’évolution des phéno¬
mènes associés au cours de la paralysie faciale périphérique en général
et du symptôme de la syncinesthésic motf)ro-acoust,i(}ue en particulier ?
L’ancienne théorie « classi([ue », promulguée par les auteurs de la valeur
de Hitzig, Dowers, Reriïak, rai)portait h^s cont.raet lires consécutives
ainsi que les phénomènes associés au cours de la paralysie faciale à l’état
irritatif hypothétiipjc du noyau du nerf facial. La possibilité de l’exis-
le SYMPTOME de la SVNCINESTIIÉSIE MOTOnO-ACOUSTIQUE 439
tence d’un pareil état irritatif se basait sur des analogies classiques,
comme l’état irritatif de l’écorce cérébrale dans l’épilepsie, l’état irrita¬
tif du cerveau au voisinage des anciens foyers et des anciennes cicatrices,
comme l’état irritatif des cellules de la substance grise de la moelle et
du bulbe, les toxines de tétanos, provoquant dans le lélanos de la tête
la contracture à type périphérique dans le domaine de la musculature
de la face. La facilité et la netteté avec lesquelles s’installent ces symp¬
tômes en comparaison avec des symptômes analogues dans le domaine
des extrémités explique la théorie mentionnée de telle façon que les
muscles innervés par les nerfs faciaux sont prédestinés au problème beau¬
coup plus facile que les muscles des extrémités qui sont obligés de mettre
en mouvement le poids des os longs, tandis que les muscles de la face,
conformément à leur effort minime pendant leur travail, peuvent être
mis en action par des excitations beaucoup plus faibles.
Tout à fait différemment interprète les phénomènes des syncinésies
de la face la théorie de V irradiation, comme précurseurs de laquelle doi¬
vent être considérés les travaux de Jacobi sur la consolidation défec¬
tueuse des fibres nerveuses du segment central et périphérique du nerf
lésé et qui fut développée récemment par les intéressantes études de
Lipschitz. Cet auteur déduit les divers phénomènes des syncinésies
du tait de V aberration des fibres nerveuses pendant la régénération des
paralysies graves du nerf facial ; il est d’avis que les fibres qui appar¬
tiennent à des muscles tout à fait différents croissent dans les muscles,
qui ne peuvent pas être mis en mouvement par la volonté ; ce sont des
fibres qui ne restent en aucune connexion avec le noyau central de ces
muscles justement qui ne peuvent pas être mis en mouvement par la
volonté. Et puisque ces fibres, comme les autres d’ailleurs, qui ont retrouvé
entièrement où partiellement leur chemin véritable, ont regagné déjà
anatomiquement leur névraxe et leur gaine myélinique, elles peuvent
alors, malgré l’absence des mouvements volontaires, reconquérir leur
excitabilité électrique. Cette théorie explique non seulement l’existence
des syncinésies dans les paralysies faciales périphériques graves, mais
aussi le fait, qui a été pour la première fois mis en évidence par Placzck
et qui a été constaté aussi par moi dans une de mes sept observations de
la restitution de la réaction électrique dans le muscle frontal, dont les
mouvements volontaires étaient complètement abolis.
Or, si dans la pathogénie des.syncinésies pures aucours de la paralysie
faciale périphérique peuvent rivaliser jusqu’à présent la théorie classi¬
que et la théorie de l’irradiation, les phénomènes syncinosécréloires et
syncineslhésiques et spécialement le symptôme de la syncineslhésie
uioloro-acotislique ne peuvent être interprétés, à mon avis, qu’au sens de
la théorie de Lipschitz, comme aberration des fibres du nerf facial à
l’état de régénération et comme incroissance de ces fibres dans le mus¬
cle que régulièrement elles devraient pénétrer. Cette supposition trouve
sa confirmation aussi dans l’apparition tardive du phénomène de la
syncinesthésie motoro-acoustique à la période du commencement de la
440
W. S.TERLING
rcstituLion motrice ainsi que dans le fait qu’il ne fut jamais constaté
par moi d-ns les cas légers de la paralysie faciale.
Il faut ajouter que la conception de Lipschitz, émise en 1907, fut
confirmée ensuite par une série d’observations pendant la guerre mon¬
diale qui a causé des cas nombreux de plaies par coups de feu des nerfs
périphériques, dans lesquels on a réussi à constater réellement à la période
de la régénération le fait deV aberralion des fibres nerveuses dans d’autres
territoires de l’innervation.
SOCIÉTÉ DE flEÜÉOüOGIE
de Papis
Séance du 8 novembre 1923
Présidence de M. ANDRÉ-THOMAS, président.
SOMMAIRE
Allocution de M. André -Thomas, président, à l'occasion du décès de M. Henri Bodttier,
membre titulaire.
Communications et présentations.
1. Régénération du nerf cubital après un autogreflè remontant à deux ans, par MM. André-
Thomas et ViLLANDRE. — II. Technique de l’imection lipiodolée rachidienne Résultats
diagnostiques par M. Sicard. Discussion : MM. Souques de Martel, Babinski. — 111.
Injection lipiodolée sous-arachnoïdienne dans un cas de pachyméningite cervico-
dorsale, arrêt total du lipiodol dans la région cervicale, inférieure par MM. Souques,
Blamoutier et J. de Massary. — IV. Conditions physio-pathologiques du clonus du
pied d’origine périphérique, par M. A. Souques. — V. Côtes cervicales ou pachymé¬
ningite tuberculeuse, par M. Clovis Vincent. — VI. Contracture faciale, par M. Feix. —
Vil. Ophtalmoplégie, par MM. Léri et Péron. — VIII. Sur la diffusion des réponses
au cours de la recherche des réflexes tendineux dans un cas de sclérose diffuse de
névraxe, par MM. Georges Guillain et Alajouanine. — IX. M. Bourguignon. — X. L'in¬
fluence des réflexes du cou sur les syncinésles, par MM. WalTer Freeman et Paul Morin.
— XI. M. Barré. — XII. M. C. Vincent. — XIII. M. Lhermiite. — XIV. Symptômes
pseudo-cérébelleux d’origine cérébrale par lésion étendue en longueur de la région su-
péro-interne de l’hémisphère droit, par MM. Foix, Thévenard et M“® Nicolesco. — XV.
M. Foix. — XVI. M. Krebs. — XVII. Syndrome parkinsonien et traumatisme, par
MM. Guillain et Ala.iouanine. — XVIII. Elongation isolée de quelques branches descen¬
dantes du plexus brachial, par M. Trabaud (de Beyrouth). — XIX. Un cas de tubercu¬
lose de la couche optique, par MM. André Léri et Noël Péron.
Allocution de M. André-Thomas, président, à l’occasion du décès
. de M. Henri Bouttier, membre titulaire.
Mes chers Collègues,
Tous ceux qui ont occupé notre fauteuil présidentiel pourraient témoi¬
gner, comme moi, que leur fonction s’est exercée sans fatigue et sans
souci ; mais elle réserve quelquefois des fuissions douloureuses.
En cette rentrée d’automne, nous ne nous retrouvons plus au complet.
La plupart d’entre nous connaissent déjà le grand vide que laissera la
mort d’un des membres les plus jeunes, les plus actifs, les plus distingués
de notre société : Henri Bouttier, enlevé en quelques jours par une
affection aiguë contre laquelle sc sont brisés les efforts de la médecine et
de la chirurgie.
Pendant les trop courtes années que notre jeune collègue a fréquenté
snaii'rrË dk nhuhologii-:
4 12
la Soriété de N(3iirologie, nous avons pu apprécier l’aménité de son carac¬
tère, sa très grande courtoisie au cours de nos discussions, la conviction ])ro-
londe avec lacpudle il présentait ses communications, nombreuses, variées
(it substantielles, aussi correctes dans la forme que documentées dans le
fond. Elb's reflétaient une vive ardeur et une persévérance soutenue dans
le travail. Des collègues plus jeunes, ses camarades et ses amis, ou ses
juaîtres, exprimeraient mieux que moi la marque dolninantede son carac¬
tère et ses qualités morales ; nous nous accorderons tous pour reconnaître
à ses recherches la méthode et l’esprit scientifiques.
Le plus grand nombre de ses travaux ont été poursuivis à l’hospice d(i
la Salpêtrière dans le service de M. Pi(!rre Marie, dont il fut successive¬
ment l’interne, h; chef de clinique et l’un des plus brillants collaborateurs.
Je ne puis les citer tous, je me bornerai à rappeler c(îux qui concernent la
rommolian cérébrale, les Iraumalismes cérébraux el les plaies pénélranles du
cerveau, les syndromes vasculaires dans la palliologie cérébrale — ces premiers
travaux ont été exécutés dans les divers services auxquels il a été attaché
j)endant la guerre — , puis son excellente thèse de Doctorat sur la Con-
Iribuiion à l’élude neurophysiologique des Iraumalismes cérébraux, les syn¬
dromes épileptiques el leur Irailemenl, les troubles de la sensibilité d’origine
cérébrale, la planolopokinésie, les troubles de la désorienlalion, des éludes sur
les maladies familiales, la sémiologie el les maladies du système nerveux.
L’est avec une très grande tristesse que j’évoque cette vie de labeur si
lirève (ît cefUTidant si rich(' <1(3 promesses. Toujours cruelle, la rnortnerest-
elle j)as davantag<î ([uand, migligeant mornentanénuint ceux qui descen¬
dent les dernières pentes d(i la routeinévitable, elle s’attaque brutalement
à C(îux qui gravissent allègrement l’autn; versant de la colline et (juc sem¬
blait protéger le rayonnement de la jeuness(i ou de la maturité.
Puiss(!nt c.es quelques mots apporter à la digne compagne et à la famille
de notre sympathique collègue la mesure de nos regrets et la sincérité
de nos condoléances.
COMMUNICATIONS ET PRÉSENTATIONS
I. — Régénération du Nerf Cubital après une auto-greffe remon¬
tant à deux ans. Présentation de la Malade, par MM. Andrk-Thomas
et ViLLANDHE.
(:(îUe ninla(l(! .sYUail préseiUée à h< consiillal,i((n de l’lirtpilol Saiiit-.Iosopli en oclohn'
l!»21 peur une paralysie tolali? du nerf e.idiital fîaiiclie, consf-eutive à une affeelien
indélerininée de l’avanl-bras, ([iii avait niîcessitiî iiikî intervenlien chirurgicale.
11 (3xislail une cicatrice adhérente à la peau, au niveau du tiers inférieurderavant-
liras, et sous ia peau on sentait un tissu induré et irrégulier ([ui se prolongeait sur un
trajet de plusieurs centimètres.
La malade se [daignait en outre de vives douh'urs dans la spîiére du cubital, dotdeurs
<iui s’exacerbaient pur intermittences et devenaient intolérables.
SÉANCE DU 8 NOVEMBBE UWS
44Î
Elle est oiit-rée le 23 novembre 1921. Le nerf cubital est compris dans une gangue
fibreuse ati milieu de lacpiclle on découvre deux ncvropies volumineux. Le nerf est
réséqué en haut et en bas jusqu’à ce ((ue la section présente un aspect nettement
fasciculé ; il faut descendre ainsi juqu’au-dessnus de la division en branche superficielle
et en tranche profonde. Après résection, l'écart entre les deux bouts est de 15 centimètres.
Le brachial cutané interne est prélevé au niveau du bras et suturé sur les deux bouts du
cubital ; l’extrémité inférieure du brachial cutané qid est bifurquée, est disposée de telle
manière que ses deux branches sont respectivement adaptées aux branches superfi-
ciidle et profonde du cubital.
Actuellement, deux ans après l’opération, l’atrophie musculaire a beaucoup diminué
en particulier au niveau de l’éminence hypothénar. Tous les muscles de cette émi¬
nence SC contractent nettement dans les efforts d’adduction, de flexion, d’opposition ;
la contraction est encore plus nette et plus vigoureuse quand on applique une série
d’excitations dordoureu.'-es dans le creux de la main.
La contraction des interosseux est beaucoup moins bonne, cependant dans l’attitude
de la pince, le soulèvement du l'^’inlerossoux n’est pas douteux. Lejeu des autres inter-
osseux est moins apparent ; ces mouvements d’adduction et d’abduction du médius
peuvent être ébauchés. Pendant les tentatives de rapprochement du pouce, la tonicité
lie l’adducteur paraît augmentée. Le court fléchisseur du pouce est insuffisant.
Quoique atténuée, la griffe cubitale persiste.
La réaction de dégénércEccnce qui était complète au début pour tous les muscles
innervés par le nerf cubital a complètement disparu dans les muscles de l’éminence
hypothénar. Elle est encore complète pour les interosseux de l’annulaire, paitii lie
pour les autres muscles, sauf pour les interosseux du médius dont l’excitabilité esl
simplement diminuée.
La restauration tensitive est très en retard sur la restauration motrice. La piqûre
appliquée au niveau de l’éminence hypothénar et sur le cinquième doigt esl
mal localisée : elle ne produit pas une sensation douloureuse, mais une sensation de
picotement qui remonte sur le bord interne de l’avanl-bras. La pression du nerf au pli
du poignet produit des irradiations dans le petit doigt.
La sueur set supprimée dans les régions anesthésiques. La peau de l’éminence hy¬
pothénar est généralement plus froide que le reste de la main ; mais lorsque l’examen
s’est prolongé dans une pièce chauffée, la peau devient pluschaude au niveau de Témi-
nence hypothénar et de l’auriculaire.
Quelques résultats partiels ou relativement satisfaisants ont été déjà
signalés à la suite des greffes entreprises pendant la guerre. Celui-ci nous
paraît remarquable vu la longueur considérable du greffon, 15 centimètres,
et le terrain plutôt mauvais sur lequel a été pratiquée l’opération : l’ar¬
tère cubitale a été sacrifiée et cette femme est syphilitique ; elle porte
(ncore actuellement, dans la région cervicale gauche, une gomme qui se
résorbe lentement à cause d’une intolérance extrême vis-à-vis de l’arse¬
nic, du mercure et du bismuth; il n’est pas invraisemblable que l’affec¬
tion qui alésé le nerf Si profondément n’aitété elle-même de nature spéci¬
fique. Nous attirons enfin l’attention sur ce lait qu’il s’agit d’une auto¬
greffe et d’un greffon frais ; en ce qui concerne notre expérience person¬
nelle, ce procédé donne chez l’homme des résultats supérieurs aux hétéro-
greffes ou aux greffons morts (conservés dans l’alcool).
II. — Technique de l’injection lipiodolée sous-arachnoïdo-rachidien-
ne Résultats diagnostiques, par MM. Sicard, Il aguenau et Laplane.
M. Souques. — L’arrêt du lipiodol en un point de la cavité araclmoï-
U4
.'iociÉTJi nii NiiunoLoGUi
(lienno indiqiu; un obstacle eu c-(! ])oint, mais il ne i)eut ri(oi dire sur la
nature de cet obstacle. Dans les faits si intéressants rapportés jusqu’à
aujourd’hui par M. Sieard, il s’agissait de tumeurs médullaire.s. Mais
une méningite ou une paebyméningite peuv(mt détermin(‘r égalemtmt
l’arrêt du lipiodol. J’en ai obs(!rvé un exempbi démonstratif, au mois d(ï
juillet dernier; j’ai fait venir le malade pour b; montrer à la Société. Il s’a¬
gissait d’un cas de quadriplégi(! qui év<duait assez ra])idement; la ponction
lombaire avait montré une énorme dissociation allnimino-eytologique et
une coagulation massiv<i du li([uide céphalo-rachidien.
L’injection lipiodolée fut ol)ligeamment faite par .M. Laplane, dans la
région atloïdo-occipitale. Il y eut arrêt total du lipiodol au niveau de la
septième cervicale.
On pouvait penser — et je l’ai fait — à uikî tumeur. Le sujet avait eu
la syphilis, mais la syphilis n’immunise pas eontr(ï les tumeurs, au con¬
traire. Il était néanmoins absolument indiqué d’essayer le traitement
antisyphilitique, avant de recourir à une int(!rv(mtion chirurgicah? qui
comporte des risques. Ce traitement fut institué et obtint un succès
remarquable. Une nouvelle injection lipiodolée fit voir que l’obstacle avait
im quelque sorte fondu, le lipiodol ne s’arrêtant i)lus que partiellement
((it seulement) au niveau de la deuxième dorsale.
.M. T. Di': Martel. — Je voudrais apporter quelques remarques à pro-
])os du lipiodol.
Mon sentiment (!St qu(; h; li|)iodol s’arrêt(^ souvent pour peu d(! choses
cl qu’il ne faut pas conclure du fait que le lipiodol s’arrête qu’il y a un
gros obstacle ou même un obstacle. J’ai déjà oi)éré (juatre malades pour
des lurneurs supposées de la moelle avec arrêt du lipiodol. Je n’ai trouvé
auc.unc! tumeur, ni même aucun rétréciss(!m(!nt marqué au niveau du
s(‘gment médullaire indiqué. Je crois qu’il faut que les médecins se gardent
de la tendance qu’ils auraient volontiers après les dernières comïmini-
cations sur le lipiodol, de croire ([u’une paraplégi(i avec, arrêt du lipiodol
veut dire tumeur de la moelle. Je pense (pie le lipiodol rend l’immense
service de peimettre un diagnostic de siège très précis des tumeurs de la
moelle déjà diagnostiquées et localisées cliniquement.
-Min de justifier mon opinion sur la valeur du lipiodol pour le diagnostic
des tumeurs de la moelle, j’ai c.ité plusieurs cas dans lesquels l’épreuve du
lipiodol avait entraîné une intervention chirurgicale, qui n’avait permis
de découvrir ni tumeur, ni même aucun obstacle très tangible. Parmi ces
cas, j’en ai c.ité deux qui m(( paraissent présenter un intérêt particulier
dans cette discussion, puis(pie (jue M. Sieard les avait vus et exami¬
nés.
.\u sujet du premier cas, .M. Si(^ard pu^ réinnid qui; jamais persomu!
n’avait fait le diagnostic, de tumeur. Je lui demande alors pourquoi nous
avons opéré. .M. Babinski avait vu le malade et avait foimelb'ment dé¬
conseillé l’opération ; or, c’est à la suit(! d’une injection de lipiodol que
l’opération a été décidée. C’est indiscutablement l’arrêt du lipiodol qui
SiÊANCE nu 8 NOVEMBRE 1923
445
a fait pencher la balance en faveur d’une intervention qui jusque-là n’é¬
tait conseillée par personne.
Au sujet du second cas, M. Sicard me dit qu’il n’y avait aucun compte
à tenir d’un examen incomplet et qu’il n’avait pas terminé, et que j’ai eu
tort d’opérer le malade.
•Je lui répondrai que l’opération a été décidée huit jours avant d’être
exécutée, que j’ai jiris date avec l’interne de M. Sicard afin qu’il pût assis¬
ter à rintervention, que j’ai discuté avec lui le diagnostic avant d’opérer
et qu’il n’a pas été une seule fois fait allusion à cette insuffisance d’exa¬
men. J’estime que M. Sicard avait fait le diagnostic de tumeur et que s’il
avait pensé que j’allais faire une opération inutile, il aurait eu la loyauté
de m’eri avertir.
Malgré ces insuccès, je n’en persiste pas moins à penser que grâce au
liyùodol, on localisera souvent avec une précision très grande des tumeur
médullaires, déjà diagnostiquées et localisées parla clinique . Le lipiodol per¬
mettra de faire la preuve de la localisation clinique. Mais quand il y aura
désaccord entre la localisation clini(|uc et la localisation par le lipiodol,
je crois que c’est de la localisation clinique qu’il faudra tenir compte.
M. J . Bauinski. —
III. ^ — Injection lipiodolée sous-arachnoïdienne dans un cas de
pachyméningite ou de méningite cervico-dorsale ; arrêt total
du lipiodol dans la région cervicale inférieure, par MM. Souques,
Bi.amoutieh et J. nu Massahy.
(Sera publié comme travail original dans la Revue Neurologique.)
IV. — Conditions physio-pathologiques du Glonus du pied
d’origine périphérique, par M. A.Souyuus.,
Dans la séance du 9 juin dernier, j’ai ju-ésenté une malade qui avait un
clonus du pied d’origine périphéricpie. Je représente aujourd’hui cette
malade, guérie de son clonus.
J’avais admis (pie, pour que le clonus pût se produire a la suite d une
lésion périphérique, il fallait les deux conditions suivantes :
1° Une hypere.xcitahilité spinale produite et entretenue par une irri¬
tation périphériq\ie (douleur d’origine articulaire ou abarticulaire) ;
2» Un certain état de rétraction ou de contraction du triceps sural.
J’ai proposé à la malade (pii l’a acceptée, une intervention chirurgicale
destinée à supprimer l’état de rétraction du triceps sural, en allongeant h'
tendon d’.Vchille. Je rappidle que le pi('d (Ui équinisme ne jmuvait être re¬
dressé complètement, en raison d’une rétraction du triceps sural ; que,
dans la station debout et dans la marche, le talon restait élevé de huit centi¬
mètres ('t ([lie le pied m( portait sur le solqU(( par la pointe. Cette attitude,
qui durait (hqmis trois ans, avait entraîné une déviation compensatrice
fin bassin et du rachis.
SUCIl':rÊ DE NEUROLOdlE
'Ai\
LV>j)éraLi()n fut ohligoammcnt et habilemeat pratiquée au mois d’août
])ar M. de (iaudart d’Allaines, qui iti’a remis, à ce sujfst, une note dont
j'extrais le passage suivant : « Dédoublement du tendon d’A<diille sui¬
vant son épaisseur antéro-postérieure, en allant d(!puis les dernières fibres
musculair(;s juscpi’à un point situé fi cinq c(;ntimôtres de son insertion
inférieur<ï. (A; dédoul)letnenL fait, on porte facilement le pied en flexion ;
les deux valves du tendon jouent l’une sur l’autre mais au plus fort de
la flexion restent en contact par une large surface. Suture des deux valves
j)ar quelques j)oints séparés à la soie. »
Depuis lors, l’équinisme du pied a disparu complètement. Dans 'a sta¬
tion debout et dans la marcbe, le i)ied repose totalement et normalement
sur le sol. La dévialion du bassin et la scolios{; n’(!xistent plus. Et c’est là
un bénéfice ai)préciable.
Enfin, bi clonus ru’ peut plus être provoipié; le pied est redressé facile¬
ment et normalement, et, ([uelques tentatives (pie l’on fasse, il est impos¬
sible d’obtenir la moindre trépidation épileptoïde. Cependant, l’exaltation
des réflexes tendineux et l’arnyotropliie diffuse du membre inférieur per¬
sistent sans cbangement. Cela n’est pas surprenant puisque l’bématome
organisé et dcmloureux qui les déterminent n’a pas été touché. Seul le clo-
nus a disparu. C’est là une preuve en quelque sorte expérimentale qu’il
était lié à l’impossibilité de redresser complètement le pied, autrement dit
à la rétraction musculo-tendineuse du triceps sural. Il a suffi, on effet,
d’allonger le tendon d’Aidiille pour le faire disparaître. Des deux con¬
ditions pbysio-patbologiques que je supposais, pour expliquer le clo¬
nus dans ce cas et dans les cas analogues, la seconde, c’est-à-dire la rétrac¬
tion du triceps sural apparaît comme la plus importante. Je jmurrais
même soutenir ajourd’bui ([u’elle est seule. La première, à savoir
l’byperexcitabilité spinale persiste, en effet, ici, et cependant la trépi¬
dation épileptoïde a disparu.
L’bématom'e douloureux persiste d’ailleurs avec ses mêmes caractères
et gêiK' considéraldernent la malade. J’ai l’intention de voir si on ne pour¬
rait pas l’enlever et guérir radicalement cette jeune fille.
"V. — Côtes cervicales ou P achy méningite tuberculeuse,
par .M. Clovis Vinclnt.
Les ccûtes cervicales vraies, c’est-à-dire articulées et les apophyses trans¬
verses allongées si souvent confondues avec les côtes cervicales détermi¬
nent bien jilus rarement qu’il est (dassique de le dire des troubles nerveux
par compression des racines rachidiennes. Dans bien des cas, la côte cervi¬
cale ou la pseudo-côte cervicale est le témoin et non la cause du syndrome
radiculaire observé. La cause directe paraît en être un irial de Pott cervi¬
cal fruste ou une paidiyméningite tuberculeuse avec ou sans altération
osseuse notable. En voici un exenijile ;
Mme (1... .'il ans. Vicnl consnUcr le 7 mars 1923. l)e|Hiis ([iialre seinaimc^, ( üc sonlïrc
(lu meinhre su|i(îrieur L'iuiclie, (le IV^jiaule à rexlr(''miU' (les doigts, el, elle ne peut plus
rien tenir serr('( dans ses doigts. l’as d’antécédents s|iécili(pies.
S1':ANCE du 8 NOVEMBRE 1923
147
A l’oxamon, sponlanémcnl, pour dosignor la zone dans laquelle elle soufïre, elle,
parcourt du geste, de bas en haut, l’index, le médius, l’annulaire, le dos de la main, une
liartie de l’avant-bras ; elle ajoute qu’elle soufl're aussi au niveau du moignon de l’épaule
— c’est son expression — et au niveau du sein ; l’auriculaire a été douloureux, mais il
ne l’est )dus. Il n’est pas dillicile de reconnaître dans la zone désignée à la main et à
l’avant-bras le territoire cutané de C6 C7 et iieut-ètre C8. Elle comirare la douleur des
doigts à une sorte d’engourdissement douloureux. Elle dit : « J’ai la sensation qu’ils sont
morts et jiourtant ils me font mal. » La sensibilité dite objective est troublée : les sen-^a-
tioirs de toute nature i thermique, lad, si elles sont un peu vives sont perçues comme
dmdeurs. La motilié volontaire de la main gauche est troublée ; la préhension est faillie :
la malade lâche les objets un peu lourds qu’elle tient dans les d( igts. L’état des ré¬
flexes tendineux du membre supérieur gauche est le suivant; réflexe de flexion de
l'avunt-bras normal ; réflexe de pronation aboli ; réflexe d’extension aboli. Ces réflexes
ont été recherchés le premier jour et les jours suivants et en s’aidant des diverses ma¬
nœuvres classiques. L’abolition du réflexe de pronation et d’extension gauche est d’au¬
tant [dus certaine que, à droite, ces réflexes sont très faciles à mettre en évidenci',
comme d’ailleurs le réflexe de flexion. Ces réflexes sont situés dans le territoire radi¬
culaire C7 C9 C8. La thèse de Gendri n jiorte : réflexe de pronation correspond à CG
ou C7 celui d’extension à C7-C8. Il n’existe, aucune, anomalie des réflexes rotuliens
et achilléens. Le réflexe cutané plantaire se fait en flexion. Les pupilles sont inégales,
la gauche est plus large que la droite. Elles réagissent à la himière et à l’accommoda¬
tion. Le creux sus-claviculaire gauche est le siège d’une voussure. Cette voussure est
constituée par la peau d’aspect et de consistance normaux soulevée parune saillie
Osseuse que l’on suit en dedans et qui fait corps avec la colonne vertébrale. A droite,
môme voussure, mais moins saillante. La colonne cervicale est très peu mobile, surtout
dans le sens latéral. Les mouvements passifsctactifsd’inclinaisonducou sontextrême-
ment limités, surtovit à droite. Demême, il est impossible à la malade d’abaisser le men¬
ton jusqu’au sternum. Nous reviendrons plu sloin sur cette rigidité de la colonne cervicale.
Les poumons sont le siège de lésions tuberculeuses anciennes. Elles se manifestent
cliniquement par de l’emphysème diffus (dilatation du thorax, sonorité exagérée sur¬
tout à la base gauche, respiration très diminuée) et radiologiquement par un aspect
grisai lie des deux sommets, des nodules calcifiés dans les deux poumons. Dan.s le poumon
droit, au niveau et aux alentours du hile existent des masses d’aspect congloméré et
pommelé plus ou moins imperméables aux rayons X. Ajoutons (pi’à gauche, directe¬
ment en avant de la masse des apophyses transverses vertébrales, s’observe un nodule
calcifié, vraisemblablement un ganglion tuberculeux ; il répond au bord supérieur de
la 4* vertèbre cervicale.
Hypertension artérielle notable : 25-111 Hiva Hocci Vaquez.
L’examen radiologique de la colonne cervicale a été effectué à différente, reprises.
Ni les clichés de face, ni les clichés de profil ne présentent de modification des corps
Vertébraux :'pas de mal de Pott radiographique. Sur les clichés de face, les apophyses
transverses de la Vil” vertèbre cervicale, se montrent d’une longueur exces ive ; la
gauche déborde de, i)rés de deux centimètres le plan .sagittal qui passe par l’extrémité
des mômes ai)oi)hyses des 3, 4, 5 vertèbres cervicales ; la droite de plus de un centimètre
'■t demi. Les apophyses transverses de la G” V. G. sont également d’une longueur .supé¬
rieure à la normale. Les apophyses transverses de la première vertèbre dorsale, quoique
nn peu moins longues que celles de la VII V. G. dépassent de près d’un centimètre les
mômes proéminences do la II' vertèbre dorsale ; l’allongement est plus accentué à
gauche qu’à droite. De plus, les apophyses transverses de la 7'' cervicale ont la forme
d’un gros crochet ou ]ilutét d’un gros bec dont l’extrémité inférieure dirigée vers le
col de la D" côte, surploml)e et dépasse le l’iord siqiérieur de l’apopliyse transverse de
la D' dorsale. L’examen des clichés de i)roiil montre encore un allongement des apo-
physes épineuses, le chevauchement des oml)res Jiortées qui corresliondent aux lames
et aux pédicules des vertèbres ; nous y reviendrons plus loin.
Malgré les aitparenccs, les troubles radiculaires ne sont ])oint ra|>portés à la seule
•118
SOCIÉTÉ DU NEUROLOGIC
acUon (le la pscuclo côte cervicale ou apophyse Iransverfc longue et la malade n’est
point livrée au chirurgien. On lui prescrit de rester couchée et une minerve plâtrée lui
est applicpiée. Dès le quatrième jour, les douleurs disparaistent complètement de toutes
les régions où elles existaient, même des doigts où elles étaient particulièrement in¬
tenses, et toutes les sensibilités redeviennent normales. Les réflexes tendineux mettenl
plus longtemps à revenir à l’état normal. Le 7 juillet 1923 le réflexe de pronation est
aboli ; le réflexe d’extension est paradoxal ! la percussion de l’insertion olécrarienne
du triceiis détermine une faible contraction de ce muscle, une contraction plus intense
du biceps, si bien que le résultat des deux contractions est la flexion de l’avant-bras.
La malade a quitté le lit avec son phUre la première semaiie de juin. Le plâtre a
été enlevé en juillet. Fin octobre 1923, très légère semsation anormab^ dans les 2', 3'',
■1® doigts. Cette sensation a reparu à l'ablation du plâtre; elle va en s’atténuant. La
malade peut porter des objets dans sa main gauche ; elle peut les prendre : « Je peux
maintenant i)rendre un oreiller », dit-elle, « avant j(^ ni' [)ouvais pas ». Les réflexes
de pronation et d’e.xtension de l’avant-bras sont normaux. La voussure du creux sus-
claviculaire gauche s’est très atténuée. L’état général s’(‘st beaucoup amélioré. Lu
coloration du visage est meilleure ; les forces plus grandes. La li'nsion artérielle reste
élevée : 25-10.
Comment interpréter de tels faits ? Les troubles radiculaires sont-ils
dus à l’apophyse transverse anormalement longue ou sont-ils dus à une
autre cause ? La présence d’une apophyse transverse anormalement lon¬
gue comprimant les racines VI, VII, VIII, suffit-elle à expliquer les trou-
bles radiculaires présentés par la malade ? Nous ne le croyons pas, pour
divt^rses raisons. D’abord celle-ci : cette femme a cinquante et un ans. Sa
croissance est terminée depuis vingt-cintj ans ; il y a cingt-cinq ans au
moins ((lU! la protuluirancc osseuses incriminée a la même longueur. Or,
1(!S troubles nerveux remontent seulement à onze mois. Il est donc incon-
L(^stabl(‘ ([ue l’anomalie osseuse n’cîst pas la seule cause.
Voici un autr(î argument : l’application d’une min(îrve j)làtrée sur la
malade coik’Ih'ù; a suffi à faire; disparaître les troul)les nerveux observés.
Or, cet ajejeareil n’agit Jias sur la longu(;ur de la pseudo-côte. Par contre,
on peiut penser (lu’elle agit comme dans un mal de Pott par le mécanisme
de l’extension continue.
Ainsi nous sommes conduit à nous demanfl(;r si la malade ne présente*
jias un mal de* Pott truste; ou toute; autre affe;e'tion eleent les manifestations
ne;rve;use;s pe;uvent disparaître dans les i'onelitie)ns ineliejuées. De fait on
e)bse;rve; edie'z elle de; la e'ontracture; de;s muse'les du e'ou, des modifie;ations
eesseuses élu sejuelette* liées à cette contracture. La contraeAure des mu.scle‘s
du e'OU e st manifeste, prine’ipah'ment dans les mouve;ments ejui se passe;nt
e;ssentie‘lle;mi;nt dans la colonne e;ervie;ale ; l’ineilinaison est le plus gêné de
ses mouveunents. Le* eléplae'crnent passif de la e'olonne cervieiale vers la
droite ou ve;rs la gaue'he; ne; dépasse; jias que;lque;s de;grés ; il est très vite
limité par les musede's antagonistes. L’inclinaiseen dreeite; e;st plus limitée;
ejne* l’ine'linaison gaue'he; ; les muse'le;s gauche;s epii e;mj>êe'he;nt l’ine'linaison
jeassive; elroite .se; soulève-nt plus tôt, sont elone; moins leengs (jereebablement
plus e'eentrae'turés ijue; h's muse'le;s elreeits epii limite;rit rinedinaisongauedie;).
Le* meeuve'ment de; fh'xion ele; la e'olonne; e;e;rvie;ale; e;.st limité. Dans la fle;.\ion
e.xtrême', h' meentem re'ste' distant élu ste-rnum ele; treeis travers de; deiigt.
SliANCE DU 8 NOVIiMUni; 1923
■149
L’application de la minerve plâtrée a rendu ])lus étendus et plus faciles
ces monvcummts. La rolation de la face vc^rs la droit(ï ou la gauche est
relativement fa< il(‘ : il (^st vrai (pi’clh' résulter d’un mouvement tpii S(i passe
surtout dans les articulations ihî la tête atloïdo-axoïdieime.
Les modifications oss<ms('s : sur les clichés radiographiques face et
profil, il n’(‘xiste pas de modification appréciable des corps vertébraux
pouvant faire pisnsiir à un mal de Pott ; s’il exister, c(' qui est pi'ii ]iro-
hahle, le mal de Pott n’est pas décelable radiographicpiemcnl . Par coiitn',
il existe d’autres modifications : nous avons déjà signalé la longueur
démesurées des apojihyses transversi's des 7® let 6® ve'rtèbres cervicales ; à
cela s’ajoutent l’allongement et les irrégularités des apophyses épineuses
des 3®, -l®, 5® veertèbres cervicahis.
Enfin, il existe un chevauchement des arcs vertébraux antériemrs.
Lluez les individus normaux (1), sur les clichés radiographiques de profil,
les pédicules, les apophyses articulaires, les lames vertébrales se projettent
sous la forme de triangles, de (juadrilatères plus ou moins réguliers. Le côté
supérieur ou inférieur de l’un de ces triangh^s ou quadrilatères est parallèle
au même côté de la figure semblable des d(‘ux vertèbres voisines. Chez
notre malade, les quadrilatères ])lacés en arrière des corps vertébraux
des 4®, 5®, 6® vertèbres cervicales chevamdient l’un sur l’autre. Même sur
les radiographies faites le cou fléchi, le chevauchement persiste ; au sur¬
plus, chez les individus normaux ilsembhumpossible, même dans l’hyper-
extension de la tête, de faire chevaucher les quadrilatères sus-désignés
sans faire chevaucher les autres. Ajoutons que cet aspec.t radiologique
a été retrouvé chez tous les malades présentant un syndrome radiculaire
coexistant avec des apophyses transverses démesurément longues. Ces
modifications osseuses, si elles peuvent accompagner le mal de Pott de
différentes régions vertébrales, ■ — nous ent(uidons ici la carie tuberculeuse
des corps vertébraux de ces régions, — ne sont pas le mal de Pott lui-
même ; elles n(î sont jirobabhmumt pas même spécificpiement tubercu¬
leuses. Elles sont liées à la contracture (2) ; elles en sont les témoins et
nous pouvons déjà dire, dans un grand nombre de cas, les effets (nous le
montrerons dans une communication suivante). Elles témoignent dans
une certaine mesure de l’intensité de cette contracture, intensité dont la
limitation des mouvements du cou nous avait déjà donné une idée.
L’importance de la contracture est encore démontrée par les heureux ré¬
sultats produits par l’extension continue. Elle les explique : On comprend
une telle action chez une malade dont la contracture est un symptôme
essentiel ; on la comprend mal sur une anomalie osseuse définitive depuis
25 ans.
(1) G 'S con-iidéralions rfioillniit lié IV.xamoii d’un uraed iinmtirc de clichés |iris
sur d( s individus normaux eL aulaut qu’il est possible sous la même incidence.
(2) Dans un mémoire ultérieur nous montrerons que la phqiart des modilications
osseuses précitées apparaissent quelle que soit la cause de la contracture, dans le tor¬
ticolis mental, la tétanie, le mal de Pott évident plus ou moins distant do la région
cervicale.
lOLOGIQUE. - T.
29
rxi 8 SOVEMBliH 1923
■400 SlLWCH
Oucis sont luaitiLiuiuuL les liens (|ui uiiisscoit la eünLra( turc musculaire
aux trouilles nerveux ? Sont-ils <lir(ictcmeiiL liés Tum! aux autres ou bien
sont-ils les ell'ets d’une même cause ? Kn l’absenee d’un mal de Pott
rlini([ue ou radiolof^iciiu;, il est diKieilede décider. 'l’ouLel'ois, nous avons
dit ([Ue cette malade |)rése niait des lésions bacillaires anciennes ilu poumon,
un "an^'lion calcifié du cou. Il n’esL pas impossible ((lu; de jiroelu! en proclie
ou par voie lymplialiciue les raeities, le tissu cellulaire jiréduremérien aieid,
l'Lc infectés. N’est-ee pas là le mécanisme de l’iideetion des racines et des
vertèbres dorsales par des cellules néoplasiques ayant bmr origin(! dans
un caiieer du sein ? Les troubles mu'Veux radiculaires seraient dus à une
pacliynévriti! radiculaire tuberculeuse avc<' ou sans mal de Pott fruste.
La façon dont .se répatnl le lipiodol dans l’espac.e épidural pourrait
être un argument en favimr de e.ette manière de voir.
l'oi jiiillel, injection iqiiilnrnle île deux e.enticobes île li|)io(lol enire les .'i' et 4'' Inines
vertébrales dorsales. La malade est en position assise. Elli- est soumise immédiatemeni
à un examen radioseoiiique et radiof'rapldcpie. Les images radio>copi([ue.s et radiogra-
pliiuues sont suiierposables dans l’ensemble. Le lipiodol n’est pas descendu plus bas ipie
le boni supérieur de la 5'' vertèbre cervicale ; par contre, il est monté ; il forme on
écran opaque devant les I'''', 2' et ."î'' vertèbres cervicales ; il a même diffusé sous l’occi¬
pital. De cela, il résulte ipie te lipiodol n’ayant [loint trouvé de chemin en bas malgré
l’attitude verticale du tronc s’est étendu en haut. Au niveau de l’axis, ilsi'mble s’étre
échappé du canal rachidien : son opacité couvre la masse latérale gauche de l’axis ;
des radiograidiies de prolil semblent indiquer que le lipiodol n’a pas atteint la face posté¬
rieure des coriis vertébraux ; son ombre reste à distance de cette face.
Notre expérience de la perméabilité é[)idurale au lipiodol est trop récente
pour que nous puissions eom-lure à la valeur de .son arrêt au niveau du
bord supérieur de la 5® vertèbre cervicale. Et (;ependant les racines cervi-
<’al(?s altérées sont immédiatement sous-jacentes au niveau marqué par
cet arrêt.
Quoi qu’il en soit, de rennhnîn'’rnenl des faits il reste essenliellemenl
ceci : des troubles radiculaires moteurs cl sensitifs liés en apparence d'une
façon directe d l'existence d'une côte cervicale ont disparu sous l’influence
de l’extension conlinue .
VL — Hémicontracture faciale secondaire à une paralysie de la
VII® paire, traitée par l’alcoolisation des filets terminaux de ce
nerf, par M. Foix.
VII. — Ophtalmoplégie nucléaire progressive survenue au cours
d’une affection fébrile prolongée avec symptômes méningés, par
■MM. Anuhé Léiu et H. Wlissmann-Netteu.
VII I. — Sur la diffusion des réponses au cours de la recherche des
réflexes tendineux dans un cas de sclérose diffuse du névraxe,
par M.M. (iEonuKS Guit.lain et Ai.a.joiianine.
Nous avons l’honneur de j)résenler à la Société de Neurolof^ie une
malade atteifite d’une affection du névra.xe dont le diagno.stic e.xael est
SliANCE DU 8 NOVEMliltE l'.Vi.i 151
(lil'Ii('il(v à pr(!cis(U’ (^t chez lacpielh; (lu constate à un degré très accentué
le i)liénonièiic. d(^ la diffusion des réponsi's au cours de la laudierdie des
réflc'xes teudiiuaix ; c’est sur ce seul point d’ailleurs i[up nous désirons
attirer l’attention.
Nous résumerons ici seuhmnmt l’oliservalion d’ensemble.
Mme H..., âsi'c 'le 44 ans, a coiisULé ilepnisun an environ l'e la eéplialée, dos verlipes,
'II! la f<ène de la marche, des Lrouhles de la parole, à certains inli'rvalles aussi di* la
diplopie.
A l'examen on note OTie démarche à petilspas semldahle à celle ch's lacunaires, du
<lésé(iuilihre dans la recherche du sifrne de Homberf;. La motilité est normale pour
tous les segments îles membres, il existe une certaine hypertonie, variable.
Tous les rcfl(‘xes tendineux sont exagérés, les réflexes cutanés abdominaux et cutanés
plantaires sont normaux. Il n'y a pas de réflexes de défense notables.
La sensibilité est normale à tous les modes.
11 existe de l’incoordination des mouvements, tant au membre supérieur qu'inférieur.
J^a voix est nasonnée, monotone, l’examen des yeux ne montre rien d’anormal ;
enfin il existe unaffaiblisi- cment intellectuel avic [uiérilisme, rire et pleurer spasmodiques.
Le liquide céphalo-rachidien est normal à tous les points de vue {réactipn cellu¬
laire, chimique et humoi'alo).
Le diagnoslic, de cette affection est diflicile à ]néciser, car on constate
( liez la malade des signes qui pourraient être interprétés comme appar¬
tenant soit à l’encéphalite épidémique, soit à la sclérose on plaques, soit
à des troubles strio-pyramidaux.
Sans préjuger d’ailleurs du diagnostic, exact, nous désirons insister
seulement sur les modalités très spéciales des réflexes tendineux.
En dehors de l’exagération des réflexes tendineux qui sc traduit par
l’amplitude anormale de la réponse, le fait remarquable est la contraction
des muscles situés dans un territoire plus ou moins éloigné de celui où,
d’ordinaire, se cantonne la réjionse à la percussion tendineuse ou osseuse.
Au membre inférieur, la percussion médio-plantaire et plus encore la
percussion plantaire interne (au niveau du tubercule du scaphoïde) déter¬
mine une contraction très nette des adducteurs de la cuisse, du couturier,
du tenseur du fascia lata et, dans la percussion forte, du grand fessier. Il
en est^ncore de même, si l’on percute les métatarsiens au niveau dn dos
du pied.
Au membre supérieur, la recherche du réflexe stylo-radial détermine,
en dehors de la flexion de l’avant-hras, la contraction du grand pectoral ;
il en est de même dans la recherche du réflexe cubito-pro: ateur, et après
percussion des métacarpiens, surtout du !«.
La percussion médio-pubienne, en plus de la double réponse normale que
nous avons décrite (réponse des adducteurs et du pectiné et réjionse des
muscles de la paroi abdominale), détermine la contraction des grands
dorsaux et des faisceaux supérieurs du deltoïde.
Enfin la recherche du réflexe naso-palpél>ral donne lieu souvent à une
contraction des grands pectoraux et des deltoïdes.
Ce qui caractérise, en somme, la réflectivité de cette malade, c’est la
cii'rn': /</•; .\'i-:irn()L(>(:ii':
l,cn(laiic(‘ à la diffusion do la rôpoiiso dans la rotdiondio d('S rôfloxos Loiidi-
tnnix. Nous nous projotsons do rov’ ■nir nlf ('‘|•ionrol^onl, sur rôLndo do cos
r('d'l(oxos diffnsôs, do inonlror ])ar l’analyso dos insoripi ions f;ra]dii(pi(!S d(‘s
soconssos innsoidairos à dislanoo (pio collos-ci onl, los oai'aolôia's dos so-
oonssos i'(''floxos avoo nn forn])s jiordn (|ni lonr osL paid-ionlif^r et ('iilin d’on
d('‘^faf):or rinlorôL s(''ndolo^ti(pio oL pliysio-i(atli(dof;i(pio.
M. .1 MU<o',vsKi. — Nous avons ohsorvô, avo<' iVI. Babinski, niU! diffu¬
sion analofijiKi do la r(‘flo(divilô oss(Uis(‘ idioz o(îrlains j)arkinsonions. Choz
oos malades, il nous a sonddi- (pK^ la position un sujet (oxoroci uru? infhnuioo
sur le jiliénomèm' on (|uostion : il (^st ])artioulièr<‘inont prononoé lorscpio
le maladie s(î trouve on jiosilion (uuiclioo, dors nn robudu'iuon t mus-
oïdairo oompkd ; ])ar contre, ries (|u’il s(! mot debout, la diffusion do
la n'd'looliviti'^ diitunno tiolablomont ('t att<untà j)ou ])rès oc (pi’on observe
elle/, los sujets normaux.
(Juant à la j)ossibilit('‘ d’olndior, par l’apparition dos réflexes à distance,
la vitesse do propagation des excitations dans la moelbi, il faut tenir compte
do la transmission dos vibrations j)ar le stpiolotti; osseux, ce qui pourrait
constituer une oaus(i d’erreur dans l’apfiréeiation d(ïs résultats obtenus.
IX. — M. BornouKiNON.
X. — L’influence des Réflexes toniques du cou sur lesSyncinésies.
Brésentation de luakades, par .MM. Wxi.tiok b'nici-.M.XN et Paul Moiun.
L(xs syneinésies globales ou spasmodi([ues (selon la elassi fication d(‘
M.M. Bi(!rr(^ .Marie et b’oix) sont considérées ])ar Biddo(h (ît Buzzard
eomme réactions posturales. I.es réflexes totuques du cou, décrits par
Magnus (d fbî Kleyn chez l’animal d(îeérébré, et [pu ont été dans la suite
observés chez riiomme, rentrent également dans eadr(; des réactions
de [)ostui’e. Dans le servi<'e de la Salpêtriértq muis avons re(di(>rché systé-
matitpiement e<‘S réflexes elu'Z l(‘s malad(‘s atteints d(ï lésion du faisceau
pyramidal et nous avons étudié (ui i)articuli(îr l(;s (dbits de la rotation de
la têl(‘ sur 1(‘S syneinésies. la’s r(udieri lies (pie nous avons faites nous per¬
mettent de faire les observations suivantes :
1“ Bliez tout malade ipii jirésente des syneinésies globales, il est possible
de mettre en é-vidence les réflexes toniques du cou par la rotation de la
tête, pendant ces mouvements.
2° La syneinésie liabituelle (diez les liémiplégiques consiste en l’abduc¬
tion du bras, la flexion et supination de l’avant-bras, et la flexion des
doigts. Lorscpi’on tourne la tête, face vers le c(')té sain, on augmente la
force de celle syncinésii*, tandis (pie la r(d,ation de la tête dans le sens
op|)o.sé la diminue. Dans les cas plus rares, on constate pendant la synci-
nésie l’adduclion en rotation interne du bras, l’extimsion et pronation d(‘
l’avant-bras, et la fle.xion des doigts. Liiez ces malades, la rotation de la
s J': ANC E nu 8 NOVIiMBEE 1923
-153
face vers le côté paralysé, augmente cette réaction, tandis que la
rotation de la tête, face vers le côté sain, tend à changer le inouveinent
<l’(‘xtension en un niouvenunit de fhîxion.
3° Les déplacements segnnmtaires s’olitienncnt ])lus facilement lors¬
qu’ils se font dans le sens de la syncinésie primitive, ([u’elle soit en flexion
ou en extension. Les mouvements font parfois défaut dans le sens opposé
à la syncinésic! primitive lorscpie la contracture est très forte. Dans ces
<’as, l’accroissement du tonus dû à la rotation de la tête n’est pas assez
puissant pour vaincre la syncinésie normale. Il ne s’agit là que de diffé¬
rences quantitatives (ït non qualitatives. Liiez les malades qui ne pré¬
sentent qu’une contrac ture minime, il est possible de transformer complè¬
tement une syncinésie en flexion en une syncinésie en extension jiar la
rotation de la tête, face vers le côté paralysé.
40 Dans les cas où les réactions semlilent faire défaut, on réussit à les
niettre en évidence par une rotation rapide et forcée de la tête, ou encore
par une série de mouvements consécutifs de rotation. L’apparition d’un
mouvement s’observe plus facilement lorsqu’on tourm; la tête après avoir
provoqué la syncinésie et pendant le temps même 0(1 celle-ci se développe.
Des mouvements alternatifs de flexion (‘t d’extension passifs du membre
paralysé jiermettent d(i mieux apprécier les différences légères qui se
produisent dans le tonus des divers groupes musculaires. Les mouvements
sont plus mar(jués dans le déc-ubitus dorsal (jue dans la station debout ou
assise.
5° Des modifications semblables se produisent également dans les mem¬
bres inférieurs et consistent en des mouvements de triple flexion pour le
membre occipital, d’allongement pour bi membre facial. En général, ces
réactions sont moins prononcées aux extrémités inférieures qu’aux mem¬
bres supérieurs.
XL .M. B.vuuk.
Xll. — Au sujet du diagnostic des tumeurs comprimant la
moelle.. De la valeur de la méthode au lipiodol. — Etude sur la
perméabilité de la cavité épidurale au lipiodol dans le mal de
Pott, par M.L. Vinc.unt.
Xlll. — M. Liikhmittk.
-XIV. — Symptômes pseudo- cérébelleux d’origine cérébrale par
lésion étendue en longueur de la région supéro-interne de l’hé¬
misphère droit, ])ar ,MM. Eoix, Tiiû vknaud et .Mme Nicolesco.
L(! fait ((lie des lésions cérébrales ])uisscnt déterminer des symptômes
l'seudo-cérébelbmx est actmdbonent admis j)ar la [dupai t des auteurs et
V. i\ndré Tbomas, dans sou livre sur les blessures du cervelet, consacre
ce sujet ([uelques pages. Le fait que de tids synqitôiin^s [missent être
151
sociÈn': DU nduhologie
cii^fciidrés i)ar des lésions di^ la région para-cpnLral(! seinljlo résulter des
ohservations de MM. ('.laudes et Idi(iriniLt(!. Ces auUuirs ont vu jx-ndanl
la i^uerre des malades, à la suite de l)l(;ssures de eette région, présenter non
une para])l(;gie pure, mais des syndromes eéréliello-spasrnodifpies, ou
même ataxo-eérél)ello-sj)asmodi([U('s.
Nous lU' croyons jias cependant ((u’il (uxiste ili^s cas avec autopsie mon¬
trant la possibilité d’observer à la suite d’une lésion (b^ eette région uti
hémi-syndrome très s(‘mblable ou tout au moins très analogU(^ à un hémi-
syndrome eérc'dodh-u.x.
.\<nis apportons ici l’e-xamen histologicjue sur cou{)es microscopiques
séri(‘es, colorées jiar la méthode d(!Weig(nt, dueerveau d’nnmalade déjà
jirésenté à la Société de N'cuirologie, exaimsn qui nous paraît démonstratif.
Ce tnalade avait j)r('‘senté jumdaid, la vie ;
C' I ne. épihq)sie jacksoineniu' à début par h; pied gauche et souvent
liniitéf' au membre iid'ériiuir.
2° De l’incoordination des mouvements du côté gauche avec asynergie
marcpiée des membres supérieur et inférieur et saccades raf)p(dant celles
de la sclérose en jilaques.
da De l’hypotonie et d(! la passivité avec réflexes pendulaires. Peu de
diminution de la force ; ])as d<^ troubles nets ch; la sensibilité et en parti-
culi(T de la notion de position, sauf au niveau du gros orteil.
L’autopsie a montré un tubercule })araissant macrosfuipicjuennnit
liniit(‘ à la région ])arac('ntrale. Mais, sur h‘s cou[)es histologiques, la lésion
est beaucouji plus étendue.
Llle a])[)arait à la j)arti(‘ toute p(»stérieure du lobuh^ j)araeentral qu’elle
envahit ensuite fircvsqm' dans son entier sans eepcmdant h; détruire com-
])lètement.
Plus <m avaid, elle s’étend un jnui sur la région supéro-externe, attei¬
gnant ainsi le tiers supérieur de la pariétale ascendante et d(' la frontale
ascendante.
Ici aussi la (h'struction est irieomplète, elle se restreint ensuite au bord
supéri(uir de l’hémi.s]dière atteignant ain.si la moitié postéri(mre d(^ F\,
jouir disjiaraître enfin à ci' niveau.
Cette lésion est irrégulière et entre Fa et F\ se trouve à un mornetd.
réduite à (|ueh|ues millimètres. I)e tous les jioints des régions atteintes
jiarl, un jiineeau de fibres dégénéri’‘es.
Donc, h'sion ('■tendue de la jiartie sujiéro-interne de l’iiémisjilière céré¬
bral droit, allant du jiréeuneus à la partie moyenne de F\ et empiétant
sur le tiers sujiérieur de l‘a et aussi à un moimlre degré de Fa.
D’autre jiart, l’examen sur eoujies sériées de l’axe encéyihaliijue, depuis
h' jo’doneule cérébral jns(|u’au bulbe, a montré l’intégrité comjihMe du
cervelet ( t de ses voies afférentes et effér, nt.es (jiédoncules cérébelleux
nijo'rieurs, moyens et inférieurs, etc.), et des diverses formations (jui sont
en conne.xion avec lui : coyau rouge', noyau.x protutiérantiels, thalamus
et d’une fa(,;on générale d’ailleurs de tout l’ensemble de formations grises
de la base, de l’iiypotlialainns et du reste de ra.xeencéj)liali(|Ue. Il n’e.xistait
SÉANCE nu 8 NOVEMBRE 1923
4Ü5
<;n (îff('t qu’une lésion accessoiri', très petite, située dans le noyau lenti-
f'ulaire franche, et qui ne peut j)ar <'onséquent avoir joué un rôle dans la
syniptoinatolofrie.
Voici tout d’ahord l’observation de notre malade :
Th..., 20 ans, camionnciir, cnli’C en mai 1922 an .sanatorium CIcmencoau pour IiiIm'i'-
cnloso pulmonaire. Il priSsente de plus depuis mai 1920 des crises é|jilepliformes à
type jacksonien d.éhutant |»ar le nu'mlire inférieur jrauche. Il n’y a rien d’inttuessaiil à
signaler dans ses antécédents.
Son inlerrofratoin' ne permet pas de ndever de sifrnes d’hypertension intracrânienne.
Si l’on s’efTorce de faire préciser les caractères des crises épileptiformi's, onappreml
'pTelles détiutent par des sensations de fourmillenient et d’engourdissement du pied
et du membre inférieur gauches. Le gros orteil se met en flexion plantaire, puis apparai^t
sent dans les orteils des mouvements alternatifs de flexion et d’extension, qui gagnen-
rapidemeut le |iied et la jand)e. Les mouvements gagnent ensuite le membre supérieur,
puis la face, et suivant les cas le malade perd connaissance ou au contraire la crise se
borne là.
Limitée ipielquefois au membre inférieur gauche, la crise peut aussi se borner à des
fourmillements pndongés dans ce memliiv'.
Les crises se reproduisent environ une fois par semaine, et durent en moyenne de lO
minutes à une demi-heure.
l'examen on i>eul noter un léger degré d’atrophie du (piadriceps gauche.
La force musculaire a|)paraît diminuée dans les deux membres supérieur el inférieur
gauches sans qu’il y ait à proprement parler île paralysie. Le mouvement de relévemeni
des orli'ils se fait bien, el peut-être cette diminution de force n’est-elle due qu’à un
défaut de fixation des segments des membres.
On trouve, en effet, à gauche toute une série de symptômes pseudo-cérébelleux.
L’équilibre est bon.
Dans la marche, le malade, loin de traîner la jambe gauche, la lanceavec plus d’éner¬
gie et |dus en dehors ipie la droite.
La marche à quatre pattes met en valeur la dysmétrie et l’asymétrie du bras et de la
jandie gauches. On peut noter, de ce côté, le ressaut du pied et le traînement des orteils.
Loordination des mouvements.
Au menibre intérieur, les épreuvi's du talon sur le genou et du talon à la fi'sse décèlenl
lie la dysmétrie et la première fait apparaître, en outre, dutrenddement une fois le
talon posé sur le but.
.\u membre supérieur, les mouvements sont maladroits et l’épreuve du doigt sur le
ne/, décèle un tremblement que Ton peut comparer à celui d’une sclérose en plaques.
Il n’y a pas de tremblement au repos.
I.’épreu;. e de la iiréhension montre que la malade, pour saisir le verre, écarte large¬
ment les doigts de la main gauche. L’adiadococinésie est nette à gauche.
Il n’existe pas de nystagrnus, ni de t roubles delà parole, eniiarticulieraucunescansion.
Si l’on cherche à apprécier le tonus musculaire, on constate dans les deux membres
du côté gaue.he un état indéniable de passivité que l’on peut évaluer en observant les
oscillations du membi'e supérieur jiendant la marche, les oscillations commiini-
'|oées, le caractère pendulaire de certains réflexes tendineux.
Itéflexes. Les réflexes tendineux existent tous. Ils paraissent Jilus forts au mendire
inférieur gauche. Il existe une ébauche de clonus du pied.
Il faul noter le caractère pendulaire du rotulien et du Iricifdtal gauches.
Héflexes (udanés. L’excitation du bord exierne du pied ne provo<pie pas de répon-e
nette à gauche, et à droite une flexion franche du grosorteil. Les crémaslériens, cutanés
abdominaux existent liilatéralemenl.
Héflexes de ])osture. Nets à droite, ils sont très diminués à gauche.
Sensibilité. 11 n’existe pas de troubles des seusibililés superlicielles. Seuh'inenl de
légers troubles de la notion de imsilion du gros orleil gauebe.
'150
socii'rn': nu Ni-:ünoLOGiE
Il n’cxislc pas ilc, l.niiil)l('s sensoriels, vasoinolenrs spliinclériens ni inl.elleclnels.
Il n’y a pas (rapraxi(^ idéo-molrice. I-esnionveineiUs sonl inalailroits dn côlé. p:anclie,
mais n'oid pas le carae.tèi'e apraxiipie.
Symptômes lise ido-côrébelleu ■. d'or gl. e côrôbiale. — Dôeelqnes lopograpirq es
des lés'ons.
Ces synqitôrnes ne se modilienl pas an eonrs de l’évolution de la bacillose à lacpielle
le malade succombe en septembre l‘.)‘,i’,i.
Voici itiuiiiLidiaiil les résultats <lc rcxarticn liistoiogique sur coupes
SfJANCE DU 8 AOVEMnnE ]92;i
457
iniei’Osc<»])i([ii«îs sériées du eorvcau, de l’axe eiicéphalicjue ])édonculo-liull)o-
l)rotuhéranLi(d et du eervet^L.
On l(^s suit aisément sur les s( liénias suivants ([ui cDnstituent autant d(*
«lécalques d(‘S eunix-s eoloréc^s jiar la métliode d(^ Weigert :
Le scliéiTin I monlrc le de h) lésion au niveau du E'i sous forme de petits
foyers d’eiicéplialite disséndiu'’s, re|)résentés par des points d'importance correspon¬
dant à leur intensitf'.
Sur le sclif'ina 11, deux tubercules, en noir, entourés d'une zone d'encéphalite et
il'oii on voit partir un i)inceau de libres défîénérées lifîtiré <'n pointillé.
Sur le schéma 111, corres|iondant à la partie antérieure de Ea, un petit tubercule
solitaire et des lésions d’encél)balite représentéi's en pointillé.
Sur le schéma IV, jiassant (‘U plein dans les circonvolutions Holandiqiies, trois gros
lubercnles entourés d’une zone d’encéjibalite et d’oii part un pinceau de libres dégéné-
Sur le schéma V (pu correspond plus si)écialement à Pa trois tidjercules plutôt moins
volumineux et un petit nodule accessoire. Un beau pinceau de libres dégénérées en part.
Sur le schéma VI, la lésion se limite à un gros lubercub' solitaire, situé àla région du
lobide paracentral.
Même situation dans les schémas Vil et Vlll. Remarquer sur le schéma VII le beau
pinceau de libres dégénérées et sur le schéma VIII le volume de la lésion. C’était à ce
niveau ([u’on la voyait macroscopiquement.
Le schéma IX montre en P \ la lin de la lésion sous la forme d’un minuscule tuber¬
cule entouré d’une petite zone, d’encéphalite.
Le ccrv(det, l’axe encéphalique sont, nous l’avons dit, normaux. Il existe dans la
moelle et le bulbe un peu de pâleur du pyramidal gauche.
En rt’sumé, il s’ap;iL (l’uiu( Ic^’sion élcndut', fornu'o d’une S(irie de lul)er-
eulc.s juxLaj)OS(is oecujiauL la siluati(tn classique diqiuis les travaux de
M. Souques. Eclte li'sion ('(qiendant est remar(|ual)lement étendue et pro-
l'onde, elle va, en effet, de la jiartie sujiéro-interne d(( l’hémisphère eéré-
l)ral droit, allant du préeuneiis à la partie moy('nne de F\ et enqiiétant
sur le tiers supérieur de /Vi et de Fa.
Le caractère non complètement destructif de la h’sion et son sièg:e expli-
(puuit sans doute, la discrétion d((8 trouldes moteurs et rahsenee sensilfle-
iiKuit complète de troubles sensitifs.
Quant aux jihénomènes pseiido-céréhelleu.x, à rapproeher de eeu.x obser¬
vés chez lés blessés de guerre par M!\î. Llaude et Llu^rmitte, il est diflieile.
de faire une localisation minutieuse d(' leur point d’origine.
Ils sont vraisemblablement en rapport avec les centres corticaux des
voies cérébelleuses centripètes (‘t eentrifnges.
Il est assez vraisemblable, en outre, ([ue l’étendue même de la lésion,
en détruisant de façon plus imjiortante les eonne.xions e(Tébro-cérébelleu-
ses, a joué en dehors mêiiKî du siège des altérations, un r(jlo palbogéniqiie
inijiortant.
XV.
Eoix.
XVI. — M. Kiums.
socn'yrii nr-: MKUnoLoaiE
XVII. — Syndrome parkinsonien et traumatisme, par MM. (i.
(kîIl.L.MN nt Ai.a.iouanine.
la; malade (jue nous avons rhonn(mr de ))résenter à la Société est atteint
d’un syndrome ])arkinsonien qui n’offre en hii-mêimî auennci partieu-
larilé notable, mais dont l’étiologie j)ost-tranmati(pie éventmdbî mérité
d’Idre soulevée et n’est pas sans suseitcu’ (piebpies eonsidérations d’inté¬
rêt méilieo-légal.
M... n(' 4& ans, (‘iiUe à riiopilal île la (lharilé, |irésenl,alil on Iremljlenienl,
liai'kinsmiieii lypùiue ilii membre supérieur t;aue,he. A l’examen, un nule un Iremble-
meiit, beaucoup ]ilus (liscrel ilii membre infériiuir du même côté. Kniin, certaines,
épreuves (entre autres, le fait (le serrer énerfîlipiemenl la main) mettent en évidence
ipiebpies secousses léfjéres de la main droite,
Kn somme, on est eu iiré.sence d’un tremblement parkinsonien, localisé spécialement
à la moitié jfauche du corps. L’influence suspensive du mouvement volontaire sur ce
I remblement est net, mais peu duratde ; ce n’est plus seulement à l’Iieure actuelle un
tremblement au lepos.
Il se joiid au tremblement une raideur maripiéedes membres supérieur et inl'érieui-
moiclies. A la marclie, on constate l’absence de balancement du bras de cc côté.
Le faciès est liffé. Il n’y a pas de troubles oculaires.
Les réflexes tendineux sont vifs, surtout au membre inférieur, la juTCUssion médio-
pubienne donne lieu à une contraction du fascia lata, du frrand fessier. Le réflexe
cutané jdantaire est en flexion.
La ponction lombaii'e moid re un li(p(ide normal à tous les points de vue (cellides,
albumine, réactions Immorales).
11 .s’agit, HOiruiie toute, d’un syndrome parkinsonien elassiqiKi à pré¬
dominance liémiplégi(jue.
l/observation de ce malade nous paraît mériter de retcmir l’attention
])ar ce fait ()ue le syndrome parkinsonien est survenu quebjues mois après
•une violente commotion d(( giU'rre, en (bdiors de toute infection, en particu¬
lier, d(^ tout éjfisode permettant d’incriminer reneéyihalite éfiidémitpie.
En juillet l'.IIT, notre sujet, ((iii élail mobilisé au froid, dans l’infanterie, fut enterré
par un éixnilement causé par l’éclatement d’une torpille dans le boyau ofi il se, trou-
\ ait. Il perdit aussit('>l connaissance et ne reprit ses sens (pi’environ ÜO heures après, à
l’ambulance où il fut transporté. Il n’était porteur d’acune plaie, mais seulement de
contusions diverses, il remuait normalement ses membres, mais ne pouvait se lever
par sidte de vert ipes intenses ; il n’entendait presipie plus, bien ([u’il n'eût pas eu de
déchirure du lympan. Enlin, très obnubilé, il ne se rappelait rien de ce (jui s’était pas(é
la veille. (In ne lui aurait pus fait de ponction lombaire, à son dire.
Evacué sur l’intérieur S jours après, il ne pouvait toujours fias se lever à cause des
vertipes ; c’est seulemeni -1 semaines environ afirès sa commotion (pi’il coinmenç i
à marcher. Son état était redevenu normal, à part ipichpies maux de tête. Un mois après,
siii viennent des troubles de la vue, éblouissements, brouiilard devant les yeux ipd
Néanmoin-., le malade est de nouveau versé, 4 moisaprès la commotion, dans l’infan¬
terie. Sa force était nornia|<‘;il ne renia r<iue pas de tremblement. Il est démobilisé en
févi'iei’ l'.»l!l et reprend sou métier de menuisier ; vers juillel apparaissent les jiremicrs
I roubles au niveau du membre supérieur paiicbe ; tremblement menu du la main,
puis pêne dans la flexion du poipmel el de l’avanl-bras sur le bras.
iw s novemiihh 1023
-152
I)i'|piiis, (le fation |l^(lf'rossi^■(■, le Ircmbh nu ni a augniciilf (rnmpliliulc ot il gène consi-
iliii'iihh nu’nt, le ti'ax ail.
Il nous seniblo possihli' (1(‘ jxiscr la qucslion de l’origine Lrauinati(ju(‘
cvenliielle dn syndrome parkinsonien observé eliez notre malade n’ayanl
présenté ancnnpp infection antéi-ieiir(\ en particulier aucun signe d’encé¬
phalite é])idémi((ue, mais ayant sulii une commotion évidente. L’un de
nous a relaté déjà durant la guerre un cas de tremblement parkinsonien
consécutif à un éclateirnud de ]»rojectile (explosion rh' mine dans un<‘ tran-
clu’e) sans plaie (pxtp'ricmre.
La (|Ucstion (pu; nous soulevons (;st d’aill(;urs d’importance pratique.
Nous sommes en présenci; d’un suj(;t ((ui n’a aucune gral ification, aucum-
pension de guerre. Il semble (pi’un (;x]urt ne pourrait dans un accident du
travail; de même ordre, élimiiu'r d’une façon absohu» l’origine traumatique
d(; syndrome parkinsonien.
XVIIl. — Elongation isolée de quelques branches descendantes
duplexas brachial, par M. 'rn.MiAUi) (B('yroutli).
OiiSEdVATioN. — M... .Icaii, c.TTintinic'r à bord de r.Aviso « Raccaral », cuire à l’hépilal
Sainl-.lcaii, à Heyroiilli, le 5 seplembre I02IÎ. Dix jours auparavant, au cours d’une ma-
nii’uvre de navigalion à voile, a|ip(d(‘ à « glisser les voiles », inouvomenl cpii consiste à
monter la voilure principale au soinmel du mât, et (pii exige une grande force, il seul
loiil à coup un craipiemeni, dans la région (li‘ l'omoplale droite accompagné aussit(')l
d'une douleur vive, sus-claviculaire. Souffrant moyennement, ensuite il avait continué
son service de pont peu fatigant et ne s’était fait porter malade que 4 jours pjus
lard, un camarade aux douclies lui ayanl fail constater dans une glace que soi épaule
droite tombait (ui avant, et (pie l’omoplate correspondante se délachait forlemenl
du tliorax' (|uan(l il se bais, sait.
■A l’entrée, le malade étant examiné didioiit, les bras le long du corps, on noie les
particularités suivantes : à droite, !(' moignon de l’éiiaiile semble avoir idongé en iivani
et en bas, l’angle inférieur de l'onioplate a basculé en liaiitel en dedans, et le bord interne
de cet os s’écarte notablement du plan costal. I.a fosse sus-épinense est creusée en rigole :
la fosse soiis-épineiise est affaissée ; le pli |iostérieur de l’aissidle est plus profond qu’a
gauche, mais est moins long de 2 centimètres. Le globe du deltoïde a conservé son am¬
pleur, de nlèine les nifiscles du bras, de l’avant-bras et de la main sont indemnes.
L’ensemble du membre est en |tronation assez marquée, enfin la rf'gion pi'ctorale esl
en rel rail, (d le sein esl abaissé. Tous ces détails friqqient d'autant mieux le regard ipie
le malade présente par ailleurs une muscula|ure superbe, intégralement intacte, notani-
numl à gauche. La palpation montre du c(')lé malade une atrophie nette du faisceau
inférieur du grand pectoral, des sus et sous-épineux, et le Scapula alata traduit l’bypo-
lonie du grand dentelé, du rlinmboï'de (M de 1 angulaire. Le deltoïde, les muscles du
bras, de l'avant-bras et de la main sont normaux. Les sensibilités superlicielle et (iro-
fonde sontnormales.il n’existe |ioint de coniractions librillaires ou idio-musculaire>.
ni de boules inuscu'aires dans les muscles atteints (pii soni toutefois douloureux spoii-
lanément el trfis sensibles a la pression (’mergi ,ue, tandis (pie la force dans l’ensemb'e
des miiiixements de ré|iaule est diminuée et siirloiil la résistance quand on écarte le
bras du corps et (pi’on s’oppose à son rapprocliemeni . On ne conslati' point de troubles
pupillaires, pas d’Argyll Hoberlson ; la musculature inlerne el externe des yeux est iii-
lacti'. La réflectivité et la nioiricité générales des autres parties du corps n’offreiil
aucune anomalie palliologiqiie ; la réaclion de Wassermann esl négative dans le sang.
>^oaiiVni /)/•; NnunoLoain
■IGO
11' inalaflo n’uyaiiL pas cuiUracLé d'ailliMirs iranVcliim viirKii’ii'iini', cl, les ananiiicsi iipics
lie l'évèlenl aiieiine iiiree.l iiiii ni iiil nxieal ion endnf'èiie on exof'èue ponvaiil (Ure à l’ori-
l'ine des l,ronliles nerveux préseid.és par le malade.
I.es réae.l, ionsélee.lriqnes, normales les premiers jours, se sonl. niod i liées ni l.érienremenL
en monlranl alors : ane.nn Ironlde nel an l'aradiqne pour l’ensemble des inn, soles al.ro-
plués, pas de Lronble non pins an f'alvannpie ponr l’anfînlaire de l’omoplate, et le
grand denlelé, mais nue diminni ion des eontraetions dn rliondioïde sans lentenr des
secousses, et une diminnlion I rès maripiée des réactions avec lentenr des seconsses
ponr le grand pectoral. Ilyavail donc ponr le rhomboïde el le grand dentelé nne réac¬
tion de dégénérescence ébanebée (Médecin-.Major l’oirée).
Oublln ctiqunlUî diaojnbsLiinid iiouvions-noiis incLlrn .sur l’onsoinlile
(les siojiios olisnrvés ? .\u flélmt, Ins rnaclions (;l(!ctri{|uns nLaicnt iiorinalns,
nt nn nn Innant pas coirijiLn du Lrauiiiatisine, nu ayijiarnnn.n Inpjnr, indi([un
])ar In nialadn, ni nn un donnaiiL à nnlui-ni qiin rimjibrlartnn d’unn sirripln
noïnnidnnnn, on aurait jni, nu n<];ard à la disLriliution proxiinaln dn l’atro-
jdiin, fliscutnr un instant la fiossihilitn d’urin inyojiathin unilatnralisén
typn juvi'uiln d’Erb, d’unn lésion polioinynliti(|un localisée, ou d’unn
attnintn jilnxulairn rnstrnintn.
Mais une lésion [lolioinyélitiiiun, niniim rig;ournusninnnt localisén à la
jiartin d(^ sulistancn f^risn dns cornes antérinurns dn la tnoclln répondant
aux 5® nt 6® cnr-vicalns, aurait entraîné fatalnninnt d’autres atroyiliins
inusc.ulairns (pin cnllns constatées chnz notre malade dans les domaines
dns nerfs circonflexe, radial et miisculo-cutané, nt aurait réalisé en somme
un syndrome dn I )uchnnnn-Krl(. l'n [larnil syndrome eût été réalisé aussi
]iar une attnintn infectieuse toxiiyiin yilnxnlairn limitée au tronc radicu¬
laire primaire supi'rieur du plexus brachial. L’hypothèse d’une myojiathic
scapulo-humérale laléralisiie type juvénile d’Krh, ne pouvait être long-
temjis retenue, la distribution des atrophies étant dans ce cas aussi plus
e.xtensive, comiirenant notamment la déchéance du deltoïde et de la
musculature du bras. Eorce nous était donc de nous arrêter au diaf^nostic
de h’isions névriliipies périphériipies jiortant sur les nerfs du rhomboïde,
de l’anyîulaire de l’omojilate, les nerfs sus-scapulaires, du Krand dentelé
et du fîrand |)ectoral.
L’ensemble de l’observation ne pouvait d’ailleurs infirmer un pareil
diaf^nostii’ : l’atrojihie porte uniipii'inenl sur les muschis desservis par les
lilets nerveux (pie nous venons d’étiuim'rer, les masses musculaires sont
douloureuses spontanément et à la pression ; les réactions électriques
indiipient une lésion des neurones périphériques.
l’hifin, le récit du malade fiermet de saisir aisément l’orii^itu! trauina-
tiipu! des lésions observées, les branches nerveuses altéri'cs étant des
branches descendantes du jilcxus brachial émanant toutes du ciïté supé¬
rieur du triang;le à base verti'-brale ipie dessine le plexus et étant toulcs
longim's et ténues. La manmuvre du « y;lissa(fe des voiles » (pie nous avons
fait l'i'pi'ler devant nous, conqiorte la traction et la torsion du bras droit
fortement élendii et relevé sur la têt(' ampiel se suspend le jioids du corps
et sur leipicl s'apjiuic toute l’énerg;ie ipie le cor|)s ih'ploie. Il est alors com-
jiréhensible ([Ue les branches desci'iidantes du plexus brachial au trajet
SlL\^^Cr•: DU 8 SOV EMBUE 1023 /(;i
l(i plus Ion", soumisos à un éLircincnL cLàniK' torsion cnorgi([n(‘s, aient pn
eécliir an conrs d’une manœuvre l'(>r('é('...
La rareté d(^ eetle élongation, isolée d(^ (jindipies liranclies descendantes
dn pl(‘xns hrai liial, dont nous ne connaissons ])as ])(n'sonnellement d’autia'
exemple dans la littérature, nous a paru légitimer la (•(»mmnnieation qui
vous (‘Il est faite aujonrd’lini.
Addendum à la séance dn 5 jnillel 1923.
Un cas de Tuberculose de la Couche Optique (présentation de pièces)
par .M. André Li:ni et Noël Piniox.
Les cas de tuberenlose des noyaux gris centraux ne sont assurément pas
exceptionnels, au moins chez l’adulte, puisque sur 132 cas de tubercules
cérébraux, Birsch-Hirschl'eld en trouve 42 dans la région du corps strié et
du thalamus, la plupart du reste compliqués d’accidents méningés ter¬
minaux ; (diez l’enfant, la statistique de Starr n’en donne que 27 sur 132
cas de tubercules cérébraux. Mais les Inbercnles isolés occupani la presque
lolaliié de la couche oplûpie el limilés à ce nopau pris constituent une
localisation rare de la tuberculose de l’encéphale.
Les cas de tuberculose localisée à la coiudie opticiue sont le plus souvent
des trouvailles d’autopsie, car leur symptomatologie (îst généralement des
plus frustes ou masquée par des phénomènes mérungés bruyants ; aussi
parmi les faits signalés, les uns sont-ils purement anatomiques (Mai¬
sonneuve, Forget), les autres sont martjués par un tableau clinique poly¬
morphe et nullement caractéristique.
Par exemple, un enfant observé par Lastaigne présentait une hémi¬
plégie gauche avec myosis de la pupille droite et succomba à des accidents
convulsifs. L’est ('(galemcmt à des crises convulsives que succomba un en¬
fant de 3 ans 1/2, observé par Martin età rautoj)sie duquel on trouva un
énorme tul)(!rcule ayant débordé le thalamus, tlnjietit malade de Latlu'-
liii présentait, outre un tubercule de la couche opLi([Uc, d(;u.x tul)ercules
cérébelleux.
Spillmarm a publié un fait anatomo-clinique Ixîaucoup plus complet ;
son malatfe, âgé de 17 ans, avait prés((nté uru', hémiplégie gauche avec-
hémianesthésie nette, l’autopsie a montré un tubercule de la couche
optique droite : il s’agissait là d’un syndrome tbalamique des plus francs.
Finget, dans sa thèse ins[)irée par ce fait (thèse d(i Paris, 1899), réunit un
certain nombre d’observations et trouve, dans 60% des cas, une hémiplé¬
gie associée en général à d(!S signes d’hypertension intra-cranienne et à
dos crises convulsives terminales, mais très rarenumt un syndrome tha-
lamique net.
Sur les pièces que nous présentons, on voit un gros tubereuhî ayant détruit
de façon presque totah; la couche optiqiuî du côté gauche. Dans notre
fait comm(! dans les cas précédents, hi tableau cliuicjue n’avait pas été
assez caractéristique pour pouvoir {(orten le diagnostic jicndant la vie ;
rétrospectivement cependant, il nous semble que l’e.xistcnce probable d’uu
socjlirii DU yiwiioi.ociD
Luli<;r( )il(' LlialaiMi((U(! aurait pu être (■uvlsagc(i, att luoiiis dans les jours (|ui
lU'écédèretiL la inorl.
la‘S |)ièces auaLoitLii|ues nuuiLreuL (Ui el'I'eL ;
I" Ccrri'dii. Sur In cmiiK' mi'nliuiic sépii l'iiiil, les ileiix liémisplières, on eimvlnle
MM rel'MMlenient, vers lii (Iriiile île la cavité lUi 3“ veutricMie par une tuineMi' émanée (le
la r(it'i()n tlialami(pie srancMe ; léf^érement intéressée parla coupe, cette tnmenr (lélairde
la lifjne niéiliane, et la cavité ventriculaire réduite à nn espace virtnel est eid iéreinent
dans la partie droite de la coupe.
I.a tnmenr, de consistance ferme, présente l’aspect caractéristiipie du miirrun cru.
I.a coupe de Fleclisig, au niveau de l’iiémispliérc f(auclie, permet de voirrélendne de
la tumeur ; elle est constituée par trois formations isolées et encaiisulées : une anté¬
rieure et interne (pii a pénétré dans la cavité du IP' ventricule et dont le pôle antérieur
repousse le f'enou de la capsule i iternc ; une postérieure plus volumineuse liinilée en
dedans par la . avité ventriculaire, en dehors par le Inas postérieur de la capsuh; inter, e ;
un troisième |)etit noyau, répondant à la [lartie postéro-externe delà tumeur, au con-
lact de l’extrémité postérieure de la capsule interne.
En hauteur, la tumeur est comprise entre une coupe supérieure passent à 45 mm. du
bord supérieur de l’Iiémisplière, une inférieure passant à 75 mm. du même rcpé.re. Son
pôle supérieur, en (‘lïet, sur une coupe intéressant le corjis cal leux, apparaît dans le centre
ovale en arriére du noyau caudé ; en bas la tumeur se creuse une losette bien délimitée
dans la partie supérieure de la calotte du iiédoncule, à (piehpies millimétrés en avant
du tubercule (piadrijiimeaii antérieur.
Dans son ensemble, la tumeur est formée d(! trois tubercules Uccolés qui occupent cl
moulent l’emplacement du thalamus gauche ; elle le déborde c((|)en(lant léf'éremeul
par s('s p(Mes supérieur et inférieur ; (die refoule eu outre léyéremeut le brasposlérieur
de la capsule interne vers le noyau lenticul ire.
.\ l’examen histolo('i(iue, la mass- prés(!nte l((s caractèr((s du caséum tuberculeux :
à la périphérie, il existe une couronne lymphocytaire aveede rarestormations gipanto-
cidhdaires sans lésions apparentes des vaisseaux capillaires a(( contact de la tumeur.
2" Sur la coupe des dilTérents viscères, et spécialement des poumons, on constate une
tuberculose granulique : le parenchyme pulmomdre ((sl en (dîet rempli de gramdations
miliaires de même Age, uniformément disséminées dans les (le(ix poumons; il existe en
outre une cavernule du volume d’un fmids au niv((a(( du so(nrn(5l gauche, contenant (hi
caséum tuberculeux et entourée d’uin^ /.one de densillcalion avec calcification. Ce sont
.es lésions granuliques pulmonaires ([((i ont entraîné la mort.
fin riisurnô, en ((ui l'rapjK! au point ilo vnn (•(‘ntliral, c’cstriinportaricc de
la liision qui occupe loul le Ihalamiis (jaurlie.
Or, jiresquc rien dans l’histoire clini([ue ne ])0uvait au tfilnit nous
faire priivoir cette localisation :
I.a malade, Agé(! (le 52 ans, très obèse (120 kilogr.), était venue nous consulter A
Cochin 1(! 20 février 1923 po((r une hémiparésic droite, qui avait déb(JLé progressive-
imuit six mois auparavant par (nie incapacité de se servir de la main droite.
Ces troubles parétiques avaient débuté |)ar une g(êne des mouvements du pouce et
de l’index droit, pins s’étendirent huU ement à tout(! la main. IJe[misdeiix mois, à celte
monoplégie brachiale s’étaient adjoints des troub'es parétiques du membre inférieur
droit : la Jambe était lourd(‘, elle était pîdfois le siège de crampes assez douloureuses.
A t’entrée, l’examen montr(( (ou^ hémiplégie (lr((ite, A prédominance monoplégiipie
(UI niveau du membre suiiérieiir.
En force segmentaire est surtout diminuée au niveau de la main : la flexion des doigts
se fait sans force, la main conservant une attitude habituelle en pronalion ;la malade est
incapable de se coiffer ou de tenir un verre. Ees mouvements de flexion de l’avant-bras
sur le bras, d’adduction du bras sont relativement conservés. Au niveau du membre
SËANCE DU 8 NOVEMBRE 1923
-103
inférieur, la forei' saf^iriaïUai fc est bien cnnsei'vée, mais iiemiant la marche la jambe
traîne un jjeii et fanclu' netteirnmt.
la's réflexes lemlineiix sont presque éfjanx aux membres snpérienrs ; an membre
inférieur, le réflexe rotniien droit paraît pins %if <|ne le gauche. A droil? l'excitation
plant ire produit une extensioi nette, dn gros orteil. 11 n’existe de clonns ni dn pie<l,
ni de la rotnie.
Il n’y a aucun Irouble manifesle des ^ ensdelilés Iretile, douloiinmse et llu'rmi(pie,
mais la |)i(iûre parait jiarl ’eulièienn ni pénible pour la malade qui semble accuser à
droite un certain degré d’hyperesthésie anormale. La ïonsihilité ])rofon('e, le : eus sté-
réognostique sont normaux.
Il n’existe aucu i trouble du côté de l’ieil, pas d(^ stase papillaire, pas cl parésies ocu¬
laires. Las de. symptômes d’hypertension intracrânienne. 11 n’existe enfin aucun trouble
intellectuel, ni aphasie, ni ajiraxie.
Il y a en outre à la base gauche des frottements pleuraux manifestes.
En présence d’un tel tableau clinique, malgré l’absence d’antécédents spécifiques,
nous avons ratlaclié cette hémiplégie progressive à la syphilis par artérite on par gomme,
d'autant plus que la réaction do. llacht, pratiqnéeà trois reprises dans leséruin sanguin,
avant et après tfdtement, avait été chaque fois nettement positive.
Le traitement institué (Ouiniobismuth) parut amener une amélioratior passagère,
liientôt suivie d’une aggravation nette de l’hémiplégie qui rendit la marche totalement
impossible.
Deux mois plus tard (20 avril 1923), l’examen montrait des modifications importantes
au niveau de la face, appiéciables depuis 15 jours environ; la pauDière gauche himbanle
ne peut découvrir cpie les 3/4 intérieurs de la corm'.e ; pas de troubles autres du côté des
muscles oculo-moteurs, mais diminution nette du diamètre de la pujiille du côté gauche
et peut être léger enfoncement du globe, oculaire. 11 y avait, en somme, un syndrome
de Weber.
L’hémiplégie droite s’était d’ailleurs considérablement aggravée, surtout au niveau
<lu bras. Au membre inférieur les réflexes rotuliens et achilléens étaient très exagérés.
D’est peu dr jours avant la mort seulement qu’à l’hémiplégie motrice se surajouta
Une hémiunesthide , particulièrement nette au niveau du membre supérieur; la sensibilité
tactile et douloureuse est à droite considérablement diminuée, surtout au niveau de
la main. 11 existe, en outre, un trouble profond du sens dos attitudes segmentaires.
La malade se prête mal du reste à un examen méthodique : dyspnéique et fébrici-
lan’.c depuis quehpies jours, elle iirésente des sym[)lômes de bronchite diffuse ; ceux-
<■1 répondent à la poussée granulique qui emporia la malade cinq jours après dans un
tableau d’aspliyxie progressive.
Telle est l’histoire clinique do notre malade. Dans les derniers jours,
l’hypothèse d’une lésion thalamique fut envisagée, mais l’évolution rapide
des phénomènes pulmonaires ne nous permit pas de répéter les examens.
L’autopsie, en nous montrant l’importance du processus destructif au
niveau du thalamus, nous a permis de reconstituer assez facilement les
étapes de l’évolution anatomo-clinique : au dél)ut, phase d’ hémoparésie
droite progressive, liée soit à une compression discrète des fd)res pyra¬
midales au niveau de la capsule interne, soit à la lésion thalamique même ;
puis apparition secondairti d’une paralysie ocalo-molrice gauche, consU-
tuant un syndrome de Weber, par atteinte directe des noyaux du moteur
oculaire commun dans le segment supérieur du pédoncule ; enfin hémi¬
anesthésie progressive ultime qui traduit seule une atteinte du thalamus;
fait à remarquer, elle avait été précédée par un certain degré d’hémi-
liyperesthésie.
socii'rn-:
Cicl.ti' afiparilioii très lardiva du syndronui Llialauiiqua nous paraît
inha’cssaiilc à iioLcr, car il csl curciuxdc consl.alcr qu’uuc deslriiclion du
llifiIdDuis aimsi l<il:ilc (pi(‘ (•(dlc(|U(' tiousavuiis IranvM' uvail i)n su Iradtiiri’
jiisijiip lUTs les Iniil derniers jours iiar anenii si/ndrome IhalainiriiiL'.
Encore le syiulronu' t halajniqiK' oliscrvo à la période Lcriuiiialc élait-il
des ]>liis incoiiqilcf s : en l’al)S(‘nce de Ions ])lH‘noinènes donlonreux et de
tous nionveinents clioréoatliétosiqnes, c’est à luni lésion cf»rtical<^ (jn’on
aurait surtout pu songer eti Iduu^ d’uiu^ liéuuph'f'ie seiisitivo-uiotric.o pro-
pr<‘ssiv(^, si l’existeiuu- d’une parésie oculo-niotricc du côté (qiposé n’a¬
vait l'ait ])enser à une l(‘sion toiudiant l(i ju’sdoncule céréliral.
D’ailleurs, si le dia^uiostic to]UJKraphi({ue avait été l'ait, l(! diafi;n(/stic
étiolof,d(jue n’en aurait ^uèr(^ été é(dairé : la raret(^ île la tuherciilose par
rapport à la syfiliilis, la jiréseuce d’une réai lion de Ilei liL positive nous
orietdaienl plutôt \ ers l’idée d'une f>oniiue. Seuls l’éidiec du traitement
spéciluiue et l’apparition tardive dis signes de tuliereulosi' aiguë pou¬
vaient nous inciter à modifier ce diagnostic et à rattacher les aoci-
deiits (d)servés à une forme, rare par sa localisation, de tuherculose de
l’encéiihale.
ANALYSES
NEUROLOGIE
ÉTUDES GÉNÉRALES
BIBLIOGRAPHIE
GintriÎJutionàl’étuie desManifestations Tardives de l’Encéphalite épidémique
(Formes prolongées et reprises tardives), jiar M"= Gadrielle Lévy, Thèse de
Paris (314 pages), Vigot, édit., Paris, 1922.
Cette thèse, riclie cil faits nouveaux et en idées originales, conlinue la série des beaux
travaux issus du service du Prof. P. Alarie à la Salpêtrière. MH® G. Lévy a surtout
observé les encéphalites épidémiques do durée prolongée et c’est à leur étude que son
travail est consacré.
Les formes prolongées et les manifestations tardives (le l’encéphalite épidémique cons¬
tituent la menace la plus redoutable de cotte maladie. Leur incurabilité, très fréquente,
lui confère le caractère d’une véritable maladie, chronique. Les faits cliniques et expé¬
rimentaux iiermettent do ])cnscr que la persistance du virus explique ces manifestations
tardives, dans la |)lupart des cas ; mais aucun critérium anatomopathologique ou humo¬
ral ne permet encore d’afOrmer cette persistance, et de distinguer des formes prolongées
de la maladie, et des séquelles.
Ces manifeslalions peuvent survenir : comme /orme prolongée, d’un symptôme ayant
existé au cours de la phase aiguë de la maladie, (pi’(dle continue ; ou comme reprise
tardive, parfois plus de deux ans après la guérison a|)parente ; ou comme première muni-
feslalion d’une encéphalite, dont la phase aiguë a passé complètement inap(rene.
Les principales de ces manifesiaiions sont, dans l’ordre d(( leur ini|iortanc(‘ ; le syn-
drrjine parkinsonien, le syndrome excito-moleur ; le syndrome insomnique cl hgpoma-
niaque do l’enfant ; la forme respiratoire.
.Mais on peut encore voir survenir des manifestations excito-motrices ou hyperto-
oiques accessoires, parmi lesquelles l’une des plus intéressantes est le spasme, de torsion,
et d’autres manifestations neurologiques motrices, sensitives et sensorielles, ainsi que des
manifestations d’ordre général, portant sur les grandes fonctions organiques : nutrition,
fonctions sexuelles, température, circulation.
Le, syndrome e.rc.ito-moleur e.oiuurend toutes les manifestations d’excitation motrice
anormale (pie peut laisser à sa suite une atteinte d’encéidialite épidémique. Celles-ci
consistent d’une part en mouvi'inents involontaires caractérislique.s de l’encéidialite
épidémique, tels que les bradyrinésies el\os myoclonies localisées, d’autre part, en mou¬
vements involontaires communs à l’encéphalite et à d’autres maladies, tels que les cho¬
rées et les lreml)le.m^nls. l’armi les chorées, il faut noter l’existence jiossible de mouve¬
ments semblables à ceux de la chorée de .Sydenham, ou de la chorée chronique.
Quant aux bradycinésies, il faut noter leur parenté moriihologique avec cerlains
lorlicoUs spasmodiques.
niCLOGIQUIi.
30
AtVAL y S ES
‘Kilj
Lk si/nilrome purkinsonien osl la plus imporlanlo (le ces rnanifeslalions cncéplialill-
ipies l'irdives, par sa frérpience, et sa Leiiilance à la clironicil6.
Il coia;)()rte, diverses inoilalilés, panai lesr[a(dles il faut signaler une forme cachccli-
xofile. 11 se rapproche de la maladie de Parkinson classirpie par les grandes ligncs’dc sa
laorphohjgic, mais shm distingue |)nr certaines nuances de sa sijmplomalolo(jie,sunmitdc
d'apparition, le terrain sur lecpiel il (ivolue, cette éimlulion même ; enfin l’encéphalite
(’'.pid(nni([n(^ n’est pas la cause d(i tous les états parkinsoniens, tels cpie la maladie de
Parkinson classicpie, (d, les états parkinsoniens des lacunaires. Les analogies de ceux-ci
s’ex;ili(inent, non |)ar une étiologie commune, mais vraisemhlahlement par une locali¬
sation lésionnelle idenlieine.
Parmi h(S manifestations d’ordre rjénéral, il faut insister sur leur forme, respiraluire,
(|ui consiste en Ironhles respiratoires proprement dits, en [diénomènes de loux spasmodi¬
que et en tics respiridoires.
Il faut encore insister sur les syndromes adipeux et sur les diabètes sucrés ou insi-
Enlin il faut mentionner les troubles mentaux durables, chez l’adulte, où ils peuvent
taire discuter h( diagnostic de la démence précoce, et chez l’enfant, où ils revêtent essen¬
tiellement l’aspect d’un sijnilrnme insomnique et hqpornaniuquc.
L(( prono.slic de ces maniùistations tardives l'st extrêmement sombre, et toujours
dominé, par la possibilité d’évolution d’un syndrome parkinsonien tardif, quels que
soient les sym[)t(^mes constatés tout d’abord.
Leur diagnostic repose essentiellement sur les faits cliniques, les anamnestiques et la
ponction lombaire.
L’anatomie pathologique de -1 cas examinés montre des lésions diffuses (le dégé¬
nération, étendues à l’encéphale et au tronc cérébral. f)n constate encore des lésions en
actiiiilé au niveau du mésocépbale.
Les lésions, (pu ne permettent que des hypothèses pathogéniques, étant donné leur
diffusion, apportent 0(q)(Uidant certaines données à ce point de vue, et confirment, par
leur ae.tivité demeurée entièn! en certains [loints, la notion de la persistance du virus,
si imoortantc dans l’histoire de ces manifestations tardives. E. E.
L’Eacèphatita épidémique. Etude clini<pie : la période d'état, les séquelles, i>ar
l.ocis Hkys, Thèse de Strasbourg (116 pagi'S, 7 ligures). Maloine, édit., Paris.
1922.
L’eue, éphalite léthargi(pie, apparue à Strasbourg et dans la Basse-Alsace en février
1911) m( prit un caractère franchement épi(lémi(pie qu’en Janvier 1920 ; en été de la
même année, sa tr('’qnenc(( a diminué et depuis, malgré la grippe de 1922, l’encéphalite
est restée rare.
L. Heys était mieux placé (pie (piiconque, dans le service du Prof. Barré, pour suivre
l’épidémie et l’observer dans toutes ses allures (d danstoutes ses formes: début, p.’'riode
d’état, sé(pi(dles. Les très norubreu.x faits étudiés par lui-même ont i>ermis à l’auteur
d’écrire une thèse rigoureusement persoumdle, et parmi les formes décrites il peut reveii-
di(pier comme sienne la forme labyrinthi(|U(' [lure ou associée. Il s’est en outie attaché
•à faire ressortir l’importance, dès le début, des réactions méningées, et sa contribution
à l’étude des troubles oculaires est à signaler pour sa valeur. Enfin les séqmdles si redou¬
tables de l’encéphalite épidémique, et notamment le parkinsonisme |)üstencé|diali-
ti(pie, (pi’il a vn s’installer près de tisns uns ajirès la période aigue, ont retenu l’attention
(hi L. H'ys comme il convenait ; son élude des sé(pielles est un des premiers travaux
d'ensemble parus sur celte (pi(".tion. E. h'.
N AL YSES
467
Problèmes actuels de la Doctrine des Sécrétions internes, par G. Maranon. Un
volume de 265 pages, Ruiz lierm, édit., Madrid, 1922.
La surproduction scionti Tique actuelle nécessite de ta part des auteurs un sérieux con¬
trôle de soi-môme ; la chose est vraie surtout dans le domaine des sécrétions internes
où des faits cliniques toujours curieux et les succès inattendus d’opothérapies hasar¬
dées ont fait éclore des hyfiothèses multiples et des théories à base fragile. Il importe
que le physiopathologiste, avant de publier ce qu’il croit être la vérité, passe au crilde
d’une critique sévère les faits, les théories, ses propres convictions ; il le doit d’autant
plus que l’intempérance des affirmations des cliniciens, dans le domaine des sécrétions
internes, ont provoqué une réaction que justifie une expérimentation probante. Les
faits négatifs démontrés par üley, parCamuset Roussy, veulent queladoctrine des sécré¬
tions internes soit révisée. G. Maranon a pris sa part de cette, tilche et sa mi.“e au point
actuelle vise à [iréciser ce qui reste acquis et doit être conservé, et à indiquer les points
en litige ; l’endocrinologie, entrée dans sa période classique, doit être débarrassée de la
surcharge des hypotlièses qui ralentit son essor. G. Maranon, dans un premier chapitre,
envisage la crise, actuelle de l’endocrinologie. Dans le second, il en expose la nomencla¬
ture et les conceptions. Il considère ensuite la signification physiologique des sécrétions
internes, les faits cliniques qu’elles conditionnent, l’opothérapie et ses limites. Nul ne
pouvait être mieux à l’aise ni plus précis que l’auteur en ce domaine qu’il a exploré
dans tous les sens. E. F.
Sécrétions internes et Système Nerveux, par F. Bandettini di Poggio. Un
volume in-S” de 400 pages, typog. délia Gioventu, Gênes, 1921.
Système endocrinien et système nerveux sont les deux grands régulateurs des corré¬
lations organiques; mais ils ne sauraient être, l’un vis-à-vis de l’autre, conqilètement
indépendants et la pathologie en tait la preuve. Les endocrinopathies conditionnent des
troubles nerveux, et maintes maladies nerveuses s’accompagnent de troubles glandu¬
laires. .Si l’équilibre hormonique d’un sujet est compromis, ses cellules nerveuses en
souffnuit. Les perturbations de l’état nerveux ont leur retentissement sur les humeurs.
Te.lhis sont les généralités d’où l’auteur est parti pour préciser les qualités des relations
entre les deux grands systèmes, et les données de la luithologie le conduisent à la conc(‘p-
tion physiologique des états individuels cndocrino-nerveux. F. Deleni.
Greffes Testiculaires, par Serge Voronoff. Un volume in-S» de 84 pages, G. Doin,
édit., Paris, 1923.
L'auteur a fait connaître, en 1919, les effets des greffes testiculaires chez les animaux ;
il s’est depuis jugé autorisé à appliquer à l’homme une méthode largement expérimentée.
Il re.nd compte dans le présent mémoire des résultats obtenus dans un petit nombre
de cas où le temps écoulé de|)uis l’intervention donne un recul suffisant iiour qu’on juiisse
apprécier les faits.
11 convient de rappeler qu’un testicule de bélier greffé sur un jeune animal de la même
espèce castré au préalable assure au porteur tous les caractères sexuels secondaires ;
ensuite (pu' des béliers séniles sont rajeunis à tous égards par la greffe d(‘ testicules
jeunes ; Fauteur a deux observations de béliers d’àge extrême particulièrement instruc¬
tives à cet égard ; ou y voit les animaux, après l’intervention, si- conq-orler coniine
des adultes et féconder leur femelle.
Le testicule greffé peut |iersister un tenqis très long en conservant des éléments qui
assurent sa valeur ; d’autn^ part, la possibilité de rajiumissements successifs est
expérimentalement démontrée.
Pour la greffe testiculaire chez l’homme, c’est uniquement aux singes qu’on doit
468
ANAL YSES
ilcmandcr des greffons. La première tentative de V. a été un éclicc, s’expliquant d’ail¬
leurs par l’étal local ; un testicule de cynocéphale greffé en quatre morceaux dans les
hourses d’un liomnuî castré depuis des années pour tuberculose testiculaire a pro¬
voqué la suppuration,
Lestragme.ntsdu testicule greffé n’en sont pas moins restés en place trois mois et leur
hormone a fait repousser la barbe de, cet homme à l’aspect eunueboïde. Le, deuxième cas
concerne égalementun castré pour tuberculose testiculaire ;c’estaussi un insuccès pour la
grefb^
La troisième intervention a été pratiquée sur un homme d’âge moyen, impuissant de¬
puis des années, mais (pii se plaignait uniipiemeiit de. déiircssion physique, de perte de
la mémoire, d’une diminution de la capacité intellectuelle. Les fragments de deux tes¬
ticules de singe ont été greffés sur les testicules humains. L’étal du malade, a été consi-
d('‘rablemont amélioré, mais sa frigidité n’a ]ias été modinée.
La ((uatrième greffe, testiculaire de singe à homme a été pratiquée sur un sénile pré¬
coce de 01 ans, homme de lettres. Le rajeunissement, tant des forces jihysiques ([ue du
pouvoir intellectuel, a été complètement obtenu. Le cinquième et le sixième cas sont
également des succès. Quant au septième, cas, il est tout à fait remarquable.
Il concerne un homme de 74 ans, sénile du fait de son âge, et des fatigues de trente
années de vie coloniale. Il y a 2 ans, greffe de [ilusieurs fragments du testicule d’un
grand cynocéphale. Quelques mois plus tard, l’homme était transformé, rajeuni de
15 ans, jouissant d’un partait équilibre de santé, faisant du s|(ort, mettant à profit sa
puissance sexuelle, et ... présentant une repousse de ses cheveux.
D qniis, V. a fait de nouvelles greffes, en utilisant les organes du chinqianzé, dont il
n’avait encore pu se procurer aucun exemplaire ; ce matériel est parfaitement toléré
par les tissus humains et très supérieur à ce que peuvent fournir les cynocéphales. Mais
ces interventions sont trop récentes pour (pi’on [misse juger des résultats.
La notion générale (pii importe le [dus, dans la question des greffes testiculaires, est
celle de la survie du fragment greffé. Il ne, peut l’être n’inqiorte oi'i ; il [lassiqles premiers
jours après son implantation, par une phase critirpie ; dé[i()urvu de connexions vascu¬
laires avec les tissus voisins, il va tomber en nécrose s’il ne [leut se nourrir par imbibition.
Cetto imbibition estle mieux assurée dansles cavités clo.ses, [léritoine et tunique vaginale.
Le greffon ayant acquis des ca[)illaires et des [lelits vaisseaux n’en va jias moins
eontinuor à se mo.lifler.. (In ne saurait dire encore pendant combien de temps on peut
compter sur sa [iréseiice ; mais il est certain (pie les effets [irodtiils [lersislent après sa
disparition ; d’autre part, la greffe [leiil toujours être renoiividée.
Quant au [irocédé (qiératoire, c’estàla greffe fragmentaire ([ii’il est [iréférale d’avoir
recours ; quel((ues fragments seulement, de 2 à 8 , avec leur albiiginée scarifiée, seront
attachés [lar un pioinl de suture au catgut directement nu testicule ou à sa vaginale.
Kn terminant, V. s’arrête sur la théorie classi([iie de la glande inti rslilielle ; il rayiiielle
les faits princi|)aux qui tendent à l’infirmer et il déclare se rallier à là théorie de Iletterer
admise par filey. Ce ne sont [las les cellules interstitielles du teslieiile qui conditionnent
les caractères secondaires du mâle ; ce sont les cellules de la lignée séminale qui élaborent
la sécrétion interne et qui produisent aussi les sfiermatozoïdes ; la cidlule éliithéliale est,
dans le testicule, agent de la sécrétion inlerne et de la sécrétion exierne, endocrine
et exocrine â la fois. F.. F.
L’Opothérapie du praticien, [lar L. Lumattiî, in-H” 2.68 pages, 3 [ilanches, .\. Ma-
loine, édit., Paris, 1923.
C", livre, écrit pour les [iraliciens, donne des indications sur la fiosologie, le mode
d’administration et l’em|doi des préparations ojiuthérapiques.
ANAL YSES
469
Dans la première partie sont discutées les techniques qu'on doit employer pour avoir
des préparations activées.
La deuxième partie est consacrée à l’étude des glandes et des tissus utilisés.
Dans la troisième partie sont exposées les applications de l’opothérapie aux diffé¬
rentes maladies. Un index thérapeutique, permet d’utiliser pratiquement les différents
produits opothérapiques. R.
latroduotion à l’étude de la Psyclioaaalyse. 'Vol. II. Doctrine générale des Né¬
vroses, par S. FnEUD, première traduction italienne s\ir la troisième édition alle¬
mande, par E. Weiss et Levi Bianchini. Un volume in-8" de 440 pages de la Li-
breria Psichoanalitica interna/, Idelson, édit., Naples, 1922.
Ce deuxième volume italien termine la publication des leçons de Freud. On ne sau¬
rait trop féliciter les traducteurs d’avoir entrepris et mené à bien un travail considé¬
rable qui permettra à beaucoup de lire en entier Freud, qui Icurétait mal accessible dans
les éditions allemandes ; par là le novateur viennois sera mieux apprécié.
F. Deleni.
La Vie sexuelle, par Egas Moniz. Un volume in-S» de 576 pages, cinquième édition,
livraria Ventura Abrantes, Lisbonne, 1923.
G'tte cinquième édition d’un beau livre diffère notablement des précédentes par
des adjonctions nombreuses nécessitées par les acquisitions nouvelles de là science ou
l’interprétation plus rigoureuse des faits. M. E. Moniz s’y attaque avec une assurance
accrue aux problèmes les plus difficiles et parfois les plus poignants d’iine activité ins¬
tinctive, effective, déficiente ou pervertie qui gouverne et tyrannise l’humanité. Le
plan du livre est d’une grande clarté. Première partie, physiologie : organes sexuels,
instinct sexuel, évolution sexuelle, fécondation, hygiène. Deuxième partie, pathologie
sexuelle : perversions et névroses, hétérosexualitémorbidc, homo,soxualité, parasexua-
lité, vie sexuelle des aliénés. E. F.
Traité dos Maladies Mentales, vol. I, par Eugenio Tanzi et Ernesto Lugaho.
Troisième édition, un volume in-S» de 690 pages avec 148 figures en noir et en
couleurs; Soc. edit. libr.. Milan, 1923.
La troisième édition du beau traité des maladies mentales de Tanzi et Lugaro a rapi-
deinenl'succédé à ses deux aînées ; les auteurs se sont efforcés d’améliorer leur œuvre,
si bien venue quant à son plan, en y introduisant des données nouvelles, notamment
d’ordre biologique, en passant au crible d’une critique sévère les données historiques
qui vont so répétant de traité en traité, en remontant aux sources quand une citation
s’impose. Un des mérites de l’œuvre de Tanzi et Lugaro est que tout en étant prati¬
que, la psychologie n’y est pas sacrifiée ; l’utilité immédiate et l’idéal y ont part égale,
comme on s’en rend compte en feuilletant le premier volume qui embrasse les généra¬
lités do la psychiatrie. Les têtes des chapitres sont à rapporter : Le siège des processus
psychiques. Les causes des maladies mentales. Lignes générales de l’anatomie patholo-
giijue. Les sons et la perception, La mémoire, La pensée. Les affections, Les instincts,
La volonté. L’expression, Examen psychique. Examen somatique. Classification des
Maladies mentales. Ce programme est plein de promesses pour qui entreprend de s’ins¬
truire, pour qui sait déjà, pour qui est curieux de la marclie et des déviations des phé¬
nomènes de l’esprit. F. Deleni.
47.)
ANALYfiES
Manuel de Psychiatrie, par J. Rogues de Fur.sag. Sixième ètlilion revue et
auffinontée, 1 volunuî in-lG fie 930 paf^es avec quatre planclies hors textei Librairie
Félix Alcan, Paris, 1923.
G '110 sixièim éilitioa notablem ;iit am.ilillée se distingue surtout de la précédente
pu- des développeinmls. Sur une série de (lueslions nouvidles figurent notamment les
psychoses infifctie.use.s, (Ui particulier les troubles mentaux liés à l’encéphalite épiflémi-
ipie, les psychopathies syphililifpies, le traltmiumt de la paralysie générahf, celui de
l’épilepsie, les états psychopathifpies constitutionnels (hyperémotivité, iisycliasthénie,
obsessions, phobies, imjtulsions, etc.).
La m'idecine légale occupe toute la troisième partie de l’ouvrage.
A côté des notions indispfUisahles pour la pratique de la tfsychiatrie médico-légale
(m'-lecine légahf criminelle, expertises civiles, accidents de travail, psychiatrie rnéflico-
légale infantile, etc.), on y trouvera extfo.sés les élénnmts essentiels de la crimimilogie
mirbiihf. G” livre se termine par un index alphabétique très détaillé qui permet d’ob¬
tenir facilem ml et rapidem mt les renseignements désirables sur une question donnée.
Le caracLè.'e esscntiid de cellff nouvelle édition est celui que l’on trouve actuelle¬
ment dans presque tous les nouveaux ouvrages fhf psychiatrie ; rajiprocher de plus en
plus l’étude des milailies rnmtales fie celle fhî la médecine générale. On ne peut que s’en
téliciter. .Ainsi tend ,è disparaître la cloison qui retenait naguère les a'iiènisles dans un
flounine p,'U accessible à ceux qui ne pouvaient fréquenter les asiles.
.V'ijourfl’hui, commî le. dit justement l’auteur, « un manuel de psychiatrie doit servir
fhf guifle à l’éluilianl ainsi qu’au praticien que les hasards de, la clientèle obligent à y
faire fies incursions épisodiques » .
Réciprorinem mt , la science [fsychiatrique ne peut que bénéficier d’incursions dans
tous les flom ünes fie, la méilecliiff. On peut [irévoir qu’avant peu fdle fffra partie inté¬
grante (i(! cette dernière.
Le livre réfléchi et documenté île M. Rogues de Fursac contribuera certainement à
hâter une fusion désirable à tous égards. R.
Manual da Psychiatrie, |iar ITimrifpie fie nrito Belford Roxo, un volume de 712 pages.
F. Alves, édit., Rio de Janeiro, 1921.
Malgré son apparence volumineuse, le |)résenl ouvrage est bien un manuel ; il demeure
tel en vertu de la clarté et île la précision qui ont présidé à son él.nhoration ; l’auteur s’est
efforcé il’ùtre concis, mais il a voulu aussi être complet. Il s’ensuit que le volume du
prof. Roxo est un guide très sûr pour l’apprenti psychiatre, désireux de piusscr assez
loin des études qui lui sont présentées stu.s la fi rme attrayante d’une science qui court
au progrès. Toutes les vues modernes et nouvelles de la science [isychiairique. sont en
effet envisagées avec le plus grand soin ; les notions étiologiques et la connaissance, de
plus en plus complète qu’on cherche à prenilre des opérations mentales des aliénés
coniluisent sûrement à une thérapeutique de jour en jour plus efficace.
F. Deleni.
M. Paul Baurget, Psychiatrp, par le O' Reine 11. Louge. 1 vol. 1 10 pages, Jouve et
g'®, éditeurs, Paris, 1923.
.\u moment où la littérature, emprunte un si grand nombre, de types â la psychiatrie,
il est inténissant de connaître la valeur scientifique, de ces créations fictives.
L’auteur a recherché flans la fisychologie fies héros fin romancier Paul Bourget la
|)arl des déséquilibres constitutionnels décrits [lar le DThipré. Kilo explique la complexi¬
té des personnages et analyse les fléterminantcs p.sychif|ues de leurs actes.
ANALYSES
471
L’auteur conclut que le romancier est un remarquable analyste psychologique pour
tout ce qui touche a la pathologie Ue l’émotivité cl de l’imagination. R.
Le Dynamisme et la Coordination des actions d’Orientation et d'Equilibra-
tion. Leur étude par les Epreuves Oculo-Vestibulaires de Lombard, jiar
Jean Tarneaud, un vol. «le GO pages avec figures, Librairie L. Ariielle, Paris, 1923.
Les données physiologiques de l’orientation et de l’équililiralion sont relatées dans
cet ouvrage avec clarté et au moyen de schémas intéressants.
Les 6|)reuves oculo-vcstibulaires de Lombard et les relations de l’appareil veslibu-
laire avec l’équilibre dynamique sont cxi)osées en détail.
L’auteur envisage aussi les rapports des canaux semi-circulaires avec le concept de
l’espace et leur rôle dans les figurations estliétiqucs. R.
Cerveau et Fonctions Maternelles, par Carlo Ceni, 2 volumes in-8« de 200 et 300 pages,
avec nombreuses figures. Lattes, édit., Turin-Gênes, 1922.
L’ouvrage porte en sous-titre i Essai de physiologie et de psychologie comparées.
L’auteur suit l’évolution des fonctions maternelles des organismes les plus inférieurs
aux animaux supérieurs, normaux ou expérimentalement diminués par quelque muti¬
lation cérébrale, et en arrive à situer la faculté instinctive de la maternité fort au-dessus
«les besoins organiques et de tous les autres instincts. La fonction maternelle résulte
d’une puissante énergie psychique, irrésistible, immuable dans son degré, infiniment
fl(«xiblo dans ses formes. Elle se. rend complètement indépendante des processus orga¬
niques, mais ne contracte avec les fonctions psychiques que des liens assez lâches. L’a¬
mour maternel, même dans les formes les plus complètes et scs manifestations les
plus élevées, ne saurait être considéré comme un sentiment proprement dit d’altruisme
raisonné : c’est un sentiment qui provient d’un sens de moralité qui est imposé
par la nature et non pas voulu. Il n’en domine pas moins tous les autres sentiments
situés dans l’orbite du'grand mystère de la procréation et se juxtapose aux plus pures
«ipérations du psychisme, sans se confondre avec elles, pour constituer la personnalité
si intéressante de la mère. L. Deleni.
Considérations snr l’Hypotension sur Liquide Céphalo-rachidien, par Albert
Crémieux. Time de Montpellier, 1922.
L’hypotension du L. C.-R. est peu fréquente ; l’auteur l’arencontrée dans deux calé-
tories «le faits bien différents, les hypotensions brusq«ies, le plus souvent chirurgicah s,
et les hypotensions lentes, le plus souvent médicales. Elle i)araît être due, pour les brus¬
ques, â la («erte de liqui«le céphaU)-rachi«lien, pour les hypotensions lentes, à une affec¬
tion générale (cachexie, anémie) ou locale (sclérose ou inflammation choroidienne), «ju
il ces deux causes associées (tabes avancés, P. G. à la «lernière période). Au point de vue
pathogénique, le rôle de la tension veineuse parait important. Au point de vue clinique,
les hypotensions ne se manifestent par aucun symfitôme. Les hypotensions brusques,
au contraire, c«m«lilionnent le plus souvent une céphalé«î à type spécial, survenant sur¬
tout à distance des repas, accompagnée ou non d’autres manifestations plus ou moins
atypiques. Les hypotensions lentes, médicales, sans manifestation clinique, ne sont jus¬
ticiables d’aucun traitement particulier ; le trait«‘menl sera celui de la maladie causale.
Au contraire, les hypotensions brusques, déterminant des symptômes douloureux, et
parfois «les crises convulsives, seront traitées. Traitement jiréventif ; )iositi«)n ventrale.
472
lA’.l/.y.S/i.S
compression abdominale. Traitement curatif ; injection sous-cutanéc de sérum artificic I
à la dose do 250 cc., renouvelable, ou injection intra-veineuse d’eau distillée.
E. 1'.
L'Année Thérapeutique, par L. Giikiimisse, 3“ année, 1922, 20H papes. Masson cl
C®, éditeurs. Paris, 1923.
Troisième, volume de cette collection, résumant des acquisitions tliérapcutiques de
l’année qui vient de s’écouler.
'l'outes les méflications nouvelles, tous les [)rocédés de traitement récemment préco¬
nisés en France et à l’étranger, sont [>asB6s en revue.
L’ouvrage est divisé en deux |iartics. La première embrasse les médications et pro¬
cédés tliérapcutiques nouveaux, classés par maladies et symptômes. La seconde partie
comprend les actualités en matière de méthodes et U^clmiques thérai'eutiques.
Une table alphabétiipie générale permet de retrouver, avec facilité, ce. qui a trait à
clunpie médicament ou procédé comme à chaque maladie ou symptôme.
Au point de vue neurologique, on trouvera dos indications utiles sur Icstrailemenls
appliqués il l’épilepsie ([ihénylétiiylmalonyluréc, tartrate borico-potassique), aux
névralgies (injections profondes d’huile iodée, injections intraveineuses de salicylale
de soude), aux syndromes parkinsoniens (injections du liquide céphalo-rachidien du
malade, injections intraveineuses d’iodure de sodium), enfin à la syphilis. R.
L’Alcoolisme chronique, par Luigi Insabato, un volume de 284 pages, avec 6 figu¬
res en noir et 4 pl. en couleurs. Soc. édit. Libraria, Milan, 1922.
Le travail synthétise tout C(' qui est actuelleiiumt connu de l’alcoolisme chronique.
Les dix premiers cluqiitres envisagent l’étiologie, la pathogénie de l’alcoolisme chio-
niipie et font l’étude de toutes les formes cliniques qu’il conditionne. Le chapitre xi,
traitant de l’anatomie pathologique, a reçu un grand développement ; l’auteur s’esl
efforcé d’ètre complet et il a ajouté la contribution personnelle iriqiortante d’une étude
histologique sur un cas intéressant de pseudo-paralysie alcoolique et d’une vue d’en¬
semble sur 152 vérifications d’alcooliques autopsiés à la clinique. Le livre, est une mise au
point des plus complètes île la neurologie et de la psychiatrie de l’alcoolisme chronique.
Bibliographie étendue. F’. Df.lkni.
La Prophylaxie Rurale dans l’état de Para, par IL G. de Souza Araujo, publica¬
tion du centenaire de l’Indépendance. Vol. I, in-S» de 410 pages, Livr. Gillet,
Bélém, Para, 1922.
Intéressante publication, ornée de nombreuses photographies faisant connaître les
postes et instituts d’hygiène, de [irophylaxie, d’assistance et de protection dans l’étal
de Para. F. Ueleni.
La Prophylaxie de la Lèpre et des Maladies Vénériennes dans l’Etat de Para,
par IL G. de SouzaAraujo, Publication du Centenaire de l’Indé|iendancc et de la
Gonférence américaine de la Lè|)re, Vol. II, in-8'>de 310 p., Livr. classica, Belém,
Para, 1922.
La lèpre sévit au Brésil avec une certaine fréquence ; on compte 1.354 lépreux reci ii-
sés dans l’état de Para. Le présent volume étudie dans sa jiremière jiartie toul
ce qui concerne la lèpre et la lutte contre la lèfire, [irofdiylaxie, assistance aux léjireux,
léiU'oserii's et asiles, thérapeuthique. La deuxième jiarlie du volume envisage la pro¬
phylaxie des maladies vénériennes. F. Df.leni.
SÉMIOLOGIE
ANAL YSES
473
L’Épreuve de l’Indication de Barany d’après les travaux récents (Exposé
analytique et critique), par MM. Barré et L. Reys. Soc. de Neuro-olo-oculisti-
que, Strasbourg, 10 mars 1923.
.M. Reys donne une analyse complète des travaux allemands récents sur l’épreuve
de l’indication et montre qu’on tend de plus en plus à mettre en relief le rôle des lé¬
sions cérébrales dans les déviations do cette épreuve.
M. Barré formule de nombreuses critiques. L’idée basale que le labyrinthe ques¬
tionné no répond qu’après avoir consulté le cervelet est en grande partie hypothé¬
tique ; quelques faits la soutiennent, plusieurs expériences tendent à l’infirmer.
L’idée d’une représentation dans le cortex cérébelleux des différentes articula¬
tions, bien que séduisante, n’est encore basée que sur un petit nombre d’observa¬
tions, valables.
Le syndrome cérébelleux h manifestation labyrinthique de Barany (déviation
spontanée avec absence de déviation provoquée) peut se rencontrer chez des laby¬
rinthiques purs ; le syndrome cérébelleux de Babinski, Thomas, paraît beaucoup
plus spécifique et ne risque guère de tromper.
L’acceptation eue des centres frontaux, rolandiques, pariétaux dans les lésions
pourraient modifier l’épreuve de l’indication semble basée sur des observations
interprétées d’une manière discutable. Depuis le travail de Cl. Vincent, on admet
que l’ataxie frontale est une ataxie labyrinthique vraie. Les expériences faites à
l’aide du refroidissement peuvent tromper, car le froid agit localement et à distance.
M. Barré pense qu’on ne doit admettre qu’avec grande circonspection une partie
des hypothèses proposées récemment. A.
Conceptions actuelles des Troubles Oculo-moteurs associés : Paralysies et
Troubles Toniques, par E. Velter (de Paris). Société de Neuro- oto-oculistique,
Strasbourg, 10 mars 1923.
Les connaissances récemment acquises en neurologie ont permis de séparer du grand
groupe des troubles moteurs confondus autrefois sous le terme de paralysie, des
troubles de motilité dus à des modifications du tonus musculaire et à des perturba¬
tions dans l’appareil régulateur de ce tonus. Les mêmes lois qui s’appliquent au
tonus en général semblent pouvoir être appliquées au tonus des muscles oculo-
nioteur*, et il est possible de concevoir l’existence de troubles de la musculature
associés des yeux en rapport les troubles du tonus.
Les paralysies des mouvements associés des globes oculaires, qu’il s’agisse de
paralysies des mouvements de latéralité — les plus fréquentes — ou do paralysie
des mouvements de verticalité, ne paraissent exister que rarement avec leurs caractères
légitimes : pertes des mouvements volontaires et parfois aussi des mouvements
réflexes — déviations oculaires conjuguées ou non à des déviations de la tête — • diplo-
liie à caractères particuliers — ce sont des troubles relativement rares à l’état de
pureté, ils semblent être l’a|)anage des lésions en foyer de la région pédonculo-protu-
bérantielle et on en connaît les types cliniques, éléments de certains syndromes
alternes. Les lésions qui les déterminent siègent sur les voies cortico-nucléaires et
sur le faisceau longitudinal postérieur, grande voie d’association intermédiaire, sans
qu’il soit besoin de faire intervenir des lésions des centres supra-nucléaires coordina¬
teurs, centres dont l’existence est purement hypothétique, et dont aucune localisa¬
tion n’a pu jusqu’à présent être donnée. Les descriptions simplistes des o nerfs oculo-
17-1
A.\AL YSIiS
«yi’OR», échafaudres sur un scliùiiia purciiKîul pliysiologiquc, doivent être abandonnées
<■11 présence des faits, beaucoup plus complexes, qu’a fournis ranatomic patliolo-
gi(pje sur la constitution des voies oculo-motrices corticales (volontaires) et méso-
céplialiques (réflexes). Mais à côté des troubles paralytiques vrais, il existe — et
probablement bien plus fréciucmmcnt (pi’on ne, l’a cru jusqu’ici, des troubles associés
dus à des altérations du tonus musculaire et à des perturbations de son ajipareil régu¬
lateur. L’abondance dos faits cliniqiU's de syndromes parkinsoniens post-encéplia-
liti([ues a fourni un champ d’exploration très vaste, et leur étude a permis de caracté¬
riser ces troubles et de les ra[iproclier, avec des identités cliniques frappantes, des
autres troubles moteurs observés dans Ces cas ; lenteur des mouvements, rigidité et
hypertonie, |(erte des mouvements automatiques et des mouvements d’attitude,
troubles de l’équilibre staticiue et dynanucpie <les globes sans phénomènes para-
lyti((ues, avec altérations iiré<lominant sur certains monvements associés (latéralité,
convergence). Certains aid,eurs (lJuverger et Barré) sont arrivés à montrer l’identité
de beaucoup de ces troubles avec ceux (pi’on observe dans certaines altérations de
l’appareil lahyrinlhitpie et, comme contre-partie, ils ont trouvé, et d’autres auteurs
avec eux, des troubles de cet appareil chez des malades présentant de semblables
troubles oculo-moteurs. Ce (pi’on sait à l’heure actiudle des centres <‘L des voies du
tonus musculair<‘, et de leurs rapports intimes avec les voies et les centres de l’éqiu-
lihration, permet de concevoir la nature îles trindjles oculo-moteurs toniipies : nys-
tagmus, hypertonie ou hypotonie de la convergence, etc., qui ont souvent des carac¬
tères en apparence paradoxaux, et qui peuvent dériver soit des lésions des centres
régulateurs (noyau rouge par exemple), soit des voies d’association et de l’appareil
lahyrinthiipie en particulier.
Baouf.
Duviîrgkr (C.) et Spi.nnuirny. Almphie npliqite cl Traumalismcn nrhilaircs (Société
de ncuro-oto-oculistique de Strasbourg, H) mars lü<j;i). — M.M. lJuverger et Spinnhirny
rapportent six cas de lésion du nerf optiipic par traumatisme orbitaire observés à la
eliniipie ophtalmologique en 1022. Ces cas s’accordent pour prouver: 1“ Le jiarallélisme
entre la diminution ou la disparition de la vision d’une part, la ilirninution ou la dispa¬
rition du réflexe pupillaire à la lumière d’autre part. 2“ L’indépendance complète
de l’état fonctionnel et de l’aspect du fond de l’icil. 3“ Les modifications ophlal-
moscopiques ont débuté du H» Jour au 30» jour après le traumatisme.
I IlARRé;.
Anémie Parnicieuae à évolution subaiguë révélée par un Syndrome Ataxo-
paraplégique à début rapide, par ANimfs- riiüMAs et Cii. t'oix. ^Irc/i. des mal. du
Cœur-, des Kai.v. ef du Simy, p. -181, juillet 1022.
Le sy.i lromi des flores longues des cordons postérieurs, écrivait Dejerine en 1013,
ii’aiipartient pas en propre à l’anémie pernicieuse ; mais c’e.st là qu’on le rencontre dans
toute la pureté.
Les auteurs ont observé une femme de 42 ans, qui en 1021 présentait des troubles
gastriques, Intestinaux, de la fatigue et de l’amaigrissement ; et ((uelques mois plus lard
des troubles de la marche rapidement aggravés au point que celle-ci devint impossible
au bout de 8 jours. Ataxie prononcée ; signe île Uomherg ; hypotonie articulaire ; force
m isculaire normale ; abolitions îles réflexes achillée.ns ; rotuliens conservés, signe de
Hvhinski ; sensibilité superllcielle intacte ; sensibilité profonde perdue. Héaclion 11. -W.
faiblement positive dans le sang et dans le liquide céphalo-racliidien. Dans ce dernier,
11,8(1 d’albumine, mais pas de lymphocytose.
ANALYSHS
4 75
L’6tat de la malade s’aggrave rapidement; les urines contiennent 0,24 d’albumine-
DanslesangR: 1.400.000, B ; 3.400; polyneutrophiles 66 p. 100 ; polyéosinophiles, 6,3.
grands monos non granuleux, 4 ; lymphocyte, 21 ; myélocytes, 2; hématie nucléée, 1 ; ani-
socytose; poïkilocylose. Il s’agit donc d’une anémie pernicieuse avec réaction plastique
lieu accentuée. Traitement spécifique, moelle osseuse, liémostyle. Mort dans la cachexie
au bout de 3 mois. C’est l’ataxo-paraplégie survenue à un moment oùTétat général était
relativement satisfaisant qui a fait dépister l’anémie pernicieuse ; ies examens du sang
ont confirmé le diagnostic. L’origine de la maladie n’a pu être établie ; aucun parasite
intestinal n’a été révélé par Texamen des selles. L’ataxie a toujours été plus accentuée
que la paralysie ; les sensibilités superficielles n’ont ôté prises que tardivement, lorsque
la lésion a débordé sur le reste des faisceaux antéro-latéraux.
La dissociation albumino-cytologique qui existait dans le liquide céphalo-rachidien
chez cette malade montre qu’il ne faut pas considérer ce signe comme jiathognomonique
d’une iiacliyméningite ou de compression de la moelle à condition toutefois que. le chiffre
de l’albumine n’atteigne pas 1 gr., cas où le diagnostic de pachyméningito paraît s’imposer.
Dans les observations de syndrome des fibres longues publiées par Dejerinc et ses
élèves, l’albumine n’était pas en excès dans le liquide céphalo-rachidien.
Jean Heitz.
Le Cœur Tabétique. Un cas de Delirium Cordis, par A. Nanta. Arch. des Mal. du
Cœur, des Vaisseaux et du Sang, p. 606, sept. 1922,
Le cœur tabétique est rarement arythmique (2 cas d’arythmie seulement sur 90 tabé¬
tiques examinés [lar Hoitz en 1903).L’autcura cependant observé une femme de 64 ans,
grande ataxique avec arthropathie, nombreuses anesthésies, lymphocytose, dont l’a¬
orte était dilatée sans que la malade ait jamais eu de sensations anormales du côté du
cœur ; pression 19-11 (R. R.) ; le pouls variait de 110 à 140 avec une arythmie extrê¬
mement prononcée. Les tracés difficiles è prendre en raison de l’ataxie, montrent qu’il
ne s’agit pas d’arythmie complète puisqu’on reconnaît d’assez nombreux indices d’ac¬
tivité auriculaire; sur le tracé jugulaire comme sur les cardiogrammes on note, entre
les systoles normales, d’assez nombreuses extrasystoles ventriculaires, auriculaires,
et surtout nodales. Il s’agirait d’une sorte de chorée du cœur, comme celle qu’a décrite
Aubertin au cours de la chorée infantile. L’auteur se demande si cette arythmie ne serait
pas liée jusqu’à un certaine jioint aux anestliésies viscérales et profondes, fréquentes
comme on sait chez les tabétiques , et qui s’étendaient certainement au cœur et à
l’aorte, dans l’observation qu’il publie. Jean Heitz.
Evolution Ontogénique des Circonvolutions Cérébrales, par Vignoli. Marseille
médical,' V' irars 1923, p. 225-241.
Etudiant des cerveaux d’embryon et de, fœtus de divers âges, l’auteur suit pas à lias,
face par face, lobe par lobe le <léveloppement des circonvolutions des hémisphères céré¬
braux. Jusqu’au dernier mois de, la vie intra- utérine et bien après la deuxième période
liss-e.ncépliaie, il constate des sillons transitoires qui apparaissent jiour disparaître en¬
suite 011 se transformer. H. Roger.
Forme à Début Hémiplégique de l’Endocardite maligne à marche lente :
Hémiplégie révélatrice d’une Poussée Endocarditique avec Streptococcus
viridans, par IL Roger et .A. Rouslacroix. Comité méd. Bouchea-du-ftliône,
10 juin 1922. Marseille mAf., p. 905-914.
Un malade, atteint d’endocardite mitrale jusque-là bien compensée, fait une hémi-
47ii ANALYSES
plé^id clrnito, qui rétro . èdo onsuito presque complètement ; quinze jours après, sans
cause ap|)récialjle, syndrome myo-endocardilique aigu, avec fièvre, au cours duquel
le streptococcus viridans est isolé par hémoculture. Ultérieurement, poussées l'ébrilos
légères avec hémoptysies [)ar embolies pulmonaires et évolution d’une endocardite à
tendance maligne.
L’hémiplégie a été le symptôme de début de cette reviviscence maligne d’une endO’
cardite [laraissant jusque-là latente. H. R.
Nystagmus Galvanique, par Molinié. Comité méd. des Bouches-du-Rhône, avril 1922,
Marseille méd. 1922, p. 771-772.
f'ràce à une pince siiéciale restant à demeure au moyen d’une fermeture automatique,
l’auteur saisit le manclie, du marteau et, se servant d’un spéculun isolant en ébonite,
peut faire |)éii6trer directement le courant dans l’orclUe et provoquer des vertiges et du
nystagmus en excitant directement le nerf auditif .
Avec une intensité d’un demi à un milliampère, le pôle -f étant à l’oreille (le pôle — ■
au poignet), les secousses brèves du nystagmus frappent du côté opposé à l’oreille
interrogée (c’est l’inverse avec le pôle négatif à l’oreille). H. Roger.
Les Réflexes en Thérapeutique, par Leprincf. (de Nice). Marseille méd., p. 617-537,
1»'- juin 1922.
Réduisant à l’exemple de Bonnier la [)lus grande partie delà pathologie à des troubles
nerveux généralement bulbo-protubérantiels, rnis en branle par des excitations péri-
phériqiu's d’origine réflexe, Leprince rappelle la méthode thérapeutique chinoise par
l’aciiinincturc, la spondylothérapie d’Abrarns, le traitmnent des névralgies par le
massage, la cenlrothérapie nasale (cautérisation du nez) de Bonnier dont il rapproche
la cenlrothérapie oculaire (effets thérapeutiques dus à la compression oculaire du ré¬
flexe oculo-cardiaque), etc... La vaccinothérapie clle-môme agirait par excitation ré¬
flexe des centres nervinix. II. Roger.
Sémiologie et diagnostic dos Tremblements, par II. Roger. Marseille méd.,
p. 405-478, 15 mai 1922.
Après l'analyse du tremblement (siège, amplitude, rythme, circonstances provoca¬
trices ou sédatives, évolution), l’auteur étudie le diagnostic différentiel et surtout le
diagnostic étic logi(|ue. Après b^s tremblements dits physiologiques (frisson du froid ou
de la peur), il classe les tremblements pathologiques suivant qu’ils sont localisés OU
généralisés. Ces derniers peuvent être liés à une affection systématisée au système ner¬
veux (tremblement intentionnel ou au repos) à une intoxication exogène (alcool, Pb.,
etc..) ou endogène (endocrinienne) à une origine infectieuse. Les autres rentrent dans les
tremblements dits essentiels, commotionnels, névropathiques. Un court aperçu . de
physiopathologie termine cette étude. A.
Signes Neurologiques et Forme d’Origine Nerveuse du Syndrome de
Stokes Adams, par II. Roger. Progrès médical, p. 400-404, 26 août 1922.
Après avoir étudié les accidents nerveux de Stockes-Adams d’origine cardiaque, leur
physiopathologie, leur diagnostic qui iiose parfois un problème délicat et leur traite¬
ment, l’auteur étuilie les bradycardies par lésion nerveuse. Tout en reconnaissant que
le plus souvent ces bradycardies totales ne s’accompagnent pas de syndrome ner¬
veux ou simplement ih; viudiges, d(! li|)othymic très passagère, l’auteur croit, à l’cn-
.WALi'SES
477
coiiLi'c de l’opiniuii classique, à l’existence, dans quelques cas exceptionnels, d’un v6ri-
Lal)lo syndrome de Stockos-Adams typique par lésion nerveuse. A.
La Composante Parétique du Trouble Myotonique, par Casimir CnzncnowsKi.
liitll. de l'Académie Polonaise des Sc. Méd., t. 1, fasc. 1, 1921 (texte français).
Dans une étude aiqirofondie d’un cas de myotonie, l’auteur met on évidence des
phénomènes paralytiques qu’il désigne sous le nom de « parésie postinitiale ». C’est
une paralysie qui apparaît à la suite de la première, ou de quelques premières con¬
tractions, qui dure, suivant les circonstances, idiisieurs secondes, et qui disparaît
progressivement, cédant la place à des contractions musculaires normales.
l’armi les différentes épreuves imaginées par l’auteur en voici une partictilièrement
démonstrative :
Lorsqu’on invite le malade à lever le liras, il exécute ce mouvement, mais avant
d’être arrivé à la position verticale, le liras retombe, et jicndant plusieurs secondes
le malade est absolument incapable de le relever ; il n’y arrive que progressivement,
à la suite des efforts répô'és, de plus en plus efficaces ; dès lors il peut le main¬
tenir dans cette position, à jieu près comme un sujet normal. Le même phénomène
sc retrouve dans d’autres épreuves, de même que dans les actes de la vie courante.
Plusieurs ergogrammes pris par l’auteur avec l’ergographe de Mosso illustrent ce
trouble et permettent de l’analyser ; le malade est invité à soulever avec le pouce,
toutes les deux secondes, un poids de 2 kilos. Après une première contraction ncr-
nialc, on veit sur l’ergogramme une ligne droite horizontale, correspondant à la phase
de paralysie ; puis apparaissent des petites contractions qui peu à peu atteignent
l’intensité normale. Dansune expérience faite en hiver, dans une pièce non chauffée,
cette phase de paralysie complète a duré 31 secondes, et ce n’est qu’au bout do
G3 secondes que les contractions ont recouvré leur amplitude initiale. Sur un ergo-
gramme pris au printemps la phase paralytique n’est que de 8 secondes.
Dans d’autres expériences, le malade devait faire un effort continu et maintenir
le poids soulevé ; l’ergogramme montre, après une ascension initiale, un abaissement
(pli atteint parfois le niveau de départ ; ce n’est qu’après 6 secondes que la courbe
commence à remonter progressivement. Le même tracé, avec abaissement et reprise
ultérieure do la contraction, fut obtenu jiar excitation d’un muscle avec le courant
faradique tétanisant.
Notons enfin que, sur certains muscles, on constate ajirès la iircmière contraction,
une inexcitabililé mécanique et électrique passagère.
En parcourant la littérature, on retrouve cette « parésie postinitiale» presque dans
tous le» cas de myotonie ; mais les auteurs n’en ont pas reconnu la signification
exacte.
Le plus souvent, on l’a interprété comme conséquence de la contraction myotonique.
Tel n’est pas l’avis de M. Orzechowski. Le fait qu’un bras relevé retombe aussitôt
ou qu’un dynanlomètre serré fortement au début, ne peut iilus être actionné pen¬
dant un certain temps, indique qu’il s’agit bien d’un trouble paralytique. De niênie,
dans les ergogrammes de l’auteur, où la décontraction du muscle était assurée par
la charge, l’absence de contraction pendant la pliase iiarétiipie ne peut être attribuée
à la persistance de la contraction.
.\ussi dans les courbes prises |iar l’aiisiiii qui a insisté sur le « triangh^ de contrac-
lure », à la base du tracé des contractions, l’auteur indique en liant du tracé la iiré-
sence d’un «triangle de jiarésie». Il s’agirait donc de deux troubles distincts, dont le
premier (contracture) [laraîl Iradiiire une perturbation de la fonction du sarcoplasma,
l’autre (parésie), indiquant une atteinte do niyo fibrilles. Ces deux troubles peuvent
VIS AL YSES
s’associer dans des proportions variées, créant des formes de myotonie différentes ;
mais ils appartiennent, tous les deux, (m propre à cette affection.
L’auteur croit donc (pie c’cist à tort (pi’on attribue parfois les troubles paréticpies
des myotoni([ues à une myasthénie associée.
Par contre, la « parésie postinitiale »« (lui est accompagnée d’inexcitabilité muscu¬
laire, mérite d’être rapprochée de la paralysie périodicpie et de la paralysie de froi¬
deur (paramyotonie de Lewandowsky). Comme pour ces affections, la localisation
anatomiipie des troubles de la myotonie doit (Hrerechercliée dans le muscle, lui-même.
J. .Jamkowsi.
Easai d’une Synthèse de certains Troubles Extra-Pyramidaux,
[lar G. OnzKcnowsKi (de Varsovie). Neiiruloijia Pnlalca, t. G, 1922.
La diffusion du processus inflammati ire de l’encéphalite létiiargi(jue contrasle
avec l’absence de signes habitueis de lésion du système nerveux ciuitral ; cette [larti-
cularité fait supposer à l’auteur que cette affection exerce une action nocive par une
toxine, détruisant d’une manière éleclive les éléments du système extra-iiyramidal.
En se plaçant de ce point do vue, l’auteur rejette la théorie de la [lersistance du
virus encéphalitique et essaie d’expliquer l’évolution des phénomènes postencépha-
litiques par l’hypothèse suivante :
De même que dans les lésions graves du système pyramidal l’affection débute fré¬
quemment par une paralysie flasque, à laquelle succède ensuite une, paralysie spas¬
modique, de même l’encéphalite épidémique peut [provoquer au début une a paralysie
flasque du système cxtrapyramidal ». Celui-ci étant avant tout un organe de tonus
dépendant du sarcoplasma, on a affaire ici à une paralysie, flaspjue, du sarcoplasma,
se traduisant [par de l’instabilité motrice, de l’asthénie, de l’hypotonie, [Par l’absence
des réflexes antagonistes et de [posture, etc., c’est-à-dire [par le syndrome choréique.
.\ cette |phas(p, succède la [phase de [paralysie spasmodique (hypertonique) du système
extra-ipyramidal : l’exagération des réflexes des ne.uroncs cxtra[pyramidaux inférieurs,
l’e.xagération des réflexes profonds, des réflexes antagonistes et de posture, l’aiPlPa-
rition des phénomènes [pseudo-myiptoniques, etc., amènent 1(p tableau cli'iique du
syndrome [parkinsonien.
Il est donc inutile de su[p[poser l’a[P[parition de nouvelhps lésions [pour ex|Pliquer
h( succession de ces états morbides, ce ne sont là que deux [phases, l’une flasque, l’autre
hy[pert(pni([ue d’une [paralysie sutllsamment [profppiide des neurones extrapyramidaux
supérieurs.
Mais, dans les cas moins graves la [phase flaspjue, tout comme dans les lésions
[pyramidahps, [peut faire défaut, et rhy[pert()nie [peut s’installer d’emblée : ce. sont les
états « |pseud(p-létbargi((ues » ([ui n’auraieipt rien de c(pmniun ipveo le, vrai sppinmeil et
ne seraient que « [parkinsppnisnnp aigu ». L’hy[p(Pthèse, d(p l’atteinte d’un centre s[pécial
du sommeil [paraît à l’auteur dé[P((Urvue de tout f(pnd(tment.
Dans le mônup ordre d’iih’-es, l’auteur cipnsidère lesmyoclonipps (pncé[phalitiqucs comniP'
[Phénomènes d’excitation des cppntres extra|pyramidaux isolés, analogues aux crises
jacksonieiines.
Le système extra-pyramidal étant en relali<pn avec le. système nerveux végétatif,
les lésippns (h> celui-là sont fréquenniienl nccppm|pagnées de tr(publ(ps vaso-moteurs, tro¬
phiques (pt sécrét(pires, et ppn [peut se demander si les [phétupmèiies t(ds (|U(p la sclércpse
hé[Pi(ti([ue de Wilson et l’anneau [périciprnéen de b'ieischer iup re[présentcraicnt piis
des troubles sec(pndaires, e,(pnséeutifs aux lésippns plu systèmpp extra-[pyramiplaL
Enlin, l’antpMir souligne h-s reiations p[ui existpuit entrp' Ipp système P’xtra-|pyramidal
ppt lp‘s fppnctions psychi(|ues : 1p‘ brady|psychisme pIp's [ppprkinsppiiiens, l’excitation
ANAL YSFS
479
psychique tics choréiques dénotent un parallélisme entre les troubles moteurs et l’état
l)sychique. Cette invasion des troubles dans les états psychiques paraît constituer
un caractère propre aux lésions du système pyramidal.
.1. Jarkowski.
OUVRAGES REÇUS
Patrizi (M. L.), La irreallà dei conlri nervosi. Un vol. in-8° de 210 pages.
Cappelli, édit., Bologne, 1023.
Petricn, Le Irailemenl du diabète grave.^\'« congrès français de Médecine.
Petrén, Etudes sur ta question du N. minimum, chez tes diabétiques. Acta
med. scanilinavica, 1923, p. 101.
Petrén, Sur ta question du traitement diététique dans te diabète grave. Acta
med. scandinavica, 1923, p. 112.
Petren (Karl) et Otterstrom (Edith), Sur la question de V étiologie et
de la palhogénie de la sciatique. Acta med. Scandinavica, t. 55, n» 6, 1921.
Pfeifer, Le cerveau humain. Engelmann, édit., Leipzig, 1921.
Piéron (Henri), L'année psychologique, 22® année (1920-1921), 1 vol. in-8°,
008 p., F. Alcon, édit., Paris, 1922.
Reys (Louis), L'encéphalite épidémique. Thèse de Strasbourg, Maloine,
édit., Paris. 1922.
Hietti (Fernando), Paralisi del muscolo grande denlato consecutiva ad
encefalile lelargica. Rivista critica de Clin, méd., 1921, n® 7.
Rietti (Fernando), / sinlomi del crurale netla si atica. Rivista di Patol.
nervüsa e mentale, sept.-oct. 1922.
Riquier (Giuseppe Carlo), Sulla frequente postivita delta prova di Fischer
[reazionc delta fenilidrazina) nette urine di soggeili trallali con dose terapeutiche
di arsenobenzoli. Bollettino délia Soc. méd. chir. di Pavia, 1922, n® 5.
RigmER (Giuseppe Carlo), Osservazioni suU'impiego degli arsenobenzoli
nella lerapia delta neurosifdide. Rollellino délia Soc. méd. -chir. di Pavia, 1922,
n® 6.
Rizzo (Cristoforo), Ueazione di Wassermann e melodi a precipilazione col¬
loïdale net liquida cephalo-rachidiano dei neurosifilitrici. Cervello, an II, n® 5,
1922.
Roccavii.i.a (Andrea) Refleltività gaslrolabirinlica e labirintogaslrica.
Conlributo alla fisio-palologia ed alla cliniea delle connescioni fra apparechio
digerenle. e veslibolo labirinlieo. Riforma med., t. 38, n® 15, 1922.
Rossi (Ottorino), Noie cliniche sulV encefalile epidemica con spéciale
riguardo ai sinlomi del periodo lardivo. Rivisla di Palologia nervosa e men¬
tale, Gennaio-Aprile, 1922, fasc. 1-4.
Rossi (Ottorino), Conlributo alla conoseenza dcll'analomia palologica
delta distrofia musculare. Rivista di imtologia nervosa e mentale, Gennaio-
Aprile, 1922.
Rossi (Ottorino), Lesione del corpo calloso senza aprassia, Rivista di
Patologia nervosa e mentale, Gennaio-Aprile, 1922.
Rossi {Oiiovino), Paraplegia improvvisa net decorso di tumori dellacolonna
verlcbrale [mieloma, sarcoma), Alli del N’ Congresso délia Soc. llaliana di
Neurol. 19-21 octobre 1921. Riwisla di Pal. nervosa e mentale, janv.-avril
480
ANAL VSES
Salmon (Alberto), Su la genesi delV iperlonia muscolare a lipo parkinso-
niano. Cervello, t. 1, 1922, no 3.
Salmon (Alberto), Il diabele insipido. Sludio su la sua palogenesi. Stu-
dium, t. 12, 1922, n» 9.
Salmon (Alberto), Sulla palogenesi délia conlrallura d’origine piramidale.
Rivista spcrimcntale cli freniatria. Vol, 66, fasc. 3-4, 1923.
Salmon (Alberto), Sul meccanismo délia hradicinesia posl-encefalilica a
lipo parkinsoniano e délia sua Iransiloria sparizione [ccnesia paradossale).
informa medica, t. 39, n» 6, 1923.
SAMA.IA (Nino), Morho di Hirschsprung e nanismo ipoflsario. Note e
Riyiste di P.sichiatria, 1920, n® 3.
Sama.ja (Nino), Gozzo e paralisi del sinipatico cervicale eredilari e familiari.
Hivista di Pat. nervosa e mentale, t. 25, no 9-10, 1920.
Samaja (Nino), Quando cessa la conlagiosila dell'encef aille lelargica ?
Note e Riviste di Psichiatria, 1921, n® 1.
Sama.ia (Nino), Segno di Arggll-Hoberlson e ganglio ciliare. Note e Riviste
(11 Psichiatria, 1921, n» 2.
Sama.ia (.Nino), Segno di Arggll-Iioberlson unilalerale non sifililico. Note
c Riviste di Psichiatria, 1921, no 2.
Samaja (Nino), Insufficienza ipofisaria con missedema e sindrome di Ber-
nard-Horner. Riv. sper. di Freniat., t. 44, no 3-4, 1921.
Samaja (Nino), Caso clinico di dissoc'azione palologica fra i due lobi
delVipofisi. Rivista sper. di Freniat., t. 44, no 3-4, 1921.
Samaja (Nino), Meningile sifililica acuta in adulli lubercolosi. Rassegna
di Studi Psicliiatrici, t. 10, no 3-4, mai-août 1921.
Sama.ia (Nino), Deformilà congenile e anormalie ipofisarie in un gcnello.
La (ihinirgia degli Organi di Movimento, t. 5, n» 6, l'évr. 1922.
Samaja (Nimo), Pupilla e respira. Note e Riviste di Psichiatria, 1922,0° 2.
Sauvinhau, a propos des centres supra-nucléaires el du nysiagmus.
Revue générale d’Ophtalrnologie, n" 8, août 1921.
Skiuia (tliovanni) e l'’EnnARo (Armando), Conlribulo alla chirurgia radi-
colare. l.a Cliirurgia degli Organi di Movimento, t. 6, n» 3-4, 1922.
SiMONPiETRi,Le sonéryl [bulil-élhyl-malonyl-urée). Elude chimique, pharma¬
cologique el clinique. Presses universitaires, Paris, 1923.
SouzA Araujo (IL C. de), Aprophylaxia rural no Eslado de Para. Cen-
lenario da Independeneia, vol. I. in-S», 410 [i. I.iv. Oillet, Para, Belem, 1922.
SouzA Araujo (IL C. de), A propliylaxia da lepra e das doenças vcnereas
no Eslado de Para. Centenaria da Independeneia, vol. II. in-B®, 310 ])., Liv.
LIassica, Para, Belem, 1922.
Tanzi (Fugenio) et I.uoaro (Frnesto), Trallalo delle malallie mcnlali.
Vol. I. Troisième édilion. Un volume iri-8o de 690 [i. avec 148 iig.. Soc. édit,
libr.. Milan, 1923.
Tarneaud (Jean), Le dynamisme el la coordination des actions d'orienla-
lion el d'équilibralion. Brochure de 66 p., Arnette, édit., Ibiris, 1922.
Tarozzi (Oiulio), .Sulla encefalile non suppuraliva e la cosidella encefalilc
lelargica. Osservazioni e ricerche, analomo-palologiche ed ezioloyiehe sulla
epidemia veri ficalasi in Modena nel décembre- gemmaio 1919-1920. R. Acad,
di Sc. l.ett. e Acli di .Modena, 14 juin 1921.
Tarozzi (Oiulio), Encefalile non suppuraliva segnila ad eresipela da
ferila Iraumalica al c.apo. Riforma med., t. 38, n° 36, 1922.
Le Gérant : J. CAHOUJAT
i. — Société rraii(.'aiüe (l’iinprinieiir.
Tome II. N° 6
Décembre 1923
REVUE NEUROLOGIQUE
MÉMOIRES ORlGlNAUX4.5îrx
NEUROLOGIE
I
ÉTUDE CLINIQUE ET ANATOMO-PATHOLOGIQUE
D’UN CAS DE MALADIE DE RECKLINGHAUSEN
AVEC TUMEUR ROYALE AU NIVEAU DES
BOURSES.
Robert CLEUET,
Préparateur d’Aualomie Pathologique.
Pierre INGELRANS,
Moniteur de Clinique chirurgicale
infantile.
Travail du Laboratoire d’ Anatomie Pathologique de la Faculté de Médecine de Lille.
La pièce dont il est question dans ce travail provient du service de notre
maître, M. le Professeur Le Fort, où elle aété envoyée par le docteur Qué-
née de Béthune (Pas-de-Calais). Elle nous a paru intéressante et nous
avons recueilli l’observation du malade. L’étude anatomo-pathologique
de cette pièce a été faite par l’un de nous sur les conseils et sous la direc¬
tion de notre maître, M. le Professeur F. Curtis.
Voici d’abord l’observation (15 mars 1923).
Il s’agit d’irti enfant porteur d’une volumineuse tumeur du scrotum, d’autres petites
tumeurs disséminées et de zones do pigmentation anormale. La pigmentation et les
tumeurs existaient à la naissance et n’ont point évolué jusqu’à ce jour.
Le sujet est entré à l’hôpital do Béthune le 4 décembre 1922. Dans scs antécédents
héréditaires, on ne trouve absolument rien à signaler, à part l’éthylisme du
père. Il est le dernier-né d’une famille de 9 enfants ; la mère a très bien supporté cette
neuvième grossesse. L’enfant s’est présenté par le sommet ; une application facile de
forceps a rapidement terminé l’accouchement.
L’existence de cette volumineuse tumeur a été constatée à la naissance. De formé
sphérique, elle était rattachée au corps de l’enfant par un large pédicule comprenant
le périnée depuis le voisinage de l’anus jutqu’à la racine de la verge qui s’y enfouissait.
Elle descendait à ce moment jm qu’aux genoux ; peu à peu le pédicule s’étira et s’amin¬
cit do telle manière qu’au moment de l’opération la tumeur arrivait à mi-jambes et de
sphérique elle était devenue ovoïde.
La peau, brunâtre et rugueuse, est creusée de sillons. La tumeur est de consistance
BEVUE NEUBOLOGIQUE. — T. V, N“ 6, DÉCEMBEE 1923. 31
482
EOnEIir CLEVEr et pieure ingelbans
im'if'alp : par plaças les doigts s’enfoncent profonddnKmt dans un tissu mou ; on remontant
ilii pôle inférieur le long de la paroi latérale droite, on perçoit au contraire une nappe
dure donnant l’impression d’un boiidin de 10 cm. de, longueur. Dans le prolongement
lie ce boudin on sent un autre noyau du volume d’une grosse noix qui semble indépen¬
dant du reste de la tumeur. Dans ce .scrotum énorme et infdtréjOnne sent paslcs testicules.
Mais ce n’est pas tout : outre cettcénorme tumeur scro taie, l’enfant présente d’autres
tumeurs moins volumineuses dans différentes régions. L’une d’elles, du volume d’une
amande, ])édiculéc et de couleur rosée, siège à droite sur le bord externe du grand droit;
la pal]iation la révèle mollasse et indolente. D’autres végétations sont disséminées sur
le reste de l’abdomen, en particulier autour de la racine, de. la verge où elles forment
Enfin il faut signaler une pigmentation anormale de l’ab¬
domen et de la racine des cuisses (fig. 1.). Elle s’étend d’une
ligne passant en haut à deux travers de doigt au-dessus de
l’ombilic jusqu’à trois travers de doigt au-dessous des plis
inguinaux. C’est une sorte de caleçon brunâtre. La peau de
couleur chocolat est plissée, creusée de sillons et quelque peu
rugueuse, elle est épaisse mais mobile sur les plans profonds.
Elle s’amincit dans la région pubienne ; la pigmentation y
(est aussi moins accentuée ; au contraire, à la racine des
cuisses, elle est plus foncée, plus rugueuse, plus épaisse
légèrement surélevée.
On voit encore des nœvi à la face et dans le cuir chevelu ;
à l’épaide gauche on remarque un nenvus pilou.x do la dimen
sion d’une paume de main ; un autre siège à la partie supéro-
externe du brasdroit. La palpation des troncs norveuxne révèle
l’existence d’aucun névrome sur leur trajet.
Pourtantl’enfant s’est dévelopjiénormalement et il se porte
bien. Nourri au sein, il aaugmenlé régulièrement de poids.
On ne not(( aueun trouble du côté des différents appareils. Le
systènu! nerveux paraîl indemne, la sensibilité semble normale
au niveau des différentes taches pigmentaires : l’enfant sent
bien la idqiôro et il se défend. Les facultés intellectuelles se
développent normalement, il s’intéresse à ce qui se pas, se
autour de lui et ses yeux sont expressifs.
C’est à l’ûge de neuf mois que l’ablation do la tumeur
scrotale a été pratiquée . Le li.ssu était peu vasculari.sé et l’opération fut pour ainsi
dire blanche. Les testicules se trouvaient en situation normale dans une vaginale
saine. Des bourses furent reconstituées, les suites opératoires furent bonnes. L’enfant
est actuellement âgé de 1 1 mois et en bonne santé.
lin face d’une afïeclion congenilalo caracl(;ri.sée par des tumeurs mul-
I iples dont l’une volumineuse, prépondérante, ayant pour siège les bourses,
et {»ar des zones de pigmentation, nous avons pensé qu’un examen histo¬
logique présenterait le jilus grand inlérêt , car nous inclinions vers le dia¬
gnostic de maladie de Hecklinghausen malgré l’absence de tumeurs sur
le trajet des Ironc' nerveux. I.e laboratoire est venu confirmer pleinement
notre liypolhèsc et nous a ai»porlé des docurnenls extrêmement intéres¬
sants sur la conslilulion de ces tumeurs.
EtCDK ANATOMO-l’ATIIOLOGIQUK.
Examen macroscopuiue. — Le scrotum enlevé se présente sous forme
ÉTUDE D’UN CAS DE MALADIE DE BERLIN GH AUSEN 483
■'l’une grosse masse arrondie ayant à peu près le volume des deux poings.
11 pèse 500 gr. Ses dimensions sont les suivantes : diamètre vertical, 9 cm.5,
transversal, 11 cm, antéro-postcüeur, 9 cm. Toute la surface cutanée est
fortement plisséc et ridée, parcourue par des sillons limitant de petits
champs losangiques. Elle prend un aspect pachydermique.
Tel est l’aspect après fixation au formol. La pièce fraîche, d’après les
indications des chirurgiens, était plus volumineuse encore. Elle attei¬
gnait le poids d’environ 1 kilog. et un volume beaucoup plus considé¬
rable. Les téguments présentaient déjà à ce moment l’état ridé qui persiste
et s’exagère après fixation.
Fig. 2. — Photograpliie de la tumeur.
La diminution de poids et de volume ne peut être attribuée qu’à l’écou¬
lement d’une grande quantité de liquide d’œdème après, ablation de la
pièce. Notre figure 2 représente la tumeur dans son état actuel après fixa¬
tion au formol suivi d’alcool faible.
A l’incision, on constate tout d’abord que la tumeur se compose de
deux parties distinctes. La supérieure, occupant à peu près la moitié de
la masse, est formée par une peau très épaisse doublée d’un tissu conjonc¬
tif lâche formant une collerette qui limite une dépression dans laquelle
devaient être logées les vaginales. Dans toute la moitié inférieure, au con¬
traire, la ma^^se est compacte, formée par une épaisseur de derme et de
tissu conjonctif qui atteint environ 4 à 6 cm. Une coupe faite à travers
cas tissus den.ses laisse voir çà et là de petit (!s cavités kystiques. L’épi¬
derme forme un liséré très aminci à la surface au-dessous de laquelle
derme et tissu conjonctif sous-cutané sont fusionnés en une nappe conti¬
nue qui ne permet plus guère de distinguer les limites de l’une et de l’au-
484
ROBERT CI.EUET ET PIERRE INGELRANS
trc couclie. Cependant, la présence de nodules adipeux' dans les parties
tout à fait profondes indique que le tissu sous-cutanc est bien compris
dans la masse.
Examen microscopique. — Des coupes ont été pratiquées :
P Dans les couches profondes répondant au tissu cellulaire sous-cutané;
2° Dans les régions répondant au derme et à la surface cutanée.
1“ Tissu con/oncii'/ set«-c(iîoac. — Lc.s coupes à lacelloïdine faites dans cette rôgioti
montrent que tout le tissu conjonctif sous-cutané est formé par un système de faisceaux
<le fibres lamineuses entre-croisées en tous sens sur lesquelles sont appliqués des fibro¬
blastes en série plus ou moins régulière. Ce qui frappe au premier abord, c’est que les
Fig, 3. — Le tissu cellulaire sous-cutané vu à un faible grossissement (inclusion à la cèlloïdine).
On remarque la dissociation du tissu par l’oedème, la présence dequelqucs vaisseaux et de plu¬
sieurs névromes de formes variées. Grossissement : 13/1 .
faisceaux de fibres sont en beaucoup de points fortement dissociés, décomposés en
fibrilles très minces entre lesquelles existe un ex.sudat grenu. En certains points, les
fibroblastes sont comme isolés, dispersés au milieu de paquets de fines fibrilles colla¬
gènes, indiquant nettement qu’il existait un œdème inlerstiiiel considérable disséquant
pour ainsi dire la trame conjonctive de cette région. Cet aspect dissocié est particuliè¬
rement bien représenté dans la figure 3 où l’on voit de larges espaces clairs parcourus
]iar quelques fines fibrilles et i)arscmés de cellules isolées. C’est ce qui donne à cette
préparation une sorte d'aspect de dislocation qui n’est pas dû — comme on pourrait
le croire — à une rétraction des tissus par les réactifs, mais bien à une infiltration patho¬
logique de licpiide. C’est précisément pour éviter les aspects artificiels que les frag¬
ments ont été inclus et coupés à la celloïdine q\ii évite en général des rétractions que
donnent les procédés à la iiaralllne.
Ce tissu conjonctif se condense toutefois en certains points, surtout autour.des vais¬
seaux, (pii sont nombreux. Le tissu conjonctif forme de véritables anneaux concentri¬
ques autour des orifices vasculaires (veinules ou artérioles) et c’est dans les espaces
intervasculaires surtout qu’il se montre dissocié iiar l’oedème.
ÉTUDE D’UN CAS DE MALADIE DE BERLIN GH AUSEN
485
On trouve dans toute l’étendue des coupes, réparties dans la trame conjonctive,
toute une série de formations d’aspect étrange, ne rappelant rien de l’état normal et
qui sont en relation directe avec les ramuscules nerveux. Ce sont de véritables névromes ,
très nombreux, disséminés sans aucun ordre apparent, de toutes dimensions : petits,
moyens, énormes parfois et dont la structure est assez complexe. Leur nombre est
considérable. On en compte environ 37 pour 10 millimètres carrés, mais leur répartition
est forcément un peu inégale ; d’un millimètre carré à un autre on peut en trouver de
6 à 2, Les plus volumineuses de ces formations ont une forme allongée en boudin étran-
-glé par une série d’encoches et ressemblent à de petites masses ficelées. Tantôt le né-
vrome est formé d’un seul tronc mesurant jusqu’à 560 p. de long, c’est-à-dire environ
un demi-millimètre, visible par conséquent à l’œil nu et remplissant tout le champ du
microscope ; tantôt le tronc est coudé, pelotonné sur lui-même ou, lorsqu’il est coupé
Fig. 4. — Névromc du type pseudo-moissnérien : aspect boudiné avec dos étranglcments.Gr. : 70/1
transversalement, constitué par une série de champs arrondis, très irréguliers, souvent
réunis entre eux par des languettes étranglées (fig. 4). Par ordre de grandeur on trouve
de ces fofmations ayant 320 , 150 p, 80 p, enfin des petites qui n’excèdent pas 40 et
même 30 p.
Les gros névromes sont tous construits sur le même type. Ils sont formés d’une série
de lames amorphes, empilées les unes sur les autres et présentant ainsi toutàfait l'as¬
pect d’une pâte feuilletée. Ces lamelles, dans un même névrome, se trouvent disposées
suivant différents systèmes d’orientation. Quelquefois deux ou trois systèmes divisent
le peloton total du névrome en autant de champs distincts ; d’autres fois au contraire
tout le névrome est formé d’un seul empilement de lamelles parallèles.
Observées à un plus fort grossissement, les lamelles, sur des préparationscoloréesau
picro-ponceau, montrent sur leur tranche une légère coloration rouge et dans le reste
de leur étendue une teinte jaunâtre. En faisant varier le point on peut parfaitement sui¬
vre et voir plonger les lamelles dans la profondeur delà coupe et l’on distingue en môme
temps dans leur épaisseur un système de fines fibrilles collagènes, disposition rappelant
en tous points les lamelles amorphes décrites par Laguesse (1) dans le tissu conjonctif.
(1) E. Laguesse. Archives de biologie, tome 31 (1921).
ROBERT CLEUET ET PIERRE INGELRANS
A la surface même des lamelles sont plaqués des noyaux ovoïdes do’G_à de diamètre,,
prenant fortement l’hématoxyline, vus tantôt de champ, tantôt à plat suivant l’orien-
Fig. 5. — Névrome du type psoudo-mcissnérien laissant voir à un fort giOtsisfcnicnt. sa structure
lamellaire Gr. ; 180/1.
lation des lamelles qui les supportent. Ainsi constitués, ces'^nèvromes (fig. 5) rappellent
tout à fait l’aspect d’un corpuscule de Meissner à plusieurs lobules. Le tissu conjonctif
Fig. 6. — Petit névrome du type pscudo-paccinicn. Gr, : ;;20/l.
périphérique se condense légèrement autour de. ces formations, rmvoie yà et hi quelques
petites cloisons à leur intérieur, mais sans jamais les diviser entièrement.
'* Ce qu’il y a de remarquable, c’est qu’en général on ne trouve aucun tronc nerveux ni
aucune cellule nerveuse à l’intérieur de ces névromes. Malgré le grand nombre de pré-
ÉTUDE D’UN C/IS DE MALADIE DE ItEKLINGIlAUSEN 487
parations que nous avons passées en revue, ce n’est q\ie rarement que nous avons vu
un troncule nerveux venir se mettre en continuité ou en contact tangentiel avec eux
et encore, comme nous le dirons plus loin, ces troncs nerveux sont-ils toujours forte¬
ment altérés. Pour la recherche des éléments nerveux, nous avons employé les colora¬
tions du Wcigerl-myéline, la nitratation, le jirocédé de Kaplan (1) au fer et bleu d’an-
thracène, et par aucun de ces procédés il n’a été possible de déceler de vestiges ni
de fibres à myéline, ni même de cylindres-axes dans l’interstice des lamelles.
La rareté des troncs nerveux décelables comme tels démonlrc évidemment que /es
nérromes en qiiesUon ne sont nuire chose que Us nerfs eux-mêmes, prnfondémenl altérés
par une hyperplasie de leur gaine larnelleuse.
A côté des formations que nous venons de (iécrire, il en existe d’autres, constituées
également par un système de lamelles parsemées de noyaux, mais disposées d’une façon
Fig. 7. — Troncule nerveux en coupe longitudinale et transversale laissant voir quelques vestiges
do cylindrcs-axcB (coloration au Wcigert-myélinc) Gr. : 180/1.
beaucoup plus simple en couches presque concentriques (fig. 6). Cette forme, de né-
vromo s’oÉserve surtout sur ceux de petites dimensions, de 30 à 40 pi par exemple, et
elle reproduit l’aspect d’un corpuscule de Paccini. Le centre est ordinairement occupé
par une ou deux cellules et pas plus ici que dans les gros névromes simulant les corpus¬
cules de Meissner on ne peut metre en évidence un élément nerveux.
En résumé, il existe dans ces coupes deux types de névromes que l’on pourrait
appeler l’un pseudo-paccinien, l’autre pseudo-meissnérien.
Il existe cependant dans ces régions des troncules nerveux encore reconnaissables,
■bais ils sont très rares et en tout cas profondément altérés. Ce sont des petits troncs
■besurant environ 40 pi de large, tels que les représente la ligure 7 à un grossissement
de 180 diamètres ,où l’on voit nettement les coupes longitudinale et transversale de
l’iin d’eux. Le petit nerf est formé surtout par une série de noyaux ovales, ù grand axe
longitudinal de 15 pi environ, qui paraissent plaqués sur un système do lames amorphes
•lans lesquelles cheminent des éléments fibrillaires. Au milieu de ce système, par des
(1) Kaplan. Arch. fur. psychiatrie, t. 35, 1903.
ROIiERT CIÆUET ET PIERRE IN GELRAN
procédés de coloration électifs du cylindrc-axc et de la myéline, nous avons pu mettre en
relief leurs vestiges (Méthodes de Kaplan et de Weigert). Dans la figure 7, on voit nette¬
ment des cylindre-axes sous forme de petits traits noirs légèrement renflés par places
dans la coupe longitudinale cl sous forme de points noirs isolés dan-- la coupe transver¬
sale. Ces minces filets à trajet plus ou moins onduleux laissent voir que le cylindrc-axc
a subi la transformation variqueuse, car il présente çù et là de petits renflement irré¬
guliers sur son trajet.
A part CCS éléments, on ne retrouve dans ces nerfs aucune fibre à myéline intacte.
Les colorants de la myéline (Weigert) montrent toutefois que les cylindres-axes décelés
parle bleu d’anthracène sont encore pourvus d’un très mince manteau myélinique dis¬
continu. Les troncules subsistants et reconnaissables sont donc modifiés profondément
par la prolifération issue du périnèvre qui ôloulîe presque complètement l’élément
Fig.'S. — Vaisseau lymphatique oblitéré par un bourgeon parti de la paroi àlaquellc ilrcste rattaché
par un pédicule traversé par un ea pilla il e. (!i. : 110/1.
nerveux. Ils sont atteints d’une véritable endonévrite avec destruction plus ou moins
avancée des fibres nerveuses. Il n’est donc pas étonnant qu’on ne trouve plus trace de
celles-ci dans les névromes complètement développés.
Le système lymphatique présente dans le tissu conjonctif sous-cutané toute une série
(le modifications. A côté des névromes décrits, on observe en effet de grandes fentes à
contours irréguliers mesurant jusqu’à 120 et 130 (x de large, parfois très longues, dépas¬
sant le champ du microscope et tapissées d’un endothélium très aplati, mais par places
encore nettement reconnaissable. La nature de ces fissures ne peut donc laisser aucun
doute : il s’agit bien de vaisseaux lymphatiques dilatés. Ils sont d’ailleurs vides, ren¬
ferment tout au plus quelques petits coagulais albumineux, mais pas d’éléments figurés.
En d’autres points, on tombe sur la coupe transversale do canaux lymphatiques
revêtus encore de vestiges d’endothélium et bordés d’une zone très nette de collulee
conjonctives dont les noyaux bien visibles forment comme un manteau pôriphèriqus
autour de la section vasculaire. Il existe en somme en ces points dos signes de périlym-
phaiigile chrunique. De plus, dans ces vaisseaux ainsi décrits, on voit çà et là un gros
bourgeon (flg. 8), formé de fibroblastes étroitement lassés les uns contre les aulres-
enlre lesquels cheminent quelques fines fibrilles conjonctives. Cos bourgeons, lorsqu’os,
dsesuil une série de cou, se rattachent en certains points à la paroi môme du vaissean
ÉTUDE D’UN CAS DE MALADIE DE REKLINGHAUSEN
et l’on peut alors constater que souvent un petit oapillaire pénètre par ces pédicules
sans l’intérieur de la masse cellulaire (fig. 8). On se rend ainsi compte que ce bourgeon
endolymphatique, qui parfois amène presque l’oblitération du vaisseau, n’est autre
chose qu’une prolifération conjonctive issue de la paroi et proéminent dans la lumière
vasculaire.
Si la coupe ne passe pas exactement par le pédicule d’adhérence du bourgeon, celui-
ci parait alors presque libre à l’intérieur d\i vaisseau lymphatique. Il peut se présenter
sous des aspects plurilobulôs ou bilobulés, comme dans la figure 9. Celle-ci représente
la section d’une masse bourgeonnante au niveau d’une bosselure qui laisse apparaître
dans la coupe deux champs cellulaires séparés par un pli dans lequel se continue la
lumière vasculaire. On peut en effet constater àunfort grossissement que l’endothélium
lymphatique revêt aussi bien la surface externe que la surface de séparation des deux
Fig. 9. — Autre aspect d’un bourgeon ondo lymphatique. La coupe passe au i ivcau d’une bosscluie
du bourgeon qui .se trouve divisé on deux portions tapissées sur toutes leurs faces par un endo¬
thélium qui n’est autre que celui de la paroi que le bourgeon a refoulé devant lui. Gr. : 160/1,
bourgeons. Il s’agit donc bien d’un bourgeon irrégulier, coiffé par l’endothélium lym¬
phatique. ,
Si l’on parcourt le tissu conjonctif dans une assez large étendue, on ne tarde pas à
reconnaître qu’il existe çà et là des cellules conjonctives réunies en plages qui, par leur
forme souvent étoilée ou triangulaire ou allongée, par leurs limites assez précises, se
révèlent comme étant évidemment des lentes lymphatiques totalement oblitérées par
une prolifération conjonctive et endothéliale. On trouve donc toute une série d’états
intermédiaires avant d’arriver à ce dernier stade: des fentes lymphatiques nettement
reconnaissables, entourées d’une zone d’éléments conjonctifs condensés, des fentes
étranglées ou partiellement oblitérées par la prolifération des éléments périphériques,
enfin des vaisseaux (fig. 8 et 9) envahis par de gros bourgeons endovasculaires, toutes
productions qui décèlent d’une façon évidente l’existence d’une sorte d’inflammation
chronique péri et endolymphatique étendue et qui évidemment doit jouer un rôle
considérable dans la production des lésions éléphantiasiques. Nous devons cependant
noter que la recherche des microbes n’a donné aucun résultat.
A côté dos modifications pathoiogiques que nous venons de décrire, on trouve enfin
490
liOBEUT CLEUET ET PlEIiTiE INGELUANS
dans le tissu conjonctit sous-cutané des formations se raltacliant à do véritables mal¬
formations embryonnaires. Il existe en effet en (fuelf[ues points de petites tumeurs
(fig. 10) (pli ne sont autre chose que des (iru/iomes ctipilliiirps constitués iiar un pelo-
tonnemenl de vaisseaux de 25 à 40 l-i de diamètre, imurvus d’un endothélium parfaite¬
ment consm'vé, séparés par qmdcpies pidotuns adiiieux et limités à la périphérie par
une légère condensation du tissu conjonctif avoisinant. Ces formations sont assez volu¬
mineuses ; (dles atteignent huit dixièmes de millimètre en coupe transversale et peuveni
être suivies sur de, nombreuses coupes en série.
2" liéijion dermique. — Aussi bien au microscope (pi’ù l’aul nu, ilest très dinicile
d’établir une limite entre le tissu conjonctif sous-cutané et le derme, attendu que ces
deux parties se fusionnent [lour ainsi dire |iar suite de l’hyiiertrophie ledémateuse du
la ri'-gion.
Ou i>eut cependant, en partant du revêtement cutané, distinguer une région qui ré-
Fig. 10. — Angiome capillaire. Gr. ; 50/1.
pond évidemment au derme et qui se distingue des régions sous-cutanées par une
texture beaucoup plus dense.
Le tissu conjonctif est ici formé non plus de gros faisceaux de fibres lamineuses
mais d’une intrication de fines fibrilles, par places très serrées, et parsemées de noyaux
de fibroblastes. Au milieu de cette contexture dense, se détachent de larges plages tout
à fait incolores, formées d’un tissu transparent, nettement muqueux, dàns lequel s’éta¬
lent des élément fusiformes ou étoilés anastomosés en beaucoup de points. Un système
de très fines librilles à peine colorables [lar le picro-ponceau parcourt ces régions. Ces
plages de lism mugucuassecontinuent sans limites précises avec le tissu conjonctif fibril-
laire voisin. Ces régions de transformation muqueuse forment comme une série de larges
taches visibles même à l’œil nu par transparence. Klles sont surtout très apparentes au
niveau de larges orifices qui représentent la coupe de véritables kyules inlradermiqucu.
Les plus grandes de ces cavités kystiques atti'ignent jusqu’à 2 et 3 millimères et les
plus petites ne dépassent guère trois à cinq dixièmes de millimètre. Elles sont encore
tapi.ssées par places par un endothélium aplati (pii démontre leur origine lymphatique.
Nous reproduisons dans les ligures 11 et 12raspect des régions muqueuses et kystiques.
Dans la figure 11, on reconnaît aisément la structure classiqiiedii tissu muqueux, sans
•pi’il soit besoin d’insister sur sa description. La figure 12 nous riqirésente au grossisse¬
ment de 50 diamètres un petit kyste (pii laisse voir nettement à sa périphérie la zone de
transformation muqueuse du tissu conjonctif qui l’entoure. Les kystes renferment
un lin coagulum albumineux formé par un [irécipité réticulé. On trouve çà et là quel([ues
leucocytes englobés dans le caillot. En dehors des cavités kystiques, on ne trouve pas
d’autres traces de canaux lymphatiques dans le derme.
On observe également ici des néuromes tels que nous les avons décrits cl représentés
dans l’hyiioderme. Us affectent les mêmes dispositions en masses arrondies, lobulées.
ÉTUDE D'UN CAS DE, MALADIE DE REKLINOHAUSEN
491
en cordons contournés et comme ficelés par places, ainsi que nous les représentent les
figures 4 et 5 relatives aux névromes du tissu sous-cutané. La structurede cespetites
tumeurs est aussi la même ; clics sont constituées par le système de lamelles et de
noyaux que nous avons précédemment décrit.
Quant aux troncs nerveux encore décelables, ils manquent totalement dans la région
dermique. Il nous a été impossible d’en trouver dans toute la série de nos coupes. Il
n’existe pas davantage de traces de tubes nerveux ou de filets cylindrc-axiles dans
l’épaisseur même des névromes. Ces névromes sont donc bien réellement les troncs
nerveux eux-mêmes transformés par la prolifération du périnèvre.
3“ Epiderme. — En s’élevant vers la surface cutanée, onretrouve toujours la même
texture du tissu conjonctif formé de fibroblastes très abondants et d’une intrication de
fines fibrilles. Les productions kystiques disparaissent. Les névromes deviennent de
plus en plus rares et dans les zones immédiatement sous-jacentes à l’épiderme ils man¬
quent totalement.
L’épiderme lui-même est fortement aminci. Il se réduit aune couche dont l’épaisseur
varie entre 60 et 120 (a. Les papilles dermiques sont effacées et tout l’épiderme paraît
comme distendu et étalé en surface. Ce qui frappe immédiatement, c’est que dans la
base même du revêtement épidermique s’égrène toute une série de petits nodules ar¬
rondis ou ovalaires mesurant de 50 ù 120 et constitués par des amas de cellules pig¬
mentaires. Celles-ci sont de forme arrondie ou polyédrique, par placesfusiformes. Elles
mesurent environ 9 à 10 P-, sont pourvues d’un noyau bien évident de 4 à 5 p et d’un
corps protoplasmique rempli de gros grains de coloration brunâtre qui ne donnent pas
la réaction du fer et qui ont tous les caractères de grains de mélanine.
Les celluleselles-mêmes paraissent comme libres dans ces nodules et ne sont séparées
par aucune trace interstitielle. En un mot, ces petites formations présentent tous les
caractères de véritables petits nœvi cellulaires pigmentés. Leur origine épidermique
paraît ici bien évidente. Il se logent en effet tout contre la face inférieure de l’épiderme,
s’y creusent même une logette. Là où les papilles dermiques sont encore assez apparentes
on peut se rendre compte que c’est précisément de l’extrémité du bourgeon épithélial
interpapillaire que naissent les nœvi. En beaucoup de points, les cellules des bourgeons
492
ROBIiia' CLEUET ET PIERRE INGELRANS
interpapillairps pi'àscnlcnl dans leur profondeur des grains de pigment mélanique et
l’on peut voir alors un nævus arrondi se ratlaclicr directement par un petit pédicule
continu aux couches basilaires épidermiques. La continuité des deux productions a
donc pu être vérifiée sur les coupes. Ce n’est pas d’ailleurs uniquement dans les couches
basilaires de l’épiderme et dans les petits nævi que l’on rencontre des cellules, pigmen¬
taires. Celles-ci se voient çà et là dans l’épaisseur même du tissu dermique, do préfé¬
rence au voisinage des vaisseaux, mais leur nombre est très restreint. Elles ne dépassent
guère une profondeur do trois dixièmes de millimètre sous la surface do l’éinderme.
Eti r(;.surné, on l rouvu dans lus coupes que nous venons de décrire :
1“ Un épaississfiincnL énorme du dernn; et de l’iiypodcrmc ayant tous
l(îs caractères do l’liyp(u’troplno él(’q)lianliasi(iuo et qui so traduit histo-
logiquemont par une péri oL une ondolymphangito à tendance oblitérante,
Fig. 12. — Kyste lynipliatiquo (lo lu région ilorniiquc, limité par un endothélium entouré de
tissu mucoldo. Gr. : 50/1 .
des dilatations des I runes lynqthatiques avec [uajduction de kystes, des
transformations mucoïdes du tissu conjonctif et toutes les lésions de l’œ¬
dème intcu’stitiel dilTus.
2° Uu côté des tissus nerv(mx, um; altération [irofomle do tous les troncs
e.Ltroncides nervtnix de la région qui sont transformés en véritables névro-
mes de types variés.
3° Des productions rap[i(;lant des malf(jrmal ions embryonnaires rejtré-
sentées par :
a) Des angiomes capilbuiu^s ianguins.
b) Une infinité de [uddls mnvi cidlulaires pigmentés sous-épidermiques
avec dissémination de eellubis pigimmtaires à distance.
Cette obsi^rvation (d. l’c^xamen anatomo-j)athologique de celte pièce
suggèrent quelques réflexions intéressanles.
11 s’agit, en elîet., d’une (.uirnmr j>rincii)aie ou tumeur royale qui olire,
^comme cela arrive souvent,, l’aspect du névrome plexiforme. Ladistinction
entre ces deux tumeurs [irésenle d’ailleurs peu d’intérêt, puisque :
ÉTUDE D’UN CAS DE MALADIE DE liEKLINGHAUSEN 493
Les lésions des légumeni s sont, de même ordre que celles des troncs
nerveux, les premières n’étant en somme cjuc des névromes des terminai¬
sons nerveuses dans la peau.
2° Les relations entre le névromc plexiforme et la maladie de Recklin-
ghausen sont très étroites.
Celles-ci ont été mises en évidence par Rapok, Rruns, Poncct, Arnozan,
Czerny, Ilerczcl et enfin par Thomson (1) qui a plusieurs fois relevé l’as¬
sociation des deux affections chez le même malade. Cunéo, dans son arti¬
cle du nouveau Traité de Chirurgie de Le Denlu et Delbet, insiste égale¬
ment sur la similitude des deux maladies. Enfin Crouzon (2), dans un tra¬
vail très documenté, considère le névromc plexiforme comme unemodalité
de la neurofibromatose.
Mais ce qui nous frappe à l’examen microscopique, mise à part la forme
très particulière des névromes pseudo-pacciniens et pseudo-meisneriens,
c’est le point de départ de la lésion. Nous avons affaire à une proliféra¬
tion issue du périnè/re qui vient étouffer l’élément 'nerveux et détermine
une véritable endonévrite. Ceci vient infirmer les Ihéories de Verneuil (3),
Guersant (4), Lacroix, P. Rruns (5), Durante, etc., auxquelles se range
B. Cunéo (6). D’après ces auteurs, le point de départ de la lésion serait
la fibre nerveuse elle-même qui se transformerait en fibre conjonctive ;
quelques-uns d’cnlrc eux auraient même observé les stades de transition
entre les deux états. Nos constatations vienmsnt au conlraire à l’appui de
l’opinion primitive de Recklinghausen (7) adoptée par la plupart des
auteurs : Marchand, Picqué (8), Delfossc (9), Thomson, Fcindel(]0),Finotli,
Wegelen, qui .soutiennent que la lésion consiste essentiellement dans la
prolifération du périnèvre et que la disparition des éléments nerveux n’est
que secondaire.
Une autre chose attire encore notre altenlion dans noscoupes, c’est
l’état des vaisseaux lymphatiques qui sont le siège d’une inflammation
chronique, ce qui semble au premier abord être en faveur de l’origine
infectieuse de la maladie de Recklinghausen, opinion si discutée et sou¬
tenue par Jullien(ll) dans sa thèse. Mais nous n’avons pu mettre en évi¬
dence aucun microbe. De plus, on trouve à côté de cette lymphangite de
véritable^ malformations embryonnaires toiles que des angiomes capillai¬
res et des nœvi cellulaires. Il faut encore faire remarquer que les diverses
manifestations pathologiques existant déjà à la naissance, il faudrait
admettre une inhudion in iilero qui aurait l'cspcclé entièrement tous les
(1) Thomsen. Neiiroma und ftbromal. Edinburg, 1900.
(2) O. Crouzon. Nôvroiue plexiforme et maladie du Ilecklini;liaiiscn. Monde Médica/,
mai 1922.
(31 Verneuil. Soc. Anal., 1804, cl biol., 1805.
4) Guersant. Soc. de Chir., 1859.
(5 Bruns. Die geschwulsle des ncrvcnsysl. Berlin, 1897.
(6) Cunéo. Nouveau Traité de Chir. Le Denlii et, Delbel, 191 1, Uime X, p. 144 et 155.
(7) Recklinghausen. Uber die multiple llbr. dei' Haut und jlire bezichuni? zu den
multiplcn Neuronen [Zcslschrifft /. Bud. Wirchow, Berlin bei Ilirschwald, 1882).
(8) Picqué. Le n6vromo plexiforme. Th. de Lyon, 1894.
(9) Delfosse. Th. de Lille, 1904.
ilOI Feindel. 4 cas (le neurolibromatose. Th. de Paris, 1894.
(11) JuLLiEN. Cüiilrib. à l’6lude de la neurolibr. gén. Th. de Paris, 1910.
494
nOUEHT CIJWHT ET PlElUiE INOELIIANS
organes de l’enfant. D’autre part, le père et la mère sont bien portants et
la grossesse s’est passée sans incidents. L’ensemble de ces faits suffit pour
écarter l’hypothèse d’une infection comme étiologie de la maladie.
La localisation des névromes ou des tumeurs cutanées aux organes géni-
I aux est extrêmement rare et en parcourant la littérature médicale nous
n’en avons trouvé qu’un nombre de cas très réduit.
La première observation est celle de Passavant (1855) qui rapporte un
cas de névrome plexiforme du rameau périnéal du nerf honteux interne.
Elle ne comporte qu’un examen macroscopique après autopsie (1).
Dans la thèse de Boudct (2), on relève deux observations (IV et XVI) de
petites tumeurs siégeant dans le premier cas sur les grandes lèvres et dans
le second sur le scrotum.
Puis vient la communication de Ouvry (3) à la Société Anatomique.
Son observation avait été publiée par Chipault en 1888, sous le titre de
lymphangiome ganglionnaire. Il s’agit d’un garçon sans antécédents héré¬
ditaires pathologiques. A l’âge de 11 ans, la mère remarque une tumeur
siégeant au périnée de son enfant. Chipault la constate et de plus il aper¬
çoit au-dessous de chaque pli inguinal une tumeur volumineuse qui di¬
minue h la pression. Il existe une tumeur périnéale â gauche de la ligne
médiane, une autre de la taille d’une mandarine dans la bourse gauche,
celle-ci se continue vers le haut par une troisième, parallèle à l’arcade
crurale. Le testicule est indépendant.
Ce sujet est opéré par R(clus pour sa tumeur inguino-scrotale, puis il
erre d’hôpital en hôpital et entre enfin à l’hospice d’Ivry, où il est vu par
Ouvry. C’est cette même observation qui fait l’objet de la thèse de Tar-
tarin (1) parue en 180d.
En 1921, Lemoine (.5) publie un cas de névrome des organes génitaux
externes. C’est l’observation d’un jeune homme de 19 ans qui a vu évo¬
luer depuis un an une tumeur àpoint de départ pénienetà extension péno-
scrotale. Elle présente les caractères d’une tumeur bénigne, mais elle est
le siège de deux ulcérations recouvertes de croûtes et attribuées à des
brûlures consécutives à des applications répétées de teinture d’iode. On
pratique l’exérèse et il ne se produit pas de récidive.
L’examen histologique, du reste fort sommaire, se rapproche un peu
du nôtre. On remarque ;
1° Un stroma conjonctif avec dégénérescence myxomateuse partielle ;
2° Des lymphatiques dilatés avec multiplication des cellules endothé¬
liales qui les bordent ;
3° Des formations nerveuses avec des gaines fibro-lamelleusestrès nettes.
L’auLuir ne notai pas la présericii ou l’absence de cylindre-axe. 11 attri-
(1) Passavant. Virchnws Arch., t. VIII.
(2) Bouiuot. Th. (le Paris, 1883.
(3) (luvnY. Pull. .Soc. Anal, de Paris, mai 1893.
(1) Tautaiun. Th. de Paris, 1894.
(5) l.iiMoiNiî. Un cas clc ndvrome des organes génitaux externes. Arch. franco-beUjcs
de Chir., octobre 1921.
ÉTUDE D'UN CAS DE MAUWIE DE BEKLhyGHAUSEN 495
bue la réaction inflammatoire chronique légère à l’existence des ulcéra¬
tions, ce qui est très vraisemblable.
En CO qui concerne la coexistence d un nœvus pigmentaire avec les
névromes, on trouve une observation do 0. Crouzon (1) se rapportant à
une jeune femme présentant un névrome lombo-fessier recouvert d’une
peau très pigmentée. Cet auteur rapproche son cas de celui deCecil Rey¬
nolds (2) et d’une observation de Howard Fox dans laquelle la pigmenta¬
tion aiïcctait, comme chez notre malade, une disposition en caleçon de
bain depuis les seins jusqu’aux genoux.
Au deuxième congrès de Dermatologie et de Vénéréologis de langue
française qui s’est tenu à Strasbourg en juillet de cette année, MM. Si-
iiron et G. Levy (3) ont présenté une maladie de Recklinghausen à évo¬
lution maligne. Ils ont observé des néoformations de corpuscules tactiles
au niveau de la peau pigmentée. 11 y a lieu de se demander si, comme dans
irotre observation, il ne s’agit pas de névi'omes ayant l’apparence de cor¬
puscules de Paccini et. de Mcissner.
En dernier lieu, nous forons remarquer que si la localisation aux organes
génitaux d’une tumeur royale dans la maladie de Recklinghausen est un
fait exceptionnel, son existence à la naissance semble être un fait unique
et il n’existe pas à notre connaissance, dans la littérature médicale, d’ob¬
servation superposcble à celle-ci. C’est pourquoi elle nous a paru digne
d’être rapportée dans tous scs détails.
( 1) CnouzoN, toc. cii.
(2) Cecii. IU;yNoiJ>s. Erilisit. Med. Juurn., 18 sept. 1909.
(3) Presse m 'dieale, 15 août 1923.
Il
LA RIGIDITÉ PALLJDALE CONGÉNITALE
ET LA RIGIDITÉ PROGRESSIVE
C. I. URECHIA et MALESCU.
Clinique psychiatrique de Cluj. (Roumanie)
Sous le nom de rigidité pallidalc congénitale, O. Foerster signale en
quelques lignes un groupe relativement rare de cas, où la rigidité pro¬
gresse quelquefois lentement, et dans ses deux figures l’auteur signale en
outre la combinaison du syndrome avec l’idiotie, l’imbécillité et l’épi¬
lepsie. Il considère le syndrome pyramidopallidal congénital comme plus
fréquent (1).
M. Bielschowsky (2) décrit, sous le nom de rigidité progressive, le cas
d’un enfant dont la maladie a commencé à l’âge de six ans par des mouve¬
ments eboréiformes, et un peu plus tard par do la propulsion. Trois ans
plus tard, les mouvements eboréiformes étaient remplacés par une rigi¬
dité qui a progressé lentement. Dans les dernières années de la vie la
rigidité était devenue très intense; le malade était confiné au lit aveedes
contractures en flexion. La prononciation et la déglutition étaient trou¬
blées et le malade présentait en outre des crises d’épilepsie et de la déca¬
dence intellectuelle. 11 succomba à l’âge de 14 ans. A l’examen micro.=co-
pique, l’auteur a trouvé des lésions dégénératives très intenses dans les
cellules du striatum et de la prolifération névrogliqiie secondaire. Dans
les vaisseaux du noyau caudé, il avait trouvé de rares lymphocytes. Dans
le globuspallidus les lésions étaient moindres que dans le strié, mais beau¬
coup plus prononcées que dans la chorée chronique. L’anse lenticulaire
était peu développée. Dans lenoyau deLuys et la substance noirede Soem-
mering les altérations étaient au.ssi intenses. Dans l’écorce, le maximum
de lésions se trouvait dans la troisième couche de Brodmann.
Hallerworden et Spatz publient le cas d’une malade qui présenta dès
les premières années de sa vie une ligidité des membres inférieurs ; la
rigidité progressa avec le temps jusqu’à la production d’une contracture
en flexion des membres inférieurs. Les membres supérieurs sont restés
sains. La malade a présenté en même temps une déchéance psychique
qui a progressé jusqu’à sa mort, à l’âge de 24 ans. Les auteurs ont trouvé
à l’autopsie des lésions intenses du globus pallidusctdela substance noire,
— enoutredes lésions de l’écorce qui étaient en rapport avec lesphénomènes
LA RIGIDITÉ PALLIDALE CONGÉNITALE
497
démentiels. Quatre sœurs de la malade présentaient la même maladie
progressive ; une de ces sœurs avait présenté en outre des mouvements
choréo-athétosiques et de la rigidité qui intéressait en même temps les
membres supérieurs ; une autre sœur enfin présentait plutôt le tatleau
de la maladie de Little. Les aüteurs nous disent dans une note que le cer¬
veau d’une de ces idiotes — examiné plus tard — a présenté les mêmes
lésions pallidales. Les auteurs rangent provisoirement ces cas dans le
groupe du « status dysmyelinisatus » de G. et O. Vogt.
Sous ce nom d’état dysmyélinique, G. et O. Vogt décrivent deux cas
personnels et deux cas de O. Fischer (cas 1 ) et de Rothmann (cas 2). Dnas
tous ces cas, le tableau clinique était représenté par une rigidité progres¬
sive, des mouvements choréo-athétosiques et des troubles démentiels plus
ou moins accentués et progressifs. Dans trois de ces cas, on trouvait en
même temps des troubles de la parole et de la déglutition ; dans un cas
l’épilepsie; dans la cas de Fischer, on trouvait des troubles respiratoires
(apnée). A l’autopsie de ces quatre cas on a trouvé des lésions intenses
du globus pallidus et dans deux de ces cas du noyau de Luys. Dans le cas
de Fischer, le pigment et les concrétions colloïdo-calcaires étaient abon¬
dants dans les deux globu- pallidus. Dans les doux cas de G. et O. Vogt,
la maladie avait commencé dès le.s premiers mois de la vie, tandis que dans
le cas de Rothmann la maladci commença à 6 ans et dans celui de Fischer
entre 15 et 17 ans.
Observation 1. — E. G. âgôe de liiiil ans. A 616 normale jusqu’à deux ans quand elle
a commcnc6 à parler. Alors, la mère remarque que l’enfant ne peut se servir que dilTi-
cilcment de ses membres. Petit à petit, ceux-ci deviennent rigides et la malade ne peut
ni s’alimenter seule, ni marcher. Dans les ant6c6dents, on ne constate aucune maladie
infectieuse. Le B. W. est négatif chez la mère de même que chez l’enfant. Les pu¬
pilles sont normales. Aucun réflexe pathologique. Rigidité très prononcée dans tous les
segments du corps. La malade ne peut sc servir do scs mains pour s’alimenter et ne
peut SC tenir sur les pieds. Pendant le sommeil et pendant de courts intervalles, la rigi¬
dité diminue. Sous l’influence de l’excitation, elle augmente. Léger varus-équin. Au
point de vue psychique, légère idiotie, apathie et mutité.
En résumé : malade âgée de huit ans ; après la deuxième année s’est installée pro¬
gressivement une rigidité pallidalc qui intéresse les membres et le tronc. Au point de vue
Psychique, idiotie légère et mutisme.
Observation IL— A. R. âgée do 18 ans ; scs parents sont morts ; deux frères imbé¬
ciles avec la même maladie. La maladie a commencé dans les premières années de la
vie ; la malade présentait de la spasticité des membres inférieurs et «lu déficit intellec¬
tuel. Plus tard, la malade ne peut plus marcher et à cause «le l’idiotie qui progresse, ne
peut plus aider au ménage de scs parents. Insertion mongolienne des yeux, strabisme'
divergent de l’oeil droit, asymétrie faciale, macroglosie, prognathisme, pieds valgus,
infantilisme, hypertrichose des avant-bras et des jambes. Les pupilles ont le contour
légèrement irrégulier et la réaction idiotomotricc est diminuée. Les réflexes tendineux
et cutanés sont normaux. Rigitlilé des membres supérieurs et inférieurs. Incontinence.
Surdi-mutité. Idiotie. La ponction lombaire est négative. Dans le cours d’une année,
la rigidité a beaucoup augmenté. Les pieds sont contraclurésen flexion, et à cause de
cette contracture, les réflexes des membres inférieurs sont impossibles à produire. La
marche est impossible. Aux membres supérieurs, la rigidité est beaucoup moindre.
L’idiotie a progressé. Le graphique respiratoire nous montre les troubles consistant en
irrégularités d’amplitude et des jiériodes d’apnée.
KEVL'E NEUaOLOGIQUE. - T. II, N" G, UÉCEMUIÏE
32
1923.
498
C. /. VliECniA ET MATESCU
En losuiiK! : idiote do 18 uns avec rigidité congénitale, familiale et progressive,
contracture en flexion, troubles resiiiratoires.
OnsEiivATioN 111. — .M. L. Agée de IG ans. Les parents sont sains ; elle a huit frères
qui sont sains. A été normale jusqu’à deux ans. Alors la maladie a commencé insidieu¬
sement ; la malade ne pouvait i)as dormir et iirésenlait des mouvements choréiques,
elle pleurait beaucoup ; scs mains ont commencé à se raidir et à devenir maladroites,
lieux ans plus tard la rigidité a envahi l’un après l’autre les membres inférieurs, la
malade n’a plus pu parler (quoique à l’âge de deux ans elle pouvait prononcer plu¬
sieurs mots). A l’âge de si.x ans, elle ne pouvait plus marcher et des accès d’épilepsie se
sont installés.
A l’examen psychique on constale : dolichocéphalie, iirognalhisme, insertion vicieuse
dos dents ; la voûte du palais iirésenle la tubérosité de Chassaignac ; hypertrophie
des amygdales, hypoplasie génitale, infantilisme. Pouls 00. Respiration 12 par minute,
irrégulière comme rythme et amplitude, et avec des grandes périodes d’apnée pendant
lescpudles l’abdomen se gonfle et la malade émet un son strident. Pendant l’apnée on
constate sur l’écran radioscopique l’immobilité du diaphragme. Assez souvent aussi ces
troubles respiratoires s’accompagnent d’un tic buccal (succion). Les pupilles sont
, myotiques et irrégulières, les réactions sont normales. Les réflexes tendineux et cutanés,
sont normaux, la percussion du quadriceps droit produit le réflexe contralatéral gauches
Rigidité très prononcée des mendires supérieurs (pii sont en adduction, les avant-
bra* en flexion à 90". Rigidité prononcée des membres iid'érieurs et pieds équins. A cause
de cette rigidité, légère atrophie musculaire d’inactivité. Du côté des mains, on observe
quelquefois des mouvements athétoïdes et de l’iiypotonie dans les articulations des
doigts. Parfois de légères myoclonies dans les muscles du cou, desmembres supérieurs
et du tronc. Après trois mois de séjour à la clinique, les mouvements athétoïdes et les
myoclonies ont disparu, tandis que la rigidité a progressé et que les membres intérieurs
se sont contracturés en flexion. Au point de vue psychiipie, idiotie et mutisme. La
ponction lombaire ne montre rien d’anormal. Le R, W. est négatif dans le sang et le
li([uide. Succombe à la suite d’un érysipèle.
A l’aut(q)sie, le cerveau |iréseute un aspect normal. A l’examen microscopique cepen¬
dant, nous trouvons des lésions intenses dans le strié et le système pallidal.
A'oyau cuudé el pulamen. Les grandes celhdcs [irésentimt des altérations intenses.
Elles sont réduites comme nombre et on constale très bien, sur les coupes, un assez
grand nombre de cellules à peu près complètement disiiarues et remplacées par quelques
lambeaux de protoplasme granuleux et peu coloré. Le noyau est souvent déplacé, en
hyperchromatose, quelquefois en karyolysc avec la membrane ratatinée ou im|)ossible
à disi inguer. Le nucléole peut aussi disparaîtn^ ou se réduire en granules. Le protoplasme
présente des altérations différentes ; il p(Uit être hyfierchromatique. en chromalolyse,
réduit en granides ou en dégénérescence vacuolaire. La dégénénïscence grasse est
intense, les granulations acidophiles d’Alzheimer sont nombreuses. Les ncurofibrilles
sont réduites en granules dans la majorité des cellules ; elles ne se rencontrent en général
(pie dansles prolongements. Dans le. tissu intersliticl,on trouve aussi desgranulationsargen
tophiles, granulations (pii peuvent constituer un" reste des cellules disparues. Dans les
petites cellules, les altérations sont aussi intenses. Le noyau devient pâle où quelque¬
fois foncé, la chromatine se désagrège et est dilllcili' à distinguer, la membrane nucléaire
se festonne, le protoplasme devient pâle, â peine colorable et fond [lour ainsi dire,
étant en lin de compte réduit â (|uel(pies pâles lambeaux autour du noyau. La dégéné¬
rescence grasse, vacuolain; el les granulations acido[)hiles sont fréquentes. La névro-
glie est modérément proliférée ; on rencontre des cellules avec deux noyaux et des
noyaux allongés ou en biscuit plus nombreux ipi’à l’état normal. Le pigment bleu
foncé est beaucoup plus fréipient ([ue d’habitude, de même (|ue le pigment ferrique.
Dans les vaisseaux on trouve par places de la librose capillaire el une irritation des
endolhéliums ; les produits de déchet sont abondants.
Ainjiiii (imyi/diilien. Les altérations (ont intenses et ce n’est ((ue rarement qu’on peut
renconl rer des cellules avec des (dtérations réparables. Les celhdes ont l(( noyau déformé,
cl en hy|)ercliromatose el le prolopla.'-iru; en chromalolyse, â l’étal vacuolé, en dégéné-
LA niGIDITÉ PALLIDALE CONGÉNITALE
roscencc grasso, ou bien réduit en lambeaux. Dans quelques endroits nous rencontrons
des foyers de disparition ou lyse cellulaire.
Globus pallidus. Les lésions sont intenses ; un grand nombre de cellules sont réduites à
des silhouettes cellulaires ou à quelques pâles lambeaux de protoplasme. Nous rencon¬
trons des régions où les altérations sont plus intenses que dans le reste ; mais il serait
difficile de se prononcer sur les foyers de diminution cellulaire, parce qu’à l’étatnormal
les cellules do ce noyau sont plus ou moins disposées en groupes dont la topographie
morphologique et physiologique n’est pas encore connue. Les cellules sont quelquefois
hydropiques et le plus souvent le siège d’un processus de lyse cellulaire. Le noyau peut
devenir plus clair par la disparition de la majorité des grains chromatiques, la mem¬
brane peut devenir festonnée ou difficile à différencier, le noyau peut être réduit à un
nucléole entouré d’une petite zone claire de protoplasme ; on peut rencontrer enfin
des noyaux pyknotiques et hyperchromatiques, ou enfin des cellules avec le noyau dis¬
paru. Los prolongements de ces cellules sont en partie disparus ou homogénéisés, leur
lirotoplasme est en chromatolysc ; quelques-unes nous présentent un corps cellulaire
en liyperchromatose, mais réduit en granules, avec des vacuoles ou de la dégénérescence
grasse, rempli de granulations acidophiles, ou déchiré. La majorité des cellules sont
pâles, avec quelques granples plus colorés à la périphérie ; leurs prolongements sont en
grande partie disparus ; dans leur protoplasme, on rencontre des taches à peu près inco¬
lores (vacuoles) ; ou encore parfois des crevasses qui donnent aux cellules un aspect
déchiré. Quand le processus est plus avancé encore, les cellules ont un noyau très altéré
ou bien disparu et une masse de protoplasme réduite à quelques granules pâles. A la
place de quelques-unes de ces cellules, on ne rencontre ([ue quelques lambeaux de proto¬
plasme altéré (silhouettes et restes cellulaires). Dans quelques rares cellules se voient des
infiltrations calcaires. Les nc\iro fibrilles sont en majorité réduites en granules ; parfois
toute ou à peu près toute la masse cellulaire apparaît homogène. Les altérations cor¬
respondent donc en un mot à la dégénérescence grave de Nissl, à la dégénérescence
simple o>i lyse cellulaire. La névroglie et les vaisseaux présentent les mêmes altéra¬
tions que dans le strié. Les produits de déchet sont en grande quantité. Le pigment
ferrique et le pigment bleu foncé (col. Nissl) sont très abondants — plus abondants que
dans le strié et disposés quelquefois en foyers.
Noyau de Lutjs, noyau basal (substantia innominata), noyaux duluber cinereum. Lésions
cellulaires intenses, ayant les mêmes caractères et la même intensité que dans les noyaux
précédents ; nous nous dispensons donc do les décrire de nouveau.
Substance noire de Soemmering. Les lésions sont moins intenses que dans les noyaux
lirécédents. Les cellules nous présentent une diminution du pigment ; les granulations
grasses sont abondantes. La dégénérescence vacuolaire n’est pas fréquente. Lescellules
en silhouettes ou en voie de disparition sont rares.
Noyau dentelé. Les lésions cellulaires sont intenses ; on trouve assez souvent de la
pyknose et do l’hypcrchromatose. L’altération grave de Nissl et la lyse simple cellu¬
laire sofit fréquentes. Les produits de déchet sont abondants. La névroglie n’est que
peu proliférée, mais les altérations régressives sont avancées et fréquentes.
Noyau du pneumogastrique. Les cellules sont diminuées comme nombre. Les altéra¬
tions correspondent en général à l’altération grave de Nissl. Les noyaux sont hyperchro¬
matiques avec la membrane festonnée ou indistincte, lui bien les noyaux sont allongés
et avec la chromatine disparue. Le protoplasme ])eut être réticulé avec dégénérescence
vacuolaire ou en hyperchromatose. La chromatolysc est intense et assez souvent nous
trouvons des cellules réduites à des silhouettes.
En résumi^: jeune fille de 16 ans, qui s’est développée normalement jus¬
qu’à l’àge de deux ans, quand elle a fait prohabh-ment une encéphalite.
Après une courte période de mouvements clioréiques s’est installé une
rigidité pallidale qui respectait en général la face. La malade a présenté
pendant quelque temps des mouvements atliélosiques des membres supé¬
rieurs, des myoclonies et des troubles respiratoires tout à fait identiques
500
C. 1. UUECniA ET MALESCU
do
1. Cellules altérées du corps strié. — 2. Noyau amygdalicu. — 3. (îlobus pallidus. —
4. Substance noire. — 5. Noyau du vagin. — (J. Noyau dentelé.
LA RIGIDITÉ PALLIDALE CONGÉNITALE
501
à ceux qu’on rencontre dans l’encéphalite épidémique. La malade ne peut
plus parler, est idiote, et présente des accès d’épilepsie. Nous trouvons
des lésions intenses dans le striéetle système pallidal{globuspallidus, corps
de Luys, noyau basal, substance noire, noyau dentelé), et dans le noyau
du vague. Au point de vue clinique et topographique, notre cas est doncà
rapprocher de celai de Biclschowsky. Dans le nôtre cependant, les alté¬
rations du système pallidal étaient tout aussi intenses que celles du strié,
tandis que dans le cas de cet auteur, le maximum de lésions se trouvait
dans le strié.
L’observation de Bielschovvsky et celle que nous venons do relater,
démontrent donc que la rigidité pallidale progressive, de même que la rigi¬
dité des adultes, est produite par une lésion de la voie pallidale.
Dans ces deux cas cependant, le syndrome était mixte, les deux malades
ayant présenté une phase prémonitoire de mouvements choréiques, athé-
tosiques et myocloniques. L’explication physiologique en est d’ailleurs
donnée, puisque dans ces deux cas le strié était aussi altéré. Des lésions
concomitantes du système strié et pallidal ont été rarement rencontrées
jusqu’à présent. On peut toutefois observer que les symptômes produits
par les lésions de ces différents noyaux se présentent d’une manière plus
ou moins variable. G. et O. Vogt, dans un cas de chorée chronique bilaté¬
rale (cas 20), trouvent des lésions intenses du strié et du globus pallidus.
F. H. Lewy trouve ta même chose dans un autre cas de chorée chronique.
Jakob, chez un malade (cas V),qui avait présenté au commencement des
mouvements choréiques, vit s’installer plus tard de la rigidité pallidale
avec contracture en flexion et démence. Urechia et Elekes, dans un cas
de gomme syphilitique qui intéressait le stiié, ne rencontrent pas de symp¬
tômes de rigidité. Urechia et Rusdca, dans une chorée chronique, voient
une rigidité pallidale apparaître après une hémorragie méningée, compri-|
mant le globus pallidus. Il ressort donc quedanslescas de lésions concomi¬
tantes des deux systèmes, on peut voir quelquefois prédominer la chorée,
quelquefois la rigidité, ou bien après une phase de choiée voir s’installer
la rigidité. Nous devons cependant remarquer que l’inverse n’a pas été encore
observé (c’est-à-dire la chorée suivre la rigidité). L’inexplication de cette
balance physiologique serait difficile à donner. Nous croyons cependant
qu’une lésion intense du système pallidal empêche la chorée de se manifes¬
ter, et que la chorée ne se manifeste que tant que les lésions du pallidus
ne sont pas trop avancées.
Un autre point intéressant dans notre observation III est l’existence
de troubles respiratoires, rappelant ceux del’encéphalite épidémique. La
majorité des auteurs les attribue à une lésion du noyau du vague, mais
le contrôle n’avait pas encore été fait jusqu’à présent. Dans notre obser¬
vation, l’examen du noyau du vague nous a montré des lésions intenses
et une diminution du nombre des cellules de ce noyau. Nous croyons donc
que les troubles respiratoires de l’encéphalite sont dus à une lésion bul¬
baire du noyau du vague et non pas des autres centres hypothétiques respi¬
ratoires. Nous ferons remarquer en même temps que notre malade présen-
502
C. I. URKCIIIA ET MALESCU
Lail,, pendant les périodes d’apnée, des tics buccaux et des jriouvements
atliétosiques, et que les mouveiruuits athétoïdes avaient été aussi trouvés
coïncidant avec ces troubles respiratoires (voir notre article dans le Bull,
de la Soc. inéd. des Hôi)itau.c, p. 210, 1923, et, celui de Stern dans le Zentral-
blall fur die ges. Neurol, and Psijeh., 26, 1923) Comme, en même temps
que les lésions du noyau du vague il existait dans notre cas des altérations
de la paroi inférieuif; du 111« ventricule, la question d’un rapport entre
ces noyaux, par le faisceau longitudinal qui part du vague vers le troisième
ventricule, se pose d(! nouveau.
Etant donné les troubles respiratoires qui accompagnaicntle syndrome
pallidal que nous avons observé, pouvons-nous penser qu’une encéphalite
épidémique a pu être la cause de la maladie ? Nous dirons tout d’abord que
des troubles respiratoires légers peuvent se rencontrer dans d’autres mala¬
dies du cerveau, et que nous ferons connaître à ce sujet nos rechfïrches
graphiques sur 112 cas dans un prochain article. Les troubles observes
dans le cas qui nous occupe ici sont cependant plus intenses et rappellent
ceux qu’on rencontre dans l’encéphalite épidémique. D’autre part, les
symptômes cliniques, choréiformes, athétosiques, ou pallidaux, peuvent
être reproduits par cotte maladie de meme que l’idiotie, lorsque l’encé¬
phalite atteint des cerveaux en voie de développement (PetersonetSpence,
Hofstedt, Hubner). Nous avons actuellement dans notre service deux cas
d’idiotie après encéphalite léthargique, dont un cas qui avait présenté un
syndrome d(i Landry et des niyocloni(;s qui ont guéri.
La tendance fi la chronicité d(; la majorité des cas d’encéphalite est bien
connue, et une duréi! de dix années comme celle observér chez notre malade
ne saurait nous surprendre. D’autre part l’anal omic pathologique de notre
cas et de celui de Bielschowsky ne p(mt pas en éclairer l’étiologie. Dans le
cas de Bielschowsky, on trouvait, de rares lymphocytes dans les vaisseaux
du noyau caudé. Nous savons dépendant que dans les cas d’encéphalite
de longue durée, les infiltrations p<!uvent être très réduites ou même man¬
quer complètement. Dans un cas de parkinsonisme que j’ai communiqué
à la Société médicale des Hôpitaux, les infdtrations étaient tout à fait
minimes (p. 651, 1922). Dans le cas de St.ern (sa monographie), avec par¬
kinsonisme, on ne t rouva que des lésions d’infiltration tout à fait discrètes
dans la substance noire et, le lenticulaire. Dans le cas de Claude enfin, avec
parkinsonisme, on ne trouva aucune infiltration. Nous devons donc admet¬
tre f(ue le processus Inflammatoire peut disparaître plus ou moins complè¬
tement avec le temps, et que des foyers de dégénérescence dans les diffé¬
rentes régions du névraxe peuvent entretenir les symptômes cliniques.
Avec ces considérations et comme nous ne possédons aucune réaction
spécifique de l’encéphalite pour dépister les cas discutables, nous ne pou¬
vons qu(i mettre en discussion l’origine encéphalitiiiue de notre cas.
Eu ce qui concerne la dénomination de ces cas, nous croyons que rigi¬
dité pallidale congénitale et rigidité progressive ne représentent qu’un
même syndrome qui peut survenir dès la naissance, dans les premiers
mois de la vie, ou même plus tard, à 6 ou 15 ans. La maladie s’installe
LA RIGIDITÉ PALIIDALE CONGÉNITALE
503
progressivement et présente de la rigidité pallidale qui peut être limitée
aux membres inférieurs, comme c’est le cas de notre observation (casll) et
de celle de Ilallerwordeii-Spatz, ou bien généralisée à tous les membres
et le corps. La rigidité progresse a^rcc le temps, pour arriver à une con¬
tracture assez prononcée. En même temps que la rigidité, on peut rencon¬
trer des mouvements choréo-athétosiques, qui peuvent être constants
ou transitoires (notre cas III), des troubles de la prononciation et deladéglu-
tition, de l’incontinence, dest roublesrespiratoires, l’épilepsie, la propulsion.
En même temps que ces troubles physiques, on trouve un déficit intellec¬
tuel qui va le plus souvent jusqu’à la démence. Les troubles démentiels
sont plus prononcés quand la maladie commence dès les premiers mois ou
les premières années de la vie.
A l’examen microscopique du cerveau, on trouve constamment des
lésions intenses de la voie pallidale. Elles sont ou bien limitées au globus i
pallidus (Fischer), ou bien intéressent en même temps le corps de Luys
et la substance noire. Dans le cas de Biclschowsky, on trouvait en même
temps des lésions du strié et qui étaient plus intenses que celles du pallidus. ,
Dans l’écorce, on trouve des lésions aussi, lésions qui sont enrapport avec
les troubles démentiels des malades. Les lésions cellulaires de l’écorce sont
plus intenses dans la troisième couche de Brodmann. Dans les cas de Fis¬
cher, Hallerworden-Spatz et dans le nêtre le pigment de la voie pallidale
était augmenté. En ce qui concerne la nature de ce processus, à part le
cas de Biclschowsky où l’auteur a trouvé quelques vaisseaux infdti'és
dans le caudé, tous les autres cas autopsiés n’ont présenté aucune lésion
inflammatoire. L’étiologie de ce syndrome nous est inconnue. Dans le
cas de Hallcrwordcn et Spatz et dans notre cas II, on trouve la familia¬
rité.
BIBLIOGriAPHIE
1. O. FoEnsTcn : Ziir Analyse iiinl PaLliopliysiologie lier slriaron Bewegungs-
slOruugen. Zciischrifl filr die ges. Neiinil. und Psychiatrie, vol. 73, p. 1-1G9, 1921.
2. M. BiiiLsciiowsKY : Weilere Bomeikungen zur luirmaloii uinl paUiologischen
Hislologic clos striaron SysLem. Journal für Psychiatrie mut Neurologie, vol. 27,
p. 231, 1922.
3. G. et. O. VoGT : Zur Lclire dor Frkvank mgen des slriâren Systems. Journal
für Psych. und Neurologie, vol. 125, Ergünzungshelt, p. 704 et p. 747-704, 1920.
4. F. II. Lewy : Cité par A. .lakob. loco cilato.
5. A. Jakob : Deutsche Zeitschrift für Neruenheilkunde, vol. 74, p. 54, 1922.
G. UbechiaoI Elekes : La rigidité pallidale syphiliticpio. L’Encép/ifc/e (sous presse).
7. Ureciiia et Rusdea : Un cas de chorée chronicpie avec autopsie, iîeiaie neiiro-
hgique n» 5, 1923) p. 473.
8. J. IIai.lhuvoiiuen und H. Spatz : Eigenartige Erkanrkung iin exlrapyramidalen
System mit liesonderer Beteiligung des tlhdcus pallidus und der Suhslanlia nigra,
Zeitsehr. für die ges. Neurol, und Psych, p. 254, vol. 79, 1922.
9. ü. Fiscuer : Zur Frage der anatomischen Grundlagen (1er Atlietose double
und der posthemiplegischen BewegungstOi'ung (Iberhaupt.Zciisr/ir./Ur die ges. Neurol .
und Psych. 1911, vol. 7, p. 4G3 (cas I).
10. UoTHMANN : Uemonstration zur den Zwangsbewegungen des Kindesallers.
Tlccrol. Cenlralblatl, 1915, p. 444 (cas II).
III
SUR L’ÉTIOLOGIE DE LA DÉGÉNÉRESCENCE
HÉPATO-LENTICULAIRE
(.1 propos d'un nouveau car)
Paul NAYRAG
(Travail du Service de M. le Professeur Raviart.) (Lille)
Il semble que la région du Nord soit parliculièroment profâce au déve¬
loppement de la dégénérescence hépato-lenticulaire, puisque nous pou¬
vons ajouter ici un deuxième c£s à celui dont nous avons antérieurement
rapporlé l’observation (1).
Mario P..., 19 ans, est onliéo à la Clinique psycfiiaUiquc le 4 juin 1923.
Dans sCB anU'Ci'ulenls porsunnds (2) nous notons une bronchite pou après la naissance.
Notre malade a marché à 1 an. A deux ans, elle a présenté une série de suppurations
chroniques de la léqion cervicale, dont on note aujourd’hui les traces sous forme do
cicatrices gaufrées de multiples abcès froids. Ver s 4 ans, (lie tut atteinte d’une affection
indéterminée de l’onl droit, qui a laissé à sa sidtc une opacité cornéenne.
Kilo a reçu une instruction primaire.
Les troubles qui ont motivé son entrée à la Clinique, ont fait leur apparition au début
de 1920, à l’Ûgc de, 16 ans. Ils présentaient alors l’apparence d’une hémi-chorée qui s’est
accentuée par la suite en meme temps qu’elle s’étimdait ù l’autre côté. Dès ce moment,
la marche était dillicile et la parole hésitante.
En mars 1923, le tableau s’est encore aggravé, et la malade a présenté un épisode
d’agitation motrice avec troubles sjdiinctérir ns. Cet épisode, apaisé, comme la malade
restait une grande infirme, la famille s’est décidée au placement.
A l’examen, nous nous trouvons en présence d’une adolescente normalement dévelop¬
pée.
L’état amyostatique est éviderrt au premi(!r corqr d’cnil. Marie présente une démar che
irrégrdière, ataxo-sjiasmodique. Le thorax est animé par instants de mouvements
brefs et drr peu d’amplitude de flexion et de rcdressemmit sur le bassin. Les membres
supérieurs sont en général ramertés en demi-flexion sur le thorax.
On note une hypertonie généralisée, d’intensité moyenne, plus marquée aux membres
inférieurs qu’aux membres siqiérieurs. Elle présent(( les caractères habituels de l’hy-
pertonie extra-jryramidale : variabilité darts le temps, (exagération à l’occasion des
émotions, disparition pendarrt le sorrirmeil, signre de la roiu; denté(e. Elle s’accompagne de
(1) liAviArtT, VuLUtiN et NAYitAC. Contribuliorr à l’étude de la dégénérescence hépa-
to-lenliculaire. Un cas de maladie de Kinrrier Wilsorr. Jtevue ne.uruloyiquc, février 1923,
p. 97.
(2) Nous remercions |)nriiculièrement M. le Dr Guérillon à qui nous devons commu-
nicati(m des renseignements concernant le passé morbide de notre malade.
KEVUE NEUIiOLOÜIQOE. — T. U, N« 6, OÉCEMIIIIE 1923.
DE LA DÊr.ÉNÉHESCESCE IIÊPATO-LENTICULAIIŒ
505
moiwemenls involontaires ; il s’agit surtout (l’un Ic’igcr tremblement portant sur les mus¬
cles (les cxtr6mit6s. Ce tremblement existe au repos, mais il s’exagère à l’occasion des
(■motions et des mouvements volonlaires. Surtout alors, il se complique de spasmes
d’assez grande amplitude -à caractère cboréicpie nu plus exactement myoclonique. D’une
façon générale les mouvements involontaires sont plus marqués aux membres supérieurs,
sans doute à cause de la moindre intensité de l’bypertonie. A la face, la musculature
semble à peu près normale, mis à part quelques blépharospasmes. Aussi, le, visage est-il
expressif et vivant.
Il existe des troubles importants des fonctions automatiques. Nous avons déjà noté
les troubles de la marebe qui ne s’accompagnent d’aucun des signes de l’ataxie tabétique.
Dans l’épreuve du renversement de la chaise, l’extension automatique de la jambe
sur la cuisse fait défaut. L’aidomatisme céphalique est également perturbé, car il existe
des troubles profonds de la déglutition amenant un léger degré de sialorrhée, sans qu’il
semble y avoir liypcr-produclion salivaire. Il existe enfin un degré très marqué do dysar-
thrie ; outre une absence à peu près complète d’articulation, la parole présente un carac¬
tère explosif qui rappelle celui (pi’on observe dans la sclérose en plaques.
Les réflexes tendineux sont normaux aux quatre membres. Les réflexes posturaux
nous ont paru nettement exagérés, en particulier au niveau du biceps brachial. Les ré¬
flexes abdominaux existent. Les réflexes plantaires se font des deux côtés en extension.
Comme il n’existe aucun autre signe de la série pyramidale, ni trépidation du pied, ni
clonus rolidicn, et en présence de l’exagération des réflexes de posture, nous penstns
avoir affaire là au pseudo-Babinski signalé i)ar les Vtgt. Les réflexes de défense sont
normaux. La sensibilité est ncrmale.
L’((xamen de l’oiil gauche nous a montré une pupille ovalaire à grand axe vertical,
avec conservation des réflexes lumineux et accommodatif. La motricité extrinsèque
est bonne. Il n’existe pas de pigmentation cornéenne.
Au point de vue mental, notre malade se présente comme une affaiblie intellectuelle.
Ses réactions sont celles d’un enfant de 5 à G ans. Il s’agit bien là d’un état de démence
puis(iue Marie à pu recevoir, dans son enfance, une instruction primaire. Au reste, son
humeur est habituellement agréable, eiqdiorique même. La malade ne semble pas se
rendre compte exact de sa triste maladie. Elle sourit souvent et rit quelquefois sans
(pie ces manifestations mimiques jirésentent aucun caractère « strié ».
Nous n’avons pas noté d’autres signes neuro-psychiatriques intéressants, en parti¬
culier aucun signe de la .série cérébelleuse.
Le foie est pelii. On ne peut l’atteindre à la palliation. Son aire de matité est haute au
plus de deux à trois travers de doigts. Sa limite inférieure est d’ailleurs très peu nette.
Les fausses côtes sont sonores sur une hauteur de 3 à 4 centimèires au-dessus de leur
rebord inférieur. La rate n’est pas perceptible à la percussion ni à la palpation.
11 n’y a pas de signes clinicpies d’insulli.sance hépatique, pas d’ictère, pas d’ascite.
Les extrémités des membres sont hyposphyxiques, et il existe un très léger degré d’œ¬
dème des membres inférieurs.
Les urines sont normales. Dans le liquide céphalo-rachidien qui est clair et de tension
normale : Ogr. 30 d’albumine par litre, avec 0,51eucocyLe au mme, et réaction de Bordet-
Wasscrmann négative. Cette réaction est également négative dans le sang, où il n’exisle
pas de formes cellulaires anormales. L’épreuve du bleu de méthylène n’a pas montré
d’insullisanco hépatique.
lin somme, le I ableau morbide nous semble caraciérislique : hypertonie,
mouvements invülontair('.s, [roubles mentaux et petit foie ; tout ce syn¬
drome dévcloppii au débui de l’adolescence. Aussi pensons-nous que le
diagnostic s’eu deigage de lui même. La seule question qu’il semble néces-
506
PAUL NAYIiAG
sairc de; se poser est celle de la place qu’occupe ce cas à l’intérieur de la
dégénéroscimcc hépato-lenticulaire, par rapport à la maladie de Wilson
vraie et à la pseudo-sclérose.
Comme les spasmes faciaux sont en somme peu marqués, le faciès de
la malade ne revêt pas l’aspect pénible de celui des wilsoniens, et l’on
serait tenté de penser à la pseudo-sclérose. Mais l’absence de pigmentation
cornéenne, l’existence d’une dysarthrie et d’une dysphagie très marquées
sont des présomptions importantes on faveur du diagnostic de maladie
de Wilson. Le critérium proposé par liai (1), noua voulons dire l’hyper-
tomc, ne nous apporte ici que peut de clarté, puisque cette hypertonie
existe, assez prononcée mais que, cependant, la rigidité observée n’est
pas aussi intense que dans les cas tout à fait typiques de maladie de Wil¬
son.'
Il semble donc bien que nous ayons affaire ici à un syndrome pattici-
pant à la fois des deux affections. A ce titre, notre obseivalion vieni tout
à fait à l’appui de l’opinion de Hall sur la réunion nosologique de la ma¬
ladie de Wilson et de la pseudo-sclérose.
Quant à l’origine des troubles présentés, il est particulièrement inté¬
ressant de consulter les antécédents héréditaires de notio malade.
Son porc est mort à l’ôgc do 38 ans d’imo « bronchite négligée » après deux ans
do maladie. Il ne tiavaillait plus depuis un an lor.'-quc naquit l’enfant.
La mère est actuellement âgée de 48 ans, et n’a présenté aucun état morbide jus
qu’à l'âge de 41 ans. A ce moment apparurent des troubles constitués d’abord par
des douleurs fulgurentes dans les membres inférieurs, püis dans les membres supé¬
rieurs. Deux ans après se sont installés les troubles de la marche caratéristiques de
l’ataxie locomotrice progressive, avec abolition des réflexes et signe de Romberg.
Actuellement, la mère de notre malade reste confinée au lit.
Ainsi, noire sujet est h fdh; d’un labdlique et d’un pneumopathe, pro¬
bablement laherculeux, dont le terrain héréditaire s’est manifesté chez la
malade par des ahcès froids cervicaux.
Si la tuberculose n’a jamais particulièrement al tiré l’attention des au¬
teurs dans l’ascendance des wilsoniens, en revanche la syphilis a été à
iliverses reprises mise en cause.
Momen (2), à propos de 3 cas, sans lésions ni stigmates bien probants de
spécificité, émit le premier l’hypothèse d’une origine hérédo-spécifique
de ce qui devait s’appeler plus tard la dégénérestumee hépato-lenticulaire.
[1 ) 1IA.LL. An déij/’.néreacencc Mpalo-lcnlicnlairc. Mnsson, 1921, p. 174-175.
(2) IlüMiiN. Einc (>ig(>tUumlicbc bei drci Gescbwilcrn auflrcU‘nd(! lyi». Krankheit
unlcr der l>'oru ciner [(rogressiven Dcmenlia in Verbindung mil au.sgcdcbnlcn Gefâss-
verânderungen (wobi Lues heredilaria larda). A. für Psiich. Bd, 24, 1893, p. 191.
DE LA DÊGÉNÊnESCENCE IIÊPATO-LENT ICULAIRE
507
Anton (1) a noté dans un cas un ramollissement du lobe frontal, qu’il
rapporta à une lésion gommeuse, et se rangea ainsi à l’avis de Homen.
Shrumpell (2) rapporta l’observation d’un cas de pseudo-sclérose où
l’étiologie syphilitique sc laissait soupçonner par l’existence d’une enscl-
lurc nasale.
D<î nombreux auteurs ont- très justement fait remarquer que la formule
analomo-p'athologique de la maladie de Wilson se sépare radicalement de
celle de la syphilis.
La dégénérescence hépato-lcnliculaire, sans parler de sa cirrhose, qui
rappelle en somme une cirrhose de Laennec très vasculaire tout à fait
différente de la cirrhose syphilitique, se caractérise au point de vue céré¬
bral par des lésions abiotrophiques : il s’agit de dégénérescence des cel¬
lules nerveuses, avec prolifération non réactionnelle de cellules névrogii-
ques géantes polynuclées, dites cellules d’Alzlieimer, et sans production
abondante de librilLs névrogliques, bref sans aucun caractère inflamma¬
toire. Ces lésions abiotrophiques sont tout à fait à opposer aux lésions
syphilitiques, qu’elles soient scléro-gommeuses comme dans la syphilis
tertiaire, ou purement inflammatoires comme dans la syphilis quater¬
naire que Sezai’y (3) a si justement comparée à un renouveau de syphilis^
primo-secondaire. Dans ces lésions syphilitiques, il existe des phénomènes
inflammatoires, et la réaction névroglique a un caractère surtout fibrillaire.
Il ne semble donc pas qu’on puisse retenir la syphilis comme cause
immédiate des lésions de la dégénérescence hépato-lenliculaire. Mais il
convient de rappeler que Rumpel (4) a repris l’ hypothèse de Homen,
d’Anton et de Strumpell, en considérant la syphilis héréditaire comme
entraînant un arrêt de développement fœtal du foie et du cerveau.
A notre avis, il faut prendre en considération cette opinion. Que la
syphilis ne créée pas directement la maladie de Wilson, le fait n’est guère
contestable. Mais no pout-on concevoir l’avaiio parentale agissant sur
certaines parties de l’œuf pour en perturber la vitalité, réalisant ainsi
plus tard les «lésions d’épuisement », les « Aufbrauchveranderungen » des
anatomopathologistes allemands ? Il ne faut pas dès lors s’étonner de no
retrouver pucun des caractères spécifiques de la syphilis, puisqu’elle n’a¬
git pas spécifiquement, mais bien comme cause de dystrophie de certaines
parties du germe embryonnaire. Il est d’ailleurs prcdiable que d’autres
infections ou intoxications peuvent jouer le même rôle. Dans le cas que
nous présentons en particulier, il semble bien qu’on puisse invoquer l’ac¬
tion de l’association de la tuberculoac à la syphilis, du « scrofulatc de
vérole ».
(1) Anton. Demonlia cliorpo-aslhcniea mil jiivonilov knni ifror Hyperplasie dcrLeber.
tW. m. IV. 1908, p. 2369.
(2) Sthumphu,. Kin wcilcrpr Bcilrafî ziir Keniitni.s (1er sofr. Pseiulosclérose. Z. für
Nervh. Bd, 14, 1899, p. 348.
(3) Sesaiiy. l>ath()fî(inie. de la paralysie gént'rale el du labts. Ltcviic neurologique,
avril 1921, p. 337.
(4) Bumpkl. Ueber das Wesen iind die Bedcetiing der I.eberveriiiiderungcn iind der
Pigmenlierungen bei deii daiiiil verbiiudenen l-’ülleii voii l'seiuloscKirose zugleich cia
Beilrag ziir Lelire voii der l’seiidosclerose (Wespbal-SI i (impell). Z. für Aervh. Bd49.
1913, p. 54.
508
PAUL NAYPAC
En résumé, nous pensons que la maladie de Wilson, affection non syphi¬
litique, peut être la conséquence indirecte d’une syphilis des ascendants.
Contrairement à l’opinion généralement exprimée, nous admettons donc
qu’il faut laisser une certaine place à la syphilis dans l’étiologie de la dégé¬
nérescence hépato-lenticulaire.
IV
DE L’INNERVATION SENSITIVE DE L’OREILLE
EXTERNE ET D’UNE PRÉTENDUE PARTICIPA¬
TION DU FACIAL A CELLE-CI
N. BETCHOV.
Clinique médicale de Genève (Prof. M. Ror.ii).
L’anatoinie cla,5siquc, en poursuivant l’étude des fibres nerveuses et de
leur distribution, la physiologie en établissant les anesthésies consécutives
à leur lésion, avaient donné une description siir'plc de l’innervation de l’o¬
reille externe qui est la suivante : Le îrijumeau innerve la paroi antérieure
du conduit, les nerfs cervicaux se rendent à la paroi inférieure et à une
bonne partie du pavillon ; entre ces territoires nerveux se place une bande
cutanée innervée par le rameau auriculaire du vague, elle comprend surtout
la paroi postérieure du conduit et une partie du pavillon. Ces trois nerfs
étaient chargés d’assurer la sensibilité de la région, et le facial, nerf pure¬
ment moteur une fois sa séparation d’avec la chorde du tympan effectuée,
n’y avait aucune part.
Mais depuis quelques années un système différent, qui met à contri¬
bution une « fonction cutanéo-sensilive du facial » a été érigée sur des bases
physiologiques, anatomiques et cliniques, et même, dans une mesure fort
réduite il est vrai, embryologiques.
Ramsay-IIunt, Van Gehuchten, Sherrington, Dejerine... voilà certes une
doctrine bien présentée ! Mais la concordance entre ces divers opposants à
la thèse classique manque ; les rôles respectifs du facial et du vague notam¬
ment sont compris d’une manière tort différente par les uns et les autres.
Nous avons eu l’occasion d’étudier indirectement ce problème au
cours de recherches embryologiques et c’est en prenant ce fil conducteur
que nous voulons aborder la question, dont le côté clinique aura également
à fixer notre attention. ,
Il appartient surtout à J. Ramsay-Hunl d’avoir défendu l’existence de
fibres sensitives appartenant en propre au facial. Dans le mémoire qui
nous fut accessible, il étudie 87 cas soit personnels, soit tirés de la littéra¬
ture, où l’atteinte du facial et une éruption zostérienne simultanée au ni¬
veau de l’oreille externe parleraient pour l’altribution au facial de fibres
d’innervation cutanée sensitive.
La démonstration est donc ici exclusivement clinique. Elle est basée sur
BEVUE NEÜBOLOGIQUB. - T. II, N" 6, DÉCEMBRE 1923.
5J0
iV. liETCnoV
une seule présoinpl ion (pie lUuiisay-i luiiL u’IiésiLo pas à érigw' en méthode
clinique : «Ihc lu'rpes /.osier methods ». Quant à l’argumcnlation embryo¬
logique, que cet auteur sont avec raison nécessaire; pour appuyer une thèse
l'ondée sur ces bases exiguës, elh; ocempe une place seecondaire dans son
e'xposé ; elle est cependant eonduii.e avec une précision et une logique sul-
lisantes pour nnel lrc (ui lumière, h;s e.onséqueiie.e's parfait lurient inadmissi¬
bles du point de; ebipart anal e)mie[ue; e[u’il s’agirait, ele; légitimer. Cette consé-
e[uence est rassimilat ieen ne‘ce;ssaire du rame-au auiiculairc du vague au
rameau latéral eb;s ventébrés inférieurs. Nenjs reenvoyons à nedre étude
eonbryologique ele; la epiestion pemr la eleunemst ral ieeii de l’impossibilité de
e-ette homologation.
Il resse)rt des e’d ueb’s ele Hamsay-Ilunt qu’il y aurait lieu d’attribuer au
facial eles rd)ros semsilivees, de;rielrites eleent le; corps cellulaire logerait dans
b; gangliem génie;idé ; edle’s suivi'aieent le; t renie élu nen'f jusepi’i'i sa sortie par
le trou stylo-rnastoielien, passe;raie;nt élans les rameaux auriculaires du
facial et demneraieent la sensibilité à une partie; élu t ympan, du conduit
auelitif externe, élu pavillem. Le rameiau anastomeilique provenant du
pneumogastrique; (e;l, ejiiedqueefeiis aussi du glosso-pbaryngicn) dit : ei rameau
auriculaire du pneeunmgastrique » n’appeirten-ait que eles fibres sensitives
pour la peau du [ili aurie-ule)-ce;rvical. A la surface externe de la tête, lejs
zones d’innervatiem ele la régiem ele l’oreille; seraient, alors, en allant d’a¬
vant en arrière; ; trijumi-au, faedal, prieunmgasl rique;, nerfs cervicaux. Ces
elilîe‘re;nts teurit eiii'e's erimien-valiem se; révèle;nt selem Ramsay-llunt par les
elisjieisitions partie'uliére's ele-s zonas qui fraj)pe;nt 1 ed em t.ed ganglion crânien.
Le facial inne;rve>rail. em emtre; une; zone; inl.ra-buccale; meiins bien déli¬
mitée; ; sans parb'r eles eleuxlie;rs antérieurs ele, la langue, ([ui, bicnentendu,
re;ssortisse;nt ele; sem eleemaine; ])ar le; fait ([u’ils se)nt inne;rvés par la cborele
élu tympan.
Dejerine, ave;e; Tiiud ed Iletiuer, à jereejeees el’un e'as ele; zenia avec, paralysie
faedale;, décrivemt, un 1 euiiteiire; se;nsi1if élu ganglion géniemlé occujeant le
e emeluit auelilif exlcriu' et l’eentre'e elii méal . Ils n’be;site;nt pas à conclure
e[ue; le; rameau auricubure' élu vague; eb;s atiaieunistes eloit en réalité tirer
son eerigine élu gangliem génieudé lui-même;. Ils feint, eleine; table; rase eles eles-
e'riplions ele;s amil eimisi e's e;t emnl re;elise;nl, l’iid eu'pre'd al ion de Itamsay-
llunt ejuant ei l’eirigine' ed. au relie; élu ramemu aurieudaire'.
Cedte thèse; el’im faedal sensitif paraît, ae'ceqilée aujeiurel’bui de; plus em
]dus. Souques, J . n. Pierre, Woriiis e;t V. de Lavergne, Sicard, avec neimbre
el’autres autemrs, l’aea-eqitemt ed, la propageud,. I/inteTevt epie suscite cette
epiestiem se traeluit ememre; jiar le;s re;edie;redie‘.s anateimiques réceudes ele
Hovelacque e't Roussei sur le;s tile;ls e{ui jiartent, élu facial jiour se renelre
élans la région ele’ l’eiredlle- eoxleume'.
La eloct rine; e;sl basée' avantt eml, sur eb'S edise-rved ieins asse'z e'one'eirelaid.e'S
de' zemas ele; la régiem iuiiie'ubiire; e't il e;st leiut el’abeirel ineliepié erexamine;!'
eb' plus luêl ce <[ui' jie'id valeur e'e;tt e; base.
Or, eleu.x eibji'e t iems feinebuneeid ab's se; elre'sse'iit ilnméeliat e'inent :
1" Les zonas n'onl jxis néeessuireinenl une dislriliulion radiculaire. S’il
DE L’INNERVATION SENSITIVE DE L'OREILLE EXTERNE 511
est vrai qu’un zona du tronc frappe souvent un territoire qui répond très
exactement à la distribution périphérique d’une seule racine postérieure,
une disposition moins schématique se réalise cependant fréquemment. Le
zona atteint alors plusieurs étages radiculaires à la lois, ou encore sa zone
d’influence dessine une bande horizontale, sans souci des troncs nerveux,
qui, je m’excuse de la rappeler, ont un trajet plutôt oblique par rapport à
l’axe longitudinal du corps. Les frontières du zona coupent dans ces cas
les territoires sensitifs sans égard aucun pour la distribution des racines
médullaires comme le relevait Trousseau en 1865, puis Brissaud, Ch. A-
chard, Thibierge, Grasset. (Certains donnèrent meme du phénomène une
explication qui surprend : Balinann, Squire, Abadie, Pfeiffer, invoquaient
l’on ne sait quels territoires artériels, d’autres voulaient tout expliquer par
un parcours horizontal des nerfs intercostaux (?). Il serait plus rationnel
d’accepter avec Achard et Grasset une localisation de l’infection zosté-
rienno sur des centres intra-rnédullaires, centres d’innervation segmen¬
taire, sans rapports avec la métamérie radiculaire elle-même.
On peut encore penser que le virus du zona peut se propager le long des
troncs nerveux et, par voie d’anastomose, sauter d’un étage radiculaire à
l’étage voisin. Effectivement, Marinesco et Draganesco décrivent actuelle-
m(!nt le zona comme une « épithéliosc neurotrope », due selon eux à un
virus capable de se transporter le long des troncs nerveux, en suivant les
espaces lymphatiques. Nous sommes donc loin du zona cantonné dans un
ganglion déterminé (d en dessinant le domaine périphérique par des sortes
de troubles trophiques.
Quoi qu’il en soit, il est bien évident que le zona est un argument abso¬
lument infidèle lorsqu’il doit à lui seul prouver et délimiter le territoire
sensitif périphérique régi par un ganglion donné.
2° G(vtte premièri! dilïiculté n’existerait-elle pas, que la suivante vien¬
drait à elle seule infirmer la valeur de la méthode des zonas : on ne peut
jamais savoir sans e.ramen anatomique d un zona s’étend sur un ganglion
ou sur plusieurs ganglions voisins. On peut, il est vrai, le dire... à condition
de connartn; d’avance le territoire de ce ganglion ; mais lorsqu’il s’agit
justement d’en explorer la distribution périphérique, comme c’est le cas
dans lestecherches de Ramsay-Hunt, cette difficulté empêchera toujours
de dessiner un territoire radiculaire d’après l’extension d’une zone frappée
do zoster. L’objection est illustrée d’une manière flagrante par l’auteur lui-
même ; dans les cas qu’il rapporte, la paralysie du facial s’accompagne non
seulement d’herpes de l’oreille externe mais le plus souvent aussi de locali¬
sations auditives témoignant d’une parlicipation de la huilième paire, ou
de vertiges, ou d’éruplions sur les trajets de fibres du glosso-pharyngien,
du pneumogastrique, des nerfs cervicaux ou de symptômes internes en
rapport avec l’atteinte di: ces mêmes nerfs (céphalées, bradycardie, rai¬
deur de la nuque...) .
Du reste, Ramsay-l lunt établit lui-même qm; les ganglions crâniens ont
beaucoup moins que ceux du rachis la tendance à faire des zonas localisés ;
au contraire l’absence d’une capsule entourant le ganglion y favorise
512
N. TIETCIIOV
l’extension du zona à des nerfs voisins. Il est assez surprenant que, malgré
cela, l’auteur ait pensé pouvoir édifier sur sa « méthode des zonas » une
distribution de la surface cutanée de la tête en zones segmentaires radi-
La plus grande réserve s’impose donc dans fusagiMbunc telle méthode
d’investigation. La « méthode des zonas » est inopérante et pourrait tout
aussi bien être invoquée en faveur des thèses anatomiques les plus extra¬
vagantes.
Anatomiquement, c’est-à-dire par la méthode de la dissection, le pro¬
blème n’est pas soluble. En effet, les filets qui partent du facial au-dessous
du trou stylo-mastoïdien pour se rendre dans le pavillon et arrivimt à
perforer le cartilage, comme Pierre a pu s’en convaincre sur des prépara¬
tions de Truiïert, ne sont pas nécessairement à rattacher au système du
facial. 11 est tout aussi probable qu’ils appartiennent au rameau auriculaire
du vague, qui — on le sait depuis les premières descriptions d’Arnold —
abandonne des fibres dans le tronc du facial.
Mais la physiologie a livré d’autres arguments en faveur de la nature
sensitive de queh[ues lihits apparl.enant (ui propre au facial et a voulu
prouver leur distribution à la peau de la région auriculaire.
Van Gehuchlen (cité par Baudouin) aurait constaté, après section du
facial au trou stylo-mastoïdien, la chrornatolyse d’un certain nombre de
cellules du ganglion géniculé.
A ces données, il faut opposer celles d’Amahilino qui, dans les mêmes
cf)nditions d’expèri(!nce, n’avait constat é aucune chromatoly.se. Par contre
celle-ci est constante après la section de la chorde du tympan et frapi)c les
4 /5 des cellules du ganglion. Le 1 /5 restant ne peut êirmm rapport avec les
fibres du tronc du facial, mais serait, srdon Amabilino, formé de cellules
se l'amifiant à l’intérieur du ganglion. Nous ajouterons que nombre de ces
cellules doivent, être des neurones sensitifs du nerf grand pélreux super¬
ficiel.
Sherringlon, cité par plusiriurs auteurs (Baudouin, Soucpies, Claude et
Schæffer) sans qu’aucun n’appert, e la citation bibliographique exacte,
aurait réséqué chez le macaque le ganglion géniculé et observé l’anesthésie
de la conque, d’une partie de l’anthélix, de la fosse de l’anthélix et du
sommet de celle-ci.
En face d:; ces résultats si catégoriques il est curieux de constater que
l’observation clinique humaine, pour la<[uelle les lésions du facial ne sont
cependant pas d(! bien grandes raretés, e.d presque mmdte.
Selon Pierre, dont l’attention a été spécialement portée dans cette direc¬
tion, les troubles sensilifs sontbeaucoupmoinsfréquenlsetmoinsnetsdans
le domaine de Ramsay-Ilunt que dans crdui delà chorde du tympan (7 lois
sur 50 cas d<! paralysie faciale a friyores, 3 fois sur 15 dans hrs paralysies
par tumeur de l’angle ou par vieille olilrr).
Cotte proportion réduite de cas où il existe des t roubles de la sensibilité
pose la question de savoir si ces troubles ne sont pas à expliquer par des
lésions du rameau auriculaire du vague, lésions qui s’expliq\ient facilement
DE L'INNERVATION SENSITIVE DE L'OREILLE EXTERNE 513
en cas de névrite ou d’otite. Le cas crucial, c’est-à-dirc la tumeur do l’angle,
ne fait pas l’objet d’une recherche isolée dans la relation de Pierre.
Personnellement, nous avons eu l’occasion d’examiner récemment trois
cas de paralysie périphérique du facial, en faisant porter notre investigation
sur des troubles éventuels de la sensibilité. Ceux-ci se retrouvent, plus ou
moins facilement suivant les cas, dans le domaine de la chorde du tym¬
pan ; mais il ne nous a pas été possible d’en relever dans le domaine décrit
par Ramsay-IIunt. Un de nos cas démontrait cependant une paralysie
totale de la huitième paire, qui témoignait du siège intra-cranien de la
lésion et de son importance.
Notre contribution clinique à la question est faible, mais on voudra
bien convenir qu’un serWce hospitalier ne montre pas en grand nombre des
cas qui pourraient aider à trancher le débat. En effet, il est indispensable
que la lésion du facial porte sur son trajet intra-cranien ou intra-pétreux ;
de plus, elle doit siéger au-dessus du passage du rameau auriculaire du
vague, sans quoi les troubles sensitifs seraient attribuables à l’atteinte de
ce dernier nerf.
D’ailleurs, il est frappant de voir combien les arguments cliniques font
défaut lorsqu’il est question de prouver le rôle sensitif que certains auteurs
ont voulu attribuer au facial, en dehors de la fameuse «méthode des zonas».
Au contraire, les arguments abondent lorsqu’il s’agit de corroborer clini¬
quement le rôle du vague dans l’innervation du conduit auditif, comme il
a été établi par l’anatomie et la physiologie classiques et comme il a été
nié par Déjerinc et Ramsay-EIunt.
La toux « auriculaire » est volontiers citée comme une illustration de
cette présence de filets de la dixième paire dans la muqueuse de l’oreille
externe et des réactions réflexes que cotte disposition anatomique étend
à tout l’ensemble du vague.
Tout récemment, MendeZ décrit l’hyperesthésie de la même région comme
symptôme de méningite, en rappelant que le vague participe à l’innerva¬
tion des méninges par un nerf partant du ganglion jugulaire, qui est aussi
point de départ du rameau auriculaire.
D’.mtre part, Chartier, d’après scs observations de chirurgie de guerre,
signale l’hyperesthésie de la paroi postérieure du conduit auditif au cours
des lésions irritatives du vague siégeant au niveau du trou déchiré pos¬
térieur (v. Solfier, n° 24).
De même. Halphen constate que la névralgie du nerf laryngé supérieur
s’irradie vers l’oreille. La réciproque est vraie : chez ces malades l’attouche-
nient du conduit auditif externe au porte-coton réveille une sensation
de chatouillement au niveau de la base de la langue.
Un auteur allemand, Goldberg, souligne le même phénomène à propos
d’une discussion sur la signification du signe décrit par Mendel.
Ces arguments cliniques concordent à affirmer l’innervation sensitive
du conduit auditif par le vague.
Il nous reste à aborder le côté embryologique de la question.
Nous avons pu constater chez l’embryon du porc que le vague envoie
HfcVUK NKUHOI.OG1QUE. — T. II, N" 6, DÉCEMIIHE 1923. 33
514
iV. BKTCIIOV
très cerlaincmeiit ses filets jusque dans le dénué de l’oreille externe, au
pavillon et à la paroi postérieure du conduit [Biekhov, n» 7).
Un schéma, pour la justification duquel nous renvoyons encore à noire
étude sur le rameau auriculaire du vague, montrera mieux que toute une
discussion comment nous nous représentons la genèse embryologique l'e cette
disposition ; il montrera aussi combien il serait dillieile d’accepter le terri¬
toire sensitif du facial selon Ramsay-llunt sans brouiller un plan qui est
en réalité fort simple et très apparent. Sur notre schéma, les nerfs segmen-
Plan fondamental, leline le révèle l’E nbryologio, do la distribution nerveuse au niveau
de l’oreille . Sebématiquo .
V3 : trijumeau : VII : facial; etc.
C .'i”Carotido’(troisièmo arc vasculaire branehiul)
taires, V, IX, X et cervicaux sont disposés en un alignement antéro-pos¬
térieur qui n’exprime rien d’autre que l’alignement primitif d..s arcs bran¬
chiaux, point de départ du modelage de la tête. Dans cette ordination, le
facial apparaît comme sorti du rang, mouvement qu’il a effectivement réa¬
lisé au cours du développement lorsque le deuxième arc — et son nerf avec
lui — s’est porté en dehors et en arrière pour aller former un processus
opcrculaire (Babl, Ilis) (19). Tout ce mouvement laisse du reste chez l’a¬
dulte une signature des plus nette pour peu qu’on sache la lire : nous vou¬
lons parler du trajet en baïonnette du facial, dont le tronc se trouve comme
refoulé en arrière et en dehors depuis sa sortie du ganglion géniculé.
DE L’INNERVATION SENSITIVE DE L’OREILLE EXTERNE 515
Ce déplacement en arrière du nerf facial l’amène contre les fdels du
vague ; le glosso- pharyngien reste en dedans et se trouve écarté de toute
participation à l’innervation cutanée. L’oreille externe se forme par un
enfoncement de la région de l’opercule et de parties voisines, si bien que
les deux premiers arcs branchiaux, les aerniers arcs et les premiers seg¬
ments cervicaux sont appelés à fournir les éléments constitutifs de l’o¬
reille ext rne.
A supposer donc que le facial, nerf du deuxième arc branchial, renferme
quelques éléments sensitifs en dehors de la chorde du tympan (ce qui reste
encore à prouver) leur zone de distribution ne pourrait être que fort ré¬
duite : une partie du tympan, le recoin postérieur entre tympan et conduit
auditif... Nous sommes loin de l’innervation par ce nerf de la paroi posté-
l'ieure du conduit, plus les parties les plus importantes du pavillon, comme
1(! voudraient nombre de neurologues, à la suite de Ramsay-Hunt .
Il faudra cependant tenir compte de la possibilité de différences entre
espèces animales, ne pas oublier les anomalies qui peuvent se présenter
chez l’un ou l’autre individu.
En somme, s’il est vrai que la possibilité théorique d’une faible partici¬
pation du facial à l’innervation sensitive du conduit auditif résiste à la
critique embryologique, il reste que la réalité de cette participation est
loin d’être établie chez l’homme.
De plus, tout ce que nous savons d. la pathologie est trop univoque
pour que nous ayons à changer pour le ïnojnentquoi quecesoitàla descrip¬
tion classique ;
La sensibililé de l’oreille externe est assurée par le trijumeau, le vague et
les racines cervicales (Poirier et Charpy, Testut) et : d partir de la corde
du Igmpan, le facial est un nerf exclusivement moleur (Ch. Bell, Magendie,
Cl. Bernard).
BIBLIOGRAPHIE
1. Achard. — Sur la topographie du zona. Soc. méd. Iiûp., 1896, p. 246.
2. R. Amadilino. — Sui ropporti del ganglio genicolatoconlacordadeltimpanoccol
faciale. I^Pisani 1898 (asc. I (v. Analyse dans Revue Neurol., 1898, p. 610).
3. Fr Arnold — ■ Dcr Kopfleil des vegeiaiiven Nervensijstems heimMenschen. Heidel-
lierg et Leipzig, 1831.
4. E. Baudouin et P. Lantuejoul. Les troubles moteurs dans le zona. Gaz. des
Hôpitaux, 1919, n» 82, p. 1293.
5. M. E. Baudouin. — Le système sensitif du facial. Gaz. des Hôpitaux, 1921, n° 32,
p. 501.
6. N. Betchov. — Essai sur la segmentation branchiale des nerfs crâniens. Revue
suisse de Zoulogie, 1918, vol. 26, p. 223.
7. N. Betchov. — Le rameau auriculaire du pneumogastrique. Son évolution em-
bryoïogique, sa signification morphologique gém'rale, sa place dans la série métamé-
l'iquc des nerfs crâniens. Archives d’ Anatomie, d’IIistolni/ie et d’ Embryologie ,1^22, l. I,
p. 293.
8. A. Bloch. — Zona des septième et huitième paires crâniennes. Presse Méd., 1922,
II" 66, p. 715.
9. Buissaud. — Leçons sur les maladies du système nerveux, t. 11, 1889.
516
N. BETCnOV
10. II. Claude et M. Sciiaki-eer. -• I.o zona paralyliqiin des norfs crânions et la
théorie do la poliomyélite poslérienre aiguë. Presse Méd., 1911, n“ 42, p. 437.
11 . Diî.iKniNE, Tin HL, IIeuyeh. - - Zona de Torcillo et paralysie lacialc. Revue neural.,
1912, p. 466.
12. En. GoDiiKno. — Das AnricularissymplomdorMoningiLis. Klinische Wochenschrift,
1923, n» 29, p. 1365.
13. Giiasskt. — Clinique médicale, IV, p. 192, 1903.
14. llALOiiEN.— .Soc. Méd. Ilâp., 1923, p. 1154 (du 20 juil. 1923).
15. llovELACQUE oL Houssi'.T. • Note, sur la disposition anatomique du rameau
sensitif du conduit auditif externe et du rameau auriculaire ])ast6rieur du facial. Soc.
Anal., 1922.
16. G. M^rinesco et G. Duaüanhsco. — Contribution à la l’atliogénio età la physio¬
logie pathologique du zona zoster. Rev. Neuro., 1923, n“ 1, p. 30.
17. B. Mendel. — Das Auricularissymptom der Meningitis. Klinische Wochenschrift,
1923, n» 17, p. 782.
18. .1. H. Pierre. — Les troubles de la sensibilité dans les paralysies du nerf facial.
Presse Méd., 1922, n» 45, p. 488.
19. C. Habl. Zur Bildungsgeschichte des llalses. Praqer Med. Wochensch., 1886-1887,
n"» 52 et 1,]). 497 et 3.
20. Ramadieb et Perrier. — Polymorphisme du zona otitique i-zona total du gan¬
glion géniculé. Presse méd., 1922, n” 66, Ji. 715.
21. J. Bamsay-IIunt. — The symptom complex of the acute posterior iioliomyelitis
ot the geniculatc, auditory, glossopharyngeal and pneurnogastricganglia. Archives of
Internai Med., 5, 1910, p. 631.
22. T. W. Shore. — On the minute anatomy ut the yagus nerve in selacians with
remarks on the segmentai value ot the cranial nerves. ./ourn. 0/ ylniil. et Physiol., 23,
1889, p. 428.
23. J. A. SicAR», II. Roger, A. Vernet. - - Les zonas de lu face. Zona du trijumeau
et zona du m^rf facial on zona otitique. Rev. Neurol., 1919, p. 15.
24. SoLLiER, Chartier, Rose, Villandre. — Traité clinique de neuroloyie de guerre,
1918.
25. A. Souques. — Syndrome du ganglion géniculé : zona de l’oreille externe avec
paralysie faciale et troubles auditifs. Soc. méd. hop., 1920, p. 146.
26. Tiiiuierge. — Traité de médecine Ruuchard-Rri.ssaud, t. III, p. 268.
27. Trousseau. — ■ Clinique médicale, I, p. 192, 1865.
28. G. WoRMS et V. de Lavergne.— Zona (d paralysie faciale. Du syndrome géniculé
à la paralysie faciale proprement dite. Paris Méd., 1922, n” 23, p. 481.
PSYCHIATRIE
V
UN CAS DE DÉLIRE HALLUCINATOIRE AUDITIF
CHEZ UNE TÉLÉPHONISTE SURMENÉE
O. CROUZON et J. ROGUES DE FÜRSAC.
Le cas que nous rapportons ici soulevait un problème assez délicat de
diagnostic, de pronostic et de thcrapîutique, et pose une question de patho¬
logie professionnelle que nous croyons nouvelle et d’une certaine impor¬
tance.
Le 24 juin 1920, le ménage X. se présentait au cabinet de l’un de nous, venant con¬
sulter au sujet do Mme X. Celle-ci se plaignait d’entendre des voix dont le mécanisme lui
échappait. S’agissait-il d’hypnotisme, de magnétisme, de suggestion, do télépathie ?
Elle ne savait que penser. Par contre, elle nlhésitait pas à en rendre responsable des
voisins avec qui elle était en mauvais termes et qui, déclarait-elle, s’acharnaient à la
persécuter. Elle espérait qu’il devait y avoir des moyens médicaux pour lutter contre les
influences occultes et malfaisantes qui s’exerçaient sur elle et, d’accord avec son mari
qui partageait absolument son interi)rétation des faits, elle s’était décidée à demander
l'avis d’un spécialiste en maladies mentales.
L’examen montra des hallucinations auditives extrêmement actives, associées à
<lifférents griefs contre certaines personnes, griefs qui, de prime abord, pouvaient être
considérés comme intégralement délirants, mais tpii, ainsi qu’on le verra plus loin, ne
l’étaient que partiellement. La malade était parfaitement lucide. Pas trace d’affaiblisse¬
ment intellectuel ni de confusion mentale. L'exiiosé des persécutions réalisait un sys¬
tème rigoureusement coordonné. Le début remontait à de longs mois. Cet ensemble
devait tout naturellement orienter le médecin vers la psychose hallucinatoire chroni¬
que, et c’est certainement à cediagnostic qu’on se fût arrêté si on s’était contenté d’un
examen extemporané et rapide. C’efit été une erreur, et une erreur assez grosse de consé¬
quences.
Le mari, interrogé hors de la présence de la femme, une fois l’examen direct terminé,
partageait, ainsi qu’il vient d’être dit, iileinement les convictions de la malade et ne
doutait pas que celle-ci ne fût victime de manœuvres aussi abominables que mysté¬
rieuses. Quand il futinformé que safemme était t-cut sim])lement \]ne délirante, que ses
“ voix » constituaient un trouble mental, dont l’origine était en elle et non pas hors d’elle,
il fut stupéfait. Cependant, lilus raisonnable que ne le laissait prévoir la naïveté dont il
avait fait preuve, il aeeei)ta !<■ jugement du médeein. — Les détails qu’il fo\irnit sur le début
et l’évolution des tr<iubles mentaux, associés aux propres déclarations do la malade,
permirent de reconstituer l’histoire de la maladie et il’établir la genèse des troubles.
Aucun antécédent héréditaire connu.
Eu fait d’antécédents personnels, aucune maladie de (pielque importance, intelli¬
gence normale, tempérament émotif, caractèn’ imiiressionnable avec une nuance para¬
noïaque, semble-t-il, assez marquée.
BEVUE NEUBOLOQIQUE. - T. II, N“ 6, DÉCEMBIIE 1923.
0. CROUZON ET J. ROQUES DE FURSAC
5!S
Mnio X. (‘sl entrée clas les Postes où elle a fait une carrière normale. De 1914 à 1920,
ell(‘ a été employée au service téléphoniqiuu
La guerre venue, son mari fut mobilisé. Comme elie était sans enfant, elle sc trouva
dans une solitude qui lui fut pénible. D’autre part, son servic(^au téléphone était (extrê¬
mement chargé. Une fois par semaine au moins elle devait assurer, en plus de son ser¬
vice régulier, un service de nuit.
Vers la fin d(‘ la guerre, elle se sentit surmenée, déprimée. Elle perdit le sommeil.
Elle souffrail de la tête, d’une céphalalgie frontale. A la même époque, dans le courantde
l’année 1918, survinrent des dillicultés avec ses voisins. Les relations avaient été cor¬
diales et même em|ireinles d’intimité ju.'^r[uc-là. Peu à peu à la suite, de différentes cir-
conslances sur lestpieiles il est inutile, d’insister et où Mm(( X. nous allirme ■ — ce qui
est assez naturel - ■ que tous les torts furent du c(jté de ses co-locataires, survinrentdes
« piques », des potins, enfin une broidllc définitive. Mme X. et les siensfurent assaillis
de lettres anonymes, contenant des injures et des calomnies à son adresse. Le mari avait
reçu un certain nombre de ces lettres, et il avait vu les autres. Par conséquent il n’y
avait là rien (pie de très réel, et ([u and Mme X. se plaignait de persécutions de la part de ses
voisins, il y avait, dans ses plaintes, tout au moins une part de fondement. Cependant son
mari s’ajierçut à un moment donné ((u’idlc « exagérait»—- s’il avait été psychiatre, il
élit dit ([u’clle « interprétait ». Des faits (|ui, considérés de sang froid, eussent été jugés
par elle parfaitement indifférents lui jiaraissaient des manifestations d’hostilité ; si
elle apercevait scs voisines causant entre elles ou avec la concierge, elle était convaincue
qu’elles disaient du mal d’elle ; si elle entendait plusieurs personnes parler avccquelque
animation dans l’escalier, elle entrait dans des transes.
Le ménage X. décida de changer de logement. C’étaitfort dillicile. Pendant desmois,
il fut impossible de rien trouver. Cependant l’état de Mme X. s’aggravait, elle ôtait
dans une anxiété perpétuelle. Elle n’avait plus ni sommeil ni appétit. Elle maigrissail
à vue d’ceil. Eu juin 1919, elle demandaun congé (pii lui fut refusé. La situdtionne fit
(pi’empirer.
Un soir de novembre 1919, M. X. était couché et dormait, (piand .sa femme le réveilla
tout d’un coup et lui dit : « Entends-tu tout ce monde qui monte l’escalier ? M. X. tendil
l’oreille et n’entendit rien. Un neveu de Mme Xi qui se trouvait ià déclara n’entendre
rien non plus. Mme X. se fâcha et se mit à répéter les paroles ([u’elle entendait. C’était
le gérant de leur immeiible qui disait : « Us n’ont pas payé leur terme... On vu les mettre
à la iiorte. » Uni- autre voix, ([ui était sans doute celle d’un huissier, répondait : « Mais
on ne peut pas saisir une fonctionnaire... » Une troisième voix, celle d’un agent, répli¬
quait à son tour : » Vous ne monterez pas... Je ne laisserai pas monter. » Mais la voix
du gérant reprenait : « Je monterai. » D’autres voix se mêlèrent auxpremières. Toute la
nuit sc passa ainsi, au milieu d’une sorte de feu d’artifice d’hallucinations auditives.
Le lendemain, ipiand Mme X. sortit de chez elle pour se rendre à son service, les voix
cessèrent (lès qu’elle fut dans la rue. Mais à peine eut-elie iiéiu’tré clans son bureau qu’elle
enlendil ses colh’^gues et ses chefs sc livrer à toutes sortes de réflexions à son sujet,
réflexions malveillanles ou bienveillantes : «Tiens, la voilà qui revient... Vous croyez V
C’est elle... On va encore l’écovJter sur son poste.... Elle ne fait pas son service... Si !
elle le fait bien... Non 1 elle ne le fait pas... Elle donne tant de communications dans la
journée 1 Croyez-vous qu’elle en a du mal », etc., etc....
Une voix d’hoinnu! autoritaire dominait le charivari. De temps en temps, elle (iisail :
« Allez I njmpez ! » f
Néanmoins, fait intéressant à noter, les liallucinations ne se mêlaient pas avec les
voix réelles des abonnés. Mme X. put faire son service et personne ne s’aperçut de rien.
Cela eontinua pendant des mois. La ])lus gronde partie des nuits se passait à entendre
les voix. S’il arrivait à la malade de s’endormir, elle était réveillée au bout d’un teiniis
plus ou moins long par une sensation d’éclair devant les yeux, puis, nous dit-elle, aussi-
t(*it « la séance recommençait », ies voix reprenaient et elle assistait de nouveau à des
réflexions, des conversations et des discussions dont elle-même et ses affuiresfournis-
saient toujours la matière.
yuand le mari eut terminé son exposé des faits, la malade fut rappelée et mise en
UN CAS DE DÉLIRE HALLUCINATOIRE
519
présence de la réalité. On lui dit que les voix qu’elle entendait étaient purement ima¬
ginaires, qu’il s’agissait d’un trouble mental fréquent et parfaitement guérissable et que,
dans peu de temps, si elle voulait bien se laisser soigner et convaincre, elle en serait
débarrassée. Elle fut, bien entendu, stupéfaite, abasourdie. Il ne s’agissait donc pas de
magnétisme, de télépathie, d’hypnotisme, de suggestion ? Elle montra d’abord quebpie
scepticisme, puis reconnut qu’après tout clic ne connaissait rien à ces choses-là, que
c’était l’affaire des médecins, et termina en déclarant que si elle était une malade, elle
ne demandait pas mieux que de faire le nécessaire et de guérir. Cette modestie et cette
confiance n’étaient nullement dans la note d’une psychose hallucinatoire chronique et
permettaient, au point de vue du pronostic, tous les espoirs.
On était ainsi conduit à rechercher l’origine et la genèse du délire. On trouvait alors :
Une femme profondément affectée par une hostilité réelle, chez qui de cruelles blessu¬
res d’amour-propre avaient déterminé un état passionnel morbide, avec tout uncortège
d’interprétations, d’abord simplement fausses, puis nettement délirantes ;
Une femme surmenée dans tout son organisme, mais plus particulièrement, en raison
de sa profession de téléphoniste, surmenée dans ses centres psycho-sensoriels auditifs.
Le surmenage général réalisait le facte\ir banal qui se trouve à l’origine d’une foule de
maladies mentales. Le surmenage auditif pouvait expliquer la forme particulière qu’a¬
vaient pris chez Mme X. les troubles psychiques et dont la caractéristique essentielle,
la dominante, était constituée par les hallucinations auditives. Il n’était pas déraison¬
nable do supposer que, en raison d’une hypersensibilité des centres cérébro-auditifs, le-
préoccupations pathologiques de la malade s’extériorisaient, avec une prédilection allant
jusqu’à l’exclusivité sous la forme d’hallucinations de l’ouïe.
Cette étiologie et cette patbogénic portaient en elles les directives du traitement et
il était raisonnable d’admettre que le succès ou l’insuccès serait la pierre de touche qui
permettrait de dire si l’interprétation proposée était légitime ou non.
11 y avait dans le cas do Mme X. trois indications.
La malade vivait dans un milieu hostile qui entretenait chez elle l’état passionnel
morbide : donc, première indication, la changer de milieu.
La malade était une surmenée : donc, deuxième indication, lui procurer un long repos.
Les centres cérébro-auditifs avaient été mis, du fait des occupations de la malade, à
une éi)rcuve qui paraissait dépasser leur capacité de résistance : donc, modifier les
occupations de la malade, ce qui pouvait être obtenu en lui procurant, dans son admi¬
nistrai ion, un emploi autre que le service des aiqjarcils.
Les époux X. furent engagés à changer de logement. Un repos de trois mois tut pres¬
crit, à la suite duquel la malade pourrait reprendre son service, mais un service indé¬
pendant des ajipareils.
Ces prescriptions furent observées à la lettre.
Mme X. tut envoyée par l’administration des Téléphones à la consultation de l’un
de nous qui, après examen <le la situation, proposa un repos de trois mois cl ultérieure¬
ment my changement, il’affeclation. Le congé fut accordé et l’adminislralion décida
que Mme X. serait affectée, à son reto\ir, à un service de bureau.
Aussitôt la situation réglée, la malade quitta Paris et alla s’installer a la campagne
dans le midi.
Pcndaiil cü temps, s-ou mari se mit à la recherche d’un nouveau logement. Il eut la
chance de découvrir dans une localité suburbaine de Paris — très loin du quartier qu’il
avait habité jus pic-là - un petit pavillon isolé oui répondait parfaitement à ce qui
avait été prescrit.
L’ordonnance médicale avait donc été scrupuleusement suivie.
Voici quels furent les résultats.
Les premiers jours qui suivirent la consultation les voix continuèrent. Mais la malade,
tout en les entendant, se disait (jue ce n’était jias des voix réelles, mais des voix imagi¬
naires et maladives, que c’était en elle qu’elles se produisaient, qu’elle voulait guérir
et qu’elle guérirait. En un mot, elle rectifiait ses hallucinations et réussissait, par un
effort de raisonnement et de volonté, à eu iaire des hallucinations conscientes. Assez
520
O. CROVZON ET J. ROQUES DE FURSAC
rapidcmonl clics sc firent moins distinctes, moins fréquentes, puis simplement épiso¬
diques. Enfin,™ octobre, elles apparurent pour la dernière fois.
Son congé de trois mois terminé, Mme X. se sentant encore fatiguée, demanda une
prolongation d’un mois qui lui fut accordée. Elle vint habiter .son nouveau logement.
Eloignée de son ancien milieu, les idées do persécution disparurent. Il ne resta plus que
le souvenir des persécutions passées, rectifié quant aux interprétations délirantes, en
partie tout au moins, car il est difllcilc de faire exactement la part de ce qui, dans les
griefs de la malade, était réel et de ce qui était pathologique.
Au début de novembre, Mme, X. reprit ses occupations professionnelles, mais elle fut
affectée, conformément à l’engagement pris par l’Administration, à un service de bureau,
non au service des appareils. Elle s’acquitta — et elle a continué à s’acquitter depuis — ■
parfaitement de se tâche. Au total, à la fin de 1920, elle pouvait être considérée comme
guérie et elle est restée guérie. Son état neuro-psychique est, en effet, actuellement
normal, abstraction faite de quelques phénomènes neurasthéniques sans gravité (sen¬
sation de pre.ssion sur le crâne, quelques douleurs de la nuque, un peu de fatigabilité).
Il n’est pas impossible que ces troubles, légers d’ailleurs, nous le répétons, soient en rela¬
tion avec la crise de la ménopause dans laquelle Mme X. parait entrer : depuis 6 mois,
au moment de notre dernier examen, elle n’avait eu ses règles que deux fois.
Il est donc légitime d’admettre que nous sommes en présence d’une guérison valable,
sanctionnée par l’épreuve de trois années.
l.es résultats du traitement ont ainsi pleinement confirmé l’interprétation étiolo¬
gique et pathogénique des faits.
Ce cas nous a paru intéressant à relater.
Tout d’abord il montre combien l’appareil symptomatique peut être
trompeur en psychiatrie et combien il est important non seulement d’exa¬
miner soigneusement le malade, mais d’être renseigné d’une façon rigou¬
reusement précise sur les conditions dans lesquelles les troubles mentaux
sont apparus et sur l’évolution qu’ils ont subie depuis leur apparition. S’en
tenir aux résultats de l’examen direct aurait probablement conduit, dans
le cas qui vient d’être exposé, à une erreur, tandis qu’une étude soigneuse
des antécédents immédiats et éloignés de la malade avait des chances
d éconduire à une compréhension exacte du cas et é une thérapeutique appro¬
priée , et c’est en effet ce qui s’est produit.. Si l’on s’en était tenu aux cons¬
tatations directes, on eût dit : délire de persécution systématisé avec hallu¬
cinations de l’ouïe, vraisemblablement psychose hallucinatoire chronique,
et on eût conclu à l’internement dans un asile d’ahénés. Sans doute la
malade eût guéri à l’asile, comme elle a guéri en liberté, puisque les deux
conditions thérapeutiques essentielles (isolementdu milieu et repos) eussent
été réalisées. Mais elle eût été soumise, sans nécessité, ii la mesuie légale
de l’internement, ce qui est toujours regrettable et ce qui n’aurait pas été
sans lui nuire au double point de vue social et professionnel. En somme,
on sisrait en présence d’un cas où une erreur de diagnostic et de pronostic
aurait eu pour conséquence une thérapeutique inadéquate à la situation,
ce qui est la négation même d’une bonne médecine.
Mais ce cas soulève une autre question, une question de pathologie pro¬
fessionnelle.
Nous avons insisté sur le rôle vraiment considérable que la profession
de la malade parait avoir joué dans la genèse ou du moins dans l’orien¬
tation des troubles mentaux. Sans doute, l’hallucination auditive est un
UN CAS DE DÉLIRE HALLUCINATOIRE
521
phénomène cssonliellement banal. Mais peut-on considérer comme banal
et comme l’effet d’un pur hasard, l’apparition brusque, explosive, d’un
délire hallucinatoire ea;c/usiae;nen/ ondiff/ et prodigieusement intense, chez
une femme qui, par sa profession, a eu à supporter un surmenage auditif
prolongé ? On peut faire observer que les téléphonistes placés, au point de
vue professionnel, dans les mêmes conditions de surmenage auditif se comp¬
tent par milliers et dizaines de milliers, et qu’elles ne font point pour cela
des hallucinations de l’ouïe. Nous ne faisons aucune difficulté pour en
convenir et nous admettrons qu’il devait exister chez notre malade une
prédisposition — de nature d ’ .îilleurs parfaitement inconnue — aux troubles
mentaux en général et plus particulièrement aux troubles psycho-sensoriels
auditifs. En psychiatrie, en dehors des grands traumatismes crâniens et
de certaines intoxications, il faut presquetoujours en arriver à cette notion
de prédisposition. Mais ce n’est là qu’un des côtés de la question et non pas le
plus intéressant au point de vue pratique. II y a lieu d’envisager, en plus de la
prédisposition, le facteur accidentel, somatique ou psychique, qui met
la prédisposition en valeur et sans l’intervention duquel les tares consti¬
tutionnelles du sujet fussent demeurées à l’état latent. Contre la prédis¬
position, nous ne pouvons rien ou presque rien. Mais contre les causes occa¬
sionnelles nous pouvons quelque chose, et dans leur interprétation judi¬
cieuse nous pouvons trouver la base d’une thérapeutique efficace. Plutôt
que de se croiser les bras, en prononçant avec résignation le mot fatidi¬
que : « c’est un prédisposé », il est infiniment plus intéressant de recher¬
cher la où les causes occasionnelles et d’examiner comment on peut les
combattre.
Ici nous en avons trouvé deux.
La première, fonction du milieu, était purement individuelle. Son impor¬
tance ne pouvait être méconnue et le simple bon sens dictait ici l’ordon¬
nance : changer de milieu.
La seconde, moins banale et d’ordre professionnel, paraîtra peut-être
discutable à certains. Elle est en effet discutable. En admettant que
le délire a pris chez M”"® X.,unc forme psycho-sensorielle exclusivement
auditive du fait du sui ménagé auquel ses centres auditifs ont été soumis,
nous avops fait une hypothèse. Ij’hypothèse trouve une base solide dans
le résultat heureux obtenu par le repos et le changement de travail. Néan¬
moins, il faudra réunir de nombreux ces du même ordre pour faire di.
l’hypothèse une certitude : une notion aussi importante, au point de vue
médico-social, que la notion du délire hallucinatoire auditif, maladie pro¬
fessionnelle dans certains cas, ne saurait se fonder sur une seule observa¬
tion. Mais, en présence du cas relaté ici, nous croyons que l’hypothèse peut
être formulée : il ne paraît pas déraisonnable de supposer que le surme¬
nage intense des centres audilifs peut créer un éréthisme spécial de ces
mêmes centres et, dans certaines conditions spéciales de prédisposition et
de milieu, orienter un [irocessus psychopathique vers un délire hallucina¬
toire auditif curable par une 1 hérapeutique appropriée, en premier lieu par
la suppression de la cause. Nous posons un problème. L’avenir le résoudra.
VI
SYNDROME DE KORSAKOFF AU COURS DE LA
MÉNINGITE CÉRÉBRO-SPINALE ÉPIDÉMIQUE
M'"” Nathalie ZYLBEHLAST-ZAND
Service des maladies nerveuses du D' Flatau i\ Varsovie.
L’étal p.sychiquo des malades alteinls de méniiigile cérébro-spinale se
rapproche en général de celui, des autres maladies infectieuses comme
fièvre typhoïde, typhus exenthématique, etc. Par contre, il diffère nota¬
blement des troubles psychiques accompagnant la méningite tubercu¬
leuse ; tandis qu’ici le malade dès le début devient apathique, somnolent,
inaccessible à toute excitation psychique, ne se plaint que d’une manière
peu impressionnante, émet des gémissements souvent pendant le sommeil,
là, il est excité, ne se tient pas tranquille dans son lit, délire, se plaint avec
entrain de ses douleurs insupportables et quelquefois présente une confu¬
sion mentale. Dans les cas exceptionnels apparaît la somnolence (coma)
au début déjà de la maladie.
Krapelin est dans l’erreur lorsqu’il dit : «D’autres formes de méningite
présentent évidemment les mêmes troubles que la tuberculeuse avec la
seule différence que le tableau clinique s’y développe plus vite. '
Ce n’est pas la vitesse de développement qui diflere les deux états,
c’est leur caractère intime. L’erreur d’opinion de Krapelin dépend proba¬
blement de ce qu’un psychiatre observe rarement ces deux maladies.
Il est vrai que Redlich rapporte que la méningite tuberculeuse peut
donner des états délirants avec excitation extrême, mais ces cas doivent
être exceptionnels (sinon attribués à d’autres causes intercurrentes], vu
que la plupart des psychiatres (Vigoureux et Legras et d’autres) ne le
notent pas ; au contraire, ils donnent comme caractéristiques les étals
dépressifs.
Je voudrais attirer l’attention sur lestrouhles psychiques qui apparais¬
sent au déclin de la méningite épidémique à durée prolongée. Ils revêtent
la forme de syndrome d(! Korsakoif.
En 1911), Rick a décrit un cas de méningite avec ce syndrome chez Un
malade âgé de 42 ans. La natur(; de la méningitti n’y est pas mentionnée.
J’ai ou l’occasion d’observer 4 cas de méningite épidémique suivie de
syndrome de KorsakolT. L’un fut démontré par Sterling à la Société de
Neurologie, en 1913, le second fut observé dans la clientèle privée, les deux
suivants ont séjourné à l’hôpital en 1923.
— T. Il, N" 6, DÉCEMIini! 1923.
REVUE NEUnOLOGigUE.
SYNDROME DE KORSAKOFF
523
I. — Malade àgô de 40 ans aLlcint depids le 13 marsd’iine affection fébrile aiguë. Cinq
jours après le début de la maladie, il fut amené à l’hôpital tlans un état de pleine incons¬
cience. La méningite épidémique à méningocoque type B futconstatéo cttraitéo d’une
manière systématique. Après Ojoursl’état physique du malade s’améliora notablement,
de même que son état psychique ; le malade répondait aux questions simples concer¬
nant son état général. La nuit le malade se comportait d’une façon bizarre : il se levait
de son lit, circidail par la salle, cherchant « du sable n, parlant avec « un petit enfant »,
enfin se mettait dans le lit de son voisin. Trois semaines après le début delà maladie,
on constatait chez notre malade une désorientation considérable concernant le temps,
l’entourage et l’espace de même que la confabulation. Pour lui on est au mois do jan¬
vier (au lieu d’avril), il se trouve à l’école, les malades voisins sont lies écoliers ou
bien des maîtres d’école.
Les réminiscences éloignées sont beaucoup meilleures. Il se rappelle les noms de sa
femme et des enfants, leur âge et d’atitres détails.
Les yeux fermés, il ne peut pas dire où sc tro\ive son lit par rapport aux mur^, et aux
li Is voisins, il ne sait pas do quel côté sont les talileaux, el c. Il ne sait pasdepuiscombien de
temps il est malade, il ci nfabule qu’il demeure dejujis qnel(|ues années dans notre
hôpital, d’ici il partait tmijeurs pour son travail (à la radio-slation), hier et avant-hier ;
il y était également avec tous ses voisins de la salle d’inqiital, il a ressenti le froid, le mal
de tête et un frisson et ne jiouvait plus travf Hier. Dans ce dernier récit les détails vrais,
comme nous l’avons pu vérifier dans la suite, sont mêlés aux données fantastiques.
L’examen psychologique du malade fut le suivant : on lui'montre,4objets qu’il doit
rel(mir dans sa même ire. Immédiatement après, il n’en nomme ([uedeux; après quelques
encouragements de la part du médei.in; il tire de sa mémoire avec difficultéletroisième ;
lorsipi’on lui montre le quatrième, il nie Vaiinir vu (iiipiiriivanl. Néanmoins, contrôlé
5 minutes après; il nomme précisément cet objet et le met au jiremier rang; il paraît
que la deuxième démonstration lui a facilité de le garder dans sa mémoire, quoique de
■sa première réponse on pouvait cm dure qu’aucune trace n'i'st restée dans son esprit
après la [irernière démonstration.
Le malade se juüijue lellemeni vite, qii’cm ne peut l'examiner ipie pendant quelques minu¬
tes de suite, après quoi il commence à pleurer et dit; « Je ne sais rien, j’ai mal à la tête,
je veux mourir, laissez-moi ».
Deux jours plus tard, son état psychique est meilleur; il avoue que son orientation
concernant le temps est mauvaise; « puisque je n’ai pas de calendrier », dit-il. Il ne sait
pas encore depuis combien de temps il est malade, et même aidé par le médecin il ne
parvient pas à calculer cel.te durée puisque à tout moment il oublie la date indiquée
à l'instant mime par le médecin.
Les données pm'sonnelles concernant l’époque antérieure à la maladie reviennent
justes dans sa mémoire. Do même le début (h; la maladie commence à y revenir ; il
raconte sans grandes faut(;s comment il a pérégriné d’un hôpital dans un autre. Les
confabulalfions deviennent de plus en plus rares. On ne trouve point do suggestibilité
pathologique.
Après 4 semaines, son état idiysique étcH devenu iire^quc normal, le. psychique s’en
rai)prochait ; de 10 objets diflérents montrés au malade, il en retient 5 (normalement
on en relient de 7 à 9), les autres il les reconnaît iiarmi un tas d’objets. 11 lui reste encore
■une lenteur excessive d’exécution de toute actionpsyciiique ;cxaminéparles méthodes de
Hüssolimo.d’Ebbinghaus, de Binet et de Yung, il monti'c lo\ijours le même trait carac-
lérisliquc, lenteur du travail psychique ; le lenqisemployépour produire une association
varie entre 4 et 25 sec.
Comme on le voit les troubles psychiqui's se résument en ! 1“ affaiblissement do la
Perception ; 2" troubles de la mémoire ; 3" ralenlissement des associations et 4‘’confa-
hulation.
On no constata point d’abaissement intellectuel, son jugement était juste, sa logique
irréprochable, une fois par exemjde qu’on voulait lui suggeslioninr une fausse rémi¬
niscence de son séjour au café, ii suppiée au mamiue (h; mémoire par une conclusion
logique ; « ça doit être faux, puisque je n’ai jias il’argent. »
A/-"» NATHALlIi ZYLIiKltLAST-ZAND
H. — Lo 2' cas concerne iin malade de 40 ans ([iii comm(uiça à ressentir des maux de tête
au mois do décembre l’an dernier. Os dmibmrs venaient [)ar accès , dans les intervalles
le malade travaillait, n’était pas obligé d(^ ganbm le lit. La température ne, tut pas
mesurée.
Trois mois après les céphalées sont (b'veniies insupportables, le malad(^ exigea de son
médecin l’électrisation de la têti^ .Après la première séance de galvanisation il a vomi,
perdu connaissance et dut être, transporté dans sa maison; 24 lieures après il a repris
connaissance, mais au dire de sa femme nn mémoire ne troubla : le, malade demandait
maintes fois l’iieuiai qu’il (!st et à l’instant même oubliait la réponse. En outre il a eu
des hallucinations (ou illusions ?), il voyait des images qui n’existaient point.
Dans les antécédents personiuds, on m; trouve point d’alcoolisme ni de maladies
vénôrienruis. La réaction (!(■ Wassermann fut négitive.
Le malade est entré à l’hôpital vers la moitié du moistb^ mars dernier, c'est-à-dire 3 mois
après le début île la maladie. (4n constata alors la raideur de la nuque, le phénomène de
Kcrnig, leréflexemydriatiquede Ida tau, l’élévation de la température(38'’et jusqu’à 39")
l’obnubilation de la conscience. La pou 'tion lombaire donna issue à un liquide céphalo-ra.
chidien incolore, transparent, contenant aurjiés de (jlobiiline et une pléoc'jl'-seéiiale à 110
éléments dans un rnillim. cube (deux tiers de lymphocytes, un tiers de polynucléaires).
L’examen bactériologique n’a pas été fait, mais la recherche de, précipitines d’après
Vincent Bellot donna le résultat [lositif avec le sérum automéningococciqiie du type A,
<le même que le sérum sanguin du malade, donna une agglutination du méningocoque
type A dans la iiilution d ' 1 p. 20. Il y a li.'u de croire qu’il s’agissait dans de cas
d’une forme ambulatoire de la méningite épidémiipie.
L'étal psychique du malade fut suivant :
Légèrement excité le malade ne se laisse (las examiner et il adresse au docteur des
propos qui font rire tous les malades : « Assez de ces chatouilh'inents qui me procurent
point de plaisir, laissez-moi tranquille, hier j’étaisen .Mandchourie et je n’y ai pas vu des
moeurs aussi bizarres qu’ici »,elc. Il ne sait|)asoi’i se trouve, ni à quelle date nous somm s
(ni le mois ni Tan), il ne se rend jias compte de son entourage. Tendant le discours
il oublie ce ([u’il a dit, ou entendu dire un moment auparavant.
La nuit, il ne trouve jias son lit et se. couche dans le lit de son voisin.
Les confabulations durèrent encore un certain temps, de même que la désorientation
concernant le lenqis, l’espace et l’entourage. Trois semaines après son entrée à Thôpital
Tétai psychujue s’amélior.a sensddemenl, le malade se rendait compte qu’il est à Thô"
pilai, depuis combien de temps il y reste, racontait que sa dernière réminiscence lucide
concerne l’inscription posée à la |)orte d.‘ Thôpital et que de ce moment les impressions
se sont évanouies de sa mémoire. L’examen psychologique (à Taide de la méthode île
Rossolimo, d’Ebbinghaus, de Binet et de Yiing) donna des résultats satisfaisants et
démontra en même temps une lenteur du travail [isychique (une association se pro¬
duisait en 4.5 secondes). Le lendemain, le malade ne se rappelait |)lu,s 1-es réponses qu’il
donnait iiendant l’examen.
Le diagnostic iisycbiatiiipie se basant sur : 1" la désorientation 2° troubles de la
mémoire et 3" confabulation fut prononcé du syndrome de Korsakolî. Le malade en
quittant Tbôpilal après un mois était apparemment guéri, mais l’examen ap|irofoudi
décela toujours un liouble psychique sous forme de la lenteur du travail intellectuel.
l/ét.ai j)syclii<[ii(! du eus duiix inaladus fui idunli([nu ; sur lu premiur
jiliui su )uuLI,(!IiI, lus 1.r()ul)l(^s d(! inùiuoiru, sui' 1(î diuixiùinu la dtîsoriunlafion
cl, lus confalnilal ions. (Ili îz l’iiri d’uux,r)n a ])u uunsl.ai (t rinsullisancu du la
])uruu|ili(»n (sur 1 objid s vus, il nu curisut vait l’iinagu (juu du duux, b; troi-
siùtiK^ nu i»ouvaiL ûl.ru iirù <!<■ sa inùinniru ([u’av(H’ juunu, lu ([uairiùrnu nu
jiil [las rccomm roninit’ déjà vu triûniu lnrs(|u’nn l(i lui prûsunla jiour la
duuxiùniu fuis).
SYNDROME DE KORSAKOFF
525-
Sur ce terrain d’insuffisance de perception et des troubles de la mémoire
se développa une désorienlalion et la confabulation. Il est fort difficile de
séparer ces deux symptômes puisque comme nous pouvions nous en con¬
vaincre, la désorienlalion donne au récit du malade V empreinte d’une con¬
fabulation : il dit « hier j 'était en Mandchourie » et cette phrase qui a toute
apparence d’une confabulation est juste en ce que le malade était en effet
en Mandchourie, mais l’année passée.
On a (essayé (Sterling) de distinguer la désorientalion productive de
la désorieni al ion passive. La première créerait des réponses et des notions
fausses, à la seconde manquerait toute notion de situation. Cette diffé¬
rence ne se laisse pas vérifier : le même malade reste des heures entières
apathique, ne répondant aux questions posées que parles «je ne saispas,
je ne me rappelle pas», et tout d’un coup au moment d’une excitation psy¬
chique commence à produire des confabulations multiples :« Hier, j’étais
à Lublin ; demain, je vais en Russie ", etc. Nous y assistons au même phé¬
nomène que chez les gens normaux : au inoment dt fatigue, les fonctions
intellectuelles s’arrêtent, les images psychiques deviennent pâles; au con¬
traire, elles s’avivent pendant l’excitation. La différence consiste en ce que
le malade atteint de Korsakolf en l’absence d’images psychiques bien
correctes, de perceptions justes et d’associations rapides, crée des ima¬
ges fictives, il confahule. Et encore ces confabulations ne peuvent pas être
nommées comme il est d’usage, des hallucinations de la mémoire, mai.,- plu¬
tôt des illusions, puisque nous trouvons presque toujours uu’elles sont
liées en un point quelconque à la réalité présente ou passée.
11 n’y avait pas chez nos malades une vraie apathie : chacun d’eux s’in¬
téressait à sa maladie, voulait rentrer chez lui, etc. L’apathie apparente
dépendait de la lenteur de la pen.sée.
La lenteur des fonctions psychiques persista le plus longtemps : les
malades apparemment guéris produisent très lentement les associations,
de même ils éloquent lentement les images ])sychiques (en 30 secondes
ils ne pouv(!nt produire que 10 mots différents, tandis que normalement
on en dit 30-40).
Les malades de Schneider a' teints de syndrome de Korsakoff alcoo¬
lique remplissaient les textes d’Ebbinghaus plus lentement même que les
paralytiques généraux, quoiqu’ils le fissent beaucoup plus correc¬
tement.
L’un d(! nos malades avait tendance à faire de l’esprit. Le trait à
côté de son mauvais état général et des céphalées donnait une empreinte
spéciale au tableau clinique. Pareille coïncidence avec le syndrome de
Korsakolf été noté dans d’autres affections : tumeur cérébrale (Ster¬
ling), alcoolisnn;, etc. L’anamnèse détaillée décela cluiz notre malade cette
même tendance! préexistante à la maladie. Dans la suite, l’observation
confirma qu’à l’étatde convalescence leinaladefaisait. aussi de l’esprit avec
cette dilîérence qu’alors ses proi)Os étaient mieux choisis. Il paraît ainsi
que ces traits d’esprit n’étaicuit pas propres à la maladie, mais lié au ca¬
ractère intime du malade, qui à l’état pathologi([ue ne parvenait pas à
52G
M""' ^ATIIALIIi ZYLIiHULAST-ZANJ)
l'fiLonir cette teiulaiicc! iui bon niomcnt par la critique intérieure appro¬
priée et faisait de l’esprit mal à propos.
Nos deux malades présentaient des hallucinaliom visuelles. Ce symp¬
tôme n’appartient pas au syndrome do Korsakoiï proprement dit, mais
on le trouve souvent associé à ce dernier dans les psyclios(!s alcooliques.
Tous les cas obs(!rvés par nous concernaient les malades atteints de
inéningiles à durée itrolougée', '\\ faut (U'oire (pie la cumulation des toxines
dans l’organisme est néc(;ssaire pour provo([uer le syndrome tm question.
Un second point spécial ([ue nous retrouvons chez tous nos malades, c'csl
leur âge, toujours au delà de 25 ans. La méningite épidémique fiappe sur¬
tout les enfants ; parmi 000 malades observés pur nous la moitié ne dépas¬
sait pas l’àge de 5 ans, pourtant le syndrome de Korsakoiï n’a pu être ob¬
servé que chez les p(!rsonnes qui ont atteint la trentaimi ou l’ont dé¬
passée. La révision de; c(!lte question confirma que dans tous les cas de
syndrome de Korsakoiï : ceux qui ont (iu lieu dans la fièv^re typhoïde, dans
les traumatismes céphaliques, dans les intoxications avec le gaz d éclai¬
rage, après la pendaison, dans les néoplasmes cérébraux, dans la fiè\re,
puerpérale, dans l’intoxication par suite de macération du fœtus, dans la
paralysie générale, dans les hémorragies sous-arachnoïdiennes, etc., il
s’agit d’individus qui ont dépassé 25 ans. 11 semble ([ue les lésions ne
suffisent pas par elles-mêmes pour engendrer notre syndrome, il faut
encor; qu’elles atteignent le terrain approprié, celui du cerveau au delà
de la première jeunesse.
Ce point nous paraît intéressant pour des caus(‘s que nous tâcherons
d’exposer. L’analyse' détaillée du syndrome de Korsakoiï j)rou\e que ses
symptômes premiers 1 1 cardinaux sont : un Iroiihle de perceplion el l’in-
conslance el la faiblesse de mémoire.
Ces 1 raits caractéri d i([u<!s associés à la désorienlalion et à la confabulalion
rappellent (Ui somme hi début de la démence sénile. Nous trouvons dans
la littérature des cas (de Hollrnann, llolsholi, et div'ers) de démence sénile
ayant figuré longLnnps sous le diagnostic du syndronn; de Korsakoiï.
Un afïaiblissement d(is facultés intellcctucdles progt<!Ssant toujours obli¬
gea à r(!connaîlre l’alïeclion juste.
11 est évident ([ue les deux états ; celui du .syndrome de Korsakoiï clas¬
sique et de la demeure sénile dans leur stade avancé s’éloignent sensible¬
ment l’un de l’outre. Mais il est possible que l’examen plus systématique
de ces deux catégories d’alhictiorio au point d(! vue des fonctions psychi-
(pies, des moimmts étiologi(pn!s et <les lésions anatomopathologiqiuis
décélérait des traits communs entre elles. Dés à présent on peut dire que
le syndrome de Korsakoiï est une affeclion de l’organisme adulte, engen¬
drée par r accumnlalion des Inxines endo on exogènes, — la d‘'nnencc sénile
(!st une alïection (b; l’orgaïusme vieilli, engendrée par l’accumulation des
to.xincs, pourrait-on iliia;, physio-pathologiques.
Le pronostic dans ces deux allections n’est pas Lellemcnl différent qu’on
pourrait le penser au premier abord :1e syndrome de Korsakoiï, considéré
en général comme une alfecLioti passagère épisodique, n’est pas sans in-
SYNDIiOME DE KORSAKOFF
527
fluence sur la vie psychique ultérieure : il y a des cas publiés où ce syn¬
drome a laissé une débilité mentale définitive. Nos malades en quittant l’hô¬
pital présentaient encore un déficit intellectuel notable. La question ne
peut être résolue qu’après l’examen psychologique détaillé et approfondi
de cas nombreu.x ayant présenté dans leur passé le syndrome de Kor-
sakoïï.
En ce qui concerne l’examen de la mémoire des malades, il faut avouer
que la clinique ne s’en occupe pas assez. On se contente généralement de
vérifier si la mémoire spontanée est satisfaisante et si le malade possède
ce qu’on appelle la capacité de garder dans sa mémoire (Merkfâhigkeit) les
images visuelles ou auditives des impressions obtenues à l’instant même
de l’examen.
Ce n’.st pas assez. Tl nous semble qu’il faut toujours préciser si dans
la mémoire du malade l’objet perçu ne laisse point d’image ou s’il en laisse
une, mais tellement faible que son évocation spontanée est impossible ;
pourtant son existence se laisse déceler à l’aide de l’objet même, qui mon¬
tré pour une deuxième lois est reconnu comme déjà vu.
En général, il nous semble qu’il faut distinguer au moins 4 degrés de
mémoire :
1. Lorsque l’image est tellement faible que pratiquement elle n’existe
pour ainsi dire pas (par exemple notre malade qui ne reconnaît pas
l’objet comme déjà vu un instant après son exposition), et pourtant
la répétition des pareilles impressions soi-disant non perçues facilite le
travail de la mémoire. C’est comme si le cliché, pour employer une com¬
paraison, était si flou, qu’il ne laisse pas reconnaître les contours,
même placé à côté de l’original. Mais une pile de pareils clichés super¬
posés permet de mieux distinguer l’image.
2. Le deuxième degré consiste en ce que l’image psychique trop faible
pour être évoquée spontanément, se laisse déceler lors de la répétition
de l’impression : la personne examinée reconnaît l’objet comme déjà vu.
Si nous nous servons de notre comparaison, c’est comme si le cliché très
pâle SC laissait pourtant déchiffrer lorsqu’il est mis à côté de l’oiiginal.
3. Le troisième degré, c’est lorsque les images psychiques sont assez
distinctes au début, mais pâlissent bientôt, et l’on oublie l’impression. Le
cliché non fixé perd vite ses contours et ne permet pas d’obtenir des
copies.
4. Le quatrième degré consiste en production des images disiinctes
qui SP laissent facilement et longtemps évoquer à volonté. I.e cliché bien
fixé permet d’obtenir des copies justes et à long délai.
Tant que les troubles psychiques ont duré chez nos malades, ils ne dis¬
posaient que de deux premiers degrés de mémoire. Au fur et à mesure que
leur éclat s’améliorait, les troisième et quatrième degrés entraient en jeu.
Il est fort dilficib d 'interpréter, ne serait-ce que d’une manière provisoire,
le fait que les impressions anciennes emmagasinées depuis longtemps dans
la mémoire rétrocèdent, et les malades oublient pour un certain temps
presque tout leur passé. Il semble que la cause en est dans les troubles
528
M"‘= NATHALIE ZYLBEBLAST-ZAND
des associations. Cos dernières constituent normalement un renfort consi¬
dérable de la mémoire. Elles-mêmes sontévoquéos parles perceptions. Or
ici, la mémoire perd son support : la perception est insuffisante et les asso¬
ciations sont lentes. Ce ne sont que les souvenirs très anciens, infantiles,
fixés convenablement par la fréquente répélilion qui acquiérent une
autonomie et dominent la mémoire.
De temps à autre apparaissent des» îlots de réminiscences» (W(dirung)
récentes, grâce à ce qu’elles sont liées à un senliment plus fori: que les
aul res.
SOCIÉTÉ DE HEUROüOGIE
de Paris
Séance du 6 décembre 1923
Présidence de M. ANDRÉ-THOMAS, président.
Sili.iiisigSl'
ilsëISSïflIisèîî
V";=.“”ïïir.' iri t, 1 tSS'éîrdSï?; -süîr:
le mal de Poil, par M Clovis Vincent. — XIX. Paralysie radiale (sensibilité, sudation,
ergoaraphie), par M, René Poeak. - IX. Métastases cancéreuses multiples au niveau du
COMMUNICATIONS ET PRÉSENTATIONS
]. — .M. Lhermittk.
II. — Conservation de la Sensibilité profonde de la face après section
rétrogassérienne de la racine du trijumeau, par MM. A. Souques
et Edward Hartmann.
Nous présentons un lualade âgé do 70 ans, qui a déjà été présenté ici,
il y a trois ans et demi (1). Ce malade souffrait d’une névralgie faciale
ancienne et très douloureuse, du côLé gauclie ; il fut opéré par M. de Martel
tlui, le 5 juin i920, lui sectionna la racine iiostérieiire du trijumeau.
II. N» G,
34
530
SOCIÉTÉ DE NEUROLOGIE
D(!puis cette époque, il n’a plus éprouvé la moindre douleur. Mais ce n’est
pas pour la guérison déjà longue de cette névralgie que nous représentons
aujourd’hui cet homme. C’est exclusivement pour la conservation, chez
lui, de la sensibilité profonde de la face, du côté où existait la névralgie
et où la racine postérieure du trijumeau fut sectionnée.
Depuis l’opération, la sensibilité superficielle du côté gauche de la face
est abolie ; les sensations tactiles, douloureuses et thermiques ne sont
pas perçues dans le domaine du trijumeau. Par contre, dans ce même
domaine, la pression, les vibrations du diapason et les contractions impri¬
mées aux mus des peauciers de la face par un courant électrique sont
perçues normalement ou à peu près normalement. Nous disons à peu près
parce qiu^ ce malade accuse une légère différence entre les deux côtés de la
face, et dit qu’il perçoit ces sensations un peu moins bien du côté opéré
que du ;ôté sain. Mais la différence est légère et tient peut-être à l’anes¬
thésie cutanée. En tout cas, le contraste est frappant entre la sensibilité
superficielle et la sensibilité profonde, et la dissociation est incontestable :
la première est abolie et la seconde conservée.
L’attention a été récemment attirée sur ce point par un article de
Davies (1). Mais déjà, en 1906, Spiller (2), dans une courte note, avait
signalé la conservation d(‘ la sensibilité profonde chez les opérés de
Frazier. Deux de ses élèves, Ivy et Johnson (3) mentionnent, en 1907,
le même fait, également à propos d’un malade de Frazier. L’un de nous
(Souques) (4) en 1920 relatait incidemment en d(;ux lignes cette même
conservation do la sensibilité profonde, portant non s(!i'lement sur la
sensibilité à la pression, mais sur la sensibilité osseuse au diapason. Il
ignorait à cette époque les travaux des auteurs américains qui, par paren¬
thèses, ne visaient que la pression.
L’un de nous (Hartmann) a examiné systématiquement l’état de la
sensibilité profonde chez trente malades traités par la neurotomie rétro-
gasséricnne pour né/ralgie du trijumeau. Dans aucun de ces tnuite cas,
opérés par M. Robineau ou par M. de Martel, qui lui ont oleligeamment
cojnmuniqué leurs oljsorvations, l’état de; la sensibilité profonde n’av lit
été recherché. Or, chez tous, il a constaté l’abolition de la sensibilité super-
ficii'llc et la conservation de la profondei, et cela, dans quelques cas, dès
le lendemain de l’opération. Il n’a examiné que la pression et les vibra¬
tions du diapason ; il n’a pas examiné l’état du sens musculaire des atti¬
tudes. Il importe d’ajouter <[ue dans les observations américaines publiées
jus([u’ici,.il n’est ([uestion que de « pressure pain », c’est-à-dire de bares-
thésie. Chez le malade présent, nous avons recherché la pression, les
vibrations du diapason et le sens musculaire proprement dit (sens des
attitudes musculair(,'s).
La conclusion ([ui ressort de notre étude, c’est que les fibres de la sensi-
(1) Davis. Archives n! Nriirohi/ij nnd Rsnchiutru, l'J-.'3, p. 283.
ai Scii.i,Ki.. Jmrnul uj nrrr. and mrnl. dis., lÜOU, p. 730.
(3) Ivv ANii .Joii.NsoN. Uiliv. dj l'fiin. iiied. biil., l‘J07, p. 35.
(■1) SocyuES. Société de Neurotonie, 1020 {Revue Neuroloyinue, 1127).
SÉANCE DU 6 DÉCEMBRE 1923
531
Inlité profonde de la face ne passent pas par la racine postérieure du tri¬
jumeau. Par où passent-elles ? Il n’y a que deux hypothèses. La première
est l’hypothèse du sympathiciue : le sympathique enverrait au trijumeau
au niveau du ganglion de Casser ou en deçà (trône du trijumeau) des
fibres qui porteraient la sensibilité profonde. Cela n’est pas impossible,
mais on connaît peu et mal les fonctions sensitives du sympathique. La
seconde est l’hypothèse du nerf facial, à laquelle nous nous rallions plus
volontiers. Le facial est un nerf mixte, comme la clinique et la physiologie
l’ont démontré. Cette hypothèse a été défendue par Spiller, Tvy id
Johnson. Il est vrai qu’elh; n’est pas acceptée par Dana (l), ni par Mills (2),
qui soutiennemt qu(i toutes les filjres de la sensibilité superficielle et ])ro-
fondc passent par la cinquièqie paire. L’hypothèse du facial est en con¬
formité avec les idées de Ilead (3) sur la sensibilité musculaire. Cet auteur
pense que la sensibilité à la pression est due au muscle lui-même, t non
aux téguments, et que les fibres de cette sensibilité suivent les filets
moteurs du muscle. Sherrington (4) a en effetmontré l’existence de fibres
affércnt( s dans les nerfs moteurs. La disparition de cette sensibilité, à
la suite de la serdJon de ces filets moteurs, en serait la preuve. Si on
appli({ue cette idéc^ générab; aux muscles de la face, on comprend qu’il
n’y ait aucun trouble d(‘ la barestliésie à la suite de la neurotomie rétro-
gassérienne. On compriuid égaliunent que le sens des attitudes soit
conservé. 11 l’est manif<‘stement chez le malade que nous présentons. Il
est vrai que notre ol)servation s’oppose aux cas de Cushing (5) dans
les(piels les contractions électriques de s muscles de la face n’étaient pas
perçues. Nous serions heureux d’avoir l’opinion des membres de la Société
sur ce problème de clinique! et de physiologie.
Il J. — Dysphasie et Syndrome strié, par i\LM. E. de Massary et Jean
H AC. Il ET.
Le malade que nous présentons aujourd’hui, nous a semblé intéressant
par l’ensemble d< s troulih'S de la parole etde la mimique faciale, qui peuvent
être rapportés, à la lueur des travaux modernes, à une lésion des noyau.x
gris centi'aux.
OusiîuvATioN. — ■ 13. A... icsl Sfïc (11! 21 ans. 11 exerce iJéniblcmcnt la profession d’aide
niùcanicicn. 11 vicnl noos considl er |ii)\ir des troubles de la parole et des spasmes de la
face ([ui ont apparu à l’àse de 3 ans. Nü à terme d’une mère bien portante, il fait partie
d’une famille de 8 entants, 6 sont vivants et en bonne santé, 2 sont morts de tuberculose
pulmonaire ou de pneumonie. Sa mère a fait une fausse couche après la naissance de
notre sujet. Aucun de ses frères et sœur ne présente une affection analogue à la sienne.
En bonne santé jusipi’à l’ège. de 3 ans, il eut à cet âge une peur violente et le lende¬
main même trendila et éprouva de la dillicullé pour parler. .lamais cet état ne s'est
modilié par la suite.
(1) Dana. Journal u/. nerv. and nient, dis., 1900, XXXI II, p, 577.
(2) Mills. Journal o/ turv. and nient, dis., 1910, XXXN IIl, p. 273.
(3) IIcAD. Brain, 1908, XXXI, p. 323.
(4) SiiEimiNOTON. .lournal a/, l^lujsiologii, 1894, X^'II, p. 211.
(5) CniNG, John Hopkins' medical Bullelin, 1^04, X\', j). 213.
532
SOCIÉrii DE NEUROLOGIE
Depuis lors, nous relevons dans ses anlécédcnls une rougeole à 9 ans ; à 13 ans il se
plaint de palpitations et de dyspnée d’effort; on diagnostique une alïection cardiaque
complexe : insullisance aortique et rétrécissement mitral. Et il subit une série pro¬
longée d’injections de novarsénobenzol. On parle môme à ce moment d’un petit
goitre exophtalmique.
Examen. — Ce qui frappe avant tout chez ce malade, c’est l’existence de spasmes
localisés à la lace, s’accentuant avec les efforts pour parler, et de troubles de la parole
très caractéristiques.
ylu repos, nous notons surtout dans lamoitiégauche de la face une série de petits spasmes
aboutissant au clignotement continuel des paupières, avec contracture clonique des
jieauciers de la région sous-orbitaire ; la commissure labiale est elle-même légèrement
attirée en haut et à gauche par ces mouvements . La mimique s’exagère en intensité et
en fréquence quand on lui parle, quand on le regarde ou quand il est intimidé par un
nombreux auditoire.
Vienl-il à parler, voulant par exemple répondre à une question, il se déclanche
alors toute une série de contractions spasmodiques immobilisant les lèvres et la mâ¬
choire inférieure, les tics et les spasmes redoublent, la langue tétanisée semble se coller
au palais ou contre les arcades dentaires, finit par s’enrouler sur elle-même et malgré
tous CCS efforts le malade ne peut articuler aucune parole. Cotte tétanisation dure
quelque 15 à 20 secondes, parfois davantage, puis brusquement toute contracture cesse
et la phrase tout entière, quelle que soit sa complexité, est énoncée correctement et d’un
trait, souvent même 21oisrép6téo. A la question suivante, les phénomènes se déroulent
à nouveau dans le même ordre et à une période de mutisme succède une prononcia¬
tion normale.
Mais les troubles do la parole et des spasmes de la face ne sont pas les seuls à noter
chez un jeune homme.
Au membre supérieur, nous voyons au repos un tremblement très léger dos doigts,
tremblement lin, parfois cessant com[)lètem(!nt pendant quelques instants, il s’exagère
peu dans les mouvements volontaires, mais se complique alors de, mouvements alhé-
tosiformes des doigts et de la main. Et c’est surtout pendant loscffortsfaitspourparlcr
que l’exagération de ce phénomène se produit parallèlement à l’exagération des spasmes
de la face créant alors une attitude générale d’effort ; le malade sc crispe et se débat
pour articuler.
Nous n’avons rien noté de stunblablc aux membres inférieurs, aux muscles du cou ou
de la nuque, au niveau du tronc ou de l’abdomen.
L’examen général du système nerveux nous a montré qu’en dehors des troubles choréo-
athétosiques des doigts, il n’existe aucun trouble de la motilité des membres. La force
musculaire est normale ; il n’y a pas de contracture. Les réflexes tendineux sont vifs,
aussi bien au membia^ supéri(uir qu’au niend)r(î infériiujr ; pas de trépidation épilep¬
toïde, pas de clonus de lu rotule. Le réflexe plantaire de liabinski sc lait en flexion.
Les .sensibilités superficielle et [irofonde sont intactes à tous ces modes d’exploration.
Pas de troubles trophiques. Pas de troubles des sphincters. Les pupilles sont égales,
régulières; elles réagissent bien à la lumière et à l’accommodation. Pas de nystagmiis.
Nous n’avons noté aucune perturbation dans h\ sens du goût ou de l’ouïe. La déghili-
tion n’est pas troublée. Les mouvements du voile sont normaux.
La langue, de volume normal, est facilement tirée hors de. la bouche ; mais elle, c.'-l
nettement déviée à droite par ca mouvement.
L’étal général de notre malade n’(‘.st pas troublé. Nous n’avons rien rencontré de
notabh! à l’exploration de ses différents appareils.
Seul le cœur est le siège d’un doiibli^ souflle, à la buse et d’un roulement présystolique
à la point(^ ; le pouls est régulier, la timsion artérielh^ i^st normale.
Nous n’avons pu firutiquer cliez ce malade in i)onction lombaire, ni réaction do
Wassermann.
Malgré ent oxarnnn forcéinciiL iricoinplot, il nous somhlc cependant
intéressant d’attirer l’attention sur ces troubles de la parole, sorte de
SÉANCE DU 6 DÉCEMBRE 1923
533
bégaiement par contracture momentanée associé à des réactions motrices
très particulières ; spasmes et tics de la face, mouvements choréo-athé-
tosiques des doigts. Il nous semble logique d’attribuer ces phénomènes
à des lésions des noyaux gris centraux ; plus difficile peut-être serait le
diagnostic anatomique exact et nous n’avons pas cru pouvoir préciser
la part du pallidum ou du striatum dans cette pathogénie. D’après les
travau.x récents, le système pallidal semble devoir être plus particuliè¬
rement en cause dans ce bégaiement; il semble que c’est à lui qu’est
dévolue la fonction motrice d’inbibition.
Notre malade nous paraît se rapprocher par bien des points de ceux pré¬
sentés déjà par MM. Babinski (1) et Meige (2) dans les années précédentes.
M. Meige a déjà fait remarquer la fréquence des contractions intempes¬
tives de la musculature faciale chez les sujets présentant des troubles de
la parole et chez les grands dysphasiques les mouvements choréiformes
ou athétosiformes. Les progrès récemment faits danslaphysio-pathologie
des corps striés montrent toute la logique de ces associations morbides au
premier abord complexes.
Quelle est chez notre malade la valeur des stigmates de syphilis dans
l’étiologie de ces syndromes ? Nous ne pouvons répondre à ce problème.
Mais un autre point nous semble intéressant à mettre en relief ; il nous est
difficile do ne pas rapprocher cette élocution subitement normale après
une période do mutisme ou de bégaiement des réactions analogues cons¬
tatées chez les parkinsoniens, où les alternances de cet ordre sont
courantes, et scmldont rentrer dans le phénomène général de la kinésie
paradoxale décrite par M. Souques. Troubles pseudo-bulbaires, syndromes
opto-striés, ne sont-ce d’ailleurs pas là des modalités bien rapprochées
les unes des autres, où les lésions se circonscrivent très voisines dans les
noyaux gris de la base ?
M. Henry Meige. — Ce malade me paraît, oncffet,appartcnir àla catégorie
des grands dysphasiques, communément qualifiés de bègues, chez lesquels
on retrouve, atténués, mais parfaitement reconnaissables, les désordres
Verbaux et moteurs rattachés aujourd’hui aux lésions des noyaux gris
Centraux. '
J’ai déjà dit ici qu’il existait entre ces gros troubles de la parole et le
bégaiiunent le plus anodin toute une série d’états intermédiaires permet¬
tant d’établir leur parenté. La coexistence des contractions faciales, sous
forme tonique ou clonique, celle aussi des mouvements, des membres, soit
sous l’aspect de secousses brusques, soit avec l’apparence des distorsions
choréo-athétosiques, ne fait qu’accentuer la ressemblance avec ce qui se
produit dans certains bégaiements. Et il ne semble pas trop aventureux
aujourd’hui de supposer que tous ces troubles de la parole, quelle que soit
(1) Babinski, Société Neurologie, 5 mai 1921, cl Discussion M. Meige.
(2) Meigc. Dyspliasic singuRuousc avec réactions motrices télanitormes et gestes
stéréotypés. Société Neurol, 12 lévrier 1914.
Meige et Ciiapelin. Mouvements clioréo-athétosiqueaayant débuté par un torticolis
convulsif et accompagnés de troubles de la parole. Société Neurologie, 12 février 1914.
534
SOClfyrÉ DE NEUItOLOGlE
li3ur intensité, sont commandés par une perturbation, congénitale ou acquise,
d(3 l’appareil striairo. Le rôle indiscutable que joue rémotivité dans l’exa¬
gération d(; ces accid(ints ne contredit nulliunent celte manière do voir.
L’instabilité, et, dans les formes très aceiTitnées, rinefficacitc mémo des
interventions rééducatrices, ne peut que la confirmer.
De tels malades de la parole, qui, jusqu’à ces derniers temps, étaient
négligés, méritent au contraire de retenir désormais toute l’attention
des neurologistes,
IV. — Névralgie du Trijumeau de type dît « essentiel » correspon¬
dant à la purulence du sinus maxillaire du côté opposé, par
M. Pierre Béiiague.
Bien qu’ayant déjà rappoité en partie l’instoire de ce malade, nous
croyons devoir la compléter aujourd’liui.
Il s’agit d’un homme de 32 ans, examiné la première fois le 22 septembre 1922 pour
des crises de névralgie faciale gaucho existant depuis 1918. Les crises, très fréquentes
et très nombreuses, étaient provoquées par le moindre frôlement des lèvres ou les mou¬
vements de la bouch(î,ù tel point que depuis 1919, le malade ne parlait plus et ne com-
muniipiait avec son entourage que par écrit. La nourriture était devenue très dillicile
et ne consistait qu’en liquides aspirés par un tuyau de caoutchouc .
En 1922, le malade était dans un état do santé très précaire, son poids était diminué
de |ilus de 30 kgr., ses forces milles et sa résistance à la fatigue diminuait de jour en jour.
En ou tre, sa bouche était devenue un véritable foyer d’infection, car il était impossible
de la nettoyer.
Les douleurs survenaient brutalement; le plus souvent, elles partaient d’un point
voisin de l’aile du nez, puis irradiaient rapidement dans toute riiémifaee gauche, attei¬
gnant le menton et la région sous-orhitaire. Le front semblait respecté.
Durant la crise, qui ne durait que de (iO à 90 secondes, l’hémiface gaucho se contrac¬
tait, l’œil se fermait, la bouche était tirée de ce côté. Puis tout disparaissait, et il ne
restait après l’accès aucune douleur, gène, tension ou pesanteur.
Les crises, très fréquentes, survenaient en moyenne 40 à 50 fois par 24 heures, surlout
durant les heures les plus chaudes de la journée.
Le malade, étant paludéen, avait subi auparavant un traitement très actif par
la quinine, mais sans résultat. Le Bordet-Wassermann pratiqué à plusieurs reprises
fut toujours négatif. Comme le malade n’accusait aucun rhume chronique, les
caractéristiques des flou leurs, l’absence d’antécédents infectieux du nez et de la gorge,
nous firent croire à une névralgie dit(3 « essentielle » du trijumeau, et l’alcoolisation
du maxillaire inférieur au trou ovahî dut décidée.
Celle-ci amena immédiatement une anesthésie totale du domaine de ce nerf et un
soulagement absolu tel ([ue, malgré la sensation (h; carton de la lèvre intérieure,
le malade se mit aussitôt à parler et surtout à manger. '
Mais t’anesthésie disparut rapidement et doux jours après il n’en restait plus traces.
L(^s douleurs réapparurent aussitôt et en quatre jours elles avaient à nouveau la même
fréquence et la môme intensité.
Une nouvell{3 alcoolisation fut décidée et suivie dans h; même temps du même succès,
puis du môme insuccès. C’est pourquoi le 27 octobre 1922, on fit une ionisation d’aco-
nitine suivant la techniqm^ que nous avonsindiquée le 3 mai dernier avec MM. Juster
et Lehmann.
Dès la deuxième séance quotidi(!nn(‘, les élanc(;ments et les irradiations diminuèrent
d’intensité pour disparaltn^ complètement après la 4" séance. Malgré quatre séances
supiilémeutaires, seule une sensation douloureuse continue de la région temporo-
maxillaire gauche persista, semblant localisée dans l’articulation.
SÉANCE DU 6 DÉCEMBRE 1923
535
Colto douleur, sourde, continue, comparable à un poids ou à un tenaille me ni, s’exa¬
cerbait par paroxysmes. Mais ceux-ci étaient peu fréquents, relativement pou doulou¬
reux en comparaison des. épouvantables crises qui torturaient aiqiaravant le malade, et
surtout il n’y avait pas d’irradiations.
Ces différentes constatations attirèrent notre attention sur la possibilité d’une
affection des sinus, c’est pourquoi le malade lut envoyé au Docteur Rouget, oto-rhino-
laryngologiste dos hôpitaux, pour examen. Celui-ci tut des plus concluants : non seule¬
ment le sinus maxillaire gauche était rempli de pus, mais le droit l’était tout autant.
Le 29 décembre, le malade eut le sinus maxillaire gauche curetté. Durant l’interven-
lion il y eut de telles hémorragies que l’opérateur ne put voir nettement le tond do la
cavité et qu’il fallut remettre à plus tard le nettoyage du çjnu.^ droit.
Après cotte première intervention, les crises diminuèrent do Iréquenco de plus
en plus pour disparaître environ quinze jours après. 11 persista néanmoins du
côté gauche de la face une douleur sourde, bien différente des crises névralgiques
sans irradiation, s’exacerbant par paroxysmes, et no disparaissant jamais complète¬
ment. Le malade localisait cotte douleur dans l’articulation temporo-maxillaire cor¬
respondante;
Un mois après, on nettoya le sinus maxillaire droit. Cette intervention, comme la
précédente, s’accompagna d’hémorragies profuses qui empêchèrent d’assécher le sinus
et d’en examiner les parois.
Douleurs névralgiques et douleurs sourdes disparurent immédiatement. Le malade
put reprendre scs occupations et se crut guéri.
Six mois après, en août 1923, les douleurs sourdes d’abord, puis les névralgies,
reparurent. M. Rouget constata une nouvelle poussée purulente dans les deux sinus et
curetta le 6 septembre la cavité gauche. Encore une fois les hémorragies empêchèrent
d’examiner les parois du sinus.
Après cette intervention, les crises névralgiques, bien que diminuées de fréquence,
ne di.sparurent pas et entre les accès apparut la douleur sourde de l’articulation tem-
poro-maxillairc gauche.
Le 5 octobre suivant, le nettoyage du sinus droit fut exécuté. Pour la première fois
l’opérateur ne fut pas gêné par les hémorragies. On put prélever du pus. Celui-cij dû
au staphylocoque doré, nous permit de faire un auto-vaccin. En outre, on put examiner
la cavité et constater qu’il n'existait plus de paroi postérieure, si bien que le sinus s’ou-
\ rait largement dans la fosse ptérygo-maxillaire.
Bien q\i’il s’agisse du sinus maxillaire droit, dès son nettoyage, les douleurs gauches,
lant névralgiques que sourdes, disparurent durant un mois environ.
Actuellement, elles viennent de reparaître, provoquées par les lavagesdu sinus qui
irritent directement le nerf. Elles apparaissent encore lorsque lemaladerestc longtemps
couché sur le dos et que les mucosités tombent dans la cavité ptérygo-maxillaire.
^.e décubitus ventral soulage le malade.
S’il est intéressant de constater, une fois de plus, que les névralgies
faciales paroxystiques, ne laissant entre les accès aucune douleur, peuvent
relever, d’une infection des sinus, il est non moins important, croyons-nous,
de savoir qu’une affection purulente d’un sinus peut entretenir, sinon
entraîner, des névralgies faciales du côté opposé.
VI. — Sur la présence, àla face supérieure du rocher, d’un projec¬
tile, n’ayant déterminé, pendant un an, aucune réaction cérébrale
manifeste. Ultérieurement crises épileptiformes, par M. E.
Krebs (Travail du Service du Dr Babinski).
OnsF.nyATioN. — F. Charles, 28 ans, était an cours des attaques ilc Champagne, en
536
SOCn'iTl': DU NEUnOLOCIE
1915, caporal dans une compagnie de mitrailleuses au 147» H. 1. Le 30 octobre^ 1915,
à Tahure, pendant une contre-attaque ennemie, il fut bless6 auprès de sa pièce, dans la
tranchée de première ligne îs’ètant baissé, à un moment donné, imurrarnasscrsa musette,
il ressentit \in cla(piement violent dans l’oreille droite ; il pensa qu’il était blessé dans
l’oreille. Comme il était tout étourdi, il porl.a rnacbinalement la main à son front et il
s’aperçut qu’il saignait à la tète. Au |)etit poste de secours où il se rendit, on lui dit
qu’il avait une blessure minime du cuir chevelu, un peu au-dessus du front, du côté droit,
qu’il avait sans doute été el'lli'uré |)ar unebalh' à bout de course, et qu’il ne pouvait
être question de l’évacuer pour si peu. Une fois i)ansé, il retourna à sa [lièce. Il ne ressen¬
tait aucun malaise sérieux; il était légèrement étourdi.
Une heure après, à la sidte d’un bombardement vi(dent, l’ennemi ayant cerné la
compagnie, 1’’. fut fait prisonnier. Kmmené par les Allemands, il fit à pied la route de
Tahure à Vouziers comme tout le monde (soit 25 à 30 kilomètres), h; même soir. A Voii-
ziers, où les prisonniers passèrent la nuit, h’, souffiit un peu de la tête, et pensant que
c’était le poids de son cas([ue qui le gênait, il jeta son eas<pie. Il dormit d’ailleurs ensuite
fort bi(m. Reparti le matin au petit j<iur, il marcha deux jours entiers avec les arrêts
commandés et une nuit di' repos intermédiaire, pour aller prendre le train dans une
grande gare dont il ignore h^ nom, et oii il fut emhar([ué. Il ne se plaignait de rien;
il avait seulement un peu mal à la tête, mais il n’en était nullement étonné : c’était
chez lui habituel dans cette prenuèia^ ania';e de la guerre. Il mangeait et dormait comme
à l’ordinaire. Depuis Vouziers, il était pansé cha([ue jour par les Allemands.
Il fut ensuite trans|torté, pendant 21 heures, dans un wagon à bestiaux sans paille :
SÉANCE DU DÉCEMBliE 1923
537
arrivé finalement ilans une grande gare allemande, il fil encore un trajet d’une heure et
demie environ à (ued, Jusqu’au camp de Giessen (liesse supérieure). C’est là qu’il [ut in-
A partir de ce moment, fi. mena la vie de prisonnier dans plusieurs camps différents.
Il resta d(uix mois dans celui de Giessen : il n’y faisait rien, les prisonniers étant, saut
pour les corvées, laissés entièrement à eux-mêrnes. Deux ou trois jours après son arrivée,
il commenta a ressentir des douleurs de tète un peu jdiis vives, qui devaient durer
deux mois, fi.lles étaient cependant siipportaldes, piiis([ue fi. ne s’est jamais constitué
malade et ([ii(> ses nuits étaient bonnes. 11 fut pansé régulièrement pendant un mois.
Ceux qui le pansaient et lui-même étaient pi'rsiiadés ipi’il n’avait qu’une blessure, toute
Fig. ?.
superficielle du cuir chevelu :1a plaie guérit d’ailleurs sans complications, fi’, ne ressentail
aucun bourdonnement d’oreille, n’éprouvait aucun vertige.
Dès janvier 1910, date de son transfert au camp de Darmsiadt, ses maux de tête
ilisparurent et jusqu’en janvier 1919, date de son rapatriement, sa santé fut excellente,
à part un phénomène nouveau, qui fit son apparition un an seulement après sa blessure,
et qui se ré|iéla trois fois, une fois liar an, peiidaiil les trois années de sa captivité.
C’étaient de brusques pertes de connaissance, ipii duraient qiiebpies minutes, et après
lesquelles il restait abruti (pielqiies instants. La première (novembre I91C) le surprit
'in jour ipi’il était à table, la seconde (aofil 1917), un aprè.s-midi qu’il était étendu sur
l’herbe au bord de la route : il versa dans le fossé, oii il reiu'it ses sens au bout d’un
moment. La troisième (juillet 191S) lui vint un soir qu'il était couché ; ce fut alors que
I’’. sut pour la première fois par un camarade, étudiant en médecine, qui l’empêcha de
lomlier de son lit, qu’il avait des crises d’épilepsie.
538
.sor;/«77? />/■; NEUHoLor.U':
A partir tlo son retour en l'ranre (janvier 1919), et à la suite, paraît-il, d’iinc grippe,
ses maux do tôle le reprirent et furent, au dire, de, IA, rpiotidieiis ju.sfpi’en mars 1920.
Les crises devinrent plus fré([uentes et si' répfdèrent, à raison d’une tous les trois ou
i[uatro, mois (juillet, octobre 1919, mars, juin, octobre 1920). Knlin depuis octobre 1920,
1’. eut quatre crises en deux mois, b‘s deux dernièiu's à fois joui-s d’intervalle. C’est
ce (pii le décida à se (iréseuter à la consultation du Dr. Hab'iiisld à la Pitié (janvier
1921).
Los détails ((ue lui et sa femme nous donnèrent, ne nous laissèrent aucun doute, sur la
naturo do son affection et le caractère jaeksonien de ses crises.
Ces crises le surprenaient n’importe oii, chez lui, dans la rue, en voiture, en chemin
de fer.. ! elles s’annonçaient, depuisson retour on b’rance, par une aura auditive de l’oreille
droite, sous forme de sonnerie dans les premiers temps, de sifflementsotdc bourdonne¬
ments depuis deux mois. Puis il poussait un cri, sa tôto .se tournaità gauche, en même
temps que les muscles du côté gauche de, sa face se contractaient, que, son épaule
gauche était tirée en arriére, et que son’ bras gauche, se tordait en dedans. Il entendait
encore la voix de ceux qui l’entouraient «s’éloigner, comme quand on s’endort dans
l 'anesthésie au chloroforme ». Puis il perdait connaissance et tombait. II restait étendu,
la face cyanosée, avec parfois un iieu d’écume aux lèvres, souvent sans bouger, pen¬
dant une dizaine de minutes. 11 souillait un pou et revenait à lui, sans s’ôtre jamais
mordu la langue, ni avoir uriné dans ses vêtements. Il mettait environ un quartd’heure
à reprendre ses sens, et avait souvent envie do dormir ensuite. Telles étaient ses crises,
à quelques variantes ])rès.
L’examen des réflexes tendineux nous prouva qu’ils étaient égaux des deux côtés.
Il n’y avait pas d’extension de l’orl.eil, jias do flexion dorsale du pied, pas de flexion
combinée de la cuisse et du tronc. On ne relevait auouno diminution do la force muscu¬
laire ni d’un côté ni do l’autriq aucun trouble sensitif quelconque.
L’examen du cuir chevelu nous permit de déceler l’existence d’une petite perte de
substance osseuse, placée à deux centimètres environ à droite de la ligne médiane et à
deux travers de doigt au-dessus de, la racine descheveux. Cette perte de substance, qui
avait la dimension de la pul|)e du petit doigt, et qui siégeait sur l’os frontal, ne présen¬
tait aucun battement. 11 n’y avait de trace de blc.ssure en aucun autre point du crAne.
L’examen des oreilles et lies yeux fut entièrement négatif.
Nous décidâmes de faire faire des radiographies de face et de profil du crâne (janvier
1921).
Ces radiographies, que- vinrentcomidé ter les données de radiographies stéréoscopiques,
nous révélèrent à l’intérieur du crâne, sur le plancher de l’étage moyen du côté droit, la
présence indiscutable d’une balle de fusil. Sa direction est rigoureusement parallèle à
l’a.xe biauriculaire. Sa pointe est pres([ue au contact de, la table interne do l’écaille
temporale, sa base est ù deux travers de doigt du plan médian du crâne. On voit par¬
faitement sur la voûte, au point déterminé tout à l’heure, la porte d’entrée du pro¬
jectile.
Par quel trajet précis eelui-ci a-t-il gagné la position qu’iloceupo actuel¬
lement, nous n’essaierons jias de l’expliquer.
Ce qui est certain, c’est qu’il a pu pénétrer jusque-là, et y demeurer des
années sans qu’on soupçonnât môme son existence. Le blessé n’éprouva
au début qu’un étourdissement passager et quelques maux dj tête. Il a
pa, immédiatement après sa blessure, faire trois jours d’étapes à pied,
puis vingt-quatre heures de chemin de fer dans un wagon à bestiaux, et
enfin mener pendant toute ui o année l’existence de prisonnier dans des
camps allemands, sans jamais se flaindre même de la moindre insomnie,
sans jamais se faire porter malade.
Il faut bien qu’il n’ait présenté aucune espèce de réaction, pour qu’il
SÉANCE DU 6 DÉCEMBRE 1923
ne soit venj à l’osprit de personne, de 1 ji-mêin. d’abord, ni des inlirmiers
qui ont panse sa blessure si vite guérie, ni doses camarades de captivité,
qu’il ait pu avoir reçu une balle dans la tête.
Et plus tard, lorsque ses crises eurent fait leur apparition, il faut bien
qu’il n’ait jamais eu non plus do réaction locale quelconque, pour qu’on ait
donné aussi peu d’importance au commémoratif desaplaie^ et qu’on n’ait
jamais eu l’idée^ pendanl plus de cinq ans, de faire faire une radiographie
de son crâne.
Nous croyons que cette observation mérite de figurer, à titre de docu¬
ment, à côté de ceux que l’on pos.sède sur les plaies du crâne.
VII. — Sur le Réflexe croisé chez le homard et l’écrevisse,
par M. J. B.vbinski.
La recherche des réflexes dits de défense chez le homard m’a conduit
à constater, entre autres particularités (1), des mouvements réflexes croisés
des pinces, le « crossed reflex ».
L(! crossed reflex, l’une des manife^stations de l’exagération des réflexes
dits de défense, spécialement étudié par Philipson chez le « chien spinal »,
et qu’on peut observer chez l’homme dans les faits de lésion de la moelle
intéressant la voie pyramidale, est considéré généralement comme le
résultat de la libération de la moelle, affranchie du joug des centres supé¬
rieurs ; c’est en quelque sorte un retour à un état atavique.
Etant donnée cotte conception, qui cadre au moins avec la majorité des
laits, il y avait lieu de penser a prion que le réflexe croisé devait exister,
à l’état normal, danscertaines espèces occupant un niveau relativement peu
élevé dans la hiérarchie zoologiquc.
Or, c’est précisément ce que l’on peut observer chez le homard et l’é¬
crevisse.
Si le homard repose sur sa face ventrale ou s’il est maintenu par sa
carapace, les pinces étant pendantes, on constate souvent qu’en percutant
l’une de ces pinces, his divers segments qui la constituent se fléchissent les
uns sur les autres, tandis que les segments d . l’autre pince s’étendent plus
ournoins. Puis, lorsqu’on pcncute cette dernière, elle se fléchit à son tour,
tandis que la première exécute un mouvement très net d’extension, et il
estparfois possible d’obtenir plusieurs fois le réflexe croisé, les deux pinces
se fléchissant et s’étendant d’une manière alternative, comme je le montre
à la Société.
Chez l’écrevisse, le même phénomène se voit aisément lorsque l’expé¬
rience est pratiquée, l’animal étant plongé dans une cuvette remplie d’eau.
(1) C’es*. ainsi que je signaicrai une sen^^^ibiiilé très vive de la carapace dont l’excita-
liun même légère en certains points détermine une adduction des globes oculaires-
540
SOCIÉTÉ DE NÉUnOLOGIE
VIII. — Signes objectifs de la phase prodromique de la maladie
de Parkinson, par !\[. V. Neri (do Bologno).
Présontalion d’un malade d(> 26 ans qui, d(!puis demx années environ,
à la suite d’un léger état fébrile appelé grippe, accuse un syndrome émi-
n(;mment subjectif, neurasthéniforrne, de type vasomoteur, associé à une
céphalée paroxystique, asthénie, besoin incessant de se mouvoir, légère
insomnie, léger état de dépression, que le malade exjjrime dans les termes
suivants : « .l’ai perdu ma tranquillité d’esprit. »
Chez ce malade;, dont l’aspect no rappedle (;n aucune façon c(;lui d’un
parkinsonien, l’exaimm olijectif met (ui évidence des signes de lésion
organique consistant :
1° En un syndrome régclalif, caractérisé par de; l’acreie'yanose. associée à
de l’hypeu-hydrose ; bradycardie, accès de; vaseedilatatieen dans le domaine
du sympathique cervical, coïnrielant avec la céphalée accusée par le;
malade, ace'ès qui peuve;nt se preilonge-r même; pe;ndant une; deuni-heure ;
sialorrhéc, polyurie et légère; glye’osurie.
2° En un syndrome moleiir, carae térisé jear de;s accès de secousses myo-
cloniques dans la portieen externe du fuis 'eeau claviculaire du sterno-
cléido-mastoidien eboit ; un léger état el’hypertonie des membres do
droite, une perte des mouvements associés élu bras droit pe.mdant la mar die ;
un lég ;r eh'gré de bradycinésie ; une persistance de contraction des musclss
à la suite; d’un effort inte;nse et prolongé (en invitant 1 ■ malade; h fermer
les yeux avec force e;t à l;;s rouvrir, on remarque fpie les muscles de la face
demicurent en un état de semii-contiaction, qui persiste durant quelques
sea-ondes ; même les muscles oculaires premnemt part à cette persist mee; de
contraction, et les yeux re-stemt durant quedepies se;condcs en serni-con-
\< rgence) ;des altérations di; la réfl(;ctiviLé cutanée tendino-périostee,
con.sistant en une asymétrie et une variabilité d(; réponse à la p, rcussion,
ain;-i qu’en une façon s})ériale pour les réflexes de s’effectuer, altérations
qui m; se rencontrent pas dans les lésions de l’are, réflexe, ni dans les
lésions du faisceau pyramidal.
Pour ce qui regarde l’asymétrie, h; malade présente une vivacité {dus
prononcée à gauche du réflexe rotidien, une; légén; diminution du réflexe
achilléen gauche, une diminution du réflexe radial drf)it (;t du réflexe eubito-
pronateur gauche ; une légère diminution du réfl(;xe du triceps droit.
En ce qui c,onc(;rne la réponse à la percussion, <;lle n’est pas toujours
la même pour un même degré de p<;rcussion. En pratiquant d(;s percussions
successives, 1<; réflexe; est parfois vif, et, dans ce; e'as, il e;st constaté souvent
des contractions syne;inétiqeie's de-s mus.'h's antage)niste3S ; parfois, le
réfle‘xe' est faible, e;t enfin quelquefois aucune' reeponse; n’eest obtenue. Il
paraît donc e'xister une flue'tuation de- la réfle'ctivité, eleent la caus ■ est
peut-être due à une fluctuatieen eh- la temie'ité niiise'ulaire.
Enfin pour ce qui est de; la façon peeur le;s réfle'.xees de s’effe;ctuer, on
remarepu' de; temps e;n teuq>s une h'utc elée'emtraetiem de'S rhuscles, objets
du réfh'xe'.
SÉANCE DU C DÉCEMBRE 1923
541
11 ri’iist pas constate d’augmentation de la contraction idio-musculaire.
L’examen électrique met en évidence :
a) Une réaction myotonique, par rapport aux excitations tétanisantes ;
b) Des ondulations rythmées dans les faisceaux musculaires, une sorte
de danse musculaire se propageant parfois à des muscles éloignés du point
d’excitation, et, outre cette ondulation fasciculaire, des contractions
tétaniques parcellaires. Ces ondulations se produisent par une excitation
susc.(!ptil)le de provoquer ch(!z un individu normal une contraction massive
et tétanique. En s’arrêtant au seuil d’excitation, on remarque que l’ex¬
citation doit persister jxmdajit quelque temps pour être à même de pro¬
voquer une contraction musculaire.
c) A côté de cette hypo-cxcitahilité, on constate des phénomènes de
diffusion tout à f.rit caractéristiques, comme par exemple l’excitation
faradique de l’extrémité inférieure du triceps brachial, immédiatement
au-dessus de l’extrémité supérieure de l’olécrâne, qui, a u li u de provoquer
l’extension de l’avant-bras sur le bras, détermine une flexion paradoxale
des doigts et de la main, ainsi que de l’avant-bras sur le bras.
L’auteur considère que le malade est atteint d’un syndrome léger, mais
non douteux, de Parkinson, d’origine encéphalitique, et, en confirmation
de son diagnostic, il présente un autre malade, avec le même synd’'ome
végétatif et moteur, à un degré d’évolution plus accentué, dans lequel se
dessinent des signes classiques de la m ladie de Parkinson ; et d’autres
malades en plein état morbide, chez lesquels on constate les symptômes
déjà indiqués.
L’auteur rappelle l’attention sur la valeur sémiologique de ces signes
qui permettent un diagnosti de paralysie agitante dans une période
dans laquelle le manque des signes classiques peut induire le médecin à
une erreur de diagnostic.
M. Souques. — La communication de M. Néri est très intéressante. Los
symptômes qu’il a signalés peuvent permettre de dépister un syndrome
parkinsonien fruste et même latent. Son malade n’a pas l’air d’un parkin¬
sonien ; s’il le devient un jour, la démonstration sera faite, l’ai été très
frappé de l’observation, que M. Néri nous a relatée, d’un malade qui était
senddablc à celui-ci et qui est devenu plus tard parkinsonien. Parmi les
phénomènes somatiques qu’il vient de nous montrer, il y en a un qui me
paraît parliculièrement significatif: c’est la flexion paradoxale des doigts,
de la main et de l’avant-bras. Il y a là un signe très visible, très facile à
Bccbercher au moyen d’un simple courant électrique. M. Néri a bien voulu
examiner dans mon service une quinzaine de malades atteints de syn¬
drome parkinsonien classique ou postencépbalitique. Chez tous ou presque
tous, il a rencontré ce jibénomène. Si ce phénomèiiî ne s 3 rencontrait que
chez les parkinsoniens, il y aurait là un signe de première importance,
particulièrement utile ])our reconnaître la maladie à son délmt.
542
SOCIÉTÉ DE NEUROLOGIE
X. — De révolution terminale des Myoclonies de l’encéphalite
épidémique, par M. E. Kuebs.
Dans do précédentes éludes (1), nous nous sommes attaché à préciser les
caractères intrinsèques des sec.oussi's myoeloniques de l’encéphalite
épidémi((ue.
Les constatations que nous avions faites e,oncernai(uit qiudqucs sujets
parvenus à la i^ériode d’état de^ le jr affection. Dn pouvait donc se deman¬
der si les signes qu’ils présentaient n’étaient pas .'eux d’une phase évolu¬
tive de leur myoclonie et n’étaient pas susceptibles de se transformer
avec le temps. Aussi avons-nous tenu à garder le contact av(;c nos nudad<'S,
tous rentrés en province depuis un an et demi, et c’est le résultat d’exa¬
mens de chacun d’eux, faits à deux ou trois reprises différentes, que nous
aj)portons ici.
Ces iiiiilade.', uvuiciil l,oas l.ruis été uLLeinU il’('iiué|ilialil(^ au cours (le l’éjùih'ituc do
janvier et lévrier J'J2Ü. Nous les uvi(jns suivis à rii(ji)iLul perulanl l’année 1021 cl les
tout premiers mois de 1922.
La [U'emière, alïecléc d’un syndrojne parkinsonien prédominant à Kauclie, avait, du
côté droit, un tremblement du membre supérieur, un mouvement cadencé lent du
membre inférieur, des secou,s;os myoeloniques rapides du grand dorsal, du deltoïde et
de quelques muscles de l’é[)aule, et, dans certidnes attitudes seulement, du grand
pectoral.
Le second malade avait d((s secousses musculaires bilatérales des membres : on en
constalait, aux memlires suiuirieurs, dans tous les segments, y compris les mains; aux
mendires inférieurs, dans les muscles fessiers et les muscles [lostérieiirs des cuisses
seulement.
La troisième de nos malades avait des secousses myocloni(pies bilatérales des muscles
de la face, des éiiaulcs et dos bras (2).
Ces secouss(!Siïiusculaires étaient rythmées : rions avions particuliérement
insisté sur leur synchronisme dans tous his muscles; sur les anomalies
des synergies musculaires, qui différenciaient entièrement ces contrac¬
tions des mouvements volonlairas (signes de Vincent) ; sur le réveil
ou l’accentuation des secousses, lorsrju’elles commençaient à disparaître,
par foutes les conditions physiologiques qui déterminaient un état de
tonus ou de contraction stati([ue d.'S muscles, que ce lussent un réflexe
d’éijuilihre général, un réflexe d’origine musculaire certaines excitations
cutanées, la volonté du sujet (3).
Voici commcnf avec b; fcmp.sse soiiL comportés les I, roubles moLeiirs de nos malades.
Lu prcmii're malade [de Sens), en juin 1923, est l.rés amaigrie cl cacbecliqiie. Le
parkinsonism(( a fait des Jirogrés considérables. Le f remldemenf, maintenanlbilaléral.
(1) Voir nos communicaf ions du 2 juin 1921 à \u SacUlé de Neumhuic ci du 24 mars
1922 à la Sticiélé médicale des llôp (on.r, indro fbésc (l’aris, 1922)olun article du numéro
de novembre 1922 des Annales de Médecine.
(2) Nous renvoyons, pour le détail de leurs observations, aux références de la note
précédente.
(3) Nous remar(p]ions, à c(î proiios, que la secousse inyoclonique, qui ne provoque
pas de déplacement segmentaire, est luéciséinent une contraction statique du muscle.
Sl'ANCE DU G DÉCEMnilE 1923
543
est devenu irèsforl dans le membre sui)érieiir droil. An premier abord, les secousses
mijocloniqiies semblent avoir enlièrrmenl disparu : il n’en est rien. Il nous suffît de
maintenir fortement le membre supérieur droit et d'arrêter le tremblement, pour voir
immédiatement les secousses musculaires apparaître synchrones, dans le grand dorsal,
le grand dentelé, les muscles postérieurs de l'épaule. Dans le deltoïde, on n’observe
que quelques librillations. On pont, en faisant varier l'attitude du membre, voir battre
seul, soit le grand dorsal, soit b^ grainl dentelé. Lorsque' ces muscles battent tous les
deux, leurs secousses sont synchrones. Elles sont plus lentes qu’autrefois : on n’en
compte qu’une quarantaine à la minute. On ne peut faire rejiaraître, comme il y a un
an, des secousses dans le grand pectoral. Il suffit d'abandonner le membre à lui-même
et à son tremblement parkinsonien, pour que toutes les secousses se suspendcJÜ immédia¬
tement (1).
Le mouvement du membre, intérieur semble avoir délinitivement disparu.
25 octobre 1923. — Il faut que le biais soit écarté en abduction, pour que les secous¬
ses reparaissent. On n’en observe plus que dans le grand ilorsal. Dans le deltoïde, il n'y
a que des fibrillations. Les secousses du grand dorsal se sont encore ralenties : on en
comide 34 à la minute.
Fig. 1. et 2. — Tracés myograpliiques (27 et 23 juin 1923).
Do haut on bas : à gaucho: temps on .secondes, tricep.s gaucho grand pectoral gauche. —A droite:
temps on secondes, grand dorsal gauche, grand pectoral gauche.
Deu.vièmc malade [d'Epernag] :
Octobre et novembre 1922. — Les secousses musculaires des membres inférieurs ont
presque entièrement disl>aru. Celles des membres suiiérieurs, tout en conservant leurs
caractères généraux, ont un peu diminué d’intensité et de rapidité. On en compte GO
à la minute. On con.state, de temps en temps, un léger décalement d’un dixième de se¬
conde entre les secousses du iiectoral droit et celles du jiectoral gauche.
27 juin 1923. — Les secousses des muscles postérieurs des cuisses et des fessiers
ont disparu.
Au membre supérieur gauche, ce sont toujours les mômes muscles qui battent. Leurs
secousses sont toujours synchrones. Leur ralentissement s’est encore accentué : on
■l’eu compte, plus que de 30 à 40 à la minute environ. Mais fait important, leur rythme
est devenu notablement irrégulier, ainsi qu’en témoignent les tracés myographiques,
que nous avons pris avec notre ami le D' l’ournay (23 et 27 juin 1923).
Au membre siqiérieur droit, le pectoral bal en synchronisme iiarfait avec le pec¬
toral gauche. Les mu, scies de l’avant-bras, immobiles dans le relâcheitumt, ne s’animent
(1) Cette influence du tremblement sur les secousses musculaires est des plus intéres¬
santes : elle est vraisemblablement du même ordre (,ue celle descontractionsdynamiques
automatiques ou volontaires, sur ces mêmes secousses.
SOCIÉTÉ DE NEUIiOLOOIE
fine dans les conlraclions d’altitudes, et se soulèvent alors en même temps que le pec¬
toral. En arricn-, les muscles postérieurs de rèfiaule ne présentent plus que quelques
librillations, sauf le sus-épineux. Fuit très impnrlani : ce muscle, dans Uujuel nous n'avions
jamais conslalé de secousses auparavanl, se conlraclc dans loule sa masse, énerç/iquemenl,
rapidemenl, irréf)uUèremenl,clses conlraclions n’onl plus aucun si/nchronisme. avec, celles
du prund pecloral du meme côlé el des muscles du côlé opposé. Ces contractions du sus-
épineiix durèrent quelques heures.
Fin d'oclohrc, déhul de novembre 1923. • Du côté droit, li's secousses ont enlièrenuuit
^lisparii spontanément. On constate ceiumdant, de temps à autre, une petite secousse
lihrillaire dans le faisceau intérieur du "ramt jiectoral. 11 y a des jours, assez rarement,
où dans certaines attitudes, ce muscle a (tes secousses synchrones avec celles du célé
ijauche. Les muscles de l’avanl-hras présentent parfois, dans les mêmes conditions, des
contractions, qui pourtant sont le |)ius souvent lihrillaires. A l’occasion d’une forte
■émotion (tu malade, nous avons enfin vu, un jour, le qrand dorsal el le triceps brachial
droits, depuis loiifftemps indemnes de, secousses, iiarcourus de fibrillations multildes,
menues, ('xlrêmement raiiiiles el iirolonffées; sans aucun renforcement rythmé.
Du côté qauche, seuls et d’une façon constante, ([uehpies muscles de l’avant-bras,
et à la main h^s interosseux, quel([ui fois h^ triceps brachial, sont animés de secousses
spontanées. Ces secousses sont rythmées un peu irrégulièrement, mais synchrones,
bien qu’accompagnées de fdjrillations, dans les muscles de l’avant-hras et le triceps :
elles sont fibrillaires dans les interosseux. Les contractions des muscles de la racine du
membre (grand pectoral, grand dorsal, grand dentelé), el le plus souvent celles du
triceps semblent avoir disparu au repos. Il y a des jours pourtant, l’après-midi surtout,
où elles sont visibles dans le triceps, sous forme d’ondulations prolongées de fibrilla¬
tions, et dans le grand dorsalsous forme de fibrillations, dont l’une, plus accentuée, bat
avec l’ondulation du triceps ; dans le grand pecloral, elles ne sont lu'rceptibles qu’à la
Iialpation. Mais si, jiar exemple, le sujet assis s’appuie .sur son bras écarté et posé sur
sa cuisse, toutes ces contractions augmentent d’intensité : le grand pecloral bal dans
son ensemlile, les ondulations du triceps sont plus fortes, les fibrillations du grand
dorsal sont |ihis marquées, le grand dentelé s’anime à son tour cl toutes ces secousses
ont un renforcement synclirone avec les secousses du grand iiecloral.Il y a des jours,
cependant, où les changements d’altitude mêmes ne réveillent filus dans ces muscles
que des secousses atténuées, ipii semblent disparaître iii'u à peu au milieu des fibril¬
lations qui les accompagnent.
Ce malade nous paraît arriver à la période (!(■ sa myoclonie, à laquelle est parvenue
depuis plus longtemps notri' dernière malade.
Troisième malade {île lieims) :
En /n/n 1023 (un an el, trois mois après l’avoir perdue d(> vue), les secousses des
épaules et des brus ont disparu au repos. Aucun ehangemenl d’attitude ne les lait repa¬
raître du côlé droit. Du côté gauche, seul le deltoïde présente des fibrillations dans
les états de contraction statiijue (abduction du bras, maintien du membre supérieur
en position verticale, et davantage si la main regarde en dedans ipi’en dehors). Les
librillations n’onl aucun rytbme. On peut voir encore deux ou trois secousses jnircel-
laires dans le deltoïde, aussitôt après l’arrêt d’un mouvement volontaire ou auloma-
liipie auipiel ce muscle a [larticipé.
A la face, lasecousse rythmée qui tirait la commissurebuccaledroite en dehors et qui
élevait les deux sourcils, le gauche plus ipie le droit, n’existe jilus.On constate quelques
secousses lilirillaires rapides et sans rytiime, dans la moitié inférieure des orbiculaires
el dans les zygomatiques. Les librillations s’accentuent dans tous les jeux de pbysiono-
mie,oùles mu.scles de la face s’immobilisent en contraction. Celles des ])au|)ières infé¬
rieures augmentent, si la malade maintient les yeux fermés (1).
Orlohre 1923. — L’aspect des myoclonies est à peu de chose Jirès resté le même.
(I) Deux phénornè'ics inu ortaids no .veaux sont à noter chez notre malade: du
côté droit, un étal l’o spa-mo peiiuaneul et considi rable des muscles de la liartio
SÉANCE DU G DÉCEMBRE 1923
545
En résumé, voici, d’après ces trois malades, comment semblent évoluer
les secousses myocloniques de l’encéphalite.
Notons d’abord la constance de ces phénomènes avec la plupart de leurs
caractères pendant longtemps et leur longue persistance, puisqu’ils se
sont prolongés déjà près de quatre ans chez nos sujets et qu’ils ne sont pas
entièrement éteints.
Les secousses commencent par dimin.ier peu à peu d’intensité et de
rapidité. Leur rythme d’abord assez régulier, et qui permet de compter
pendant des mois un nombre sensiblement égal de contractions par minute,
devient irrégutier à mesure que tes secousses se ratentisseni.
Le synchronisme des secousses persiste jusqu’au moment où celles-ci
s’arrêtent. Cet arrêt de la secousse qui socilève la masse du muscle, varie
d’ailleurs dans le temps suivant les groupes musculaires et même siiivant
les muscles.
Pendant longtemps encore, on peut faire reparaître les secousses disparues
au repos en provoquant des changements d’attitude des segments, et les
secousses, reparues dans ces conditions, conservent leur caractère de
synchronisme avec celles des muscles qui continuent à bîttre spontané¬
ment.
11 arrive un moment où les changements d’attitude ne réveillent plus
aucune secousse dans certains corps musculaires ; dans d’autres muscles
ils continuent à en réveiller, mais ces secousses sont de plus en plus faibles,
et s’accompagnent de fibrillations de plus en plus nombreuses ; finale¬
ment, les changements d’attitude ne réveillent plus dans c-js muscles que
des fibrillations, sans aucune secousse myoclonique proprement dite.
Enfin dans certains muscles, dont les secousses ont complètement disparu,
on peut observer parfois quelques fibrillations spontanées.
Ainsi, c’est le synchronisme qui paraît demeurer le caractère dominant
des secousses myocloniques de l’encéphalite, à leur période terminale,
comme à leur période d’état. Il survit à la régularité du rythme, il persiste
jusqu’à l’arrêtAics secousses dans les muscles à l’état de relâchement, il
reparaît lorsque ces secousses reparaissent dans les contractions d’atti¬
tude. Il ne disparaît que tout à fait à la fin, quand les secousses, au cours
des contractions d’attitude, se résolvent en fibrillations.
Toutefois, et ceci nous paraît important à signaler, chez un de nos ma¬
lades, le jour même où nous avons pris l’un des myogrammes représentés
ci-dessus, au milieu de tous les muscles qui battaient de façon synchrone,
nous en avons vu un (le sus-épineux), dans lequel nous n’avions aupara-
vait jamais noté de secousses, se contracter pendant quelques heures, dans
toute sa masse, d’une façon tout à fait irrégulière et indépendante, et des
muscles du même côté et de ceux du côté opposé.
Cette constatation est intéressante à retenir, malgré son caractère
intericurc de la lace, qui rond difficile et restreint l’ouverture volontaire de la com¬
missure labiale droite. ; du côté gaucho, l’atropiii(^ complète du temporal, l’atrophie
accentuée du miissétcr. Los muscles masticateurs droits ne sont ni hypertoniques ni
atrophiés.
HEVUE NEUllOLOGigUE —
I, N° G, DÉCEMIIUE 1923
35
546
SOCIÉTÉ DE NEUROLOGIE
d’exception dans l’évolution terminale des secousses musculaires de nos
trois malades.
L’étude attentive des myoclonies décrites autrefoisetranalyso de celles
de l’encéphalite à leur période d’état permettent, comme nous l’avons mon¬
tré, de distinguer trois sortes de myo(donieS; caractérisées les unes par la
syiifirgie, les autres parle synchronisme, les dernières par l’asynchronisme
des contractions musculaires.
Faut-il, comme certains auteurs inclinent ù le penser, considérer ces
syndromes, qui, nous le rappelons, semblent i)ouvoir se rencontrer indivi¬
dualisés tous trois dans l’encéphalite, comme entièrement distincts, aussi
bien d’ailleurs au point de vue anatomo-pathologique que clinique ?
Faut-il au contraire les r(^gard(!r comme les étapes successives d’un même
trouble du mouvement progressivcmient dégradé ?
Pour nous limiter à l’évolution Usrminale des myoclonies que nous
avons eues sous les yeux, ces myoclonies, av(U’. hmrs secousses musculaires
synchrones et assez régulièrement ordonnécis dans leur décroissance,
sont-elles susceptibles, à un moment donné, d(ï se transformer suffisam¬
ment, pour réaliser 1<! tableau du pararnyoclonus mulliplex, dont les con¬
tractions, qui soulèvent les muscles dans toute leur masse, sont actives,
multiples, indépendanteset totalementdésordonnées, et pourraient, d’après
les descriptions d’autrefois, durer des mois et peut-être des années ?
Nous n’en trouvons aucunement la preuve ch ,z nos malades. L’exemple
isolé du muscle dont nous parlons a toutefois une certaine valeur en soi,
même s’il n’était que le fait d’une association. Il nous a paru mériter
d’être signalé, au milieu des phénomènes terndnaux assez réguliers par
ailleurs des myoclonies de nos malades.
XL — Anomalie rare de l’Artère Cérébelleuse inférieure et posté¬
rieure, par -M. E. Lebl\nc (Alger).
Sur un encéphale extrait peu après la mort, l’examen de la région
bulbo-cérébclleuse montre une fermeture complète de l’orifice de Magendie
par la toile choroïdienne, la pic-rnère tonsillairc et une artère cérébelleuse
inférieure et postérieure droite, seule existante, se glissant au-dessous de
l’angle inférieur d i ventricule, entre les deux feuillets de la cloison pie-
mérienne des tonsilles.
Après enlèvement du cervelet (!t ouverture longitudinale de la toile,
on aperçoit, entièrement logée dans la partie inférieure du ventricule, une
boucle artérielle de 6 millimètres de longueur appliquée sur le plancher
ventriculaire et remontant à 1 centimètre (uiviron au-dessus de l’angle.
Cette boucle occupe la région médiatu! (it droibs du plancher, s’appuyant
notamment dans la ovéa de l’aile grise qui est entièrement masquée. Elle
est fixée dans cette [)osition anormale par des tractus conjonctifs et vas-
culain^s qui la lient au revêtement j)ie-méri(!n du bulbe.
L’orifice de communication ventriculo-sous-arachnoïdienne est donc
ici complètement et solidement obturé.
SÉANCE DU e DÉCEMBRE 1923
547
De plus, la pénétration dans la cavité ventriculaire, d’une artère qui
normalement est située dans l’espace 'sous-arachnoïdien, au-dessus de la
toile choroïdienne vraie (feuillet inféricir de la toile choroïdienne), ne
devait pas avoir été sans retentissement sur les centres nucléaires du
plancher bulbaire et en particulier de IX, X, XI.
Fig. 1.
Malheureusement, aucun renseignement clinique n’a pu être obtenu,
mais des troubles de compression d’intensité variable devaient être
probables sous l’influence des modifications artérielles faciles en raison
de l’inclusion du vaisseau et de la boucle formée avec cioisement des
deux extrémités.
Addendum à la Séance du 8 novembre 1923.
V. — Hémitremblement et syndrome de Parinaud : lésion pédon-
culaire, par MM. Halbron, André Léri et Weissmann-Netter.
La malade que nous présentons est atteinte d’un hémitremblement
extrêmement accentué du côté gauche. La façon dont l’hémitremblement
est survenu et les symptômes qui l’accompagnent nous paraissent per¬
mettre de localiser de façon assez précise la lésion qui le détermine.
Lelrcmblomenl est d’inlcnsilé cxlrêmemcnl variable suivant les moments, puisque
par instants il est susceptible de s’arrêter presque co.mplètcmcnt, mais pour reprendre
bientôt de façon plus intense.
Les mouvements se produisent non pas seulement dans l’extrémité, mais dans
tous les segments des membres jusqu’à leur racine. Ils sont dans l’ensemble étendus
548
SOCIÉTÉ DE NEUROLOGIE
el Unis. Ils consistent non seulement en secousses globales, mais en mouvcmenls
partiels des doigts, du poignet, du coude, de l’ôpaule, mouvements d’extension cl de
flexion, d’adduction et d’abduction, de pronation et de supination, mouvements invo¬
lontaires qui rappellent autant la chorée que le tremblement véritable; la malade
a l’air, si l’on veut une comparaison, d’une femme qui bat des œufs. Par moments
on voit les doigts être animés de mouvements étendus d’extension et de flexion,
jamais on ne les voit présenter la petite trémulation, le mouvement de « rouler une
cigarette» si caractéristique du tremblement parkinsonien. Ces mouvements se produi¬
sent deux ou trois fois par seconde. Ils s’accentuent parfois pendant les actes
intentionnels, par exemph' quand, la malade étant assise, elle veut l)orter son doigt
sur le nez, d’autres fois ils sembhmt diminuer p(mdant l’exécution de l’acte et s’accen¬
tuent une fois le but atteint, par i^xemplc quand la malade porte le doigt sur son nez
couchée, le bras api)uyé. L(^s mouvements s’accentuent parfois à l’occasion de fati¬
gues ou d’émotions. Ils dis|)aruissonL pendant le sommeil; ils reparaissent dès le
réveil, plus forts même que pendant la journée.
On diminue les mouvements involontaires, mais on n’arrête pas complètement le
Iremblenumt en tenant vigouriuisement le membre; la malade elle-même diminue l’in¬
tensité d<i scs mouvements en tenant sa main gauche avec la droite.
L’hémitrembleinent (’st moins accusé au membre intérieur qu’au membre supérieur,
mais il présente les mêmes caractères.
La force musculaire des différents segments ne paraît pas très modifiée, autant qu’on
peut le constater à l’oi)position aux mouvements passifs. Le serrement de la main est
pourtant plus faible à gauche, il donn(' 19,5 au dynamomètre à droite pour 12 à gauche.
Il n’y a aucun trouble cérébelleux, autant qu’on i)uisse en juger chez une maladequi
se secoue, de fayon si intense.
Il n’y a aucun trouble de la sensibilité aux différents modes au membre supérieur ni
au membre inféri(uir.
Les réflexifs tendineux sont très dilliciles à la^chercber à cause du tremblement ; ils
semblent exister tous à gauche comme à droite, mais ne sont en tout cas i)as exagérés.
Le réflexe plantaire paraît Ctî'e en flexion des 2 côtés.
Il n’y a du côté des membia-s aucun trouble trofdii([ue ni vaso-moteur.
Il s’agit donc d’un hétnichoréo-iremblemenl très étendu, très irrégu¬
lier dans le temps et dans l’espace. Il est, en outre, extrêmement tenace,
car il dat(! de 20 ans.
Il a les caractères d’un tr(unl)leraent organique. Ce qu’on sait aujour¬
d’hui de ces liémitremhlements doit en faire avec quelque vraisemblance
localistT la lésion dans his noyaux centraux ou dans le pédoncule. Les
circonstances ([ui (ui ont acc.ompagné le début permettent de choisir entre
ces localisations.
Voici coinnumt il s’est jiroduit :
Il y a 22 ans, la malade, qid avait 34 ans, [irésiuita brusquement une paralysie faciale
droite ; elle avait eu mêmi^ temi)s quelques bourdonnements d’oreille, quelques éblouis¬
sements, et, bien qiu' sachant [)arfaitement les mots qu’elle avait ô dire, elle ne pouvail
les prononcer que de faijon très diffuse. Il ne semble pas qm; le facial supérieur ail été
atteint, car elle croit pouvoir dire ([ii’elle fermait bien les yeux et fronçait les sourcils.
Il ne semble surtout pas ([ue, malgré les troubles accusés de l’articulation q\ii semblent
avoir été dispro|iorlionnés avec une paralysie faciale, il y ail eu le moindre trouble
moteur du côté des membres droits.
Une quinzaine de jours plus tard, elle allait consulter pour cette paralysie faciale à
l’hôpital Saint- Antoine ipiand elle tombadans lame ; elle ne perdit pas connaissance.
On lu releva, sa paupière droite était complètement tombante ; elle put continuer son
SÉANCE DU 6 DÉCEMBRE 1923
549
chemin jusqu’à l’hôpital Saint-Antoine, mais son pied gauche traînait sur le sol : elle
avait donc un syndrome de Weber.
La paralysie du membre inférieur gauche ne s’accentua jamais au point de la tenir
alitée ; le membre supérieur, qui semblait d’abord sain, ne parut guère atteint qu’un an
après, mais très lentement et progressivement ; dans ce membre aussi la paralysie ne
fut pas intense, il n’était pas impotent, mais seulement malhabile.
Entre temps, la malade non seulement avait eu la paupière droite tombante, mais
avait vu double avec les 2 images superposées verticalement. Leptosis et la diplopie
avaient disparu après 2 ou 3 mois, la paralysie faciale après 5 ou 6 mois ; des troubles
do la parole il ne resta qu’un peu de bégaiement avec un langage un peu zézayant et
confus qui subsiste encore actuellement.
C’est environ 2 ans après le début des troubles que le tremblement apparut insensi¬
blement, d’abord du côté de la jambe gauche, puis quelques mois après du côté du
bras gauche ; il est devenu rapidement intense, car il lut même à un moment plus fort
qu’il n’est aujourd’hui ; il ne s’est jamais arrêté, si ce n’est au cours d’un traitement par
la scopolamine, qui fut d’ailleurs très mal supporté : le tremblement cessait pendant
deux heures après chaque injection.
Le tremblement fut donc nettement posl-hémiplégique] s’il est aujour¬
d’hui plus accusé au membre supérieur qu’à l’inférieur, il débuta du moins
nettement par le membre inférieur, tout comme avait débuté la paralysie.
Si le ptosis opposé n’avait pas disparu, il s’agiraitd’un syndrome de Béné-
dict typique.
Le syndrome de Weber qui a marqué le début de la paralysie, l’hémi-
tremblement rappelant le syndrome de Bénédict permettent de localiser
la lésion dans le pédoncule cérébral. On sait d’ailleurs aujourd’hui que le
noyau rouge, le locus niger sont des centres de mouvements involontaires,
et le syndrome de Bénédict ne diffère sans doute anatomiquement du
syndrome de Weber que par l’atteinte dans le pédoncule du noyau
rouge au lieu du faisceau pyramidal. Le peu d’intensité des troubles
proprement pyramidaux qui ont existé chez notre malade semble indi¬
quer que le faisceau pyramidal a été peu touché. Le ptosis et la diplopie
verticale qui ont marqué le début indiquent que le moteur oculaire com¬
mun a été atteint dans ses noyaux ou dans ses racines, mais faiblement,
puisque la paralysie a été passagère.
Mais nous constatons encore aujourd’hui un symptôme qui nous permet
de localiser la lésion immédiatement en avant du noyau oculo-moteur,
à savoir un syndrome de Parinaiid.
Nous constatons, en effet, que l’élévation des globes oculaires est très
réduite, elle n’est environ que d’une dizaine d(; degrés, alors qu’elle est
normalement de 55 degrés ; les deux yeux ne semblent d’ailleurs pas
atteints de façon absolument ichmtiquc, car l’examen au verre rouge, prati¬
qué par le Dr Monbrun, révèle une légère diplopie verticale avec image vue
par l’œil droit un peu au-dessus. Les mouvements automatiques sont aussi
altérés que le mouvements volontaires, car, quand la malade ferme éner¬
giquement les paupières, les yeux ne s’élèvent pas. Les mouvements d’a-
550
SOCIËTI': DE NEUROLOGIE
baissoment sont un pou plus étendus, mais ne dépassent pourtant pas 25
degrés au lieu de 45. La convergence est conservée, ainsi que les mouve¬
ments de latéralité. Ce syndrome de Farina ud incomplet date certainement
de loin, si nous en croyons les renseignements fournis par la malade : il y a
plus de 10 ans, dit-elle, que, ne pouvant lever les yeux, mais ne pouvant non
plus lever la tête à cause de sensations vertigineuses, elle ne pouvait
voir les numéros sur les portes des maisons et était obligée de les demander
aux passants. Il est fort probable que le syndrome date en réalité de ses
premiers troubles oculo-moteurs.
L’association du syndrome de Parinaud à la symptomatologie que
nous avons décrite est intéressante, car elle semble permettre une locali¬
sation anatomique immédiatement en avant de celle qui produit les syn¬
drome de Weber, c’est-à-dire immédiatement en avant du noyau du mo¬
teur oculaire commun.
Une observation récente de Chiray, Foix et Nicolesco est instructive à
rapprocher de la nôtre : il s’agissait d’un hémitremblement du type de la
sclérose en plaques, dû à une lésion presque linéaire, d’origine vasculaire,
le long d’une petite artériole qui s’enfonçait de la surface du pédoncule
dans la partie antéro-supérieure du noyau rouge et de là passait en avant
du noyau de la 3® paire. Bien que le tremblement présenté par notre
malade soit d’un tout autre type, il est probable que la lésion est de même
nature, que le tremblement est consécutif à l’altération du noyau rouge,
que le ptosis temporaire du début a été dû à l’altération légère et passa¬
gère de la partie antérieure du noyau oculo-motcur commun, et que le syn¬
drome de Parinaud persistant est dû à l’altération immédiatement en avant
de ces noyaux des voies cortico-nucléaires, avec ou plus probablement sans
atteinte des tubercules quadrijumeaux, qui sont situés plus bas, mais où
certains auteurs eomme Parinaud et Sauvineau av.iient localisé des centres
supra-nucléaires jusqu’ici tout hypothétiques.
Il semble donc bien dans ce cas que le syndrome de Parinaud soit,
comme dans un cas que nous avons publié antérieurement avec Bollack
et comme dans plusieurs cas qui ont été publiés depuis lors parLhermitte
et Bollack, par Français, etc., un syndrome pédonculaire . Les réactions
vestibulaires ont d’ailleurs été cherchées avec soin parle D' Liébault; elles
SC sont montrées tout à fait normales: il ne semble donc pas qu’il y ait à
faire intervenir une perturbation des voies labyrinthiques, comme l’avaient
admis pour certains cas Duverger et Barré.
11 y a toute chance, a priori, pour que semblable lésion vasculaire sur¬
venant à 34 ans soit d’origine syphililique. En fait, la malade a été soumise
dès le début au traitement mercuriel et ioduré, et l’on peut penser que
c’est .peut-être ce qui a fait rapidement disparaître le ptosis et la diplopie.
Mais sa réaction de Wassermann est négative. Elle présente de larges
taies cornéennes centrales bilatérales, consécutives à une kératite de la
SÉANCE DU 6 DÉCEMBRE 1923
551
If® enfance, mais il est possible qu’il sc soit agi d’une kérato-conjonctivite,
gonococcique par exemple, plutôt que d’une kératite interstitielle spécifi¬
que. Elle n’a pas de leucoplasie, elle n’a pas d’aortite. Elle a au niveau
des 2 jambes un eczéma tenace, mais qui n’a pas cédé au traitement
Idsmuthique.
En regard de ces signes plus ou moins négatifs, il y a des symptômes
assez probants en faveur de la syphilis. Sur 8 grossesses, elle a eu 4 fausses
couches et 2 enfants morts en bas âge, l’un à 1 mois de méningite, l’autre
à 2 mois do « convulsions». Ses pupilles sont inégales, la pupille droite en
mydriase. Elles ne réagissent ni l’une ni l’autre à la lumière ; l’acuité
visuelle est assurément assez réduite, en raison des taies cornéennes,
environ 1/50 des 2 côtés, mais cette réduction ne justifie pas l’abolition
totale des réaction pupillaires.
Enfin le fond d’œil, soigneusement exploré par Cantonnet et par
Monbrun, montre dans la région juxta-papillaire un placard de chorio¬
rétinite atrophique et pigmentaire qui est presque certainement d’origine
spécifique.
Il existe chez cette malade un autre trouble, que nous ne croyons devoir
signaler que pour mémoire, car nous ne voyons pas comment il pourrait
se rattacher anatomiquement à la lésion pédonculaire, à savoir : sur tout
le flanc gauche, entre la 6® et la 12® vertèbre dorsale à peu près, il existe
une large plaque d’anesthésie qui arrive en avant jusqu’au sein et qui sur
une partie de sa hauteur (de la 7® à la 9® dorsale à peu près) dépasse lar¬
gement à droite la ligne médiane antérieure ; cette anesthésie est si mar-
qué(î, qu’il y a 3 ans, la malade est restée toute la nuit avec le sein gauche
attaché à son caraco par une épingle de sûreté. Sur l’épaule droite, sans
qu’il y ait à ce niveau d’anesthésie, il y a de curieux troubles vaso-moteurs
qui consistent en un refroidissement très marqué que la malade nous signale
elle-même et que, objectivement, nous constatons très aisément. Ce refroi¬
dissement est d’ailleurs variable, il disparaît quand la malade est
couchée.
Ces troubles aussi bizarrement localisés semblent être de la même
nature que les plaques anesthésiques que l’on observe chez certains
tabétiques ; ils sont dus sans doute à des plaques de méningite spécifique
en évolution ou cicatrisées (notre malade n’a pas de lymphocytes î céphalo¬
rachidienne), de sorte que, si anatomiquement elles semblent assurément
tout à fait distinctes de h lésion mésocéphalique, elles s’y rapportent du
moins étiologiquement.
M. Souques. — Chez ce malade, il ne s’agit ni d’hémichorée ni d’hé-
miathetose. Il s’agit d’un tremblement qui ressemble à un tremblement
parkinsonien. Tous les parkinsoniens n’ont pas un tremblement menu ;
il en est qui présentent des secousses larges, étendues, variables d’inten¬
sité suivant une foule de circonstances.
552
SOCIÉTÉ DE NEUROLOGIE
M. Jean Camus. — Les troubles moteurs observés chez la malade que
vient de présenter M. Léri ne sauraient être considérés comme apparte¬
nant à la catégorie des tremblements.
Il s’agit chez elle de mouvements très irréguliers dans leur amplitude,
dans leur lythme et dans leur forme.
J’ai étudié il y a quelques années par la méthode graphique un assez
grand nombre de cas de treml)lementset j’ai cons( illé à M. Binet de consa¬
crer sa thèse de doctorat (Paris, 1918) à ce sujet. Les trcml)lements se re¬
connaissent sur des graphiques par des caractères communs en général
assez constants portant sur le rythme, l’amplitude et la forme des oscilla¬
tions autour d’un axe.
Si l’on inscrivait les mouvements observés chez la malade présentée
par M. Léri, peut-être distinguerait-t-on sur les graphiques un rythme de
tremblement, car on le retrouve même chez les sujets normaux, mais on y
verrait de nombreux mouvements parasites, ce sont ceux qui frappent
quand on regarde cette malade ; on ne peut admettre qu’ils font partie
des tremblements.
M. André Léri. — 11 ne s’agit assurément pas, cheznotre malade comme
dans tous les syndromes de Bénédiet,d’un hémitremblement pur. L’hémi-
trernhlement existe, on le perçoit avec pureté quand, d’une poigne un
peu vigoureuse, on arrête les mouvements involontaires. ; mais ces mou¬
vements involontaires s’y surajoutent. C’est pourquoi nous avons qualifié
ce trouble é’hémichoréo-tremblemeni. Le terme ne nous satisfait pas d’ail¬
leurs, car ces mouvements involontaires très variaJdcs, tantôt rythmiques,
tantôt irréguliers, généralement assez lents, quelquefois plus rapides,
parfois plus ou moins intentionnels, d’autres fois nullement en rapport
avec l’exécution d’un acte, n’ont pas du tout les caractères des mouve¬
ments choréiques véritables : mais nous ne connaissons pas de terme meil¬
leur. Les trois seuls termes dont nous disposons, athétose (dont il ne
saurait être question ici), chorée et tremblement, sont tous trois insuffi¬
sants, même associés entre eux, pour désigner cet « hémi-secouement » :
c’est un quatrième terme qu’il nous faudrait,... et encore pourrait-il être
à la fois suffisamment explicite et suffisamment précis ?
Ces mouvements involontaires sont très différents de ce qu’on observe
dans les lésions cérébelleuses, et, autant qu’on peut en juger chez une
malade qui tremble à ce point, il n’y a aucun symptôme cérébelleux. 11 n’y
a non plus aucun trouble labyrinthique. Malgré les relations de
noyau rouge avec le cervelet, bien que les altérations du noyau rouge se
traduisent souvimt par des manifestations hémichoréiques, il nous semble
tout à fait légitime d’admettre, sans évidemment que nous puissions le
prouver, (jm? chez notre malade c’est le noyau rouge qui est atteint dans
sa partie antérieure. Les symptôim^s temporaires du côté de la partie antéro-
supérieure du noyau oculo-moteur commun qui ont marqué le début,
le syndrome de Parinaud persistant qui indique une altération des voies
cortico-nucléaires immédia Uiinent au-dessus de ces noyaux de la 111®
SÉANCE DU ü DÉCEMBRE 1923
553
paire, sont (sn faveur de eette localisation. Mais, en outre, un examen ana¬
tomique détaillé au moins a été fait qui montre que la lésion du noyau
rouge n’a pas toujours pour conséquence une liémichorée ; c’est celui de
MM. Cliiray, Foix et Nicolesco ; chez leur malade, il s’agissait non pas
même d’un hémiclioréo-tremhlemcnt, mais bien d’un simple hémitremble¬
ment intentionnel ; or le noyau rouge présentait une lésion étroitement
localisée.
Quant à la bilatéralité de la lésion susceptible de déterminer le syndrome
de Parinaud, elle est assez vraisemblable ; mais, bien entendu, il n’y a pas
de raison pour admettre qu’il s’agisse de deux lésions, ce qui est peu en
rapport avec l’étude clinique, mais bien d’une lésion empiétant sur la ligne
médiane : la proximité de la ligne médiane d’une part avec la partie anté¬
rieure du noyau rouge, d’autre part avec le faisceau longitudinal posté¬
rieur, justifie parfaitement cette hypothèse.
Ce sur quoi nous avons voulu insister, c’est que, chez notre malade, il
y a association d’un hémichoréo-tremblement, d’un syndrome de Weber
passager et d’un syndrome de Parinaud durable. Or, ces trois symptômes
se complètent, pour ainsi dire, et se localisent mutuellement par leur
rapprochement ; riiémichoréo-tremblement au pédoncule cérébral et
probablement au noyau rouge, le syndrome de Parinaud au pédoncule
cérébral X probablement aux faisceaux cortico-nucléaires immédiatement
en avant du noyau oculo-moteur commun.
XII. — Lésions des voies pyramidales sans troubles de la motilité
volontaire, par. .M. E. Kuebs (Travail du Service du Dr. Babinski).
Addendum à la Séance du 1®'' février 1923.
Le jeune homme qui; nous présentons à la Société, a sul i, à l’àgc de
neuf ans, un traumatisme grave, à la suite duquel se sont développées
chez lui des lésions de la moelle cervico-dorsale.
OusiîiiVATioN. — G. Louis, 17 ans, a été victime (l’un accident de chemin de fer, le
3 septembre 1914, dans les Ardennes, lors do l’invasion allemande. Il est dimeile d’obte¬
nir dos renseignements précis sur l’accident et scs suites. L’enfant ne se serait aperçu
de troubles moteurs de ses membres supérieurs qu’un mois après : ces troubles auraient
ensuite augmenté iiendant des mois. Ils seraient, depuis plusieurs années, exactement
au point auquel on les voit aujourd’hui.
.\ctuellement, à huit ans de distance, on constate aux membres supérieurs et surtout
à droite, une atrophie et une impotence accentuées des fléchisseurs de la main et des
doigts, des muscles des éminences thénar et hypothénar et des interosseux, une atrophie
et une parésii' baucoiq) moindres des extenseurs des doigts, des radiaux et du triceps
brachial ; à ces délicits corres|)ondent des troubles des réactions électriques (1). Les
(1) L’examen des réactions électricpies, pratiqué par le Dr. Charpentier, a donné les
renseignements suivant.s :
PUchisseurs du poignet, des doigts et du pouce : excitabilités f. et. g. abolies à droite,
diminuées ù gauche.
Muscles de la main : excitabilités f. et. g. abolies à droite (le court adducteur se
554
SOCIÉTÉ DE NEUIiOT.OaiE
roflexcs cubito-pronaleur et Iricipital sont abolis des deux côtés; lo réflexe radial,
conservé à droite, est supprimé à gauche. Lo sens thermique paraît légèrement atteint
sur la moitié interne des avant-bras et des mains ; tous les aulia's modes de la sensibilité
superflcielle sont normaux. Il en est de même ilo la sensibilité profonde.
Lo thorax est étroit ; la colonne vertébrale est scoliotique. On constate une légère
courbe cervico-dorsale à convexité gauebe, une courbe ilorso-lombaire accentuée à
convexité droite, avec gibbosité costale.
L’examen des membres inférieurs révèle des signes très nets de lésions des voies
jjyramidales ; les réflexes rotuliens et achilléens sont (exagérés des deux côtés, et les
signes de l’extension de l’orteil et de la flexion dorsale réflexe du pied sont bilatéraux,
bien qu’un peu plus marqués ilu côté droit.
Nous n’avons pas l’intcnLion d’insistor sur le siège et la nature des lésions
qui rendent compte de ces troubles (1).
Ce qui nous paraît plus particulièrement digne d’attirer l’attention
chez ce jeune homme, c’est qu’en dépit des signes très nets d’atteinte des
voies pyramidales qu’on relève chez lui, il n’a et n’a jamais eu conscience
d’aucun trouble de la motilité de scs mcml)res inférieurs, dont la force
musculaire et la souplesse se révèhmt d’ailleurs parfaites à l’examen.
Bien plus, il est boy-scout et il fait de longues excursions à pied sans fati¬
gue : c’est ainsi qu’il a pu récemment parcourir en une nuit la distance de
plus de soixante kilomètres qui sépare Paris de Fontainebleau (2).
Cet exemple de vigueur peu commune des membres inférieurs, coexis¬
tant avec une perturbation indubitable des voies pyramidales, est à
rapprocher des cas analogues que M. Babinski a rapportés autrefois.
V. — Côtes cervicales ou Pachyméningite tuberculeuse,
I)ar M. Clovis Vincent.
(Voir le texte de la communication à la séance du 8 novembre 1923. Revue
Neurologique, n“ 5, 1923, p. 44(1 et se([.)
contracte un peu au galvanique ; sa secou.sse est lente). Ilypoexcitabilité f. et. g. mar¬
quée à gauche.
Extenseurs des doigts, du poignet et triceps brachial -Ab^bve Ilypoexcitabilité f. et. g.,
plus nette ù droite qu’à gauche.
(1) Il s’agit vraisemblablement chez ce sujet d’une hématomyélio de la moelle cervico-
dorsale : mais l’hypothèse d’une syringomyélie développée à la faveur du traumatisme
ne saurait être écartée non plus, ôtant donnés la déviation vertébrale’, l’aspect delà main
droite qui se rapproche du type dit «de prédijateur», et peut-être le moment d’apparition
des premiers troubles, qui semblent ne s’être pas manifestés d’emblée après l’accident.
Il est malheureusement impossible d’éclaircir les renseignements extrêmement confus,
qui nous sont donnés sur les circonstances du début et l’évolutii n (le l’alTection.
(2) Nous avons revu G. récemment (à lu (In du mois de novembre). Les signes qu’il
présente sont exactement les mêmes (jue ceux (pi’il présentait il y a dix mois. Sans
accomplir de marches aussi longues ([lU’ celles que nous rap|)ürtons et que nous lui
avons dôconseiilôes, il fait toujours des excursions sans aucune fatigue.
SÉANCE DU G DÉCEMBRE 1923
555
Fig. 1. — Chevauchement des pédicules et lames Fig. 2. — Aspect normal des lames, pédi-
des 4», 5» , G« vertèbres cervicales. Allongement cul es et apophyses épineuses dos 4®, 5^
des apophyses épineuses. G" vertèbres cervicales.
Cm et Civ.
556
SOCIÉTÉ DÉ NEUnOLOr.IE
VI. — Hémicontracture Faciale secondaire à une Paralysie de la
VIF paire, traitée par l’alcoolisation des filets terminaux de
ce nerf, par MM. Ch. Foix oL Henri Lagrange.
La contracture facialfî p()st-paralytiqu(!, quand elle est intense, se
montr(> très rebelle aux (liv(TS traitemcmts.
L’alcoolisation portée flirectement sur le tronc du luirf, si elle détermine
une guérison temporaire, a le grand inconvénient d’entraîner une paralysie
faciale complète presque aussi gênante que la contracture. M. Sicard, qui
s’est occupé particulièrement du traitement par l’alcool des spasmes en
général et notamm('nt d(‘S spasmes de la l'ace, après avoir essayé des divers
procédés, fait actuellement porter l’alcoolisation sur la région rétro-
maxillaire.
Chez la malade qui fait l’obj(ït de cette observation, nous avons essayé
d’alcooliser les filets du facial, sur leur traj(‘t, af)rès l’épanouissement du
nerf en ses branches. C(^tte méthode a l’avantagci de permettre de s’arrê-
Kij;. 1. — Hé iiiconlracturc tacialo avant lo traitement par l’alcuolisation.
ter i)our cha(iue groupe musculaire au p(»int inUîrmédiaire entre la para¬
lysie et le spasme, où l’éipiilibre esthéti(jue est le mieux réalisé. Dans ces
conditions, on obtient un résultat immédiat tout à fait favorable, et si la
récidive s’est [)roduite clutz notrn^ mahuh' au bout de; six semaines environ,
il nous a été très facile j)ar une nouvedhi inj(;c,tion d’alcool de rétablir
ré([uilibre musculairtc
Les injections ont été pratiriuées en div(U's points situés sur une ligne
incurvée jierpendiculain! au trajet du facial (^t de ses lilets répérés suivant
SÉANCE DU G DÉCEMBRE 1923
557
le point indiqué par Farabeuf (7 mm. au-dessous du condyle du maxil¬
laire) et à quoique di3tanc(3 en avant de celui-ci. iVinsi, il est aisé de retrou¬
ver, sur les lignes virtuelles qui relient le repère de Faral)euf au.x muscles
intéressés, les régions où faire porter l’injection pour un muscle donné.
Il s’agit (l’une femme de 30 ans, Marguerite A. . atteinte en octobre 1922 d’une
paralysie faciale gauebe, dont le (bdnit lut brus([ue et douloureux et qui lut d’emblée
caractérisée par une déformation faciale accentuée intéressant le facial supérieur et
le facial inférieur.
Soumis à un traitement électriqiu' de mars à juillet 1923, sa déformation faciale a
progressivement diminué, mais progressivement aussi s’est installée une contracture
faciale gauche [(our laquelle nous l’avons vue en septembre 1923.
A CO moment, comme cela est net sur la photographie, il existe une hémicontracture
intense, du coté gauche :
Occlusion des paupières par un blépharospasme. intense. Accentuation du sillon
naso-genien gauche avec affaissement de la narine. Déviation de la commissure labiale
en haut e’ à gauche. Fossette mentonnière très accusée. Lepeaucierne semble pas con¬
tracturé.
Ces phénomènes spasmodiques augmentent au moment des mouvements volontaires,
empêchent l’ouverture de l’œil gauche, relèvent à l’extrême la commissure et s’accom¬
pagnent de sensations pénibles que la malade redoute beaucoup.
A ceci s’ajoutent des céphalées très marquées.
L’examen systématique de cette malade ne révèle rien de notable. Pas de syphilis.
En mars 1923, la malade aurait eu des douleurs vives à la base du thorax droit, à l’oc¬
casion desquelles on aurait |)orté le diagnostic de jdeurésii- (?),
Fig. 2. — La malade après le traitement par l’alouolisation des filets terminaux du facial.
' Trailcmcnl. — Le, P”' seiite.mlire, on pratique sur le trajet des lilets du facialgauche,
après anesthésie locale par injection de novoeaïne, une injection d’alcool à 60“ c.
environ, que l’on fait suivre à huit jours d’intervalle d’une injection semblable. A la
suite (le cette injection, le spasme disparut.
Le 20 octobre, nous avons noté un certain degré de récidive avec reprise des phéno¬
mènes douloureux. Une nouvelle alcoolisation avec l’alcool à 75“ nous donna un résultat
558
SOCIÉTÉ DE NEUROLOGIE
comparable à celui qui fut obtenu i)ar la première injection, ainsi que l’on peut en juger
par la photographie qui témoigne li’un rétablissement esthétique satisfaisant. Avec
lui ont cessé les sensations pénibles, la céplialée, l’impression de crispation continue
et presque insup|)ortable, au dire de la malade.
En résumé, les résultats que nous avons obtenus par cette méthode
paraissent intéressants et peut-être pourra-t-on l’appliquer avec succès
au traitement de certains autres spasmes périphériques.
.\I. SiCARD. — Les recherches thérapeutiques de M.Foi.K sont très inté¬
ressantes. Jadis également, j’ai pratiijué des injections locales sur les
branches toutes périphériqui's du facial, baignant par l’alcool les extré¬
mités de ce nerf suivant d(;s sillons parallèles, du rebord apophyso-orbi-
tain^ jusqu’à l’anghi du ma.’’âllaire inféri(;ur.
J’enfonçai mon aiguilhi à environ un centimètre de profondeur sans
savoir au juste si je déposais l’alcool dans le tissu simplement cellulo-
graisseux ou musculaire. Les résultats furent remarquables au début. Mais
la durée de sédation (quelques semaines) se fit de plus en plus courte, et
j’eus ultérieurement la désagréable surprise de voir se creuser dans la
zone injectée des méplats, consécutifs vaisemblablement à de la sclérose
tissulaire par alcoolisation répétée, en même temps que réapparais¬
saient les frémissements spasmodiques.
J’ai abandonné ce procédé, et je ne traite plus, par les injections
locales, les (;ontractur(!S secondaires d(^s paralysies faciales périphéri¬
ques. Je réserve l’alcoolisation locale à l’hémispasme facial essentiel du
type Brissaud et Meige et, dans ce cas, je dépose l’alcool non au niveau
du trou stylo-inastoïdim, mais sur le bord postérieur de la branche mon¬
tante de l’os maxillaire supérieur, là où le tronc du facial se divise en ses
branches périphériques.
VIL — Un cas d’Ophtalmoplégie nucléaire progressive, survenue
au cours d’une affection fébrile prolongée avec symptômes mé¬
ningés, par André LÉnret B. Weissmann-Netter.
L’ophtalmoplégie nucléaire progressive ne constitue assurément pas
tin syndrome inédit. Mais les cas n’en sont pas encore bien fréquents,
et la pathogénie en est si obscure qu’il nous parait intén^ssant d’en pré¬
senter une nouvelle obstîrvation. Notre cas (ïst, par ailleurs, classique ;
seul son mode de début vaut d’être spécialement noté.
.Mme !>..., .'fgèc do 2,1 uns, nous u élè udrcssèc. pur lo Dr. K.sc.libuch (do Uourgos).
Dès l’ubord.on est fruppè par lu //.;.i7é de son renard. Mais alor.s que l’u-il droit, qui
regarde directement en u' unt, paraît en position normale, l'ieil ganclio est fortement
«loviè vor.s le bas et très légèrement en dedans. Il n’y a pas de ptosis à droite, et seul
un examen attentif révélé une chni,(^ lègèia? de la panpièn^ gauche.
Lu motilité des deux globes oculaires est extrêmement linulée, mais à droite surtout
où l’œil est figé et ne peut exécuter (jiio d’inlimes mouvemeiiis vers le bas, en bas et
SÉANCE DU 6 DÉCEMBRE 1923
559
on cindans, en bas et en dehors. Ce sont les mêmes mouvements que l’on retrouve à
gauche, mais d’amplitude un peu plus grande. L’élévation du globe est nulle des deux
cotés. Toute la musculature extrinsèque est donc intéressée, mais à des degrés varia¬
bles, les droits inférieurs et les grands obliques sont relativement moins touchés que
les autres muscles, particulièrement du côté gauche.
Los mouvements très limités dont sont capablesles globes oculaires ne s’accompagnent
lias de secousos nystagmiformes.
La musculature intrinsèque semble intacte. Les pupilles sont régulières et égales ;
elles réagissent bien à la lumière et à la distance.
La malade n’accuse pas actuellement de diplopie. Cependant l’examen ophtalmo¬
logique, pratiqué l)ar le Dr. Cantonnet et par le Dr. Monbrun, a montré par l’épreuve du
verre rouge qu’il existe une diplopie verticale en rapport avec la déviation du globe
oculaire gauche vers le bas, l’image de l’ail gaiiche étant vue en haut dans toutes les
directions.
Le fond d’oeil est normal. De même l’acuité visuelle. 11 existe une très légère hyper¬
métropie de 1 D. 11 n’y a aucun trouble de la sensibilité cornéenne.
En dehors d(^s signes oculaires, l’examen clinique de la malade ne révèle l’atteinte
•l’aucun nerf crânien. La voie pyramidale est intacte. Tous les réflexes sont normaux.
Nous devons signaler seulement que, au cours d’un premier examen, en cherchant de
parti pris, nous avons cru trouver une diminution de la force musculaire à droite lors
• lu serrement de la main, et la malade elle-même accusait un peu de faiblesse à droite;
mais, en réalité, le dynamomètre a donné des chiffres sensiblement égaux des deux côtés.
Do même, un certain degré d’adiadococinésie dans le mouvcmentdes «marionnettes»,
que la malade effectuait moins aisément à droite, n’a pas été retrouvé lorsdesexamens
suivants.
11 n’y a de troubles de sensibilité à aucun mode.
Ajoutons que l’examen dos différents appareilsn’a rien révélé de pathologique. Les
urines sont en quantité normale et ne contiennent ni sucre ni albumine.
Il s’agit donc d’une jeune femme qui présente, en tout et pour tout, une
immobiliiê presque complèle des globes oculaires caractéristique du
faciès dit d’IIutchinson, mais ; ans ptosis actuel net et avec un certain
degré de strabisme deorsuinvergent de l’œil gauche. Les seuls mouve¬
ments qui subsistent, presque nuis à droite, un peu plus étendus à gauche,
sont ceux qui des deux côtés semblent dépendre du droit inférieur
et du grand oblique. La musculature interne est intacte. C’est le tableau
ordinaire de VOphialnwplégie exlerne ou exlrinsèque.
L’évolution montre qu’il s’agit d’une ophtalrnoplégie nucléaire progres¬
sive ; mais le mode de début et les alternatives d’amélioration et d’aggra¬
vation sont un peu particuliers.
C’est en février 1920 que la malade a présenté pour la l^e fois des signes
ophtalmoplégiques.
Dans scs antécédents, on trouve une rougeole à l’âge de 15 ans, ayant
eu une évolution régulière, mais dont la convalescence a été longue.
En juillet 1919, elle a présenté une affection fébrile ayant débuté en
pleine santé avec une céphalée intense, des vomissements répétés, de la
eonstipation. Il existait de la raideur de la nuque, des contractures,
signes méningés pour lesquels, à son entrée à l’ Hôtel-Dieu de Bourges, une
ponction lombaire a été pratiquée. Les résultats nous en sont inconnus.
Après 10 jours, la malade a quitté l’hôpital améliorée, mais non guérie.
socu'rrf: de neurologie
5G0
Il persistait une céphalée continue av(îc paroxysnacs irréguliers, et, par
périodes, les vomissements reprenaient.
En octobre de la même année, d<is phénomènes fébriles(‘t des signes
méningés apparur(înt de nouveau. La malad(! lit un nouv(îau séjour de 3
mois à l’hôpital d(! Bourges, pendant hicpiel elle prés(mta d(^s alternatives
d’amélioration et d’aggravation. Il faut noter qu’à aucun moment n’ont
existé ni hypersomnie, ni myo(donies, ni paralysies d’au(aine sorte, les
paralysies oculair(!S ayant été plus tardives.
En février 1920, alors qu’elle semblait dans une phase d’amélioration,
la malade a ressenti de nouvelhis céphalées violent(!S sans fièvre. C’est
alors qu’on constata un plosia druil, une déviation de l’œil droit en bas
et en dedans, et de la diplopie. Cet état persista sans modification jus¬
qu’en mai 1921. Dans l’intervalle, la malade avait été adri^sséc par son
médecin an Dr. Milian, qui l’admit en observation dans son service où
une nouvelle ponction lombaire lui fut faiti'.
En mai 1921, le ptosis droit et la déviation oculaire disparurent pro¬
gressivement ; la diplopie ne fut pas aussi constante. Mais elle le redevint
bientôt, quand, précédé par de nouvelles céphalées, un ptosis gauche
apparut, quinz(! jours (mviron après la disparition du i)tosis droit ; il s’ac¬
compagna d’une déviation oculaire pandlle à celle que nous avons signalée
du côté droit et telle qu’elle exist(! encore aujourd’hui. En mai 1922,
le ptosis diminua notablem(mt. En janvier 1923,1e ptosisgauche se recons¬
titua pour disparaître à nouv(iau en août 1923, tandis que subsistaient
les autres signes ['aralytiquos. Il faut noter que, malgré la persistance de
la déviation oculaire, la malade a (hïpuis lors neutralisé la diplopi<^
Telle, est l’histoire de la maladie'.
Quelle peut en être! la cause ?
Rien ne* fait pc'nser à la syphilis. Le sujed n’em présimte aucun signe'
du côté dee la pe-au ou des muqueuses, du côté du système nerveux ou de'
l’appareil circulatoire. Teeut au plus, pourrait-on redever une fausse;
couche de 7 mois e;n janvier 1923, 7 mois après son mariage : c’est
insuflisant peeur creeire; à la spéedlicité. Ses parents seent bien pertants,
il ont 62 et 57 ans. Un frère <;st mort de; méningite; à 7 ans. Une sœur
[)UÎnée e;st bie;n portante. Le Wassermann du sang pratiqué par ne)us a
été négatif. Une; ponctieen loirdiaire; a rame;né un liquide limpide, de*
te;nsion normale;, e',onte;nant 0,5 lynqehocyte par millimètre; culie à la
e',e;llule; de; Nage;otti;, 0 gr. 22 d’albumim; à l’alburninimètre de Sicard.
La réaediem du be;njdin e-,olle»ïdal, e'.omme; la réactieen do Wassermann du
liquide', a été lU'gative. La ejuantité de; sucre dans le liquide cérébro-
spinal e'st èle;vée (0,88), ce qui est plus e;n rapjeeert avec un synelrome de
conge'stieen ele; la inéninge; ejue; d’inflammation.
Il e;st e'.e'i'tain epie;, ajerès plusie;urs prise'sde' sang e;t peenctieens lennbaires
faite's eh'puis 1919 (elemt nems n’avons pas eeeennei h'S re;sidtats),e)n a pour¬
suivi e'.lu'z ('.e'tte' malaele; l’idée; ele; sy[)hilis, e;ar een bd a fait à ele neem-
bre;use;s reprisées de;s injeec.tieens de; néeearsénobenzol, de; cyanure; e;t d’buile
grise ; mais il e'st [eredjabh; que; le; traitemeent a été ti;rdé, e'omrne' il devait
SÉANCE DU 6 DÉCEMBRE 1923
5C1
l’être à défaut d’hypothèse étiologique satisfaisante, de parti pris ; il n’a
d’ailleurs donné aucun résultat.
11 semble bien plus légitime d’établir une relation de causalité vrai¬
semblable entre l’ophtalmoplégie et l’affection fébrile avec signes
méningés dont l’évolution par à-coups a duré 7 mois avant l’apparition
des premiers symptômes oculaires. Les symptômes oculaires eux-
mêmes ont d’ailleurs présenté ensuite cette même évolution par à-
eoups.
.Vlais quelle est cette affection fébrile ? Quand il s’agit de syndromes
pédonculaires, on pense aujourd’hui aussitôt à l’encéphalite léthargique:
il faut reconnaître que la malade n’en a offert aucun signe net; cette idée
m; peut être pourtant éliminée, car on saittrop la fréquence ctlepolymor-
Ithisxne des formes frustes de cette affection. S’agit-il plutôt d’une localisa¬
tion polioencéphalitique supérieure du virus de la poliomyélite épidémique?
G’est encore possible, bien que l’évolution prolongée et par à-coups n’ait
en rien ressemblé à la mar(die aiguë, puis le plus souvent régressive de la
poliomyélite ; seule l’épreuve, encore pou pratique, de la neutralisation
d’un virus poliomyélitique par le sérum de la malade pourrait nous ren¬
seigner. S’agit-il d’une autre maladie infectieuse, d’un virus spécial se
localisant électivement sur les noyaux oculo-moteurs ? Bien que la plupart
des infections du système nerveux soient moins systématiques qu’occa-
sionncllernent systématisées au gré d’une distribution vasculaire (ce qui
expliquerait mal l’atteinte de tous les noyaux oculo-moteurs et d’eux
seuls), on sait cependant aujourd’hui que certains virus ou certains toxi¬
ques peuvent se localiser de façon étroitement élective sur certains noyaux
ou sur certains groupes de noyaux cellulaires. 11 n’est donc pas impossible
cju il s’agisse d’un virus spécifique encore inconnu qui, sans doute voisin
de celui de l’encéphalite épidémique ou de la pcliomyélite, serait celui de
la polioencéphalite supérieure.
Notre observation nous incite à nous poser ces questions, elle ne nous
permet pas de les résoudre.
XL — Çtatdu Réflexe oculo-cardiaque chez les« Bulbaires » etles
« Pseudo-Bulbaires», par MM. J. -A. Barré et L. CRUSEM(de Strasbourg)
[llésumé de celle commiinicalion qui paraîlra in extenso dans un prochain
numéro de la Revue Neurologique.
Les auteurs apportent les résultats de leur étude du réflexe oculo-
cardiaque chez quinze malades dont neuf étaient atteints de syndrome
labio-glosso-laryngé classique, quatre de .syndromes bulbaires de type
varié, et deux enfin, du syndrome pseudo-bulbaire.
Ils ont employé pour leurs recherches la technique qu’ils ont déjà expo¬
sée ailleurs (1), et se sont servis de 1’ « oculo-compresscur à ressorts ».
(I) .No Lvelles rixtio; clics sur le Rèllcxe occiilo-ciirdiaquc normal par MM. J. -
A. Bur. é cl L. Criiscm. Annales de médecine. Tome X, u“ 4, cclobre 1921.
UKVL'Ii NliUllOLOGlyl'E. — T. Il, N“ 6, DÎXEMHHE 1923. 36
562
SOClf:TÊ DE NEUROLOGIE
Cluiz huit des neuf malades porteurs du syndrome lahio-glosso-laryngé,
I(^ réflexe oculo-cardia({ue a été pf)sitif, et s’estrnanifestépar des ralentis¬
sements variant d(! 16 à 48 pulsations ; chez quatre autres bulbaires, le
réflexe oculo-cardiaque était également positif. Au contraire, chez les d(;ux
pseudo-bulbaires, le réflexe oculo-cardiaque était aboli. (Ce dernier résultat
confirme ce qu’avaient déjà observé -MM. Guillain et Dubois.)
Les auteurs montr(!nt cornbicm ces résultats sont en opposition avec
ceux (ju’on pouvaits’attendre à oliserver, en se basant sur le schéma
accepté pour les voies et le centre liulbaire de ce réflexe
Ils ajoutent qu’il n’y a eu chez leurs malades aucun parallélisme entre
le caractère du réflexe et l’état ordinaire, rapidt; ou lent, du pouls. Ils
s’appuient sur ces nouveaux résultats pour redire l’utilité qu’il y a à
modifhsr la corn j)réh(!nsion anatomique et physiologique actuelle du ré¬
flexe ociilo-cardia([ue.
XII. — Au sujet du diagnostic des Tumeurs comprimant la moelle.
— De la valeur de la méthode au lipiodol, par-M. Clovis Vincent.
Les tumeurs comprimant la moelle, on le sait depuis Cruveilhier, évo¬
luent en deux périodes, l’une préparaplégique, l’autre paraplégique.
■V la période paraplégique, il existe avant tout des troubles de la
motilité volontaire et réfhixe, des troubles de la sensibilité, de l’hyperalbu-
minose rachidieniUL
* L(!S troubles moteurs sont c.onstitués essentiellement par des phéno¬
mènes j)aralyti([U(^s ; la volonté ne pinit mouvoir les membres ou les
nnmt faiblement ; jiar d(!S troubles des réflexes timdineux et cutanés ;
par une (ixaltation des réflexes cutanés de défense.
Av(!c de tels troubbis moteurs, l’existenc.e des troubles sensitifs est la
règle. Nous- avons reh^védo cas jiris au hasard de tumeur comprimant la
moere : b^s troubbîs sensitifs ne manquaient (jiui deux fois. Si les ])ropor-
tioiiH s(mt bïs mêmes ])our 100 cas, biS troubles sensitifs inamjueraient
simbonent dans 6,.") {)our 100 des cas. Lncore dans l’un des cas auxquels
nous faisons allusion les troubbis sensitifs ne firent défautà la paraj)léiti(“
ipie durant un mois. On peut donc bimi dire (|ue pratiquement, au cours
(b; l’évolution di's Innnuirs comprimant la inoidb', il n’y a pas d(î jiara-
j)légi(^ sans troubb^ s(nisitif. Lruv(dlhi(u- disait déjà dès 1831) : « Dans la
I)ara])légi(^ jiar compression (il visai tics paraj>b‘gi(^s par tumeur, jiar iiu’oiin-
git(: raehidienne hypertro])lii()ue), la lésion (bî la sensibilité égab;, si elle
iK! dépasse jias la lésion de motilité. {Aiialunnc palhologiipie, t. Il, XXID
I ivraison, j»ag(‘ 6.)
bd, ouvrons une pareid.hèse : la règle (|ne nous formulons vaut ])our les
cas oi'i une tunnmr des racines peut eonqirimer la nioelb^ ; (db; ne vaut ])as
s’il s’agil il’une, tnmenr (b'V<‘lo]ti)ée sur un segment des raeim^s lombaires
ou sacrées tel (pn‘ la moelle ne |)niss(i étr(M-onqn imée ])ar la tunu'ui-, même
volumineuse. LIb' ne vaut aussi (pie si les malades ont été observés à
différentes repri.ses assez èloigmies les unes des autres. Il est rare ipie la
SÉANCE DU 6 DÉCEMBRE 1923
563
sécurité du malade ne soit pas augmentée si le médecin attend quelques
■semaines avant de se décider à l’intervention. Certains cas évoluent très
rapidement ; on est alors en droit d’agir aussi vite que le commande l’inté¬
rêt du malade.
Insistons maintenant sur le caractère des troubles seiisitifs. Ils consis-
t<‘nt tantôt à la lois en phénomènes douloureux et en anesthésie disso¬
ciée ou complète, tantôt seulement en une anesthésie dissociée ou com-
])lète.
D’ordinaire, les phénomènes douloureux sont les premiers en date,
l’anesthésie n’est <]ue consécutive. Ils ne sont pas différents de ceux qui
caractérisent la période préparaplégique ; nous y insisterons plus loin.
En général, pendant une période assez longue, l’anesthésie est disso¬
ciée suivant le mode syringomyélique. On n’a pas le droit de dire qu’un
malade ne présente pas de troubles sonsilifs si les sensibilités tactile,
ilouloureusc, ont été seules appréciées. Les sensibilités thermiques sont
d’ordinaire les premières et les plus complètement troublées dans les
tumeurs de la moelle. C’est avec un tube chaud et un tube froid qu’on doit
l»rincipalement apprécier la sensibilité en pareil cas.
Ces phénomènes avec, les caractères précités sont d’ordinaire nécessaires
et suffisants pour affirmer l’existence d’une tumeur comprimant la
moelle chez un malade paraplégique. M. Babinski, avec ses élèves, avec
M. Jarkowski surtout, a porté treize fois le diagnostic de tumeur de la
mo(;lleou des racines ; treiz(\ fois la tumeur a été trouvée au point in-
•liqué.
Dans ces conditions, on p(mt apprécier la valeur de l’arrêtdu lipiodol
injecté dans le sac arachnoïdien suivant les nouvelles indications de
M. Sicard, au cours de la période paraplégique des tumeurs comprimant
la moelle. Quand il existe des troubles mot(uirs, des troubles sensitifs, un
taux excessif de l’albumine rachidienne, l’arrêt absolu du lipiodol e.st un
signe qui s’ajouL^ aux précédents, les apjjuie ; il confirme le diagnostic.
•Mais un syndrome paraplégitiue sans troul)les sensitifs, même si le lipiodol
veste suspendu, n’est très probablement pas lié à la présence d’une tumeur
comprimant la moelle.
Si la laminectomie exploratrice était (,!xenipte ou presque exempte de
danger, on pouiTait, jiour gagner du t('mps, opéiau' avec comme seule
ou pres([Ue seule indication, l’arrêt du lipiodol^ mais il n’en est pas-ainsi.
Ces opérations sont encore trop dangereuses p )ur qu’on les y)ratique
sans tenircompte de l’absence do certains signes cliniques fondamentaux.
Quelles sont maintenant les manifestations d(^s tumeurs comprimant
la moelle à la ]>ériod(‘ prêparapléguniec! Pendant la première phase de
l’évolution d’une telh; néoformation, le malade est encore debout ; il
marche jiarfoisdifficilement, lentement, commes’il était en bois delà tête
au.x j)i(^ds ; c’est l’im])r(;ssion que donnait la malad(; àlaiiiudle nous faisons
allusion ])lus bas; un malade (h^ Lruveilhier ])arkut « du bout de bois »
qu’ilavait dans le dos. Souvent il soufl'ia' depuis des mois, parfois depuis
des aimées, de douleurs L(‘uac.es e.xas])éraiites i[ue rien ne soulagi' id'ficace-
5G1
SOCIÉTÉ DK NEUROLOGIE
ment. Les troubles sensitifs sont autres que ceux sur lesquels nous avons
insisté précédemment; mais ils dominent encore fréquemment les troubles
de la motilité. fl(! sont tantôt des douleurs 6 caractères radiculaires asso¬
ciées à une rachialgie localiséf^ ou diffuse, tantôt une rachialgie diffuse
accompagnant des douleurs irradiant dans les deux membres inferieurs.
Les douleurs à caractère radiculaire servent dc^puis longtemps de fd
indicateur aux chirurgiens qui cherchent à dépister les tumeurs à la phase
préparaplégiquc pour his opérer dans les meilleures conditions de succès.
C(!s doidcnirs ont la topographie radiculaire. Souvent, sans aucune ques¬
tion, le malade trace du bout des doigts les limites de la zone du corps dans
laquelle il souffre. Ces indications sont particulièrement révélatrices
quand sur la main il trace le territoire de G 5, celui de G 6, etc. Ges douleurs
sont d’une acuité extrême, permanentes, s’exagérant par crise. L’éternue¬
ment, la toux les augmentent. Elles peuvent garder, à quelque chose près,
les mêmes caractères, des mois, des années, et la période paraplégique peut
apparaître sans qu’elles se soient modifiées notablement. D’ordinaire,
elles coexistiuit ave»; une rachialgie localisée ou diffuse.
Ghez certains malades, il n’y a pas de douleurs à caractères radiculaires
évidents, soit parce qu’elles n’exisLmt pas réellement (ce qui est difficile
à affirmer), soit parce que, comme dans la région lombaire, elles se con¬
fondent avec les douleurs diffuses dont nous allons parler maintenant.
Un typ»; j>ur ou [jresqu»; jjur ch; rac.hialgic diffuse nous est fourni par
l’observation d’une itialade fie notre service chez laquelle le diagnostic
en suspens depuis deux ans fut porté par M. Sic.ard après injection intra-
arachnoïdienne de lipiodol.
B... Maria, 49 ans. Entre sall(3 Diiplay pour des doideurs lombaires se propageant
en ceinture vers l’Eiiii', vers le dos et vers lies membres inférieurs et pour des trouilles
de la démarebe.
noter <pi’en 1918, elle a subi une byslérectomie pour fibrome utérin.
Elle souffre <le[iuis deux ans et ilenu quand notre interne, M. llagueiiau (1); nous
présente cette malade pour la première fois en mai 1921. Son visage est crispé par la
souffrance, son attitude et ses mouvimients expriment la raideur.
Les douleurs sont très intenses, lui enlèvent tout sommeil et môme tout repos. Elles
sont diffuses, s’étendent de la nuque aux talons. C’est une sensation de raideur, de tirail¬
lements douloureux, qui a-son maximum dans la région lombaire, quidescend dans les
fesses, les mollets, (pii monte au niveau du dos et de la nuque. Tout mouvement actif
exagère la douleu r et [leut provoquer des crises, et l’on se rend compte, à la voir marcher,
remuer le tronc, ipie, pour une grande part, sa raideur est liée ù sa douleur. Les mou¬
vements passifs des membres inférieurs (manœuvre de Lasègue) ; du tronc (anté et
rétro-flexion, mouvements latéraux) augmentefit la souffrance; il sulflt d’un léger dépla¬
cement iiour cela. La douleur [irend un caractère d’acuité extrême, quasi méningitique,
si le déplacement dépasse une certaine amplitude. A la pression, les membres infé¬
rieurs, la région des gouttières vertébrales du haut en bas du tronc sont douloureux
en masse. On [leut se rendre compte que si le pincement de la peau est plus vivement
senti que normalement, c’est surtout la pression des muscles qui est intolérable.
Nous avons di„ qu’à la douleur sont liées la limitation et la dilficulté des mouve-
(1) M. Haguenau suivant la malade depuis [dusieurs mois lors de mon premier
examen, c’est lui qui eût l’idée de |iratiquer chez cette femme une injection do lipiodol.
SÉANCE DU 6 DÉCEMDEE 1923
565
mcnts. Analysons en quoi consiste cette rigidité. La malade est rigide dans son ensemble
do la nuque au talon. Nous avons dit déjé combien son attitude, sa marche, ses mouve¬
ments sont guindés. La mobilité active et passive des difîérenls segments du tronc
et des sements correspondants de la colonne vertélirale est pénible et limitée. Quand
on prie la malade de se pencher en avant, on voit que le mouvement de flexion du
tronc se passe d’abord presque exclusivement dans les articulations coxo-fémorales,
sans modification de la courbure lombaire. Puis la courbure lombaire se redresse.
La région lombaire ne devient pas pour cela plane, à plus forte raison convexe comme
il est normal. Cependant, la main ou les doigts, appliqués .sur l’épine dorsale, perçoivent
que sous l’effort les apophyses épineuses se sont écartées ; la colonnelombaire alégèrc-
ment bâillé. Même phénomène au niveau de la nuque. Dans la flexion dn cou, la cour¬
bure nuquale se modifii' légèrement ; mais pour le peu qu’elle se modifie, ily a écarte¬
ment dos apophyses épineuses des dernières vertèbres cervicales. De même encore pour
les mouvements d’inclinaison de la tête : sous l’effort, la colonne cervicale sc déplace
do (pjelqucs centimètres à droite ou à gauche ; elle s’arrondit légèrement, mais nette¬
ment. Les muscles abdominaux sont rigides et font cuirasse.
La force volontaire statique est conservée ; il est difficile ou impossible de vaincre un
mouvement effectué.
L’exploration médicale des sensibilités tactile, thermique, ne décèle aucun trouble
appréciahh'. Au toucher, an tube chaud, au tube froid, aucune anomalie digne d’être
notée. Cependant, an 25 mars 1923, on relevait un certain degré d’hypoesthésie à tous
les modes, à la face externe de la cuisse gauche, à la face interne des deux jambes, à
la face dorsale du pied gauche.
Los réflexes tendineux sont vifs, non polycinéliques. Il en est ainsi pour les réflexes
rot\iliens et achilléens, pour les réflexes du membre supérieur. Le l'éflexc cutané plan¬
taire se fait en extension des deux côtés.
Dès le. premier examen, la malade présente i)ar pincement du tiers inférieur des deux
jambes la flexion dorsale du pied avec extension du gros orteil. Le reirait global du
membre intérieur est faible.
Une iiremièrc ponction lombaire montre, un liquide xanlochromiquo coagulable
spontanémimt. Dans uiU! autre, ponction effectuée le 25 mai 1921, on relire sept centi-
cubes d(! li(iuide xantochromiquo. Albumine considérable. Aprè.s centrifugation do
cinq minutes, le liquide est déjà coagulé. Petite lymphocytose.
Pas d’autre signe de maladie organique du système nerveux. Pas de troubles sphinc¬
tériens. Les pupilles réagissent à la lumière.
Alternative de mieux et de pis pendant deu,\ ans, tantôt spontanément, tantôt coïn¬
cidant avec un traitement par les sels d’hydrargyre ou par les rayons X.
Je. portai le diagnostic d’état méningé de nature indéterminée en me fondant sur les
douleurs, la contracture, le signe de Babinski avec flexion dorsale du pied. J’exclus le
mal de Pott, di.sant : « Cette contracture est trop intense pour ce qu’elle a de diffus (aussi
intensif de la tête aux pieds) ; mais elle n’est pas assez intense, si onlaconsidère au
niveau d’un segment donné de la colonne vertébrale. Dans le mal de Pott, en règle
générale, la rigidité est plus intense localement, mais moins étemlue ou plutôt moins
intense dans l’étendue ». J’exclus pour le moment le diagnostic de tumeur comprimant
la moelle, disant : « Je ne connais pas un tel syndrome dans les tumeurs de la moelle.
Je ne sais pas taire le diagnostiedetumeurde la moelle quand il n’y a pas une paraplégie
et des troubles sensitifs appropriés ». (Je visais ceux qui gnl été décrits à propos de
la jjériüde paraplégique des tumeurs.)
L’arrêt du lipiodol injecté par M. Sicard a été décisif. L’opération effectuée par
M. Hobineaii au début d’octobre montre une tumeur comprimant particulièrement le
douzième segment dorsal, de la grosseur d’un œuf de pigeon (glionévrome, examen de
.M. Iloussy).
L’appréciaüoii de la valeur de l’arrêL du lipiodol à la période prépa¬
raplégique doit se faire eoiniue à la période paraplégique en comparai-
566
SOCIÉTÉ DE NEUROLOGIE
son (le la valeur des signes (diniques qui existent. Actuellement, la valeur
de ces signes clini([ues est moins préc'is(;, moins connue que la valeur
des slgn<“s d(' la [)ériodc paraplcgiqm;. Nous venons de dire la valeur,
comme syndrome indiratiuir d’une tumeur comprimant la moelle, de
doiihnirs radiculaires ou d’un syndronm douloureux diffus coexistanl
avec l’extension d(; l’orteil (d la fhixion dorsale du pied obtenue par
pincement du bas de la jaitdjc- (pathegn()moni([Ue, corunu! l’a montré
M. Babinski, de l’exagération des réfbixes de défense) et de l’hyperalbu-
minostï rachidienne.
11 conviendra d’assigner des limites et un<ï étendiU! plus précises à ce
syndrome. 11 (‘st possibb; (jue l’avenir nous appivuimN’i .■onuaître d’autres
syndromes indicatemrs d<! tumeurs comprimant la moelle. Toutes e<>s
recliertdies bénélicicront d(ï l’a|)[tui que, peuvent fournir h^s injections de
lipiodol prudemment exécutées, et prinUmmuînt interprétées.
iM. Sicard. — .le suis tout à fait de l’avis do M. Vincent. Les tumeurs
médullaires qui s’accompagnent de paraplégii^, avec impossibilité des
mouvements démarché, présentent des troubles de sensibilité objective.
L’épreuve du lipiodol est jiarticülièrement intéri^ssantcMdiez les comprimés
médullaires du début, sans jiaraplégie, alors (pie les sigiuis obj((ctifs
sensitifs sont réduits au minimum ou même font défaut.
■I(! suis également ch; l’avis de M. Vincent au sujet de; l’opposition qui
peut exister (die/, certains compiirnés du ra(diis, entre la v lie libre épidu¬
rale et la voie bhnpiée sous-ara(dm jïdieiine ou inversement. jVinsi, nous
avons obs irvé deux cas de métastase ra(dii(lienne caneéreusj avec blo-
quage de la voie épidurale [lour le lifiiodol, alcts (pie la cavité sous-araeh-
noïdienne laissait passer librement cette substance.
11 y avait j)a( hyméningite et non leptc-ménirigit,!.
XI 1 bis. — Etude sur la perméabilité de la cav'té épidurale au
Lipiodol dans le mal de Pott, par M. Clovis Vincent.
Chez le cadavre normal, l’espace épidural est perméable au lipiodol
du haut en bas. Il en est de nu'une chez la plupart d(;s sujets normaux.
Dans le mal de Bott dorsal (dussi([U(', apparent (dini(piement (T radiolo-
gi(pi(unent, le lipiodol injecté dans l’espace ara(diiioï(licn peut ne pas
s’arrêter au niveau de la lésion, alors (pie, injecté par voie épidurale
cervicale, il peut rester suspendu au niveau de la lésion.
Dons le mal (1(( Bott ancien dorsal ou dorso-lombaire, le lipiodol
injecté pai voie épidurah', même sous jiression — opiel que soit le lieu
de l’injection, cervicale, dorsale, lombaire — tend ii se cantonner au
voisinage d i lie.i de l’injeidion : l’espace éjiidural est barré en plusieurs
points dans le sens de la hauteur.
II est (i(‘s cas où la translation se fait seulement dans le sens latéral
immédiatement ou dans les jours suivants ; la voie des racines est idus
ouverte que le canal lui-même.
SÉANCE DU G DÉCEMBRE 1923
567
Dans certains cas de pachynévrite radiculaire avec ou sans lésion
tuberculeuse des corps vertébraux, on peut mettre en évidence des faits
id(inLiques dans les cas où la clinique permet de localiser une lésion.
Par voie épidurale, il ne s’agit pas d’apprécier la perméabilité de cet
espace considéré dans toute sa hauteur; mais on peut apprécier la perméa¬
bilité générale d’un segment donné de cet espace désigné par les troubles
radiculaires.
XIX. — Paralysie radiale (Sensibilité, Sudation, Ergographie,
par M. RenéPorak, Professeur à l’Université .\urorc do Chang-Hai,
Directeur de l’Institut antirabique.
Le signe de la sudation que j’ai proposé pour l’étude des nerfs péri-
l)héri([ues a été critiqué, l’argument qu’on oppose à ma technique n’est
pas déiùsif. On se contente en effet d’objecter la supériorité de l’examen
électrique des muscles et des nerfs ! Je ne sais pas quelle valeur, du point
de vue critique, les neurologistes de la Société de Paris accorderont à une
telle objection.
Pour ma part, j’ai décrit'le zigne de la iudation parce qu’une boîte,
une ampoule électrique et un thermomètre suffisent à déterminer le seuil
d’excitation thiTmique nécessaire à provoquer la sueur dans les diffé¬
rents territoires nerveux.
Pendant la guerre, l’électrodiagnostic n’a pas toujours été fait par des
spécialistes et les résultats étaient sujets à caution. Le signe de la suda¬
tion est moins difficile à manier que les épreuves électriques. Voilà le
seul avantage de l’excitant thermique de la sudation sur l’excitant élec¬
trique de la motilité.
En réalité, ces deux excitants ne devraient pas être comparés : ils s’adres¬
sent à des fibri's nerveuses différentes et il est utile de les employer suc¬
cessivement dans une étude complète de la valeur fonctionnelle d’un nerf.
La lèpre et le béri-héri fréquents à Chang-IIaï lèsent souvent d’une
manière élective les fibres végétatives des nerfs périphériques. Dans ces
cas particuliers pcïrsonne ne contestera que le signe de la sudation est
supérieur à l’élcctrodiagnostic.
J’ai repris mes observations de paralysie radiale parce que les fdjres
sudorales y étant peu nombreuses, elles offrent d(is lésions plus simples à
interpréter que dans les paralysies médio-cul)iLalcs par exemple. D’autre
part, le nerf radial étant essenticJlement moteur, ce m’a paru intéressant,
sans contester la grande valeur de l’Electrodiagnostic, d’ajouter à la
description classique! la roedien'he! de certains symptômes ergographiques.
L Sensibilité el Sndalion. — La sensibilité doit être comparée; à la
suelatieen yeuisqueq élans l’épreeuve; (pie' j’ai eiée'i'ite, j ’eexcite le;s libres sen-
sitive's the'rmiqueis jeour eui obtenir une; réponse; sudeerale;... En dehors de'
l’abolition comiilète de la sensibilité de la main, l’e;xcitatie n theermiefue est
assurée;. Aussi trouv(;ra-t-on [lar la suite eh's e'.xe'iujiles de zones anesthé-
sieje's e'apable;s e;ncore; eh; transpire'!'. Ue'tte' étude; comparative; montrera :
538
SOCIl'yrË DU NEUnOLOGIH
1° La z<')n(3 très limitée d’aru^stliésio dans les lésions du radial ;
2° La dissociation des divcTS modes de; semsihilite ;
■i° La non-e,oïneidcne,c des trouldes scmsitil's et des troubles sudriraux;
4° L’intén'it pratique du signe de; la sudation.
lijpe (iini(]ue. — Dans septobservati'ms, lasudation était normale.
Les réactions éleetriciues deunontraient une altération organique du nerf
radial. Dans e,e type eliniciue, la su|»ériorité dcc l’examen électrique; est
donc cividcuite. .l’y ai cependant noté une réaction sudorale particulière.
Dans ce type; clinicpu;, cm cd'fet, le, malade; ress(;id, d(;s fourmillemc'nts ou
une douleur vive; à la l'aec dorsale; élu jioue;e; et rcexe’iLant tlicermiqu,' pro¬
voque; une; liypeTsudation dans le meutdire; suj)e';rie'ur sain (r6[l(;xe de; Vul-
pian).La se;iisibilité obje;etive; (‘st e|U(;l(|uefois diminuée, mais jamais abolie.
A rapproche r de; cette; première forme;, 1 0 edise'rvations de lésions par-
tielh's ehi raelial ; la dissection pliysiologi(|ue; réalisée; par r(;xame'n élec¬
trique; des différents muscle-s est parfois se;ule' à fournir un signe; objectif
e-ertain (6 observations).
2® Ijjpe cliinijue. — Lorsque; le: ne;rt l’adial e;st jueifemdémcuit lésé, voici
les reisultats de l’examen comparatif de; la sensibilité et de la sudation
(8 obscrvalieens).
If» iibsenHilinn. — IlypeTe-sllie'e^ie è lii faeic elorsiile- elii raéliioarpien, ane-sUie'esie e'i
la feif'.e dorsale’ des plialanKe’s. .Seeelalioii e-n «reisses sonUes même; élans la zone aneslli6-
sie-'e-.
'Z'' iihscrraliiin. - ■ I lype>esllie';sle; i'i Lenjs les modes (frôlerne-nl , Inet, pieiâre, jere-ssion,
diapason). CJeeelepees mmUe'S de sue;nr, eU; greis voleeine, mais très e.spaeées, ;e la l'ace
deirsale- du [loeece-. l’ees ele, seedatieen à la rae:e; elorsale die l" mètae!ar|iien.
5’' ubservalion.— Ilypeiesllièsie- au tact e-t à la [)ie|flr'e; dans une; zeme; très limile’ie- à la
lace’ elorsale du pouce. I.es anesUièsies au froid et ei la cimleur sont plus ce mplète-s cl
occupent un terrilenre plus étendu, l.a suelatiem niampie; à la face dorsale de’ la main
(l’e'xcitant the'rmiipee’dans ce' cas n’a pas été; porté au-ele'ssus ele 50" e’t il faut re-marepicr
epee’ ce'i'tains suje’ts transjiirent be’aeicoeipmeiinsele la face‘elorsalee[ue‘ele la face palmaii’e;
de la main).
•I' ubservalion.- Ilypoestliésie à teins les meules. Harestliésie normale à la face dor¬
sale’ élu 1 ’-'i' métacarpii’ii ; elle e-sl aliolii; e’t rane’stliésie; aux aeelre’s mode’s eleevient teitalc
ei la face; elorsale; de’ la dernière ptialange’. Seielalion e'e la face elorsale du pouce.
5® ubservalion. — Ani’stlicsie’ ii tous les rneiile’s au niveau de la face deirsalo du poeece:
l't élu l"' métucar|iien ; leyiioi’stliésie’ e'e la face elorsale élu 1"' espace inte;rosseux. La
suelatiem manque’ au nive-aii élu pouce; se’ule'ine'nl.
(1® ubservalion. - - Anesthésie e'e la face; eleirsah’ élu peiiice’, élu 1"' l’sfiace' inle-i'eisseiex e’I
de la base élu ‘2'' eloigl. Kncoclie eh’ se’iesibilité normale’ au nivi’au ele la 1'" commissure
inte-religitah’. Attiteiele’s se-gmentaires élu pouce; reconnues ; pi;rte de’ la sensibilité osseuse
au diapason, l’as ele sudatiein ii la face’ dorsale élu peiiece à 50". Exagération ele la su-
ilatiein palmaire’ e'e la môme temiiérateire’.
7" ubservalion. — Ane’stliésie’ ei tous h’s moeles, ei la face; elorsale élu pouce e-l de la luise
élu ile’uxièrne; eloigt l’t jusqu’au milii’U de la face’ eleirsah’ ele la main. Tbi’rmoanes-
lliésie, diminution de lu si’iisibilité tactile’ e’t sensibilité eleiuleiuri’iise conservée’. Siiela-
tiein abolie’ ei la face elorsale; ele- la main ei 50".
ubservalion. — Ilypeie’stbésie ei teins li's meieh’sei la face elorsale îles lieux premiers
iloigls I la siiilatiun à 50" se produit ei lu base; ele tous li’s ongles, sauf au
niveau du pouce.
SÉANCE nu 0 DÉCEMHRE 1923
568
A rapprocher do ces cas, 5 observations dans lesquelles la sudation était
normale mais irrégulièrement disposée : sur empreinte (papier au nitrate
d’argent) des flaques de sueur voisinent avec un fin pointillé.
Enfin dans certaine compressions du radial, en élevant l’excitant
thermique de 50° à 60° ou à 70°, la sudation peut apparaître dans le
territoire du radial (d observations). Il y a des cas exceptionnels où les réac¬
tion électriques paraissent indiquer une destruction complète du nerf et
qui réagissent par une sécrétion de sueur à un fort excitant thermique.
La libération du nerf, en cas de cicatrice par blessure, est suivie d’une
récupération motrice complète. Je crois donc qu’avant de juger un cas
incuralile, il faut recourir à l’épreuve sudoralc.
Conformément aux résultats que j’annonçais ;
Dans les paralysies radiales, le territoire d’anesthésie est moins
Fig. 2. — Pin du la courbe do fatigue. Paralync radiale légère : les extenseurs du poignet soulèvent
un kilo ii une hauteur do 56 oontimètres, en une minute 30 secondes.
étendu que ne l’iiidiquent les anatomistes. Chaque territoire périphérique
est entouré d’une zone où les territoires voisins se prolongent.. Le cubital
et le médian étant plus riches en filires sensitives que le radial, on com¬
prend que le territoire d’anesthésie soit n.'streint on cas de paralysie ra¬
diale. La persistance de nombreuses fibres sensitives au niveau de la main
offre aussi une plus grande surface d’action à l’excitant thermique pour
stimulcrdes glandes sudoripares assoupies.
2° L’étude comparative (h;s différentsmodes de sensilùlité prouve qu’une
lésion peut détruire certaines fibres sensitives et en conserver d’autres.
3° De même les fibres simsitives peuvent être détruites sans que les
fibres sudoralcs le soient.
4? Sans contestiT la grande vabuir d'^s réactions électriques entre des
niains habiles, je prétends qu’un oxairu ri neurologique complet ne doit
pas mépriser le signe dis la sudation qui m’a souvent permis d’insister en
570
SOCIËTli nn NEUJtOLOGlH
faveur d’une intorvirntion chirtirfîicah; ((U)mpression nerveuse) que^^mes
c()llè<>:ues jufjeaii'nL inutiles. I.a suite des interventions in’a donné raison.
II. Ernoiiraphie. — (lointne j(\ l’ai dit, le iutF radial eonti(uit plus de
fil)r(is motrices (jikï de libres semsitives (^L sudorab's. Les réactions électri¬
ques y d.ontnmt à eaus(; d(( eettiî structure d(‘s renscdjJînements cliniques
Fi?. 3. — Paralysie railiale : Puissance des extenseurs du poignet ; un kilo est soulevé k 17 centi¬
mètres en une minute 20 secondes.
Fig. 5. — Mêni" éprenv(! avec l kilo au lieu de 200 grammi'S, le 0 août, chez le même malade.
très importants. L]st-<'.<! à dim? qu’il n’y ail aucun inléiét à l•e( liera luir par
d’autres procédés des indications sur la foncl ion mol rice ? Jenele c.rois'[ias
<d., depuis di.\ ans, l’erfroirrapliie m’a paru um* méthode intéressante en
Neurolofrie. Le jirofesseur Henri Llamle aussi accorde une certaine im-
SÉANCE DU 6 DÉCEMlMiE 1923
571
portance à l’Ergographie pour déceler les trouldes névropathiques. Voici,
à propos de la paralysie radiale, quelques exemples de l’intérêt clinique
de cette méthode.
Force dynamique (courbe de faliyue inscrile avec l’appareil de AIosso). —
La courh(^ d(! fatigue donne une valeur numériqiu' au travail effectué
par le nerf radial. J’ai fait adapter une planclu'ttc! à l’appareil de Mosso
qui permet d’évahuu' hî travail des ext(ms<uirs du poignet.
Les signes (irgographiijues de la paralysie radiale s uit les suivants :
1° Les contractions successivcîs sont inégales.
2® Le tracé d’c.xtension est suivi d’un plateau comme si la décontrac¬
tion ne pouvait immédiatement suivre la contraction.
3° Parfois la déc( nlraction n’est pas complèl<‘ (1 le tracé remonte avant
lüe la courlx! de décontracLion ait atteint la ligne du 0.
4° \ la lin de la courhe (h; fatigue, les contractions sontplusirrégulières
®t sont séparées par un temps de repos plus long.
D’une façon générale, le travail accompli p(>rmet di' mesurer l’amélio-
ï’ation de la paralysi('.
Au lieu d’étudier la fortiie des conlractions succ('ssives, ré])reuve du
tétanos volontaire a pour hut (h^ rechendicr <'omm(nt les (‘xtenseurs
®^'I>port(Mit un (d’fort souUmu.
on e.xamine deux courhes de réjirciive du tétanos volontaire à deux
^'ds d’intervalle, h( premier tracé moidrc (pie h‘ malade souhH'e à une
t^ihhi hauteur tm ]»oi.ds de 200 grammes ; rasceiisioii se fait par gradins
SOClIiTE DE NEUliOLOGIE
et la cliutc ost brusqua. La (buixièiruî Lraaa in(li([ua apràs daux mois une
r(3Cup6raLi<iu motriao imporLauL^, la malada àlajiL d(3Vanu capable do
maiulanir soulevé un poids d(i un kilo jiandanL 2 minutas et dami.
J’ai déjà montré av(3e b; l’rob'ssaur 1 laiiri Clambî (pu' l’Ergographic
peut servir au diagnostic, de l’IIystibiiî ; an voici d<î nouv<‘llas preuves :
1° L’éprauve du tétanos v(dontair(‘, (ui mattant la muscle en contrac¬
tion, révtiilL uncï trémidation mivrofiatbicim'.
2° La courbe de fatigue i)rési‘nte las mêmes < ara( téras. I.a suggestion
et l’invigoration irnuitale provoqmmt uikî régularisation de la courbe.
2° Quand la main est en (extension, bes fbjehisseurs, n’ayant pas un
point d’apjuii antagonisLi, m; peuvent afbu'UuT aucun travail dans la
jjaralysie radiale organi([U(!. La preuve; cb; l’bystérii; est donnée par une
courba de fatigue typiejue av(;c b; disjiositif original (b; Mosso (flexion
du médius). Voici d(;ux s(;gm(;id,s de c.ourb(;s defatigu(;s, rime avec un kilo
et l’autre av(;c 5 kilos, dans un cas (b; paralysie radiale hystérique.
Conclusions. — • Le nerf radial étant surtout un n(;rt moteur, l’examen
de la motilité doit être placé au prend(;r [dandans b;sobservations cliniques.
L’ergographie permet d’apprécier b;s progrès de la récupération motrice
et sert au diagnostic (;ntr(; la paralysie organique et la paralysie hysté¬
rique.
Le signi; de la sudation a um; grande; vab;ur dans les termes graves de
paralysie radiale : il sendde epu; les libres sudorales dans le radial soient
très résistantes, eten cas d(; c.mipr(;ssion forte; du nerf, ce sont souvent
les seules dont on p(;ut stimub;r l’activité à l’aide; d’un excitant thermique
élevé.
SÉANCE DU G DÉCEMBRE 1923
673
IX. — Métastases cancéreuses multiples au niveau du squelette.
Paraplégie douloureuse à évolution lente. Convulsions épilep¬
tiformes terminales, par M. J. Jumentik. (Travail de Laboratoire de
la Fondation Dcjerine.)
L’observation clinique, les pièces et radiographies que je rapporte
et présente aujourd’hui à la Société de Neurologie sont des documents
restés inutilisés j usqu’iei du fait de la guerre et qui proviennent du Service
de mon Maître M. Dejeriiuq à la Salpêtrière, où il m’avait été donné de
suivre la malade à laquelle ils se rapportent.
I. Observation clinique. — .\l Ment..., âgée, de 4G ans, entrait à la Clinique des
Maladies du Système, nerveux le 17 mars 1914 ])imr des douleurs violentes des mem¬
bres inférieurs accompagnées d’effondrement l’ayant obiigée à garder le lit depuis
Uisloire de la maladie. — Le début de ces troubles, déjà assez lointain, remontait au
mois de mai 1912. Ace moment, en elTet, cette femme commençait à se plaindre de
douleurs de la hanche gauche, douleurs à caractère continu, avec exacerbations par
la marche et irradiations dans le territoire du nerf sciatique. Dèsee moment, on cons¬
tatait une augmentation de volume de la hanche.
L’état général de la malade était du reste mauvais ; depuis le mois de septembre
1911 elle avait heaucou]i maigri et ses forces diminuaient ; dès cette époque, elle avait
noté la présence d’une petite glande dans le sein gauche qu’elle attribuait à un trau¬
matisme remontant à quelques mois. Au début de 1911, était en outre survenue une
pleurésie droite de, nature indéterminée qui dura 6 mois.
Pendant une année les douleurs du membre intérieur gauche n’augmentèrent pas
sensiblement d’intensité et la malade, maigres a claudication, pouvait aller et venir. La
tumeur du sein, par contre, devenait volumineuse, la peau était adhérente aux plans pro-
fondsetuncopérationtut décidée le 21 juin 1913 ;elle tut particulièrement importante,
puisqu’elle consista en l’ablation des deux seins (ablation complète à droite avec curage de
l’aisselle, à gauche extirpation de la partie supérieure de la glande et de la chaîne gan¬
glionnaire axillaire). La cicatrisation se lit normalement sans récidive locale.
En septembre 1913, les douleurs gagnaient la colonne vertébrale avec maximum à la
pression do la [lartie dorsale inférieure. Ces douleurs s’exaspéraient à l’occasion des
mouvements, surtout si la malade se nudlait didiout ; elles se calmaient un peu par le
repos.
Au mois de janvier 1923, M'"® Ment... s’alitait pour ne plus se relever.
Etat au 19 mnr.s 1923. — L’amaigrissement est accentué, la malade est tombée en
3 ans de 73^à 47 kilogr. L’examen des poumons et des plèvres ne révèle rien d’anormal,
en particulier pas de matité à droite oii aurait existé autrefois une pleurésie. Rien au
On note une tuméfaction considérable de la crôle iliaque gauche qui bombe dans
îa fosse iliaque! corres]ioiidante, cette tuinéfaclion diminue de largeur en arrière ; pas
d’adénopathies appréciables.
La percussion de la colonne vertébrale' est douloureuse, mais il semble qu’elle le soit
plus particulièrement au niveau des deux (U'i-idères vertèbres dorsales. Les vertèbres lom¬
baires sont immobilisées et comme soudées.
On ne iKuit faire mettre la malade debout, elle dit souffrir du haut en bas de la colonne
Vertébrale et la sentir s’effroiulrer.
Les membres inférieurs sont amaigris comme toul le coriis, sans atrophie muscu¬
laire prédominante en un groupe musculaire donné.
Les mouvements d’élévation des membres au-ih'ssus du lit sont impossibles. L’exten-
«ian et la flexion de la jambe sur la cuisse sont alTaiblies surtout à gauche. Les adduc-
574
SOCIÉTÉ DE NEUnOLOGIE
5 juillet 1914.
SÉANCE DU 6 DÉCEMBUE 1923
570
576
socii'rn': du muiiioimcid
sombres sont plus rares, moins dures el, les vastes champs ipj 'elles limilcnL apparais¬
sent prescpie dépouvus de tissu compact.
L’Examen hi.slolujjifjiie d(^ ces iliverses métastases montri^ ([u’il s’agit de néoplasies
de nature épithéliale à aspect pseudoglandulaire rap|ielant c(dui de la glande mam¬
maire où siégeait la tumeur primitive. Les as|tecLs histologhpies varient du resli' un
peu suivant les points examinés.
Au niveau d(?s os, des côtes par ex<'mple dont un fragment est prélevé au scalpel
avec la plus grandie facilité et (pii peut (itre cou|)(( sans d('!calci lication préalable. On
Fig. lî. — Riiliographie do la calotte crânienne. Aspect dos no,yaux épithéliaux métastatiques.
est en présence d’un tissu dont l’asfiect rappelle le tissu osseux avec touti fois de nota¬
bles modifications : les lamelles osseuses ontdisparu, le tissu fondamental est formé de
cellules à longs prolongements el d’un réseau librillaire fi mailles assez dissociées don¬
nant en certains points un aspect myxomateux.
Le tissu conjonctif est, par places, surtout au voisinage du jiérioste, nettement
hyperfilasié.
De loin en loin, dans ce tissu assez uidforme et peu intensément coloré par l’éosine,
on aperçoit des îlots de formes irrégulières à contours asse'z géomél ri(|ues : tantôt
étroites bandes à bords luiralléles, tantcH pla([uards à limites polygonales ou curvili¬
gnes formés de cellules très tassées, dillicilenient isidables, à protoplasma fortement
teinté et à noyaux volumineux prenant intensément l’hématéine. Ces îlots semblent
au premier examen comme surajoutés arlilleudlement.ll n’en est rien cependant, .et, en
examinant toute la coupe un voit <pi’ils font partie intégrante de ce tissu, dans lequel
SÉANCE DU 6 DÉCEMBRE 1923
577
ils s’infillrenl ou s’incnislcnt. Il s’agit là de cellules que nous identifierons plus facile¬
ment en d’autres points. Elles sont nettement de nature épithéliale et rappellent un
peu en certains points l’épithélium pavimenteux.
Sur des couiies pratiquées sur les métastases intrarachidiennes l’aspect est différent ;
il s’agit là d’une néo[)lasie nettement épithéliale, on trouve des bourgeons cellulaires à
forme acineuse, les uns [deins, les autres avec une lumière centrale autour de laquelle
sont orientées les grandes cellules épithéliales donnant un aspect pseudo-glandulaire
très caractéristique.
En d’autres points, les cellules épithéliales placées sur une ou plusieurs assises,
tapissent de vastes aréoles dans l’intérieur desquelles se voient de nombreuses cellules
de.s([uamées et en voie de cytolysc, et ,1e tissu est de, ce tait beaucoup moins dense.
Il s’agit donc de tumeurs métastatiques multiples dont l’aspect pseudoglandulairo
évoque celui de la glande luaminaire. Il y a lieu de noter que ces niotasta-'i-s n’ont été
trouvées que dans les os ; il n’y avait pas de récidive in situ, ])as d’envahissement pleiiro-
pulmonain^ ni ganglionnaire malgré les volumineuses métastases costales.
Les racines et les ganglions comprimés par ces masses épithéliales n’etaient pas infil¬
trés, on notait seulement une légère réaction hyperplasique de la gangue fibro-grais-
seuse, ipii les enveloppait, une dilatation des veines rachidiennes et des suffusions san¬
guines importantes, en nappes, dans la gangue au contact même de la tumeur, l’as de
dégénérescence a|)précialile des racines, les cellules ganglionnaires sont assez bien
Dans la moelle, pas de myélomalacie, pas de dégénérescence des fibres des cordons
postérieurs.
En HKstiMH . — A. Au point de vue rdinupie :
1° 'rrotililes m-vralgiqtics violents du moiiilire inférieur gauche avec
point de départ à l’os iliaque gauche hypertrophié étant survenus chez
une feiiune amaigrie et jirésentant une tumeur mammaire.
2° Accentuation des douleurs tpii gagnent le membre opposé et
alioutissent à une paraplégie douloureuse, sans troubles médul-
3“ Augmentation de volume de la tumeur mammaire avec envahisse¬
ment de la glande opposée : exérèse large.
d° Extension des douleurs à la colonne vertébrale.
T) Terminaison par convulsions épileptiformes, à type jaksonien, bila¬
térales.
13. Au 'point de vue analornique :
1° Métastases cancéreuses multiples du squelette, envahissement de
l’os iliaque gauche, et d’un certain nombre d’apophyses épineuses de la
colonne dorso-lombaire.
2° Compression radiculo-ganglionnaircs dans les trous de conjugaison
correspondants.
3° Masses intrarachidiennes lombaires et dorsale inférieure sans com¬
pression nette de la queue de cheval ni de la moelle à travers le fourreau
durai.
40 Métastases crâniennes, principalement des régions pariétales, bom¬
bant fortement dans la cavité crânienne refoulant la dure-mère.
Ces constatations permettent de pens.r que la paraplégie douloureuse
observée durant la vie de cette malade était sous la dépendance des com-
nEVUE NEUllOLOUlgUE. - T. II, N" 6, DÉCEMUllE 1923.
578
SOCIÉri': DE NEVBOLOGIE
pressions radi^'iilo-ganglionnaircs dans les trous de conjugaison. La com¬
pression inédullain' ne ]»araU pas devoir êtni invoquée malgré la pré¬
sence d(^ masses iulraraeludienin^s, étaid. donné l’absenei' (1(! modification
<]e fornui et de struetnn' de Ja moelle épituére.
La j)lia3C convulsive jaksonienne bilatérale était en rapport avec les
métastases des pariétaux.
La localisalion él('etiv(î des niétastos(^s au uivciau du S({uelotto nous
paraît un fait à ii ' ttn; en lumière sans en tirer de conclusions. La dissé¬
mination do ces néf>piasies oss(!Us<“S, avec la pliasc; initiabi à l’os iliaijiuî et
l’asjK'ct radiogra])lu(|u<! auraient pu dans ce cas en impo8(U' pour un ostéo-
san ome s’il n’y avait eu la notion de tunnuir du sein.
fl y a li(!U de souligner également la non-propagation de la tumeur à
la dure-mèr<“, aux ganglions, aux racines comprimées qui (!st vrainuud, un
fait remar(|uabl étant donnée le duré(î d<^s phénomènes douloureux.
L’atsenco de dégénérescimres aseendant(;s dans h s fibiaiS d(ts cordons
postéri(!urs moid.re du reste ((ue les racines jiostérieures irritées n’avaient
pas é‘té profondénumt altéré<'S.
ANALYSES
NEUROLOGIE
ÉTUDES SPÉCIALES
NÉVROSES
Monoépilepsie, Monoalgie brachiale avec Hypoesthèsie et Kinanesthésie.
Contribution à l’étude de l’Epilepsie partielle, de l’Apraxie kinétique et
de l’Agnosie manuelle, par h’. D’IIollandeh {de Louvain). Arch. méd. belges,
an 72, n» 5, p. 537-561, mai 1910.
Dans les cas de lésions cérébrales en foyer la limitation des .symptômes à un
membn^ est un tait exceptionnel. La malade (50 ans) étudiée par d’IIollander jiré, sente
lies phénomènes à la fois sensitifs et moteurs ; épilepsie partielle avec accès trustes
de. petit mal, incoordination motrice limitée aux |ietits mouvements délicats de la
main, hypoesthèsie, topoesthésie, monalgie, et enfin incapacité de reconnaître les
objets par la palpation. Et chose extrêmement rare, toute cette symptomatologie
sensitivo-motricc est strictement limitée au membre supérieur gauche.
A côté do ces phénomènes sensitivo-moteurs d’ordre élémentaire se constate un
secoml groupe de symptômes d’ordre physiologique plus élevé : a) incoordination
inanuelle et b) abolition de la reconnaissance des objets au moyen du palper.
L’auteur décrit et interprète cet ensemble de jihénomènes cliniques ; il déduit de
son étude des considérations intéressantes [lour la physiologie cérébrale.
Le parallélisme entre les troubles de la motilité et ceux de la sensibilité est dû
au voisinage des centres respectifs. La limitation à un seul membre de signes aussi
bien sensitifs que moteurs idaide, pour l’existence de centres cortico-sensitifs spéciaux
aux divers segments et dont rordonnance serait analogue à celle des centres cortico-
Aii point de vue fonctionnel également, la clinique révèle les rapports intimes
qui unissent la sensibilité à la motilité ; en effet, l’ataxie, trouble d’expression mo¬
trice, trouve sa base physiopathologique dans les fierturbations sensitivo-kinesthé-
shpies.
Dans le domaine des pliénomènes neuro-cliniques supérieurs qui sont le trait d’union
Vers la iisycho-|iathologie (les aguosies et les a|U'axies), cette solidarité entre les
fonctions de réciqition et les fonctions d’exécution [irond le caractère d’une réelle inter¬
dépendance.
La iisycho-pliysiologie confirme d’ailleurs ces déductions.
Du ne peut s’imaginer, dit un |iliysiologiste, d’acte moteur qui ne soif accompagné
'le riqirésentation sensorielle. La soi-disant reiiréscntation motrice n’est pas seulement
l’image souvenir d’un mouvement, c’est un complexus associatif qui conqirend et des
l'cprésentations visuelles (de mouvement) et des représentations kinesthésiques.
580
ANAL YSES
Un individu qui, dès sa naissance, serait privé de toute impression centripète périphé¬
rique serait incapable d’agir.
En On, les données les plus récentes sur l’anatomo-physiologie du cerveau antc -
ri(!ur tendent à modifier radicalement nos conceptions sur la répartition des voies
afférentes et défférentes dans l’écorce cérébrale. Jusqu’ici on avait distingué dans
celle-ci une zone psycho-motrice (E. a.) et des zones psycho-sensorielles : visuelle,
auditive, etc., de telle sorte que l’opinion classique adnadtait que d’immenses terri¬
toires de la corticalité n’émettaient pas de voies descendantes.
Cette distinction ne peut plus être maintenue.
Déjà on savait que, dans le voisinage immédiat des centres moteurs, s(! trouvent
les centres de la sensibilité générale dont la coopération avec h^s |)remiers est telle
qiKï la sphèn; dite [isycho-motrice constitue en réalité une sphère mixte ou semsitivo-
motrice. Des acquisitions nouvelles apprenmmt maint(mant que les sjdièrcs dites
psycho-sensorielles possèdent, elles aussi, tout comme lu si)hère de la sensibilité
générale, leurs voies afférentes.
La solidarité intime qui, d’une fatjon générahq unit (hmx fonctions essentiellement
différentes, la sensibilité et la motilité, exprime l’harmonii^ admirable qui règne
dans l’organisation du système nerveux central. Feindel.
Les Crises Convulsives d’Origine Pleuro-Pulmonaire, par A. IJauué et
II. Glénard. Progrès médical, n» 2, p. 13, 11 janvi(u’ 1920.
Cimi ol)S(îrvati()ns de cris(‘s convulsives appariU'S cla^z des adultes à l’occasion de
maladies |>leuro-pulmouaires ; c’est une contribution à l’épilepsie réflexe à point de
départ pleuro-pulmonaire. K. F'.
Gain (André) et Hillemand (Pierre). Sijneopc tnnrlclle. avec Cu/iuiilsions Epilcpli-
f ormes au cours d’une Ponclion de la Plèore {GiVArAXa des Hôpitaux, t. 95, n»5'l,p. 8tl9,
11 juillet 1922). — Observation s’ajoutant à la liste des accidents graves ou mortels,
survenant au cours des interventions sur la plèvre ; constatation d’une congestion
surrénale int(uisc déterminée par le réfhixo à point de déi)art pleural.
l.AiiuiiY (Ch.) et Bloch (S.). Crises Jipilepliformes sponlanées dans la Pleurésie séro¬
fibrineuse (Paris Méd., t. 12, n“ 8, p. 160 ; 25 fév. 1922). — Crise d’épilepsie spontanée
apparue chez un plcurétiipie, sans antécédent convulsif, en dehors de toute interven¬
tion sur la plèvre. E. F.
Considérations sur les Polyclonies Epileptiques (Polyclonie de Kojewnikow.
Polyclonie d’Unverricht, Polyclonie Psycholeptique), par l'h.iA Halkind,
Itiidsla ilaliana di Neuropalologia, Psirhiidria cl Elellrolerapia, vol. 9, fasc. 9 et III,
p. 257-278 et 281-292, septembre et octobre 1918.
L’auteur fait une étude générahî des myoclonies ou polyclonies épileptiipa'S et ilouue
une lireiuière série d’observations (pii concerne trois individus de la même famille
atteints de la maladie d’Unverricht. Une seconde observation est Jilus intéressante
par sa nouveauté ; il s’agit d’un jeune homme sans hérédité ([iii, à la suiti' d’un état
pridougé de tension émotive en rapport avec le service militaire, pré'seiita un malaise
général constituant le début d’une maladie caractérisc'ie ultérieurement [lar des accès
convulsifs avec perte de connaissance [dus ou moins complète et par des secousses
luyocloniqiies plus ou moins généralisées.
D’après le présent travail, il semble exister une correspondance pour ainsi dire fiar-
faite entre les formes principales d’épilepsie et les principaux types de myoclonie
ANAL Y SES
581
épileptique ; à l’épilopsic jackjonionne répond la polyclonie de Kojcwnikow, à l’épi-
lepoio commune répond la polyclonie d’Unverrioht, à l’épilepsie affective correspond
la polyclonie psycholeplique dont l’auteur apporte la notion.
F. Deleni.
Un cas de Myoclonie-Epilepsie, par J. Abadie et Molin de Teyssieu. Bull, cl
Mcm. (le la Soc. Med. (les Hôpilaujc lie Paris, l. 3H, n° 3, [>. 179, ‘2 février 192"2.
Sous le nom de myoclonie- épilepsie, Unverricht a décrit, en 1921, une forme cli¬
nique de l’épilepsie caractérisée par la coexistence et l’évolnlion parallèle, chez le
même malade, d’accès convulsifs périodiques et de secousses myocloniques ; comme
Unvérriclit avait observé C(dte variété spéciale d’épilepsie chez, cinq frèreset sœurs de
la inêuK' famille, il la désigna sous le nom de myoclonie-épilepsie familiale.
L’observation actuelle est celle d’un jeune homme de dix-neuf ans présentant
depuis l’âge de six ans des secousses myoclonicpies ; légères et intermittentes d’abord,
elles sont dev(Oines |irogressiv('meut fortes et généralisées ; actuellement elles sont
continui^s avec des paroxysmes violents et fréipnoits. A dix-sept ans, onze ans après
l’apparition des secousses myocloniques, se sont montrées des crises conyulsives dont
la tré(pienc(i augmente. Chez ce malade, la coexistence de secousses myocloniques et
d’accès épileptiques, l’évolution parallèle et |)rogressivo de ces deux ordres do ])lié-
nonièmis constituent biiui une myoclonie- épilefisie progressive d’Unverricht.
L(Mnalad(M'st très comparable à celui di^ Cronzon et Bouttier. Ni chez lui ni chez
l’antre, on m^ ti'ouve ni la notion de malailii^ fanniiale, ni des antécédents patholo-
gi(pies d’épihqisie., d(^ psychopathie., ou d’alcoolisme, 'l’ons deux ont vu leur affection
évoluer lentenumt, sans compromettre leur état général, sans troubler leurs facultés
men taies.
L(!S phéuomèiu^s convulsifs du second malade ont été rebelles à toute médication ;
l’hyoscine, les bromures, le tartrate borico-potassi(|ue, même employés à hautes doses,
sont restés sans résultat appi'éciable. Seule la phényléthylmalonylnrée a paru
avoir une action légèrenuoit eflicace : employée il y a trois ans à la dose île dix centi¬
grammes par jour, elle lit dis|)araitre entièrement les secousses myocloniques pendant
près d’un mois. Heprise plus tard, apres apparition des accès épileptiques, elle se
montra encore activi-, mais seiileiueiit à la dose de trente centigrammes par jour.
A cette dose, les secousses myocloniques se calment, sans cependant disparaître
complètement. L. F.
CnouzoN et BouTTiiin. Un eus d’Epilepsic-muiiclonie fBiill. et Méin. de la Soc. méd.
des Hôpitaux de Paris, t. 37, n“ 7, p. 278, 25 fév. 1921). — ■ Homme de 24 ans épile|i-
tiipie depuis l’âge de 14 ans ; un an après l’apparition des grands accidents comitiaux
sont siirvonues des manifestations motrices du type niyocloniqiie ; actuellement épi¬
lepsie et myoclonie coexistent ; le cas se rapproche du syndrome d’Unverricht.
Hesage. Un cas de Mt/nelonie-épilepsie proijressii’C (Bull, et Mèm. de la Soc. méd;
dos Hôpitaux de Paris, t. 38 ; n» 14, p. 058, 28 avril 1922). — Cas superposable à
celui de d’Abadie et de Molin de Teyssieu. Le débiil a été aussi progressif, coinmoneant
à huit ans et demi par des secousses invocloiiKriies. qui se sont généralisées, devenues
plus fortes et plus fréquentes. A l’âge de douze ans, trois ans et demi après le début
dos secousses, se sont montrées les crises classiques d’éiiilepsie vulgaire. On observe
alors la coexistence dos secousses et des crises epileiitiipies ; à reuiari,uer d’une part
les secousses myocloniques prémouituire,s des grandes crises éiiih'ptiques, d’autre
part des secousses en accès isolées qui semblent eu imposer pour des crises de petit
mal moteur. K. F.
582
ANALYSES
De quelques Réactions humorales dans l’Epilepsie essentielle, par L. Babon-
NEix (!t II. David. Bull, el Mém. de la Soc. méd. des Hôpitaux de Paris, an 34,
n» 13-14, p. 357-360, 19 avril 1918.
On sait d’après les auteurs, l’épilepsie qu’on dit essentielle relève do lésions
méninj'o-corticales, fort discrètes d’ailleurs, produites par l’hèrédo-syphilis. Iis ont
d(!inandé au laboratoire la preuve de leur théorie.
Etudiant comparativement dix cas, ils ont trouvé la réaction de fixation pour le
sanj' positive faible dans presque tous les cas, et une lymphocytose céphalo-rachidienne
léfîère. dans la moitié des cas.
(’.eci s’int(?rprète en considérant comme des plus réduites les réactions humorales
de lésions syphilitiques anciennes et cicatrisées. Vienne un réveil inflammatoire des
lésions, les réactions humorales réapparaissent, tout en restant frustes, discrètes,
atténuées. II y aurait donc lieu de distinguer, dans l’évolution de l’épilepsie, deux
phases : une intiuparoxystique, où il n’existe aucune modification biologique du sang
.ni du liquide céphalo-rachidien, où les humours ne sont pas peccantes, et une paro.xys-
tique, où la réaction de fixation devient faiblement positive, et où l’irritation de, la
séreuse arachnoïdienne se décèle par une lymphocytns(^ légèn^ du liquide céphalo¬
rachidien. Comme la tiibercidose, comnu! la syphilis nerveu.se. acquise, la syphilis
iKU'veuse héréditaire procéderait donc, en maintes circonstanciés, jiar poussées évolu¬
tives. Eeindel.
Epilepsie dans ses relations avec les Glandes Endocrines, |iar lIiiNiiy ,1, Van
DEN Behg, Endncriwiloljij, t. 5, n» 4, p. 441, juillet 1921.
■Série de 11 cas dans lesquels une modification l'onctioniuélhé des glaïules à sécrétion
la puberté, ou ([uand s’installe la menstruation, ou au début de la grossesse ; dans un
cas, l’épilepsie comnuéiicié à la pubiértè et Unit à la méno[)ause, ce qui fait ressortir
l’influence du métabolisiiK! sur la maladiié. L’auteur raïqielle hés changeiméiits histo-
logiipies observés au cours de la menstruation (ét de la grossesse dans les diviérses
glandes à sécrétion interne (ét les considère commié suffisantes pour cnnditionm'r
des troubles métaboliques éventuellement aptes à déclancher l’épilepsie.
'InoMA.
Goi.dstein (Ilyman). Aspc.ii Endocrinien de l'Enlnnl Débile. Mental el Epileplique.
(New- York med. .1. a. Med. Recoril, t. 116, n» 6, p. 530, 22 sept. 1922).
Leineh {.loshiia II.'. Dijscrnsics Endocriniennes dans la produclion des Etais Epi¬
leptiques (New-York med. .1., p. 10, 0 Juillet 1921 ). — L’auteur accumule faits et argu¬
ments en vue de démontrer que hés altérations des glandes à sécrétion interne dominent
l’étiologie de l’épilepsie. E. E.
Trémophilie familiale émotive épisodique, Tremblement sénile permanent
apparu après ictus, par MM. Hogeh, Aymès et Bouiiial. Comité méd. des Bouches-
da-Bhône, in Marseille méd. p. 478-484.
Le malade présenté par M. IL Roger, ('.. Aymès et l'ourlai est un homme de 62 ans,
atteint, depuis 8 ans, après un ictus, d’un tremblement continu des mendues (ne prédo¬
minant pas du cèté légèrement hémiparésié), et surtout de secousses branlantes de la
tète. Le père de cet homme fut atteint d’un tremblement analogue à l’Age de 0(1 ans
Lui-mème, ainsi ipi’iin de ses frères et ira fille, ont diqmis l’enfance umi a|ititude tré-
mulante, se développant passagèrement sous l’influence d’états affectifs (trémophilie
familiale émotive ). A.
THÉRAPEUTIQUE
ANAL VSES
583
Traitement de l’Incontinence essentielle d Urines par la méthode des injections
épidurales, jiar Martin Laval. Coinilé màl. Boiirltes-dii-Iilwnc, 12 mai 1922, iii
Marseille méil., |). 874-878.
G cas traites par le sérum iihysiologiquc luir, sans cocaïne ; 10, puis 15 et 20 cent. cul)es.
Uans 4 cas succès comiilet, dimt 3 assez éloignés pour êire considérés comme définitifs ;
dimx cas d’espacement des mictions. II. Roukh..
Démence mortelle postopératoire, par L. IIaykm. Sor. de chir., Marseille, 13 nov.
1922, in Marseille, méd., 1923, p. 2CG.
Une jeune femme, sans antécédmits nerveux, fait 4 jours ajirès une liystérectomie
sulitotale pour liliromi^ liémorragiipie (anestliésie rachidienne avec 8 centigr. de syn-
caïne), d(^s signes d’excitation cérébrale, sans hèvre, luiisle 10” jour un délire érotique
particuliérement violent, plus tard des idées de persécution, ipii nécessitèrent l’inter¬
nement. Mort 48 jours après l’intervention. IL Rorinn..
Los Petits Mentaux, leur hospitalisation, par Waiii.. Comité méd. Tiouehes-du-
Ithûne, 12 mai 1922, in Marseille méd., l"août 1922, p. 705-718.
blés. II. ri.
Trocart pour Rachicentèse. Soc. de. ctiir. de. Marseille, ^0 janvier 1922, \r\ Marseille
méd., p. 449.
Trocart en forme do petite épée, ce qui le met bien en main. La garde est formée par
d(uix ajutages d’écoubuinuits qui facilitent l’évacuation du L. C.-R. ; il suffit d’inqirimer
une (buui-toiir pour avoir un des ajutages tourné ini bas. Un embout allongé monté sur
la seringue s’engage dans la[)oignée du trocart au delà des orifices des ajutages, pour
pernudtre facilement l’aspiration, l’injection et le barlndage nécessaire pour la raebi-
aïK'stbésie. IL Roger.
Un cas (^e Mort sous Rachianesthésie, par !.. IIayem. Soc. de ctiir. Marseille,
20 février 1922, Marseille méd., p, 453-459.
Après avoir rappelé deux cas de mort antérieurement publiés à Marseille, l’un par
Imbert, l’autre par Bonnal,(8 centigr. d’allocaïne dans ce cas), Hayem rapporte son cas
personnel: mort survenue 10 minutres après l’injection de 1 cm. c. d’allocaïne à 5 %, soit
8 cgr. environ, chez un malade atteint de hernie étranglée avec léger flécbissemenl
cardiaque.
M. de Verncjoul a eu un cas de mort avec 8 centigr. de syncaïnc.
M. Kérian a observé un décès avec 1 cent, cube et demi de syncaïnc à 8 %.
M. Gamel, dans un décès avec 8 centig. de syncaïnc, incrimine plus l’état général
grave que l’anesthésique.
M. Escat, après avoir rappelé les résultats de la statistique qu’il a publiée au Congrès
do chirurgie de Strasbourg (2.000 rachi avec 2 morts, l’une brusque, l’autre par ménin¬
gite chez 2 malades opérés par des assistants), rapporte un cas personnel récent : pros¬
tatique aseptique sans azotémie ni fléchissement cardiaque, dix centigr. de syncaïnc.
584
ANAL YSES
pouls imiicrccplihlo api-ùs l’opération, vomisso ment noir ol mort brusque 12 heures après.
Dans un second cas, état syncopal piui après l’injection clc dix centiffr. de syncaïne ;
injiudion à (huix reprises de 0, 25 de cal'éine, dans le [.. C.- R. : retoui rajiide à l’état nor¬
mal. .\I. lîscat, lidèle à la racliianestliésii', recherche les moyens <le la rendre moins nocive.
Il n’a janniis ree.ours à la sLovaïne, ([ui provoque, de l’alhuminurii^ (‘t (pii, injectée loca¬
lement sous la peau, a déteiuniné dans .d cas personmds des idaipies de frangrène. Il se
demande s'il ne reviendra pas à la cocaïne, plus stable que les autres produits cliimi-
ipies synthèliipies. 11. Rocjnn.
OUVRAGES REÇUS
Vai.i.h y Ai.DAiiAr.DK (llnl'aol dol), La subroncicncia. Discurso ih' nècop-
l ioii H. Acndnmin Nacioiinl d(! Medic.iria, Madrid, IK lY;vr. 11)2:1.
Valohha (Niiio), Su di iinu Hprciulc. sindrome poliijlandolarr. ns.sneiala
d (jruve nciroxi rrliara. Endocririologin o l'atologia coiistitiizioiialo, 11)21,
Vascont'-.z (Pahlo All'onso), Ilisloria projann de Israël. Rrocliuro do I.'iti
|)., 'i'ip. Eseuela do Arte.s, Quito, 11)21.
WnTi. (P.-E.), I.kvy-Ehanckhi, ol .JusTnri. /.c réflexe naso-facinl ulilisé
comme, lesl du sy.slé.me sijmpulhique.. Vie iiiédicalo, 15 sept. 1922, [). 1186.
Wii.T.iAMSON (H. -T.), The vihruliny .sensation in diseuses o / lhe nervous
sijsle.m. Aiiiorican .1. of tlie rnod. Sc., nov. 1922, p. 715 .
Zat.i.a (Mario), Iteperlo afiulomo-paloloyieo di le.sione ipofisaria in un caso
di (( lipodijslrophia proyressiva ». llivista di palologda nervosa o monlalo,
192Ü, fasc. 1-2.
Zai.i.a (Mario), I dislurbi des sonno poslumi di ene.efalile epidemiea. RivisLa
di PaLologia nervosa o mentale, 1920, fasc. 11-12.
Zaf.i.a (Mario), La cura sinlomalica delV epilessia eon la fenilelilmalonilurea.
llivista di Patologia nervosa e mentale, 1920, fasc. 11-12.
Zai.la (Mario), Sull'iperplusiu délia eorlicale surrénale. ALLi dol V Congresso
délia Socielà ILaliana di Neurologia, 19 ocloOro 1921, llivista di Palologia
nervo.sa e mentale, jariv.-aofit 1922.
Zalla (Mario), La morlalilà per tubercolosi neyli ammalali di menle con-
parlicolare riyuardo ad evenluali rapporli Ira lubercolosi e demenza preeoce
{in base a 1023 autopsie). Atti del V Congresso délia Socielà Italiana di Neu-
rolügia, 19 oltobre 1921. llivista di Patologia nervosa e mentale, jariv. -août
1922.
Zat.i.a (Mario), Osservazione cliniehe su 39 casi di « sindrome parki n.soniana »
poslencefalilica. V“ Congresso délia Soc. Italiana di Neurologia, 19-21 octo-
lire 1921. Hiv. di Patol. nervosa e mentale, ,janv. avril 1922.
ZAI.LA (Mario) et Coppoi.a (A.), Osservazioni sulla lera pia délia paralasi
proyressiva {eura anliluelica e irallemenlo endoraclddeo). Vo Congrès de la
Soc. ital. de Neurol., 19 oct. 1921. Rev. di Pat. nervosa mentale, janv.-
avril 1922.
ZiVHRi (Alberto), Appunli de lerapio mcdica yeneralc nella praliea mani-
comiale. Note e Rivistc di Psicliiatria, 1922, no 3.
Le Gérant : J. CAHOUJAT.